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26 juillet 2020 7 26 /07 /juillet /2020 15:19

Le deuxième film de Roach qui présentait l'acteur Max Davidson est l'un des deux plus connus, puisqu'il a été édité dans un coffret consacré à Laurel et Hardy, dans la section des bonus: et pour cause, l'idée était de Stan Laurel à l'époque où, juste avant de devenir partie intégrante du duo le plus important de l'histoire du cinéma de comédie, il envisageait de rester dans l'ombre, en écrivant et mettant en scène. Ce film, très réussi, est beaucoup plus explicite que le premier quant à son exploitation savamment consciente des stéréotypes culturels juifs...

Max Davidson y incarne un père de famille qui accepte de donner sa fille (Martha Sleeper) en mariage à un jeune avocat débutant (Gaston Glass), à la condition que celui-ci gagne un procès. En attendant de caser sa fille, Papa Gimplewart tente de faire en sorte de faire travailler ses deux fils, Abie (Jess De Vorska) et Junior (Johnny Fox), qui sont deux incapables. dans un premier temps, il achète un camion pour Abie, puis essaie différentes combines avec Junior: l'une d'entre elles, désastreuse, consiste en une tentative d'escroquerie à l'assurance. Ce qui amènera bien sûr Papa Gimplewart au tribunal, où il fera face à un redoutable accusateur, en la personne de son futur gendre...

Bien que pour une fois, Davidson ne soit pas flanqué de Spec O'Donnell dans le rôle de son fils (Johnny Fox est moins bien percutant), le film est très drôle, d'une logique et d'une fluidité imparable. La scène la plus drôle est celle durant laquelle le père et le fils prétendent que ce dernier est paralysé, avec deux agents d'assurance (dont Eugene Pallette) qui plantent des couteaux et autres instruments tranchants, d'abord dans une fausse jambe, puis dans l'authentique membre du fils... A noter, le rôle important joué par Jess De Vorska, un acteur déjà aperçu dans le film précédent, et qui comme Martha Sleeper reviendra souvent.

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Max Davidson Leo McCarey Muet
26 juillet 2020 7 26 /07 /juillet /2020 14:06

C'est le premier film que Hal Roach a produit mettant en vedette le comédien Max Davidson (au milieu d'une pléiade d'acteurs chevronnés), qui avait été très remarqué dans le court métrage de deux bobines Long fliv the king, avec Charley Chase. De façon intéressante, bien qu'on s'apprêtait à lancer une série de comédies centrées autour de lui, Davidson n'a pas eu à montrer l'étendue de son talent dans des films d'une bobine, et a directement eu accès aux deux bobines, plus prestigieux. Il est vrai qu'en cette fin de la décennie, l'économie du cinéma de comédie burlesque est en pleine mutation, et le public séduit par les longs métrages est plus intéressé par des films plus longs qui mettent en avant une atmosphère et surtout des personnages. Donc, fini le court métrage d'une bobine...

A ce titre, Davidson qui vient au studio avec tous les stéréotypes et le bagage culturel très particulier des juifs d'Europe centrale, est quasiment caractérisé dès sa première apparition dans tous ses films, et toute l'intrigue tourne le plus souvent autour de ses origines et autour de cet univers si particulier: on ne s'étonnera pas qu'aujourd'hui ces courts métrages qui installent un humour autour de ces stéréotypes soient justement mal vus aux Etats-Unis. Pourtant, à aucun moment le comique de Max Davidson ne se vautre dans l'antisémitisme... On rit toujours AVEC le judaïsme ici, jamais contre...

Dans ce court métrage, donc, Davidson est Ginsberg, l'heureux père d'une jeune femme, Rachel (Ann Brody), qui est courtisée par tout le quartier. Mais le père Ginsberg est très pointilleux et souhaite que son futur gendre soit juif. Or le plus intéressant des candidats (Creighton Hale) fait un peu trop Irlandais à son goût...

C'est fort bien mené, et ça permet à la troupe de Roach de faire étalage du savoir-faire maison. On appréciera la façon dont Oliver Hardy en flic soupçonneux prend en chasse Creighton Hale, et se retrouve systématiquement face à son pire ennemi, un trou d'eau d'1m50 de profondeur qui lui en voulait, pour le nombre de fois où il tombera dedans dans sa carrière... Une scène hilarante de poursuite mène aussi, dans la deuxième bobine, à un ballet entre Hale et Davidson.

Creighton Hale n'était pas un star, juste un acteur connu en bout de course qui n'était pas regardant par rapport à ses rôles: Griffith en avait fait un benêt systématique, et il allait incarner quelques seconds rôles intéressants dans des films d'épouvante. Mais son rôle en jeune premier à qui on ne la fait pas et qui retourne les préjugés culturels dans une scène finale, est une excellente opportunité. Ann Brody n'a pas laissé une grande trace dans l'histoire contrairement à la délicieuse Martha Sleeper qui assumera bientôt les rôles de la fille du personnage principal, mais par contre on aperçoit aussi Spec O'Donnell, dans ce qui va devenir son principal rôle aux côtés de Davidson: le fils qui amène les ennuis. On ne présente plus ni Oliver Hardy en flic malchanceux, ni Noah Young qu'on aperçoit en automobiliste irascible...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Leo McCarey Comédie Max Davidson Laurel & Hardy
24 juillet 2020 5 24 /07 /juillet /2020 11:35

Oubliez Edgar Allan Poe un instant: son oeuvre telle qu'explorée par les films Universal n'a été qu'un prétexte à faire des films d'épouvante distinctifs, originaux et profondément perturbants. Des trois films séminaux produits dans les années 30, tous mettant en vedette Bela Lugosi dans des rôles bien différents de son Dracula, celui-ci est, et de loin, le meilleur. C'est aussi le premier film qui mettra côte à côte les deux concurrents, les deux vedettes absolues du genre, en associant donc Lugosi à Boris Karloff... cette fois pour un rôle extrêmement différent de son Frankenstein. 

Un couple de jeunes mariés, qui a décidé (mais pourquoi...?) de passer sa lune de miel dans la Hongrie de 1934, rencontre un médecin, le Dr Vitus Wendergast. Quand leur bus commun est accidenté, celui-ci les aide à atteindre une étrange villa, qui est la propriété d'une de ses relations, le mystérieux ingénieur et architecte Hjalmar Poelzig. Ce dernier cache plus d'un lourd secret, mais Wendergast aussi: il est venu se venger de Poelzig, qui lui a volé sa femme durant la guerre...

...Et plus si affinités: car dans ce film on ne s'arrête pas à une simple histoire de vengeance. Hjalmar Poelzig ne pouvait pas se contenter de voler la femme du Docteur, il a fallu qu'il se marie aussi avec sa fille! Et il garde dans son sous-sol des momies parfaitement conservées de ses épouses. Et par dessus le marché, il est aussi grand prêtre d'un culte sataniste... Ce qui ne devrait pas passer tellement ça pousse le bouchon du ridicule, mais justement la force du film est à la fois dans le fait d'assumer l'exagération sous toutes ses formes, et de proposer une direction d'acteurs, pour une fois toute en finesse et en subtilité! Ce qui, avec Lugosi et Karloff, tient du miracle. Ou du Mirakle... Et Ulmer met une forte distance entre nous spectateurs et ses personnages, en se servant à merveille du décor, ainsi que d'une cinématographie très maîtrisée: le chef opérateur était John J. Mescall, et il se tient concernant l'ombre et le clair-obscur dans la lignée de Karl Freund, sans l'inclinaison pour les caméras qui bougent dans tous les sens.

Et Poe dans tout ça? D'une part, cette sombre histoire de personnage diabolique qui tient dans sa cave une sorte de collection de ses épouses empaillées, se situe quand même en droite ligne de l'oeuvre, et il y a bien un chat noir ici: il apparaît pour jouer des tours de cochon au pauvre Dr Wendergast, qui a la phobie de ces gentilles bêtes. Comme quoi même quand Lugosi interprète, enfin, un personnage positif (bien que très ambigu), il lui fallait un défaut... Et le chat est présent, en creux, à travers cette impression que les épouses collectionnées sont un peu les neuf vies de la compagne de Poelzig, plus que les huit femmes de Barbe-bleue. Sinon, on retrouve la poésie particulière de Poe dans une scène d'écorchage subliminale mais effective...

Avec son intrigue improbable, et ses deux américains d'une quasi totale inutilité (au fait, il s'agit de David Manners, déjà vaguement aperçu dans Dracula, et de Jacqueline Wells, alias Julie Bishop), le film réussit à être l'un des tous meilleurs parmi les oeuvres d'épouvante des années 30 réalisées à la Universal. Pas pour autant le plus raisonnable...

 

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Published by François Massarelli - dans Pre-code
23 juillet 2020 4 23 /07 /juillet /2020 12:10

Poe, encore... Pourtant, ce qui relie le film à The raven, célèbre poème de l'ombrageux écrivain Américain, ce sont quelques vers, une atmosphère morbide et quelques obsessions. La plus présente, au point d'en devenir assez franchement irritante, c'est la manie du Dr Richard Vollin (Bela Lugosi) qui est tellement obsédé par Edgar Poe qu'il en est venu à reconstituer quelques unes des scènes de l'oeuvre, à commencer bien sûr par la chambre des supplices de The pit and the pendulum.

Oui, le film ratisse large et fait référence à Poe plus qu'à ses oeuvres. Le script incorpore une histoire dans laquelle on sent un conflit de civilisations, car si Vollin est un expert de l'oeuvre de Poe, c'est aussi un étranger... Le film recentre en effet le genre fantastique tel qu'il était pratiqué à la Universal en plaçant le Dr Vollin, certes un grand chirurgien, mais surtout un cinglé total en raison de son obsession pour la torture et la fascination pour la mort, au milieu de braves Américains, du genre à qui on ne la fait pas, ou des naïfs invétérés c'est à vous de voir...

Le film part d'un accident de voiture, subi par une jeune femme. la faculté est formelle, le seul homme capable de la sauver est le Dr Vollin. Une fois la jeune femme sauvée, il va devenir à la fois fou amoureux et désireux de la passer à la moulinette des pires tortures, aidé par un bagnard évadé dont il a défiguré les traits (Boris Karloff)...

N'importe quoi? Oui. Et alors? C'est d'une certaine manière tout ce qu'on demande de ces films d'épouvante millésimés, mais si le style efficace du studio qui réussit à maintenir tout ce fatras d'émotions sur une heure et pas beaucoup plus, on est après le renforcement du code, et le film en souffre un peu. Qu'on compare le Dr Vollin au Dr Mirakle interprété par Lugosi dans Murders in the Rue Morgue, et on regrettera quand même la folie furieuse que les films de monstre de la Universal pouvait parfois véhiculer.

 

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Published by François Massarelli - dans Boo!!
22 juillet 2020 3 22 /07 /juillet /2020 14:47

On ne sait pas grand chose de ce film, et pour cause: il est majoritairement perdu. Il n'en subsiste qu'un fragment de 3 minutes, préservé par la Bibliothèque du Congrès et rendu disponible sur le Blu-ray de Straight shooting, le plus ancien long métrage de Ford qui ait été conservé. C'est un film notable car il contredit la légende souvent répétée que Ford n'ait réalisé avant son passage à la Fox que des westerns de deux à cinq bobines avec Harry Carey: ici, il s'agit d'un film situé au XIXe siècle, mais il semble difficile de dire qu'il s'agisse d'un western. Pour commencer, il se déroule dans le Sud. Un lieu où Ford reviendra: on se souvient de Cameo Kirby, et de la triologie de films avec Will Rogers (Judge Priest, Doctor Bull, Steamboat round the bend) et bien sûr The sun shines bright.

Dans la séquence conservée, deux hommes s'affrontent au poker, dans un bateau vapeur sur le Mississippi. L'un d'entre eux (un ancien Colonel Sudiste) joue gros, et perd, mais son adversaire, Todd (Frank Mayo), tout aussi Sudiste et chevaleresque que lui, ne souhaite pas ruiner le vieil homme... Puis c'est fini. 

Une belle séquence, parfois entrecoupée d'inserts splendides du Mississippi qui nous rappellent que de tous les cinéastes classiques des Etats-Unis, John Ford est l'un de ceux qui avaient un oeil extraordinaire, "an eye for composition", comme il le reconnaissait lui-même. Ces trois minutes sont aussi un rappel que, sur 65 (nombre estimés, car on n'est pas sûr qu'il n'y en ait pas eu d'autres) films tournés par John Ford au temps du muet, seuls 26 ont survécu sous une forme ou sous une autre. La photo qui illustre cet article correspond à une séquence perdue, et c'est bien dommage, car on aurait aimé avoir un exemple aussi ancien du travail de Ford avec le gentleman à droite, J. Farrell McDonald, qui va devenir dès les années 20 l'un de ses acteurs les plus employés.

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Published by François Massarelli - dans John Ford 1920 Muet **
22 juillet 2020 3 22 /07 /juillet /2020 14:46

Le plus ancien film conservé de John Ford fait partie d'un ensemble de westerns, produits par Universal. A la base, l'idée était de tourner des films vite faits avec Harry Carey en vedette, d'utiliser les décors (Ceux des studios Universal, mais aussi des paysages aussi naturels que possible) au maximum, et d'assembler deux bobines; mais pour ce film, Ford a été plus loin, et a obtenu un certain succès avec le résultat final, qui emmène les aventures du cowboy joué par Carey vers des hauteurs qu'on ne soupçonnait peut-être pas à l'époque. Cheyenne Harry (Carey) est un hors-la-loi engagé par un gros propriétaire, pour exproprier par la force une famille de fermiers. Harry est prêt à accomplir la mission, mais venant pour menacer, voire tuer ses cibles, il les surprend en pleine cérémonie: ils viennent d'enterrer l'un d'eux, le fils du vieux fermier, abattu de dos. Harry décide de passer de l'autre côté, et va les aider à lutter, puis à ameuter d'autres fermiers pour se défendre.

La prairie, les bêtes, les chevauchées... Ford se définissait à cette époque comme un débrouillard "avec un certain flair pour la composition", et on ne peut lui donner tort. Si le metteur en scène avait déjà la réputation de tourner vite, le style visuel est déjà très fort... Et son talent pour installer une atmosphère particulière avec un rien (Ici, la pluie et une beuverie composent une scène de digression comme il y en aura bien d'autres, dans un saloon miteux), mais aussi pour aller au bout des caractérisations de ses personnages, est là aussi présent. Et un thème, au-delà d'un sentimentalisme familial qui ne le quittera jamais, affleure dans ce film, celui de l'étranger, de l'outsider: Cheyenne Harry, hors-la-loi assimilé à la violence, est attiré par la vie des fermiers auxquels il vient en aide, mais comme Bim (Just pals), ou Ethan Edwards (The searchers), il en est exclu: Ford utilise le cadre de la porte comme il le fera dans d'autres films pour montrer qui est à l'écart, et qui a le droit d'entrer...  Harry tombe amoureux de Joan, la fille du fermier (Molly Malone). Il lui faut choisir: la cavale, ou la vie à deux. Le film ne semble pas vraiment choisir, et on jurerait qu'il plaque deux fins l'une sur l'autre: d'abord, Harry laisse la jeune femme à son ami de toujours, puis Joan vient chercher un obligatoire baiser pour retenir le cow-boy...

Pour finir, sur un film très attachant, on constate que Ford a déjà l'oeil pour repérer des endroits qui donnent un cachet époustouflant à une scène: ce passage étroit entre deux roches, on le reverra souvent chez lui, et chez Keaton aussi. Il profite du surcroît de pellicule dont il dispose pour pousser ses caractérisations à l'extrême, avec cette science des petits gestes qui sera un atout de tous ses personnages dans tous ses films, il expérimente avec le cadre en piquent à son frère Francis une technique de mise en relief par le biais d'objets mis au premier plan (si c'est Francis qui a enseigné ça à son assistant de frère, le fait est que John "Jack" Ford en fera à lui seul une impressionnante marque de fabrique). Il raffine avec bonheur la séquence à la Griffith d'une maison assiégée, qui se solde par une prouesse de montage, et enfin il donne vie à une foule de personnages qui sont autant d'immigrés potentiels, dotés d'une vie propre, à des lieues de tout archétype. Voilà qui en finit de cristalliser au sujet de ce film l'idée qu'on y assiste à la naissance d'un style bien personnel... En même temps qu'à une sorte de vraie naissance d'un genre: une fois que Ford aura montré le chemin le western ne sera plus jamais le même.

 

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Published by François Massarelli - dans John Ford Muet Western 1917 **
22 juillet 2020 3 22 /07 /juillet /2020 10:29

Les raisons qui font que ce film de court métrage, dans lequel Laurel et Hardy sont employés dans une scierie, atteint la perfection sont sans doute nombreuses. Mais on peut tout simplement commencer en disant que, comme tous ceux qui les montrent au travail dans un environnement donné, ça ne pouvait que les inspirer. d'une part parce qu'ils ont quelque chose à accomplir donc quelque chose à saboter au-delà de toute espérance, ce qui inspirait toujours Stan Laurel. ensuite parce qu'entre la sciure, les colles, les accessoires tranchants, et les perspectives de destruction massive, sans parler de l'irascibilité des collègues (Tiny Sanford et Charlie Hall), il y avait de la matière.

On ne s'étonnera donc pas non plus que dans ce contexte où l'action se suffit à elle-même, ces deux bobines sont, majoritairement, muettes. 

Et, j'allais oublier, il y a une Ford T, qui ne survivra pas au film.

 

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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy Comédie
20 juillet 2020 1 20 /07 /juillet /2020 17:00

Le quatorzième film d'Ang Lee part sur les chapeaux de roue, avec une intrigue qui promet du suspense de bonne tenue, et très honnêtement, comme un vague parfum de Jason Bourne... Henry Brogan (Will Smith) est un sniper, donc un tueur, qui a cinquante ans et aspire à la retraite. Il a toujours, du moins le croit-il, travaillé du bon côté, jusqu'à ce qu'un ami ne lui annonce qu'il vient de se faire piéger. Durant leur conversation ils sont épiés, et à partir de là c'est l'apocalypse: des tueurs partout, en voiture, en moto, tous plus entraînés les uns que les autres... Flanqué de Danny, une jeune agente mignonne comme tout (Mary Elizabeth Winstead), l'agent quinquagénaire mais qui a de beaux restes va cavaler pour échapper aux tueurs, mais tomber sur un os: parmi les tueurs, on a envoyé...

Henry Brogan (Will Smith).

Enfin c'est lui mais ce n'est pas lui, il s'appelle Junior, et il a 25 ans à tout casser. Mais c'est...

Un clone.

Et là, je pense, se situe la fin de l'intérêt du film; ça se traîne, ou pire: scène d'action musclée après scène d'action musclée, Ang Lee a soigné le premier tiers de ce film, et après ça il a laissé la malédiction de Hulk faire le travail à sa place, donc ça n'a plus d'importance. Sachez  qu'à la fin, le bon droit triomphe, et les deux Brogan, le vrai et le faux, deviennent copains comme cochons; sinon, la confrontation avec lui-même va résoudre tous les problèmes de Brogan, et si on gratte je suis sûr qu'il y a un soupçon de scientologie là-dedans.

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Published by François Massarelli - dans Ang Lee
20 juillet 2020 1 20 /07 /juillet /2020 16:57

Parce que Mrs Hardy (Mae Busch) se plaint de voir son mari s’associer constamment avec Mr Laurel, ce dernier suggère à son ami d’adopter un enfant ; mais lorsque de retour à la maison avec un bébé Hardy apprend que son épouse souhaite divorcer, il va donc devoir élever cet enfant seul, ou plutôt avec Laurel, ce qui est pire.

L’histoire ne tient pas debout, et par ailleurs, on remarquera la façon dont le bébé devient un objet pur et simple et bruyant. Quelques bons gags sauvent l’entreprise, avec en particulier le biberon que Laurel sort de sa chemise de nuit, comme s’il y était toujours caché, et diverses scènes de destruction dues à la rencontre inopinée entre la tête de Hardy et les meubles. Pour le reste: la routine...

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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy Pre-code Comédie
19 juillet 2020 7 19 /07 /juillet /2020 17:00

Au début du XIXe siècle, à l'université de Yale, un visiteur Hawaiien plaide pour la venue de missionnaires dans son archipel afin d'y aider l'implantation de la foi rigoriste, et l'avancée de la population. De jeunes idéalistes, étudiants en théologie, décodent de franchir le pas, mais Abner Hale (Max Von Sydow), l'un des plus zélés, apprend qu'il lui faudra être marié, sinon la promiscuité de toutes les jeunes Hawaiiennes pourrait lui être fatale. On lui trouve assez rapidement une candidate idéale, en la personne de Jerusha Bromley (Julie Andrews), une jeune femme de la bonne société de Nouvelle Angleterre; chrétienne, ça oui, jeune, quoique à 22 ans il est temps qu'elle se marie; mais surtout romantique à souhait, elle a d'ailleurs eu une histoire d'amour qui ne s'est jamais résolue dans le passé...

Les deux jeunes mariés partent donc pour leur nouveau monde, et dès le trajet en bateau on ne tarde pas à constater qu'Abner Hale est investi d'une mission d'évangélisation... permanente, et d'une ouverture d'esprit absolument réduite à zéro. La confrontation avec la culture Hawaiienne tournera vite à un choc de civilisations...

Ce très gros film de 1966 a l'étrange réputation d'être un échec commercial cinglant, mais il ne l'était pas, pas du tout même. Sans doute a-t-il fait moins sensation que The sound of music, l'année précédente, ou que Bonnie and Clyde l'année suivante! George Roy Hill, solide metteur en scène (c'est de famille), a soigné sa copie, qui nécessite une grande dose d'ironie pour être pleinement appréciée; en particulier, alors que le film fait partie de cette catégorie de longs métrages excessifs que j'ai baptisés les Filmouths des années 60, il réussit à développer des personnages en contrepoint de la massivité de la production. Dans l'ensemble, ce film à la durée épique est surtout une charge mordante contre l'obsession d'évangéliser, la bigoterie, l'ethnocentrisme et autres sales manies. Il est vrai que cette confrontation entre un prêtre Calviniste plus sec que possible (il se rend malade à l'idée qu'il a avoué son amour à son épouse et se dit qu'il n'aura pas assez du reste de sa vie pour rendre des comptes à Dieu!) et les moeurs, disons, relâchées, de la Polynésie, est parfois du plus haut comique. Le véritable personnage central du film est donc Jerusha , compréhensive, humaine, et jamais effrayée de donner son amour.

A ce titre, le duo qu'elle forme avec Ali I'Nui (Jocelyne LaGarde), véritable cheffe de l'île donne tout son sel au film, dans de nombreuses scènes: les manières d'Ali I'Nui (qui par son choix, est mariée à son propre frère) provoquent le pasteur, qui vitupère et hurle les insanités d'usage ("Satan", "pêché mortel", "morale" et toutes les autres stupidités du même genre), pendant que Jerusha trouve, TOUJOURS, une issue médiane... Le film ne manque pas non plus de scènes dramatiques, mais il souffre probablement d'être un peu trop long, avec pour seuls moments spectaculaires les tempêtes et autres orages qui se déclenchent toujours à un moment opportun, et en deviennent autant de coïncidences troublantes. Et l'idylle entre Jerusha et la marin (Richard Harris) qu'elle retrouve à des kilomètres de son village natal a un gentil goût de grand n'importe quoi.

Reste un film sympathique, prenant pas moments, qui montre plus de compassion et de compréhension pour un peuple qui n'en finit pas d'être agressé par les tenants de la civilisation chrétienne qui vient les rhabiller et leur dire qu'ils sont tous pourris (littéralement), que pour les missionnaires qui sont venus les rhabiller et les dépouiller de leurs coutumes. Et puis si on veut voir Max Von Sydow dans un grand numéro d'excès, c'est ici! Par contre, Julie Andrews, comme d'habitude, est parfaite. A l'impossible, nul n'est tenu: personne ne lui demanderait donc d'être mauvaise ou médiocre.

 

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Published by François Massarelli - dans Julie Andrews Filmouth