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1 septembre 2020 2 01 /09 /septembre /2020 13:06

Alimentaire? Contractuel? ou un caprice d'auteur? On se perd en conjectures sur ce qui a bien pu amener Sidney Lumet, respecté cinéaste habitué des grands et gros sujets, vers une adaptation d'un roman d'Agatha Christie, une adaptation qu'il aura accomplie si fidèlement que la romancière elle-même sera aux anges...

Le roman est donc globalement respecté avec minutie, on assiste donc à ce voyage fatal d'une quinzaine de personnes coincées dans l'Orient-Express en 1935, soit cinq années après les faits exposés dans un prologue, à savoir le kidnapping d'une petite fille aux Etats-Unis, la fille unique d'un as de l'aviation Britannique. Un kidnapping qui a fini dans le drame, puisque après versement de la rançon, on a retrouvé le cadavre de la petite.

Evidemment le cinéma ne pouvait que se saisir d'un tel scénario, avec sa pléiade de stars: quinze personnes dans un huis-clos c'est l'idéal pour convoquer des acteurs passe-partout, si possible aimés du public...

Albert Finney, Martin Balsam, Ingrid Bergman, Vanessa Redgrave, Jacqueline Bisset, Michael York, Jean-Pierre Cassel, Colin Blakely, Sean Connery, Rachel Roberts, John Gielgud, Anthony Perkins, Richard Widmark, Wendy Hiller et Lauren Bacall: on est servis!

Beaucoup de ces personnages seront donc des passagers lambda (quoique...), l'un d'enre eux sera assassiné, et l'un d'entre eux (Finney) étant Hercule Poirot, il y aura une enquête à l'issue de laquelle on trouvera le coupable, et on assistera donc à une de ces irritantes réunions de coupables à la fin. C'est vrai, c'est irritant généralement, ces moments où le détective montre quel a été son raisonnement, et on sait que l'une des personnes a tué! C'est un des (nombreux) clichés que Christie utilisait beaucoup, et il y en a d'autres...

En fait, toute critique du film devient presque impossible: Lumet a conditionné sa mise en scène à trois aspects: d'une part, la nécessité de faire passer qu'on est dans un train dont on ne sortira jamais. Ensuite, il y a là de grands acteurs, donc autant de susceptibilités à préserver, sans pour autant que ça vire au défilé: c'est de ce point de vue très réussi. Enfin, il a adopté un style volontiers suranné, une sorte de mise en scène à la manière des années trente, aussi bien esthétiquement, que dans le jeu des acteurs...

Et c'est là qu'on entre probablement dans le domaine du méta-film, qui me permet d'énoncer une autre hypothèse: c'est un film sur la mode rétro au cinéma, c'est un film qui expérimente avec le sur-jeu sur-signifiant de son personnage principal (Finney en fait des tonnes, et ça marche! c'est dire à quel point Poirot est un personnage intéressant pour un acteur!), et les excès en tous genres, à commencer par ce parfum de Britannicité extrême qui ne peut que se détacher du film, avec le conservatisme de ses personnages...

Pour finir: ça se voit, bien sûr, ça se boit même comme du petit lait, et quand vous connaissez la solution (c'est le majordome qui a fait le coup), c'est un plaisir monumental de revoir le film pour repérer à quel point on vous donne la solution, et pas qu'une fois: du début à la fin du film...

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Published by François Massarelli - dans Sidney Lumet
30 août 2020 7 30 /08 /août /2020 17:59

Ce film est l'une des dernières productions de court métrage de Sennett avec Harry Langdon, à l'époque où celui-ci faisait des pieds et des mains pour que son patron, réticent, le laisse s'aventurer dans des films plus longs. Continuant de casser un à un les mensonges de Capra sur la période, on constatera que le futur metteur en scène n'est pas du tout crédité au scénario, attribué en fait à Arthur Ripley, et Clyde Bruckman...

Il conte l'histoire d'un vagabond, mais ce n'est pas du Chaplin, même si ce film de 1925 anticipe certains aspects de The circus: Harry a fui l'orphelinat étant enfant, lorsque sa petite amie (Natalie Kingston) en est partie. typiquement, 15 ans plus tard, il est toujours dans les environs... Il y vole des poules, avec une méthode particulièrement voyante. Il croise le chemin d'un cirque qui l'engage parce qu'il a sans le vouloir des facultés pour l'acrobatie. Il ne sait pas que sous le déguisement de la femme à barbe, se cache son ancienne petite amie... 

Cette histoire de voyage immobile est contée avec une grande rigueur, et on appréciera la façon dont on nous amène à comprendre que Langdon puisse être confondu avec un acrobate, par une succession d'événements méthodiques: ça commence par la recontre d'un comédien lent avec un essaim d'abeilles...

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Published by François Massarelli - dans Harry Langdon Muet Comédie
30 août 2020 7 30 /08 /août /2020 08:56

Le passage progressif au long métrage, qui n'était pas donné à tout comédien à l'époque, se fera pour Harry Langdon par le biais d'un allongement de ses films, un peu à la manière de Chaplin, qui avait commencer à expérimenter avec des trois bobines avant de se lancer dans The Kid. De fait, les derniers courts en deux bobines de Langdon, tous réalisés par Harry Edwards sur des idées de Capra et Ripley, comme si les têtes étaient déjà ailleurs, tournent un peu en rond. Certains toutefois sont excellents. la plupart continuent à exploiter l'alchimie entre Langdon et son complice Vernon Dent, qui savait tout faire, et on retrouve souvent Natalie Kingston.

Pas dans Plain clothes toutefois... Ce premier crédit de Frank Capra (scénariste avec Arthur Ripley) est une histoire invraisemblable, dans laquelle Harry est un policier infiltré malgré lui dans la famille d'escrocs de sa petite amie (Clair Cushman). Il fera le ménage, malgré lui aussi, et se conduira en héros. Par hasard. Notons que si Harry affronte effectivement une bande de vilains messieurs dont le plus menaçant est bien sûr Vernon Dent, c'est sa future belle-mère qui semble la plus redoutable... Une menace qui se précisera en quelque sorte dans le long métrage The chaser en 1928.

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Published by François Massarelli - dans Muet Harry Langdon Mack Sennett Comédie
29 août 2020 6 29 /08 /août /2020 17:53

Un vieil homme solitaire rentre chez lui, en plein hiver, et aperçoit dans la neige le corps d'une femme. Il la ramène chez lui, et la laisse se reposer, venant avec douceur lui permettre de raconter son histoire: elle s'appelle Joe, et raconte son hallucinante histoire, celle d'une nymphomane militante qui a découvert son super-pouvoir particulier avant l'âge de deux ans... La conversation va vite voir les deux protagonistes adopter une position tranchée, Joe avançant l'hypothèse qu'elle n'est qu'une créature maléfique, et Seligman cherchant à justifier chacun de ses pêchés...

Partagé, forcément. Un film dont la version courte dépasse les quatre heures, consacré essentiellement à une conversation illustrée de flash-backs et de digressions, entre Charlotte Gainsbourg et Stellan Skarsgaard, ça interpelle et ça donne envie au moins d'être tenté, voire défendu. C'est d'ailleurs fort bien rythmé justement par l'intimité étrange qui s'installe entre ces deux personnages, la nymphomane qui cherche à faire comprendre qu'elle se trouve ignoble et l'assume, et le vieil érudit théologien, vierge et qui réagit constamment (ou presque) aux révélations salaces les plus embarrassantes en effectuant des comparaisons avec la philosophie, la religion, la pêche à la mouche, etc... Mais voilà: c'est Lars Von Trier, et c'est ce que dans une énième provocation dont le personnage est coutumier, il avait présenté a priori comme "un porno avec Charlotte Gainsbourg". 

Le sujet justifie pleinement le recours à l'anatomie frontale, comme avant lui Shortbus ou L'empire des sens. Mais ça fait quelques années (Depuis Les idiots, films qui l'est tout autant que ses personnages) qu'il semble obsédé par le fait d'insérer des plans de vrai zizi panpan dans ses films, et de jouer avec l'image de ses acteurs et actrices (l'ont-ils fait ou pas?) en guise de publicité, qu'on en baille d'avance. D'ailleurs, et c'est à porter au crédit du film, j'avoue que le film n'a rien, mais alors rien de titillant. Mais on se demande si tous les tripatouillages auxquels s'est livré le réalisateur s'imposaient: filmage de toutes les scènes de rapports sexuels avec les acteurs (qui simulent) et avec des doublures de porno (qui y vont à l'espagnole, c'est à dire Franco), puis mélange numérique des deux sur l'écran, hop-là, personne n'y voit que du feu.

Tout ça pour avoir à la fois, comme le dirait Marlon Brando le beurre (Du cul), l'argent du beurre (des acteurs) et le sourire de la crémière ("ça alors, de vrais acteurs qui font du sexe!"): peut-être pour justifier aussi, voire adoucir les autres excès, voire provocations, dont le film fait un usage consommé... En vrac: une conversation qui oppose en permanence la religion et le sexe, pris dans sa réalité la plus crue; un avortement auto-prodigué, filmé de façon aussi directe et frontale que possible; des opinions provocatrices qui renvoient à l'obsession du réalisateur de faire grincer les dents des journalistes (Joe exprimant de la sympathie pour Hitler)... Au regard de ce fatras, les scènes truquées mais fort réalistes de sexe deviennent un véritable écran de fumée.

En dépit de ces scories, il faut reconnaître que Von Trier a au moins l'avantage de pratiquer l'humour à froid avec un certain talent, ce que le dispositif de narration distanciée sur des images crues permet toujours bien. Certaines scènes sont même hilarantes, je pense ici à la scène du sandwich (que je ne décrirai pas ici, je vous fais confiance)... La structure, je le disais plus haut, est très bien charpentée, et si je ne goûte pas l'obsession de la caméra épileptique, la façon dont l'auteur joue sur les formats, la couleurs, la chronologie, faisant agir les digressions sur la continuité, est assez emballante. Il faut aussi reconnaître que la plupart des acteurs sont excellents, et ce doit être difficile de pratiquer son métier d'acteur lorsque au fond de la pièce des gens tous nus s'apprêtent à vous succéder pour compléter le plan en s'allongeant les extrémités. Evidemment, Stacy Martin et Charlotte Gainsbourg, qui partagent le redoutable honneur d'avoir à interpréter Joe, l'une jeune et l'autre plus âgée, sont époustouflantes de bout en bout. Et il faut du cran pour certaines de ces scènes (ne serait-ce que l'épisode atroce du sado-masochisme)...

S'il est un provocateur né, Von Trier est aussi un moraliste qui s'est suffisamment fait taper sur les doigts pour en concevoir une certaine rancoeur, voire une envie de revanche; du coup il tend à se placer subtilement (ou non, d'ailleurs) du côté des accusateurs, et donne de plus en plus raison à Joe au fur et à mesure de son exercice d'auto-flagellation; il nous montre le pouvoir maléfique du sexe, à travers une scène d'ailleurs hallucinante durant laquelle une épouse légitime débarque avec ses enfants chez la maîtresse de son mari; plus embarrassante encore est la conversation qui suit la scène d'avortement, qui en rajoute beaucoup pour que le spectateur sache que c'est mal; enfin, le film met un point d'honneur à cocher toutes les cases du sexe à l'écran, avec une insistance un peu trop empressée: c'est mécanique, ces choses, à force. Du coup, au bout de ces cinq heures et quart, la question, lancinante, est inévitable: pourquoi? Ce n'est pas que le film est sans intérêt, mais... on peut vivre sans, sans aucun problème. Vous pouvez retourner à vos occupations.

 

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Published by François Massarelli - dans Zizi Panpan Lars Von Trier Mettons-nous tous tout nus
29 août 2020 6 29 /08 /août /2020 17:33

His marriage wow possède d'abord l'avantage de l'unité: cette histoire de ne divise pas radicalement en deux à la jonction entre les bobines, et tourne autour du mariage. La cérémonie, et la vie de couple. De plus, on y voit, de nouveau, Natalie Kingston, déjà aperçue dans Feet of mud et All night long: elle va désormais être la partenaire principale de Langdon, aux cotés de l'inamovible Vernon Dent. Celui-ci joue un rôle étonnant de professeur psychanalisto-hypnotiseur, qui précipite le trop crédule Harry dans l'angoisse. Ce qui fait que l'enjeu du film est surtout situé dans la tête du protagoniste principal.

Harry Hope se marie: toute la noce l'attend dans une église, alors que lui s'est trompé. Il finit par arriver, ce qui n'était pas une mince affaire (Il demande son chemin à un policier, disparaît du champ, et arrive par le fond du champ, pour redemander son chemin au même policier!), et est accueilli par l'un des invités de la noce, l'étrange "professeur" McGloom, qui lui fait comprendre à demi-mot que Harry va être sacrifié par son épouse sitôt le mariage effectué. Bien qu'il essaie de se tirer d'affaire, il est constamment récupéré, jusqu'au moment ou des infirmiers viennent chercher le "professeur", en fait échappé d'un asile.

Une petite note au passage: la vue de Langdon, seul dans une église vide, renvoie à un plan célèbre de Seven Chances de Keaton paru la même année. Ce pourrait être la même église, du reste...

Le rythme, comme son personnage, appartient désormais en propre à Harry Langdon, qui laisse de coté la frénésie coutumière de chez Sennett, pour imprimer son propre timing à l'histoire. J'ai déjà mentionné cette digression, qui voit Harry perdu revenir inutilement à son point de départ, mais sa lenteur est aussi faite de gestes, comme ce moment ou il comprend au début qu'il n'est pas dans la bonne église, et comme il a donné de l'argent au prêtre, il hésite à partir, revient, repart... Son inaptitude n'est pas de la bêtise, c'est une hésitation constante, une incapacité à prendre une décision. L'influence de Langdon sur Stan Laurel sera considérable...

 

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Published by François Massarelli - dans Harry Langdon Muet Comédie
29 août 2020 6 29 /08 /août /2020 08:46

Mark Hogancamp vit une vie héroïque par procuration: son double Hogie est une poupée, un officier Américain qui lutte en Belgique contre l'occupation nazie durant la seconde guerre mondiale dans la ville de Marwen, totalement inventée. Il est fort et remporte des victoires décisives contre les affreux nazis grâce à ses assistantes, un groupe de poupées, toutes inspirées des femmes qu'Hogancamp rencontre dans sa vie de tous les jours... En réalité, il est artiste: photographe, il utilise des poupées pour créer de toutes pièces un univers dans lequel il se projette. Comme lui, Hogie aime à chausser des talons... Auparavant il dessinait, mais un drame l'a privé de son talent initial. Ivre, il a été passé à tabac par un groupe de cinq hommes, qui ont vu en lui un homme contre-nature... Depuis il a perdu tous ses souvenirs d'avant l'accident et cherche à se reconstruire. Mais la progression de l'affaire en justice ravive la douleur...

C'est un flop monumental, qui est aussi un film typique de Zemeckis: un mélange virtuose de prises de vues réelles et d'effets spéciaux (motion-capture essentiellement) pour nous faire vivre les aventures délirantes et délicieusement surannées de Hogie et de ses drôles de dames. Zemeckis choisit de nous plonger dès le départ dans l'univers de Mark, un homme rongé par le mal qu'on lui a fait, et qui ne survit que grâce à cet univers parallèle qu'il s'est créé. Le flop s'explique sans doute parce que les gens attendaient un produit plus formaté, mais le réalisateur ne s'est pas privé de pousser le bouchon, aidé il est vrai par le saugrenu de ces aventures vécues par des poupées de plastique, dans un monde où les nazis sont hautement inflammables, mais ont une furieuse tendance à revenir d'entre les morts...

Le personnage principal, joué avec une extrême précision et une grande sensibilité par Steve Carell, est touchant, et le film sous couvert de nous faire découvrir l'univers spécial de Marwen (un nom qui renvoie au passé de Mark et qui est expliqué durant le film) est essentiellement la chronique d'une névrose, dans laquelle Mark Hogancamp joue littéralement sa survie et son éventuel retour dans la vraie vie, sous les yeux patients et prudents de quelques femmes, notamment Nicol, la belle voisine (Leslie Mann) qui est intriguée par le bonhomme.

Une fois de plus (Death becomes her, Cast away, Flight, Allied, What lies beneath...) Zemeckis laisse la noirceur envahir son film, et sous couvert de magie cinématographique et sous un vernis d'humour un peu brut de décoffrage, nous conte le quitte ou double d'un être humain. C'est courant dans ces films, on n'a rien sans rien, et beaucoup à perdre... Mais la façon qu'il a de traduire en pure création cinématographique les vicissitudes de l'existence en fait un auteur authentique, riche et passionnant. Y compris avec ce film à la mauvaise réputation... Il y développe une fascinante approche décalée du mal-vivre, à travers le regard d'un personnage, un thème hautement cinématographique, chez Zemeckis comme chez Spielberg et Hitchcock ET on y explose les nazis, ce qui est particulièrement bienvenu par les odieux temps qui courent.

 

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Published by François Massarelli - dans Robert Zemeckis
28 août 2020 5 28 /08 /août /2020 16:43

Sous ce titre désormais risqué (Mais Boob en 1925 ne voulait pas encore dire "nichon", comme en témoigne le film The boob de William Wellman, sorti en 1926 à la MGM: on n'imagine tout de même pas la firme du lion sortir un film de Wild Bill Wellman sous le titre "Le néné". Ca voulait tout simplement dire "nigaud".), se cache un chouette petit film dans lequel Harry et son partenaire Vernon Dent se disputent les affections de Marie Astaire (Aucune relation).

Situé en Californie du nord, au pays des bûcherons en chemise à carreaux, il présente un certain nombre de gags en situation qui sont souvent irrésistibles (Dont une cascade sur un flume, l'un de ces conduits pour les rondins de bois) et surtout se conclut sur des séquences qui impliquent un Harry soudainement paré d'une légende de tueur, un moyen de protection imaginé par Marie Astaire. Par ailleurs, le film prouve que Leo Willis, qui jouait souvent chez Roach et Lloyd, avait ses entrées chez Sennett aussi. Ici, il interprète un cuisinier victime de la légende Harry Langdon...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Harry Langdon Comédie
28 août 2020 5 28 /08 /août /2020 12:25

Dave Roberts (James Murray), un boxeur sans le sou, participe à une escroquerie itinérante qui le voit s'afficher en public en faisant une bonne action, pour attirer la sympathie du public, puis affronter un boxeur itinérant qi fait partie de la combine: la population parie tout sur Dave et Dave perd, de manière à ce que la troupe ramasse la mise... Tout va pour le mieux jusqu'à ce que Dave fasse deux rencontres dans la prochaine ville visée par le gang: d'une part, un gamin des rues (Jack Hanlon) qui va apprendre au héros à choisir la bonne voie, celle du courage; d'autre part, une jeune femme, Marjorie (Barbara Kent).

William Wyler est l'un des nombreux metteurs en scène qui travaillent à la Universal, au rayon des séries B et des programmes de remplissage pendant que le studio soigne ses films de prestige: The man who laughs, Broadway, The king of Jazz ou All quiet on the western front datent tous de cette époque. Wyler a gravi les échelons, et est devenu un metteur en scène de films d'actions, westerns et autres genres prisés du public plus que de la critique... Son film est attachant et fera un peu penser à Hitchcock par cette manière qu'il a de combiner un attachement évident pour les petites gens, d'un côté, et une maestria nerveuse à les filmer. 

En particulier, le lien entre Dave Roberts et un gamin qui ressemble sans doute beaucoup à ce qu'il a été plus tôt dans sa vie, plus que la relation amoureuse naissante entre Murray et Barbara Kent, a intéressé le jeune metteur en scène. Ce qui ne l'a pas empêché de se placer dans son film pour une apparition gag discrète... Tout ça n'est pas très ambitieux, sans doute, et le film se résout dans la comédie, comme en témoignent des scènes un peu insistantes de concours de grimaces entre Jack Hanlon et Harry Gribbon! Mais c'est un témoin intéressant de a période de formation d'un grand metteur en scène, avec une forte dose de naturalisme muet... Même si le film est sorti partiellement parlant, comme The love trap, il est présenté désormais dans une version intégralement muette qui lui sied bien.

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Published by François Massarelli - dans 1929 William Wyler Muet **
27 août 2020 4 27 /08 /août /2020 21:02

Le sorcier des effets spéciaux, le réalisateur de Who framed Roger Rabbit?, Back to the future et Forrest Gump, n'a jamais été prévisible, passant d'un projet à l'autre avec maestria... Il ressemble beaucoup en cela à son ancien mentor Spielberg, mais n'a jamais eu vraiment, à part peut-être pour Gump, la reconnaissance qu'il mériterait... ce film un peu passé inaperçu est une de ses oeuvres majeures, paradoxalement.

Oui, paradoxalement parce que c'est quand même un film qui part sur des bases mineures, avec des stars (si je ne m'abuse, c'est la première fois qu'on trouve Brad Pitt en compagnie de Marion Cotillard) et une rocambolesque histoire d'amour entre espions de la seconde guerre mondiale, qui commence d'ailleurs, je vous le donne en mille... à Casablanca.

Le Canadien Max Vatan a une mission: rejoindre une super espionne de la Résistance Française à Casablanca où elle est chargée d'éliminer un ambassadeur Allemand. Il n'a jamais rencontré Marianne Beauséjour, mais ils doivent incarner un couple marié. Le premier contact est positif et ils ne tarderont pas à tomber dans les bras l'un de l'autre... Subjugué par Marianne, Max décide de la demander en mariage une fois leur mission accomplie. Une fois à Londres, maris et parents, les deux espions entament une nouvelle vie, plus domestique: pendant que monsieur occupe un bureau de l'espionnage, madame est une parfaite ménagère... Mais les supérieurs de Max l'avertissent: elle serait une espionne Allemande; amoureux fou, Max doit mener son enquête...

On pense à Notorious, mais avec une sorte d'inversion: c'est sa propre vie que Max voit, potentiellement, envahie... Mais je pense que ce n'est pas un hasard si Zemeckis a imposé à Pitt un jeu constamment amer, intériorisé: il adopte le même fatalisme que Cary Grant, contrebalancé par le même amour fou. C'est que l'empreinte d'Hitchcock, déjà très forte dans le film What lies beneath, est ici très présente. 

D'une part parce qu'il nous présente deux experts qui aspirent à un bonheur simple mais sont condamnés à y échapper; ensuite parce que le doute sur la culpabilité de l'héroïne est la source même de l'intérêt du film; enfin parce que le suspense, soutenu par une mise en scène d'une inventivité subtile mais permanente, monte de séquence en séquence, avec un jeu de points de vues qui renvoie aussi à Spielberg, l'autre maître de Zemeckis. Et une fois de plus, le film nous offre une belle variation sur deux thèmes chers au réalisateur: son pessimisme fondamental et même souvent narquois d'une part, qui le pousse à nous montrer les ennuis les plus terribles qui découlent de la tentation du bonheur ou du désir (comme donc dans Death becomes her, où l'immortalité n'empêche pas la décomposition, ou dans Forrest Gump où la seule personne qui survit sans dommage intérieur aux années 60 est celui qui n'a pas de désir ni de passion, ou enfin dans Cast away où un homme qui revient au monde découvre qu'on l'a oublié...); et bien sûr, il aime à prendre le contre-pied des valeurs établies, quitte à prendre le point de vue d'un ennemi, comme ici où Brad Pitt est sans doute prêt, s'il découvre que son épouse adorée est une espionne, à trahir son pays.

Sinon bien sûr, il nous montre les coulisses de l'histoire dans un monde qu'il se plaît à recréer avec son talent pour les technologues cinématographiques de pointe... Pour autant, il le fait tout en proposant un film impeccablement distrayant, qui ne dérape que lorsque la super Résistante devient une gentille mère au foyer... Mais ça ne dure pas. Oh non!

 

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Published by François Massarelli - dans Robert Zemeckis
27 août 2020 4 27 /08 /août /2020 20:54

Avec ce titre, on attend une parodie de The sea hawk, de Frank Lloyd, qui venait de remporter un joli succès... Mais e lieu et place on trouve un court métrage assez typique de Sennett par son script (un voyageur naïf aide quasiment par inadvertance à déjouer les plans maléfiques d'un couple d'escrocs) et par son décor (un bateau clairement posé dans le studio, dont les toiles peintes ne font pas beaucoup d'efforts pour donner l'impression d'être le grand large) ou ses gags...

C'est pourtant bien du Harry Langdon, ce dernier réussissant à s'adapter avec son rythme particulier à la frénésie ambiante. Le clou du film reste une poursuite mouvementée durant laquelle Langdon se déguise en belle sudiste: avec son maquillage il ressemble à Dorothy Gish beaucoup plus qu'à sa soeur, c'est frappant...

 

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Published by François Massarelli - dans Harry Langdon Muet Comédie