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9 août 2020 7 09 /08 /août /2020 10:45

Un tout petit garçon laissé seul par les circonstances dramatiques à Ellis Island, un capitaine bourru, une riche grand-mère qui a perdu toute trace de son petit-fils dont la mère est décédée tragiquement en route vers les Etats-Unis: mélangez, vous avez un film! C'est donc l'un des premiers "véhicules" pour le petit Jackie Coogan, dont l'interprétation avait fait sensation dans The kid, de qui-vous-savez.

Et c'est un mélodrame à peine relevé par un ton de gentille comédie familiale, dans lequel toute l'équipe fait bien attention à cocher toutes les cases nécessaires à l'identification de ce film avec l'image qu'a forgé Chaplin du jeune acteur: circonstances tragiques, présence d'un adulte affectueux mais pas trop démonstratif, quiproquos, présence menaçante des autorités, et pathos sous contrôle... C'est plaisant, même si on sent ici une volonté consciente de capitaliser sur le génie d'un autre: ce n'est pas Coogan junior que j'accuse, mais un autre acteur, John Coogan senior, qui est d'autorité crédité "superviseur" du film. Ce qui fait qu'il y a ici beaucoup de metteurs en scène...

Le principal artisan reste sans doute Victor Heerman, qui est crédité en premier, et fera une petite carrière de réalisateur dans les années 20; et sinon vous connaissez Albert Austin, qui était l'un des plus proches collaborateurs de Chaplin. Sa présence ici au poste de co-réalisateur vient peut-être d'un besoin de Jackie Coogan d'être à l'aise sur le plateau, avec une personne de confiance: Austin était l'un des assistants dévoués à Chaplin, et avait selon toute vraisemblance été souvent à la manoeuvre sur le premier long métrage de son patron, lorsque ce dernier était pour sa part derrière la caméra. Lui aussi fera une petite carrière, principalement dans la comédie, et souvent dans l'ombre de Chaplin; non seulement il a tourné un autre film avec Coogan, mais il a aussi été amené à réaliser un film avec le petit Dean Riesner, fils du réalisateur Chuck Riesner, lui-même assistant sur The pilgrim et la première version de The Gold Rush: son fils jouait le gamin qui en voulait aux deux frères Chaplin dans The Pilgrim...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet 1921 *
8 août 2020 6 08 /08 /août /2020 18:38

Je n'ai pas coutume de créditer Walt Disney à un quelconque rôle créatif sur ses films. Le monsieur, sur l'essentiel de sa carrière n'a été qu'un chef d'entreprise, vaguement esclavagiste, sans aucun talent particulier pour l'animation qu'il n'a pratiqué qu'aux heures les plus crues du studio, sur les films de la série Alice in Cartoonland, alors que les films Disney n'étaient finalement qu'une variation, pour ne pas dire un plagiat, de la série Felix The Cat. Le "créateur de Mickey", notez l'apparition de guillemets ironiques, a surtout admirablement su s'entourer, en engageant des génies de l'animation comme Ub Iwerks (C'est lui, le créateur de Mickey, le seul), David Hand (Réalisateur, excusez du peu, de la plupart des magiques Silly symphonies, mais aussi de Snow white et Bambi...), ou toute l'équipe ici réunie pour les segments qui composent ce film. Mais il a parfois su s'impliquer, vraiment diriger les tournages, lorsque un film lui tenait plus à coeur. Il y avait une vision de Walt pour Fantasia, qu'aucun animateur, aucun réalisateur ne partageait vraiment, et Disney lui-même s'est impliqué derrière chaque segment, dans toutes les réunions autour du storyboard, et comme le producteur en titre Ben Sharpsteen, il mérite quelque part un crédit de réalisation pour cette fois-ci... C'est, après tout, de sa vision qu'il s'agit, une vision éminemment controversée et douteuse: Comme si on pouvait s'approprier les classiques et les détourner, dans un projet destiné aux enfants, mais dans lequel on faisait tout pour les détourner de l'écran (dessins animé abstrait, interludes éducatifs, moments effrayants, etc). et pourtant, c'est un classique... Un classique paradoxal qui part d'une collaboration entre Disney et le chef d'orchestre, lui aussi controversé, Leopold Stokowski.

Rappelons que le film (Qui fut d'abord baptisé "Film-concert", en raison de sa structure calquée sur celle d'un programme de vulgarisation classique) présente un certain nombre de segments, préparés par des réalisateurs différents, tous basés sur des oeuvres musicales préexistantes: L'apprenti sorcier, de Paul Dukas, mis en images par James Algar, est le plus célèbre, c'est aussi le point de départ de l'aventure à travers une rencontre inopinée entre Disney et Stokowski... Mais le film commence vraiment par la Toccata et fugue en ré mineur de Bach, réorchestrée pour grand orchestre plutôt que solo d'orgue, et imaginée par Samuel Armstrong. Du même Samuel Armstrong, on assiste à une mise en image de la suite Casse-Noisette de Tchaikovski. L'un des morceaux de bravoure du film est bien sûr la vision préhistorique, par Bill Roberts et Paul Satterfield, du Sacre du printemps (Dans laquelle Walt Disney s'est beaucoup impliqué, voulant à tout prix que son film soit pionnier dans la représentation des dinosaures) de Stravinsky, unique compositeur sollicité encore vivant durant la préparation du film.

La deuxième partie du film tourne essentiellement autour de trois segments: La VIe symphonie, dite pastorale, de Beethoven, interprétée par Hamilton Luske et Jim Handley, célèbre pour ses visions sucrées et excessivement mièvres de la mythologie grecque; La danse des heures de Hamilcar Ponchielli, est réalisée par Norman Ferguson et Thornton Hee, et très honnêtement avec ses ballets d'autruches, d'hippopotames, d'éléphants et de crocodiles, reste un sommet du film; enfin, le spectacle se termine sur une étrange association, celle de La nuit sur le mont chauve, de Modeste Moussorgsky adapté par Wilfred Jackson, suivi immédiatement par un Avé maria de Schubert également illustré par Jackson. Cette fin était finement calculée: d'un côté, les excès baroques et l'animation horrifique, et de l'autre une fin toute en apaisement, dotée qui plus est de connotations religieuses passe-partout... Le fil rouge, c'est bien sûr le retour systématique à l'orchestre dirigé par Stokoswki, accompagné d'un présentateur, ici un critique de musique réputé, Deems Taylor. Tant qu'à faire, ces segments sont filmés par rien moins que James Wong Howe: Disney est en quête de crédibilité dans le monde de cinéma...

Disons tout de suite ce qui me parait une évidence: l'intention était ridicule, tant elle part des principes communément admis chez Disney: la musique en elle-même ne dit rien, elle doit donc être illustrée, quitte à la trahir. C'est exactement le même principe qui aujourd'hui pousse des producteurs d'émissions sur M6 à recycler des tonnes et des tonnes de chansons connues pour les utiliser dans la bande-son de leurs shows de recyclage bricolatoire et autres sous-produits du lobby immobilier et des mafias de chefs cuistots (Ou comment recycler Radiohead pour en faire la bande-son idéale du moment durant lequel un apprenti marmiton se trouve humilié par un chef nazi)... Il y a un côté purement sophiste à ce recyclage chez Disney, qui transparaît d'ailleurs dans la décision, parfois, de couper dans les oeuvres, qui prouve s'il en était besoin, que le matériau musical, censé être mis en valeur, devient donc dispensable, comme tout autre aspect de la production, au service du film. Ceci étant posé, le résultat est, après tout, du cinéma, et c'est la raison pour laquelle on ne peut que succomber à Fantasia, à condition d'en accepter les longueurs, les pleins, les déliés, le côté expérimental, et surtout le culot monumental de la chose... Car il fallait être gonflé pour imposer au public le Sacre du printemps, de Stravinsky, encore scandaleux à l'époque de la réalisation du film... Il fallait aussi du cran, non seulement pour consacrer deux heures à la musique dite classique, mais en prime le faire en compagnie d'un chef qui ne plaisait pas à toute la communauté musicale Américaine (Rappelons que le film est sorti à une époque où sortir un film en Europe est devenu quasi impossible)...

Alors le résultat, c'est qu'en dépit de ses défauts (L'anthropomorphisme parfois insupportable, voire la sale manie de donner non seulement aux animaux, mais aussi aux objets et à la matière une vie et des intentions humaines, la tendance parfois vomitive au mignon à tout prix, notamment dans la vision de la Symphonie pastorale, un refus de choisir entre abstrait et figuratif qui fait que le premier segment, supposé s'inspirer des oeuvres abstraites de Oskar Fischinger qui a fini par claquer la porte de la production, sert surtout de présentation de nombreux motifs de décors et d'effets spéciaux qui vont ensuite être recyclés sur le film entier, ce qui n'en fait pas une introduction très passionnante, etc...), le film est d'une constante invention, à tous points de vue, c'est aussi un long métrage qui en dépit de son morcellement, court sur un thème récurrent et cohérent: montrer le chaos pour en tirer les conditions de la renaissance et de la paix. Et comme par hasard, le film a créé le chaos, via un échec commercial cuisant, avant de devenir, tel un serpent de mer, le mètre étalon de la bonne santé retrouvée du studio à travers des ressorties fréquentes.

Fantasia a aussi prolongé l'esprit de découvertes technologiques et artistiques contenu dans les merveilleuses Silly Symphonies, ces courts métrages de 1929 à 1939, dont l'esprit se retrouve d'ailleurs ici plus d'une fois, y compris dans des segments aussi peu ressemblants les uns aux autres que La danse des heures, L'apprenti sorcier, Casse noisette, et oui, même la Symphonie pastorale avec ses "centaurettes" topless.

Fantasia (Walt Disney, Ben Sharpsteen, 1940)
Fantasia (Walt Disney, Ben Sharpsteen, 1940)
Fantasia (Walt Disney, Ben Sharpsteen, 1940)
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Published by François Massarelli - dans Animation Disney
8 août 2020 6 08 /08 /août /2020 18:14

C'est donc plutôt avec Donald Duck qu'avec la superstar Mickey Mouse (trop lisse) que les établissements Disney se sont attelés à de la propagande anti-nazie bien sentie... Pendant ce temps, Tex Avery à la MGM et toute l'équipe de Leon Schlesinger à la Warner, sans parler des Fleischer à la Paramount, s'étaient aussi lancés dans des cartoons pour soutenir l'effort psychologique de guerre. Celui-ci mérite qu'on s'y attarde parce qu'il va bien au-delà de la propagande simplement ponctuelle, pour attaquer spécifiquement les fondements d'une idéologie, les fondements acceptables dans un cartoon, s'entend. 

Car... faut-il le rappeler? Oui, j'en ai peur: le nazisme n'est pas une idéologie comme les autres, c'est une déviance criminelle, basée sur l'eugénisme, la préférence raciale et la loi du plus fort, le sadisme, la torture et la cruauté. Partant de là tous les coups sont permis, et pourtant avec ce qui était d'abord et avant tout une pochade chargée (Donald Duck rêve qu'il vit en Allemagne et doit travailler sous haute surveillance pour l'armement national, tout en subissant un lavage de cerveau permanent de propagande), on atteint un niveau rarement atteint dans ces courts métrages: comment ne pas penser à 1984, écrit et publié quelques années plus tard, en voyant Donald Duck qui peine à travailler correctement quand il doit dire 'Heil Hitler' toutes les deux secondes...

Et ce film se paie en prime le luxe d'accumuler sur un tempo d'enfer des gags très drôles. Maintenant, les précautions oratoires avec lesquelles il est montré actuellement ne s'imposent pas: ce qui est ridiculisé ici, ce n'est évidemment pas le peuple Allemand, ais bien une idéologie criminelle du XXe siècle, et alentours car elle n'a pas disparu. Tout au plus faudra-t-il admettre qu'une fois de plus les Japonais ne sont pas à leur avantage dans ce petit film.

...quant au paradoxe d'un film de propagande anti-nazie produit par un homme qui avait des sympathies embarrassantes pour le fascisme, je pense qu'il n'est pas si important: d'une part, Disney était un industriel, là où ses employés étaient des artistes. Ensuite, en 1942, ça fait sans doute bien longtemps (au moins depuis 1923!) que Walt Disney n'a rien, strictement rien fait dans les courts métrages qui potent son nom...

 

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Published by François Massarelli - dans Disney Animation
7 août 2020 5 07 /08 /août /2020 11:46

C'est l'un des rares films qui prenne pour cadre les croisades et leurs conséquences. Les quatre héros du film sont le sultan Saladin, héros de la cause Musulmane, et souvent dépeint comme un fin politique, sage et ouvert. Mais en matière de sagesse, le titre est clair: c'est Nathan, un notable Juif de Jérusalem, qui l'emporte. Il va représenter pour Saladin le visage des Juifs de Jérusalem, avec lesquels il va devoir composer. Sinon, deux personnages au destin compliqué complètent la distribution: un jeune croisé, Curd, de noble extraction, et... neveu de Saladin, mais il ne le sait pas. Recha, la fille adoptive de Nathan, ne sait pas non plus qu'elle est la nièce du Sultan et la soeur du précédent. Le drame tourne autour de la situation à Jérusalem après l'installation de Saladin: ce dernier veut gouverner mais sans être injuste envers les autres religions. Les Chrétiens vont comploter pour affaiblir aussi bien Saladin que la communauté Juive, alors que Saladin va faire appel à la sagesse de Nathan...

C'est un film monumental, qui pourtant (ceux qui sont habitués au cinéma Allemand muet comprendront où je veux en venir) ne dure que deux heures... Dans l'ombre de la UFA, il y avait aussi des producteurs indépendants, dont ceux qui étaient regroupés autour de la bannière de la MLK, basée à Münich. Les films de Manfred Noa avaient ceci de particulier d'être en plus de leur indépendance qui garantissait des ennuis de distribution, particulièrement ambitieux. Celui-ci, très soigné, a en plus le privilège d'avoir été, à un moment crucial de l'histoire politique, au coeur d'une controverse: car cette histoire des Croisades montrait dans une intrigue à la grande clarté (et un soupçon de mélodrame bien de son époque, avec révélations à tiroirs), un Sultan sage, en proie à la duplicité et la tricherie de l'Occident, et conseillé par des Juifs sages, posés et incarnés par un personnage prêt à tous les sacrifices pour faire avancer la paix entre les peuples. Bref: les nazis, ces cons-là, étaient fort mécontents...

Raison de plus: le film en vaut la peine. Maintenant, si l'ancien costumier et décorateur n'est pas un grand directeur d'acteurs (le ton général est au déclamatoire sur le proscenium) il se rattrape largement sur un montage très serré, et un sens aigu du décor. Quant au découpage, qui doit tenir le choc devant une telle production, il est exemplaire de ce qu'on est en droit d'attendre d'un film Allemand de cette époque. Noa réalisera deux ans après un spectaculaire film, Helena, basé sur les récits de la Guerre de Troie.

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Published by François Massarelli - dans 1922 Manfred Noa Muet *
7 août 2020 5 07 /08 /août /2020 11:27

Dans le réseau de télévision UBS, les news de Howard Beale (Peter Finch) n'attirent plus la moindre audience... On décide donc de le virer, et pour ajouter l'embarras à l'humiliation, c'est à son meilleur ami et collègue, Max Schumacher (William Holden) qu'incombe la tâche dégradante de le lui dire... C'est donc après une nuit de beuverie des deux hommes qu'Howard annonce son retrait à l'antenne, assorti d'une menace: il va se tirer une balle en direct. C'est la panique dans le réseau, jusqu'à ce qu'une productrice peu scrupuleuse, Diana Christensen (Faye Dunaway), fasse remarquer que le suspense engendré par la situation risque d'avoir des effets bénéfiques sur l'audimat... Alors qu'Howard glisse à petit feu vers une folie de genre prophétique, la chaîne va se déchirer en interne autour de lui...

C'est féroce, bien sûr, comme pouvaient l'âtre à des degrés divers 12 angry men, Fail safe, ou A dog's day afternoon. Mais Lumet, s'il charge sans pour autant tout exagérer, poussa son pamphlet du côté de la comédie. Une scène durant laquelle Holden couche avec Faye Dunaway va même très loin, montrant la jeune femme tout faire en moins de trrete secondes, sans jamais s'arrêter de parler. C'est sur le visage de William Holden qu'on lira la certitude que l'orgasme de la jeune femme est plus dû à sa logorrhée qu'aux efforts du respectable producteur... Network est une comédie où les personnages (à ceux déjà cités, vient s'ajouter Robert Duvall en dirigeant odieux) se comportent en politiciens, stratèges, et tous ou presque vont faire preuve d"un égoïsme hallucinant: derrière la satire violente de la télévision, c'est tout un monde qui devient la cible du jeu de massacre orchestré par Lumet: l'Amérique ultra-libérale, libertarienne d'Ayn Rand, dont Diana Christensen devient en quelque sorte un porte-étendard valide. C'est, alors que les décombres de l'ère Nixon sont encore chaudes, l'avènement futur de l'ère Reaganienne qui s'annonce...

Et dans une scène dont la cadrage est fortement singulier, Howard Beale va rencontrer Satan, ou c'est tout comme: le président du réseau va lui expliquer dans une séquence de grand guignol, le fonctionnement du capitalisme télévisuel. C'est ce même président qui va ensuite exiger le maintien à l'antenne d'un Beale qui perd constamment en audimat (donc en parts de marché), tout bonnement parce qu'il est devenu pour lui la voix du capitalisme: le fait du prince, par-dessus les journalistes, la production, mais aussi les politiques... voire le public. Et Beale, qui a vendu son âme au diable, devient incapable de se suicider.

Lumet adopte une fois de plus une technique totalement adaptée à chaque scène, et mélange dans son style fait d'urgence et de clarté, des traces de Wyler et un soupçon de Hawks... Il sait aussi donner à voir avec saveur l'indifférence des gens de télévision aux images et aux concepts qu'ils manipulent. par exemple, ce pauvre Gerald Ford en fait les frais, qui parle dans le vide pendant que les techniciens qui le filment regardent ailleurs... Féroce, mais aussi souvent baroque, le film est sans doute moins prophétique que véritablement désespéré. Le monde qu'il nous peint est inéluctable, et comme on sait, que ce soit en médias ou en politique, les choses sont loin de s'être améliorées.

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Sidney Lumet
7 août 2020 5 07 /08 /août /2020 11:18

Ce court métrage, le dernier présentant (plus ou moins) Max Davidson en vedette, n'est pas une production de Hal Roach: la MGM, dans un désir d'arrondir les angles, a décidé que le petit studio n'avait plus le droit de présenter des courts métrages "ethniques"... Le comédien, accompagné de l'inusable Spec O'Donnell (qui a bien grandi), y sert essentiellement de faire-valoir à Louise Fazenda. Lewis Foster, le metteur en scène, vient de chez Roach, donc même si le ton n'est pas le même on y retrouve certains traits caractéristiques des films précédents du comédien. 

Un groupe de touristes égarés cherche une auberge où dormir: quand ils en trouvent une, ils ne savent pas qu'ils vont subir une nuit de terreur, en compagnie de fantômes tous plus bizarres les uns que les autres...

Ce n'est pas un script, juste un prétexte; d'ailleurs on s'imagine que dans l'esprit des concepteurs dudit scénario, les personnages étaient tous des imbéciles: l'arrivée du parlant  été l'occasion d'un grand appauvrissement de la comédie, sauf... chez Roach. Donc ici, la mise en scène de Foster fait tout ce qu'elle peut pour sauver le film du pire destin d'une comédie: ne pas, mais alors pas du tout, être drôle... Grâce à Davidson et O'Donnell, on y parvient... parfois. Mais pas souvent...

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Published by François Massarelli - dans Comédie Pre-code Max Davidson
5 août 2020 3 05 /08 /août /2020 10:01

Hal Roach souhaitait par-dessus tout que son studio passe au parlant, dès la deuxième moitié de l'année 1928, mais il lui a fallu attendre, en raison des hésitations du distributeur MGM. Car ces derniers étaient impliqués un peu plus que dans la seule distribution des films du petit indépendant: par exemple, ils s'ingéraient dans certains choix éditoriaux et ont notamment tout fait pour ralentir, puis arrêter la série des courts métrages de Max Davidson, jugés trop ethniques, et contraires à l'assimilation prônée par les dirigeants de la plupart des grands studios. 

Il a donc fallu attendre jusqu'à la deuxième moitié de 1929, puisque la MGM souhaitait que Roach ne soit as trop en avance sur le "grand frère" qui retardait le passage au parlant; tous les premiers courts métrages parlants sortis en 1929, un pour chaque série des courts Roach, portaient un titre en rapport avec le son: par exemple, "Unaccustomed as we are " de Laurel et Hardy était une une phrase-cliché souvent prononcée par des orateurs lors d'un discours, mettant en valeur le manque d'habitude de parler en public. Hurdy-gurdy, c'est plutôt du son: un orgue de barbarie...

Le film est situé dans la cour d'un immeuble, on assiste aux conversations d'un certain nombre de familles qui profitent de la chaleur sur leurs balcons: deux familles juives (dont une avec Max Davidson) devisent en un mélange de yiddish et d'anglais, le policier Irlandais Edgar Kennedy tente sans succès de faire une sieste, et les Italiens qui sont juste au-dessus de lui ont du mal à retenir leurs animaux de faire des bêtises: un chat qui fait tomber du lait sur le crâne d'oeuf de l'agent Kennedy, et un petit singe, qui pourrait bien être en rapport avec l'orgue de barbarie du titre, et qui est motivé dans on espièglerie par la velléité de sieste manifestée par le policier.

Dans cette carte postale qui est une caricature du New York populaire, un petit mystère: Thelma Todd fait venir bloc de glace après bloc de glace, et les utilise dans une pièce de son appartement. Elle a peu que quelqu'un meure, mais qui? Le petit mystère ira assez loin, jusqu'à l'intervention du policier dans cet immeuble où tout le monde écoute tout le monde...

C'est assez réussi, maintenant ça reste un film parlant des premiers temps, donc très maladroit dans ses dispositifs, répétitif et assez bavard. Si Max Davidson n'a qu'un rôle décoratif dans ce film, c'est lui qui a droit à son nom en premier au générique. pas de quoi, pourtant, comparer ces deux bobines avec les feux d'artifices de gags visuels très travaillés de ses films muets... un motif de satisfaction: Thelma Todd est arrivée au studio, et elle a déjà un rôle très important...

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Pre-code Max Davidson
3 août 2020 1 03 /08 /août /2020 09:55

Max Davidson et son épouse (Fay Holderness) apprennent que leur fille (Marion Byron) a des vues sur un jeune homme (Gordon Elliott) de fort belle famille, mais ils sont catégoriques: elle est trop jeune! ils décident donc de se débarrasser du jeune homme en lui faisant croire qu'ils sont absolument cinglés... sauf qu'ils apprennent aussi bien vite, mais trop tard, que la bonne famille du jeune homme en question est celle du patron de Max...

Comme souvent, la première bobine sert à contextualiser le film, en nous montrant en particulier la rencontre entre les deux jeunes gens. Grâce au tempérament comique de Marion Byron, c'est splendide, et aussi un brin "risqué" comme on dit en Anglais: Gordon Elliott tente de courir après Marion pour lui ramener un achat qu'elle a oublié dans un magasin: des sous-vêtements... Donc il nous est donné de voir un homme qui court après une jeune femme pour lui rendre sa petite culotte, ce qui reste finalement assez rare dans le cinéma muet américain! 

Sinon la deuxième partie commence de façon presque routinière, surtout si on considère que Should second husbands come first a déjà été l'occasion d'explorer les possibilités d'une histoire de ce type, avec les deux grands fils de Lillian Elliott qui tentent de se faire passer pour fous pour éloigner Max. On peut aussi citer le stratagème de Charley Chase dans Crazy like a fox; mais le film s'emballe pour un grand final dans lequel Mr et Mrs Davidson sont grimés en romains, et où une voiture aux particularités étranges (déjà utilisées dans Flaming fathers) sera le mot de la fin.

Entre-temps, on aura vu un grand moment, aussi, qu'on imagine improvisé sur place: Edgar Kennedy qui joue un flic particulièrement sympa (et timide aussi, une scène en témoigne) est très gourmand: il négocie avec un enfant pour lui piquer son hot-dog... Et sinon, ce film est à l'heure actuelle le dernier des courts métrages muets de Davidson qui soit disponible.

 

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Published by François Massarelli - dans Max Davidson Muet Comédie
3 août 2020 1 03 /08 /août /2020 09:49

Max (Davidson), son épouse (Polly Moran), leur fille (Viola Richard) et leur fils (Gene Morgan), un hypochondriaque de premier choix, viennent d'acheter une maison. Au moment d'emménager, ils apprennent qu'il s'y est tenu un crime... La nuit sera longue et riche en quiproquos...

Il est toujours décevant de ne pouvoir profiter d'un film lorsque il en reste malgré tout 60%... Mais les fragments disponibles de cette petite comédie qui installe gentiment un comique basé sur les clichés de l'épouvante (très à la mode depuis The cat and the canary) sont disjoints et il manque des bribes un peu partout. Dommage...

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Muet Max Davidson
3 août 2020 1 03 /08 /août /2020 09:36

Le père (Max Davidson) espionne son fils (Spec O'Donnell) parce qu'il a un comportement étrange depuis quelque temps... Ce qu'il ne sait pas, mais nous nous le savons, c'est que Junior est en secret en pleine préparation d'une pièce de théâtre, un mélodrame criminel dont il est la vedette. Un soir qu'il a suivi sa progéniture, et qu'il l'épie depuis le couloir d'un hôtel, Max surprend son fils en grande conversation avec deux femmes: Viola (Richard) se présente comme l'épouse légitime avec un bébé, et Thelma (Hill) est la maîtresse. Quand celle-ci annonce au fils qu'il va lui falloir supprimer sa rivale et que celui-ci s'exécute, Max qui n'a toujours pas compris que c'était de la fiction, décide d'aider son fils... Ce qui va lui attirer des ennuis.

C'est donc un périple extrêmement dangereux qui attend le héros, aux prises avec un mannequin dans un sac, dont il croit bien sûr qu'il s'agit d'un cadavre. Toute la deuxième bobine de ce film, dont certaines scènes manquent à l'appel (tout le début hélas) est consacrée à une course poursuite délirante avec confusions multiples. On notera une superbe contribution d'Edgar Kennedy en policier dépassé par les événements lors d'une scène de strangulation (qui de fait est un ingrédient assez rare de la comédie), et l'une des rares apparitions de Viola Richard au studio Roach... Et un gag final qu'il a fallu amener avec soin, mais qui est très réussi.

 

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Published by François Massarelli - dans Max Davidson Comédie Muet