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12 février 2019 2 12 /02 /février /2019 16:25

Un portrait de Louise Michel, communarde, Socialiste et combattante de la liberté sous toutes ses formes (anti-colonialiste, féministe, etc...) durant l'exil en Nouvelle-Calédonie imposé par sa condamnation après la répression des actes de la Commune de Paris. Elle avait demandé la mort, elle a eu l'exil... Durant sa déportation (de 1873 à 1879), elle a vécu avec les bagnards, mais aussi avec le peuple Kanak dont elle a commencé à découvrir la culture...

D'un côté, on ne s'étonnera pas que Solveig Anspach, cinéasste autant des femmes à part que de l'exil, ait souhaité participer à ce tournage, une commande de Frace Télévision à forte connotation éducative. Et la façon dont elle traite de son sujet est à rapprocher de la douce et respectueuse distance à laquelle elle se tenait, en filmant Karin Viard en proie au cancer, ou Didda Jonsdottir se rouler des gros pétards! 

De l'autre, le sujet est imposé, le ton didactique, et le film souffre des ingrédients imposés par le genre: une actrice (Sylvie Testud) qui doit faire passer un personnage en 83 minutes chrono, et donner autant à voir de "sa" Louise Michel que possible; des dialogues convenus, du genre "prenons le petit déjeuner en parlant de Victor Hugo à l'assemblée, ça sonne faux; et le sentiment que Louise Michel, c'est cette boudeuse sentencieuse qui se tient à l'écart et qui a tout compris avant tout le monde. Non, c'est dommage, mais au-delà d'une salle de classe, on n'aura pas beaucoup d'intérêt à voir ce film...

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Published by François Massarelli - dans Solveig Anspach
12 février 2019 2 12 /02 /février /2019 11:23

Après les triomphes de The Silence of the lambs (1991) et Philadelphia (1993), l'ascension de Jonathan Demme marque un brutal coup d'arrêt avec la sortie de ce long métrage adapté d'un roman épique, primé, mais aussi dur et controversé: Beloved n'est rien d'autre qu'une épopée Américaine intime qui sonde la part indélébile de l'esclavagisme et du racisme, et le fait en termes pas vraiment aptes à rencontrer le grand public... Toni Morrison a été fêtée, mais aussi vivement critiquée pour le manque total de concessions de son roman (paru en 1987), et Demme qui fera face à un consensus critique positif, devra aussi composer avec un public ouvertement hostile. Ce qui ne sera pas la première fois, puisqu'on se rappelle de la réception houleuse de The silence of the lambs avant son énorme succès, mais cette fois, le film ne marchera pas. Au passage, s'ils vont énormément le regretter compte tenu des sommes engagées dans la production, je ne parviens pas à comprendre comment Disney a bien pu (via le label Touchstone) produire ce film!

En 1873, en Ohio (un état Nordiste situé juste au dessus du Kentucky, sur la route historique des esclaves en fuite), une petite communauté noire vit dans les environs de Cincinnati. C'est ici que Paul D. Garner (Danny Glover) retrouve son amie Sethe (Oprah Winfrey), une ancienne esclave enfuie comme lui, qui vit avec sa fille Denver (Kimberley Elise): elles vivent dans une maison hantée, car la fille aînée de Sethe est morte encore jeune, c'est du moins ce que sa mère prétend... Par ailleurs, d'autres personnes ont vécu avec elles: les deux fils de Sethe, qui se sont enfuis une nuit compliquée dans le prologue spectaculaire du film, et sa belle-mère, décédée depuis...

Paul s'installe, et la vie reprend son cours, néanmoins Sethe qui cache manifestement des secrets, vit volontiers à l'écart des autres... Un jour, une jeune femme (Thandie Newton) fait son apparition dans la maison, une mystérieuse jeune noire, habillée de neuf, entièrement de noir. Elle se présente comme étant Beloved (bien-aimée), et est clairement dérangée. Sethe, Denver et Paul vont s'occuper d'elle... et elle va s'occuper d'eux.

Hautement symbolique, systématiquement situé dans un cadre très réaliste, le film est pourtant une double histoire de fantômes: deux esprits qui hantent Sethe, l'un sous la forme d'un poltergeist, et l'autre sous la forme d'un être de chair, mais le plus inquiétant n'est pas celui qu'on croit. Les secrets inavouables de Sethe sont bien sûr la base de cette situation, mais le spectateur aura toujours une longueur d'avance sur les personnages, puisque nous sommes prévenus assez tôt, dès le premier plan.

Mais le but de Demme (et d'Oprah Winfrey qui a produit le film et s'est énormément impliquée) n'est pas de nous amener à voir un film confortable, loin de là: Beloved est un film dur, complexe (beaucoup de flash-backs qui ne seront pas toujours très explicites), violent et jamais confortable: il y est question de la survie après l'esclavage, et des choix abominables qu'il faut parfois faire. On y croise une bonne part de l'héritage folklorique des anciens esclaves, fait de religion "homemade", de superstition et d'une grande dose de contes terrifiants... Cette difficulté narrative est un héritage du roman, et plutôt que de nous aliéner, elle rend le film plus attachant encore. Certes, les tenant d'un classicisme plus rassurant passeront leur chemin, mais le film, au long de ses presque trois heures, à beaucoup à donner... Pourvu qu'on veuille bien le prendre.

 

 

 

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Published by François Massarelli - dans Jonathan Demme
11 février 2019 1 11 /02 /février /2019 17:55

En 1923, ce long métrage documentaire offrait au public Allemand d'un cinéma qui relevait la tête après la situation précaire d'après guerre, une sorte d'état des lieux du septième art. Il contenait un petit historique, des aspects divers de la fabrication d'un film, et pour la dernière bobine au moins, une plongée dans un certain nombre de tournages contemporains, et pas du menu fretin: Die Nibelungen, de Lang, I.NR.I. de Wiene, ou encore Le cabinet des figures de cire de Paul Leni. On y voit Conrad Veidt préparer un plan en compagnie de Leni!

On y voit aussi assez longuement les metteurs en scène "jouer" pour la caméra: Fritz Lang y ajoute un chapitre de la longue litanie autour de sa réputation de tyran, Wiene y est vu calme, marmoréen, concentré... Et on voit aussi Ewald André Dupont, en plein tournage de Das alte Gesetz, tout le contraire de Wiene: agité, mobile, cabotin...

Ce documentaire est pour l'essentiel un film perdu, dont seuls des fragments des deux dernières bobines ont été retrouvés et remontés... Une part d'entre eux servaient de stock-shots pour d'autres documentaires dans les années 80 et 90... Mais aussi futile ce type de document soit-il, ces images n'ont pas de prix, et s'il ne fait aucun doute qu'elles sont à vocation publicitaire, elles ont un charme certain.

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Published by François Massarelli - dans 1923 Muet Documentaire **
10 février 2019 7 10 /02 /février /2019 15:19

Pour une série de films documentaires consacrés aux "gens d'Europe", Solveig Anspach a eu l'idée de refaire un film avec la poétesse Didda Josndottir, qui interprétait aux côtés d'Elodie Bouchez un rôle dans le long métrage Stormy Weather. La dame est tout sauf banale: revenue de Jamaïque en Islande avec deux fils (dont un né là-bas), et vivant de petits boulots tout en publiant une poésie brute, provocatrice et sans concessions, elle ressemble en fait beaucoup à un personnage qu'elle incarnera ensuite dans Back soon, celui d'Anna, qui comme elle a deux fils (d'ailleurs joués par Ulfur et Krummi, ses deux authentiques garçons), de l'expérience en Jamaïque (le personnage fictif survit fort bien en vendant des plantes récréatives probablement venues de là-bas), et les poésies récitées occasionnellement par Anna sont en fait celles de Didda...

Et ce portrait Islandais confirme l'impression d'un pays décidément bien différent des autres, où les gens n'ont pas la même manière de fonctionner... Surtout Didda, il est vrai!

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Published by François Massarelli - dans Solveig Anspach
10 février 2019 7 10 /02 /février /2019 15:11

Jane (Joy Doyle) est une jeune fille qui habite à Cork, qui est en pleine hésitation quant à son avenir: quitter l'école, trouer un travail, et surtout, surtout... Que va-t-il arriver maintenant qu'elle est enceinte? On est en Irlande, et certains choix ne sont pas vraiment facilités. Justement, la ville et le port sont en ébullition: un bateau qui bat pavillon Hollandais est justement à quai, et à l'intérieur des médecins engagés renseignent les filles qui ne savent pas trop quoi faire sur les possibilités d'avorter...

Le film est une miniature, un de ces films naturalistes qui donnent souvent l'impression d'être un documentaire: la caméra se trouve à distance, le ton de la vérité a été recherché et bien souvent obtenu. C'est un portrait sans commentaire d'une jeune femme comme on imagine qu'il en existe des dizaines à Cork ou ailleurs, mais ce n'est en rien un film militant, juste un portrait généreux.

...Et puis cette ambiance, cette impression de ne pas savoir où aller, et ce salut éventuel qui provient de la mer: on est clairement bien dans l'oeuvre de Solveig Anspach, Islandaise avec des attaches un peu partout, partout où il y a des ports. On reverra Joy Doyle dans Back soon en 2008...

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Published by François Massarelli - dans Solveig Anspach
10 février 2019 7 10 /02 /février /2019 08:58

En Islande, un jour: Anna (Didda Jonsdottir) a un petit commerce florissant, puisqu'elle vend de l'herbe qui rend nigaud à tout un petit monde. ais ce jour-là est bouleversé par une série d'enchaînements: son frère la conduit à un rendes-vous avec un malfrat qui convoite le portable de la dealeuse (et par extension son imposant carnet d'adresses) et elle est disposée à le vendre contre un million et demi de couronnes; le frère fait la tête à sa soeur, pourtant, suite au refus de cette dernière d'assister aux obsèques de leur père, et en plus Anna passe son temps à fumer des joints dans sa voiture et ça l'énerve; ils recueillent par hasard Joy, une Irlandaise venue rendre visite à son petit ami en prison; le père de l'un des deux garçons d'Anna débarque sans crier gare pour passer du temps avec son fils; le cousin d'Anna a mal choisi son moment pour tenter de se suicider, et l'une de ses oies a avalé, devine quoi...

...Le portable. Bref, pendant que les clients avides de relaxation loufoque s'accumulent chez Anna, elle n'est pas là et peine à revenir avec tous ces problèmes.

Il y a au moins quatre courants chez Solveig Anspach: les fictiomentaires, ces petits courts de rien du tout qui partent du réel pour aboutir à une sorte de fiction décalée; les documentaires, les vrais, dont le long métrage Made in  the USA est un excellent exemple, de long métrage de surcroît; les logs métrages rigoureux, dont Haut les coeurs! et Lulu femme nue illustrent assez bien la sensibilité; et une série de films très personnels, et volontairement foutraques, dans lesquels elle crée la comédie à partir de riens savamment accumulés: en particulier, sa "trilogie" Franco-Islandaise, formée de ce film, de Queen of Montreuil et de L'effet Aquatique.

Il faut croire que les gens aimaient tourner avec Anspach, puisqu'ils reviennent: Julien Cottereau (Haut les coeurs!), Joy Doyle (Jane by the sea), et Didda Jonsdottir (Stormy weather) ont tous déjà tourné pour elle. Nous aussi on y est bien, avec ce ton fait de lenteur bouffonne, ses héros qui sont vaguement en colère mais qui s'aiment bien, ces gens venus de nulle part (Julien Cottereau, dans un rôle proche de celui qu'il avait dans Haut les coeurs!, fait un trip étrange avec un gâteau chargé en psychotropes, et Anna, qu'il est venu rencontrer parce qu'elle a écrit jadis un recueil de poésie qui a acquis une dimension mythique, lui apparaît comme une fée...), et cette non-héroïne revenue de tout, qui semble ne pas trop se rendre compte, finalement, qu'elle est un peu le centre du monde. Ses "clients", rassemblés dans sa petite maison où ils s'adonnent à une orgie de substances rigolotes, non plus... Mais certains de ces protagonistes, et en particulier les suicidés, les dépressifs et les déboussolés, vont trouver un peu de bonheur dans l'épopée.

A la fin du film, pendant le générique, les "clients", justement, se transforment en un orchestre qui joue du reggae. Rien que de très normal, quoi... Tout comme le fait de s'asseoir au milieu de nulle part, de mettre sa main en l'air, et cueillir hors champ une guitare mystérieusement disponible.

 

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Solveig Anspach
9 février 2019 6 09 /02 /février /2019 10:01

Tomorrowland, d'abord, c'est une idée d'attraction lancée par Walt Disney à la fin de sa vie, relayée par des modules de vulgarisation scientifique diffusés à la télévision: une fascination de gosse pour le futur et la science, qui a toujours marqué le bonhomme... Donc on est assez loin du cinéma, mais Tomorrowland, le film, est en quelque sorte un produit dérivé de cette branche singulière de l'univers Disney, et rejoint un peu la tendance actuelle à mettre le glorieux passé de l'entreprise au goût du jour. Brad Bird et Damon Lindelof, les deux auteurs, ont écrit un script personnel, dans lequel on retrouve un peu, voire plus, de l'univers des deux: de Bird, on retrouve la sensibilité de maverick génial des deux héros, ainsi que le principe de mettre des gens non informés dans une situation cuisante, sans oublier le goût pour la codification d'une époque saisie dans ses moindres détails... De Damon Lindelof, on retrouve le goût de l'énigme à tiroirs...

L'histoire, qui nous est contée par deux narrateurs au début avant (hélas) de se normaliser à la fin du premier tiers, est une rocambolesque intrigue autour de deux petits génies qui à deux époques différentes vont être confrontés sur l'invitation d'une mystérieuse fillette, à un monde merveilleux et futuriste, situé dans un univers parallèle. Les deux sont interprétés par George Clooney (Oui, même les génies grandissent) et Britt Robertson, et forment une équipe intéressante. Le film, dans ses deux premiers actes, déroule le tapis rouge à une course haletante et gentiment absurde, à la poursuite d'un monde étrange et hypothétique...

...Puis arrive le troisième acte où, comme dans un vulgaire épisode de série (oui, je pense à Lost, bien sûr!), le pot-aux-roses est expliqué, et tout à coup, le soufflé jovial retombe, l'intérêt part en courant, le tout-venant lénifiant de Disney s'installe et le spectateur n'a plus rien à attendre. C'est dommage. Au mois on aura eu, avant cette péremption péremptoire, une Tour Eiffel qui vole, des paradoxes temporels en veux-tu en voilà, et des gags réjouissants et novateurs sur la difficulté d'évoluer dans deux dimensions en même temps... Il faut croire d'ailleurs que cette fois, le public a été particulièrement troublé par le déséquilibre interne au film, puisque ça a été un désastre commercial.

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Published by François Massarelli - dans Brad Bird George Clooney Science-fiction
8 février 2019 5 08 /02 /février /2019 18:53

Terence Fisher n'a jamais revêtus beaucoup d'interêt pour moi: je n'ai jamais aimé le style des films Hammer, et le mélange entre transgression vulgaire et un classicisme un peu poussiéreux qui marque ses films fantastiques. Mais celui-ci, franchement, est dans une classe à part... Et puis il y a Peter Cushing en Holmes, et ça c'est un atout formidable!

Rappelons l'histoire, si tant est que c'est nécessaire: une malédiction hante la famille Baskerville, dont l'un des ancêtres est supposé avoir péri dans des circonstances fantastiques, victime alors qu'il venait de tuer (et plus si affinités) une jeune femme innocente, d'un mystérieux chien aux dimensions excessives, donnant naissance à une légende tenace. Et justement, Sir Charles Baskerville vient de mourir, victime d'une crise cardiaque sur les lieux mêmes du décès de son ancêtre, le visage figé jusque dans la mort par une horrible peur... La famille fait donc appel à Sherlock Holmes afin de résoudre le mystère et protéger Sir Henry (Christopher Lee), le dernier descendant, qui arrive bientôt en Angleterre.

D'une part, Fisher a su parfaitement rendre la poésie particulière et inimitable du chef d'oeuvre de Conan Doyle, mélange d'ingrédients fantastiques largement codifiés, mais supérieurement dosés, avec ses indices qui n'en sont pas, ses personnages croqués avec humour, et ce mélange sinueux d'hérédité et de scandale, tout en trouvant un style éminemment cinématographique dans lequel passe souvent le fantôme de Murnau, par le biais de son disciple Hitchcock: car oui, Fisher a su ici ne jamais en faire trop, contrairement à ses habitudes, et se place dans les pas de ses illustres confrères.

Et d'autre part, on est devant une vision non diluée, Britannique à 100%, de l'univers de Sherlock Holmes, transcrite à l'écran avec un flegme et une efficacité maximale. La couleur est ici un plus savoureux, et la façon dont les landes du Devonshire sont filmées et surtout recréées, sont aussi une superbe occasion de se faire plaisir. On ne se lassera jamais de ce classique, même si c'est probablement la plus souvent filmée des aventures de Sherlock Holmes...

 

 

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Published by François Massarelli - dans Fantastique canin Sherlock Holmes
8 février 2019 5 08 /02 /février /2019 18:42

Astor est un jeune homme au romantisme exacerbé, qui vient de perdre la femme de sa vie, Mila. Il demande conseil à sa meilleure amie, Cali, afin de devenir un bourreau des coeurs. Elle lui conseille un certain nombre d'approches qui toutes, tourneront au désastre, tout en confirmant son attachement à celle qui reste l'unique petite amie de son histoire sentimentale...

Certes, on peut effectivement partir de bien mieux pour réaliser une comédie, mais ce qui est le plus intéressant, dans ce film, n'est pas le scénario. Pas non plus la réalisation, extrêmement fonctionnelle, après tout! Encore moins le jeu global, souvent un peu vert. La comédie? oui, si on veut, notamment le fait que tout ou presque semble permis, dans une ambiance farfelue. 

Mais le plus intéressant, c'est cette idée saugrenue, qui a poussé le réalisateur (et l'une des productrices, également actrice, Dichen Lachman), à rassembler le casting suivant: Fran Kranz dans le rôle d'Astor, Dichen Lachman, Enver Gjokaj, Miracle Laurie, et dans des rôles mineurs, Felicia Day et Maurissa Tancharoen. Tous se connaissent, et pour cause: ils ont participé à l'étrange aventure de la série Dollhouse, de Joss Whedon. L'alchimie entre eux, en dépit d'une ambiance générale assez chaotique, garde un soupçon d'étrangeté...

 

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie
7 février 2019 4 07 /02 /février /2019 11:07

Cette photo assez saisissante de grotesque, de l'acteur Charles Ogle qui vous l'aurez compris joue le premier monstre de Frankenstein de l'histoire du cinéma, a longtemps été la seule chose qui restait du film, avant qu'on ne retrouve d'abord des photos de plateau, puis qu'une copie presque intacte du film ne fasse une réapparition miraculeuse vers la fin des années 70. Aujourd'hui restauré, c'est un classique paradoxal, qui dépare vraiment dans la production contemporaine...

L'histoire, forcément très résumée, suit le Docteur Frankenstein dans on ambition, puis dans la création de son monstre, création dont le contrôle lui échappe. Il se rend compte dès le premier coup d'oeil que son "home" est un monstre, et quand celui-ci lui échappe, il craint pour sa vie. Ce sera à la fois la jalousie de voir le Docteur marié, et la révélation de son propre physique qui auront raison du monstre...

Beaucoup de raccourcis visuels viennent ici réorienter le roman de Mary Shelley vers du sensationnel, en en particulier Dawley expérimente avec le suspense, de multiples manières: il nous montre Frankenstein au travail dans un laboratoire, où un cabinet à l'écart est le principal lieu de son expérience: à l'intérieur, une gigantesque marmite où le docteur, transformé en alchimiste, jette des ingrédients... Puis il sort et ferme le cabinet, nous laissant imaginer ce qui s'y passe. Plus tard, quand Frankenstein est avec sa fiancée, un miroir dans le champ nous montre avec insistance une porte, et nous savons que le monstre est prêt à sortir du laboratoire: au bout de quelques minutes d'attente (impossible de ne pas regarder le miroir!), nous serons récompensés par l'approche de la créature...

Paradoxal, disais-je, car il faut bien le dire, les Américains des années 10 et 20 n'étaient ni doués pour le fantastique, ni particulièrement désireux de s'y aventurer. Il faut voir de quelle manière les tentatives (The Thief Of Bagdad, par exemple) étaient mal accueillies. On avait pendant des années accès à ce film par le seul biais des photos de l'acteur, qui nous donnaient sérieusement l'impression que le film était juste une grotesquerie de plus. Eh bien on avait tort... Ce Frankenstein Edison anticipe en bien des points sur Caligari...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet