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6 mars 2019 3 06 /03 /mars /2019 17:55

Si tu vas à Rio, n'oublie pas de monter là-haut... en effet!

L'intrigue de cette petite comédie musicale est très accessoire, et le film se présente clairement comme une tentative pour un studio moindre (la RKO) de concurrencer la Warner qui en cette année 1933 a déjà sorti trois comédies musicales révolutionnaires avec des ballets de Busby Berkeley, sur son propre terrain... On y voit un orchestre Américain, dirigé par Gene Raymond, et avec entre autres Fred Astaire et Ginger Rogers, se rendre à Rio pour un engagement dans un hôtel... Ils doivent y donner un spectacle, et évidemment le spectacle ne va pas pouvoir se faire à moins de trouver une idée de génie...

C'est un pur produit de son époque, après tout, et si on ne peut pas dire que Flying down to Rio arrive à la cheville de Footlight parade, 42nd Street et Gold diggers of 1933, au moins, sa vulgarité assumée, son côté gentiment foutraque et sa glorieuse loufoquerie lui assurent au moins une place dans l'histoire... Grâce aussi, soyons juste, à quelques passages formidables: une hallucinante variation d'un quart d'heure sur la Carioca (...PrYoupi), pour commencer, durant laquelle le scénario part purement et simplement et saute de la carlingue sans parachute; une série d'interventions spectaculaires de Fred Astaire, qui n'a pas volé le statut de star que ce film lui a volé; et UNE séquence à laquelle Berkeley n'avait pas pensé...

Bon, certes, en prime il y a Dolores Del Rio, impériale en amoureuse Brésilienne, à tel point qu'on aurait sans doute bien pu appeler le film Flying down to Del Rio... Mais Merian Cooper, le producteur de ce film, avait vraiment la passion de l'aviation, comme le prouve la séquence hautement improbable qui clôt le film: des girls fortement déshabillées qui dansent...

Et alors me direz-vous?

...sur les ailes d'un groupe d'avions. Sans Kong.

 

 

 

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Published by François Massarelli - dans Musical Pre-code Danse
4 mars 2019 1 04 /03 /mars /2019 16:09

Ce court métrage est un pur exercice de style comme on peut assez souvent en voir, mais il possède un timing formidable... Celui en revanche qui ne possède pas le bon timing, c'est Dani: il a décidé en effet de demander sa petite amie en mariage en profitant d'un lieu magique de la montagne, un restaurant situé dans un endroit absolument sublime. Il a tout combiné avec ses copains, l'un qui vient accompagner la jeune femme dans le restaurant sous un prétexte quelconque, et l'autre qui filme l'arrivée de Dani. Au moment où le film commence, celui-ci vient de se rendre compte que le restaurant accueille ce jour-là une fête techno bien bruyante, puis tout foire de manière implacable... Dans le champ, des gens saouls, des streakers, puis l'arrivée de la jeune femme seront pour Dani autant de déconvenues voire d'humiliations.

Nous avons déjà vu un autre film du même metteur en scène qui dans le cadre idyllique de la montagne plaçait un jeune homme confronté sans comprendre à la faillite de son couple, et le voyait déambuler dans une station thermale. Ici, c'est à travers un plan unique, un plan-séquence maîtrisé, que l'intrigue se déroule. Un plan-séquence, tourné-monté, c'est bien sûr une prouesse à la mode, et la provenance du film (réalisé pour une école du cinéma Viennoise) enfonce le clou du cliché. Mais en treize minutes top-chrono, Wenger assure systématiquement juste ce qu'il faut pour faire mouche, et le résultat est affligeant, cruel et franchement drôle...

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Published by François Massarelli - dans Comédie
3 mars 2019 7 03 /03 /mars /2019 11:31

 Voilà un film auquel on ne s'intéresserait certainement pas si le nom de Stanley Donen n'y était pas attaché. Hélas! Sur une idée pas si stupide (Un remake Américain de 'Un moment d'égarement', de Claude Berri), Donen use vite ses cartouches, et peine à s'élever au-dessus du marigot boulevardier de la situation de base: un quadragénaire en pleine crise conjugale (Michael Caine) part en vacances à Rio avec son meilleur ami (Joseph Bologna) et se retrouve à vivre une aventure extra-conjugale avec la fille adolescente (Michelle Johnson) de celui-ci.

Michael Caine est comme toujours excellent (son malaise visible lui sert finalement très bien), et l'idée de ces interruptions narratives dans lesquelles les personnages s'adressent directement à la caméra renouvelle efficacement le genre: N'oublions pas que Donen est l'auteur du film définitif sur la crise de couple, Two for the road, qui se jouait en 1967 de la narration temporelle chronologique avec un brio jamais égalé. Mais ce film tombe dans les travers décoratifs typiques aux années 80: il est laid et sa musique est horrible. Certes, Donen a souvent été le cinéaste du divorce, des gens mal mariés, ou encore des héros qui retournent à la réalité conjugale, donc il est, malgré tout, dans son élément. Mais le manque total de tendresse du cinéaste pour le film qu'il était en train de faire est plus que palpable...

Et il y a pire : aujourd'hui, le seul argument qui soit généralement invoqué quand on fouille un peu les commentaires existants est impitoyable: sur les plages européennes, la mode était au topless en 1983, et la production a tout fait pour qu'on croie que c'était également la cas à Rio... La scène qui voit Caine et Bologna débarquer sur une plage, entourés de plusieurs centaines de jeunes femmes exposées, est l'une des plus gratuites séquences d'exploitation pure et simple que j'aie jamais vues... la comédie, elle, est glauque, et tout simplement pas drôle. 

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Published by François Massarelli - dans Stanley Donen Comédie
2 mars 2019 6 02 /03 /mars /2019 16:22

La première envie de voir ce film, c'est sans doute à cause de son titre: on n'en fait pas souvent des comme ça... même si un cas récent de tueur de Hitler et de Bigfoot me vient spontanément à l'esprit. Mais dans ce film, pas de nazi, pas de Sam Elliot, juste un Suédois qui est venu en couple dans un hôtel en pleine montagne, en Autriche, et qui va devoir faire avec le soudain départ de sa copine: il n'a tout simplement pas compris qu'elle est partie, et ce pour de bon.

Pas vraiment doué en Allemand, hésitant entre la panique (sa petite amie est partie), l'indifférence (une de perdue...) et l'hébétude (elle est vraiment partie?), il va donc plus ou moins profiter de tout ce que le site propose: piscine, sauna, bar, restaurant, orchestre (qui interprète Happy Together en version Balkanique, c'est assez idiot)... Et une jeune femme qui le dévore des yeux à chaque fois qu'elle le voit...

Certes, ça ne va nulle part, mais après tout le personnage, sorti d'un film de Tati, ne va pas très loin non plus... C'est tendre, finement observé, et c'est un de ces films rares qui bien qu'ils ne se passent pas du tout du langage, réussissent à obtenir du spectateur qu'ils le laissent un peu de côté. Quant à ce jeune homme, s'il va loin dans la vie, je fais le pari que ce sera... tout seul.

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie
2 mars 2019 6 02 /03 /mars /2019 09:49

1940: les nazis s'apprêtent à fondre sur l'Europe et selon toute vraisemblance vont ne faire qu'une bouchée des Français et des Belges. Conscients du risque de la barbarie mais déterminés à maintenir la paix à tout prix, le premier ministre du Royaume Uni, ainsi accessoirement que le roi George VI ont du mal  imposer leur vision, d'autant que l'opinion, mais aussi les partis d'opposition, considèrent Chamberlain comme l'un des responsables indirects de la montée en puissance d'Hitler... Un changement de leader s'impose au parti conservateur, qui entraînerait un changement de cap purement symbolique. Chamberlain est donc à la manoeuvre pour trouver un remplaçant, si possible un homme de paille.

On choisit donc ce pauvre Winston Churchill... Le film va raconter comment en quelques semaines, le leader hésitant et arc-bouté sur une vision de la guerre restée bloquée sur 1915, va se transformer par la grâce de son environnement, en un symbole de résistance...

Et disons-le tout de suite, car ça fait beaucoup râler nos critiques jamais contents, oui: Churchill est ici un peu sa version officielle. Il n'est pas question des zones d'ombre, si ce n'est à travers un pragmatisme un peu cafouilleux. Rien sur son antisémitisme avéré, rien non plus sur son conservatisme d'un autre siècle. Et puis après tout, ce n'est pas le sujet: le propos du film, c'est la place d'un homme dans l'histoire, ce n'est pas l'histoire de cet homme! Le film commence et finit au printemps 1940, avec comme point culminant un discours retentissant, célèbre, et profondément juste: celui par lequel Churchill, dont on attendait qu'il lance des négociations de paix avec Hitler, finit par affirmer sa volonté de défendre jusqu'au bout la Grande-Bretagne, et par là-même, la liberté et la démocratie...

Le film de Wright est l'occasion pour le metteur en scène de dépoussiérer son style "évocation BBC" de Charles II: the power and the passion, sa mini-série de 1999, et d'en enrichir la mise en scène par un recours aux décors virevoltants, en plus réaliste toutefois que le brillant mais baroque Anna Karenina; il se glisse derrière Gary Oldman dans les dignes palais de l'Empire Britannique (Westminster, Buckingham, comme dans les poussiéreux couloirs souterrains des QG de campagne. Et il n'oublie pas non plus de suivre son sujet (ses cigares, ses verres d'alcool à heure fixe, ses colères marmonnées, ses éclats de voix) chez lui, au milieu de ses proches et de ses amis. Et le film se laisse voir sans aucun temps mort...

On pourra éventuellement reprocher à Gary Oldman un cabotinage excessif (mais l'acteur n'a jamais été un minimaliste...), et je dois avouer qu'il est certes impressionnant, mais que j'ai du mal à voir Churchill dans sa composition: la voix, peut-être? le double menton? Qu'importe, ce film qui fait semblant d'épouser le lyrisme des temps héroïques qu'il nous conte est surtout une nouvelle évocation d'une personnalité inadaptée face à un destin paradoxal: une fois de plus, un sujet qui pousse le metteur en scène à être extravagant. C'est aussi ça, le cinéma... Bref, du plaisir.

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Published by François Massarelli - dans Joe Wright
2 mars 2019 6 02 /03 /mars /2019 09:39

On attribue parfois ce film à Jacques Feyder, mais ce dernier n'était que l'assistant de Ravel quand Des pieds et des mains a été mis en chantier; à en croire les historiens, c'est lui qui l'a terminé, sans pour autant en être crédité.

C'est une expérience, plutôt réussie: tout y est vu par des plans des membres (le titre est en effet assez clair), on ne verra les visages des protagonistes qu'à la toute fin du film, qui conte la cour empressée qu'un homme (André Roanne) fait à une femme (Kitty Hott) dont il est éperdument amoureux; en particulier, un épisode montre le sauvetage de la jeune femme alors qu'un 'apache' (Comme on disait alors à Paris) s'est introduit chez elle pour lui voler ses bijoux. Deux détails me semblent à souligner lors de cette séquence: alors que c'est la nuit, pendant la visite du malfrat chez la dame, que fait justement son prétendant au pied de son immeuble, ainsi prêt à la sauver? La preuve que la subtilité n'est pas étrangère à ce film... l'humour non plus puisque le deuxième détail significatif de la scène est que quand il se sent repéré, le bandit se cache derrière un rideau, et seules dépassent... ses chaussures, au milieu des bottines, mules et escarpins de sa victime! C'est non seulement drôle, mais en prime la cohérence du projet est maintenue totalement.

Oui, car l'utilisation des mains et des jambes exclusivement conditionne le film a développer un sens du geste parfait, et les acteurs s'en sortent très bien. Tout en nous présentant une situation particulièrement datée, et socialement extrêmement marquée (ces gens ne sont évidemment pas des roturiers!), Ravel semble s'amuser du détail, que rarement le cinéma des années 10 (à part bien sûr DeMille ou Lois Weber) nous aura aussi bien montré: privée de sa tête pour jouer, Kitty Hott laisse ses pieds interpréter tous seuls la séquence du réveil. Les préparatifs du matin, ceux e la soirée de bal sont l'occasion d'une capsule temporelle complète: élégance des chaussures, précision du maquillage... Feyder a bien sûr tourné un film sur le principe exactement contraire avec Têtes de femmes, femmes de tête. ...Un titre, si j'ose dire, très parlant.

Reste que ce tout petit film (il ne fait, environ, que 800 pieds, si ma mémoire est bonne: je cite ce chiffre de tête) est emballant car très réussi.

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie
1 mars 2019 5 01 /03 /mars /2019 06:49

Dans le milieu des concours canins, une rivalité mène à la mort d'un homme. Détesté de tous ceux qui le côtoient, il est retrouvé chez lui, une arme en main, dans une pièce fermée de l'intérieur... Mais Philo Vance, le détective qui lui aussi est intéressé par le milieu compétitif canin, ne croit pas une seconde à son suicide. Et il ne va pas tarder à prouver qu'il a bien raison... Mais il va aussi montrer qu'il n'y a pas UN meurtre, mais plusieurs.

Michael Curtiz a traité ce sujet très classique de façon très frontale: c'est un whodunit très classique dans lequel une liste de suspects longue comme le bras (une jeune femme trop bien sous tous rapports, des personnages interlopes ayant un peu trop roulé leur bosse, un majordome au passé louche, etc...) est d'abord vue en pleine action: les événements banals qui se déroulent sous nos yeux dans la première bobine servent à planter dans notre cerveau captif de spectateur satisfait la suspicion d'absolument tout le monde dans le film! Et c'est ça qui est bien, non pour la noblesse de l'exercice, car s'il y a bien un domaine de la fiction policière qui n'est en rien noble, c'est le whodunit! Non, c'est bien parce qu'une fois aiguillé vers la résolution finale, le spectateur n'a plus à se préoccuper de rien d'autre que de regarder le film concocté par Michael Curtiz.

Et celui-ci s'est fait plaisir! Passant outre les pesanteurs de l'adaptation théâtrale, le metteur en scène choisit comme le ferait Hitchcock d'innover absolument partout, ne répétant jamais le moindre mouvement de caméra, plaçant celle-ci de manière inattendue dans les endroits les plus improbables en variant ainsi la composition constamment. La suspicion créée par le prologue est maintenue, soulignée par une mise en scène rigolarde qui ne s'embarrasse jamais de subjectivité inutile, et donne souvent la part belle aux rigolos: Eugene Pallette en inspecteur désireux de ne jamais écarter la piste du suicide, ou Etienne Girardot en médecin légiste appelé littéralement tous les quarts d'heure, et qui aimerait bien un jour disposer de temps pour déjeuner...

Bien sûr Curtiz va "signer" son film en utilisant sa magie des ombres au moment où William Powell expose sa théorie quant au meurtre. Le flash-back hypothétique nous montre l'ombre fantomatique d'un suspect pour l'heure inconnu. Les dialogues fusent les nombreux personnages qui râlent, mentent, dissimulent, haïssent, sont tous vivants... Enfin presque tous bien sûr! Et on peut se demander, devant ce film de 1933 avec lequel William Powell incarne un détective mondain et surdoué, dans quelle mesure ce pourrait être un prototype pour le célèbre The Thin Man, qui sera tourné à la concurrente MGM l'année suivante...

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Published by François Massarelli - dans Michael Curtiz Comédie Pre-code
27 février 2019 3 27 /02 /février /2019 17:12

Faut-il présenter l'intrigue de ce film? Bien sûr que non, puisque dans cette version, la deuxième à laquelle s'est attaqué Richard Oswald, cette fois en qualité de réalisateur après avoir écrit l'adaptation du film de 1914, on est particulièrement fidèle à l'histoire du roman, et en particulier à son ambiance.

On y retrouvera donc non seulement Holmes, interprété par Carlyle Blackwell, et Watson, qui donne de sa personne (George Seroff). Fritz Rasp est un génial Stapleton, et parmi les acteurs, Oswald a fait appel à des Allemands, mais aussi des Italiens, des Britanniques... Et surtout il a veillé à ce que la lande et Baskerville Hall soient crédibles... ET il s'y attache dès le plan d'ouverture, un panorama sur la vieille demeure et ses habitants, une nuit durant laquelle le vent souffle... 

C'est l'un des plaisirs du film, une obsession pour le metteur en scène de donner vie à l'atmosphère inquiétante de ce roman, qui a eu une telle influence justement pour ça... Le metteur en scène se plaît à nous lancer sur des fausses pistes, par le biais de son montage et de son cadrage, et même si le choix de cette vieille fripouille de Rasp conditionne le fait que le spectateur qui ne connaîtrait pas le roman n'ait pas beaucoup de doutes, il est toujours intéressant de faire semblant de ne pas savoir la clé de l'énigme.

Voilà, c'est tout, finalement, mais c'est déjà beaucoup: un film de samedi soir pour l'année 1929, qui n'est pas sorti dans beaucoup de pays, mais qui montrait mine de rien un savoir-faire conséquent en matière d'ambiances gothiques... 

 

 

 

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Published by François Massarelli - dans 1929 Muet ** Sherlock Holmes
27 février 2019 3 27 /02 /février /2019 16:59

Comme son titre l'indique sans prendre trop de gants, ce film est l'inévitable suite du film de 1934 The thin man qui introduisait les personnages de Dashiell Hammett, Nick et Nora Charles. C'est la première de cinq suites, qui sont bien dans l'esprit des "franchises" développées par la MGM de Louis B. Mayer entre les années 30 et 40: Dr Kildare, Tarzan... 

L'intrigue est de nouveau l'occasion de fouiller dans les squelettes familiaux d'une bande de personnages traités avec la dent dure d'une comédie de situation assez corrosive, même si l'accent, deux années après l'introduction du code de production, est porté sur la respectabilité de la famille, cette fois, plus que sur ses turpitudes... On cherchait autrefois le meurtrier du père divorcé, on cherche cette fois à trouver qui a commis l'assassinat du mari dissolu... dont pas une occasion ne manque pour souligner le fait qu'il ne manquera décidément à personne!

En parlant de famille: deux indices insistent sur le fait que la série est devenue une vraie occasion de sortir en famille: un épisode situé dans l'introduction du film, met en vedette Asta, le chien des Charles, un vrai cabotin. Un intermède certainement destiné à attirer les enfants vers la série... mais l'anecdote montre quand même qu'Asta, lui, a aussi de sérieux problème conjugaux en même temps qu'une impressionnante descendance...

L'un des intérêts, au-delà du plaisir constamment renouvelé de retrouver Nick, Nora, et leur consommation déroutante de produits liquides (qui tourne à l'avantage de Nick, partant du principe qu'un alcoolique masculin fait toujours plus rire qu'une alcoolique, fut-elle interprétée par Myrna Loy), reste le rôle confié à James Stewart, sur lequel j'aurais beaucoup de choses à dire... si je ne craignais d'en révéler trop. Disons en tout cas que parmi ces gens comme il faut, des oisifs richissimes, David est celui qui a choisi d'admirer les arts, si j'en crois sa collection entrevue chez lui. Et il n'est décidément pas comme les autres: il y a du message subliminal dans l'air, un peu rance, mais bien de son époque.

Pour le reste, disons que le film, en étant clairement un peu moins bon, reste du divertissement impeccable de fort bon niveau...

 

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Woody Van Dyke
26 février 2019 2 26 /02 /février /2019 19:37

Adaptée d'une pièce de Richard Oswald, cette antiquité s'efforce de ne pas vraiment raconter l'intrigue du meilleur (c'est en tout cas mon avis) roman de Conan Doyle, au profit de péripéties dignes du serial: Holmes apprend que cette sombre affaire qui ne l'intéresse que moyennement a été en fait prise en charge par un homme qui prétend justement être Sherlock Holmes, des séquences qui se terminent dans des trappes, des conduits mystérieux, des coups de théâtre en carton-pâte...

Le cinéma Allemand se cherchait et Meinert apportait sa pierre  l'édifice: un film idiot, aussi anglais qu'un couple de touristes habillés en Tyrolien dans les alpes suisses. Watson y est une commodité sur environ huit secondes de pellicule, Holmes ressemble à l'inspecteur Lohmann de Fritz Lang, et la seule qualité de ce film est d'avoir offert une carrière de cinéaste à l'auteur de la pièce: quand le succès de ce très médiocre film d'aventures a poussé les studios à créer une série de suites, Oswald en a réalisé deux...

...avant de devenir un des francs-tireurs du cinéma Allemand, et de retourner sur les lieux de son crime en 1929, pour une deuxième version autrement plus satisfaisante.

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Published by François Massarelli - dans 1914 Muet ** Sherlock Holmes