Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
30 décembre 2018 7 30 /12 /décembre /2018 15:45

C'est à son retour des Etats-Unis, peu de temps après la Libération, que Duvivier a tourné ce film, une adaptation de Simenon, violente, noire et désespérée. Un film bien dans sa manière, au fond, qui n'a pourtant pas rencontré le succès public. On peut se demander pourquoi, mais pas longtemps, vous verrez plus loin... Aujourd'hui, quoi qu'il en soit, c'est un classique!

Dans une petite banlieue, à deux pas de Paris, une place de village comme une autre... Ici, pourtant, il y a eu un crime, on a retrouvé le corps sans vie d'une vieille fille, qui avait la réputation de cacher un magot. Ni les sous (7000 francs, une somme, quand même!), ni le responsable n'ont été trouvés. Mais beaucoup de gens du quartier ont "leur" coupable idéal: M. Hire (Michel Simon), un étrange bonhomme solitaire, peu aimable et dont on se méfie y compris et surtout quand il est gentil avec les enfants! C'est dans cette ambiance, avec les langues qui se délient, qu'arrive Alice (Viviane Romance). Venue retrouver son amant Alfred (Paul Bernard), elle sort de prison, et apprend très vite que c'est lui qui a fait le coup. Mais l'arrivée de la jeune femme n'est pas passée inaperçue: M. Hire, qui la dévore des yeux, l'a tout de suite "choisie"... Dans l'esprit d'Alfred et Alice, c'est une situation inespérée: ils pensent qu'ils vont pouvoir faire porter le chapeau au misanthrope! Alice commence donc à l'attirer dans un piège, auquel il sera très content de succomber...

Il y a trois actes dans ce film. Dans le premier, qui s'intéresse surtout aux allées et venues d'Alice et Alfred, Hire est un personnage lointain, mystérieux et un peu bizarre, dont Duvivier ne nous cache pas la fascination pour la jeune femme, et qui la regarde sans trop de scrupules, caché derrière les rideaux de ses fenêtres, quand elle se déshabille. On comprendrait volontiers la méfiance de la dame... Dans la deuxième partie, on en sait plus: en ce qui nous concerne, Alfred est passé aux aveux, en disant tout à Alice. C'est ici que Hire commence ses travaux d'approche, du reste: au départ, c'est lui qui indique à Alice la culpabilité de son amant; puis il tente de la tirer d'affaire, mais nous savons que la jeune femme joue un double jeu... Dans le troisième acte, on constate qu'Alfred n'a pas grand chose à faire pour persuader l'opinion de la culpabilité de Hire. Et Alice, qui a tant contribué à le faire soupçonner, est visiblement affectée par la tournure que prend les choses...

C'est là le vrai sujet, en réalité: pas l'enquête policière, pas la femme fatale, pas le double jeu des crapules, même pas la couleur locale des cons qui tombent dans tous les panneaux. Juste la mentalité de moutons de Panurge, des braves et honnêtes gens qui goberont tout tant que ça ira dans leur sens, allant jusqu'à exclure, soupçonner, dénoncer, lyncher leur voisin, parce qu'il a une sale tête (c'est Michel Simon, Duvivier savait ce qu'il faisait), parce qu'il a un nom étranger (Il s'appelle en réalité Hirovitch: Hire est un raccourci plus prudent), parce qu'il ne se prête pas aux hypocrisies de ses contemporains, parce qu'il aime une femme trop belle pour lui, parce qu'il regarde l'humanité pour ce qu'elle est, droit dans les yeux, en la prenant en photo dans toute son horreur. Et une scène située dans le premier acte, nous montre les utilisateurs d'auto-tamponneuse, se liguer contre Hire, et finir s'accumuler les uns sur les autres pour le tamponner parce que l'un d'entre eux a commencé à s'acharner sur lui...

Pourtant, sous un autre nom, Hire soigne l'humanité souffrante. Mais voilà: ce n'est pas Hire, c'est "le Dr Vargas", car lui-même semble différencier ses deux identités. Ce qui causera, indirectement, sa perte... Mais bon, il n'est pas le seul responsable, comme Duvivier le montre par sa mise en scène implacable: le responsable, c'est cet esprit bien Français, qui pendant la guerre a coûté la vie à beaucoup. Le cinéaste sait que sont morts, dénoncés par des dégueulasses, ses acteurs et amis Robert Lynen, résistant et Harry Baur, dont des salauds trouvaient "qu'il ressemblait à un juif". Pendant la guerre, ça suffisait. Au point qu'un Abel Gance remuait ciel et terre pour prouver qu'il ne l'était pas, lui! Le portrait de son pays qui transparaît dans ce film monumentalement noir et méchant, les concitoyens de Duvivier ne voulaient sans doute pas le voir...

Et pourtant, superbe étude des mécanismes qui poussent au lynchage, à l'instar de Fury de Lang, ce Panique à l'interprétation hors pair (Viviane Romance et Michel Simon surtout) et à la rigueur explosive (cette façon de dresser les lieux du crime, de glisser un cadavre au petit matin, de montrer les ragots, de caractériser un salaud rien que le faisant dire une saleté, comme ça, entre deux parties de billard... Ces plans mobiles, à la caméra qui est sûre de son fait, et qui souvent, vient d'en haut: le point de vue de LA morale!) rejoint Le grand jeu de Feyder, Le jour se lève de Carné, et Le Corbeau de Clouzot, dans le cercle très fermé des très grandes oeuvres du noir à la française. En espérant que ce soit bien un reflet du passé.

Mais honnêtement, j'en doute.

 

 

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Noir Julien Duvivier Criterion
30 décembre 2018 7 30 /12 /décembre /2018 11:09

La tradition est respectée: The Incredibles, en 2004, avait été à l'origine de la confection d'un court métrage qui en explorait certaines coulisses: lors de l'intrigue, les Parr devaient laisser à leur baby-sitter Kari leur dernier né, le petit Jack-Jack, dont on soulignait à plusieurs reprises, dans le long métrage, l'absence de pouvoirs... détectés, du moins. Et Kari vivait un enfer.

Cette fois, c'est Edna Mode qui doit faire la baby-sitter, et elle sait, parce que Bob Parr le lui a dit, qu'il y a effectivement des pouvoirs, mais pas qu'un peu: en ayant vu d'autres, Edna est fascinée et volontaire pour le garder, avec comme corollaire à cette mission, la confection d'un costume tout-terrain. 

Pas de suspense, ni de grosse surprise pour qui a vu le film Incredibles 2, donc, mais ce n'est pas grave: Jack-Jack et Edna, c'est un couple paradoxal qui fonctionne très bien, et la découverte des pouvoirs de ce danger public à face d'ange (la plupart du temps, du moins), est une source inépuisable de gags sublimes. Le film, qui mord légèrement sur le long métrage, a été dirigé par le superviseur de l'intrigue du film de Brad Bird, Ted Mathot, et une bonne part de l'animation découle directement du long métrage: comme quoi le recyclage a parfois du bon!

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Animation Pixar Disney
30 décembre 2018 7 30 /12 /décembre /2018 10:54

Dans la maison d'une famille Sino-Canadienne, la maman prépare des baos: des petits raviolis fourrés aux légumes, cuits à la vapeur. Elle met la table pour elle et son mari, et le repas se passe... très vite: Monsieur avale tout très vite et part au travail, laissant Madame toute seule. De dépit, elle enfourne un bao... sauf que celui-ci se rebelle! elle le sort de sa bouche et constate que le dernier bao se comporte comme un nouveau-né... Elle va donc s'en occuper, l'accompagner dans ses premiers pas, le nourrir, le voir grandir, et le voir l'abandonner...

Un grand nombre de personnes ont exprimé leur confusion devant ce film, aux Etats-Unis. Il faudra s'y faire: encouragés par certains dirigeants, les gens ont décidé de voir le monde avec les oeillères de leur ethno-centrisme ragaillardi! Donc, je le dis pour le blanc moyen, ce film est empreint de culture Chinoise, et plus précisément il nous parle du "syndrome du nid vide". Le fait de mêler, comme Domee Shi l'a fait, nourriture et famille, émotions et culture, est assez typiquement Chinois en effet, et c'est fait de façon magistrale. Après, si les gens ne peuvent comprendre ce qui est devant leurs yeux, tant pis! Reste un film superbe, plus intimiste que bien des courts métrages Pixar, tout en proposant ce qui fait le meilleur de la plupart d'entre eux: de l'émotion, car on y affronte effectivement une thématique (familiale bien sûr) douloureuse, mais aussi une animation des objets inanimés, plus une esthétique intéressante.

Réjouissons-nous que pour accompagner le film dans lequel Helen Parr prend les rênes de l'entreprise familiale qui sauve le monde (Incredibles 2), les dirigeants de Pixar aient encouragé une femme, qui plus est d'origine doublement exotique: elle aussi est Sino-Canadienne.

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Animation Pixar Disney
30 décembre 2018 7 30 /12 /décembre /2018 09:58

Je n'aime pas cette manie, chez Disney ou les autres, de gâcher un film a posteriori en livrant une suite contractuelle. D'ailleurs, on constatera que dans bien des cas, en particulier pour les films Disney-Canal Historique, la suite est purement et simplement un objet commercial et ultra-formaté qui sort directement en vidéo, sans passer par les salles: Mulan 2, Le bossu de Notre-Dame 2, etc... Oui, mais il y a eu Toy Story 2! Ou la possibilité, cinq années plus tard, de revenir aux personnages et d'aller plus loin, et honnêtement, de faire mieux, beaucoup mieux, que le film initial. On pourrait aussi argumenter à partir des exemples habituels, The Godfather Part II ou The Empire Strikes Back, et conclure, après tout, qu'il y a suite et suite... Pourtant on n'attendait pas (en fin, JE n'attendais pas!) de suite au carton fabuleux de Brad Bird, à ce qui restait pour moi le film le plus abouti de toute la galaxie Pixar. Tellement complet, achevé, fermé aussi, que 'on pouvait vraiment se demander ce qui motiverait une remise en route de la franchise. Mais entre le premier film et le deuxième il y a eu le passage de quatorze années, des changements internes au studio, la carrière de Brad Bird qui a eu des hauts (Ratatouille, avec Pixar, et Mission Impossible, le protocole fantôme, sans Pixar) et des bas, voire très bas (L'échec commercial de Tomorrowland, pour Disney)...

...et il y a eu Donald Trump et l'affaire Weinstein.

Bref: le monde quatorze années après The incredibles a suffisamment changé, et tous ces gens ont suffisamment ruminé pour qu'on puisse espérer, au moins un bon film, non? Mais si ce n'était que ça!

La décision prise pour relancer la machine a été de prendre exactement à la fin du premier: on se rappelle que dans une fin ouverte qui laisse présager un retour en grâce des super-héros, la famille Parr unie comme jamais, après avoir débarrassé leur ville de la menace de Buddy, le fan de super-héros passé du coté des Super-Méchants, s'apprêtait à affronter un autre Super-Méchant, qui faisait son apparition. C'est généralement casse-gueule, mais le film commence en effet par développer cette situation, de deux façons: bien sûr, on aura une bataille héroïque, délirante, dans laquelle toute la famille (et leur copain Frozone) vont s'impliquer, pour un résultat en demi-teintes: menace écartée, certes, mais des dizaines de bâtiments endommagés, des sommes considérables volées à la banque, et en prime, le criminel ne sera pas arrêté! Un reproche qui sera souligné par tous, avec pour effet de confirmer de façon plus importante encore la défiance à l'égard des super-héros. Comme le dit un policier aux Parr: laissez faire les assurances, bon sang!

La deuxième façon de réintroduire la scène de fin du premier film fait l'objet de la séquence d'ouverture: on y rappelle un gag qui a servi d'argument au court métrage Baby-Sitting Jack-Jack. Rick Dicker est un agent des services secrets dont le boulot consiste à "nettoyer" derrière les super-héros, et notamment effacer la mémoire des témoins qui ont vu quelque chose qui pourrait les amener à percer l'identité des super-héros: ici, Dicker efface la mémoire de Tony, le garçon qu'on voyait flirter avec Violet Parr à la fin du film; il a vu les "indestructibles" en action, et a reconnu Violet... Un effacement qui sera lourd de conséquences, puisque en effaçant la mémoire de ce jour-là, Dcker efface aussi tout souvenir de Violet. Mais rassurons-nous, le film ne va pas nous conter les mésaventures de Violet tentant de reconquérir le jeune homme, non: leur idylle balbutiante n'est que la victime collatérale d'une situation qui dans son ensemble est plus détaillée, plus réaliste presque, que dans le premier film: après l'affaire lamentable d'un sauvetage partiel qui tourne mal en effet, les super-héros sont donc conspués par la police, la justice et la presse, sans parler du public; les Parr sont privés de leur maison qui a brûlé à la fin du premier film; et il faut tout reconstruire... 

C'est ici qu'intervient un nouveau groupe de protagonistes: un milliardaire enthousiaste avec un lien fort au passé (son père était un mécène qui aidait les super-héros à l'époque de leur gloire, et est mort dans des circonstances tragiques); ce nouveau personnage, Winston Deavor, est un spécialiste de la télécommunication, et il travaille avec sa soeur Evelyn (incidemment, elle est délicieusement interprétée par la grande Catherine Keener) dans une firme multinationale aux moyens super-illimités...

Bien sûr qu'on sent que ça va amener des ennuis, mais reprenons.

...Aux moyens super-illimités, donc, avec lesquels ils ont décidé de contacter autant de super-héros mis au ban que possible, afin d'aider à leur réhabilitation: simple, dit Winston Deavor... Il suffit de manipuler l'opinion, et d'assurer soi-même la couverture médiatique. Il s'agit aussi de contrôler l'impulsivité des justiciers aux super-pouvoirs, et c'est la raison pour laquelle les premiers essais seront faits, non pas avec le "couple" Mr Incredible/Frozone, jugés trop "destructeurs", mais avec ElastiGirl, soit Mme Parr, dont le style plus subtil, plus féminin, conviendra à merveille à un retour en grâce sous monitoring médiatique. Si josais, je dirais que cette fois c'est elle qui fait bande à Parr...

Beaucoup des éléments de la thématique du premier film sont donc présents, à commencer par le sens aigu de la famille, la difficulté de cohabiter à côté des gens "normaux", la quête identitaire (même si le film nous la présente comme partiellement résolue)... Il y a aussi des reprises intelligentes de certains atouts: la présence d'Edna Mode, jalouse car les Deavor ont fait appel à un autre designer pour les costumes des Parr; la question des super-pouvoirs potentiels de Jack-Jack, dont nous savons nous qu'ils sont particulièrement délirants si nous avons vu le court métrage qui lui était consacré, ce que Bob Parr, puis ses enfants, et enfin Helen vers la fin, vont découvrir par eux-mêmes... Mais le plus important, c'est sans doute la reprise par le deuxième film de la situation de base, mais inversée: cette fois, c'est Helen qui part pour travailler pendant que Bob reste à la maison, permettant en effet à toute une thématique de se mettre en place, autour de la guéguerre des genres. Helen, d'ailleurs appuyée par Evelyn, se met en avant d'une façon inattendue quand on a vu le premier film, et Bob apparaît effectivement comme un gros super-nounours incapable de maîtriser sa force exceptionnelle... 

A ces éléments viennent s'ajouter de nouvelles épices fascinantes: Brad Bird étudie de quelle façon les nouveaux communicants pourraient en effet "vendre" du super-héros, en optimisant tout et n'importe quoi. Le portrait de Winston Deavor, tout en en faisant un personnage positif, est ambigu, et nous laisse un goût étrange, surtout quand il fait dire à Helen "It's time to make Super-Heroes great again": sans doute pas un hasard, non? Le film joue sur cette ambiguité, en nous montrant un monde qui tourne fort mal, finalement, où le public peut nous apparaître comme une masse de crétins ignorants des bienfaits qui les préservent, et capables de se jeter dans le moindre piège médiatique. Tiens donc!

...Mais le film n'est pas qu'un prêche, c'est d'abord et avant tout une montagne russe de gags, d'émotions, de séquences d'action impeccablement réalisés, et d'animation sublime. Le rendu des personnages est de plus en plus beau, le style de Brad Bird et Pixar est ici à son plus haut niveau, et en prime le rendu des décors est encore plus hallucinant que la dernière fois. La musique est splendide, etc etc. Pour finir, Jack-Jack est absolument Incredible.

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Pixar Animation Disney Brad Bird
29 décembre 2018 6 29 /12 /décembre /2018 11:43

2002: Elle s'appelle Christine, mais elle préfère qu'on l'appelle Lady Bird. Avec tout le culot de ses 17 ans, elle veut d'ailleurs l'imposer: à ses parents, ses amis (ils sont d'accords, du reste, puisqu'ils trouvent que c'est cool: je cite, bien sûr), à son lycée, bref à la terre entière; elle ne sait pas exactement ce qu'elle veut faire plus tard, mais elle y travaille, et pour l'instant elle aborde une nouvelle étape de sa vie: après le drame du 11 septembre, sa mère (Laurie Metcalf) a remis en cause son appartenance au lycée public de Sacramento où elle se rendait, elle ira désormais au lycée Catholique le plus huppé de la ville, en dépit de sérieux soucis économiques dans lesquels sont plongés ses parents.

C'est cette année de terminale, par une élève à peu près lambda, mais sans doute persuadée d'avoir une personnalité hors du commun, entre résultats encourageants, petites incivilités, amitiés d'abord avec quelques personnes en mal de sécurité, puis avec les lycéens les plus cool (sic) de l'univers, de dépucelage express en biture inattendue, que le film nous raconte... Ainsi qu'un conflit sourd, mais violent, le pire des conflits: celui entre une mère et une fille, qui s'aiment au-delà de tout raisonnable.

C'est drôle, finement observé, à une certaine distance, mais toujours au plus près du point de vue de Lady Bird. Aucun jugement, finalement, et aucune envie systématique d'adoucir le constat: à la fin du film, on est juste à une nouvelle étape. Mais la confrontation des acteurs, le naturel fabuleux, la tendresse et les non-dits qui sous-tendent le film, en font une réussite exceptionnelle, celle d'un film à l'univers très proche de ceux de Noah Baumbach, mais sans le vernis désagréable de mettre en avant tout ce qui gratte. C'est l'une des deux plus belle réussites de ce beau film, que d'avoir réussi à montrer tous les événements tels quels, mais sans jamais nous repousser. L'autre, c'est l'interprétation fabuleuse: Saoirse Ronan en tête, naturelle des pieds à la tête. Un peu plus âgée, mais pas tant que ça, que la jeune femme qu'elle interprète, elle est formidable. Et Greta Gerwig n'a peut-être pas choisi la date au hasard, elle qui a vécu sa dernière année de terminale à peu près au moment durant lequel le film se déroule...

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Greta Gerwig Comédie Saoirse Ronan
29 décembre 2018 6 29 /12 /décembre /2018 08:33

Les historiens sont formels: de la bataille de Little Big Horn, historique à plus d'un titre, il n'y a eu aucun survivant parmi les blancs présents sur les lieux même de la bataille, juste des témoignages, le plus souvent partisans, mais aussi embarrassés: c'est la bataille qui n'aurait jamais du exister. Une charge suicide, celle d'un petit groupe d'hommes voués à y mourir, conduits par un fanatique idiot, persuadé jusqu'à la fin d'être supérieur aux Indiens, pourtant supérieurs en nombre, de par son appartenance à la communauté des blancs... Le film de Penn commence donc par un paradoxe: dans une maison de retraite, on interroge un vieil homme, Jack Crabb. Il a 121 ans, est il est un survivant des "guerres indiennes", ce qui a probablement poussé le journaliste qui l'interroge à le choisir. Mais si le vieil homme a l'air bien fatigué, il ne perd pas le nord, et intime l'ordre à son interlocuteur de se taire et de l'écouter: lui est un survivant, le seul blanc a avoir survécu au massacre. Il va raconter sa vie jusqu'à ce point de l'histoire situé en 1876...

Forcément, on a classé ce film dans la catégorie du "western révisionniste", du néo-western ou que sais-je encore: cette idée selon laquelle il y aurait un avant et un après dans le western. Mais un avant et un après quoi? Certes, on "traite" mieux les Indiens dans ce film que dans la majorité des films du genre tournés dans les années 50, mais on faisait des films sur les peuplades de l'Ouest dès les années 10: tout un pan de la production des films Biograph de David Wark Griffith y était consacré, et si Thomas Ince est passé dans l'histoire comme un abominable raciste militant dont les accointances avec le KKK ont été avérées, ses westerns montraient souvent une image juste et lyrique, profondément humaine; de l'Indien. On peut remarquer cette ouverture d'esprit chez John Ford, qui a toujours pris contact avec ses amis Navajo avant d'aller tourner chez eux, dans Monument valley, et... il a réalisé The searchers, en 1956. Bref: ce qu'il y a de nouveau dans Little Big Man, ce n'est pas tant le traitement des Indiens, mais le ton choisi. Et le fait d'avoir entièrement tourné un film autour d'un argumentaire pro-Indien, et anti-blancs... Mais il y a certainement plus...

Peu de temps avant ce film, en 1967 pour être précis, Penn avait tourné pour Warren Beatty le célèbre Bonnie and Clyde, qui contournait les codes du film de gangsters, avec un don impressionnant pour les ruptures de ton: les aventures de Jack Crabb seront elles aussi truffées de références à la comédie, et on pense en particulier à Tom Jones, à travers la narration souvent picaresque, et la composition de Dustin Hoffmann, qui traverse vingt années, d'abord enlevé par les Cheyennes en compagnie de sa soeur, puis élevé comme un des leurs par la tribus des "Etres humains" (le sens du mot Cheyenne dans leur langue), et profondément marqué par leur culture et leur philosophie, puis au gré des années, fils adoptif d'un pasteur rigoriste et de sa femme légèrement nymphomane, gâchette surdouée mais incapable de tuer un homme, scout dans l'armée (un éclaireur, le plus souvent d'origine Indienne), et enfin Cheyenne de nouveau... Durant tous ces avatars, Jack Crabb, qui emprunte là encore à la narration picaresque, rencontrera beaucoup de gens, parmi lesquels un bonimenteur vendeur de jus de serpent (Martin Balsam), la veuve de son prédicateur, devenue prostituée (Faye Dunaway), sa propre soeur, mais aussi deux figures historiques: Wild Bill Hickock (Jeff Corey), et le Général George Armstrong Custer (Richard Mulligan).

Un peu d'histoire: formé à West Point, Custer fait partie de ces jeunes loups de l'Armée Américaine, qui vont parvenir à leurs premiers commandements lors de la guerre civile. La réputation du jeune officier est imposante, dans l'ombre de son mentor, Ulysses S. Grant: pourtant les deux hommes ne s'aiment pas, mais alors pas du tout. Il est de notoriété publique que Custer, par ailleurs, est narcissique, sérieusement imbu de sa personne, et ambitieux, très ambitieux même; on lui prête des velléités présidentielles, même si peu de documents l'attestent. C'est durant le deuxième mandat de Grant à la Maison Blanche que Custer, qui est parti puis revenu à l'armée, et qui devient de plus en plus erratique, va devenir un agité particulièrement médiatique, publiant livre de souvenirs, tribunes politiques et revisites (à son avantage) de son expérience des guerres indiennes, publiées dans les journaux. Mais si l'idée était de se forger une destinée à coup de légendes (exactement ce qu'a fait Teddy Roosevelt pour accéder à la nomination en son temps), quoi de mieux qu'une bataille? Celle qui scellera la place de Custer dans l'histoire sera Little Bighorn, en 1876: réussissant l'impossible, à savoir faire l'unanimité des tribus contre lui et sa compagnie, Custer qui croyait dur comme fer pouvoir triompher de milliers de braves Indiens (Sious, Lakotas et Cheyennes) rien qu'avec une centaine de soldats (blancs) car il les croyait supérieurs, s'est fait écraser, entraînant près de trois cents morts dans son sillage. Il y a une justice: il en a fait partie, à sa grande surprise, d'ailleurs...

Et c'est sa part dans cette célèbre bataille que veut nous confier Jack Crabb. La question se pose, bien sûr: où était-il, dans quels rangs? Cheyenne, ou aux côtés de Custer, qui rappelons-le à l'époque jouissait de par son charisme d'une impressionnante cote d'amour (ce que montre et souligne Penn avec l'acteur Richard Mulligan)? Réponse dans le film, au terme de 140 minutes fantastiques... Sous la haute responsabilité de Dustin Hoffmann pour l'un de ses plus beaux rôles, qui le voit en cow-boy ET en Indien, jouer de sa petite taille (avec au passage une forte, très forte influence qui traverse certaines scènes, celle de Buster Keaton), et qui se rappelle aussi au bon souvenir des spectateurs de 1968 dans une réminiscence-clin d'oeil à son rôle alors célèbre dans The graduate de Mike Nichols...

Maintenant, si le film redistribue les rôles de l'Histoire, donnant une voix aux Cheyennes en la personnage du formidable Chief Dan George (qui joue le grand-père adoptif de Jack Crabb), il n'oublie pas non plus l'histoire récente, et le traitement d'un massacre par le 7e de cavalerie des femmes et des enfants d'un campement Indien, est certainement aussi une allusion directe à l'histoire récente, et au Vietnam, notamment au massacre de My Lai. Une tache particulièrement sordide de l'engagement militaire des Américains au Vietnam, qui doit sérieusement résonner dans l'esprit des spectateurs qui voient le film en 1970: ils seront nombreux, puisque Little Big Man est un triomphe, parfaitement documenté, passionnant de bout en bout. Et ce n'est finalement pas un "néo-western", un film "révisionniste", mais tout simplement un prolongement inévitable du genre, devenu à juste titre un classique à son tour.

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Western Arthur Penn
28 décembre 2018 5 28 /12 /décembre /2018 18:14

This day and age est à la fois l'un des films les moins vus et les moins connus de Cecil B. DeMille, et une cause célèbre, un de ces films à la réputation sulfureuse. Pas pour des raisons d'excès de zèle dans le représentation du sexe, ou pour un quelconque prosélytisme religieux, non: ici, le mot qui fâche par un F... F comme fascisme. Nous sommes en 1933, et tout le monde à Hollywood est fasciné par Mussolini et dans une moindre mesure par Hitler, celui-ci ayant quand même le racisme trop voyant... Pourtant le film qui nous occupe n'a rien d'Italien, ni d'européen. C'est une histoire située dans une communauté de moyenne importance, dans les années 30...

Au lycée public, les garçons et les filles se préparent à vivre une expérience formatrice: ils vont durant une journée assumer le rôle d'un édile, d'un responsable du service public, ou d'un responsable de la sécurité publique. Ainsi, par exemple, Steve Smith (Richard Cromwell) sera procureur. Une expérience qui est destinée à leur ouvrir les yeux, même si Smith et ses copains sont dans l'ensemble des braves garçons et filles: même Morry (Ben Alexander), son rival pour les beaux yeux de Gay (Judith Allen) a beau être un peu voyou, et pas religieux pour deux sous, le vertueux Smith le maintient dans son groupe d'amis. Gay, de son côté, est tentée... mais elle ne sait pas exactement par qui, ni par quoi. Sous l'influence de Morry, elle traîne un peu dans le night-club de Louis Garrett (Charles Bickford) où elle attire l'attention de Toledo (Bradley Page), première gâchette du truand Garrett...

Pendant ce temps, tout irait mieux dans le meilleur des mondes, et Smith et ses copains continueraient à se retrouver chez leur ami, le tailleur Juif du coin, Herman... Si celui-ci n'était éliminé par la machine de Garrett: celui-ci, qui travaille pour une mafia locale, était venu lui faire comprendre qu'il fallait payer et adhérer au "syndicat", s'il voulait continuer à travailler ...ou respirer, et la discussion a tourné court. Les garçons, qui voient la justice et la police s'écraser devant Garrett lors de son procès, voient rouge et décident de faire justice eux-mêmes...

Nous y voilà: le film, à l'instar d'autres oeuvres de l'époque (The Cat's paw, de Sam Taylor et Harold Lloyd, Gabriel over the White House, de Gregory La Cava, ou encore Meet John Doe de Capra) s'intéresse à ce moment où le citoyen devient inventif et décide de régler ses comptes lui-même. Une ligne rouge à ne franchir que dans une comédie (Le Lloyd, par exemple) sinon la sanction sera dure! La plupart de ces films ont d'ailleurs fait de monumentaux flops au box-office. Malgré tout, on se pose la question: en imaginant cette histoire dans laquelle des garçons s'improvisent juges, policiers, et bourreaux, et vont jusqu'à torturer un bandit, DeMille voulait-il se placer dans une limite acceptable du fascisme?

Disons que ce qui a fait tiquer plus d'un critique, et qui reste aujourd'hui le plus difficile à accepter, c'est la torture à laquelle un groupe d'une centaine de gamins soumet Charles Bickford. Une séquence rehaussée par les plans de gamins tous unis dans une certaine dose de fanatisme, avec des torches, et certains des gosses qui portent un uniforme. DeMille a peut-être de bonnes intentions, mais il ne sait pas s'arrêter, contrairement à Borzage, qui sait lui que quand on laisse les gamins mettre des uniformes, il n'en sort rien de bon: voir l'admirable No greater Glory (sorti l'année suivante) pour s'en convaincre. Sentant le danger venir (il avait l'habitude de s'en prendre plein la figure, il faut le dire) le metteur en scène avait multiplié les précautions, à la fois à l'extérieur du film (Une série d'interviews dans laquelle il insistait sur le fait qu'il ne fallait pas faire ça à la maison!) et à l'intérieur (les gamins, contrairement aux deux groupes rivaux et fanatiques de Godless Girl, sont ouverts les uns aux autres, et viennent de tous les horizons: W.A.S.P., juifs, et noirs cohabitent et sont unis dans leur quête de justice). Par ailleurs dans son film, si le système politique est corrompu, les politiciens sont dépassés, comme la police et la justice: pas responsables, en attente d'un salut que les gamins leur apportent sur un plateau.

Et puis bien sûr, dans ce film super chargé en épices DeMilliennes de toutes sortes, on a droit aux montagnes Russes: des scènes de suspense et d'action inattendues et d'une grande rigueur, et un sauvetage de dernière minute d'une jeune femme enfermée en robe de soirée avec décolleté révélateur, qui doit rester le plus longtemps possible avec un gangster qui n'a qu'une envie, celle de la consommer sur le champ: une situation risquée mais la mission pour Gay est d'empêcher l'intervention de Toledo auprès de Garrett, par tous les moyens, pendant que les gamins s'occupent de lui... Bref, ça va loin, et en toute logique DeMillienne, ça n'en finit pas d'aller très loin... tout en durant que 85 minutes.

On ne résoudra pas les questions posées par le côté sulfureux du film, mais en l'état (mauvais, le film n'a pas bénéficié de toute l'attention de la Paramount, et a un peu souffert du passage des années) ça reste un des films, justement les plus fascinants de DeMille. Tellement meilleur que, disons, au hasard, son film de 1956 The Ten commandments...

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Cecil B. DeMille Pre-code
27 décembre 2018 4 27 /12 /décembre /2018 10:14

Le père est professeur de musique, la fille est amoureuse... mais le prétendant n'est pas musicien. Un point de départ parfait pour une de ces comédies d'Alice Guy, dans lesquelles il va falloir trouver un stratagème pour que le mariage ait quand même lieu...

Alison Mac-Mahan, historienne et spécialiste de la réalisatrice, voit en ce film une sorte de pont entre ses films Américains (dominés donc par la comédie matrimoniale et quotidienne) et ses films Français, souvent consacrés à des phonoscènes: des films de moins de cinq minutes dans lesquels tout reposait sur la synchronisation d'un disque et du film, et le plus fréquemment se contentant d'être l'illustration d'une chanson.

Cela étant, je ne sais pas dans quelle mesure ce film est supposé être une auto-parodie, mais je vous le fais en bref: Canned Harmony, ça veut dire "harmonie en boîte"... le prétendant (Billy Quirk) trouve la solution: il va conquérir son beau-père en jouant du violon, doublé par un phonographe... Et en plus, ça marche. Etonnant, non?

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Alice Guy Muet Comédie
27 décembre 2018 4 27 /12 /décembre /2018 10:03

Retrouvé en Grande-Bretagne, ce film de 1912, d'une durée d'une seule bobine, est en fait amputé de son début, et c'est dommage: nous sommes ici aux antipodes du style de comédie d'Alice Guy, généralement situées dans le cadre rassurant de la proche banlieue de New York, et concernant des querelles familiales autour d'un mariage. Two little rangers nous montre la vie d'une petite communauté de l'Ouest, alors que la population se ligue contre un bandit, et le travail principal est effectué par une jeune femme et une petite fille, qui font preuve d'un courage exceptionnel. Typiquement, le bandit aurait commencé, si on en croit les résumés publiés de la première partie, par battre son épouse, donc le film rejoint un courant proto-féministe, comme du reste beaucoup des films d'Alice Guy, même si c'est souvent un peu en contrebande... 

Un autre aspect notable de ce western des temps héroïques, c'est l'impressionnant choix des décors, qui permettent au film de profiter d'un suspense formidable. Et il est évident, même si on sait avec l'expérience des films d'Harold Lloyd que la hauteur d'un précipice ou d'un building est souvent exagérée voire simulée par le choix de placement de la caméra, que les cascades effectuées pour ce film étaient sans doute assez gonflées: voyez cette photo.

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Alice Guy Muet Western
26 décembre 2018 3 26 /12 /décembre /2018 09:54

2017: les Normands de la petite bourgade de Le Mêle Sur Sarthe (Orne) sont de plus en plus mal: pour la plupart agriculteurs, et pour la majorité d'entre eux éleveurs, ils prennent la crise en pleine figure et ne savent pas comment faire face. Dans cette ambiance qui donne bien du mal au maire Georges Balbuzart, dit Balbu (François Cluzet) pour regonfler le moral des troupes, arrivent deux Américains, le photographe Blake Newman (Toby Jones) et son ami et assistant Bradley (Vincent Regan). Newman est mondialement connu et constamment à la recherche de lieux à photographier, et leur arrivée au village est un hasard: ils se rendent à l'aéroport pour rejoindre New York, et c'est alors qu'ils cherchaient un raccourci qu'ils ne trouveraient jamais, qu'ils ont été bloqués par une manifestation d'agriculteurs en colère. Pendant les échanges avec la population, Newman aperçoit un champ, qui lui paraît être l'endroit idéal pour une photo...

Les deux photographes proposent donc à Balbuzart de faire passer le message: ils veulent photographier les gens du village sur ce champ, dans une composition avec le plus de monde possible. Voyant là un coup de pub inespéré pour la détresse du village, le maire accepte. Sauf que Newman est catégorique: les habitants devront être nus.

C'est une comédie, mais elle illustre assez bien deux choses: d'une part, l'arrivée dans notre cinéma de thèmes d'actualité, d'une actualité brûlante même, sauf que cette fois, voir ce film aujourd'hui est presque embarrassant! Car la crise des "Gilets jaunes" est là, et dans ce film, si la détresse est réelle, on est aussi devant un diagnostic de totale inactivité: les gens souffrent, et ne font pas grand chose, ne trouvent pas leur unité, etc... Deuxième chose, il est difficile d'aborder ce thème de la souffrance de nos jours, et d'en faire que comédie... gentille. Non qu'on soit chez Disney, mais dans la mesure où on aborde la question du surendettement, des suicides de paysans, de gens réduits à tout abandonner, le fait est que le film choisit de les traiter tout en montrant des gens qui restent bons copains et finissent toujours par prendre l'apéro ensemble. Bref: on a le sentiment d'assister à une petite comédie hors du temps.

Ce qui n'est pas antipathique, loin de là, car l'aspect le plus plaisant de cette comédie, c'est justement la peinture d'une communauté qui se serre les coudes, qui en rappelle d'autres, de styles divers et variés: Ni vu ni connu, d'Yves Robert, à travers sa galerie de personnages; Jour de fête de Tati, par le biais du truc de script qui consiste à faire arriver un événement exceptionnel dans un endroit plongé dans son quotidien. Mais le film n'échappe pas aux ficelles un peu grosses: en particulier, le rôle joué par les Américains qui deviennent vite des ressorts trop usés. Les motivations de Newman et Bradley, rabotées au montage, en font presque des enfants capricieux. Cluzet fait du Cluzet, certains personnages surnagent agréablement (François Xavier Demaison en Parisien qui se force à rester à la campagne en dépit de sa répugnance, et développe toutes les allergies possibles)... Reste un ensemble burlesque qui contourne vite la vulgarité, autour de la nudité bien sûr, et autour des rivalités entre voisins. C'est donc une agréable comédie, mais on est un peu déçu, surtout si on a vu Les femmes du 6e étage...

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Philippe le Guay Comédie