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23 mars 2018 5 23 /03 /mars /2018 09:23

Ce film est le premier long métrage dans lequel W.C Fields, également comme souvent auteur de l'argument initial (qu'il avait joué au théâtre), a pu avoir un degré de contrôle important. Sans surprise, c'est donc un joyeux fatras, anarchique, d'une drôlerie qui n'hésite jamais à se lancer dans la méchanceté, et assez éloigné des canons esthétiques de la comédie de l'époque...

Elmer Prettywillie (Fields) est pharmacien, et il a une vie assez bien rangée: il vivote de son métier, qu'il fait sans grande conviction philanthropique; sa soeur (Marie Foy) vit avec lui et elle a un enfant qui est un cauchemar pour son tonton. Par ailleurs, sa jeune employée Marilyn (Louise Brooks), qui l'aide au drugstore est, on le sent bien, la seule personne qui trouve grâce à ses yeux. Mais elle fait tout pour caser sa tante Tessie (Blanche Ring) avec le vieux célibataire. 

Bref, tout va pour le mieux dans le plus médiocre des mondes, quand arrive un élément perturbateur: un jeune homme (William Gaxton), qui croise la jeune Marilyn, et c'est le coup de foudre. Agent immobilier, il est venu pour vendre des parcelles, et il va convaincre Elmer de s'associer avec lui. Bon. Mais... est-ce tout à fait légal?

Vous savez quoi? Je n'ai pas la réponse à cette question! Et pourtant, je viens de voir le film... Il me semble que cette portion de l'histoire a été un peu ré-arrangée afin de permettre à une sous-intrigue amoureuse de se développer. Cet ajout permet donc aussi à Louise Brooks d'intégrer le film, sous la direction de son futur mari, Eddie Sutherland. Celui-ci est un réalisateur adepte, et qui a mon avis a du bien s'entendre avec Fields: le réalisateur en titre, en effet, se plie selon les règles classiques de la comédie muette, aux exigences de ses scènes, ses personnages, son intrigue, dans ce sens précis. Le résultat est donc un peu inégal, mais reste constamment distrayant...

Et Fields est libre de développer son personnage selon son coeur; attendez-vous à des allusions à l'alcoolisme militant, à la prohibition, à la haine viscérale des enfants, et tout un tas de choses politiquement incorrectes qui sont tellement grosses qu'on n'y croit pas une seconde.

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie 1926 Louise Brooks **
22 mars 2018 4 22 /03 /mars /2018 09:30

Suite à une agression dans laquelle elle est grièvement blessée, et son petit ami (Naveen Andrews) tué, une jeune femme (Jodie Foster) se transforme en une justicière presque par hasard, avant de commettre de nombreux meurtres. Touchée régulièrement par des remords, elle entre en contact avec le policier (Terrence Howard) responsable de l'enquête, avec lequel elle partage des discussions philosophiques et ambiguës sur les limites et les frustrations de la loi...

Dans la filmographie de Neil Jordan, on trouve de tout (Et même parfois n'importe quoi: Interview with a vampire, par exemple); depuis quelques années, le metteur en scène a pris une orientation assez proche de celle d'un Ridley Scott, ne sélectionnant plus les films, et attendant que les propositions viennent à lui plutôt que de chercher à financer des films qui ne se feront jamais. Son détachement et son esthétisme aidant, il épouse ainsi des projets dans lesquels il serait vain de chercher une idéologie personnelle, d'où ce film passionnant, dans lequel tout le monde trouvera son compte.

Aux Etats-Unis, et d'ailleurs, il a été récupéré par tous les participants du débat sécuritaire: la droite conservatrice s'en est servi afin de stigmatiser une politique sécuritaire trop molle, la faute estiment-ils aux administrations Démocrates (dans les municipalités) trop indulgentes; les fous des armes y ont reconnu leur idéologie partisane d'une justice administrée par le citoyen, représenté ici en ange exterminateur touché par une colère qu'on peut légitimer par le drame survenu au début du film. Enfin la gauche peut faire siens les doutes qui sont parsemés tout au long du film, et la dimension morale représentée par les nombreux personnages qui agissent en qualité de témoins muets, mais clairement critiques à l'égard des actes de vengeances qui y sont montrés.

Et la vérité? D'une part, un film est un film, il ne juge pas, n'assène pas toujours, n'impose pas de vision; qu'on se rappelle de Dirty Harry (Le grand-père de ce film par bien des côtés) et des malentendus à son égard: Clint Eastwood l'a souvent rappelé, il n'est pas Harry Callahan; ici, le propos des concepteurs est essentiellement d'illustrer un aspect terrible de la réalité des Etats-Unis, ce manque de repères et de perspectives face au crime et au drame.

Pourtant le principal intérêt de ce film ne se situe pas dans le débats sur la participation active à la violence, légitimée ou non par le concept d'auto-défense, et de recours au fait de prendre la responsabilité d'administrer la justice. Il nous conte le parcours inattendu d'une femme qui passe totalement de l'autre côté, et se transforme en ce qu'elle n'a jamais été: Erica Bain, new-Yorkaise qu'on imagine fervente démocrate, est une personne qui vit tranquille à New York, une ville qu'elle aime tant qu'elle en a fait le sujet de ses chroniques radiophoniques. Elle se promène dans la ville par hobby et par passion, jusqu'au jour ou la peur s'installe. En devenant cet ange exterminateur, elle devient une autre, elle devient tout ce qu'elle n'aime pas, une part enfouie de sa personnalité qui ne demandait, peut-être qu'à sortir. C'est là que sa démarche de se rapprocher du policier est intéressante: elle cherche auprès de lui un retour à la normale, ou une opportunité de sortir de sa fuite en avant, voire une légitimité pour sa nouvelle vie. Lequel des trois? la réponse est bien sûr ambiguë, mais elle fait le sel de ce film complexe.

 

Bien sûr, un film n'est qu'un film, et on doit y provoquer un peuls choses, de manière à avoir un terrain de jeu valide. Mais si on est prêt à accepter qu'un médecin spécialiste des diagnostics délirants se voit confier 24 cas extrêmes par an, pour prendre l'exemple de House M.D. (Docteur House in french), un film, ce n'est pas une série: une agression toute les deux minutes, partout ou Jodie Foster passe, c'est énervant. Et ça nous rappelle étrangement une vision déformée de nos sociétés dans lesquelles on voudrait nous faire croire que le l'homme est en permanence un loup pour l'homme. Si on veut bien comprendre les personnages d'un point de vue dramatique (a ce niveau le film est vraiment impeccable, et Foster est fantastique), cette insistance pour présenter des USA en proie au chaos criminel prend évidemment le risque de justifier que le commerce sauvage des armes, ou l'idée populiste répandue qu'il faut se méfier de tout et de tout le monde, surtout en période d'élection, et ça, non, vraiment, ce n'est pas souhaitable.

Reste un film ou, une fois de plus, Jordan se fait l'avocat du diable: un homme fautif dans une affaire d'adultère (End of the affair), des vampires qui parlent à la première personne (Interview...), et maintenant une femme qui tombe dans les travers de la justice expéditive...

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Published by François Massarelli - dans Jodie Foster Noir
21 mars 2018 3 21 /03 /mars /2018 18:40

Ce film d'Ozu est une comédie étudiante, et le titre fait bien sûr écho à J'ai été diplômé, mais..., de 1929. ce genre de titre, en particulier pour des comédies, est assez courant dans la production de l'époque. On décèle une fois de plus dans ce film Japonais l'amour d'Ozu pour les comédies de Harold Lloyd, dont le modèle ici choisi est le film The Freshman, de 1925... Ca nous apparaîtra dans plusieurs détails, et une scène de tendresse amoureuse.

Le héros est interprété par Tatsuo Saito, et il fait partie d'une confrérie de zozos fort sympathiques, mais pas destinés à la réussite. Leur principale activité académique consiste à préparer des moyens de tricher, qui ont tous tendance à rater lamentablement. Cela étant dit, s'ils sont unis dans leur tricherie, le plus à même de réussir est justement le personnage principal.

Et s'ils sont tous un peu amoureux de la voisine (Kinuyo Tanaka), celle-ci ne s'intéresse qu'à lui, justement: elle lui promet une cravate pour son diplôme... Mais la réalité va rattraper tout le monde avec une ironie particulièrement cruelle...

Le film de Lloyd dont s'inspire Ozu était construit selon le modèle habituel des films estudiantins: on y faisait du sport, du sport, du sport et encore du sport. Chez Ozu, on va certes en classe, mais l'université et les études nous apparaissent surtout comme une période glorieuse de camaraderie et de rigolade... Le film maintient un ton léger jusqu'au dernier quart d'heure, mais réussit à éviter le pathos lors de la séparation des amis... et lors des résultats inattendus. C'est un peu tout le petit monde de Yasujiro Ozu, ses acteurs et techniciens habituels, que nous voyons à l'oeuvre dans ce petit film sympathique.

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Yasujiro Ozu 1930 *
21 mars 2018 3 21 /03 /mars /2018 18:33

Trois copains décident d'offrir à son insu à un de leurs amis un cadeau original: un robot féminin, d'occasion (la fausse jeune femme était jusqu'à présent serveuse dans un café). Sans le savoir, l'heureux élu se retrouve donc flanqué du'ne petite amie extrêmement amoureuse, mais qui est synthétique...

Le suspense principal, bien sûr, est basé sur la question "que va-t-il arriver quand il s'en rendra compte?". La réponse viendra vite, remarquez, car le film est très court. Mais surtout la fin apportera des développements inattendus...

Ce court métrage provient d'une mission assignée à des étudiants (Regroupés sous l'appellation "Les Parasites"), qui devaient pour un festival Tourangeau tourner en deux jours un court métrage... Le résultat est fortement sympathique, d'autant qu'il est basé sur une idée loufoque..On pourra toujours dire qu'il "questionne notre rapport aux nouvelles technologies", mais le grand atout de ce film c'est surtout qu'il est loufoque...

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Published by François Massarelli - dans Comédie
21 mars 2018 3 21 /03 /mars /2018 18:26

Vincent (Vincent Heneine) et Margot (Margot Bancilhon) doivent tourner une scène d'amour charnel pour un film. Ils sont très nerveux, l'un comme l'autre d'autant qu'ils se connaissent à peine. Et puis, clairement, c'est la première fois de leur carrière de comédien. Pour les mettre à l'aise, le metteur en scène leur demande de faire "Du cul, du cul, du cul, bestial, mais tendre"... 

Ca ne les met pas à l'aise, mais alors pas du tout...

C'est un court métrage drôle, même si ça part un peu dans la convention. Mais le réalisateur Tomer Sisley a une petite idée derrière la tête, et va l'exploiter avec bonheur, montrant de quelle façon une humeur plus que conflictuelle va d'abord s'installer entre les comédiens, puis tout à coup la complicité... et enfin la tendresse.

Tout en maintenant bien sûr une atmosphère de franche comédie.

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Published by François Massarelli - dans Comédie
21 mars 2018 3 21 /03 /mars /2018 18:06

Pour sa deuxième réalisation, Jodie Foster choisit de ne pas apparaître devant la caméra, mais on peut quand même au moins émettre l'hypothèse que ce ne soit pas tout à fait un hasard si Holly Hunter lui ressemble un peu sur les photos promotionnelles. Mais voilà: par principe, la cinéaste interdit à l'actrice qu'elle est de prendre toute la place dans le film, et cette fois, contrairement à la mère dépassée par les événements de Little Man Tate, le moins qu'on puisse dire de Claudia, c'est bien qu'elle est le rôle principal du film...

Claudia est peintre, mais elle est surtout restauratrice d'oeuvres d'art. "Etait", plutôt, car elle est licenciée dès la première scène. C'est Thanksgiving, et elle doit quitter Chicago pour retourner chez ses parents à Boston. Sans sa grande fille Kitt (Claire Danes), qui a décidé de passer le jour de fête chez son petit mi, avec lequel elle admet à sa mère, fièrement, qu'elle aimerait bien coucher.

Bref, Claudia ne va pas bien, et en plus il lui faut affronter le cirque familial: des parents (Anne Bancroft et Charles Durning) qui s'adorent mais passent le temps à se chercher des poux dans la tête, une soeur (Cynthia Stevenson) critique de tout, avec un mari (Steve Guttenberg) ennuyeux au possible et des enfants qui vont avec, et son frère Tommy (Robert Downey Junior) qui vient de se marier plus ou moins en secret avec son compagnon de longue date, Jack. Celui-ci est absent, mais la tante Glady (Geraldine Chaplin) est bien là, elle, un peu gâteuse, et un peu pétomane sur les bords...

Bref, beaucoup d'occasions de rappeler, voire revivre, le passé en famille pour Claudia, et peu de perspectives d'avenir, s'il n'y avait Leo, un ami de Tommy qui l'accompagne. Et ça tombe bien, car la raison qui l'a poussé à venir, c'est une photo de Claudia...

Le trait est volontiers grossier, un peu comme la première demi-heure de Money Monster. Mais Claudia et sa famille, y compris dans ses escarmouches entre la prude grande soeur, et le transgressif Tommy. On sent que Downey n'en fait absolument qu'à sa tête, comme beaucoup d'acteurs du film du reste (Et Cynthia Stevenson est géniale). Ca maintient une certaine bonne humeur, dans ce qui risquerait d'être un peu une recherche molle du temps perdu. Et même si nous nous sommes longtemps couchés de bonne heure, on préfère un film comme celui-ci quand on peut y rigoler un peu...

Vers la fin du film, quand la restauratrice d'oeuvres anciennes, qui vient d'aller au bout de ses souvenirs, trouve enfin une raison de se raccrocher à l'avenir, ce sont tous les personnages qui défilent sous nos yeux, dans une certaine joie de vivre (y compris la soeur acariâtre) en super 8, comme si les valeurs du passé et du présent s'étaient inversées... Une jolie idée, finalement, qui nous évite un gros coup de bourdon, car la déprime, ça passe.

Hélas, comme les années.

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Jodie Foster
20 mars 2018 2 20 /03 /mars /2018 18:19

La dépression, vue de l'intérieur, du chaos intérieur: voilà le sujet de ce film qui réussit constamment à naviguer entre comédie et drame, entre description rationnelle et décalage inquiétant. Mel Gibson est excellent, mais oui, quant à la réalisatrice, elle s'est gardé un rôle moins marquant, comme elle l'avait fait avec son premier film, Little man Tate: là encore, elle y joue un personnage lié au "héros" (Elle était en la mère dans le premier film, elle est ici l'épouse), mais qui non seulement ne comprend pas le problème, et plus encore dans ce film en deviendrait presque l'ennemi... On y verrait bien comme un goût pour les situations de crise, qu'elle soit familiale, ou liée à une prise d'otage (Money Monster).

Walter Black (Mel Gibson), nous informe une voix off mystérieuse au fort accent Australien, est dépressif. Du coup, tout dans sa vie se casse la figure: son épouse Meredith a beau avoir de la patience, elle en a marre de ce mari qui ne fait que dormir. Son entreprise, héritée de son père, est en train de tout perdre, et il ne mène plus rien. Si son plus jeune fils Henry lui est pour l'instant très attaché, son grand fils Porter (Anton Yelchin) est en plein conflit. 

Quand Meredith décide de chasser Walter purement et simplement, Porter applaudit... Et Walter se saoule, et tente de se suicider.

Il en sera empêché par une marionnette, celle d'un castor qui va désormais "le prendre en main". Bien que le castor en question soit juché sur la main de son "support humain", et que ce dernier parle pour lui visiblement, on jurerait que la bête est vivante. Et dans un premier temps, Walter va aller mieux. Mais c'est surtout que le castor va prendre le pouvoir, ce que Meredith, d'abord séduite par le regain d'énergie et d'optimisme de son mari quand il est sous l'influence d'un castor, va avoir de plus en plus de mal à accepter.

Une sous-intrigue, qui met en lumière une sorte de malédiction familiale, s'intéresse à la vie de Porter au lycée, son business de devoirs faits pour les autres, et sa rencontre avec la fille la plus en vue du lycée, qui lui confie un 'travail'. Mais si la belle Norah (Jennifer Lawrence) est attirée par Porter, celui-ci va tout gâcher... cette portion du film est sympathique, mais nettement plus conventionnelle. Mais elle n'est qu'un des points de vue complémentaires et contradictoire d'une réalisatrice (On le voit bien dans son film Money Monster) qui aime beaucoup croiser les subjectivités autour d'un personnage. Mel Gibson a beau être en permanence ou presque à l'écrn, nous n'avons jamais son point de vue, mais celui de sa famille, de ses collaborateurs...

...et du castor bien entendu. Admettons-le: personne ne pourra décider à la fin, si l'animal existe vraiment, ou s'il s'agit d'un tour de passe-passe psychologique visant à sortir de la dépression, et qui tourne particulièrement mal. Car le film, en dépit de son prétexte loufoque, n'a absolument rien d'une comédie: il est profondément noir, et touche vraiment juste sur le sujet de la dépression, et installe un véritable malaise. Et Mel Gibson, qui sent généralement le soufre, n'y est pas pour rien.

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Published by François Massarelli - dans Jodie Foster
19 mars 2018 1 19 /03 /mars /2018 17:58

Ce film, hélas posthume, est le dernier volet d'une trilogie commencée en 2008 avec Back soon, que prolongeait Queen of Montreuil. La réalisatrice avait commencé par situer une intrigue en Islande (Back Soon), puis de déplacer ses personnages Islandais vers la France (Queen of Montreuil); là, les héros rencontraient divers personnages locaux, dont le grutier Samir et surtout la jeune veuve Agathe...

Celle-ci (Florence Loiret-Caille) est maître-nageuse, et elle fascine Samir (Samir Guesmi) qui aimerait tant la rencontrer pour de vrai. Il prend donc la décision d'apprendre à nager, ce qui va être risqué, parce qu'en réalité il sait déjà. Ils deviennent assez vite complices, et une nuit, Samir qui s'est fait enfermer à la piscine Maurice Thorez de Montreuil (!), a la surprise de constater qu'il n'est pas seul: Agathe s'est, pour sa part, volontairement enfermée... Ils discutent, s'embrassent, mais...

Un collègue d'Agathe a fait entrer des femmes un peu louches dans la piscine, et l'une d'entre elles tombe. Samir, devant Agathe médusée, plonge et la sauve. Comprenant qu'il lui ment sur lui-même depuis le début, Agathe s'enfuit...

Il faudra à Samir aller la retrouver en Islande, avec ses vieux copains, dans une équipée mi-burlesque, mi-poétique, où Agathe pèse le pour et le contre d'une relation avec Samir. Quant à ce dernier, il va involontairement résoudre la situation par un accident suivi d'une crise d'amnésie...

C'est gentil, et certes un peu inabouti, surtout si on le compare avec le beau Lulu femme nue de 2013. On devine que la cinéaste, qui est décédée peu de temps avant la fin du montage, savait que finir son film serait difficile. Il a été supervisé par le co-scénariste Jean-Luc Gaget, et on ne saura donc pas quelle est la part exacte de ce que Solveig Anspach souhaitait voir dans son dernier film... Mais tel qu'il est, avec son rythme lunaire et doux, il peut tout aussi bien faire l'affaire. Que ce soit dans la première partie, dominée par le point de vue (certes décalé) de Samir, qui a du Hulot en lui, ou dans la deuxième qui mélange les parcours de ses deux personnages. On rit souvent, et sans la moindre méchanceté, devant ce joli petit, tout petit film.

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Solveig Anspach
19 mars 2018 1 19 /03 /mars /2018 17:31

Deuxième long métrage intégralement conservé de Yasujiro Ozu, Va d'un pas léger est un des nombreux films muets du maître dans lesquels son talent pour innover à partir de sa fréquentation assidue du cinéma américain, est le plus évident. mais contrairement à Jours de jeunesse, et à tous les films conservés sous forme incomplète, celui-ci n'est pas du tout une comédie...

Kenji (Minoru Takada) est un gangster; il est le "boss", et n'a de comptes à rendre à personne. Son plus proche ami est le petit Senko (Hisao Yoshitani), un voyou éminemment sympathique avec lequel ils ont créé un combine efficace: Senko vole des portefeuilles avec son talent de pickpocket, et si les victimes se rebellent, c'est Kenji qui intervient spontanément, inspirant une certaine confiance, pour fouiller l'autre! Inutile de dire que Kenji ne trouve pas le portefeuille, et qu'ils en partageront le contenu... Le soir, ils se retrouvent en ville, dans une salle aménagée pour la boxe, et Kenji est souvent affublé d'une jeune femme, Chieko (Satoko Date), qui commence à le trouver un peu ennuyeux. Il faut dire que,Kenji a des doutes...

Il rencontre par hasard une jeune femme, Yasue (Hiroko Kawasaki) grâce à laquelle il va essayer de se ranger. Mais si Senko approuve et le suit, ce n'est pas du goût de leurs anciens amis...

Le film était à l'origine, comme J'ai été diplômé, mais... prévu pour être réalisé par Hiroshi Shimizu, qui a d'ailleurs participé au scénario. Pourquoi le relativement nouveau venu a-t-il été préféré à celui qui en 1929 est déjà un vétéran de la Schochiku, il faut sans doute envisager de répondre en fonction de la versatilité et de la rapidité d'exécution d'Ozu, voire, tout simplement, en raison de son style si empreint de cinéma américain... Il a retenu les meilleurs leçons du burlesque, et s'en inspire tout au long du film avec génie. Ce film est frappant par la pureté, à l'heure de 'arrivée du cinéma parlant, de son langage pictural... Et Ozu s'amuse à dresser des liens entre ses comédies et son film de gangsters: les mêmes affiches de film américains aux murs, les personnages du reste s'habillent à l'occidentale, sauf la pure Yasue. Les circonstances dans lesquelles Kenji rencontre la jeune femme rappellent les Amis de combat, et l'association entre Senko et Kenji renvoie un peu aux nombreuses "paires" d'amis, de Jours de jeunesse, Amis de combat, ou encore Le galopin. Bref, Ozu balise son film de façon familière...

Et Ozu, qui n'a pas quitté la comédie pour de bon, se sert du brave Senko pour effectuer une sorte de passerelle entre les deux genres, mais aussi pour alléger le côté sombre du film, car on y traite de la difficulté de la rédemption pour un bandit, mais aussi dans une sous-intrigue, on y voit le patron de Yasue essayer de forcer la jeune femme à coucher avec lui, un type d'anecdote qui reviendra dans beaucoup des films de la période, chez Ozu: dans ses films de gangsters (Femmes de Tokyo notamment), mais aussi ses drames. Bref, Va d'un pas léger, avec son titre intrigant (mais qui est totalement expliqué à la fin) est une grande date du cinéma si particulier de Yasujiro Ozu.

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Published by François Massarelli - dans Muet 1930 Yasujiro Ozu Noir *
18 mars 2018 7 18 /03 /mars /2018 11:07

L'hésitation sur le titre vient du fait qu'on en trouve plusieurs, et pour causes: ce film n'est pas sorti en France. C'est un moyen métrage, à l'origine, une de ces petites comédies de complément de programme qu'Ozu tournait vite et bien. Comme d'autres, le film n'est conservé que sous une forme partielle, et la copie la plus fréquemment vue est directement tirée d'une version abrégée conservée en 9.5mm, soit un format de visionnage à la maison. on y retrouve le squelette de l'intrigue.

Deux gangsters (Tasuo Saito, Takeshi Sakamoto) se sont associés afin de se lancer dans une entreprise qu'ils croient lucrative: ils vont kidnapper un enfant (Tomio Aoki) et demander une rançon. Mais la période durant laquelle ils vont garder chez eux le petit sera tellement infernale, qu'ils vont le renvoyer chez lui... les bras chargés de cadeaux, parce qu'il n'a pas envie de partir! 

Cette histoire provient d'une nouvelle de O'Henry, un auteur Américain dont les histoires sont très connues aux Etats-Unis. Une autre adaptation de The ransom of Red Chief, dirigée par Howard Hawks (et pas franchement folichonne) figure au menu du film collectif O'Henry's full house, produit par la Fox en 1952... Le film d'Ozu est en apparence plus léger, plus burlesque aussi. Les deux acteurs adultes vont au bout de la comédie, et comme avec Jours de jeunesse, Ozu est à l'aise pour diriger deux personnages complémentaires, dans leurs différences aussi bien physique que psychologique. Le gamin mérite bien son "surnom" de galopin, et deviendra en très peu de temps un enfant star au japon. On le reverra dans d'autres films d'Ozu...

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Published by François Massarelli - dans 1929 Muet Comédie Yasujiro Ozu *