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14 avril 2017 5 14 /04 /avril /2017 08:57

Le nom de Robert Macaire est pour toujours associé à un film, Les enfants du Paradis, qu'on n'a plus besoin de présenter. Il était, rappelons-nous, non pas un personnage du film, mais  le personnage qui avait donné la notoriété à l'acteur Frédérick Lemaître, incarné dans le film de Carné par Pierre Brasseur; Ce qui, du reste, était conforme à la vérité historique, puisque Lemaître avait triomphé au théâtre en 1832 en interprétant non seulement le personnage de Macaire dans la pièce L'auberge des Adrets, mais aussi la pièce elle-même, transformée par la grâce du laisser-aller volontaire et de l'improvisation calculée, en une pochade alors que l'intention de ses auteurs était mélodramatique... Macaire n'a existé que dans cette pièce, il est malgré tout l'archétype du brigand de cette première moitié du XIXe siècle. C'est l'époque de la fin des dernières conséquences du passage de Napoléon, des décombres de feue la Révolution Française, d'une restauration qui se cherche, et dans l'imaginaire collectif, c'est l'époque de Vidocq et des premiers trains; la campagne est encore un monde complètement éloigné de la ville, mais pour combien de temps? C'est ce monde qui vit ses derniers instants, que parcourent dans le long film d'Epstein Robert Macaire (Jean Angelo) et son fidèle compagnon Bertrand (Alex Allin).

Ces "aventures" sont au nombre de cinq, le film épousant la forme d'un serial classique... Mais ces cinq "aventures" seront en fait exploitées en deux temps: le premier épisode se compose des trois premières, et les deux suivantes se retrouvent donc dans le deuxième service. Entre les deux, un cliffhanger en forme d'un saut dans le temps, de 17 années... Macaire et Bertrand sont deux brigands professionnels, sans le sou évidemment, qui parcouret les routes à la recherche de rapines. Leur armes favorites: la ruse, le déguisement, la persuasion plutôt que la violence. On les voit détrousser une fermière pingre qui leur a refusé un repas, en jouant sur sa superstition: ils sont déguisés, respectivement, en St Antoine (Que la fermière aime tant prier) et son cochon. Mais lors de leur première aventure , ils font la connaissance de la belle Louise de Sermèze (Suzanne Bianchetti), qu'ils sauvent, en se faisant passer pour le Vicomte de la Tour Macaire et son intendant Picard... Louise et Macaire s'aiment, ce qui n'est pas du goût de tous. Apprenant qui est réellement Macaire, le frère de Louise (Nino Costantini) tente de les faire arrêter; ils le seront finalement, au terme d'une aventure ou d'une autre... Et la deuxième partie les verra revenir sur le théâtre de ces événements, pour permettre à la fille de Louise disparue, et donc la fille de Robert Macaire lui-même) de connaître un meilleur destin que son père... Tout en faisant quelques affaires, bien entendu.

Le format surprend, d'autant qu'Epstein, qui a si souvent versé dans le mélodrame, n'a pas pour habitude de faire durer ses films aussi longtemps... Mais le propos avec ce Robert Macaire qui est une commande de la compagnie Albatros (La dernière des collaborations d'Epstein pour cet excellent studio), était de fournir à moindre frais du picaresque décoratif, et quoi de mieux que cette époque bénie, ces costumes si caractéristiques, et le frisson facile de la rapine, du brigandage, et de la vie au jour le jour et au grand air de deux fripouilles sympathiques? Deux types qui s'adorent, se complètent, mais se signalent l'un à l'autre leur amitié indéfectible en se faisant mutuellement les poches... Car bien sur, à l'imitation de Lemaître, le film ne se prend jamais vraiment au sérieux. Pour preuve, cette présentation de leurs exploits par une famille de paysans qui se racontent des horreurs à la veillée, dans laquelle Angelo et Allin incarnent des versions terrifiantes (Et sérieusement exagérées) de leurs personnages... Personnages que nous connaissons déjà, et dont le public peut apprécier le décalage par rapport à l'image de ces horribles voyous inquiétants qui nous sont montrés dans cette narration au coin du feu!

Epstein et son équipe se sont tranquillement promenés dans les campagnes et vallées provençales, faisant merveille avec les décors naturels, profitant justement des lieux pour alterner de façon efficace les gros plans (son pêché mignon, il fait le rappeler) et les plans d'ensemble qui inscrivent les aventures picaresques de Macaire et Bertrand dans la nature même, une nature bien sur encore proche de celle du XIXe siècle, mais condamnée tôt ou tard à disparaître. Il fait taire ses petites manies d'avant-gardiste, au profit d'une narration tranquille et linéaire, laissant ses acteurs faire leur travail en toute simplicité: pas d'excès, mais beaucoup de clins d'oeil dans les aventures de Macaire. Angelo a trouvé l'exact milieu entre le sérieux d'un bandit qui se prend toujours pour quelqu'un d'important, y compris quand on l'arrête, et le fieffé escroc pour lequel plus c'est gros, plus ça passe... Bref, avec Macaire et Bertrand, qui commencent le film exactement comme ils vont le finir, en arpentant les routes, tout cela est fait très sérieusement, même si ce n'est pas sérieux du tout.

Et dans ce monde sans foi ni loi, ou se confondent les braves gens et les méchants (Des nobles incapables de laisser les tourtereaux en paix), Macaire nous apparaît comme une sorte de Robin des bois, marqué par le passage des ans perdant ça et là un bout de son costume, voire un oeil (Lequel au fait? Le bandeau noir sur l'oeil semble hésiter entre les deux...), un personnage hauts en couleurs dont on aimerait bien qu'il ait existé, ne serait-ce qu'un peu. 

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie 1925 Jean Epstein Albatros
13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 17:01

Adapté de George Sand, le film raconte une aventure de deux tourtereaux perdus dans le monde cruel des Mauprat, une famille du Berry dont l'une des branches vit de brigandage, sous l'influence du patriarche (L'impayable Maurice Schutz). Sa nièce, Edmée (Sandra Milowanoff), tombe sous sa coupe. Elle va s'échapper grâce à son cousin Bertrand (Nino Costantini). mais celui-ci fait partie de la bande... Echappera-t-il à l'exécution?

Epstein retrouve pour sa toute première production indépendante (Des "films Jean Epstein") l'esprit de Robert Macaire, qu'il avait tourné dans les décors naturels du Sud. Et en toute liberté il réalise en plein Berry une adaptation de George Sand, il place donc ses acteurs dans les lieux même du drame et se laisse prendre dans une splendide spirale mélodramatique sans temps mort. Pas de rigolade ici contrairement à son film à épisodes cités plus haut, mais je ne comprends absolument pas la réputation de médiocrité dont soufre ce film: Certes, c'est un divertissement, mais il atteint son but avec style, avec panache même, dans l'esprit des meilleurs films romanesques... C'est une grande réussite.

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Published by François Massarelli - dans Jean Epstein Muet 1926 *
13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 09:54

Le docteur Louise Banks, linguiste de renom, est un personnage solitaire; elle enseigne à l'université et vit isolée dans une volonté évidente de repli sur elle-même... Au début du film, on nous montre le plus grand drame de sa vie: comment sa fille, qu'elle a fini par élever seule, a souffert d'un cancer inopérable, et comment elle l'a accompagnée jusqu'à la mort. Mais l'intrigue principale de Arrival reste bien sûr ce qui se passe à partir du moment où Louise Banks, aux côtés du scientifique Ian Donnelly, est appelée par l'armée Américaine pour participer à une aventure hors du commun que vit désormais l'humanité entière: 12 vaisseaux extra-terrestres se sont en effet installés sur terre, à douze endroits différents, et elle doit entrer en contact avec ceux qui sont stationnés dans le Montana, pour décoder leur langage et entrer en communication avec eux... Mais surtout, elle doit permettre à son gouvernement de faire le bon choix: l'arrivée des extra-terrestres est-elle invasion ou visite de courtoisie? Faut-il répondre militairement ou diplomatiquement?

C'est elle, interprétée par Amy Adams, qui est le personnage central d'un nouveau film de Denis Villeneuve, qui comme souvent nous manipule en nous faisant intervenir contre notre gré dans sa mise en scène... Et cette fois-ci, c'est à la science-fiction qu'il fait appel, pour une intrigue qui sonde deux aspects de l'humanité: le pouvoir du langage (Pas celui de la communication) d'une part, et le choix d'un humain d'autre part. Ce dernier thème est déjà au coeur de bien des films du réalisateur qui nous a montré des êtres face à plusieurs dilemmes: dans Maelstrom, Polytechnique, Incendies, Prisoners, Enemy, Sicario, invariablement les personnages sont dotés de ce libre-arbitre, et les circonstances du choix deviennent l'enjeu principal du film. Mais dans toutes ces oeuvres, le metteur en scène s'est plu à nous embrouiller, notamment en jouant sur la chronologie... Le meilleur exemple de cette tendance est sans doute Enemy, dont les lectures multiples aujourd'hui n'ont pas encore épuisé son capital d'étrangeté.

Ce sera plus simple avec ce film, qui obéit à certains codes de la science-fiction, en nous laissant en particulier appréhender ce qui est toujours un facteur de frisson inégalable, à savoir une nouvelle confrontation avec une civilisation inconnue, sous l'angle non de la guerre, mais plutôt de la rencontre: plutôt Spielberg, donc, que Michael Bay. De quoi se tourner vers ce film avec toute la bienveillance dont nous pouvons être capable, donc... Même si une fois de plus c'est un leurre... Vous ne croyez quand même pas que ce film nous parle vraiment de la marche à suivre au moment de rencontrer les aliens, non?

Et c'est un professeur de langue qui s'adresse désormais à son lecteur: ce film nous parle donc, en le comparant au pouvoir de la science (certes immense), au pouvoir de la science militaire (trop important si vous voulez mon avis), voire au pouvoir de la diplomatie, du pouvoir du langage tout simplement. Un petit bout de bonne femme tient tête à une junte militaire armée jusqu'aux dents (commandée par Forrest Whitaker, un revenant: il est excellent), à un scientifique un peu railleur et dragueur, qui se moque gentiment de la linguiste timide, avant de tenter de la séduire (Jeremy Renner), puis à l'humanité toute entière. Et celle-ci contient en particulier un général Chinois un peu pressé de la gâchette, et elle va expliquer à tout ce monde qu'avant de précipiter quoi que ce soit, et avant de poser n'importe quelle question, il convient d'établir tout ce qui doit être établi: comment pose-t-on une question? A quoi doit-on la reconnaître? Quels sont les sens de chaque item de la question, et comment puis-je les faire passer, car leur compréhension est indispensable au bon déroulement du message. Elle leur fait donc la leçon: pour communiquer, et avant de tirer dans tous les sens à tort et à travers, il convient d'éduquer au langage, de le rendre aussi limpide que possible, et là seulement on pourra communiquer. Bien évidemment, le temps presse, car non seulement l'armée dans la plupart des pays a la gâchette qui démange, mais les populations sont au bord du chaos devant ce qu'elles considèrent comme un risque majeur: toujours cette peur de l'autre...

Le film sera donc assez statique, entièrement ou presque situé au milieu de ce champ du Montana au-dessus-duquel un vaisseau oblong stationne, comme suspendu, et dans des rencontres passionnantes, entre une linguiste, un scientifique fasciné, des militaires éberlués, et deux extra-terrestres nimbés de brume, que les humains ne vont pas tarder à appeler Abbott et Costello! A ce titre, le film passe par une esthétique à la fois jamais vue, et classique, sans rien forcer en terme de morphologie des aliens, et en les rendant jamais trop visibles, deux règles parfaitement indispensables à mon sens. Donc Arrival se pare d'une poésie de science-fiction qui fait merveille, d'un suspense plutôt bien mené.

...et nous mène, bien sûr, en bateau. Ce que, je le dis et le répète, Villeneuve fait systématiquement, et le fait bien car c'est justement le but de ses films. Mais voyez Arrival, traduit si vous voulez mon avis de manière malencontreuse en "Premier contact". Et là, je ne peux absolument pas en dire plus, surtout que j'en ai déjà, certainement, trop dit.

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Published by François Massarelli - dans Denis Villeneuve Science-fiction
13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 09:07

Plutôt oublié aujourd'hui, ce film est, dans le sillage d'Intolerance, l'une des nombreuses tentatives de participer au grand débat qui agite l'Amérique après le torpillage du Lusitania (7 mai 1915). ce grand débat, rappelons-le, s'est soldé par une campagne présidentielle menée par Woodrow Wilson, président démocrate sortant, qui a ouvertement fait campagne sur l'idée d'une non-intervention en Europe... avant de rétro-pédaler une fois élu président, avec les conséquences que nous savons.

Parmi les cinéastes, si Cecil B. DeMille se distingue avec un message pro-intervention, à peine voilé, dans Joan the woman où il lie de façon osée l'histoire de Jeanne d'Arc avec la nécessité contemporaine de sauver l'Europe du chaos, l'opinion générale est plutôt isolationniste; Griffith a tourné son faramineux et dispendieux film Intolerance justement pour condamner la guerre et s'en prendre à ses causes, et c'est exactement ce que cherche à faire Ince avec son film, certes spectaculaire, mais d'une envergure quand même bien différente.

A Wredpryd, un pays monarchique et chrétien qui n'existe pas, la guerre menace. Le comte Ferdinand (Howard C. Hickman) a inventé un sous-marin révolutionnaire. Mais durant le conflit, son état-major galvanisé lui ordonne de couler un bateau dont les passagers sont des civils. L'ordre venu du roi lui-même est on ne peut plus clair: laissez de côté tout sentiment... Le comte refuse, et en lieu et place du paquebot "Propatria", il va s'évertuer à couler le sous-marin, entraînant la mort de tout l'équipage. Il est secouru, entre la vie et la mort, mais tandis qu'on le transporte, son âme arrivée presque à destination, reçoit la visite peu banale du Christ, qui décide de retourner sur terre dans l'enveloppe corporelle du comte afin de rétablir l'ordre.

Oui, vous avez bien lu.

Bon, on ne va pas y aller par quatre chemins, le film est ouvertement Chrétien, il part du principe que l'humanité la plus noble ne peut que faire partie de la masse bêlante des croyants, et on ne va pas s'en offusquer plus longtemps, sinon il nous faudrait jeter toute l'oeuvre de Chaplin, qui a si souvent utilisé la religion comme un exemple de voie à suivre (Easy street, The great dictator) même si c'était par convention, il faudrait également se débarrasser des films, profondément Catholiques, de John Ford, dont certes le message universel est beaucoup plus assimilable par les non-croyants que ce film peut l'être... Mais si le film de Ince possède ce défaut, et d'autres (Pour commencer, on notera qu'il n'y a pas un noir à l'horizon. C'est une allégorie, et je soupçonne Ince d'y avoir représenté SON monde idéal, donc on ne s'étonnera hélas pas de leur absence, pas plus que de celle des juifs, bien sur), il a au moins l'avantage de prendre une route radicalement différente de celle de Griffith...

Le pays où se situe l'action est une monarchie, plutôt européenne, et les femmes y portent des foulards sur la tête à la mode Européenne justement; les militaires y portent quant à eux casques à pointe, et le bateau qu'ils s'apprêtent à couler est le Propatria: ces va-t-en-guerre, dans ce film au message universel, sont quand même bien marqués, non? Certes, le film prêche la paix universelle, mais il le fait en ciblant les affreux Teutons, ce qui ne mange pas de pain. Ince a peut-être des convictions, mais il les partage en homme prudent, qui sait qu'il ne fait jamais insulter l'avenir, en cas de renversement de l'opinion. Si on compare, Griffith de son côté, a carrément fait suivre son appel à la paix universelle par l'un des films les plus belliqueux et patriotiques de sa carrière, Hearts of the world!

Mais Civilization, en dépit de son unicité, de son caractère de curiosité spectaculaire, peine à être autre chose, justement, qu'une curiosité. Le chaos représenté par les batailles spectaculaires du début, dans lesquelles on se refuse à identifier les soldats d'un camp ou de l'autre, est certes motivé par une noble cause, mais peine justement à fédérer le spectateur. Et ce chaos trahit aussi ce qui est l'ADN même de l'oeuvre, tournée à la façon habituelle par le producteur Thomas Ince: il a signé son film, mais il l'attribue lui-même à deux autres réalisateurs, Raymond West et Reginald Barker (L'un de ses homes de confiance, auquel on doit entre autres le drame de la guerre civile The Coward, la chronique de l'immigration The Italian, et le western avec William Hart au titre qui me fait toujours froid dans le dos, The Aryan). Et c'est la grande faiblesse d'un film, d'avoir été accompli par un studio, assenblé à partir du travail de plusieurs équipes, de plusieurs sensibilités, toute au service d'une idéologie mal fagotée... Pour couronner le tout, le caméraman Irvin Willat révélait à Kevin Brownlow avoir fait ses premières armes de réalisateur sur ce film en effectuant à la demande de Ince des retakes sur les scènes de bataille! Et le film, par son ethnocentrisme chrétien à courte vue, devait déjà être bien embarrassant à sa sortie: il est trop ciblé, et franchement, de très mauvais goût, y compris pour les croyants! Qu'on en juge en le comparant avec l'exceptionnelle réussite d'un autre film très chrétien, le superbe Ben Hur de Fred Niblo: le Christ y est là aussi employé comme protagoniste, mais on ne le voit jamais... 

Civilization fait partie de l'histoire du XXe siècle, de ses idéologies et de ses contradictions. A ce titre, le film a été élu parmi les listes des films à préserver en priorité par l'American Film Institute. C'est bien joli, mais ce devrait être le cas pour TOUS les films quels qu'ils soient! Et ça devrait garantir qu'on puisse le voir dans des conditions décentes, ce qui est loin d'être le cas. Au moins peut-on en voir une version complète sur Youtube. 

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Published by François Massarelli - dans Muet 1916 Thomas Ince Première guerre mondiale
12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 20:45

Ceci est le troisième film d'Epstein pour la compagnie Albatros, et le scénario en est signé de sa soeur Marie... Mais la patronne incontestée, déjà vue dans Le lion des Mogols, et qui avait joué aux côtés d'Ivan Mosjoukine aussi bien en Russie qu'en France (Le brasier ardent), c'est Natalie Lissenko. Mon sentiment, devant ce film, c'est qu'Epstein s'est tout simplement dit qu'il allait profiter de la commande pour faire ses gammes...

La comtesse Maresco (Lissenko) se sacrifie pour un homme (Jean Angelo) qui disparaît en la laissant enceinte. Vingt ans plus tard, les fantômes du passé resurgissent: alors qu'elle a refait sa vie autour de son fils unique, Jacques (Pierre Batcheff), elle constate que celui-ci devient aussi joueur que l'était son père... Et celui-ci, qui a fait fortune aux Etats-Unis, refait surface.

Naalie Lissenko est grande, belle et digne, Jean Angelo est lent, et Pierre Batcheff intense dans un de ses premiers rôles. Epstein souligne un peu trop ses effets, dans une production qui pourrait finir par devenir profondément ennuyeuse à force de lenteur... Mais on voit ou toute l'équipe veut en venir: on sonde ici les tréfonds de l'âme d'une mère: passionnée, jusqu'au-boutiste, accueillant à bras ouverts la mauvaise foi si la bonne santé de son fils en dépend... Une maman bien Russe, au fond.

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Published by François Massarelli - dans Muet 1925 Jean Epstein Albatros *
11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 16:55

Kevin Brownlow, interrogé sur Willat (qu'il a rencontré lors de son fameux séjour à Hollywood dans les années 60) et plus précisément sur Behind the door, dit en substance ceci: "Si on excepte la vision, dans Hearts of humanity de Allen Hollubar, de Erich Von Stroheim en officier Allemand, jetant devant une mère son bébé pleurant par la fenêtre, Behind the door est le film muet le plus brutal et le plus violent que j'aie vu."

Pour ma part, et loin de moi l'idée de contredire le grand historien, je mettrais effectivement, pour les avoir vus l'un et l'autre, les deux films à égalité...

Car si dans The hearts of humanity, la brutalité du Hun représenté à l'écran, et dont l'identité haïe est assumée jusqu'à l'extrême par l'immense acteur, qui a poussé sa caractérisation comme il le faisait habituellement jusqu'aux derniers détails vestimentaires et autres babioles, tient essentiellement à l'illustration globale d'une ignominie d'Epinal, et inventée par les circonstances de l'après guerre glorieuse, patriotique et xénophobe, la violence dans Behind the door est le sujet du film, et la scène dont parle Brownlow est l'aboutissement même de l'intrigue...

Celle-ci repose en effet sur deux flash-backs. Le premier est assez conventionnel: le capitaine Krug, un Américain d'origine Allemande, rentre chez lui. C'est le milieu des années 20, et l'homme est vieux et amer. Il ne rencontre personne mais se rend au cimetière pour aller visiter la tombe, nous dit un intertitre, du seul homme qui aurait été content de l'accueillir: Jim MacTavish est mort en 1924...

Ce qui m'amène une réflexion: cette date est volontairement située, pour le spectateur de 1919, dans le futur, un futur proche qui n'est pas si différent de l'Amérique directement contemporaine, mais qui semble donner à ce film l'aura d'une allégorie, qui permettra d'en prolonger l'effet au-delà de l'immédiate après-guerre. C'est malin, car il faut bien dire qu'il y a de fortes chances pour que le spectateur de 1930 ou 1921 a du bien rigoler en voyant avec retard des films comme Hearts of the world ou Hearts of humanity...

Donc, le capitaine Krug revient chez lui, et va s'installer dans sa boutique: avant la guerre il était taxidermiste, et son atelier est à l'abandon. Il croise d'ailleurs des gamins qui s'amusent à en casser les vitres, par défi, en sa présence... Une fois dans sa boutique, il laisse revenir les souvenirs douloureux à la surface: lors de la déclaration de guerre, Krug (Hobart Bosworth) était amoureux de la belle Alice Morse (Jane Novak), la fille du banquier de la localité. Ses origines Allemandes tendaient à le rendre mal vu de la communauté, et lorsque la déclaration de guerre a été rendue publique, les choses se sont envenimées... Une bagarre a éclaté, durant laquelle dans un premier temps toute la communauté sauf Alice semblait vouloir lui casser la figure! mais devant son empressement à s'enrôler, le brave MacTavish (Jim Gordon), un marin lui aussi, avait fini par se ranger à ses côtés.

Le début de la guerre voit Krug, marié à Alice, et devenu le capitaine d'un bateau dont le second n'est autre que le fidèle MacTavish. Lors d'une traversée, le capitaine découvre que son épouse a décidé de le suivre à son insu; lorsque le bateau est coulé par un sous-marin Allemand, les deux époux se retrouvent seuls dans un canot de sauvetage. Un sous marin apparaît à la surface; on va les secourir... sauf que Krug est rejeté à l'eau! Il menace alors le capitaine (Wallace Beery), lui promettant de l'écorcher vif...

Le reste du film voit Krug s'accrocher à sa vengeance, et retrouver le capitaine Allemand, dont il vient de couler le sous-marin. C'est là que se situe le deuxième flash-back, qui nous conte les événements qui ont suivi, à l'intérieur du sous-marin, l'enlèvement d'Alice.

Le propos, pour Thomas Ince, était de réaliser un film qui puisse à la fois s'éloigner du style de films qui inondaient les cinémas depuis la victoire alliée, tout en en récupérant les sentiments xénophobes et anti-allemands. A ce titre, on voit que tout oppose le capitaine Krug et le capitaine de sous-marin: le grand père de Krug a combattu durant la guerre de Sécession aux côtés du commandant Farragut, et son petit-fils se considère d'abord et avant tout Américain même s'il a conservé quelques bribes de culture Germanique, à commencer par le langage. A l'annonce de la guerre, il n'hésite pas un seul instant, et le film invite le spectateur à se ranger aux côtés de Krug. Mais le capitaine joué par Wallace Beery fait partie de cette galerie de méchants Huns traditionnellement fourbes, sadique et sans honneur; ses trois actions d'éclat, ici, sont la façon dont il enlève Alice (Une scène cruciale, qui hélas manque à l'appel dans les copies en circulation, remplacée par des photos de plateau), puis le récit qu'il fait du destin de la jeune femme, dont une fois de plus il convient de dire qu'il est assez graphique. On se souviendra longtemps après l'avoir vu, de ce plan qui nous montre l'officier ouvrir l'un des portes de sa cabine, pour montrer à la jeune femme aux vêtements arrachés les marins qui attendent leur tour de l'autre côté... avant de la leur lancer! Le troisième des actes du capitaine est justement de s'en vanter...

Mais ce n'est pas pour autant la fin. Le but de Ince, Willat, et de l'écrivain Gouverneur Morris (l'auteur, je le rappelle, de l'excellent récit dont Wallace Worsley un an plus tard allait tirer le magnifique film The penalty), était de choquer justement, de questionner le désir de vengeance de l'homme en temps de guerre; et ici, bien sur, tout concourt à justifier ce désir de vengeance ressenti par Krug, ainsi que son jusqu'au-boutisme. Mais le film, par la brutalité de son final, pousse le spectateur à ne ressentir que de l'horreur, en voyant ce qui arrivera à l'homme auquel Krug a promis de l'écorcher.

Quoi qu'il en soit, ce film en forme de poing dans la figure, qui nous est aujourd'hui restitué à la faveur d'une restauration fantastique, rappelle que dès 1919, des cinéastes, à l'abri de toute idéologie ou de toute convention, exploraient des recoins déjà bien sombres de l'âme humaine, qui allaient rester à l'écart des entiers battus par le cinéma, une fois la volonté de censurer bien établie dans les années 20. Et on pourra dire ce qu'on voudra de Willat et Ince, de leur possible appartenance au KKK, de la xénophobie affichée de Willat jusqu'au crépuscule de sa vie (Selon Brownlow, c'est sans doute ce qui lui aurait valu de terminer sa carrière pourtant partie sur les chapeaux de roue, et je le crois sur parole, d'autant que c'est également un élément important qui a valu à Marshall Neilan de se faire black-lister.), de leur flair un peu glauque pour relever des intrigues d'un soupçon de sadisme, ou d'un excès de mélo bien épicé (Pour les films avec William S. Hart, en particulier): ces gens-là savaient y faire pour faire un film qu'on n'oublie pas, et à ce titre, je ne suis pas près d'oublier le choc frontal de Behind the door.

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Published by François Massarelli - dans Muet 1919 Thomas Ince Première guerre mondiale **
11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 10:39

1926: Newt Skamander (Eddie Redmayne) est un sorcier Britannique qui vient aux Etats-Unis avec pour mission de permettre le retour chez lui en Arizona d'un animal fantastique et rare, qu'il a trouvé à l'autre bout du monde.... car les bêtes c'est sa passion. Mais quand il arrive, des événements inquiétants vont provoquer la fuite de plusieurs de ses petits (et moins petits) pensionnaires: intéressant, de voir qu'alors qu'autour de lui le chaos s'installe, Newt ne se préoccupe finalement que du bien-être de ses bestioles excentriques!

Sauf que dans son périple loufoque, il a rencontré une magicienne, la sympathique Tina (Katherine Waterston), sa soeur Queenie (Alison Sudol, Queenie est une romantique en mal de rencontre avec les non-magiciens, ce qui est très strictement réglementé par les sorciers des Etats-Unis), et un aspirant pâtissier, Jacob Kowalski (Dan Fogler).

Et parmi les choses auxquelles Skamander ne prête pas attention, il y a les étranges phénomènes magiques qui détruisent des quartiers entiers de New York, et le double jeu inquiétant mené par un sorcier du ministère, le trouble Percival Graves (Colin Farrell)...

David Yates, toujours à la barre des films adaptés de J. K. Rowling depuis The order of the Phoenix, a du accueillir avec un certain plaisir cette nouvelle mission, car ce film scénarisé directement par la maman d'Harry Potter lui permet à la fois de reprendre du service pour la franchise, sans avoir à rendre compte à la fois à la production, à l'autrice, et bien sûr... aux fans. Ce film lui permet de prendre le meilleur d'Harry Potter, sans les passages obligés, tout en construisant quelque chose de nouveau. Et à ce titre c'est très réussi: on n'a pas besoin d'introduction, après tout, le film se passe dans un univers parallèle qu'on connaît bien. Et pour les besoins du décalage habituel, un personnage, le très réussi Jacob Kowalski, nous sert de guide, car c'est un "muggle" (Je sais, il y a des termes établis en Français qui traduisent l'univers d'Harry Potter. Je vais les ignorer, avec mépris), soit un non-magicien: à noter qu'en Anglais Britannique on dit muggle, mais en Américain, on utilise plutôt le terme "no-maj"! Et en parallèle aux difficultés de Kowalski à appréhender ce monde magique qui tout à coup s'ouvre devant lui, le film nous promène constamment entre univers Américain des sorciers, et le New York des années 20, superbement reproduit. A ce titre, le film n'a pas volé son Oscar des costumes...

Bon, il y a une intrigue, j'ai envie de dire hélas, car c'est toujours le point faible de ce genre de films... Celle-ci me perd un peu, d'autant qu'il y a trois lignes directrices: d'un côté la quête par Newt de ses animaux évadés, et les rencontres qui s'ensuivent avec Tina, Queenie et Jacob. Ensuite, la présence d'une menace sur le monde de la magie sous la forme d'un "obscurial" (C'est cette partie de l'intrigue qui est la plus ennuyeuse, occasionnant une scène spectaculaire... mais trois fois trop longue, vers la fin); enfin, annoncée dès le départ, la disparition du dangereux sorcier pré-Voldemort Grindewald sous-tend le film en nous promettant une suite. Je n'irai pas plus loin, et ne commenterai pas le fait que Johnny Depp, aperçu quinze secondes, réussit l'exploit d'être mauvais comme un cochon, donc en quinze secondes top chrono. On ne change pas.

Mais le film prend son sel dans le fait que les protagonistes ici sont plus adultes que les ados habituels (même si Newt...), et du coup le film monte d'un cran dans sa tranche d'âge! Et quelle belle vision des années 20, une période dont il n'est sans doute pas besoin d'expliquer que je la connais bien, et l'aime particulièrement... Et le film une fois de plus explore les thèmes de prédilection, notamment la nécessaire importance accordée aux femmes, et le vivre ensemble au-delà des différences (à plus forte raison dans un pays construit sur l'alliance des différences, mais dans lequel on a la sale manie de chercher des poux dans la tête des autres, qu'ils soient noirs, musulmans, ou... sorciers), ce qui à l'heure d'une élection présidentielle Française marquée à l'extrême-droite, à l'heure de l'accession d'un fasciste à la maison blanche, et alors que les populismes menacent de tout détruire un peu partout, est une fois de plus nécessaire.

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Published by François Massarelli - dans Harry Potter
11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 10:32

Ce film a gagné un Oscar, et il est assez facile de comprendre pourquoi: c'est un chef d'oeuvre! Il est tout bonnement consacré à la lutte éternelle du chat contre la souris, une lutte qui est inégale, mais proportionnellement inverse aux prédictions liées à la taille. Bref, le chat n'y arrivera pas, et pourtant il essaie: Tom se procure en effet un livre qui explique comment il faut faire, et chaque chapitre est illustré par un épisode désastreux...

Tiens donc, un animal supposé supérieur qui s'acharne contre sa proie naturelle, tentative après tentative, sans jamais parvenir à ses fins, et sans jamais se décourager... C'est bien la formule des cartoons du Coyote qui se déroule sous nos yeux, mais en moins austère: certes les deux animaux ne parlent (presque jamais), mais il n'y a pas ce recours systématique à la compagnie Acme, et les compteurs ne sont pas remis à zéro après les tentatives. Ainsi lorsque Tom perd son scalp, il va devoir porter une perruque ridicule jusqu'à la fin du film.

Et sinon, à la fin il meurt, ce qui n'arrive jamais au Coyote.

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Published by François Massarelli - dans Animation Tom & Jerry
11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 10:14

Le Zoot suit, c'est cet improbable costume qui fait un temps la mode dans la jeunesse délurée des années 40, et qui sera d'ailleurs traduit dans la France de la fin de l'occupation, avec les "zazous": un pantalon dont la taille monte très haut, taillé en fuseau, et une veste immense, élargie par des épaulettes, le tout complété par un chapeau anormalement grand. C'était une mode populaire, qui faisait fureur en particulier dans les communautés minoritaires. Et c'était vaguement ridicule, ce qui faisait naître quelques commentaires moqueurs dont ce film...

Tom est amoureux, et avant de se rendre chez sa petite amie, il se prépare... saindoux au lieu de brillantine, moustaches frisées, il ne se rend pas compte qu'il est ridicule, et la jeune chatte l'enverra paître en disant qu'il fait vraiment plouc! On notera qu'elle le lui dit en argot d'époque, dont elle 'oublie d'ailleurs aucune expression. La décision qui s'impose à Tom est donc de réviser sa garde-robe et ses manières: il va se fabriquer un zoot suit... Et Jerry dans tout ça? Il est le "cadeau" offert par Tom à la petite voisine, dans la première tentative malheureuse. Et il est un commentateur acide de la deuxième approche, parce que comme nous, les efforts de Tom pour être "hip" (selon le parler de l'époque) sont bien ridicules...

C'est bien malin, finalement, de renvoyer dos à dos les jeunes adeptes d'une mode un brin excentrique, et du mode de comportement qui va avec, et les autres, ceux qui s'en moquent (On notera malgré tout que Jerry succombe aussi à la mode du zoot suit vers la fin), mais c'est le prix à payer si on veut que le film ait une longue vie! Hanna et Barbera ne s'y sont pas trompés, et le film est encore visible aujourd'hui sans qu'on ait besoin d'une explication de texte, tout en proposant une illustration des comportements et modes des années 40, entre Swing, Jitterbug, argot et... zoot suit.

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Published by François Massarelli - dans Animation Tom & Jerry
11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 09:55

La propagande à travers les dessins animés, c'est l'un des paradoxes les plus étonnants de ces années 40. Et aucun des grands acteurs du genre n'est épargné: les Fleischer envoient Superman batailler contre les nazis, Disney prend en charge une grande partie de l'effort pédagogique de guerre avec des cartoons produits spécialement, ce que les frères Warner font aussi, tout en lançant dans leurs séries de films, Looney Tunes et Merrie Melodies, des cartoons voyant Bugs Bunny ou Daffy Duck combattre les Japonais (Bugs Bunny nips the Nips de Friz Freleng, notamment). La MGM n'est évidemment pas en reste, et on pourrait citer le célèbre Blitz Wolf de Tex Avery, qui représente le très grand méchant loup Adolf contre trois petits cochons. Mais ce film est quelque chose de spécial, une halte intéressante au milieu de cette situation chaotique, dont les débordements (notamment racistes, il fait voir ce que les Japonais se sont pris dans la figure! Les nazis, c'est pas grave, on peut cogner, d'ailleurs si vous voulez mon avis on en aurait bien besoin aujourd'hui, mais c'est une digression) sont aujourd'hui gênants à voir.

The Yankee Doodle Mouse nous présente une bataille générique entre Jerry la souris, qui combat vaillamment les tentatives du chat Tom de l'attraper, et de la manger. Et il utilise à cet effet des techniques de système D très élaborées, parmi lesquelles on remarquera des capsules de bière pour le casque, une rape à fromage (Qui est une arme d'attaque, sous la forme d'une Jeep agressive, voyez le film) des pétards de tailles diverses, et utilise de la farine pour créer un écran de fumée. Tom fait bien ce qu'il peut mais la lutte est inégale. Le tout stué dans la maison habituelle se terminera à l(avantage de Jerry, qui envoie un message à "ses supérieurs" "Envoyez d'autre chats!"... Voilà pour l'esprit de l'époque; 

Mais à aucun moment, et c'est ce qui fait le prix de ce court métrage de propagande paradoxal, on ne verra ni Tom ni Jerry figurer l'un des acteurs du conflit en cours. Aucune allusion (Si ce n'est un malencontreux drapeau 'Stars and stripes' vers la fin) à la seconde guerre mondiale, et enfin, Jerry n'est ni un GI ni un Marine ni l'Oncle Sam, et Tom n'est pas Hitler. on a échappé au pire... Le but du film est de galvaniser les troupes en présentant, comme d'habitude, la lutte du chat et de la souris comme une version modernisée du match David contre Goliath.. Et c'est diablement efficace!

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Published by François Massarelli - dans Animation Tom & Jerry