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16 juin 2016 4 16 /06 /juin /2016 09:50

Dans un ranch, le malfrat Sharkey (Stuart Holmes) souhaite se marier avec Martha (Sleeper), la fille de Joe Skittle (James Finlayson). Elle refuse, et Sharkey décide de l'enlever, avec son bellâtre Teddy (Theodore Von Eltz)... Joe Skittle va donc devoir sauver sa fille, en compagnie de son fidèle assistant Texas Tommy (Stan Laurel)...

Parfois crédité à Louis Gasnier (Pourquoi?), ce film est très symbolique; il est après tout le dernier film solo de Stan Laurel, avant que le partenariat de sa vie ne passe à la vitesse supérieure. Bien sur, ils étaient déjà ensemble à l'époque, et le succès se faisait déjà sentir... Si on voit que Laurel ici est un peu un benêt, il n'est toutefois pas le même que celui du duo, et du reste il a un rôle secondaire dans ce qui est avant tout une comédie "all stars", dans laquelle Hal Roach donne des rôles à plusieurs de ses vedettes, le but étant à la fois de calmer les egos et de tester les talents.

Calmer les egos: en 1928, James Finlayson a enfin réalisé que ce qu'on lui promet depuis quelque temps, à savoir soit une série de films qui lui seraient consacrés soit un partenariat à égalité avec les deux stars montantes Laurel et Hardy, n'arrivera jamais. Il est donc souvent amené à participer à ces films all-stars afin de calmer sa rancoeur...

Tester les talents: elle a un rôle proéminent dans ce film et je suis le premier à m'en réjouir... Martha Sleeper avait à peine 17 ans quand elle est arrivée chez Roach, et très vite elle a été remarquée par Charley Chase, qui en a fait sa partenaire régulière. Mais à partir de 1927, il va souvent faire appel à d'autres, et Martha va aller d'unité en unité. Ses meilleurs films à cette époque sont sans doute ceux qu'elle a interprétés en compagnie de Max Davidson, souvent avec Clyde Bruckman à la barre. On peut supposer qu'il s'agissait, dans ce film qui lui donne une partie importante, de tester son potentiel vis-à-vis du public... Pourtant, elle est ici bien plus conventionnelle que dans ses films avec Chase et Davidson, où elle était vraiment traitée en comédienne. Ici, elle arrive souvent à un statut de potiche. Le public n'a pas du accrocher du reste, car elle n'aura jamais sa série.

Hélas...

Should tall men marry? (Clyde Bruckman, 1928)
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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy Clyde Bruckman Martha Sleeper Muet Comédie
15 juin 2016 3 15 /06 /juin /2016 18:54

J'avais exprimé mes réserves sur l'opportunité de coupler Bugs Bunny et Wile E. Coyote, fameux animal malchanceux du sud-est des Etats-Unis, à l'occasion du film de Jones Operation rabbit (1952)... Il faut croire que je suis le seul que ça ait gêné, car ils sont de retour, pour une nouvelle série d'ingéniosité mal placée, et une fois de plus bien malchanceuse, de la part du canidé. Qui s'en prend bien évidemment plein la figure, une fois de plus... L'essentiel des tentatives tourne autour de l'utilisation par le coyote d'un ordinateur qui a plus d'un tour dans son sac... C'est plaisant, une fois admise l'énervante opportunité de remplir le film de monologues insupportables.

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Published by François Massarelli - dans Bugs Bunny Animation Looney Tunes Wile E. Coyote
15 juin 2016 3 15 /06 /juin /2016 18:50

Avide de célébrité, Bugs se fait engager à la télévision. Ce qu'il ne sait pas, c'est qu'il va servir de faire-valoir à Elmer Fudd pour une émission en direct consacrée à la chasse au lapin.

Le film se veut une parodie de la télévision, Elmer pourchassant Bugs dans les studios, en s'inspirant à chaque fois des émissions en cours pour se sortir de la situation. Les idées sont convenues, l'animation indigente et le tout est laid et à fuir.

...Suivant!

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Published by François Massarelli - dans Bugs Bunny Animation Looney Tunes
15 juin 2016 3 15 /06 /juin /2016 18:45

Friz Freleng a souvent laissé à Jones (la fameuse trilogie) la rivalité Daffy-Bunny, mis quand il s'y attaquait, c'était le plus souvent du point de vue du canard... Ce film en est un exemple: jaloux du succès de Bugs Bunny, Daffy Duck vient présenter ses services à la Warner... qui l'engage en tant que doublure de son ennmi juré. Bien sur, il va s'en prendre plein la figure, pour notre plus grand bonheur...

Pas grand chose à dire de plus, si ce n'est que le film progresse gentiment, de comédie de situation en gags absurdes, et que loin des expérimentations (De plus en plus stériles) de Chuck Jones, et loin de la manière de plus en plus indigente à force d'être économe de Bob McKimson, Freleng fait un classique avec trois fois rien.

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Published by François Massarelli - dans Bugs Bunny Animation Looney Tunes Friz Freleng
15 juin 2016 3 15 /06 /juin /2016 18:39

En cette période d'appauvrissement de l'animation, ce film est une halte bienvenue, sur un format classique: Bugs subit une lourde frustration, et va se venger. Et comme il aime à se renouveler, la formule qui introduit la vengeance ne sera pas cette fois "This means war", mais une autre, plus inventive, plus percutante. Tout commence dans l'Ouest, Bugs progresse sous terre à vive allure et bute sur un caillou... jaune, doré et énorme. qu'un malfrat qui répond au doux nom de Nasty Canasta (Mais ce n'est pas le même Nasty Canasta que dans d'autres films de Jones), lui subtilise... Plus tard, Bugs arrive à San Francisco, chez Canasta qui s'est acheté un saloon sur Barbary Coast, le quartier mal famé, et envisage de se refaire... la vengeance va tourner autour du jeu...

Pas aussi ambitieux que les précédents films de Chuck jones, celui-ci frappe pourtant fort, en terme de gags, et de timing.

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Published by François Massarelli - dans Bugs Bunny Animation Looney Tunes
15 juin 2016 3 15 /06 /juin /2016 18:32

On prend les mêmes et on recommence... presque. Il faut croire que le public, ou les décideurs de la Warner, ont apprécié la confrontation de Bugs Bunny et d'Hazel la sorcière, dans Bewitched Bunny (1954). la sorcière, qui incarnait pour Jones les débordements dont lui et son équipe sont capables, allait leur permettre une fois de plus d'explorer de nouveaux styles d'animation... laids. Mission accomplie. Cela dit, le film est meilleur que le précédent, prenant prétexte d'Halloween, avec Bugs qui, déguisé en sorcière, frappe justement à la porte d'Hazel. Or, celle-ci est en pleine consultation de son miroir pour savoir qui est la plus laide, et elle n'a pas besoin de cette compétition... Mais elle peut se rassurer: elle est très moche.

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Published by François Massarelli - dans Bugs Bunny Animation Looney Tunes
15 juin 2016 3 15 /06 /juin /2016 18:25

On pourrait se contenter d'un "tout est dans le titre", pour parler de ce film de Chuck Jones, mais ce n'est sans doute pas assez... Une nouvelle fois, le réalisateur s'attache à déconstruire le mythe fondateur de Bugs Bunny, cette sempiternelle histoire de chasse au lapin qui jamais ne tournera à l'avantage d'Elmer Fudd le chasseur. Pour se faire cette fois-ci, un prologue nous parle de importance du déguisement, et en particulier du chapeau qu'on met sur la tête d'un personnage, et de l'influence dudit chapeau sur son comportement. Et donc, alors qu'Elmer chasse Bugs, un camion transportant des chapeaux destinés à des compagnies théâtrales perd son contenu et les chapeaux amenés par le vent vont changer la situation entre les deux protagonistes...

C'est amusant. Est-ce que ça remplit avantageusement un court métrage? Ma foi non, ça fait vite long feu. Pourtant, l'équipe s'en sort à a fin avec une pirouette de fort bon goût...

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Published by François Massarelli - dans Bugs Bunny Animation Looney Tunes
15 juin 2016 3 15 /06 /juin /2016 14:55

Laughing gravy est un chien, et c’est le moins cabot des cinq acteurs de ce film. Avant de rentrer brièvement dans le vif du sujet, ce film détient un record absolu avec cinq versions différentes toutes disponibles dans la collection Universal Anglaise. Les mérites (Ou les apports, plutôt) de chaque version seront discutés cas par cas.

Pour commencer, bien sur, il y a le Laughing gravy authentique, tel que sorti en avril 1931 : Laurel et Hardy sont les propriétaires non fortunés d’un petit chien, qu’ils cachent à leur propriétaire, interprété par Charlie Hall. Celui-ci entend du bruit, puis des aboiements, et les deux compères doivent donc alternativement cacher leur chien, puis le récupérer quand leur propriétaire réussit à le mettre dehors puisque toutes leurs tentatives pour être discrets en cachant le chien échouent lamentablement; et dehors, il neige. Sur un canevas simple, c'est un film très distrayant, drôle, avec lequel on ne s’ennuie pas. Lorsque le film a été fini, il faisait une bobine de plus, qui ne satisfaisait pas tout le monde (C’est à dire que Laurel n’en était pas content!), et la bobine a été tout simplement enlevée, et remplacée par une fin simple, sublime, sordide et hilarante, qui conclut le film sur une note macabre, en une minute.

Au début des années 80 fut retrouvée la bobine inédite, et voici la deuxième version: au bout de 20 minutes, sommés de partir, Laurel et Hardy reçoivent une lettre, adressée en fait à Laurel seul: il recevra un héritage phénoménal s’il cesse toute relation avec Hardy, et donc avec Laughing Gravy le chien. Ces dix minutes grinçantes éclairent d’un jour particulier, presque intime, la relation entre les deux hommes, mais elle s’intègre assez mal selon moi à l’ensemble. La version de deux bobines est meilleure... La version colorisée (Une sale manie,plus ou moins abandonnée; mais qui perdure étrangement pour les films de Laurel et Hardy) contient en fait cette extension, à laquelle vient se plaquer la fin de la version courte, pour ajouter à la confusion.

Las calaveras est la version Espagnole de Be big et de Laughing gravy: Be big est toujours constitué d’un seul gag étiré sur 30 minutes, donc je suis assez mitigé, et en prime, le lien avec l’autre film est tellement ténu, qu’on n’y croit pas une seule seconde. Sinon, la deuxième partie est basée sur la version longue de Laughing gravy, sans la deuxième fin (Celle qui est sortie en 1931.), et donc, je ne suis pas non plus très enthousiaste...

Durant à nouveau 6 bobines, enfin, Les Carottiers est la version Française de ces deux mêmes films. Seuls Laurel etHardy parlent le Français franchement, les autres, dont Charlie Hall et Anita Garvin, sont souvent doublés bien qu’ils miment les mots. Mais c’est tellement mal fait, et les acteurs se débrouillent tellement souvent pour être dos à la caméra, que c’en est navrant. On espère que les autres versions françaises antérieures ont été mieux traitées. Remarquez, elles sont toutes perdues… Notons qu'à partir d'ici, c'en est fini des versions alternatives, Laurel et Hardy allaient à l’avenir être doublés. Bien que cela soit difficile et coûteux, ces versions rapportaient; elle rapportaient tant et si bien que la MGM, qui distribuait Roach rappelons-le, a demandé qu’on y mette un point final, en ayant assez de devoir recevoir des lettres de cinéphiles leur demandant de faire parler Garbo et Gable dans leur langue : « Laurel et Hardy le font bien, eux… ».

La leçon a retirer de ces multiples versions disponibles, c’est quans même que l’équilibre de Laurel et Hardy, établi pendant les années muettes sur le format de deux bobines, est bel et bien fragile. De toutes ces versions, la meilleure est bel et bien celle de deux bobines. Conscients de cela, ils vont ensuite se concentrer sur ce format pour les trois films suivants... Avant Beau Hunks.

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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy Comédie Pre-code
14 juin 2016 2 14 /06 /juin /2016 16:32

William Wellman avait la réputation d'être un dur, un vrai. Ses films tendent à le montrer... Mais ce n'est rien, sans doute, à côté de Brown... Hell's highway, le seul de ses films que j'aie pu voir, ferait sans doute passer I am a fugitive from a chain gang, de Mervyn Le Roy, et Wild boys of the road, de Wellman, pour des productions Disney! Il y est question d'un système pénitentiaire qui fonctionne main dans la main avec un constructeur corrompu, engagé dans la confection d'une autoroute pour laquelle on a besoin de main d'oeuvre bon marché...

On suit essentiellement les aventures de "Duke" Ellis (Richard Dix), un repris de justice qui est de toute façon résigné, il sait qu'il vivra l'essentiel du reste de son existence dans le système carcéral, en l'occurrence un bagne à ciel ouvert, selon la mode Sudiste. Mais après la mort d'un gamin, qui a été mis dans une cabane en tôle pour y être puni, il est de plus en plus révolté contre la hiérarchie du système. Et l'arrivée de son tout jeune frère John (Tom Brown) ne va pas améliorer les choses. Duke, qui pourrait s'évader, va s'attarder afin de veiller sur lui...

Un panneau qui fait tout le jour le compte des survivants (Et qui annonce au passage "90 hommes, et 21 nègres", on voit l'ambiance...), un gardien-chef sadique qui envoie les faibles mourir d'épuisement dans une cabane qu'il appelle "l'hôpital", un gardien qui profite de la confusion ambiante pour assassiner sa femme adultère, des détenus chauffés à blanc qui se rebellent à la moindre vexation, et des gardes habitués à tirer dans le tas... On le voit, Brown ne fait pas dans la dentelle, et son bagne sale, miteux, et inhumain est, y compris dans un film pré-code lorsque la censure s'était sérieusement relâchée, pas vraiment du genre de ce qu'on voit habituellement dans le cinéma Américain classique.

D'ailleurs Brown s'y entend pour suggérer, voire codifier son film: un fonctionnaire du bagne prend sous son aile des détenus plus fragiles, et se prend de sympathie pour eux... Si on suggère un peu son homosexualité, il garde une présence positive et humaine jusqu'au bout du film. Et dans une scène qui frappe par son réalisme, le réalisateur s'amuse: un plan nous montre des chasseurs qui sont recrutés pour partir à la poursuite des bagnards évadés. On les voit sortir d'un "Duck club", le fusil en bandoulière. En bas de l'écran, un cours d'eau nous montre des canards, justement, qui passent dans l'indifférence générale des chasseurs: ceux-ci ont trouvé un gibier plus intéressant.

Le réalisme passe ici d'ailleurs par un refus de la politesse habituelle: comme dans Freaks, le metteur en scène a privilégié une atmosphère authentique, qui fait qu'on ne comprendra pas tout ce qui se dit... Les hommes parlent franc, ils parlent aussi dur! Du reste, il vaut peut-être mieux que certains mots nous restent inaudibles! Ce film coup de poing fonctionne d'anecdotes en anecdotes, de violence en injustice, et on serait presque étonné de lire au tout début le crédit du producteur: c'est un film de Radio Pictures, la future RKO, produit par David O. Selznick...

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Published by François Massarelli - dans Rowland Brown Pre-code
14 juin 2016 2 14 /06 /juin /2016 16:23
Chickens come home (James W. Horne, 1931)

Recyclant la situation de Love’em and weep, Chickens come home est une nouvelle réussite, dans laquelle le duo a réussi à transformer ce qui aurait pu n’être qu’une redite supplémentaire en une petite réussite de vaudeville. Il sera donc question d’un homme (Hardy, prospère entrepreneur qui est de plus candidat aux élections municipales) qui voit son avenir et son bonheur conjugal menacé par une visite d’une dame avec laquelle il a eu, il fut un temps, des relations compromettantes. Thelma Todd joue son épouse, Laurel son assistant obligé d’endosser une part de responsabilité dans les mensonges qui sont l’objet de l’intrigue, et Finlayson (Qui jouait la première incarnation du notable) est le majordome doté d’un sens moral aigu: il dévisage son patron comme seul James Finlayson peut le faire, dès qu’il soupçonne Mr Hardy de se livrer à l’adultère. Quant à la dame par laquelle le scandale arrive, c’est une fois de plus la grande Mae Busch. Une fois de plus, pour la troisième si mes comptes sont bons, on a le même gag d'assemblage d'êtres humains indescriptibles pour finir le film...

Avec Politiqueiras, version espagnole du précédent, on retrouve la même chose en plus lent, avec des actrices hispanophones en lieu et place des Américaines (Finlayson faisant partie du menu, quand même), et des numéros de music hall sans intérêt pour gonfler le tout, jusqu'à 55 minutes...

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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy Hal Roach