Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 23:21

Conçu et sorti pendant la lente maturation du premier long métrage, ce film qui recycle Duck soup est un chef d’œuvre, irrésistible et parfait: on sent l’équipe rassurée par la limite de temps imposée par les trois bobines. Ici, pas de remplissage, et le film marche entièrement au diapason de sa première scène: Le colonel Wilberforce Buckshot (James Finlayson) quitte son opulente maison, en laissant les clés au majordome, et à la bonne, qui s’empressent dès que le propriétaire est parti de prendre la poudre d’escampette. La caméra se déplace alors vers la droite, et on aperçoit les deux vagabonds Laurel et Hardy qui sont poursuivis par un policier: pas de temps mort, en moins d’une minute, le cadre et la motivation sont établies.

Réfugiés chez Finlayson, Hardy vont devoir incarner le colonel Buckshot (Hardy) et à la fois le majordome Hives et sa sœur jumelle Agnes (Laurel) lorsque deux locataires potentiels vont arriver, incarnés par Thelma Todd et Charles Gerrard. Pour finir, le titre fait allusion à une phrase tirée de Pardon us, qui reviendra désormais souvent, mais légèrement différente: It's another NICE mess you've gotten me into (Tu m'as à nouveau mis dans une situation délicate), généralement prononcée par Hardy, mais pas exclusivement: Laurel le reconnaitra d'ailleurs au moins une fois: Well, it's another nice mess I've gotten you into.

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Hal Roach Laurel & Hardy
8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 15:29

Le premier long métrage de Laurel et Hardy est sorti en aout 1931. Il a été conçu sur une période relativement longue (le script a été commencé en mai 1930, et les dernières prises de vue datent de décembre 1930), a fait l’objet d’un travail prudent, qui a bénéficié de l’attention concentrée de tous ceux qui y ont participé, de Laurel & Hardy eux-mêmes, mais surtout Laurel, à Hal Roach, en passant par le metteur en scène, James Parrott, qui ne fera aucun autre long métrage avec le duo. Il faut dire que depuis Why worry, en 1923, Roach n’avait pas produit de long métrage comique, ayant laissé Lloyd faire cavalier seul justement afin de continuer à se concentrer sur les courts métrages, la véritable spécialité du studio; c’est dire si ce film est important: de son succès va découler l’avenir du studio.

La réticence de Roach à produire des longs métrages s’explique par le fait qu’à l’époque peu de comédiens ont réellement percé dans le format, à part Chaplin. Mais même Chaplin, à ce moment, a considérablement ralenti ses activités. En 1931 Lloyd s’apprête à descendre lentement mais surement aux enfers du film médiocre, puis à disparaître. Keaton, depuis The general et son semi-échec (Public, s’entend), est lessivé, et ses films MGM ne sont pas à la hauteur de sa réputation. Quant à Langdon, ses 6 films indépendants réalisés pour la First National l’ont coulé. L’analyse de Roach (et Laurel) peut donc raisonnablement s’expliquer une fois rappelé ce contexte. Pourtant, si il ne s’agit ni d’un grand film, ni d’un grand Laurel et Hardy, Pardon us est bougrement sympathique. D’une part, il repose sur une situation qui leur sied bien, avec nos compères qui vont en prison, pour avoir ingénument vendu le produit de leur distillerie clandestine, et se retrouvent au milieu de la jungle des bagnes, deux enfants parmi les loups. D'autre part, il recycle intelligemment quelques situations bien menées, dont le problème de dentisterie de Leave’em laughing, sans le recours à du gaz hilarant ; sinon, il recycle aussi par le biais de la parodie les passages obligés du film de 1930 Big House, ainsi que son décor. Il y a aussi du neuf, en particulier un running gag à la fois ultra-primitif et totalement hilarant: Laurel a donc un problème de dent, qui le fait siffler fort malencontreusement à chaque parole qu’il prononce, mais c’est tellement évident que Laurel force le bruit (Vraiment grossier) que cela ajoute une bonne pincée de second degré à l’ensemble.

Le principal défaut du film, c’est probablement le fait que, suite à l’indécision qui a parfois présidé à son élaboration (le mois entier de re-takes en témoigne), certaines scènes s’intègrent mal à l’ensemble, ou sont trop longues : le passage ou Laurel et Hardy, en blackface, s’intègrent à un groupe de travailleurs noirs dans le sud, sent l’esclavagisme à plein nez. D'autres scènes, aujourd'hui réintégrées, ont été retirées du montage final à sa sortie en 1931 : le final, au cours duquel Laurel et Hardy sauvent héroïquement la fille du directeur de la prison d’un destin fatal (Se faire violer par Walter Long) et d’un incendie n’était peut-être pas très dans la norme du duo, elle a pourtant été réintégrée dans les copies actuellement disponibles. Et le film a été un succès, changeant pour toujours la destinée du duo...

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy Comédie James Parrott
7 juin 2016 2 07 /06 /juin /2016 16:01

Réalisé à la toute fin du muet, ce film First National est un curieux anachronisme... le britannique Lloyd y exalte la légende de lady Hamilton et du héros Horatio Nelson, le mythique vainqueur de Trafalgar, dans la situation politique compliquée du tournant du XIXe siècle. Emma Hamilton (Corinne Griffith), une roturière devenue lady par la grâce d'un échange pas vraiment humaniste entre son amant (Ian Keith) qui tout à coup avait des pudeurs de collégien, et l'oncle (H. B. Warner) peu regardant de celui-ci, a rencontré l'amiral Nelson (Victor Varconi), et le courant a passé tout de suite entre ces deux-là, jusqu'au moment ou il faut à Lady Hamilton, dont le mari est devenu ambassadeur de la Grande-Bretagne auprès de la couronne de Naples, généralement fidèle à la France, choisir entre taire les élans de son coeur, et laisser la nature faire son oeuvre... Rien de scandaleux pourtant, le film reste sagement chaste, même si la turbulente star tend à loucher du côté des actrices délurées, plus que de celui des Lillian Gish ou Mary Pickford.

C'est un film anachronique parce que Lloyd a peu évolué durant les années 20, et en cette dernière année du muet, les derniers films à sortir sans dialogue ont au moins une fluidité de la caméra que ce film ne démontre jamais. Pas de quoi se plaindre trop longuement, du reste, le spectacle est soigné, et les séquences oscillent entre un ton de comédie (Les séquences d'ouverture qui jouent sur le choc entre l'aristocratie, et l'arrivée tonitruante de Emma et de sa mère interprétée par Marie Dressler) et la gravité solennelle des scènes qui représentent l'idylle étrange et mythologique entre Emma Hamilton et Horatio Nelson, empreintes d'une présence de la mort, à travers l'évolution physique de Nelson, qui revient de ses batailles toujours plus abîmé, et bien sur à travers l'incarnation inattendue du pouvoir de l'empire Brtannique en ce couple adultère...

Mais surtout, le film est formidable dans ses scènes maritimes, un sujet qui inspirait, on s'en doute bien, le futur metteur en scène de l'admirable Mutiny on the Bounty... Il y avait de la matière, et ces plans et séquences transcendant l'impression d'académisme poli qui se dégage des scènes, disons, plus "diplomatiques"...

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Frank Lloyd Muet 1929 *
5 juin 2016 7 05 /06 /juin /2016 18:22

A New York, une jeune femme qui travaille dans un grand magasin, Mary Turner (Norma Talmadge) est accusée de vol. Son procès aurait pu prendre une tournure plus clémente, mais le patron veut faire un exemple, et il fait pression sur les juges pour que la peine soit exemplaire. Elle va donc purger une peine de 3 ans, et quand elle en sort, c'est déterminée à faire payer ceux qui l'ont mise en prison, sans écouter sa version des faits. Sitôt sortie, elle rencontre d'ailleurs une jeune femme qui lui avoue avoir mis les objets volées dans son casier afin de se disculper. Elle échafaude pourtant un plan simple pour sa vengeance, en prenant le parti de ne faire que des actions légales... Elle va rester, comme le dit le titre original, "dans le cadre de la loi"...

Un grand sujet social, un film de huit bobines bien remplies, on imagine aisément le metteur en scène de Oliver Twist ou de A tale of two cities s'emporter pour faire une épopée sociale un brin didactique, mais on sent bien dans ce film, sans pour autant spéculer qu'il y ait eu le moindre conflit entre eux, que le patron n'est pas Lloyd, mais bien sa star, la grande "tragédienne de l'écran" pour reprendre la formule qu'on lui appliquait alors. Cette production First National est en effet chapeautée par Joe Schenck, le mari de Norma Talmadge, et si on a probablement engagé Lloyd pour son indéniable talent, le film reste très sage du début à la fin. Et bien sur, plutôt que de se lancer, ou même d'asséner, un message de tolérance, le film dévie vers le mélodrame. Avec talent...

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Frank Lloyd Muet 1923 *
5 juin 2016 7 05 /06 /juin /2016 09:30

Laurel et Hardy sont des vagabonds sans rien d'autre à faire que de pêcher en attendant que la fortune passe... Quand Hardy aperçoit un entrefilet sur un journal: on y parle de la fortune du vieux Ebeneezer Laurel, qui vient de mourir. On recherche activement ses descendants afin de déterminer lequel va hériter. Hardy persuade Laurel de tenter l'aventure, et ils se rendent dans la très vieille bâtisse du défunt, par une terrible nuit d'orage, et là toute la famille est réunie... Il y a aussi un détective, car il s'avère que le vieux a été assassiné... La nuit, on s'en doute, va être agitée.

Ce film est un classique, mais aussi l’objet d’une certaine polémique: les historiens sont très divisés. Roland Lacourbe s’en fait le défenseur, mais Randy Skretvedt, auteur d'un excellent livre sur le duo, est très critique. Pour ma part, je dois dire que je le trouve assez plaisant, pas par son histoire, très classique, mais plutôt par sa réalisation très soignée: ce genre d’histoire de maison hantée n’a rien d’original, mais permet un déploiement de moyens (Lumières, effet bizarre, suspense…) auxquels je suis très attaché. C'est l'époque de l'arrivée dans le cinéma Américain du fantastique, qui passe d'abord par des histoires de maisons hantées (The bat, The cat and the canary). Après, comment s’étonner, quand on voit la tête des gens rassemblés dans la maison de feu Ebeneezer Laurel, que les fantômes s’y soient également invités?

A noter qu'une fois de plus, ce film a fait l'objet d'une version Espagnole conservée, et qui ajoute du matériau: Noche de duendes comptabilise 5 bobines, au lieu des 3 de l'original. Pour obtenir cette durée, on y ajoute une large portion de Berth Marks, en guise d’introduction au film, et afin de montrer le parcours des vagabonds Laurel et Hardy en train pour rejoindre la maison de l’oncle ou Laurel attend récupérer sa part de l’héritage. Les coutures se voient entre les deux films, mais ça passe à peu près. En tout cas, à 47 minutes, la tentation du long métrage est bien là : le prochain film, c’est justement Pardon us , le premier vrai long métrage de Laurel et Hardy…

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Hal Roach Laurel & Hardy
5 juin 2016 7 05 /06 /juin /2016 08:53

Alan Parker est capable du pire, et sinon du meilleur, en tout cas de l'acceptable voire de l'intéressant: son film Mississipi burning par exemple est une vision (Blanche, et exclusivement blanche, mais passons) intéressante de l'histoire compliquée de la lutte contre le Ku-Klux-Klan, et The commitments est une merveilleuse plongée dans l'intimité d'un groupe amateur... A côté, on ne compte pas les navets (Birdy, Evita, et, c'est très personnel, l'abominable Pink Floyd the Wall, mauvais film illustrant dans le ridicule intégral un très mauvais disque d'un groupe de rock surévalué)... The life of David Gale appartient à la catégorie "grands sujets" du metteur en scène, qui contient aussi Midnight express, Mississipi burning ou d'autres... Et c'est un film parfaitement révoltant.

Il semble qu'aux Etats-Unis, le seul argument "grand public" pour vendre l'opposition à la peine de mort soit le fait qu'on risque de tuer un innocent. Résultat, pour beaucoup de gens, le film de Frank Darabont The green mile adapté de Stephen King est un film contre la peine de mort, ce qui est complètement idiot (Quelles que soient les qualités du film). Depuis quand peut-on souhaiter la mort d'un innocent quand on est une société organisée? Jusqu'au fin fond du Texas, on l'a bien compris, c'est dire... Pour bien faire un film "sur" la peine de mort (C'est-à-dire contre, je laisse aux fans de Marine Le Pen leurs petits fantasmes de films fascistes), il convient de ne pas mettre en scène la condamnation d'un innocent, mais carrément de démontrer à travers une oeuvre de fiction qu'on ne souhaite pas la mort d'un homme ou d'une feme qui a commis le crime dont il ou elle est accusé (e). Il s'agit peu ou prou de prendre exactement le même chemin que Robert Badinter défendant Patrick Henry, qui avait commis le crime dégueulasse dont il était accusé cela ne faisait aucun doute, et obtenant la prison à vie alors que l'opinion est hostile: prouver que même dans les pires circonstances, on ne peut raisonnablement souhaiter -et obtenir- la mort d'un être humain. C'est ce que proposait Tim Robbins dans Dead man walking. Revenons à David Gale: ce film nous parle un peu de ces militants humanistes, qui se battent contre la peine de mort, et il est situé au Texas...

David Gale (Kevin Spacey) va mourir; il est accusé du meurtre et du viol d'une amie, Constance (Laura Linney). Ayant déjà été accusé (A tort) de viol, il n'avait aucune chance de s'en tirer lors du procès, et a écopé de la peine de mort... A quelques jours de son éxécution, il a obtenu d'une journaliste, Bitsey Bloom (Kate Winslet), qu'elle l'écoute durant des rencontres à la prison, et il lui raconte son étrange histoire... Tout en laissant planer le doute. Il clame son innocence et a l'air d'en savoir plus qe ce qu'il admet. Pendant ce temps, un étrange jeu de pistes s'organise à l'écart de la prison: un inconnu dépose des cassettes vidéo troublantes, prises pendant le crime, et qui sont susceptibles de changer la donne. Bitsey Bloom est de plus en plus persuadée qu'on peut sauver la vie de David Gale...

D'où le titre.

Passons sur l'idée saugrenue d'envoyer dans le couloir de la mort un type qui a passé une partie de sa vie à militer contre la peine de mort. Passons sur la suite de coïncidences navrantes et de manipulations d'une ancienne étudiante du prof David Gale qui va mener à des accusations de viol (Assorties pour nous d'une scène tout aussi navrante de sexe dans une salle de bains). Passons sur le fait que Bitsey Bloom et son stagiaire sont peut-être des journalistes opiniâtres, mais ils n'ont rien du parfait petit détective: 'Ca alors, quelqu'un, que nous ignorons, pose des cassettes vidéo dans notre motel, et par ailleurs, un type nous suit 24h sur 24 depuis deux jours. Mais pour revenir à la cassette vidéo, je me demande bien qui a bien pu s'introduire dans notre motel pour nous la donner?'... Passons sur le fait que Laura Linney et Kevin Spacey, dans les conversations qu'ils ont ensemble, se révèlent mutuellement tous les aspects de la peine de mort: "Bonjour, David. Sais-tu qu'il y a plus de noirs et d'hispaniques dans les prisons Texanes à attendre la mort, que de blancs?" "Bien sur, Constance. Donne-moi une bière, s'il te plait... Par ailleurs, sais-tu qu'on estime à 2 sur 17 le nombre de condamnés qui sont en fait innocents?", etc etc etc. Passons sur tous ces défauts.

Non, ce film est construit comme un thriller flashy, avec des trucs très énervants: des transitions d'une scène à l'autre durant lesquelles on voit des fragments de papiers, de rapports de l'enquête, avec des mots qui apparaissent sur l'écran: viol, mort, strangulation, ... Pourquoi faire? Que intérêt, sinon donner l'impression au spectateur qu'il assiste en fait à un film de série Z tourné exprès pour les chaïnes locales de télévision, parce que croyez-moi, c'est exactement l'effet produit. ca détruit complètement les efforts louables mais insuffisants des acteurs pour sortir de l'ennui et donner une certaine dignité au film. Au lieu de ça, Parker s'abandonne à des effets indignes d'un metteur en scène qui se respecte, et s'embourbe.

Quant au pot-aux-roses, il s'agit (Vous pouvez toujours voir le film, je ne vous retiens pas) d'une manipulation post-mortem avec un double sacrifice, de gens qui souhaitent aller jusqu'au bout pour démontrer que le système de la peine de mort tue bien des innocents. Résultat, Alan parker avec son film démontre surtout que les militants contre la peine de mort sont des malades prèts à tous les sacrifices et toutes les manipulations pour faire passer une vérité que toute la population refuse. Bravo. On voudrait militer pour la peine de mort, on ne trouverait pas de moyen plus ironique pour le faire...

Mais rappelons-le: la peine de mort est l'apanage des pays fascistes, des ennemis de l'humain et de la liberté. C'est le triomphe de la dictature de la peur, de l'empire des terreurs et des passions. C'est confier la justice aux pires de nos émotions, la colère et la haine. C'est mal.

Faire un mauvais film, c'est mal aussi, mais moins.

The life of David Gale (Alan Parker, 2003)
Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Navets
4 juin 2016 6 04 /06 /juin /2016 08:44

La preuve évidente que parfois un remake peut largement éclipser l'original, ou dans ces cas précis "les films précédents". Car si ce film antérieur au classique (1941) de John Huston est effectivement la première adaptation du roman de Dashiell Hammett, ce n'est pas la seule adaptation des années 30. L'autre, c'est la comédie de William Dieterle, Satan Met a Lady (1936)... Dans les années 30, la futur style "noir" est plus en gestation qu'autre chose, et ce film aux codes policiers pourtant clairement énoncés paraît très loin des canons du genre: d'un côté, on a bien une intrigue obscure dans laquelle on se perd, des personnages baroques, et des situations dangereuses. De l'autre, aucune profondeur des caractères, zéro atmosphère. C'est Roy Del Ruth, rappelons-le, est l'un des tâcherons de la comédie à la Warner, qui va occasionnellement se frotter à d'autres genres, mais souvent sous l'angle de la parodie. Donc Sam Spade (Ricardo Cortez) est un séducteur impénitent qui saute (sur) tout ce qui porte jupon, et le film le souligne avec insistance: dès la première séquence, on croise une belle paire de jambes, celle d'une jeune femme qui restera anonyme, et si on en croit le dialogue, elle vient de passer un moment intéressant en compagnie de Sam Spade. Elle sort justement de son bureau. L'intrigue commence donc, et Effie (Una Merkel), la secrétaire de Spade, entre dans son bureau pour lui annoncer la venue d'une belle, très belle femme. Vu le ton de la secrétaire, les oeillades qu'elle et son patron se lancent, et leur comportement, disons, tactile, du début à la fin du film, il est clair qu'elle aussi est passée à la casserole. Et bien sur, Miss Wonderly (Bebe Daniels, star en titre du film) ne va probablement pas en rater une miette non plus...

Le problème, le gros problème de ce film, c'est que le metteur en scène ne s'est pas intéressé plus que ça à l'intrigue. Non qu'elle soit compréhensible, mais on peut y glaner des choses fascinantes qui ne sont absolument pas présentes ici. La galerie de portraits dépasse à peine le pittoresque, et surtout, surtout Spade (Qui s'est aussi tapé la femme légitime de son partenaire, pour faire bonne mesure) est un sale con prétentieux et insupportable. Donc malgré le casting de luxe (Daniels, Merkel, J. Farrell McDonald, Thelma Todd, Walter Long, Dwight Frye!!!), malgré Bebe Daniels (qui d'ailleurs comme Mary Astor dans le film de Huston, semble avoir été engagée parce qu'elle n'est plus de la première fraîcheur!), le film fait long feu.

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Pre-code
1 juin 2016 3 01 /06 /juin /2016 22:53

Ce film, d'une fois de plus deux bobines, se situe au coeur de la longue période de collaboration entre Laurel et Hardy d'un côté, et James Parrott de l'autre. ce qui aboutira bien sur à un premier long métrage bientôt, et qui est à plus d'un titre un certain age d'or. Maintenant on peut aussi arguer du fait qu'on ne quitte que très rarement un terrain balisé, qui revient à installer à moindres frais le chaos dans le quotidien des deux hommes, mettant en péril la vie familiale de l'un, l'autre, ou des deux. par exemple, ici, Hardy doit fixer l’antenne afin que Mrs Hardy capte la radio Japonaise (sic). Il reçoit opportunément la visite de Laurel, qui se propose de l’aider; de la destruction s’ensuit…

C’est sûr, on n’avance pas. Et alors ? C’est toujours un bonheur de voir Laurel entraîner la destruction à chaque fois qu’il veut bien faire, et de voir Hardy en souffrir… Que voulez-vous? donc, Oliver va souvent faire le trajet depuis son toit jusqu'au bassin de nénuphars situé dans son jardin, et terminer le film accroché à une échelle, elle même coincée dans une voiture en furie.

La routine, quoi. Quant à la voiture, eh bien, il va lui arriver des bricoles.

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy Hal Roach
1 juin 2016 3 01 /06 /juin /2016 17:06

Moins connu, moins étanche que d'autres films de la même époque, notamment les deux films de Hawks qui virent se rencontrer Bogart et Bacall (To have and have not, et The Big Sleep), Dark passage est étonnant: c'est un film noir, avec son lot de passages obligés, de scènes nocturnes, de suspense et sa situation de danger extrême dans laquelle un personnage va devoir faire preuve d'ingéniosité pour éviter de tomber plus avant dans les ennuis. Mais c'est aussi un film plus baroque que les autres du genre, certainement plus invraisemblable aussi, qui a le culot de prendre le contre-pied des canons du genre avec un aplomb renversant...

Tout commence par une évasion médiatique: Vincent Parry (Humphrey Bogart), condamné à la prison à vie pour le meurtre de son épouse, a décidé de prendre la poudre d'escampette du pénitencier de San Quentin (Californie) dans le but de trouver une chance de se disculper. Seulement, s'évader c'est bien joli, mais que faire une fois dehors? Vincent commence par rencontrer un promeneur dans une vieille guimbarde, mais le conducteur a bien vite la puce à l'oreille. C'est alors que les deux hommes sont dans un fossé sur le bas-côté de la route, Vincent ayant décidé d'assommer l'autre homme, qu'une autre voiture s'arrête, et que la jeune Irene Jansen (Lauren Bacall), appelant Parry par son nom, lui offre de l'amener à san Francisco. Il ne l'a jamais vue... Les questions vont fuser, certaines vont rester longtemps sans réponse, d'autres ne feront pas attendre le public trop longtemps: qui est cette jeune femme, comment connait-elle Parry, et quel but poursuit-elle? Pourquoi la meilleure ennemie de Parry (Agnes Moorehead) connait-elle Irene? Comment se cacher lorsque son visage est sur toutes les premières pages des journaux tous les matins? et bien sur: qui a tué l'épouse légitime de Parry si ce n'est pas lui?

Le début du film est gonflé, car si on entend sa voix à plus d'une reprise, on ne verra pas Bogart. Daves a décidé, simultanément à Robert Montgomery qui réalise pour la MGM The lady in the lake, de faire une expérience de caméra subjective, et nous montre donc toute l'évasion et l'arrivée à San Francisco sous le point de vue de Parry. C'est assez réussi, et le metteur en scène combine ce dispositif avec des plans-séquences qui ajoutent à l'extrême tension dans laquelle évolue le personnage. Une fois son visage changé, Bogart peut enfin se montrer, mais Daves maintient la pression, dans la mesure où le personnage vit clairement au jour le jour. Une scène voit l'acteur jouer un personnage aux abois, tremblant face à un inspecteur qui le soupçonne... La performance est plus que notable, et donne au film une allure inattendue, celle d'une étude de la vie d'un coupable par un homme qui ne l'est pas: un cousinage Hitchcockien, en quelque sorte. Et Daves nous surprendra en permanence, en ne faisant jamais ce qu'on attend. Bien sur, c'est un procédé, mais ça nous donne un ensemble de possibilités qui débouchent sur un film invraisemblable, oui, truffé de coïncidences, certes, mais tellement prenant! Et le film répond à toutes les questions qu'on se posait, y compris bien sur à celles qu'on ne posait pas d'ailleurs, tout en nous livrant un personnage haut en couleurs de vieille bique: Agnes Moorehead. Elle avait du génie. Et son morceau de bravoure ici donne toute sa saveur à l'adjectif "baroque"...

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Delmer Daves Noir
1 juin 2016 3 01 /06 /juin /2016 16:58
Below zero (James Parrott, 1930)

Voici maintenant un film un peu tristounet, dans lequel Laurel et Hardy sont des musiciens des rues en plein hiver. Laurel joue de l’harmonium, et Hardy de la contrebasse, mais les deux instruments, selon la dure loi des films Hal Roach, ne survivent pas à la première bobine. Charlie Hall a une apparition en tant que balayeur, et envoie une boule de neige ou deux à Hardy pour l’empêcher de jouer. La deuxième partie voir les deux compères, d’une part, trouver un portefeuille bien garni, puis se mettre sous la protection d’un policier pour échapper à un malfrat joué par Leo Willis. Le final est un monument de surréalisme gonflé, Stan ayant trouvé le seul moyen d’éviter la noyade en étant coincé dans un tonneau plein d’eau dont il ne peut sortir. Ca ne va pas très loin, certes, mais plaisant.

Sous le titre de Tiembla y titubea, toujours sous la direction de Parrott, le film est aussi sorti dans une version Espagnole, plus longue de sept minutes. On y trouve deux scènes supplémentaires: d'une part, un court dialogue au poste de police, et d'autre part un gag supplémentaire qui replace un aveugle aperçu dans le film dans un nouveau contexte: Dans le film, alors que les deux musiciens galèrent en faisant la manche, un "aveugle" trouve rien qu'en se penchant une pièce de monnaie dans la neige (Il enlève même ses lunettes noires pour mieux l'examiner!). Dans la version Espagnole, Laurel et Hardy se battent autour d’une pièce, que Laurel voudrait donner à l’aveugle, alors que Hardy s’y refuse.

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy James Parrott Comédie