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27 juin 2016 1 27 /06 /juin /2016 11:22

Cherchons les causes partout où elles se trouvent: les gens de Marvel ne doutent de rien, surtout pas du fait qu'on n'a autre chose à faire que de tenir une comptabilité de qui fait quoi, de qui est quoi, et d'où donc en sont les super-héros ballottés entre leur écurie d'origine (Le S.H.I.E.L.D.) et leurs allégeances plus ou moins privées, on n'est pas non plus forcément à jour de qui ces gens combattent, et des menaces qui planent sur le monde dans cet univers d'apocalypse quotidiennes. Et comme avec le deuxième Iron Man, les gens de Marvel ont tellement pris la grosse tête qu'ils en finissent par ne plus finir leurs films avant de les livrer en pâture au public qui est supposé dire merci, encore.

Et si il fallait savoir s'arrêter? Un film Avengers, c'est bien, c'est un excellent divertissement, dans lequel Joss Whedon a su intégrer ses obsessions personnelles, sur la fragilité humaine, les sentiments, le doute à l'heure du choix, et tout un tas d'autre choses qu'il sait si bien mettre en perspective au milieu de grosses bastons qui prennent toute la place. Comme à ce niveau tout a été dit, ici, il n'y a plus que de la baston, concentrée. Quel ennui... Ce film ne s'imposait donc absolument pas, pas plus qu'on est obligé de le regarder. Les établissements Marvel peuvent continuer à faire leur petit truc dans leur coin, on n'est pas obligé de les suivre. Et ça, c'est une bonne nouvelle, non?

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Published by François Massarelli - dans Joss Whedon Navets Marvel Science-fiction
25 juin 2016 6 25 /06 /juin /2016 18:10

Je n'irai pas par quatre chemins: ce film est une merveille, le deuxième d'une imprssionnante série de films de Ford réalisés entre 1939 (Stagecoach) et 1946 (My darling Clementine); dans ces oeuvres, Ford au somment de son art avant que sa carrière ne devienne erratique, disons, avec le très embarrassant The fugitive de 1947, affirme ses valeurs, laisse éclater son lyrisme, et assume avec brillance son extraordinaire sens de la mise en scène. Et Young Mr Lincoln, pourtant pas le film le plus connu ni le plus accessible de Ford (Il n'y a pas John Wayne, et ce n'est pas un western!!) brille d'un éclat singulier, prenant le prétexte d'une promenade biographique dans les premières années du futur Président Abraham LIncoln, interprété par un nouveau venu dans l'univers de "Pappy" Ford, Henry Fonda. Un jeunot qui va vite devenir un intime, entendez par là qu'il sera fréquemment invité sur le yacht Araner, et qu'il participera à quelques bitures mémorables... Et bien sur il sera amené à travailler souvent avec le metteur en scène, plus précisément 6 autres fois, sans compter une participation entant que voix off à un documentaire en temps de guerre.

Je me suis arrêté sur Fonda, car ici plus que jamais, l'acteur est crucial. Ford a tout fait pour qu'on puisse prendre Fonda comme un plausible jeune Lincoln, tant dans les suggestions au jeune acteur, que dans l'éclairage, et c'est par moment frappant. L'idée n'est pas, à mon sens, de vouloir faire croire que c'est bien Lincoln, quel sens cela aurait-il du reste, non: il s'agissait de le rendre indiscutable, et qu'on puisse ensuite voir le film sans même s'en préoccuper... A ce niveau, c'est parfaitement réussi...

Le parcours est donc le suivant: le très jeune Lincoln est chez lui dans un patelin de l'Illinois, où il hésite entre la politique locale, avec le parti Whig (Ancêtre du parti Républicain), le commerce de proximité et le droit. Poussé par sa petite amie, Ann Rutledge (Pauline Moore), il poursuit dans cette voie, finalement, aidé par une manne providentielle: des gens de passage qui lui ont acheté des denrées ont payé avec des vieux livres de droit... Il développe assez rapidement une philosophie sommaire du droit: le bien, le mal... Ann Rutledge ne survivra pas longtemps, elle est emportée par la fièvre typhoïde en 1835. Lincoln, coiffé de son fameux chapeau "tuyau de poêle", arrive donc à Springfield où il s'installe en partageant un cabinet d'avocat avec un ami. La providence va lui fournir une occasion de se faire remarquer, au-delà des participations de bon voisinage aux fêtes du 4 juillet (Concours de tartes, dont il est un juge courtois et impartial): lors de la fête nationale, deux jeunes hommes sont accusés par la ville d'un meurtre, et on veut les lyncher. Lincoln intervient, d'une part pour empêcher la justice expéditive, d'autre part pour devenir l'avocat des deux frères...

On retrouve tous les thèmes de Ford, son humanisme catholique, son ouverture d'esprit, son anti-conformisme aussi, qui pousse Lincoln à tisser plus facilement avec les vieux trappeurs soiffards (Francis Ford, bien sur) qu'avec les gens de la bonne société. Tout le film, qui montre le jeune avocat traiter ses affaires judiciaires avec une philosophie de bon voisinage qui n'est finalement rien d'autre qu'un populisme léger, montre d'ailleurs Lincoln affirmant les valeur Américaines en prenant appui sur les petits, les obscurs, es sans-grade, ce qu'il est du reste, contre les bourgeois, les riches, les notables, et les partisans d'un ordre établi venu d'en haut. Bref, le film prolonge le message de Stagecoach, avec brio, sans jamais en rajouter, et comme dans Stagecoach, l'humour est là et bien là...

Et pourtant c'est poignant, depuis le début, avec ce discours en demi-teintes d'un type trop grand qui ne sait pas quoi faire de ses mains quand elles ne sont pas cachées dans ses poches, avec cette scène séminale (A laquelle Ford reviendra encore et encore dans de nombreux films, en en citant notamment la musique, comme dans The man who shot Liberty Valance, par exemple) de visite sur la tombe d'Ann Rutledge... C'est comme si Ford ne se cachait jamais le destin réel de Lincoln, et comme si ce destin était déjà en marche, derrière ces concours de tartes durant lesquels "Abe" tente de dé, partager les concurrentes sans les vexer, derrière cette ode d'un homme qui aperdu sa mère et sa soeur à la famille aimée, derrière cet homme qui tente de révolutionner les gens par le coeur, et qui fait triompher la vérité. Oui, c'est naïf et patriotique, de finir un film comme celui-ci en faisant hurler par des choeurs "His truth is marching on", comme le premier Capra venu. C'est aussi sincère, et généreux, comme Capra du reste, et de toute façon on ne fera jamais, jamais, jamais de Young Mr Trump, ou de Young Mr Bush. Alors voyez moi cette merveille!!

 

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Published by François Massarelli - dans John Ford Criterion
25 juin 2016 6 25 /06 /juin /2016 11:36

Un détective perd son partenaire dans le début d'une affaire embrouillée, amenée à leur agence par une beauté fatale, qui va s'avérer plus trouble encore que fatale, et pendant ce temps les cadavres vont s'accumuler, à la recherche d'un objet mythique à la provenance louche... Non, pas un faucon, encore moins Maltais: le McGuffin, ici, est la trompe de Roland, dont on nous assure qu'une légende tenace voudrait qu'elle contienne son poids de pierres précieuses! Et le détective, interprété par Warren William, s'appelle Shane Nash. Mais on l'a compris, c'est bien un remake du film de 1931 produit par la Warner, et adapté du roman de Dashiell Hammett. Qui a pris la décision, et à quel moment, de débaptiser l'ensemble, je n'en sais rien, il y a fort à parier que c'était pour éviter justement que les gens qui avaient vu le premier film 5 années auparavant ne fassent l'impasse sur ce deuxième film.

Ils auraient eu tort, d'ailleurs, car ce Faucon Maltais, pardon, ce Cor de Roland est infiniment supérieur à la première version (Et, je le dirai en douce, à la suivant aussi, mais c'est un avis très personnel): Dieterle, tout comme Roy Del Ruth, a jeté toute velléité de rendre l'intrigue facile à suivre, mais contrairement au réalisateur de la première version, il a su offrir des gages en retour: il a lâché Warren William, véritable bourreau des coeurs, dans la ville, et le séducteur sans vergogne se tape à peu près tout ce qui porte jupon, laissant juste sa secrétaire languir un peu plus que les autres, mais on le sait, à la dernière seconde, il est programmé qu'elle passe à la casserole. Et tout le monde (Y compris une glorieuse Bette Davis) s'amuse à jouer ici la comédie, de façon souvent exagérée, le ton étant assez proche des films des années 30 de Howard Hawks. Warren William, en particulier, s'en donne à coeur joie! mais Dieterle ne laisse jamais le n'importe quoi ambiant et jovial se mettre en travers de l'élégance de sa mise en scène, et c'est un autre atout: c'est beau comme du William Dieterle, qui semble continuer à tourner au mépris du fait que désormais la censure est là...

Satan met a lady (William Dieterle, 1936)
Satan met a lady (William Dieterle, 1936)
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Published by François Massarelli - dans Remake William Dieterle
25 juin 2016 6 25 /06 /juin /2016 10:06

On peut imaginer pire, dans le déroulement d'une journée, que de regarder ce film... Mais il faut avoir conscience de son importance, tant pour la carrière de ses deux principaux protagonistes que pour l'histoire du genre dont il fait partie: avant Stagecoach, Ford a réalisé des films pendant 21 ans, et a fait son dernier western en 1926. Plus encore, on peut considérer qu'il ne tourne plus pour ce genre depuis son passage à la Fox en 1920; en effet, Cameo Kirby se passe dans le sud des Etats-Unis, The iron horse sera d'abord vendu pour ses aspects épiques et historiques, et Three bad men pouvait passer comme un film d'aventures classiques, même s'il mélangeait, plus efficacement que ne le faisait The iron horse les valeurs du western et celles de l'épopée historique. C'est donc un grand retour pour Ford, et en 1939, le western était motibond, confiné à part quelques rares films à la série B. Le résultat sera pourtant non seulement un énorme succès, tant critique que public, mais on peut aussi le considérer comme l'invention consciente du western moderne...

Ford y ménage bien son suspense, de façon magistrale, en jouant sur quatre enjeux: une diligence parcourt le pays en proie à la rébellion Apache, quand attaqueront-ils? Les passagers en réchappront-ils? Ringo Kid parviendra-t-il a assumer sa vengeance une fois arrivé à Lordsburg? Et enfin, quelle sera sa réaction lorsqu'il découvrira que Dallas, la femme dont il est tombé amoureux, est une prostituée? On peut ajouter un cinquième, voire un sixième enjeu, d'une part la façon de percevoir Dallas: quand va-t-elle être acceptée par les autres, et dans quelle mesure (On sait ce que le film doit à Boule de suif, de Maupassant)? Et enfin, le "major" Hatfield va-t-il trouver la rédemption dans le voyage, par le biais de l'amitié de la belle native de Virginie (qui n'est autre que la fille de l'homme sous les ordres duquel le jouer professionnel a jadis servi)? Autant de question qui trouveront à temps des réponses...

Purement Rooseveltien, avec ses luttes de classe dans une diligence, le film est aussi très Fordien, par sa symbolique construction d'une famille idéale, Américaine, faite de parias qui se rachètent (Le prisonnier évadé Ringo Kid, la prostituée Dallas, qui dorlote un nouveau-né pendant une bonne demi-heure, ce qui va faire changer d'avis toute la bonne société en ce qui la concerne). Ford attaque le mauvais esprit des conventions, opposant à la bigoterie et aux préjugés des "braves gens" (John Carradine, le "major", Berton Churchill, le corrompu banquier, Louise Platt l'oie blanche de Virginie) la simplicité et la véracité des sentiments humains du délinquant et de la femme déchue. On prend, une fois de plus, Ford en flagrant délit d'humanisme catholique! Par ailleurs, le réalisateur aimait à confronter un groupe communautaire en fuite à des forces négatives, on peut donc difficilement trouver meilleur exemple que cette diligence en proie à un groupe d'Apaches anonymes...

Et de nouveau confronté au western 13 années après Three bad men, Ford s'en donne à coeur joie: il installe ce sentiment d'urgence et de menace sur la frontière qui nous aggrippe dès l'ouverture du film, campe ses personnages les uns après les autres dans le cadre de la ville nouvelle dans laquelle la diligence va faire le plein de ses passagers, et laisse éclater son lyrisme dans les plans de Monument Valley... Où il orchestre une poursuite d'anthologie, ainsi qu'une charge de cavalerie de bon aloi. Le plan est célèbre, et mérite d'être rappelé: un panoramique tranquille, pris depuis les hauteurs d'une mesa, nous montre a diligence à vive allure... avant de brusquement se tourner vers la gauche: sur une hauteur, les Apaches que nous attendions depuis 75 minutes sont là, et ils vont enfin attaquer! Une autre scène va alimenter des centaines de westerns à venir: Luke Plummer, le bandit de Lordsburg, est prévenu que Ringo Kid est en ville. Il se met en chasse dans la ville obscurcie par la nuit. Ford nous rappele son influence expressonniste dans une scène paradoxale, puisque c'est le héros qui se fait cette fois attendre, et les trois bandits vont être ses proies. Après quelques minutes, Wayne, en silhouette, entre dans le champ par la gauche. On sait que les trois autres n'ont aucune chance. Quelques années plus tard, Ford tournera une variante de la scène pour l'un de ses ultimes chefs d'oeuvre... 

Mais il fait mieux encore: Revitalisant le western, John Ford en profite pour lui créer une star, vue dans le plus glorieux de ses moments dans le film: après 15 minutes passées à remplir une diligence, on se rendait bien compte qu'il y manquait quelqu'un: le bandit au grand coeur. Tout à coup, un homme arrête la diligence, et la caméra, comme prise par surprise, a du mal à faire le point. La Winchester virevolte, une voix dit "Oh, it's the Ringo kid!" A star is born. Magnifique plan!! Superbe film.

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Published by François Massarelli - dans John Ford Western John Wayne Criterion
24 juin 2016 5 24 /06 /juin /2016 18:59

Ce film fait partie d'une trilogie consacrée à la mort et est clairement basé sur le massacre au lycée Columbine High School, qui a eu lieu en avril 1999 dans le Colorado. Le lycée où ont lieu les événements ici est situé lui dans l'Oregon, comme on peut le déduire en étant attentif aux petits détails du décor, et c'est l'une des nombreuses qualités de cette oeuvre intrigante de nous en laisser justement le temps. Plutôt qu'une intrigue le film a un principe, celui de s'attacher à un certain nombre de personnages lors d'une journée ordinaire, tous vus à travers une demi-heure environ, et de revenir à certains moments-clés, qui seront aperçus selon plusieurs angles. Le résultat est un film d'une lisibilité absolue, et d'une franchise choquante; frustrés par leur sentiment d'être les victimes de tout, des adultes, de leurs camarades et du système scolaire, deux adolescents ont planifié une attaque en règle de leur lycée, et mettent leur plan à exécution...

C'est l'anti-Bowling for Columbine, le film de Michael Moore qui a à mon sens gâché une noble cause en laissant son auteur-intervieweur se placer systématiquement en vedette et vendre sa camelote en permanence, au mépris de la vérité le plus souvent. Le parti-pris de laisser la parole aux ados, tous interprétés par d'authentiques lycéens, dans leur lycée, donne ici l'impression d'assister à une vraie journée, d'autant que Van Sant a utilisé des plans-séquences et du matériel de vidéo légère. A aucune moment, le cinéaste n'intervient ou ne fait intervenir quelqu'un pour nous asséner une quelconque interprétation des faits, ils nous sont livrés dans toute leur horreur, et la violence brute et sèche du film évite aussi de reproduire les aspects les plus spectaculaires de Columbine: vous arriverez à ce film tel que vous êtes et en repartirez avec votre propre libre arbitre.

...Typiquement, on a accusé le film de provoquer les jeunes à se transformer en tueurs, puisque un assassin adolescent a tué des camarades 17 jours après l'avoir visionné. J'ai vu ce film trois fois, je n'ai encore tué personne. On notera que la plupart des gens qui se parlent dans le film font des plans d'avenir, que ce soit 'l'année prochaine, à l'université', ou 'ce soir au concert'... L'impression généralisée va à l'encontre de ce que la NRA et autres officines d'extrême droite disent du système éducatif public, les jeunes sont décents dans l'ensemble, tout au plus ont-il tendance à décharger leur rancoeur de façon verbale ou parfois un peu plus physique (L'un des futurs tueurs subit des vexations en cours). La vie du lycée y est détaillée avec une véracité tranquille qui se retourne contre le spectateur lorsque, comme si c'était là aussi dans la norme, une jeune fille se retrouve tuée à bout portant, la première d'une série de morts...

Quant au titre, outre le fait qu'il renvoie à une série d'allusions animalières (Le jeune John, sympathique blondinet, porte un T-Shirt avec le minotaure, il caresse un chien, etc...), il n'est pas comme on l'a dit une allusion au parti républicain dont l'animal est le symbole, mais plutôt une allusion au fait que le problème des ados tueurs est un phénomène aujourd'hui qui prend toute la place, mais dont personne ne va débattre. Comme si personne ne semblait gêné qu'il y ait un éléphant dans la pièce.

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Published by François Massarelli - dans Gus Van Sant
23 juin 2016 4 23 /06 /juin /2016 17:52
The lives of a Bengal lancer (Henry Hathaway, 1935)

C'est dans les années 30 que ce genre a explosé, avec aussi bien des films de Michael Curtiz (The charge of the light brigade), de Alexander Korda (The four feathers) que celui-ci, la version Paramount de la chose, avec Gary Cooper en vedette... Difficile de ne pas sourire devant le type d'intrigue qui nous est conté; d'une part, il est beaucoup question ici de la préservation de l'empire britannique contre les hordes barbares, et d'autre part, les trois soldats qui sont les principaux protagonistes parlent avec un accent Américain prononcé, ce qui oir deux d'entre eux est expliqué par des éléments de leur histoire: McGregor (Cooper) est Canadien, et le jeune Lieutenant Stone est passé par des écoles Américaines... L'intrigue concerne essentiellement l'arrivée de deux nouveaux soldats sur la "frontière", dans le 41e régiment des lanciers du Bengale. Le lieutenant Alan McGregor doit veiller à l'intégration du jeune aspirant lieutenant Donald Stone (Richard Cromwell), qui souffre d'être le fils du commandant (Guy Standing), celui-ci étant obligé par le protocole à garder ses distances avec son fils; par ailleurs, en même temps que Stone, un autre nouveau sous-officier est arrivé, le lieutenant Forsythe (Franchot Tone) qui lui a déjà vécu, et s'oppose dans un premier temps à McGregor, mais va rapidement développer une amitié virile de on aloi avec lui...

Oublions un instant que ce film (Parfois accusé de fascisme, suite à une remarque favorable de HItler qui aimait la façon dont, disait-il, on y montrait l'importance pour les Européens d'agit en race maîtresse!!!) situe son intrigue à un temps reculé, de façon d'ailleurs beaucoup plus romantique que militante. C'est un film d'aventures, pas autre chose. Cooper y trouve comme souvent matière à exprimer son dandysme légendaire, tout en y pêchant une occasion impeccable de dévoiler son engagement romantique. Hathaway filme comme il savait le faire à hauteur d'homme, avec un style sur et qui ne s'encombre jamais d'effets inutiles, loin des envolées baroques de Curtiz, il tourne à l'économie, et ne perd rien en efficacité... Ca ne révolutionne pas l'histoire du cinéma, mais on passe du bon temps!

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Published by François Massarelli - dans Henry Hathaway Gary Cooper
23 juin 2016 4 23 /06 /juin /2016 10:45

A nouveau, la grâce a visité le plateau pour un court métrage dans lequel Laurel et Hardy doivent, suite à une nouba bien arrosée (a laquelle n’a pas participé Laurel) arranger la maison, avant que Mrs Hardy ne rentre. Les efforts des deux hommes vont bien sur dans des sens contraires, Laurel s’arrangeant systématiquement pour saboter tous les efforts de Hardy. C’est un sommet de l’œuvre.

le film commence, après l'intertitre humoristique d'usage, par une vision de l'enfer créé dans un salon par une nuit de débauches (Essentiellement, forte consommation d'alcools, dont les bouteilles et verres jonchent le sol, mais aussi de nombreux cigares, certains encore fumants, et bien sur il est mention d'un poker qui fut fatal aux économies du héros, que nous apercevons l'air mal en point, sermonnant quelqu'un... lui-même, dans son miroir. Un télégramme lui apprend le retour de son épouse, qui n'est ni la volcanique mais charmante Linda Loredo, ou la plantureuse Thelma Todd, voire la farouche mais sculpturale Mae Busch. Non, c'est Blanche Payson, qui n'est pas une inconnue, puisque elle a joué dans The three ages, de Keaton, dans Half a man aux côtés de Laurel, et plus près de ce film dans Below zero, l'un des premiers films parlants de Parrott avec Laurel et Hardy. Et sa Mme Hardy est un vrai dragon...

Après le télégramme fatal, on peut s'étonner, grâce à notre expérience, du fait que le premier réflexe de Hardy soit de contacter Laurel, mais si on commence à questionner ce genre de choses, tout est fini... Il le réveille par téléphone, lui demande de venir, et 20 secondes plus tard, Laurel qui a une position particulière dans l'espace-temps, sonne à sa porte... Et les ennuis commencent. Le reste est irracontable, mais quel bonheur...

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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy Hal Roach
22 juin 2016 3 22 /06 /juin /2016 08:27
Beau Hunks (James W. Horne, 1931)

En cette fin 1931, le tandem Laurel et Hardy vit de beaux jours, et après une longue série de films généralement de haute qualité attribués à la main experte de leur collaborateur, collègue et ami James Parrott, Laurel et Hardy sont passés sous la férule de James Horne pour un grand nombre de films, sans que la qualité s’en ressente vraiment. Vrai, Parrott a un flair pour les ouvertures élégantes, la mise en valeur du décor, ou des constructions plus originales que les autres, mais un metteur en scène de Laurel et Hardy, cela reste fondamentalement un artiste dont la vocation première est de faire ce que Stan Laurel veut qu’on fasse.

Avec Horne, un vieux routier de la comédie, ça roule tout seul. Et c’est à James Horne, A.K.A. Abdul Khasim K’Horne, que revient l’honneur de mettre en scène l’un des films les plus paradoxaux de l’œuvre; pas par son histoire ou sa réalisation, loin de là, c’est du L& H pur jus; non, Beau Hunks est paradoxal parce qu’il a été fait et distribué à perte : Roach l’avait déjà prévendu lorsque le film était en finition, comme un court métrage de deux bobines, et a du maintenir son prix. Mais le résultat final, de 38 minutes, était si bon que personne n’avait le cœur de la couper, et c’est une splendide comédie de quatre bobines qui est venue triompher dans les cinémas, avec une MGM qui se frottait les mains en le vendant comme… le deuxième long métrage de Laurel etHardy. Le résultat, disais-je, est du pur Laurel et Hardy, et du meilleur: Hardy est amoureux, mais apprend que sa chère et tendre le quitte. Il n’a d’autre ressource que de s’engager dans la légion, et bien sur d’y enrôler Stan en prime. Le passage des deux compères à l’armée, en plein désert, donne lieu à un ensemble de gags plaisants, mais le gag le plus mémorable est sans aucun doute le fait qu’à chaque fois qu’un légionnaire est aperçu se lamentant sur la photo de sa fiancée, sans nul doute la responsable de son engagement, il s’agit à chaque fois de la même photo, la petite amie de Hardy, d’ailleurs « jouée » sur la photo par rien moins que Jean Harlow… quant aux arabes, il n’y a hélas pas de surprise: tels que représentés dans le film, ils sont bêtes, fourbes, cruels… de vraies caricatures traditionnelles. Comme dans les Tarzan, le traitement réservé aux peuples du désert est rarement tendre. Surtout avec Laurel et Hardy qui les accueillent avec des punaises... Mais on notera quand même la performance d’un certain Abdul Khasim K’Horne qui joue leur chef…

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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy Comédie Pre-code
21 juin 2016 2 21 /06 /juin /2016 08:57

Une fois n'est pas coutume, un McKimson regardable, avec en plus une mission clairement identifiée pour Bugs Bunny: il doit être le compagnon d'une lapine ultra-rare que l'oncle d'Elmer a confiée à ce dernier. Comme on est dans l'univers de McKimson (Créateur de l'infect Diable de Tasmanie, de Gruesome le gorille, de Pete le puma idiot, entre autres...), la lapine est une solide bougresse, vaguement obsédée sexuelle, et pas aguichante pour deux sous... Ca se laisse regarder, donc.

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Published by François Massarelli - dans Bugs Bunny Animation Looney Tunes
21 juin 2016 2 21 /06 /juin /2016 08:50

La rivalité entre Daffy Duck et Bugs Bunny, une fois de plus, s'étend à l'univers du show business. Daffy Duck est jaloux de son partenaire, et décide de tout faire pour qu'on ne voie plus que lui.

Friz Freleng s'amuse (un peu) avec l'univers du music-hall, ses danses rendues de manière impeccable, et surtout se délecte de faire monter la sauce vers un point de non-retour qui est cette fois particulièrement franc, et particulièrement noir!

On notera que dans ce milieu des année 50, alors que ses concurrents vont faire évoluer leur graphisme, Chuck Jones vers plus d'abstraction, d'exagération et d'angles, et Bob McKimson dans la régression systématique, Freleng lui ne change rien à ses personnages. 

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Published by François Massarelli - dans Animation Bugs Bunny Daffy Duck Looney Tunes Friz Freleng