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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 17:03

Un propriétaire de chevaux vend quelques bêtes. Il a demandé pour l'occasion à ses garçons d'étables de faire un peu de musique, car ils ont tous le swing dans la peau... Mais ils lui demandent de ne pas vendre leur cheval favori; ça tombe bien: il le leur donne, parce qu'il est content d'eux... Ils prennent la décision d'inscrire l'animal pour une course prestigieuse, le Hollywood Handicap, mais il doivent vendre leurs instruments pour cela. Lorsqu'on leur demande d'animer une soirée pour un restaurant, ils ont l'idée de remplacer ces derniers par du chant. Puis il gagnent suffisamment d'argent pour financer la participation de leur cheval à la grand course...

Les courts métrages des années 30, du moins ceux des grands studios (Je ne parle évidemment pas des films Hal Roach avec Laurel et Hardy, Thelma Todd, ou Charley Chase) sont un domaine d'une pauvreté de tous les instants, sauf ceux de Jacques Tourneur qui n'avait pas son pareil pour rendre un pensum éducatif de 10 minutes fascinant et inventif... Alors c'est avec une certaine appréhension qu'on s'attaque au visionnage de ce film, réalisé par un vétéran du nom de Buster Keaton, qui était revenu au studio qui avait vu sa chute en 1932, pour un salaire dérisoire... Il y a tourné trois bouche-trous, dont celui-ci. Il n'est pas vraiment intéressant, et est essentiellement destiné à mettre en valeur le groupe Afro-Américain The original Sing Band, qui imitent des instruments en chantant, d'une part, et à exploiter des images de stars captées sur les champs de courses, d'autre part.

Mais comme Keaton est Keaton, il a réussi à appeler un de ses personnages Canfield.

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Published by François Massarelli - dans Buster Keaton
18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 16:41
A perfect day (James Parrott, 1929)

Le retour de James Parrott s’effectue avec un film qui dépeint le quotidien, c’est très approprié. Le premier plan annonce la couleur : Mrs Hardy et Mrs Laurel devisent joyeusement, en préparant les affaires pour le pique-nique, pendant que leurs maris sont affairés dans la cuisine à réparer les sandwiches. La caméra recule, et révèle couché sur le sofa l’oncle Edgar Kennedy, atteint de goutte, et décidé à ne pas aller avec tout le monde. On a compris, d’une part que le bel optimisme de ces dames était sans doute bien imprudent, et que le pauvre pied de l’oncle allait souffrir avant longtemps... Quand Laurel et Hardy sortent de leur cuisine avec un plateau bien garni, les ennuis sont là!

Un classique, un peu lent par endroit, mais qui parodie avec talent une tendance du parlant: parler pour ne rien dire; lorsque toute la famille, installée en voiture (Une éternelle Ford T), salue ses voisins d’une multitude de "Good Bye" qui n’en finissent pas, et qui sont d’autant plus idiots qu’ils ne parviendront pas à dépasser la rue... Ce conformisme de façade, si agaçant, ne tardera pas à se lézarder pour laisser apparaître une réelle agressivité.

...pour notre bonheur.

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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy James Parrott Hal Roach
17 mai 2016 2 17 /05 /mai /2016 19:17

Dans un délire à la façon des studios d'animation UPA, tout en raideur et en angles aigus, Jones nous montre un cambrioleur de banque en action. Il s'échappe, et se révèle un homme si petit qu'il peut se camoufler en bébé. Son landau, bourré de billets de banques, lui échappe, et il le retrouve trop tard: le butin est tombé... dans le terrier de Bugs Bunny. Le bandit trouve donc un stratagème: se faire de nouveau passer pour un bébé, abandonné par sa maman. Comme c'est un coeur d'or, il le recueille...

On est à des années lumières de la tendresse de Feed the kitty: le bébé est tout sauf facile, et pour cause... On notera une vision d'enfer: lorsque Bugs réalise la vérité, il se saisit du bébé, et lui fait subir des traitements indignes... Un passage qui hors contexte serait certainement aisément scandaleux! C'est un film de Chuck Jones qui se situe à lavant-garde graphique de ses possibilités...

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Published by François Massarelli - dans Animation Bugs Bunny Looney Tunes Chuck Jones
17 mai 2016 2 17 /05 /mai /2016 18:59

Sous influence extérieure, on appelle aussi ça la compétition, Chuck Jones va expérimenter avec les décors et avec l'animation afin d'intégrer un nouveau type d'esthétique, influencée par le style anguleux et raide des films UPA. D'où l'invention radicale de la sorcière Hazel. Un personnage qu'on aime (Ses épingles à cheveux qu'elle laisse en masse derrière elle), ou qu'on déteste (Elle est laide, à tous points de vue, animées avec des idées certes révolutionnaires mais aussi tellement arbitraires, et elle jure de façon irritante avec le personnage de Bugs Bunny)...

Donc, le film commence par une intervention de Bugs pour sauver Hansel et Gretel des griffes de la sorcière Hazel. On se demande pourquoi puisque les deux gamins sont particulièrement irritants aux aussi... Mais une fois les deux bambins enfuis, la sorcière décide de manger du lapin. Spoiler: elle n'y arrivera pas.

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Published by François Massarelli - dans Bugs Bunny Animation Looney Tunes
17 mai 2016 2 17 /05 /mai /2016 18:48

On va probablement imaginer que je lui en veux personnellement... Mais que voulez-vous, je suis assez souvent alarmé, attristé, voire affligé par les efforts du réalisateur Bob McKimson, qui a beau avoir des personnages en or (Pas l'abominable coq Foghorn Leghorn, sa création, qui est d'un ennui mortel): Daffy Duck ou Bugs Bunny, chez lui, deviennent ennuyeux et verbeux. On lui reconnait par ailleurs un certain talent pour opposer Bugs à des personnages hauts en couleurs: Gruesome gorilla (Gorilla my dreams) en était un bon exemple. Sinon, il a créé ce diable de Tasmanie. Mais au final, le personnage ne va pas très loin. Une fois établi que c'est un omnivore obsédé, qui parle par grognements et autres prouts bien dégoûtants, il fait bien reconnaître que ça ne va pas très loin.

Mais le personnage, né dans ce film, est devenu l'objet d'un culte à part entière, apparaissant dans cinq films en tout. Ici, il envahit soudainement l'espace vital de Bugs Bunny qui va tout faire pour se débarrasser de lui, mais non sans jouer un peu avec lui... C'est gentil, mais il me semble difficile de faire comme tout le monde et de considérer ce film à l'animation poussive comme un chef d'oeuvre.

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Published by François Massarelli - dans Bugs Bunny Animation Looney Tunes
17 mai 2016 2 17 /05 /mai /2016 18:42

Durant l'année 1954, les choses se tassent, et Bugs Bunny est de plus en plus routinier. Il n'en reste pas moins que l'on y trouve quand même en cherchant bien des classiques. Celui-ci en fait partie, bien qu'il joue sur des éléments anachroniques: Freleng imagine une histoire de gangsters, et le duo de truands qui se retrouvent aux prises avec Bugs Bunny sont inspirés plus des films des années 30 que des films noirs des années 50! Rocky, surtout, le très ombrageux "boss", avec son chapeau disproportionné...

L'intrigue est simple, alors que Bugs Bunny, lapin citadin, se lamente d'entendre parler de l'ouverture de la chasse au lapin, qui va mettre ses congénères en danger, il se réjouit d'habiter en ville, et est témoin d'un hold-up spectaculaire, se retrouvant par erreur dans la voiture des deux cambrioleurs, Rocky et Mugsy. Le reste est classique: le lapin ne va faire qu'une bouchée des deux affreux...

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Published by François Massarelli - dans Bugs Bunny Animation Looney Tunes Friz Freleng
16 mai 2016 1 16 /05 /mai /2016 17:16

A l'origine de ce film, une bande dessinée (On dit chez les américains "Roman graphique", ça fait plus sérieux. Ca reste de la bande dessinée, après tout) de Eddie Campbell (Dessin) et Alan Moore (Script), parue en 2000. L'oeuvre est ambitieuse, énorme, et très documentée. Le but est de recréer l'ambiance de Londres en 1888, au moment des meurtres de Jack the ripper. En s'inspirant de nombreuses légendes urbaines, de faits de l'instruction, de divers faits connus depuis, Moore crée une hypothèse tirée par les cheveux mais liée à suffisamment de vérités pour tenir à peu près la route... Il recrée les lieux, les circonstances, mais aussi les personnages des prostituées, de certains membres de la police, du médecin personnel de la reine... IL nous intéresse surtout à Frederick Abberline (1843 - 1929), l'inspecteur chargé de l'affaire. Dans la bande dessinée, c'est un homme partagé entre une morale à part (Ce n'est pas un Victorien comme les autres, il est nettement plus ouvert d'esprit) et des complexes: il se trouve légèrement trop gros, et est ignoré par ses supérieurs. Il a une sympathie évidente pour la prostituée Mary Kelly... Dans le livre, la franc-maçonnerie prend toute la place au point de rendre certains passages illisibles.

Le film reprend un certain nombre d'éléments, mais simplifie tout. Pas étonnant qu'Alan Moore ait été très virulent à son égard. D'un autre côté, Alan Moore est de toute façon contre toute adaptation de son oeuvre... On est partagé devant un film qui reste très caricatural dans sa vision de l'Angleterre Victorienne, qui réduit le rôle tortueux de la Franc-Maçonnerie dans l'affaire à un saupoudrage ésotérique, et qui malgré tout n'oublie pas ses deux missions: d'une part, montrer l'état des lieux de ce qu'on sait de l'affaire: à ce niveau, le film est instructif (Il faut juste laisser de côté cette rocambolesque histoire de mariage secret entre le prince Albert et une prostituée, qui en plus laisse de côté la personnalité complexe du Prince), et graphiquement sait utiliser les sources. D'autre part, faire un film horrifique. Si possible en citant ses classiques, ce qu'il fait à plusieurs reprises: Nosferatu est de la partie, par exemple.

Le cinéma est arrivé à une capacité de recréation du passé qui est mise à profit ici de façon gourmande et un peu écervelée, comme ce serait le cas dans un de ces abominables jeux vidéos qui déforment l'histoire avec une inconscience phénoménale...

Le Frederick Abberline du film, quant à lui, n'a plus grand chose à voir ni avec le vrai, ni avec la version fictive de la bande dessinée: dans le film, il comprend tout, voit tout et anticipe tout. Marginal, veuf, traumatisé, il s'adonne à l'opium, l'absinthe et au laudanum, et il voit les meurtres dans des visions. Et puis quoi encore? Le vrai avait de l'intelligence, mais la bande dessinée le voyait se planter complètement, aveuglé par ses préjugés qu'on hésite à considérer comme "de classe"...

Pour le reste, Johnny Depp fait du Johnny Depp. Bref, ce n'est pas un acteur terrible.

 

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Published by François Massarelli - dans Le coin du bizarre
16 mai 2016 1 16 /05 /mai /2016 17:05

Daffy Duck n'en peut plus d'être en permanence la victime de l'humour dans des films qu'il estime indignes de lui, et s'en plaint auprès de J. L. (Warner). Pour preuve de sa bonne volonté, il amène un scénario, signé de Daffy Dumas Duck, pour un film dans lequel il interpréterait le rôle de The scarlet Pumpernickel, un bretteur de première classe. Prétexte à nous montrer bien entendu le résultat, un film de cape et d'épée avec une spectaculaire distribution...

Le casting: C'est sans doute le principal intérêt de ce film, qui est soumis à la loi des courts métrages de Jones dans lesquels Daffy Duck est en solo: c'est un minable, qui souhaite en permanence s'élever au dessus de son statut de minable... Donc, pour accompagner l'infortuné canard, on trouve une brochette de stars, dont Porky Pig, qui joue en gros le même rôle qu'aurait joué Claude Rains: le potentat local, jaloux de ses prérogatives, qui s'apprête à les consolider par un mariage arrangé. Elmer Fudd est un aubergiste local, et surtout Sylvester est le fourbe ennemi juré, sorte de shérif de Buckingham - avec un cheveu sur la langue.

C'est plaisant, comme toujours bourré de commentaires sur le cinéma, avec des remarques de Daffy sur les différences entre lui et Erroll Flynn. ON trouve aussi de nombreux clins d'oeil au style de Curtiz (Les ombres!!). Mais ce n'est pas non plus, dans l'ensemble, un chef d'oeuvre: l'animation en est, sans doute, trop sage...

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Published by François Massarelli - dans Daffy Duck Animation Looney Tunes
16 mai 2016 1 16 /05 /mai /2016 16:41
Men o' war (Lewis Foster, 1929)

Deux marins en bordée, un lac, deux jeunes filles… Nous sommes en terrain connu, et on reprend ici des éléments de Two tars, mais surtout un gag moyen de Should married men go home, rendu plus efficace et plus long par le recours au dialogue: Stan et Ollie invitent deux jeunes femmes à boire, mais n’ont pas assez; Hardy suggère à Stan de s’effacer, mais le prévient qu’il va faire semblant de lui proposer de boire quelque chose pour sauver les apparences, et invariablement Stan demande, soit un soda, soit un banana split.

Le rôle de l’homme derrière le comptoir échoue à James Finlayson, qui n’a quasiment aucun dialogue, mais reste fidèle à lui-même, avec ses regards à la caméra, furibard et moustachu. Les 5 dernières minutes improvisent une nouvelle bagarre de gens qui n’ont rien à faire les uns avec les autres, mais cette fois ci sur l’eau, déclenchée, par une rencontre aquatique avec l’irascible Charlie Hall: les deux marins ont trouvé de l'argent, et ont décidé de payer aux deux demoiselles une bordée sur l'eau en louant à Finlayson, encore lui, une barque avec ses rames. Bien qu'une fois de plus Foster se distingue en mettant en scène un film sonore en extérieurs, la caméra reste désespérément éloignée de l'action, ce qui rend le film assez décevant...

Ce sera le dernier film de Foster pour les garçons, il sera sur le suivant remplacé par un grand réalisateur, de retour...

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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy
16 mai 2016 1 16 /05 /mai /2016 09:20

Ce film qui avait l'intention d'être spectaculaire préside un peu tout seul à la création d'un nouveau genre de science-fiction cinématographique. L'intrigue est post-apocalyptique; ce genre de films est aujourd'hui établi, mais celui-ci est le premier... Pas de petits hommes verts, de soucoupes volantes, ici, la menace restera invisible jusqu'au bout.

On the beach se situe en 1964; un désastre nucléaire a anéanti toute vie dans l'hémisphère nord, et le reste de l'humanité s'est replié en Australie, le seul endroit encore épargné par les radiations. Nous faisons la connaissance de cinq personnes: Dwight Towers (Gregory Peck), le commandant Américain du sous-marin Sawfish, était en mer quand le désastre a frappé, et il a du mal à admettre que toute sa famille soit anéantie. Il continue à parler de son épouse et de ses enfants comme s'ils étaient encore vivants. Julian Osborn (Fred Astaire) est un scientifique Australien dont les conclusions sur l'étendue éventuelle des radiations sont très optimistes: il pense que l'Australie sera atteinte à son tour dans les cinq mois... Moira (Ava Gardner) est la petite amie de Dwight, et elle s'accroche à la possibilité de vivre un grand amour avant de mourir. Enfin, le lieutenant de marine Peter Holmes (Anthony Perkins) et son épouse Mary (Donna Anderson) tentent de vivre leurs derniers instants aussi tranquillement que possible malgré la perspective inéluctable de mourir dans les six mois. Peter tente de convaincre son épouse d'accepter une issue future: le gouvernement a prévu de mettre à la disposition des citoyens des pilules de suicide, pour tous les ages... Mais Mary n'arrive pas à se faire à cette idée... Le Sawfish, avec Dwight, Julian et Peter à son bord, doit partir en mission d'observation; d'une part, il s'agit de mesurer les taux de radiations du côté de l'océan arctique pour évaluer l'intérêt d'une migration massive. D'autre part, il fait résoudre un mystère: à San Diego, un poste télégraphique envoie des messages incohérents. Mais les trois hommes seront-ils revenus avant l'arrivée des radiations en Australie?

Assez typique des films de Kramer, avec ses gros sujets et ses grosses stars, On the beach déroule lourdement une intrigue scellée dès le début. L'honnêteté intellectuelle (Nous sommes laissés libre d'interpréter le désastre passé: guerre mondiale, accident... Les lieux déjà irradiés sont aperçus dans le film, comme de pacifiques endroits dont tout vie a juste disparu, aucune destruction n'y est visible. C'est une belle idée, tant visuellement qu'économiquement. Le problème est ailleurs: ces gens parlent, s'engueulent, parlent, parlementent, parlapotent... Ils n'arrêtent pas. Ca lasse, et la belle photo de Giuseppe Rottuno n'y fera rien: ce film est d'un ennui mortel.

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Published by François Massarelli - dans Science-fiction