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20 avril 2016 3 20 /04 /avril /2016 16:46

Issue d'une famille pauvre, dont la mère s'est usée à travailler jusqu'à en mourir, la jeune Maria (Elena Smirnova) rêve de s'élever, et rencontre un jour deux hommes de la bourgeoisie, dont l'un, Viktor (Michael Salarow), est subjugué par sa beauté. Ils deviennent amants, mais très vite, Maria se lasse. partout où ils vont, elle se surprend à regarder les autres hommes, très attentive à toutes les sollicitations. Elle trompe son amant avec le garçon d'un restaurant où ils ont dîné. Mais le train de vie qu'elle lui impose menace Viktor de ruine, et il suggère de partir à la campagne et de vivre simplement. Elle va tout simplement rompre, en lui suggérant de prendre une maîtresse moins onéreuse...

Excellente introduction à la thématique de cruauté amoureuse fréquente chez Bauer, ce film est aussi un intéressant retournement de situation par rapport au mélodrame classique. Ici, la femme mène l'homme par le bout du nez, et celui-ci devient la victime des sentiments. Sciemment, elle se joue de ses amants, et peut mener une grande vie sans être inquiétée. la fin, particulièrement méchante, nous donne une idée claire de ce qui est la motivation profonde du personnage: la vengeance... C'est rendu explicite par un grand nombre d'indices. Tout d'abord, la première scène montre la mort de la mère, qui mène directement à une vision de Maria obligée de travailler. Elle est ensuite représentée, en proie à une forte mélancolie... Qui va contraster avec l'énergie qu'elle mettra à faire une fête de tous les instants, et à rester indifférente au destin de celui qui l'a aimée...

Ce thème de 'amour qui fait des ravages chez les protagonistes masculins reste le plus courant chez Bauer, mais il est ici particulièrement sardonique.

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Published by François Massarelli - dans Yevgueny Bauer Muet Russie 1914
20 avril 2016 3 20 /04 /avril /2016 16:42
Habeas corpus (James Parrott, 1928)

Avec des éléments repris de Do Detectives think, ce petit film d’une grande qualité ressemble à une épure, à la rigueur inattendue quand on lit le scénario : un savant fou (Richard Carle) désire faire des expériences sur le corps humain, et engage Laurel et Hardy pour lui ramener un cadavre fraîchement déterré. Une fois les deux hommes partis, le professeur se fait arrêter, mais le chef de la police a confié à un de ses hommes (Charley Rogers) le soin de filer les deux « assistants ». Il va multiplier les tentatives d’effrayer les deux hommes, en jouant le fantôme.

Si le recours à des répétitions (les jambes flageolantes et les mimiques de Stan) peut lasser dans la seconde partie, le sentiment général est que décidément Stan et Ollie ne sont que des enfants, et leur peur, parfaitement authentique au demeurant, est un motif qui nous les rend plus sympathiques qu’idiots. Deux gags s’inscrivent dans la continuité du studio Roach : d’abord, le poteau sur lequel grimpe Ollie en pleine nuit, afin de lire la pancarte clouée au sommet: « peinture fraîche » ; puis le trou d’eau profond de 150 centimètres qui refait une apparition vers la fin. Le décor de cimetière est le même que celui de Do Detectives think.

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Published by François Massarelli - dans James Parrott Laurel & Hardy Muet Comédie
20 avril 2016 3 20 /04 /avril /2016 16:30

Ce film très réussi marque le retour de James Parrott à la réalisation, après l'intermède malencontreux de Early to bed; il va réaliser deux films coups sur coup. Le premier est donc une fois de plus consacré à installer une occasion de destruction systématique. Laurel et Hardy sont deux marins qui profitent d'une escale pour mener la belle vie et qui tirent avantage de leur uniforme pour sortir avec deux jeunes femmes.

La première bobine est essentiellement dédiée à la rencontre entre les héros d'un côté, et deux jeunes citadines de l'autre (Thelma Hill et Ruby Blaine) autour d'un distributeur de bonbons défectueux qui va d'abord donner un prétexte à nos deux marins pour aborder les jeunes femmes, puis devenir un instrument du destin en provoquant une catastrophe, et un accrochage sérieux avec le boutiquier joué par le toujours menaçant Charlie Hall... Dans la deuxième bobine, la voiture des quatre doit s'immobiliser en raison d'un embouteillage... Ce qui dans le monde de Laurel et Hardy ne peut mener qu'à de la tôle froissée, en grande quantité.

Ce film est un chef d'oeuvre dans lequel le principal attrait est la lente, méthodique destruction à la main d’une dizaine de véhicules coincés dans un bouchon, menée par Stan et Oliver. C'est irrésistible! Et la victime par laquelle la destruction déjà mentionnée commence, c’est une fois de plus ce pauvre Edgar Kennedy. Avec lui, la lenteur calculée de l'action devient décidément du grand art...

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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy James Parrott Muet
20 avril 2016 3 20 /04 /avril /2016 07:41

Laurel et Hardy sont des vagabonds, dont le quartier général est un banc public. Un jour, Hardy reçoit une bonne nouvelle: il hérite d'une fortune... Laurel inquiet, apprend qu'il restera avec lui: son ami l'engage comme majordome. Mais si d'un côté la vie du nouveau millionnaire est faite de fêtes et de ripaille, notamment alcoolisées, le domestique trouve la nouvelle situation difficile. Et Stan souhaite donc reprendre sa liberté...

Emmett Flynn, metteur en scène à la Fox, était-il en disgrâce auprès de son studio? En tout cas voici la seule comédie burlesque qu’il ait réalisé, et il n’était pas fait pour cela. Le script n’est de toutes façons pas bon, poussant Laurel et Hardy l’un contre l’autre, et les séparant de façon souvent gênante.

Le sujet même est la tentative de libération de l'un d'entre eux, et ça ne passe donc pas. Pire, Stan est l’élément raisonnable, et Hardy le trouble-fête conscient, tellement énervant que Stan en devient méchant… Non, ça ne marche pas. Dommage, car le principe de base, laisser Laurel et Hardy seuls dans un film, à la façon de Chaplin dans One A. M., était une bonne idée… C’est la seule.

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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy Muet Comédie Hal Roach
17 avril 2016 7 17 /04 /avril /2016 20:20

Cinq années, c'est tout ce dont a disposé Yevgueny Bauer pour s'installer à la tête du cinéma Russe avant la Révolution. En 1917, il est décédé des suites d'une blessure, et il aura marqué la jeune cinématographie de son pays à jamais. Si il sera longtemps identifié au cinéma Tsariste, c'était un homme d'ouverture, acquis aux thèses progressistes de certains démocrates de son pays, et qui savait une (Ou deux...) révolution(s) inéluctable(s). de ses nombreux films, une vingtaine subsiste aujourd'hui, qui sont autant de reflets de son style, fait de plans fouillés à l'extrême, dans lesquels une action très pensée est soulignée par un don pour le décor, les éclairages, bref la scénographie, et un certain esprit Slave est particulièrement marqué: on y parle de mort, de tragédie, de vieillissement, mais aussi de classes sociales. L'amour y est nécessairement lié à la mort...

La jeune Vera (Nina Tchernova) ne trouve pas que la vie de ses parents, des nobles très en vue dans l'aristocratie Russe, sans cesse accaparés dans des soirées et autres cocktails mondains, vaille la peine d'être vécue. Elle se languit de trouver un sens à l'existence, et se réjouit lorsque sa mère lui propose de venir avec elle pour une mission de charité: elles vont nourrir des gens qui vivent dans des baraquements insalubres. Lorsqu'elles arrivent chez Maxime Petrov (V. Demert), un homme qui vit seul, Vera est fascinée par l'homme. Lui aussi est fasciné, et bien déterminé à la revoir. De son côté, elle revoit sans cesse cette journée en rêveries, elle est donc décidée à répondre favorablement lorsqu'il l'appelle à l'aide. Mais c'est un piège, elle se rend chez lui, et il la viole. Elle prend un couteau, et le tue avant de s'enfuir. son crime ne sera jamais découvert, mais il va la hanter, à tel point qu'elle va essayer de le confesser à son fiancé, le Prince Doslki'j (A. Ugrjumov). Fou amoureux, celui-ci va pourtant très mal le prendre, que ce soit parce qu'il soit choqué par le meurtre, ou parce qu'il est abasourdi d'apprendre qu'un autre homme a déjà possédé Vera. Celle-ci s'enfuit, et va changer de vie...

C'est l'un des premiers films de Bauer, qui était dans la première année de sa carrière de metteur en scène. Il y montre les écarts entre les classe en ayant recours à un stratagème qui permet sans doute d'éloigner les censeurs: les pauvres y sont représentés comme vivant clairement au crochet des dames qui viennent leur faire la charité, et dans un plan obscur, on voit les faces grimaçantes des hommes et des femmes qui viennent de se voir distribuer la nourriture se moquer des belles dames, sans parler du comportement odieux de Maxime. Mais la cible du film, c'est malgré tout l'aristocratie dans sa superficialité et ses préjugés, à travers la réaction de rejet du Prince à l'annonce du passé trouble de la femme qui l'aime... Et on retrouve le thème omniprésent chez Bauer de l'obsession psychologique, grâce aux nombreuses scènes qui nous montrent Vera en proie au trouble; avant le crime, lorsqu'elle ressent une certaine attirance pour Maxime, et après, lorsque l'homme qu'elle aime lui apparaît comme un autre Maxime... Le film est superbement composé, dans des plans éclairés d'une façon novatrice: au fond, laissant l'action à l'avant-plan plus sombre; une façon de signifier que Bauer s'intéressait au fond des êtres. On n'en douterait pas, à la vision de ses films...

Les ténèbres de l'âme féminine (Yevgueny Bauer, 1913)
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Published by François Massarelli - dans Yevgueny Bauer Russie Muet 1913 *
17 avril 2016 7 17 /04 /avril /2016 18:45

Avec ce nouveau court métrage, nos héros vont revenir à la série « Matrimoniale »; le film est intéressant à plus d'un titre: le nouveau ton des films y est en effet mis à profit afin de caractériser en profondeur, et l'impression est qu'on se situe bien au-dessus du tout-venant, notamment des anciens films Roach, où il suffisait d'une allusion au mariage pour déclencher les rires. Ici, ce qui fonctionne, c'est qu'il semble bien qu'Hardy soit heureux en mariage, ce qui fait de Laurel venant proposer de jouer au golf, un authentique trouble-fête. mais le golf est si irrésistible, Hardy finira par s'exécuter...

L'essentiel de la première bobine est occupée à montrer la lutte inégale entre le couple Hardy et Stan, mais la deuxième bobine montre les exploits de Stan et Ollie (Bien accompagnés, ils se sont trouvé des petites amies pour l'après-midi: Viola Richard et Ena Marion), mais surtout la souffrance profonde d'Edgar Kennedy, dont la balle est tombée dans une flaque de boue, et qui se voit rappeler à l’ordre par Stan: la balle est dans la boue, il faut la jouer à partir de là. La suite est inévitable : la boue joue ici, en 5 minutes de sauvagerie calculée, le rôle de la crème dans The battle of the century.

Bref: c'est sublime, à sa façon...

C'est la première fois que Laurel et Hardy sont officiellement crédités, avec leur propre série. Une façon d'entériner ce que le verdict du public avait déjà consacré. C'est aussi la première fois, et ce n'est pas rien, que les deux amis tournent sous la direction de James Parrott. le petit frère de Charley Chase est bien monté en grade depuis ses rôles dans des courts métrages idiots mais hilarants, sous le pseudonyme de Paul Parrott. Il va travailler souvent avec Laurel et Hardy, sera de la partie pour le premier long métrage Pardon us, entre autres hauts faits d'armes...

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Published by François Massarelli - dans James Parrott Laurel & Hardy Muet Comédie
16 avril 2016 6 16 /04 /avril /2016 22:59

Mais pourquoi donc ranger ce film dans la catégorie "Bugs Bunny"? je ne peux pas répondre à cette question, surtout si vous n'avez pas vu le film. Ce serait mal...

Pour ce qui est de l'intrigue, ce film annoncé par des titres très élaborés et annonciateurs d'aventures médiévale, commence par une tentative de Daffy de se prendre pour D'artagnan: mais le décor s'en va... à partir de là, il entre dans un dialogue de plus en plus houleux avec son animateur, qui fait tout pour l'indisposer. Il va jusqu'à l'effacer, et le film est un festival de méta-gags, avec un personnage désespéré qui est prêt à se raccrocher à tout, alors qu'il est évident que chaque changement va tourner à la catastrophe. C'est une merveille, un tour de force même, et comme souvent chez Chuck Jones derrière le gag et l'éclat de rire, se cachent des tourments et une panique existentielle, indicible et parfaitement angoissante.

Duck Amuck (Chuck Jones, 1953)
Duck Amuck (Chuck Jones, 1953)
Duck Amuck (Chuck Jones, 1953)
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Published by François Massarelli - dans Bugs Bunny Daffy Duck Animation Looney Tunes
16 avril 2016 6 16 /04 /avril /2016 22:50

Un puma terrorise un lapin, qui vient se réfugier chez son voisin Bugs...

Quand Friz Freleng construit un film entier sur un gag et un seul, répété ad vitam eternam, c'est magique, et ça s'appelle High-diving hare. Si en revanche Bob McKimson le fait, c'est une catastrophe. Mais le fait d'avoir choisi un seul gag (Bugs Bunny affronte un puma stupide, auquel il demande invariablement combien de sucres, ou Lumps, en Anglais, ce qui veut aussi dire "Bosses", il veut dans son café, avant de lui asséner de nombreux coups de maillet) n'est pas le pire: ici, Bugs vient en aide à un lapin insupportable et très laid, qui parle très vite, et c'est minable. Même chez Disney on ne descendait pas aussi bas dans la vulgarité graphique.

Bref: à fuir.

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Published by François Massarelli - dans Bugs Bunny Animation Looney Tunes
16 avril 2016 6 16 /04 /avril /2016 22:44

Et maintenant, une curiosité: ce film réalisé par Bob McKimson est bon. Il se passe au Texas, et l'histoire de Tedd Pierce est l'occasion d'un grand nombre de gags liés à l'état: la ville de Dallas a été rebaptisée Dollars, par exemple... Bugs y vit tranquille à l'ombre des derricks, mais un riche Texan qui passe par là constate qu'il y a un trou dont aucune goutte de pétrole ne sort, et décide d'y installer un derrick. On est un peu dans un sujet à la Chuck Jones/Michael Maltese, organisé autour de la défense du territoire, sauf qu'on n'y sent pas de danger réel pour Bugs. mais l'adversaire, cette fois, est un petit Texan colérique qui a des points communs avec Sam... Il est aidé d'un improbable chauffeur-homme de main, muet et ridicule, qui s'appelle Maverick, et aime à manier la dynamite. On n'est pas inquiet pour notre héros, bien sur, mais le film se laisse voir avec un réel plaisir...

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Published by François Massarelli - dans Bugs Bunny Animation Looney Tunes
16 avril 2016 6 16 /04 /avril /2016 22:38

En cette période, marquant distinctement son territoire, Chuck Jones revisite volontiers son propre univers. On l'a vu reprendre ses parodies de films d'horreur, et expérimenter une rencontre entre Bugs Bunny et le coyote en plein désert. Ce film confronte Bugs à un ennemi déjà vu il y a quelques années: Marvin le martien. Un personnage qui est toujours prompt à voler inconsciemment la vedette, par son coté volontiers décalé, idiot même, mais d'une rare poésie. De nouveau flanqué d'un chien (Qui s'appelle K-9, à prononcer bien sûr à l'anglaise), de nouveau de passage avec une mission dangereuse; il lui faut désormais ramener de la terre un échantillon vivant...

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Published by François Massarelli - dans Animation Bugs Bunny Looney Tunes