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6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 09:58

Un Bugs poids léger, l'un des rares à avoir été mis en scène par Arthur Davis. Celui-ci fait voir sa différence, le film ne ressemblant finalement à aucun autre. Il nous montre Bugs improvisant une histoire idiote pour renseigner un touriste sur une plaque posée sur le Brooklyn Bridge: Steve Brodie y aurait plongé dans l'East River, ce qui est authentique. Ce qui ne l'est pas, c'est qu'il aurait sauté dans l'eau parce qu'il était obsédé par les lapins... Le court métrage nous l'explique.

Davis révèle d'une certaine façon un secret de polichinelle: Bugs Bunny est un menteur, un affabulateur, tout en étant son propre personnage dans toutes les histoires qu'il peut raconter. C'est un professionnel du déguisement, doté du don d'ubiquité. Et le film joue de tous ses aspects, en les soulignant, tout en promenant ses personnages dans un New York de 1880, ce qui est assez plaisant...

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Published by François Massarelli - dans Bugs Animation Looney Tunes Arthur Davis
6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 09:54

L'erreur que commet Bugs Bunny, dans ce court métrage d'anthologie, est d'imaginer qu'il peut se rendre dans la ville du far-west où habite Yosemite Sam sans avoir des ennuis... Il y est donc, en aboyeur forain, présentant à la foule un numéro de cirque sensationnel: un saut de la mort das un bac d'eau. Yosemite sam veut bien le voir, avec une impatience phénoménale, et... l'artiste télégraphie pour annoncer qu'il ne viendra pas. Sam oblige Bugs à le remplacer. Après cette courte introduction, le reste du film est basé sur un gag et un seul, dans toutes les variantes possibles: Sam veut obliger Bugs, sous la menace d'une arme, à faire le saut, mais c'est finalement le cowboy qui le fera à sa place. C'est merveilleux...

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Published by François Massarelli - dans Bugs Bunny Animation Looney Tunes Friz Freleng
6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 09:47

Le film commence dans une forêt où Bugs constate qu'il y a des affiches un peu partout: on offre des récompenses pour des captures d'animaux nuisibles. Lorsqu'il s'aperçoit qu'on n'offre que 2cents (Par opposition aux 75 $ pour un ours...), son sang ne fait q'un tour, et il décide de montrer à quel point il est nuisible. Il va se lancer dans une campagne de destruction sur l'ensemble des Etats-Unis. Au moins, ce film de Bob McKimson (Qui souffre donc des mêmes problèmes d'animation statique et de laideur des dessins, que tous ses autres films, on n'en sortira pas; et bien sur les proportions de Bugs sont mal fichues) a un script malin, propice à des débordements, et qui sort du cadre habituel tout en construisant son intrigue sur une valeur sure: la vanité du héros.

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Published by François Massarelli - dans Bugs Bunny Animation Looney Tunes
6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 09:39

Chuck Jones promène cette fois Bugs Bunny sur le Mississippi, où il va le confronter à un ennemi inattendu, du moins pour le metteur en scène. Comme on le sait, les réalisateurs Warner avaient tous leurs personnages fétiches, et Jones, à de rares exceptions près (The Scarlet Pumpernickel en est une), n'a jamais animé le fameux Yosemite Sam, essentiellement la propriété, voire l'alter ego, de Friz Freleng. C'est bien sur dommage, car le personnage permet beaucoup... C'est sans doute la raison pour laquelle ici, Bugs est confronté à un colonel Sudiste devenu tricheur sur les bateaux du Mississippi, qui ressemble beaucoup au pirate/cowboy de 52 cm de haut... Et comme dans les films de la formule Sam/Bugs, les gags deviennent vite jovialement répétitifs: Bugs est un passager clandestin sur le bateau, on veut le jeter à l'eau, mais ce sont les autres qui se précipiteront dans la boue du fleuve...

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Published by François Massarelli - dans Bugs Bunny Animation Looney Tunes
6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 09:33

Continuant son exploration des possibilités du personnage de Bugs Bunny, Jones l'envoie en Ecosse pour un film classique, qui va permettre une fois de plus un de ces étranges déguisements proportionnellement incorrects qui caractérisent le lapin. Bugs émerge en Ecosse, donc, et commence par revenir sur sa carte, estimant qu'il aurait du tourner à gauche à Alburquerque, comme d'habitude. Le reste est essentiellement une confrontation formelle avec tout ce qu'une visite des Highlands peut permettre, notamment en matière de folklore. On notera que le film aurait très bien pu s'appeler Bunny Scotland.

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Published by François Massarelli - dans Bugs Bunny Animation Looney Tunes
5 mars 2016 6 05 /03 /mars /2016 18:43

Film, Flirt og Forlovelse (Lau Lauritzen, 1921) Carl Schenstrom et Harald Madsen, comiques Danois, étaient mieux connus sous le nom hallucinant (mais justifié) de Doublepatte et Patachon, ou Pat und Patachon en Allemagne. Leurs films sont encore aussi populaires en Scandinavie que le sont Laurel et Hardy, et on peut comprendre pourquoi à la vue de ce film, court mais très typique de leur style. C'est d'ailleurs l'un des premiers; ils sont surtout préoccupés par leur propre survie, comme tous les vagabonds du muet, et traversent sans trop les comprendre des histoires qui ne les concernent pas. cela ne les empêche pas d'avoir une morale: dans la maison autour de laquelle ils vagabondent, ils ont remarqué que le fiancé de la jeune fille de la maison était un vil coquin, et vont redresser malgré eux les torts, en favorisant le mariage avec un type plus sur, et dont en plus elle est vraiment amoureuse... Ce genre de script, ils en tourneront des dizaines, au danemark, en Grande-Bretagne, en Allemagne et en Suède. La poésie lunaire générée par les deux acteurs se mélange encore bien avec l'esthétique de la décennie, si envoutante pour les mutophiles, ou amateurs de films muets... Mais quel dommage que leurs films ne soient disponibles que dans des versions sonorisées et remontées pour la télévision Allemande. On espère qu'un jour cette injustice (Qui fait que leur impressionnant Don Quichotte, par exemple, soit long de 45 minutes contre 180 en 1926) sera un jour réparée.

Sol, sommer und Studiner (Lau Lauritzen, 1922) On prend les mêmes et... A nouveau vagabonds, Schenström et Madsen tournent encore autour d'une maison bourgeoise, mais cette fois ci ils ressemblent surtout à deux cerises sur le gâteau, l'intrigue semblant ne pas vraiment les concerner. on remarque quand même qu'elle leur permet de s'installer dans une maison vide ou ils se comportent en sales gosses, et que Lau Lauritzen, contrairement à Mauritz Stiller en Suède, qui privilégiait pour ses beaux films dramatiques l'hiver (Le trésor d'Arne, La saga de Gösta berling), filmait lui de préférence en été, aussi près que possible de la mer, afin d'avoir des scènes de jeunettes en maillot de bain (Une constante)...

Mellem muntre musikanter (Lau Lauritzen, 1922) Encore un scénario obscur pour ce film réduit au tiers de sa durée par la loi de la télévision Allemande. Les deux héros y sont des escrocs musiciens, sinon comme d'habitude des jeunes gens de la bourgeoisie y draguent sur la plage des filles à papa...

Vore venners vinter (Lau Lauritzen, 1923)

Parce qu'ils ont trop bu en compagnie d'un amoureux privé de sa bien-aimée, les deux héros-vagabonds Schenström et Madsen sont transportés malgré eux en montagne, ou ils vont retrouver... la fiancée en question. le film étant particulièrement raboté, la compréhension et la logique en prennent un coup. Amusant, surtout pour les magnifiques images neigeuse en toute liberté.

Daarksab, dyd og driverter (Lau Lauritzen, 1923)

Deux vagabonds escrocs vont de plage en plage avec une boite à chaussures qui passe pour un appareil photo. ils se font payer en avances, mais ça ne marche pas fort... sinon, deux amoureux, comme d'habitude, vont avoir besoin de leurs services...

Lille Lise Letpaata/Die kleine Tänzerin (Lau Lauritzen, 1924)

Schenström et Madsen, musiciens, vont aider la vedette de la petite compagnie de ballet qui les emploie à devenir une grande artiste. Comédie du versant plutôt tendre...

Professor Petersens plejeborn (Lau Lauritzen, 1924)

Schenstrom et Madsen sont placés par des contrebandiers dans la maison d'un ornithologue, pour préparer un mauvais coup, mais ils sont deux bien inefficaces majordomes, et vont finir par changer de camp. Beaucoup de slapstick la-dedans, en particulier dans la maison livrée à deux domestiques dangereux...

Raske Riviera Rejsende (Lau Lauritzen, 1924)

Premier film "exotique" du duo Schenstrom-Madsen, largement situé en Italie, prétexte à quelques gags, dont l'inévitable découverte des spaghetti... L'intrigue est nébuleuse, sans intertitres...

Ole opfinders offer (1924, Lau Lauritzen)

Takt, Tone og Tosser (Lau Lauritzen, 1925):

Lauritzen continue à placer ses héros dans des intrigues classiques, dans un cadre bucolique impeccablement filmé: ici, une histoire de vieux moulin à sauver de la destruction, et un mélodrame avec fille de riches cachée dans un cirque...

M. le commissaire (Gustaf Molander, 1925)

Premier film hors du danemark, pour Schesntrom et Madsen, et première tentative de sortir de la routine jusqu'alors imposée par la collaboration avec leur mentor, Lau Lauritzen; pour commencer, Molander les sépare: Madsen est le chef de la police, et Schenstrom sa nemesis, un vagabond qui finit toujours en prison; ensuite, le reste du film est une comédie mélodramatique avare en gags. Mais la beauté de la photographie, et les extérieurs hivernaux (On est en Suède), restent de mise...

Les millionnaires (Lau Lauritzen, 1925)

Modeste comédie, dans laquelle Schenstrom et Madsen sont utilisés pour sauver une petite ville dont il vont incarner la réussite, avec come d'habitude une séquence gratuite au bord de mer, en compagnie de jeunes femmes en maillot...

Chasseurs de loup (Lau Lauritzen, 1926)

La chasse au loup, dans la ravissante campagne danoise, il n'y a que ça de vrai...

Dodsbokseren / Ca va barder (Lau Lauritzen, 1926)

Enorme succès en son temps, ce film nous présente Schenstrom et Madsen en naufragés sur un bloc de glace (Suite à un accident de char à voile...) recueillis par un cargo; ils deviennent marins et participent à une séquence de slapstick fort bien arrangée.

Don Quichotte (Lau Lauritzen, 1926) Ce film, qu'on aimerait voir entier (Il est réduit à une cinquantaine de minutes, alors qu'il totalisait près de trois heures...) est une fascinante entreprise: faire une adaptation stricte de la tragi-comédie de Cervantès, avec deux comiques dans les rôles principaux; seul film ou ne reconnaisse pas le maquillage traditionnel des deux comédiens Schenstrom et Madsen, c'est un film manifestement illustratif, un peu trop littéral; mais l'idée de décalage entre un monde qui tourne dans un sens et deux hommes qui tournent dans l'autre (Surtout Quichotte, par le grand Schenstrom qui m'a l'air parfait dans le rôle) est somme toute présente dans les fragments qui nous sont parvenus. Au passage, le film n'est pourtant pas perdu... Allez, le DFI, faites votre boulot!

Eté joyeux (Urban Gad, 1926): Urban Gad, réalisateur du sombre et baroque L'Abîme qui révéla Asta Nielsen, se trouve pour son dernier film réalisateur de comédie avec Schenstrom et Madsen... Anecdotique.

Vester-Vov-Vov/En mer du nord (Lau Lauritzen, 1927)

En mer du nord, donc... Les deux vagabonds habituels créés par Shenström et Madsen vagabondent sur les rives Nordiques.

Pierres-tonnerre (Lau Lauritzen, 1927)

Sous cette approximative traduction du danois, se cache un film ambitieux, dans lequel Lauritzen essaie de casser les systématismes du duo Madsen et Schesntrom; notamment, il les place au milieu d'un écheveau d'intrigues parfois un peu difficiles à décoder sans intertitres... Mais il le fait sans jamais oublier le gag, contrairement à son Don Quichotte.

Le roi de Pélicanie (Valdemar Andersen, 1927)

Grosse komédie, avec ce petit film qui nous montre les deux héros burlesques Danois aux prises avec un royaume de pacotille...

Force et beauté (Lau Lauritzen, 1927)

Le meilleur film de la série? Peut-être, mais il faudrait le voir en entier, au lieu d'un raccourci de 25 minutes. Schenstrom et Madsen sont des vagabonds devenus des statues vivantes, pour rendre service à deux jolies filles... l'un des rares films ou leurs étonnantes capacités physiques (gymnastes et contorsionnistes, quand même, excusez du peu) sont bien mises à contribution.

Filmens Helte (Lau Lauritzen, 1928)

http://allenjohn.over-blog.com/article-filmens-helte-les-heros-du-cinema-lau-lauritzen-1928-105835984.html

Schenström et Madsen
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Published by François Massarelli - dans Scandinavie Muet Comédie Schenström & Madsen
4 mars 2016 5 04 /03 /mars /2016 18:50

Dernier des films muets disponibles de Sternberg, Docks of New York fait partie de ces nombreux films passés inaperçus, justement parce qu'ils étaient muets, à l'époque ou on allait voir n'importe quoi du moment qu'on y parle. Et comme beaucoup de films de cette miraculeuse année, il est devenu un classique. A voir pour la poésie crapuleuse, peuplée et fêtarde, de ces bouges portuaires, pour l'éclosion d'une incroyable histoire d'amour entre un gros baraqué et une fragile petite dame suicidaire, et bien sur pour la science de l'image qui transforme, comme dans les autres muets de Sternberg, absolument tous les plans en des photographies sublimes.

George Bancroft y incarne Bill Roberts, un soutier, bien décidé à prendre du bon temps pour son seul jour à terre. En route pour un bar à marins qu'il connait, il sauve une jeune femme de la noyade, qui s'était délibérément jetée à l'eau: c'est Betty Compson, qui incarne Mae. Son prénom n'est connu que pour un intertitre qui est situé vers la fin du film, mais la jeune femme va promener son spleen du début à la fin de l'intrigue, partagée entre trois sentiments difficilement compatibles: une véritable reconnaissance pour Bill, non parce qu'il l'a sauvée, mais bien parce qu'il lui témoignera de l'intérêt; ensuite, elle manifeste une méfiance à l'égard de tout et tous, en particulier Bill! Celui-ci prétend vouloir se marier avec elle sur le champ, ça ressemble surtout à un rituel sexuel plus qu'autre chose et elle n'est pas dupe... Le pasteur qui fait l'office (Gustav Von Seyffertitz) non plus, du reste. Le troisième de ces sentiments, c'est une certaine envie de croire en une chance, ce qui lui fait tenter de voir au-delà des apparences, un futur possible avec Bill. Aussi, quand celui-ci part le lendemain matin, elle manifeste une certaine tendresse... avant de le jeter dehors sans ménagements!

Le film est construit sur deux journées, et peu d'ellipses s'y retrouvent. La principale est la nuit d'amour, qu'on devine torride: Quand Bill se lève, la jeune femme reste à dormir au lit, et il cherche dans sa poche de l'argent. il laisse un billet sur la table de nuit, puis se ravise... et, l'air admiratif, en ajoute un deuxième! Le film ne prend pas de gants avec le milieu qu'il nous dépeint... On est dans un film d'inspiration très européenne. Et au fait, c'est intéressant de constater qu'à l'approche du parlant, de nombreux films à vocation "artistique" se sont tournés vers New York: celui-ci est donc dans une catégorie qui inclut également Speedy d'Harold Lloyd, The Crowd de Vidor, et Lonesome de Fejos. Pourtant, hormis quelques plans quasi-documentaires d'entrée ou de sorties de bateaux dans le port, tout le film ou presque se passe sur les docks, dans les chambres situées dans les environs du bar fréquenté par tous ces gens. Le mariage qui y a lieu est une scène fabuleuse, dans laquelle la poésie la plus inattendue s'installe dans un lieu qui n'y est pourtant pas propice... Les matelots ivres y dansent avec les filles, et Bill y séduit, à sa façon, Mae, avant de rendre la décision (Sans vraiment la consulter) de l'épouser. Et la volonté tranquille du marin, certes éméché, finit par la persuader de ne pas trop s'y opposer... mais la conscience veille: Olga Baclanova incarne dans ce film un personnage extraordinaire de fille qui a du faire face à la faillite d'un mariage avec un homme de la mer, et elle prévient les deux amoureux d'un soir qu'ils font une bêtise.

Pourtant le film, qui commence presque par une scène dans laquelle une femme se jette à l'eau, est aussi et surtout la naissance d'un amour. Un amour qui passera par des gestes tendres, des actes simples mais clairs dans leur signification, et culminera dans une scène finale, celle d'un autre être humain, Bill cette fois, qui se jette à l'eau, aussi bien pour de vrai, que symboliquement (Naissance de l'amour, enfin pour lui, du moins prise de conscience de ses sentiments), qu'au figuré: il se "jette à l'eau", et va enfin assumer d'être marié. Supérieurement photographié par Arthur Rosson qui doit composer des images et régler des lumières pour le metteur en scène le plus doué en ces domaines, et s'en tire avec brio, The Docks of New York est une merveille un film qui ne vous propose rien d'autres que ce qu'il vous montre, et qui vous le montre avec une poésie à tomber par terre. Pourtant vous ne vous ferez pas mal.

 

The docks of New York (Josef Von Sternberg, 1928)
The docks of New York (Josef Von Sternberg, 1928)
The docks of New York (Josef Von Sternberg, 1928)
The docks of New York (Josef Von Sternberg, 1928)
The docks of New York (Josef Von Sternberg, 1928)
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Published by François Massarelli - dans Muet 1928 Josef Von Sternberg Criterion ** Betty Compson
2 mars 2016 3 02 /03 /mars /2016 17:12

Sous ce titre se cache un des derniers films muets Allemands, contemporain, pour rester dans le sujet, de All quiet on the Western Front, de Lewis Milestone, et de Westfront 1918, de Pabst. Les films Allemands consacrés à la première guerre mondiale ne sont pourtant pas légion, en cette période. Non, les Américains et les Français les ont battus à plate couture, et si les productions patriotiques Françaises ne voient généralement pas beaucoup plus loin que le bout de leur cocarde, les Américains ont su dès 1925 (The big parade) intégrer une certaine vision humaniste, éloignée des poncifs patriotiques. raison de plus pour accueillir avec espoir ce film oublié, qui nous vient une fois de plus de Lobster films et sa merveilleuse usine à faire revivre les films d'avant. Heinz Paul a choisi de tourner un film muet (Alors que depuis 1929, la production Allemande commence à se tourner vers le parlant) afin d'incorporer dans son film un certain nombre de documents de guerre, et d'éviter le choc entre les images tournées en 1930, et celles, forcément muettes, de 1916. Son film s'intéresse donc à la bataille de la Somme, durant laquelle les aliés (Français et Britanniques essayèrent de percer le front Ouest par la vallée de la Somme. La bataille dura de juillet 1916 à novembre 1916, et se solda essentiellement par une avancée de quelques kilomètres. Autant dire rien... 700 soldats Anglais et Français y sont morts, contre 500 Allemands. Le point de vue du film est, bien sur, Allemand, pour deux raisons finalement: d'une part, le public visé est Allemand (Tout comme le premier public de Verdun visions d'histoire, de Poirier, est Français), d'autre part ils sont ici en défense, ce qui rend le film plus intéressant. Le choix a été de privilégier une vision à distance de la guerre, en montrant parfois par des scènes jouées l'usure des conflits sur un soldat et ses amis, ainsi que sur sa mère qui attend à l'arrière: elle a déjà perdu ses deux grands fils, elle souhaite conserver le troisième... Une grand part du film est faite d'images d'archives, qui sont souvent mises en perspective dans une mise en scène qui les incorpore parfois de manière très adroite.

Néanmoins, le film peine à intéresser durant 102 minutes, de par la sécheresse de l'ensemble, surtout consacré à une leçon d'histoire un peu sèche. Le point de vue, qui contient bien sur des images des alliés ("L'ennemi") sans jamais les diaboliser, est assez noble, mais on aurait aimé quelque chose qui relève un peu l'intérêt. La réussite de Pabst dans Westfront 1918 est d'avoir su conter l'horreur de la guerre par la chronique de la camaraderie ordinaire. En montrant l'histoire par des chemins plus classiques, voire conservateurs, Poirier a réussi à incorporer dans son film Verdun visions d'histoire des personnages, certes nombreux mais crédibles, qui cimentent au moins l'intérêt du spectateur. Et All quiet on the Western Front bénéficie des performances géniales de Wolheim, Summerville et Ayres. Ici, on aimerait être un peu plus captivés, pour tout dire...

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Published by François Massarelli - dans Muet Première guerre mondiale Cinéma Allemand 1930
1 mars 2016 2 01 /03 /mars /2016 23:10
Histoire d'un crime (Ferdinand Zecca, 1901)

On imagine la demande d'ici: Alors Zecca, faites-nous un film, bien sensationnel! Que ces dames s'évanouissent, n'est-ce-pas? Et Zecca fit ce petit film, de 5 mn, parfaitement clair dans sa narration, et... il se passe des choses inattendues! Il raconte la bêtise d'un homme, qui vient en cambrioler un autre, mais doit le tuer pour se défendre. On vient l'arrêter, il est ensuite amené devant le cadavre, et se jette à terre... Puis, après une ellipse, il est dans sa cellule, sous la surveillance d'un gardien, et rêve. D'une vie meilleure, la sienne, avant que l'idée ne lui vienne. C'est un homme comme les autres, il nous est sympathique, il a un métier, une famille... Le réveil est brutal, on vient le chercher pour l'exécuter. On le prépare, on l'amène à l'échafaud, et... on le coupe en deux. C'est la fin.

Sec comme un coup de trique, mais... toutes les interprétations sont permises, c'est la beauté de ce film. Au passage, Zecca invente le champ/contrechamp, ainsi que le flash-back/rêverie poétique, ou quoi que ce soit: en incrustant un écran dans le plan, qui déroule les images de la vie de son condamné, il nous le rend plus sympathique, plus humain. Et Zecca, aussi, a choisi son titre. De quel crime nous parle-t-on? de celui d'un homme, acte de folie imprévu, ou... de l'acte de tuer parce que c'est la loi, qui nous est aussi insupportable, et qui a certainement rempli le contrat: les femmes s'évanouissaient devant le graphisme de la scène... les commanditaires devaient être satisfaits. En attendant, Zecca a aussi inventé la peine de mort cinématographique, forcément ambiguë, et totalement passionnante.

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Published by François Massarelli - dans Muet Ferdinand Zecca
1 mars 2016 2 01 /03 /mars /2016 16:03

Rien à voir avec le milliardaire populiste, ce When clubs are trump est un court métrage de la série Lonesome Luke, imaginée par Harold Lloyd et hal Roach à leurs débuts. C'est en fait la deuxième série de films mettant en scène Lloyd, après Willie Work dont peu d'images circulent, et les Lonesome Luke diffèrent des autres films plus connus de Harold Lloyd par le costume du personnage, ressemblant à une variation en négatif sur le personnage de Chaplin: costume rapiécé, trop petit, et moustache fine. Et surtout... Pas de lunettes! Le film fait parte des quatorze rare courts de la série à avoir survécu, c'est donc une chance... et une opportunité historique, surtout, car pour ce qui est du plaisir qu'on y trouvera, on admettra que ce n'est à proprement parler pas vraiment un film d'un grand intérêt... En dépit du fait que ce court métrage se déroule sur deux bobines, ce n'est pas pour autant la garantie d'une construction solide, et Snub Pollard et Lloyd sont lâchés au début du film dans un parc public pour y improviser quelques gags, avant qu'il ne se passe quelque chose de notable: ils font tous deux le même rêve, et sont transportés... à la préhistoire. Ce ne sera pas une garantie que les gags soient du lus haut niveau, certes, mais il y a toujours dans ces films burlesques situés à l'époque de nos ancêtres (Flying elephants, His prehistoric past, The Three Ages...) un je-ne-sais-quoi de profondément anarchique et réjouissant par l'à-peu-près idiotissime qui s'en dégage. Et bien sur, ce film ne fait pas exception.

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Published by François Massarelli - dans Harold Lloyd Muet Comédie Groumf