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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 18:05

Yosemite Sam (Costumé en pirate, voir plus bas) vient sur une île pour y enterrer son butin... avant de constater qu'il y a un intrus dans ses réserves: un lapin y a élu domicile. La lutte sera inégale, et sempiternelle, mais le bandit va quand même s'attaquer, une fois de plus, à son ennemi juré...

C'est un dessin animé de plus, ce qui ne veut pas dire que ce soit un dessin animé de trop. Il y avait sans doute, pour Freleng, quelque chose de'exaltant à revenir sans cesse à la charge en proposant une confrontation entre ces deux-là! ici, on notera avec amusement le fait que Bugs Bunny connaît ses classiques, et imite le capitaine Bligh façon Charles Laughton, tout droit sorti de Mutiny on the Bounty, de Frank Lloyd; c'est une performance de plus pour Mel Blanc, qui n'imite pas directement Laughton, mais Bunny imitant Laughton jouant un rôle spécifique! Et sinon, une série de mouvements sur le bateau avec des portes, et l'habituele utilisation par Freleng de la ponctuation musicale basée sur les pizzicati (En Italien, on dit un "pizzicato", sauf au pluriel: un scénario des scénarii, un massarello, des Massarelli, etc) des cordes, ce qui déclenche inévitablement en l'enfant qui sommeille (Ou doit sommeiller) en tout spectateur un ravissement roboratif...

Sinon, sachant que Yosemite Sam est le plus souvent un cow-boy, je me suis souvent demandé pour quelle raison les traducteurs Français de ces films avaient fini par le baptiser "Sam le pirate". Je pense que ce film, un authentique classique, en est la raison.

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Published by François Massarelli - dans Bugs Bunny Animation Looney Tunes Friz Freleng
16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 17:56

Si la production des Bugs Bunny est dominée en nombre par les films de Freleng et McKimson (Qui ont été les seuls réalisateurs à travailler sur le personnage en 1948), les films tournés par Chuck Jones sont désormais les plus intéressants du lot! Jones n'a pas encore sorti son premier dessin animé des aventures malencontreuses du Coyote et de son tant désiré, mais trop rapide pour lui, oiseau idiot, mais il ne va pas tarder, et il est déjà un peintre paradoxal de l'absurdité humaine, qui n'a pas son pareil pour rendre abstrait le plus trivial des, par exemple, matches de boxe... Et il s'en passe des choses sur ce ring, vous pouvez me croire!

Comme dans Baseball Bugs (De Freleng), Bugs est enrôlé pour se battre contre un adversaire trop grand pour lui, mis une fois sur le ring (Après une notable et inattendue période d'hésitation bien compréhensible), il va triompher de façon systématique au cours de 110 rounds, avant de trouver une façon de finir un cartoon qui aurait pu durer très longtemps, en rappelant que Bugs Bunny se rend maître de tout, y compris de la matière filmique représentée par les films dont il est la vedette. Bon, ce n'est sans doute pas le plus réjouissant des films de Bugs Bunny, mais il convient de s'y attarder de temps à autre...

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Published by François Massarelli - dans Bugs Bunny Animation Looney Tunes
16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 17:38

Il n'y aurait pas grand chose à dire sur ce film s'il ne s'agissait en fait d'un de ces mystères filmographiques dont le muet est riche, et dont la carrière oubliée et largement perdue de Max Linder regorge de façon excessive. Je m'explique: d'une part, au visionnage, le film est embrouillé et même brouillon: alors qu'elle discute avec un homme, une lettre de Max lui donne rendez-vous dehors... avec un âne. Elle convient de quelque chose avec l'homme, qui disparaît du film. A l'extérieur, elle monte d'abord sur un âne authentique, avant de se retrouver juchée sur un homme déguisé en âne. C'est le seul animal qui restera, et en dépit du fait qu'il s'agit d'un déguisement, ce ne sera jamais soulevé dans le reste du film... Les copies Anglophones sont pourtant différentes (Dans leurs intertitres, et dans l'intrigue): bien sur, l'homme qui est caché dans le costume d'âne est le rival de Max, qui s'avère d'ailleurs être le fiancé officiel de la dame. Par contre pas plus dans les copies disponibles en Anglais que dans les originales, on ne trouve la moindre révélation de "l'identité" de l'âne! Quoi qu'il en soit, les questions soulevées par le film sont les suivantes: quel est la version originale? Le synopsis fourni sur le site de Pathé va dans le même sens que a version Anglaise, on peut donc en conclure qu'il s'agirait de la version d'origine. L'autre est tirée des collections de Maud Linder, celle-ci aurait-elle réadapté le film à sa convenance (On sait qu'elle a souvent été amenée à procéder à des petits arrangements de la sorte)? Et si oui, pourquoi? Enfin, existe-t-il une copie plus complète? Autant de questions auxquelles il est bien sur impossible de répondre, et tant pis, car avec sa poursuite sur les toits filmée poussivement dans les studios Pathé, avec ses toiles peintes, le film est un objet bien poussiéreux.

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Max Linder
16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 07:55

Une tribu Sioux prend assez mal la violation d'un accord par une compagnie Américaine qui vient installer un chemin de fer sur la réserve, et s'attaque au fort dans lequel un pauvre bataillon de la cavalerie va souffrir. Mais la tragédie viendra en réalité d'ailleurs, du destin individuel d'une jeune femme Indienne qui sera une victime indirecte de la situation. Les Indiens, ici, sont certes une menace, mais décente, rationnelle, débarrassée des oripeaux du racisme ordinaire dont on accuse souvent le western à tort. Et le film, attribué à Thomas Ince, mais probablement du en réalité au grand frère de John Ford, Francis, qui était un acteur-réalisateur très actif à l'époque, est le premier à mettre en scène une vraie tribu Indienne, tout en proposant une vision de l'Ouest nettement plus réaliste que ne le feront bien des films ultérieurs.

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Published by François Massarelli - dans Western Muet Thomas Ince 1912 * Francis Ford
15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 18:08

Griffith n'avait, dans les années 10, ni l'apanage des avancées cinématographiques, ni celui des productions liées à l'histoire de la Guerre Civile. Et c'est justement quelques mois après le monumental The Birth of a nation, que la Kay Bee (l'unité de production sous la direction de Thomas Ince, partie intégrante de la Triangle Film Corporation) sortait ce fantastique film de Reginald Barker... souvent attribué à Ince, et ce pour deux raisons: d'une part le brillant touche-à-tout était le scénariste en plus d'être le producteur de ce film; d'autre part, comme le faisait remarquer avec humour Buster Keaton, Ince était plutôt du genre à s'auto-créditer de tout et n'importe quoi qui sortait de ses studios... D'où un certain nombre de difficultés à créditer correctement les films. Pas celui-ci: Barker en est bien le réalisateur, comme d'autres films majeurs du studio, du reste.

L'argument fait penser à un film de Griffith, encore lui: The house with closed shutters (1910) était un court métrage de la Biograph dans lequel un jeune soldat confédéré désertait et sa soeur endossait son uniforme et sa responsabilité afin de protéger la famille de la disgrâce... Dans The Coward, le conflit reste le même, et nous assistons aux fêtes qui précèdent le départ pour le front de tout un pan de la jeunesse Sudiste. Mais Frank Winslow (Charles Ray) ne partage pas l'enthousiasme de sa génération: il a peur de partir, et va tout faire pour éviter de s'engager. Son père, un colonel à la retraite (Frank Keenan) qui s'engagerait si on voulait bien de lui, va l'amener au bureau de conscription sous la menace d'une arme. Le fils part bien au front, mais à la première occasion, déserte et se réfugie chez ses parents. Pour réparer la disgrâce, le vieux colonel enfile l'uniforme et rejoint les lignes sudistes. Pendant ce temps, l'armée de l'union se rapproche, et un groupe d'officiers s'impose dans la maison des Winslow. Frank sent monter en lui un courage nouveau...

Ince avait l'habitude de tourner (Ou produire) des films situés lors de la guerre civile, souvent avec Francis Ford. Donc il serait vain de s'imaginer que c'est l'énorme succès de The Birth of a nation qui l'aurait décidé à se lancer dans cette production. Et le style est très éloigné de celui de Griffith. La parenté avec le court métrage cité plus haut s'oublie très vite, notamment parce que le long métrage de Barker bénéficie d'un avantage certain: contrairement à Griffith en 1910, il a pu s'intéresser à ses personnages, et le vrai sujet du film devient vite évident: ce qui nous importe, c'est ce qui se passe dans la tête des deux personnages. La façon dont Frank admet puis assume sa peur, la réaction incrédule du vieil homme, la mère éperdue située entre les deux hommes, dans un conflit qu'elle n'a aucun pouvoir pour résoudre, puis la peur qui monte pour le soldat Winslow, enfin la détermination du vieux qui a pris sa place, qui lentement s'approche de la caméra, sa tête burinée prenant toute la place... Le film est plein de ces moments de suspension de l'action, et les personnages prennent le temps d'exister!

Bien sur, il y aura des quiproquos, et suffisamment d'invraisemblances, mais peu importe, on est face à un film classique, d'une exigence rare, et qui fera des petits: impossible de ne pas penser à The General lors de la scène de confrontation entre Frank et les officiers Nordistes dans le salon de la maison Winslow, un moment durant lequel Barker accélère soudainement le rythme, et nous montre Frank, caché... sous la table. Les scènes de combat sont impressionnantes, et le film, après tout, se termine bien. Tant qu'à faire! Un classique à voir, donc, et qui donne envie de s'attaquer à la montagne de films sortis des studios de Thomas Ince.

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Published by François Massarelli - dans Thomas Ince Muet Guerre de Sécession 1915 **
15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 13:35

Encore un film de Max Linder qui part d'une situation médicale: comme Max Linder ne se sent pas bien, il va voir un médecin qui lui prescrit de boire un verre de quinquina par jour. Avec son épouse, il ne trouve qu'un seul verre pour absorber le liquide, le médecin lui ayant conseillé d'utiliser "un verre à Bordeaux", ils choisissent donc un immense récipient, sur lequel est estampillé "Souvenir de Bordeaux"! Inévitablement, Max se sent bien mieux après absorption de la boisson, et part en vadrouille immédiatement. Il se rend dans un café où il se fâche avec plusieurs clients. Tous lui donnent leur carte, et il terminera la journée en revenant se coucher... mais pas chez lui, ce qui provoquera des problèmes.

C'est l'un des films les plus connus de Linder, et l'un de ses plus classiques aussi. On constatera plusieurs aspects dans cette bobine qui lient l'oeuvre de Linder à celle de Chaplin: une certaine tendance dans ce film à s'attacher avec minutie à tous les gestes d'un fêtard, dont l'enchaînement des tribulations provoque également un enchaînement des catastrophes, est à la base de One A. M., mais aussi de The Rounders (Tourné par Chaplin en collaboration avec Arbuckle), et cette veine comico-éthylique se poursuit chez Chaplin jusqu'à City lights. Pour Linder, on pense bien sur à quelques séquences de Seven years bad luck, mais aussi à Be my wife qui tourne beaucoup autour de la soûlographie à l'age de la prohibition. Mais dans Max victime du quinquina, on constatera aussi un début de prise de conscience esthétique pour Linder qui jusqu'à présent tournait ses films sans trop se préoccuper de l'image. Un plan est frappant par son côté comique: après l'absorption du liquide, une voiture est en attente devant la maison de Max. Elle est vue de l'arrière, et simultanément, Max (A gauche) et un autre monsieur (A droite) entrent dans le véhicule. Une fois dedans, ils sortent immédiatement, se retrouvent tous les deux au premier plan pour se confondre en excuses, Puis... retournent ensemble pour rejouer exactement la même scène. Une simple observation débouche ici sur un effet visuel, qui confine à l'absurde. Voilà qui place immédiatement Max à l'avant-garde des comiques Français. En même temps, au vu des films de Bosetti, Jean Durand et Georges Monca, ce n'était pas trop compliqué!

Dans le film tel qu'il se déroule, on trouve un autre lien avec Chaplin, mais qui débouche sur une curieuse absence de scrupules: là ou Chaplin aime beaucoup montrer ses personnages qui défient les moments solennels en affichant ouvertement des remontées de gaz grossières, l'artiste s'arrêtait toujours à temps: mais là ou Chaplin jouait à nous faire croire qu'il vomissait depuis le bateau de The immigrant, Linder lui vomit carrément dans le chapeau d'un de ses antagonistes, qui va en plus mettre le chapeau sur sa tête, et en recevoir l'inévitable conséquence. C'est presque choquant,..

Avec ses qualités et ses défauts, ce film montre en Max Linder un auteur décidé à forger sur les bases qu'il a installées auprès du public (Un ton, un univers et un personnage qui sont tous distinctifs, reconnaissables et appréciés) un comique qui va jouer, de plus en plus, sur la précision des gestes. Une tentation du raffinement, que ne permettait pas toujours ni l'économie particulière du cinéma comique Français dans lequel il fallait travailler vite et sans trop dépenser, ni le tempérament de Linder qui filmait tout ce qui bouge sans jamais prendre le temps de s'arrêter. En attendant, avec ce film qui s'est très bien vendu dans le monde entier à partir de sa sortie en janvier 1912, Max Linder a définitivement imprimé sa marque.

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Max Linder
14 février 2016 7 14 /02 /février /2016 10:56

En dépit de sa faible inventivité comique, ce film est intéressant à plus d'un titre. Pour commencer, le titre ne ment pas, il a été effectivement tourné par Linder durant une convalescence, qui l'a amené à rentrer provisoirement dans la propriété de sa famille. Ensuite, il y profite à fond de l'effet "carte postale", et prend plaisir à tourner au-delà de son intrigue, d'autant que les acteurs en sont en fait les membres de sa famille: ses parents Jean et Suzanne Leuvielle, et sa soeur Marcelle. Celle-ci en particulier bénéficie de l'affection de son frère, qui la filme cueillant des fruits avec soin, dans des plans lyriques et tendres. De plus, elle "joue" avec un naturel rare en cette époque...

Pour le reste, le film montre de quelle façon Linder, revenu chez lui pour se reposer, et accueilli par sa soeur, aura bien du mal à trouver le repos en raison de l'inimitié solide qui s'établit entre lui et un poney irascible, qui va bientôt tout faire pour lui nuire... Le film est assez clairement improvisé, mai il aurait pu être une vraie catastrophe. Il est, au contraire, plutôt émouvant.

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Max Linder
14 février 2016 7 14 /02 /février /2016 10:44

Ce film est un classique, mais c'est aussi un paradoxe à sa façon: réalisé durant la période qui suivit un accident de Linder, il est crédité à Lucien Nonguet, un réalisateur à tout faire de chez Pathé, qui a souvent été présent pour seconder Linder durant cette période. Et il a aussi du s'illustrer dans les pochades gentiment anarchistes de la production burlesque, qui était souvent à des années lumières de l'inspiration boulevardière de Max Linder, et qui se déclinait en des kilomètres de films courts se terminant immanquablement par une poursuite délirante... Pourtant Max prend un bain est presque une synthèse de ces deux tendances comiques.

Max Linder a un gros problème de santé: un tic envahissant dans l'épaule gauche lui mine la vie. Le médecin qu'il consulte n'a qu'une solution, apparemment simple, à lui fournir: il va lui falloir prendre un bain froid par jour! Max s'achète donc une baignoire, qui va être difficile à transporter chez lui, puis tente de se préparer un bain... Mais le robinet est mal placé, sur la palier de son appartement: Max est donc obligé d'y placer la baignoire, en espérant qu'il n'y aura pas trop de passages dans l'escalier. Bien sur, il y en a: une dame bien comme il faut, un clochard et un voisin se succèdent! Pour finir, la maréchaussée est convoquée pour l'arrêter, et tout ce petit monde se poursuit sur les toits.

On reconnait le vieux procédé si visible des murs dessinés en trompe l'oeil sur une toile mise à même le sol, donnant l'illusion que les acteurs qui évoluent dessus à l'horizontale sont en fait à la verticale. Du reste, avec une baignoire lourde sur la tête, il aurait sans doute été malaisé pour Max Linder de tenter une escalade...

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Max Linder
14 février 2016 7 14 /02 /février /2016 10:34

On a parfois l'image d'un séducteur impénitent, mais les films de Max Linder trahissent plutôt le sentimentalisme un brin voué à l'échec du personnage... Témoin ce film dans lequel non seulement Max cherche l'âme soeur, mais en prime il s'y prend bien mal! Invité chez des amis sur la côte d'azur, il fait la connaissance de deux cousines, une brune et une blonde. Elles sont aussi jolies l'une que l'autre et le héros ne peut pas choisir entre les deux... Il fait donc une tentative double, l'une puis l'autre... Et obtient dans les deux cas un franc succès, sauf que... les cousines parlent entre elles, comprennent qu'aucune n'a l'exclusivité, et décident de jouer un tour de cochon à leur hypothétique fiancé: elle se débrouillent pour l'attirer dans un tonneau qu'elles jettent ensuite d'une colline, et qui finira à la mer!

Une fois de plus, un film de Max Linder tire parti du décor spectaculaire, cette fois celui des la côte Niçoise, ou des torrents venus de montagne se jettent en mer. Et une fois de plus, le soi-disant séducteur se trouve bien en peine... Notons que les nombreux films de Linder tournés à l'écart de Paris en cette année 1911 ont surtout été effectués durant une période de convalescence, suite à une chute impressionnante qui avait résulté en une quasi-éventration, premier déboire de santé sérieux de Linder, qui n'allait guère rester à l'écart des hôpitaux durant a décennie à venir.

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Max Linder
13 février 2016 6 13 /02 /février /2016 17:32

Ce film était dans l'air depuis 1993, et Michael Mann n'a été que le dernier des réalisateurs intéressés par le projet, longtemps après que Will Smith n'ait pris une option pour le personnage du légendaire boxeur Cassius Clay, qui a changé son nom en Mohammed Ali. Mais le réalisateur n'a pas pour autant traité le sujet à la va-vite, il l'a fait comme toujours avec rigueur et un sens impressionnant du rythme...

Au moment où le film commence, la ségrégation bat son plein dans le Sud, et celui qu'on appelle encore Cassius Clay se prépare à combattre pour son premier titre de champion du monde, contre le tenant du titre Sonny Liston. Le combat a lieu à Miami, et parmi ceux qui gravitent autour du boxeur, figure en bonne place son ami Malcolm X. Le film montre de quelle façon le leader de la Nation de l'Islam, Elijah Mohammed, va jouer Ali contre X, en favorisant le jeune boxeur (Auquel on donne un nom alors qu'il n'est pas sensé encore en être digne) contre le prédicateur. De combat en combat, le film reste dans les coulisses de l'histoire: on voit de quelle façon Ali refuse de partir au Vietnam, lançant une bataille juridique contre l'état. On voit surtout de quelle façon le boxeur procède, par éclats médiatiques, et souvent humoristiques, pour avancer sa carrière et se maintenir, avec culot, au sommet...

Les combats ne sont pas tout dans le film, mais Mann les approche avec une certaine gourmandise. Il joue à chaque fois sur l'urgence, en poussant le spectateur à les regarder comme si rien n'était joué d'avance. Le reste est passionnant, avec une impression d'assister à tout un pan des années 60 et 70 (Le film ne couvre que la période 64-74) qui est occulté habituellement... Car Mohammed Ali, c'est une histoire repeinte en noir, celle qu'on n'a pas encore intégrée parce que jusqu'aux années 60, l'histoire des Etats-Unis est essentiellement une affaire de blancs. Outre Mario Van Peebles en Malcolm X, l'entourage de Mohammed Ali permet à de nombreux acteurs Afro-Américains de s'illustrer avec brio, de Jeffrey Wright à Jamie Foxx en passant par Jada Pinkett Smith ou Gianni Esposito. Surtout, le film prend fait et cause pour Ali, un nouveau héros paradoxal pour l'auteur de Heat, qui comme tant d'autres sollicite la confrontation, dont il se nourrit et nourrit sa légende. Un regret toutefois, le fait que Ali vive en permanence dans la publicité, dans les médias, mais donne l'impression de n'avoir aucune vie privée. Je n'ai pas dit de "vie intérieure", mais c'est vrai qu'avec Will Smith, on pouvait sans doute difficilement éviter ce côté si uniformément culotté du personnage...

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Published by François Massarelli - dans Michael Mann