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8 décembre 2024 7 08 /12 /décembre /2024 11:24

Un chat et un chien se font une concurrence sévère, rien de mieux qu'une souris pour compliquer les choses... C'est la philosophie de ce cartoon, qui a le bon goût de tout traduire en images et en actions, sans jamais laisser un quelconque dialogue gâcher la fête... Et en plus on y trouvera une contribution cruciale de tout un peuple de gallinacés.

C'est du Chuck Jones au sommet de son art, quand son graphisme s'était enfin débarrassé de l'influence de Disney pour déboucher sur une efficacité maximale, et ses personnages ont ce je ne sais quoi d'engageant qui caractérise le style du réalisateur...

Et il nous surprend en faisant de la trahison de l'un des trois protagonistes le centre de l'action! Ce qui va entrainer une allianvce contre nature, dans ce film qui enchaine les gags comme un fétard les confettis...

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Published by François Massarelli - dans Chuck Jones Looney Tunes Animation
8 décembre 2024 7 08 /12 /décembre /2024 11:16

Yosemite Sam et Bugs Bunny sont à nouveau à couteaux tirés, et dans le cadre de leurs combats, une explosion envoie Sam à l'endroit où il est inévitable qu'il finisse. Mais le diable, voyant arriver un collègue, lui propose de travailler pour lui et de remplir une mission: expédier ad patres un certain lapin...

Oui, c'est idiot, et ce dès le départ... Il ne faut pas longtemps avant qu'on découvre le pot-aux-roses: ce ilm est en fait une compilation hâtive qui reprend des extraits de films déjà sortis, et pas des meilleurs, autour de la rivalité des deux proagonistes. Le prétexte ajouté est cousu de fil blanc, et pour compliquer les choses, le designe change d'un épisode à l'autre avec des ajouts qui sont vite et fort mal faits... La physionomie de Bugs Bunny, par exemple, oscille entre son design par Freleng et celui de McKimson. 

A fuir.

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Published by François Massarelli - dans Animation Friz Freleng Bugs Bunny Looney Tunes
7 décembre 2024 6 07 /12 /décembre /2024 15:36

Film typique de ce que Michel Chion a appelé l'inter-rêgne entre le muet et le parlant, The younger generation est hybride, majoritairement muet avec quatre séquences parlantes qui ne doivent pas totaliser plus de vingt minutes. Adapté d'une pièce de Fannie Hurst, l'auteur de Humoresque, qui fut un gros succès pour Frank Borzage en 1920, le film est tout comme celui de 1920 l'une des rares incursions de Hollywood dans la communauté Juive, et le film ne ménage pas sa tendresse. Premier acteur cité au générique, Jean Hersholt y interprète Julius Goldfish, un marchand du Lower East Side, dont la maison brûle à cause de l'animosité de son fils Morris pour son voisin Eddie Lesser, qui est très proche de la soeur de Morris, Birdie. 

Morris, qui travaille, va faire preuve d'esprit d'initiative, et la famille va grâce à lui gravir les échelons. Les années passent, et les Goldfish sont désormais une famille huppée sur la 5e avenue, dont le chef est Morris (Ricardo Cortez). Outre Julius et son épouse (Rosa Rosanova), la fille est interprétée par Lina Basquette, la "Godless girl" de DeMille l'année précédente. comme dans le ghetto, la famille fonctionne selon une division très claire: la mère est toute entière dévouée à son fils, mais le père et la file sont plus proches l'un de l'autre. Morris se comporte en dictateur, imposant des règles en fonction de son désir d'avancer en société. il intedit à son père tous ses plaisirs, revoir ses amis, voire se montrer dans son ancien quartier. Pire, il interdit à Birdie de revoir son amoureux Eddie Lesser (Rex Lease). Et lorsque celui-ci fait de la prison pour avoir été complice d'un cambriolage, Morris chasse Birdie...

Le héros semble être Julius, et la verve de Hersholt attire beaucoup l'attention, mais le titre est aussi suffisamment explicite. Le film nous conte, à travers les parcours très différents de Birdie et Ed d'une coté, et de Morris de l'autre, épris de respectabilité et de réussite au point de se renier, la difficulté à se situer des enfants d'immigrés Juifs qui sont nés Américains. L'émancipation pour Birdie passe par un respect affectif de ses parents, mais pour Morris, elle doit passer par le gommage de toutes les aspérités. Celui qui souffre le plus de cette volonté de mentir sur ses origines (symbolisée d'ailleurs par un mensonge explicite dans le film, lorsque Morris renie ses parents face à eux, dans une scène d'une grande cruauté), c'est bien sûr Julius: il y a un peu de Mr deeds au début, lorsqu'il se réveile et ne parvient pas à adapter son bon sens à de nouvelles habitudes luxueuses que voudrait lui faire prendre son fils. Une scène dans laquelle la tendresse de Capra et Hersholt à l'égard du personnage est évidente, le voit tenter de blaguer avec le majordome, et sourire lorsqu'un livreur le suit dans sa tentative d'humour. Ces quelques secondes de complicité sont l'une des rares ocasions pour le vieil homme de rire, il s'en plaint, d'ailleurs, et va littéralement décliner lorsque Birdie sera chassée. On le voit, seul dans une pièce, se plaindre des persiennes qui lui cachent le soleil.  Ricardo Cortez a le rôle délicat d'assumer d'être le méchant du film. Il est raide, sec, mais à la fin, lorsqu'une fois sa famille partie le riche Morris s'assied dans un fauteuil, les persiennes dessinent une ombre sur son visage: son père lui a légué son malheur... Son assimilation est peut-être réussie, mais il a raté tout le reste...

Les scènes muettes sont les meilleurs moments du film, ce qui n'est pas une surprise, le rythme des dialogues étant typiquement lent, comme c'était la règle en 1929. La première bobine en particulier, celle qui se termine par l'incendie, est typique du talent technique de Capra, très à l'aise dans la description du quartier, et la l'exposition des personnages. Mais si les scènes parlantes sont moins intéressantes, Capra a fait des efforts pour maintenir un montage assez fluide, et ne pas laisser le dialogue faire la pluie et le beau temps. Certains dialogues sont lourds, d'autres marqués de beaux moments: un quart d'heure entier, à la fin de la troisième bobine et sur toute la suivante, est consacré à des scènes parlantes par lesquelles le cinéaste nous montre les personnages dans leur nouvel environnement du à la persévérance de Morris. Elle servent un peu de complément à l'exposition des personnages, et tous les cinq participent aux dialogues. une autre scène vers la fin, voir Julius retourner "chez lui", visiter la mère d'Eddie, afin de prendre des nouvelles de sa fille. Mrs Lesser ayant reçu une lettre, Capra utilise le son pour nous faire entendre la lecture de la lettre par un enfant. 

J'ai déja mentionné le passage durant lequel Julius Goldfish se comporte ccomme un Deeds, au réveil, cherchant désespérément des joies simples qui lui sont refusées, mais le film est empreint d'un autre thème typique du metteur en scène: l'ennemi, ici, vient de la famille, comme dans Mr Smith goes to Washington Claude Rains est à la fois un ami de Stewart et un corrompu, ou dans Meet John Doe dans lequel Cooper est manipulé par la femme qu'il aime, comme dans It's a wonderful Life le péril vient de la ville elle-même, à travers la volonté hégémonique de l'un de ses citoyens. On pourrait aller jusqu'à citer les nombreuses organisation tordues dans ses films, voire la famille de cinglés de Arsenic and old lace: chez Capra, le mal est d'abord très proche, il faut aller le chercher au fond de soi. C'est un constat très Catholique à faire pour un cinéaste Italien, mais qui peut surprendre devent un film qui ne sort jamais ou presque jamais de la communauté Juive. Pour finir, le film confirme l'intérêt de l'oeuvre de capra, et bien sur son incroyable vitalité, tout autant que son talent à faire des mélodrames qui vont loin. Pas jusqu'au miracle, on n'est pas chez Frank Borzage, mais le mélodrame à la Capra est plus réaliste, moins enflammé, et finalement aussi attachant.

 

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Published by François Massarelli - dans Frank Capra Muet 1929 **
6 décembre 2024 5 06 /12 /décembre /2024 18:33

Un camion de la fourrière avance, avec son lot de chiens enchaînés... Dont un à un chat... C'est Sylvester: quand un cahot bouleverse la bonne marche du véhicule, le chat et le chien sont précipités dehors, et vont tenter le tout pour le tout de la cavale...

D'une part: c'est un argument classique, qu'on se rappelle les 39 marches... Donc, forcés de cohabiter l'un avec l'autre, alors qu'ils se haïssent, les deux personnages ont tout (ou devraient tout avoir) pour être intéressants...

D'autre part, l'animation est mécanique, limitée, et le graphisme est entre eux époques, du classicisme avec le design du chat, au style angulaire inspiré d'UPA... Ce n'est pas, esthétiquement, Freleng à son meilleur...

Enfin, l'inspiration des aventures du Coyote et de cette structure épisodique se fait sentir. Bref, ça e va finalement pas bien loin...

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Published by François Massarelli - dans Friz Freleng Animation Looney Tunes
6 décembre 2024 5 06 /12 /décembre /2024 18:24

Quand certains dessins animés de la Warner n'ont pas de réalisateur crédité au générique, il y a de fortes chances qu'il s'agisse d'une transition... Celui-ci a été planifié par Tex Avery et entamé avant son départ, mais c'est Bob Clampett, qui reprenait son unité, qui en a assumé la fin de la supervision...

C'est de toute façon un excellent film: un huis clos simple, d'un genre qui reviendra non seulement à la Warner (à travers Sylvester et l'insupportable canari qui lui sert de bourreau), mais aussi à la MGM, en particulier dans Tom et Jerry! Un canari et un chat cohabitent, et la maîtresse impose au chat de laisser le canari tranquille. A chaque fois que le chat intervient, le canari appelle à l'aide en sifflant. Une dynamique propre à entraîner les gags...

Bien qu'il soit très cohérent (ce qui n'était absolument pas sa marque de fabrique), on est tenté de l'attribuer plus à Avery qu'à Clampett: le film est dénué de ces embardées d'animation ultra-délirante, pour se concentrer sur le gag et son effet, dans la précision du geste plutôt que dans son extrapolation...

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Published by François Massarelli - dans Tex Avery Bob Clampett Looney Tunes Animation
6 décembre 2024 5 06 /12 /décembre /2024 18:19

Un chien enterre un os, mais il a la mauvaise idée de le planquer dans le terrier de deux chiens de prairie vraiment beaucoup plus intelligents que lui... La lutte sera sans merci. 

Les "goofy gophers", ce duo de petits mammifères Américains, m'a toujours semblé un peu insuffisants. Et comme il me semble que ce fut certainement une inspiration pour Alvin et les Chipmunks, ça ne me les rend pas du tout sympathiques... Ils ont fait partie de l'écurie d'Arthur Davis, le moins prolifique des réalisateurs de cartoons Warner de la grande époque, et il n'a pas eu le temps de leur donner une vraie dimension. Ici, ils passent leur temps à commenter l'action dans un anglais trop précieux pour être honnête...

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Published by François Massarelli - dans Friz Freleng Animation Looney Tunes
6 décembre 2024 5 06 /12 /décembre /2024 18:12

Deux hommes meurent de faim, en plein hiver, dans une cabane... Ca nous rappelle forcément quelque chose, et d'ailleurs l'un d'entre eux voit l'autre, son frère jumeau, sous la forme d'un appétissant poulet... Mais un représentant arrive, qui vend bien sûr des livres de cuisine (!)... C'est Daffy Duck, dont la condition de canard va lui jouer des tours...

C'est un superbe film, dans lequel Freleng joue à fond sur la dynamique entre d'un côté deux hommes assez bas du front, les deux sont d'ailleurs un dérivé de Yosemite Sam, avec son maquillage repris à Eric Campbell, et de l'autre un canard cinglé: c'était Daffy avant que Chuck Jones n'en fasse un insupportable loser geignard. Entre les deux, pour arbitrer en quelque sorte, une souris extrêmement rigolote...

L'humour noir ici n'est pas un vain mot, j'ai déjà fait plus hait une allusion à la reprise de la situation sordide de The gold rush, de Chaplin, qui joue autour du cannibalisme, et le cynisme du film, et la façon dont il joue avec les tabous, sans parler de la peinture terifiante et hilarante de la malnutrition... Le tout impeccablement mis en scène par un maître du rythme, en pleine possession de ses moyens.

 

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Published by François Massarelli - dans Looney Tunes Daffy Duck Friz Freleng Animation
2 décembre 2024 1 02 /12 /décembre /2024 15:18

Ce film est le premier de Capra à sortir du cadre des petits compléments de programme (Policiers, comédies, mélos, tous réduits en durée, et en budget) à la Columbia. Comme on le sait, ces compléments de programme sont généralement d'une qualité bien supérieure à ce qui était attendu, donc il est probable qu'Harry Cohn était à l'aise pour lui confier un budget conséquent... Ce film sera non seulement un gros succès, mais il consolidera encore plus la position du metteur en scène au studio, tout en inaugurant un cycle de film d'hommes, dont les deux qui suivront (Avec les deux mêmes acteurs dans les rôles principaux) seront parlants: Flight et Dirigible.

Jack Dorgan (Jack Holt) et Bob Mason (Ralph Graves) sont deux marins et scaphandriers, habitués à remplir des missions ensemble. Ils ont sillonné la terre entière, et se sauvent mutuellement la vie à chaque occasion qui se présente, sans jamais arrêter de se chamailler comme des gosses. Bref, des hommes, des vrais... Mais Mason, plus jeune que son copain, est généralement le plus rapide à séduire les dames. Il a même un truc: il leur offre des jarretières affriolantes... Mais alors que son compagnon est en mission sans lui, Dorgan rencontre dans un bar la jolie Bessie (Dorothy Revier), tombe amoureux, et l'épouse. Quand il part en mission à son tour pour une semaine, elle retourne faire la fête, et rencontre un beau marin qui la séduit tout de suite: Bob Mason...

Tout ce qui précède occupe essentiellement la première moitié du film, un prologue au drame, que Capra utilise pour installer du suspense dans la relation des deux amis. La deuxième moitié de ces 90 minutes concerne un naufrage, celui du sous-marin dans lequel travaille Mason. Le seul homme qui pourrait plonger et permettre de dégager le sous-marin de l'extérieur, c'est Dorgan. Le problème, c'est qu'il ne veut pas, en dépit de ses remords: la trahison de Mason lui reste en travers de la gorge.

Oui, mais... s'agit-il vraiment d'une trahison? Le moins qu'on puisse dire, c'est que dans ce film d'hommes, donc, les femmes n'ont pas une image très reluisante. Dorothy Revier n'a pas d'autre rôle que celui de garce, et à ce titre elle anticipe furieusement sur la Viviane Romance de La belle équipe! Donc, on est dans un monde de conventions dramatiques, mais celles-ci servent surtout à nous accrocher à l'histoire. Pour moi, l'important dans ce petit grand film, c'est de voir à quel point Capra a su trouver la mise en scène la plus efficace pour le projet. En terme de montage, d'atmosphère, de petites touches par-ci et par-là, le film est un sans fautes, parce que la mise en scène ne faillit jamais... Capra, dans son sous-marin dont les hommes meurent à petit feu, laisse l'urgence de la situation lui dicter un suspense impressionnant. Et même si le film louche sérieusement du côté des autres films de ce genre, qui étaient légion depuis The blue eagle de Ford ou What price glory de Walsh, la caractérisation musclée des deux acteurs principaux emporte sérieusement l'adhésion.

Et puisque on est à parler de ces films Fox avec Victor McLaglen ou George O'Brien, il me semble utile d'ajouter que si A girl in every port, de Hawks, est sorti en février 1928, et ce film de Capra en novembre de la même année, il serait déloyal de les comparer. Non par rapport au statut "supérieur" de la Fox sur la Columbia à cette époque, non: le Capra est franchement le meilleur des deux.

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Published by François Massarelli - dans Muet Frank Capra 1928 **
1 décembre 2024 7 01 /12 /décembre /2024 11:36

Le temps a passé... Lydia Deetz (Winona Ryder), devenue adulte, n'a pas perdu sa capacité à voir des fantômes et elle est devenue célèbre avec une émission consacrée à des exorcismes. Sa belle-mère Delia (Catherine O'Hara) lui annonce le décès de son père, mangé par un requin lors d'un voyage. Lydia s'est matriée mais son mari a disparu dans la forêt Amazonienne... Ce qui la hante, sans jeux de mots, mais elle n'est pas seule dans ce cas: leur fille Astrid (Jenna Ortega) qui bien sûr est en conflit avec sa mère, a un grand trou dans sa vie depuis le décès du papa. Tout ceci, finalement, ne ressemble pas à Beetlejuice...

Donc de son côté le "Bio-exorciste" Betelgeuse (Michael Keaton, prononcer "Beetle Juice") reçoit une visite de son passé en la personne d'une ex-épouse folle furieuse (et bien sûr aussi morte que possible) (Monica Bellucci). Dans l'au-delà, le commissaire Wolf Jackson (Willem Dafoe) mène l'enquête.

Je ne pense pas qu toute suite soit inutile: juste 99,9% des suites ne servent à rien d'autre qu'à capitaliser d'une façon honteuse sur un succès. Ou, comme dans ce film, de fire semblant de flirter avec sa splendeur passée... 

Donc, on l'aura compris, la déception est grande devant cette superproduction qui revisite avec excès l'univers du premier grand succès de Burton, mais on ne sera pas trop surpris. D'abord la plupart dece que Burton a fait depuis Big Fish est, je le répète et j'enfonce le clou, indigne de lui. Ensuite, le choix ici a été de mesurer le budget du film à l'aune des éventuelles attentes du public, et l'accumulation de stars (On a aussi Justin Theroux et Danny de Vito en plus des noms déjà mentionnés) vient prouver que la production a décidé de faire du film un événement. ce qu'il n'est pas...

Je devrais m'arrêter là... Cela dit il y a ici au moins deux qualités indéniables: l'une d'entre elles est qu'au milieu de cette salade indigeste et trois fois trop riche (combien de sous-intrigues?), il y a un laisser-aller parfois volontaire, qui tranche un peu avec le côté très léché de la production. Par exemple, l'absence (gênante pour des raisons de logique) de Genna Davis et Alec Baldwin est expliquée d'une façon qui souligne à très gros traits le truc de scénario... Ca fait du bien, et on respire un peu quand même... Et la deuxième qualité c'est Michael Keaton en Betelgeuse. On ne peut pas lui résister...

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Published by François Massarelli - dans Tim Burton
1 décembre 2024 7 01 /12 /décembre /2024 10:29

Lors de ses débuts à la Columbia, le jeune Capra connaissait déjà furieusement son métier, et privilégiait la vitesse, avec une sûreté d'exécution qui laisse pantois. Cette histoire de reporter ambitieux est excellente: Clem Rogers, journaliste, est las de devoir faire les chiens écrasés (Ou la météo), et obtient une dernière chance de son patron. Il se retrouve dernier arrivé sur les lieux d'un crime mais le hasard fait bien les choses: il assiste à la fuite d'une jeune femme, et suite à un quiproquo, écrit un papier qui accuse la jeune femme, la fille d'un politicien en campagne... mais la jeune héritière victime de l'histoire en question se rebiffe, et les deux font alliance pour faire éclater la vérité.

Energique, élégant, et attendrissant. un film pré-Tintin qui a bien pu inspirer Hergé, qui était très fan du cinéma Américain (plus que des Etats-Unis eux-mêmes, d'ailleurs...). On y retrouve cette vitesse, cette atmosphère des salles de rédaction qui va envahir en quelques années les films des années pré-code, et Douglas Fairbanks Jr, dont le personnage est souvent considéré comme un ado capricieux par ses collègues, avance dans cette enquête cousue de fil blanc avec humour et charme. Et puisqu'on en parle, il y a aussi un atout fantastique: face à lui, la délicieuse Jobyna Ralston!

Pour vraiment anticiper sur les futures réussites de Capra, il aurait peut-être fallu développer une partie consacrée au doute, mais Clem Rogers, en route vers une carrière prestigieuse, n'a pas de temps à consacrer à une remise en question. Et puis... c'est une comédie.

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Published by François Massarelli - dans Muet 1928 Frank Capra Comédie * Jobyna Ralston