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18 décembre 2024 3 18 /12 /décembre /2024 21:52

L'image doit-elle dire la vérité? Problème apparemment pas grave, mais qui est posé au coeur de ce film, dont nous dirons tout de suite qu'il est décevant. D'autant plus qu'Hitchcock revenait, après dix années aux Etats-Unis, en Angleterre pour y tourner un film en compagnie d'acteurs Anglais, un film dans lequel il ne s'est absolument pas empêché d'injecter des petites touches personnelles, comme ces scènes dans des pubs par exemple. Mais le film n'a pas été fait qu'avec des anglais, et c'est l'un des problèmes...

Jane Wyman est Londonienne dans ce film, paraît-il... On ne va pas s'étendre là-dessus, mais son personnage, Eve, est aspirante actrice, et se retrouve dans une situation inattendue: elle aime un homme, qui est l'amant d'une actrice célèbre, Charlotte Inwood. Et cet homme, Jonathan (Richard Todd), lui affirme qu'il a tenté de couvrir le meurtre par Charlotte de son mari, mais que le piège s'est refermé sur lui, parce qu'il est en fait soupçonné lui-même du meurtre. Avec l'aide de son père, un grand excentrique (Alastair Sim), Eve mène l'enquête... Et ne tarde pas à rencontrer l'inspecteur chargé de l'affaire, le séduisant Wilfred Smith (Michael Wilding)...

La réalisation d'Hitchcock est très efficace, et le film possède quelques jolis moments, dont une garden-party qui dégénère, mélange d'humour et de suspense, avec quelques jolis numéros d'acteurs. Et le metteur en scène se fait plaisir en situant une intrigue criminelle dans le cadre du théâtre, ce qui évidemment va donner lieu à une utilisation d'une salle de théâtre lors d'un final qui fonctionne bien. Mais... Le principal problème c'est que le film commence par un flash-back dont les images mentent: ces scènes qui sont racontées par Jonathan à Eve ne sont en réalité jamais arrivées. Et on touche à un autre problème: Hitchcock était à l'aise, on le sait, avec les "Faux coupables"; ici, Jonathan ne tient pas la route. Et pour cause...

On s'ennuie souvent, pour tout dire, même si il y a des jolis moments: une splendide scène de Dietrich (Presque excellente du début à la fin) qui assume tranquillement d'avoir inspiré un crime... dans un monologue froid mais définitif. Une scène de révélation de la folie criminelle, vue uniquement à travers les yeux de Jane Wyman, dont le reste du visage est dans la pénombre. Et bien sûr la fameuse scène de "la poupée", qui nous rappelle de quelle façon Hitchcock maîtrise le signe cinématographique! Mais à côté de ça, il faut supporter les scènes de cabotinage de Sim, qui s'écoute déclamer en permanence, et bien sûr, il faut subir la voix insupportable d'une actrice de génie qui chante mal, mais alors très mal.

 

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Published by François Massarelli - dans Alfred Hitchcock
14 décembre 2024 6 14 /12 /décembre /2024 20:43

Le sempiternel faucon débutant, Henery hawk, est toujours obsédé par l'idée d'attraper un poulet, dans la sempiternelle ferme. Il est toujours aussi obtus, et le chien de la ferme, qui souhaite être désagréable une fois de plus avec le coq Foghorn Leghorn, a l'idée de faire un marché avec le petit rapace: que ce dernier lui ramène un os, et il lui indiquera la présence d'un poulet. Puis un chat lui propose de lui indiquer la présence d'un os en échange d'un poisson, et enfin une souris lui promet un poisson en échange d'un bout de fromage...

C'est dommage, d'ailleurs, la continuité ne tient pas debout, car Henery trouve un poisson (grâce, évidemment, au coq) avant de ramener le fromage... Mais bon. Ce type d'accumulation est sans doute un truc facile de scénario, mais ça donne l'illusion d'un conte philosophique à très peu de frais, ce qui n'est pas négligeable... 

C'est un film loufoque, assez réussi (comme quoi tout arrive) et dans lequel on appréciera l'impression que chacun vit sa vie à l'écart, occupé à des tâches diverses, sans se préoccuper des autres: la façon dont le coq installe négligemment les rails d'un train électrique autour de la niche du chien par exemple, donne une jolie impression d'absurde militant...

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Published by François Massarelli - dans Looney Tunes Animation
14 décembre 2024 6 14 /12 /décembre /2024 20:33

Une araignée particulièrement sûre d'elle s'amuse de jouer au chat et à la souris avec une mouche innocente...

Ce qu'ignore l'animal, c'est que dès cette période, les préoccupations du réalisateur Friz Freleng, essentiellement, se tournent vers l'idée de mettre aux prises des petits êtres, principalement des animaux, avec des grosses bêtes ou des créatures colériques, toutjours au détriment de ces derniers. Chez Freleng, le chasseur est toujours la victime... Ce film ne fait pas exception.

Film sympathique, bien dans le ton vigoureux de ces productions de la première moitié des années 40, quand le studio de Leon Schlesinger était véritablement au sommet de sa forme, avant un certain ralentissement de l'action dans la plupart des films. Ce n'est certainement pas le cas ici... Et on note une fois de plus la trace évidente de l'influence des courts Disney sur Freleng à cette période...

"Meatless Flyday", maintenant, mérite certainement une explication: d'une part, la présence de Fly en première syllabe du deuxième terme, ne vous a pas échappé... A fly, c'est une mouche, donc. On est dans le contexte... Pour le reste, l'époque était aux restrictions: afin de faire participer la population à l'effort de rigueur, les autorités Américaines durant la seconde guerre mondiale ont eu l'idée d'instaurer un "vendredi sans viande", donc un Meatless Friday". Voilà; et comme d'habitude, expliquer un jeu de mots quel qu'il soit ne lui rend pas nécessairement service...

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Published by François Massarelli - dans Friz Freleng Animation Looney Tunes
14 décembre 2024 6 14 /12 /décembre /2024 09:14

Laurel et Hardy sont mariés, ce qui est une première... Bien sûr on ne passera pas trop de temps avant de comprendre que ces dames sont des mégères, et qu'ils sont particulièrement brimés. Mais les deux garçons réussissent à trouver le moyen de tenter une sortie, pour aller faire la fête et rejoindre des conquêtes de passage (Kay Deslis et Anita Garvin), le tout aux frais de Laurel... 

Ce sera un désastre: d'une part, l'argent de Stan s'est envolé, les laissant dans l'incapacité de régler une note particulièrement gourmande... D'autre part, une commère, amie des épouses (et qui finira dans le légendaire trou d'eau en trompe-l'oeil du studio) va aller cafter... 

C'est une première sur bien des points: d'une part c'est le premier film d'une longue et belle série réalisé par James Parrott pour le duo, et s'il n'est pas loin s'en faut le meilleur, il se défend bien. Ensuite il y est question de situation conjugale, ce qui tranche sur les habitudes, et les deux acteurs sont à l'aise dans le rôle. Enfin, on assiste à une tentative désespérée de sortir du rang, pour deux gentlemen qui n'ont rien de dragueurs effrênés... 

Le film repose beaucoup sur du solide, d'abord son casting, exemplaire, et les décors bien rôdés du studio Roach (la boîte où les deux hommes vont se rendre est le fameux Pink Pup); le rapport bien établi entre les deux hommes, avec Hardy qui décide et Laurel qui paie... Mais il y a ne sorte de prise de pouvoir par l'acteur Anglais, qui dans la deuxième bobine a droit à un moment poignant en solo, quand avec son visage seul il nous fait comprendre qu'il  perdu son argent, pendant qu'autour de lui les agapes deviennent de plus en plus sérieuses, et que son expression passe de l'étonnement à la terreur, au désespoir, le tout dans un idiome si Laurelien...

 

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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy Muet James Parrott Hal Roach
14 décembre 2024 6 14 /12 /décembre /2024 08:59

En 1942, Norm McCabe avait repris l'unité "Looney tunes" de Bob Clampett, donc en strict noir et blanc, et tournait des films d'une sauvagerie et d'une absurdité à sans doute faire pâlir le maître lui-même... Celui-ci, qui met Daffy Duck aux prises d'un Dr Jerkyll, en est un exemple notable...

Daffy Duck est donc en quête d'une certaine "Cholé" à laquelle il doit remettre un télégramme. Il se retrouve dans la vaste demeure d'un certain Dr Jerkyll, qui est on s'en doute bien, en train de travailler sur la séparation du bien et du mal chez un être humain. Le reste est du grand n'importe quoi...

Alors que les Merrie Melodies, à ce stade de l'histoire de l'unité de production de Leon Schelsinger à la Warner, étaient devenues particulièrement raffinées, les Looney tunes, toujours en noir blanc pour quelques mois encore, restaient des films moins sophistiqués, dans lesquels les gags et l'animation partaient dans le délire, dans les grandes largeurs. 

Et c'est tant mieux.

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Published by François Massarelli - dans Norm McCabe Looney Tunes Animation Daffy Duck
12 décembre 2024 4 12 /12 /décembre /2024 11:36

Pendant la guerre des Balkans, entre 1912 et 1913, un journaliste Américain (Marc Cramer) sur le front Grec accompagne un général (Boris Karloff) qu'il juge cruel et autoritaire sur une île où l'officier souhaite lui montrer la tombe de son épouse... Mais d'une part la tombe a été manifestement profanée, et d'autre part les deux hommes rencontrent un groupe d'habitants, qui les invitent à passer la nuit. Mais la peste est présente sur l'île, et certaines superstitions pointent du doigt une jeune femme, Thea (Ellen Drew), qui a manifesté vis-à-vis du général, qu'elle considère comme un boucher, une vraie défiance... et celui-ci surveille celle que d'aucuns considèrent comme possédée d'une force maléfique...

Ce ne fut pas facile à résumer! Le film tient de façon très ténue sur ces quelques lignes enchevêtrées, entre surpersition, suggestion, atmosphère fantastique et philosophie morbide. D'un côté, une histoire presque rationnelle, avec des protagonistes de chair et d'os, qu'une coïncidence de faits a précipité ensemble: le général, dur mais se justifiant par la présence d'une menace mortelle; Thea, mystérieuse et fantasque, mais qui s'avère de chair et d'os... Et le journaliste, sans doute le plus conventionnel des personnages, sert ici de fil conducteur, et de passeur à l'intrigue.

Reste que le film fait un usage sans équivoque du concept de "l'île des morts", entre l'évocation évidente lorsqu'on voit le lieu, du tableau d'Arnold Böcklin, et l'oeuvre de Rachmaninoff... En usant de ces références hautement romantiques, Robson et Val Lewton précipitent le film dans un au-delà, que les images, comme toujours dans l'oeuvre du producteur, transforment aisément en conte fantastique dans lequel les lectures (surnaturelle, logique ou symbolique) peuvent partir en tous sens...

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Published by François Massarelli - dans Val Lewton Mark Robson
11 décembre 2024 3 11 /12 /décembre /2024 17:56

Un chat (Sylvester) ente d'attraper un canari (Tweety) qui est tombé dans la potion du Dr Jekyll. Faut-il vous faire un dessin?

...C'est nul. Aucune invention réelle, juste un concentré d'effroi miniature, basé plus sur la laideur que sur la véritable monstruosité. Ce n'est pas la première fois qu'une équipe des Looney Tunes s'intéresse à l'oeuvre de Stevenson, et Freleng lui-mùême avait déjà réalisé deux films récemment: Dr Jerkyl's Hide en 1954, avec Sylvester et les deux chiens Alfie et Chester; et Hyde and hare, un peu plus réussi, avec Bugs Bunny en 1955...

Mais à part une tendance à voir entrer Tweety dans une pièce dont il ressort en monstre moche, le film n'a rien à dire ni à démontrer, et est en cela assez typique d'une fin de règne pour les Looney Tunes, de plus en plus déphasés par rapport à leur époque qui les regardait de plus en plus comme des programmes recyclables pour la télévision. Désormais on louchait du côté du public facile, celui des enfants considérés comme peu regardants, d'où la qualité médiocre. 

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Published by François Massarelli - dans Friz Freleng Animation Looney Tunes
11 décembre 2024 3 11 /12 /décembre /2024 17:42

Comme d'habitude, en plein désert, un animal sous-nourri rendu probablement cinglé par la privation, tente par tous les moyens du moment qu'ils soient idiots et impossibles, de s'offrir la peau d'un oiseau qui va très vite afin de cesser cette période de disette! 

La non-structure de ces films est une fois de plus présente au grand jour, immuable ou presque! donc, des noms latins idiots (Hard-Headipus ravenus pour le Coyote, et Speedipus Rex pour le Roadrunner), des inventions Acme, des tentatives qui passe le seuil de l'absurde, et des gags à rallonge, comme les rasoirs jetables trois lames: la première lame installe le gag attendu, la deuxième offre une pote de sortie au coyote, qui se prend la troisième dans la figure! Le rythme est entièrement dévoué au gag, et rien ne change.

Donc clairement, à la fin, le Coyote, tel Sisyphe, a fait tout ce qu'il a fait pour absolument rien... Et reviendra certainement dans un autre cartoon pour y expérimenter exactement le même résultat..

Donc, quand même, la seule évolution dans ces courts métrages, c'est le décor de plus en plus abstrait, et le design des personnages, qui s'enlaidit hélas de plus en plus...

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Published by François Massarelli - dans Wile E. Coyote Looney Tunes Chuck Jones Animation
11 décembre 2024 3 11 /12 /décembre /2024 17:30

Un jeune officier de la marine marchande se retrouve engagé pour seconder le capitaine d'un bateau. Il commence par sympathiser avec le capitaine (Richard Dix) dont la philosophie lui apparaît comme saine avant qu'il ne commence à avoir des doutes... Le vaisseau devient un endroit hostile, et les morts violentes se succèdent... Tom Merriam (Russell Wade) en vient même à accuser son patron d'avoir provoqué sciemment la mort d'un matelot...

Etrange film, qui va plus loin encore que The leopard man dans la mise en place d'une atmosphère fantastique sans qu'il y ait vraiment la moindre matière à surnaturel... à l'exception d'un énigmatique marin, dont le visage laconique est éclairé d'une bien particulière façon, comme s'il représentait un choeur grec: il nous partage d'ailleurs ses pensées, ce qui ne le rend pas moins énigmatique! C'est surtout, comme il nous le dit directement, qu'il est muet...

Robson, qui a déjà tourné la Septième victime pour Lewton, et son mélange audacieux d'atmosphère fantastique et de film noir, distille une ambiance vénéneuse, aidé en cela par Dix, l'acteur vétéran qui joue à fond de la douceur de son ton pour installer le malaise... Ce n'est pas, objectivement, le plus remarquable des films de Lewton à la RKO, mais c'est une étape intéressante...

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Published by François Massarelli - dans Mark Robson Val Lewton
9 décembre 2024 1 09 /12 /décembre /2024 14:29

Dans un endroit (très) reculé des montagnes du Sud-Est des Etats-Unis, on s'apprête à fêter Thanksgiving... Pour sortir la dinde de ce pétrin, Daffy Duck décide de l'aider à ne pas prendre de poids: régime, sport, etc... Pendant ce temps, le canard de son côté commence à s'enrober de façon évidente...

L'animation d'Arthur Davis est toujours hautement originale, dans la mesure où l'animateur, réalisateur seulement sur une courte période, n'a pas eu le temps contrairement à ce que l'on pourrait dire de Tex Avery, Bob Clampett, Frank Tashlin, Friz Freleng et Chuck Jones, de poser sa marque... On est souvent surpris par le design à la fois rond et peu harmonieux, ces personnages aux traits outrageusement caricatureux, mais qui allaient bientôt être balayés par le style anguleux défendu par le studio UPA et repris bientôt dans toutes les unités de dessin animé...

Ici, la cible de son humour, au-delà d'un Daffy Duck encore vivace et d'un dindon particulièrement bas de la crête, ce sont les habitants des montagnes du Sud, ces habitants du Kentucky ou d'ailleurs, à la culture si particulière. Les clichés ici abondent: les pipes en bois, le cruchon, les pieds nus, les gens qui sont constamment en train de se tirer dessus de propriété en propriété... C'est vachard et drôle. Le style de Davis n'a pas vraiment eu le temps de se cristalliser et c'est bien dommage...

 

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Published by François Massarelli - dans Arthur Davis Looney Tunes Animation Daffy Duck