Ce film de 1946 est l'un des premiers du réalisateur Arthur davis, qui tourna jusqu'à 1949 un certain nombre de films souvent singuliers pour Arthur Schlesinger et ses Merrie Melodies... Et c'est le premier de ces films à avoir été un projet personnel, après qu'il ait fini des courts (Bacall to arms, The big snooze, The Goofy Gophers) commencés par Bob Clampett...
La trace de ce dernier est quand même bien visible, dans le timing et l'animation, ainsi que la loufoquerie et l'extravagance extrème du film... Ici, Porky a un problème avec une souris particulièrement cinglée et définitivement plus forte que lui. Il construit un chat-robot, afn de régler le problème...
A noter en particulier, un jeu sur la perspective, qui était fréquent chez Clampett, mais beaucoup moins dans la plupart des dessins animés Warner: on en trouve un exemple dans le fameux Porky in Wackyland. La façon dont Davis utilise l'approche du robot vers la souris (selon le point de vue de cette dernière) est très efficace... Tout en quittant résolument le terrain léger de la comédie!
C'est le soir: la grand-mère "borde" son canari (Tweety) et... Sylvester s'introduit dans la maison, lutte avec ma bestiole, et se retrouve inanimé avec une plume dans la bouche. Ce qu'il n'a pas vu (mais nous, nous le savons) c'est que Tweety est bien vivant, et a juste pris la poudre d'escampette pour échapper à un horrible destin. Une fois arrivé chez lui, Sylvester commence à être rongé par le remords...
Il est vrai que le film, qui a été introduit par un faux Alfred Hitchcock à la façon des épisodes de la série Alfred hitchcock presents, bénéficie également d'une voix off qui dialogue justement avec le chat pour le piquer dans sa culpabilité... Une bonne idée qui donne une certaine singularité à un court métrage assez unique en son genre.
Pour en finir, une fois de plus, c'est le canari qui a fait le coup.
Porky et son chat Sylvester font du camping en pleine nature... Comme de juste, Porky est d'un optimisme total, et aveugle, pendant que le chat est totalement prostré de trouille au moindre bruit. C'est le moment qu'a choisi un équipage vénusien pour patrouiller dans le désert, et chercher justement des spécimens terriens...
C'est le dernier film d'une trilogie de Chuck Jones, après Scaredy cat (1948) et Claws for alarm (1954), qui en était quasiment un remake. C'est sans aucun doute le moins bon des trois films, tous basés sur l'idée de présenter Sylvester en chat sans parole, parfaitement trouillard par opposition à son maître...
Ici, le décalage entre les deux personnages fait bien sûr fonction de moteur pour le film, mais c'est gâché par l'intrusion d'un vaisseau spatial bien dans le style des incursions généralement décevantes de Chuck Jones dans la science-fiction au rabais... Avec un "vénusien" dont on a parfois vu des déclinaisons dans les films mettant en scène le célèbre Marvin, le martien...
Paris, sur les bords de Seine. La journée se passe comme les autres journées: M. Lestingois (Charles Granval), le libraire, lutine sa domestique Anne-Marie (Séverine Lerczinska), pendant que Mme (Marcelle Hainia) se rend à un enterrement. C'est le moment qu'a choisi Boudu le clochard (Michel Simon)pour se jeter à l'eau, de désespoir, car il a perdu son chien. M. Lestingois, n'écoutant que son courage, et sa bonne conscience Chrétienne, se jette à l'eau pour le sauver... Et le regretter illico, car Boudu est tout sauf un cadeau! Et ce pour toute la maisonnée...
C'est une production des "films Michel Simon", qui n'ont jamais été une compagnie à part entière, juste une sorte de garantie d'engagement d'un acteur qui, s'il n'a jamais vraiment été attiré par les rôles conventionnels, a quand même durablement marqué le public dès les années 20. Et Renoir, qui a déjà travaillé avec lui (Tire-au-flanc, La Chienne), a construit le projet autour de l'acteur, un jeu de massacre anti-bourgeois adapté d'une pièce à succès de René Fauchois... Dont Simon était justement la vedette.
La farce est légère, et parfois franchement grivoise... On comprend assez vite que la venue de Boudu dans la sainte famille Lestingois, des bourgeois comme il faut (c'est à dire "collet monté", vaguement hypocrites, et - bien entendu - joyeusement adultères), va avoir un effet particulièrement ébouriffant. Non seulement Boudu ne respecte rien, se comporte en enfant gâté et impulsif, mais en prime il va se permettre avec ces dames, et en particulier avec mme Lestingois, des privautés que la morale réprouve...
Le ton peut se résumer en une seule scène: venu vers Mme Lestingois pour se faire engueuler, Boudu retourne la situation en même temps que la dame (désolé) et... la caméra cadre alors une image au mur, celle d'un petit soldat en uniforme, qui joue de la trompette. Puis on passe à un défilé militaire et sa musique tonitruante... Et enfin, Michel Simon et Marcelle Haina se relèvent après leur conciliabule, et Mme Lestingois, de fait, arbore une mine satisfaite, et bien moins pincée qu'à l'habitude... Ce n'est effectivement pas très sérieux... mais c'est le tin général d'un film qui entendait ruer dans les brancards en affichant une belle santé anarchiste, en ces années trente qui s'apprêtaient à déraper sérieusement...
De quoi comprendre la position particulière, presque centrale, de ce film mal poli, aux accents de poil à gratter, dans l'oeuvre de son réalisateur... Et de son acteur principal qui n'allait pas tarder à interpréter l'hallucinant père Jules de L'atalante, de Jean Vigo.
Un officier britannique (Teft Johnson) annonce au fiancé de sa fille (Edith Storey), un militaire (Wallace Reid), qu'il va devoir faire ses preuves avant de pouvoir se marier... Ca tombe bien, la guerre éclate entre la Grande-Bretagne et la Russie! Lors de la fameuse et tant célébrée "Charge de la brigade légère", le jeune homme se conduit en véritable héros.
Ce n'est que l'une des 1748 incarnations de cette histoire, dont Lord Alfred Tennyson a tiré un poème célèbre, qui est ici utilisé, justement, pour les intertitres. C'est, disons-le, totalement anecdotique.
Un homme (John Bunny) qui a perdu son épouse, élève ses cinq filles seul. Quand il doit accepter un poste honorifique à Paris, il laisse sa progéniture derrière lui pour quelques années, dans les mains d'une gouvernante (Flora Finch). A Paris, il rencontre une jeune femme (Julia Swayne Gordon), qu'il épouse. En revenant aux Etats-Unis, ils vont devoir affronter la mauvaise volonté manifeste et créative des cinq jeunes femmes (Edith Storey, Norma Talmadge, Lillian Walker, Dorothy Kelly, Edith Halleran)...
C'est charmant, ça ne va pas très loin, si ce n'est qu'on a souvent le sentiment que ces cinq jeunes femmes particulièrement remontées contre leur innocente belle-mère ont raison. Mais pourquoi? ...Par principe, apparemment. Et puis elles s'amendent un peu vite: il suffit à la sage belle-mère d'annoncer un bal... Passons! C'est une petite chose mineure.
A noter qu'un titre alternatif part dans une autre direction: le film est parfois appelé The troublesome step-daughters...
Dans la bonne société de l'Est, on présente un homme Britannique, destiné à acquérir un titre à la mort de son père, à une jeune héritière. Il a pour mission de se marier avec une jeune personne fortunée, et il est amoureux... Mais son père insiste pour qu'il conclue un arrangement prénuptial, ce qui le mine: ça ne ressemble pas à un mariage d'amour. Devant le refus de la jeune femme, il part pour l'Ouest afin d'y faire fortune.
Il faut un temps pour décoder le problème: l'arrangement prénuptial est une précaution financière qui vise à protéger, en cas de divorce ou de ort d'un des mariés, celui des deux qui n'a rien, donc... le nobliau sans fortune! Et d'ailleurs la jeune femme, jamais nommée, interprétée par Edith Storey, est très claire: elle ne se mariera pas avec un chasseur de dot.
C'est un petit film qui montre deux choses, la première étant une certaine défiance face à l'ancien monde représenté par la Grande-Bretagne. C'est plus ici incarné par le père du héros que par le jeune homme... Et d'autre part, à l'heure où les studios commençaient massivement à se rendre dans l'Ouest, le héros, bientôt suivi par la famille de sa petite amie, va tenter de trouver le bonheur en Californie...
Pour finir, si le film est identifié comme une production Vitagraph, avec Edith Storey et Earle Williams, impossible à l'heure actuelle de trouver une trace de l'identité du réalisateur. William J. Humphrey, qui a tourné plusieurs films dramatique avec ces deux acteurs pour la même compagnie, peut-être? Et de même, ce film rare est assez peu présent sur internet, la seule photo que j'ai trouvée étant un photogramme issu des premières scènes: les deux protagonistes assistent à un étrange spectacle durant lequel on leur présente un tableau vivant d'Adam et Eve.
Un sous-officier (Earle Williams) de l'Armée des Etats-Unis devient l'un des premiers pilotes d'avion, sur recommandation de son colonel (Alec B. Francis). Lors de la guerre (fictive) entre les Etats-Unis et les "Etats-Unis d'Europe", en 1914 (soit trois ans après le tournage du film), il participe à une mission dangereuse... Reverra-t-il la fille du colonel (Edith Storey), sa fiancée?
C'est un petit (deux bobines à l'origine, mais il en reste la moitié environ, dans une version abrégée tout à fait cohérente) court métrage, qui serait bien anodin (un héros, une action d'éclat, des combats filmés avec des maquettes, une jeune fiancée qui attend sagement à la maison...) s'il ne s'agissait probablement du premier film de fiction montrant un aviateur en action...
Jeanne (Marie Trintignant), donc, ment "comme elle respire"... Et de fait, onle comprend très vite. Elle en a des difficultés à trouver la stabilité, mais aussi la tranquillité: elle ne travaille pas, parce que quand elle tente de le faire, elle se perd dans des conversations, happées dans des bribes de vies qu'elle n'a pas vécues, mais qu'elle aime tant raconter. Infirmière au Bénin et au Soudan, richissime héritière qui se plait à vivre en bohême, assistante d'un scientifique... Tout ce qu'elle n'a jamais fait lui donne une stature et la rend passionnante.
C'est d'ailleurs quand elle est en pleine conversation avec une vieille dame un peu aisée que sa vie bascule: Madeleine (Blanchette Brunoy) se prend d'amitié pour celle qu'elle prend pour une fille de riches, et l'héberge. C'est à ce moment que Jeanne Rencontre Antoine (Guillaume Depardieu): celui-ci "drague" Madeleine pour l'attirer hors de chez elle pendant que des complices cambriolent son appartement. Mais le coup ne rapporte pas assez, alors Antoine décide de s'intéresser aux millions inexistants de la famille de Jeanne...
Les menteurs, les mythomanes, les manipulateurs, c'est un sujet qui a toujours passionné Pierre Salvadori: d'une part, il le doit peut-être à un de ses maîtres de cinéma, Ernst Lubitsch (et en particulier à Trouble in paradise, dans lequel deux escrocs se retrouvent l'un en compagnie de l'autre précisément parce qu'ils se mentent mutuellement avec un aplomb monumental)... c'est peut-être pour ça aussi que ce film, qui semble être la matrice de cette thématique pour le cinéaste, a souvent été qualifié par lui de film préféré.
La construction est étonnante, qui privilégie dans un premier temps un humour burlesque et bon-enfant, avant de bifurquer sérieusement, car le film est d'abord et avant tout l'histoire d'une personne atteinte de maladie mentale. La façon dont l'intrigue évolue vers la gravité sans jamais s'abstenir de travailler sur la comédie, appartient en plein à Salvadori, qui tentera d'autres expériences, allant parfois jusqu'à la méchanceté, aussi feutrée soit-elle (Hors de prix), ou une impression de tragédie (Dans la cour).
Et puis cette menteuse qui ne peut pas s'en empêcher, accompagnée de son amant petit escroc qui cherche par le mensonge à lui soutirer des millions qu'elle n'a pas, sera bientôt suivie d'autres affabulateurs, tous plus farfelus les uns que les autres, des gens pour lesquels la vie ne peut être vécue qu'avec des dissimulations, des menteries, des calembredaines, des carabistouilles, pour le meilleur et parfois aussi pour le pire. Comme un signe des temps, d'une époque troublée ou simplement vivre parait impossible?
C'est l'histoire d'un kangourou, Claude Hopper, qui rencontre deux lapins écossais, qui le mettent au défi de sauter toujours plus haut...
Dire que c'est un film étrange et même franchement excentrique, est une évidence. Norman McCabe, ancien animateur de l'unité Looney Tunes de Bob Clampett, a hérité de l'équipe lorsque ce dernier a commencé à tourner des films en couleurs pour la série Merrie melodies... Et c'est vrai que la plupart de ses courts métrages (tous en noir et blanc, et il y en a peu: 13 seulement) sont complètement fous...
Ce qui ne nous étonnera qu'à moitié: d'une part, le monsieur a quand même repris non seulement l'unité, mais aussi la méthode foldingue, de Clampett. Et d'autre part, quand ce dernier tournait les Looney Tunes, il avait remarqué que personne ne faisait vraiment attention à ce qu'il se passait, et le fait est que les cartoons de Clampett, et par définition, tous les Looney tunes en noir et blanc des années 40, ont été faits dans une totale liberté... Et ça se voit ici aussi!
Un petit détail attendrissant, maintenant: la voix de Claude, le kangourou (qui disparaîtra après sans laisser de trace, mais je soupçonne que les deux lapins soien les ancêtres des Goofy Gophers) est l'acteur Pinto Colvig, qui était le plus souvent l'admirable voice artist derrière le personnage de Goofy chez Disney.
Et en dépit de tout ça, ce flm reste assez peu intéressant, bien moins en tout cas que les irruptions de folie furieuse de Daffy Duck dans d'autres films de McCabe...