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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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18 août 2026 2 18 /08 /août /2026 16:49

Le Mal est au coeur de l'oeuvre de David Fincher... et bien sûr au coeur de chaque être humain; c'est d'ailleurs le sujet de bien des films, à commencer par ceux d'Hitchcock, donc on conviendra qu'il n'y a rien de nouveau, ou du moins qu'il ne devrait rien avoir de nouveau à traiter un sujet comme celui de Zodiac. Il a déjà fait l'objet d'un film, après tout: Dirty Harry ne se battait-il pas à la fois contre un tueur fou et contre la bureaucratie molle dans le film de Don Siegel de 1971? Et comme de juste, dans cette chronologie maniaque des événements, la sortie du film en 1971 est mentionnée, et rendue plus historique encore par la rencontre entre deux des protagonistes du film... Ca aurait du être un film en trop, Fincher ayant déjà tâté du serial killer avec Seven, mais non: c'est un film crucial, exemplaire, moral, et le chef d'oeuvre de David Fincher. Tout simplement.

En 1969 dans la région de San Francisco, le meurtre d'une jeune femme, accompagnée d'un petit ami qui ne sera que blessé, déclenche une enquête durant laquelle la police va s'approcher de plusieurs possibilités, sans jamais réussir à coincer le suspect, qui s'est auto-proclamé "Zodiac", et apprécie cette tribune de façon évidente. La presse, en particulier deux hommes, vont également être de la partie, tournant parfois autour des mêmes hypothèses. Le passage des années, la transformation de ce qui était une enquête en obsession, tout ce qui a trait à l'histoire connue de l'affaire du Zodiac nous est contée via la point de vue de Bob Graysmith, cartooniste au San Francisco Chronicle et auteur d'un livre à succès sur le meurtrier et l'enquête malheureuse...

Fincher était un jeune garçon en Californie au moment des faits, qui l'ont inévitablement marqué. Cela se sent en particulier dans l'impression de réalité qu'on a en voyant le film, et dans les parti-pris de réalisme du point de vue: une décision simple a été prise, celle de ne montrer que les meurtres et les tentatives que si une victime ou un témoin avait survécu. De même, on sait que Fincher est un virtuose (Les journalistes de Télérama ne manquent aucune occasion de s'en plaindre à la sortie de ses films), mais pas de délire ici: tout point de vue est justifié, chaque angle est étudié, et la caméra bouge peu. L'utilisation du fondu au noir est un autre truc de mise en scène qui prend un relief particulier: symbolisant la rupture de l'acte de mémoire, la fin de chaque scène évite un montage brusque, et la douceur des transitions surprend; certaines choses ne sont tout simplement pas nécessaires; mais un fondu au noir se prolonge durant trois minutes (Du moins dans la "director's cut"), accompagné de fragments sonores d'histoires, et nous informe d'un long passage de temps: quatre années... Au-delà donc  de la reconstitution maniaque des événements tels qu'ils ont pu être ressentis à l'époque, et de la restitution pour une fois parfaitement morale et rigoureuse d'un fait lié à des meurtres en série, le propos de Fincher est de traiter du temps qui passe, et d'incorporer l'enquête sur le Zodiac dans ce qui est une spirale de l'échec...

Rejoignant les anti-héros des autres films de Fincher qui se terminent bien mal, Bob Graysmith le cartooniste, Dave Toschi le flic lessivé et Paul Avery le journaliste sont dépassés par l'âge, par le manque d'actualité de l'affaire, par les faits parfois contradictoires. cette quête pour la vérité se heurte à des obstacles troublants, des recoupements illogiques, des suspects trop parfaits qu'un simple détail suffit parfois à écarter. Finalement, la vérité semble tenir à bien peu de choses, comme lors de cette scène finale, presqu'une coda, au cours de laquelle un survivant, 22 ans après les faits, identifie formellement un coupable, ce qui ne donnera lieu à rien puisque le suspect en question mourra peu après. Fincher choisit de finir brusquement son film, comme il souhaitait tant le faire pour Seven: une façon de boucler la boucle sur une histoire qui a bien du durer 38 ans, de Zodiac, les meurtres, en 1969, à Zodiac le film, en passant par le livre de Graysmith en 1991, et... Seven, histoire effrayante d'un meurtrier en série qui se joue de la police de San Francisco en 1995.

Mais l'essentiel de ce film n'est pas la quête de la vérité par des justiciers; encore moins l'abnégation des hommes qui cherchent la vérité; il s'agit plutôt de montrer comment le mal finit par être contagieux, à tel point qu'on a le sentiment que les hommes qui cherchent le coupable ne veulent parfois qu'un prétexte pour décrocher, le plus important étant de finir cette 'oeuvre' qui ne sera jamais achevée officiellement de toute façon. Chacun des protagonistes en vient à choisir à un moment ou à un autre entre sa vie privée et l'enquête. Paul Avery (Robert Downey Jr) se détruit à petit feu, Dave Toschi (Mark Ruffalo) perd l'estime de ses supérieurs, et Graysmith (Jake Gyllenhall)  perdra sa famille... Mais le mal continue à courir, d'ailleurs une scène de suspense située vers la fin tourne volontairement à vide, montrant à quel point tout peut arriver, y compris rien: Graysmith enquête sur un suspect, et se rend compte que l'homme affable et un brin efféminé qui est face à lui est lui aussi un coupable potentiel. La menace ne débouche sur rien, juste l'idée que finalement on n'a plus aucun repère tangible. La force de Fincher, sa morale aussi, lui permettent ainsi de finir un film sur une enquête inachevée, sans forcer la main à l'histoire. Reconstitution du temps, des années passées, du temps qui passe, de chaque lundi, mardi et de chacun des jours suivants, des moments où il a plu, des moments où il y avait du brouillard sur le Golden Gate, ce film extraordinaire est un témoin essentiel des capacités phénoménales du cinéma, voilà.

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Published by François Massarelli - dans David Fincher
18 août 2026 2 18 /08 /août /2026 16:20

La libération de Paris, entre le 19 et le 25 Août 1944, filmée par des opérateurs qui tous s'identifiaient comme étant partie intégrante de la résistance... Le film, en 35 minutes à peine, évoque en les montrant, les batailles, les échauffourées, le départ des "Boches", l'arrivée des FFI, la victoire, la liesse, les règlements de compte... Le tout d'une façon totalement authentique...

Ce film tourné en plein coeur des événements a probablement nourri absolument tous les documentaires sortis depuis et qui ont puisé dans ses images définitives et impressionnantes, de quoi montrer un parfum définitif de ce que ces journées ont été, ou en tout cas ce qu'elles ont pu être.

Et le plus troublant? Les hommes et les femmes qui vivent ces événements sous nos yeux, ressemblent à nos grands-parents, les vôtres et (je le sais) les miens. C'est terriblement émouvant, surtout à l'époque qui est la notre... Quand le film fut montré (à l'heure où tout le pays n'avait pas encore été libéré, loin de là) l'idée était de montrer l'unité de la France dans son esprit de résistance et de résilience. Bon, c'est sans doute moins authentique, hélas, que les images...

Les copies les plus courantes proposent une version Anglaise (disponible sur le Blu-ray Criterion de L'armée des Ombres), dont le dommentaire est lu par Noel Coward, et une version Française (la voix off est du comédien et résistant Pierre Blanchar), disponible ici: https://www.cinearchives.org/catalogue-journal-de-la-resistance-le-1104-748-1-0.html

La plupart des commentaires insistent sur l'anonymat du film, alors qu'IMDB.com attribue la mise en scène à André Zwobada. Le Blu-ray Criterion, quant à lui, cite Painlevé et Grémillon comme faisant partie des opérateurs...

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Published by François Massarelli - dans Documentaire
16 août 2026 7 16 /08 /août /2026 14:05

Le deuxième film de Lang avec Edward G. Robinson (qu'il a produit lui-même) est un remake de La Chienne de Renoir, d'après le roman et la pièce du même nom de Georges de La Fouchardière. Lang a soutenu s'être d'abord inspiré du roman, mais un je-ne-sais-quoi de l'ironie vacharde du film de 1931 est plus que palpable dans ce film inégal... Sous des dehors de film noir, on est à la lisière de la comédie...

Christopher Cross (Robinson), un petit homme mal marié, sans histoire, a un jardin secret: il peint. Il peint avec passion, mais son épouse, une infecte mégère qui a perdu son premier mari et qui se plaint tout le temps, est la première à lui dire qu'il n'a aucun talent... Et le lui dit tous les jours. Un jour, après une célébration bien arrosée au bureau, Chris sauve une femme (Joan Bennett) des griffes d'une brute (Dan Duryea). Ils sympathisent, et Chris est instantanément tombé amoureux. Mais Kitty, elle, voit tout de suite le parti qu'elle et son petit ami John (la grosse brute) peuvent tirer... Car elle s'imagine que Chris est peintre, un de ces peintres qui vendent leurs oeuvres plusieurs dizaines de milliers de dollars!

Contrairement à The Woman in the window, ici pas de rêve, juste le tapis de la réalité qui se dérobe sous les pas d'un homme auquel rien, mais alors, rien d'intéressant, n'aurait jamais du arriver. Une spirale délirante de malchance et d'un destin ironique, qui n'en finit pas de hanter le pauvre homme: son talent de peintre sera reconnu, mais ce sera sous le nom d'un(e) autre. Il pourra retrouver le célibat, mais ce sera pour découvrir que sa maîtresse le trompe... Il en viendra à souhaiter tuer sa femme, mais ce sera une autre qui tombera sous les coups. Ironie suprême, quand il voudra se livrer à la police, on ne le croira même pas! Bref: un minable... Un rôle en or pour un immense acteur en vérité, mais quelle noirceur... D'ailleurs, de son nom ("Criss-cross", c'est l'échange, celui entre le sage et ennuyeux Christopher et un homme de la nuit, qui rencontre des femmes et se mèle à la pègre!) au cadrage quand il verra Kitty la première fois (et l'absence de dialogues de la scène en renforce l'aspect cinématographique), tout autour de Chris renforce l'idée d'irréalité...

Lang est en terrain connu avec les mêmes acteurs et le même chef-opérateur que le film précédent, et il va y retrouver son sens du cadre, ainsi qu'une tendance géniale à utiliser les portes et fenêtres, et vitrines. D'ailleurs, une scène-clé, ironiquement, cite The woman in the window, quand Robinson voit dans une vitrine qu'on déménage un tableau de Joan Bennett... que son personnage, cette fois, est supposé avoir peint. Dans cette équipée sordide et nocturne, le cinéaste adopte un ton parfois distancié, à la limite du cynisme, et ça ne lui ressemble pas beauoup... 

 

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Published by François Massarelli - dans Fritz Lang Noir
15 août 2026 6 15 /08 /août /2026 08:06

Héliogabale (Fernand Herrmann), l'empereur Romain (sur lequel beaucoup de fadaises ont probablement été dites), s'adonne à ses plaisirs favoris: choisir des courtisanes, s'entourer de jeunesses, aussi bien filles que garçons, et festoyer en bonne compagnie, sans oublier, bien sûr, de jeter quelque serviteur aux lions à l'occasion...

Ce film fait partie d'une des branches du cinéma de Feuillade les plus éloignées de son style 'policier": les films dits "esthétiques"... Le terme était du cinéaste lui-même, qui avait dans un article publié en mai 1910 dans la revue Ciné-Journal exprimé ses ambitions pour un cinéma artistique et exigeant... Ce qui lui permettait sans doute d'amener Léon Gaumont à lui donner des budgets plus conséquents! Cet aspect se retrouve dans ce qui est quand même un court métrage plutôt luxueux, en terme de décors et de figurations.

Un passage à retenir, probablement: le moment où une "orgie" (essentiellement un repas, agrémenté de danses en toge!) qui bat son plein est interrompue par l'arrivée des lions. Quelques années plus tard, Feuillade raffinera ce genre de situation dans une hallucinante scène inquiétante des Vampires.

Quant à ce pauvre Héliogabale (Antonin de son nom d'empereur), c'était semble-t-il un libertin, qui affichait une androgynie et une liberté sexuelle qui ne pouvait que déclencher sa diabolisation par l'église (ce que le film reprend fidèlement, on y verra Fernand Herrmann flatter le minois d'un tout jeune homme); il n'a pas eu longtemps pour ses turpitudes, qu'elles soient authentiques ou fantasmées par quelques moines moyen-ageux en quête de copie: né en 204, devenu empereur à 14 ans, il mourra à 18. Assassiné, bien entendu.

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Published by François Massarelli - dans Muet Louis Feuillade
15 août 2026 6 15 /08 /août /2026 07:57

La Gaumont avait une mission, imposée par le patron Léon Gaumont: éduquer les masses, dans le bon sens et le bon ordre... Il est donc attendu qu'il faille à un moment ou un autre s'occuper de religion. Après un film (un long métrage, denrée rare en 1906) mis en scène par Alice Guy (La vie du Christ, 1906), Louis Feuillade a souvent pris le relais. 

On assiste donc à une série de tableaux religieux aux compositions sulpiciennes, dans lesquelles le grand cinéaste s'applique sans aucune trace de son génie à illustrer platement la supersitition de son patron, le tout relié par des intertitres à la navrante platitude...

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Published by François Massarelli - dans Louis Feuillade Muet
15 août 2026 6 15 /08 /août /2026 07:49

Le titre est on ne peut plus explicite: Bout de Zan (René Poyen), le gamin des rues, vole en effet un éléphant à une famille de forains (qui disparaissent immédiatement du film, car à cette époque, la Gaumont n'avait pas plus de considération pour les gens du voyage, sauf bien sûr s'il fallait en faire des voleurs dans les films), et commet quelques facéties avant que lui et l'animal ne soient recueillis par une dame charitable (Renée Carl) qui aime les enfants et les animaux...

C'est peu dire qu'il y a peu à dire... Les films de Bout de Zan, petit précurseur à chapeau et chaussures trop grands pour lui, d'un Jackie Coogan, était très populaire, et ses films le plus souvent tournés par Feuillade étaient l'occasion pour le petit acteur de faire de copieuses bêtises. Il use et abuse du regard à la caméra, cette marque distinctive et antédiluvienne de la comédie telle que Feuillade la concevait...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Louis Feuillade
15 août 2026 6 15 /08 /août /2026 07:31

Dans la famille de Bébé (Clément Mary), on reçoit l'oncle du garnement, qui lui offre un cadeau: il s'agit d'un petit fusil... Prudent, le père (Paul Manson) garde les cartouches à plomb, mais son fils les lui reprend en douce, et entreprend d'utiliser son cadeau... En déclenchant comme il se doit de lamentables catastrophes.

On passera sur l'ironie de la situation, la façon dont les parents (La mère est jouée par Renée Carl) accueillent avec ravissement le cadeau fait à leur fils, et foce est de constater que ce film est assez peu intéressant: oui, Feuillade, le poète noir de l'art muet, le prince des films policiers baroque, avait aussi à sa charge des séries infantiles dans lesquelles un enfant de riches tire allègrement sur les fesses d'une domestique (Jeanne Saint-Vincent, ornées d'une cible...

Parlons-en d'ailleurs: cette anecdote du film montre assez bien le mépris de classe affiché fièrement comme un étendard par la Gaumont, et qui durera jusqu'au début des années 20 avant que les cinéastes n'y mettent bon ordre... Pour finir cet article sur un film sans grand intérêt (au delà du proverbial aspect "historique"), il me semble significatif de dire que l'actrice Renée Carl, la tragédienne par excellence chez son mentor Louis Feuillade, est ici vue à plusieurs reprises hilare. Etonnant, non?

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Published by François Massarelli - dans Muet Louis Feuillade
13 août 2026 4 13 /08 /août /2026 06:27

1920: pendant que le pays se reconstruit, l'armée doit acccompagner les familles qui ont perdu des hommes sur le front. Le commandant Dellaplane (Philippe Noiret) est à la tête d'une unité dont la mission est de les recenser et d'aider les veuves, les enfants et tous les gens qui cherchent des réponses, à récupérer des informations. Il vai aider deux femmes qui toutes deux ont perdu un homme: Irène de Courtil (Sabine Azéma) cherche son mari, et parcourt les lieux de l'ancien front avec une voiture prêtée par son riche beau-père, alors qu'Alice (Pascale Vignal), une jeune institutrice, cherche son fiancé... Le premier contact du rugueux fonctionnaire avec Irène est très houleux...

C'est un curieux film, dont on comprend assez facilement qu'il a it pu rafler tant d'honneurs en son temps: il semble proposer une offre! Non seulement deux stars et non des moindres, une histoire humaine forcément intéressante, mais aussi une batterie de genres en un seul film! C'est, je pense, également son défaut. Même si l'idée méritait d'être tentée, l'histoire d'amour qui vient se greffer sur le film n'est pas son point le plus fort... Reste une étude de moeurs des hommes à une époque difficile, celle durant laquelle les vivants doivent à la fois célébrer le fait d'avoir survécu, tout en rendant le deuil possible...

Le portrait historique d'une époque, qui renvoie un peu à Que la fête commence, est sans doute le point fort du film, où un cinéaste désormais aguerri utilise son savoir-faire pour mêler la grande et la petite histoire, faisant se croiser les intrigues, et les anecdotes, les répliques des uns et des autres, personnages nommés ou simples troufions qui passaient par là. Un refus évident de négliger tous ces humains qui sont là sous nos yeux, dans un cinéma généreux et profondément humain. C'est à mon sens la plus grande qualité de ce film...

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Published by François Massarelli - dans Bertrand Tavernier Première guerre mondiale
10 août 2026 1 10 /08 /août /2026 08:18

Des débuts du cinéma jusqu'à 1965, le parcours de l'image de la féminité (telle qu'on la voyait en 1965) dans un certain nombre de films-clé... De nombreux extraits de films, depuis le fameux The kiss de 1896, jusqu'aux années 60...

Oui, évidemment, le film a toutes les chances de devenir une liste de moments érotiques! C'est que l'image de la féminité dans la période concernée ne parvient pas toujours à échapper au fait que la vaste majorité des réalisateurs sont des hommes... Le propos du film, de célébrer les "déesses de l'amour" de l'écran, glisse sur la notion d'exploitation... Les facilités abondent (Lillian Gish, l'innocente, opposée à Clara Bow, "l'aguicheuse", un peu trop raccourci), mais au-dela de présenter une collection de moments jugés parfois torrides, le film aborde assez franchement les films dont il montre des extraits. 

...Et il y a ici ou là, des extraits de films, qui justement ne nous rappelleront plus rien car ils sont perdus. Un exemple certifié ici, The wolf woman (Raymond B. West, 1916), illustre la tendance des "vamps". C'est vrai qu'il ne devait pas y avoir beaucoup d'images de Theda Bara disponibles, en 1965! Cette séquence de quelques secondes d'un film de 1916, produit par Thomas Ince, est tirée d'une bande-annonce et c'est l'unique vestige du film. Je m'interroge aussi sur la présence d'une scène dans laquelle Esther Ralston, hilare, est filmée au bain, par une équipe de tournage qui se voit à l'écran. S'agirait-il d'un passage du film perdu American venus (Herbert Brenon, 1926) ou d'un extrait d'un film promotionnel de la Paramount? 

Quoi qu'il en soit, une histoire du cinéma plaisante et qui a probablement été concoctée "pour adultes avertis", maintenant visible par à peu près tout le monde!

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Published by François Massarelli - dans Documentaire
4 août 2026 2 04 /08 /août /2026 09:01

Naufragés sur un radeau, Popeye et Olive arrivent sur une île où règnent en maîtres les animaux sauvages... Du travail en perspective pour le marin et ses épinards.

C'est brut de décoffrage, et décidément le style des fères Fleischer, tout en mouvement, est très singulier. Contrairement aux Betty Boop de la même période, ce film est assez court, et en dehors des crédits, dénués d'effets de relief... Il est surtout consacré à une sorte de rêve éveillé, et profondément hallucinatoire, dans lequel Popeye, méthodiquement, massacre tous les animaux qu'il croise: au point d'en faire une collection d'hiver de manteaux!

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Published by François Massarelli - dans Pre-code Animation Dave Fleischer