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24 octobre 2023 2 24 /10 /octobre /2023 09:45

Un homme est mort (il sera aussi le narateur de cette improbable production, avec la voix de Philippe Clay. Il est retrouvé par un pêcheur (Louis de Funès), par un couple qui est justement composé du meilleur ami et de l'épouse du défunt, puis par tellement de personnages de ce film qu'on se lasse de compter. Qui l'a tué? Eh bien, comme dit un moment l'inspecteur en charge de l'affaire, "tout le pays est suspect"...

Ca ne vous rappelle pas quelque chose? Si vous répondez non, il y a une séance de rattrapage à faire, et au plus vite... The trouble with Harry, sorti en 1955, était basé sur un roman de 1949 de Jack Trevor Story. Celui-ci sur un roman noir de Marcel-Roger Prêtre. Le personnage de De Funès et son épouse (Marthe Mercadier) rendraient presque les segments qu'ils interprètent regardables, mais le reste est tellement mal foutu...

Le film passera peut-être à la postérité pour la complication inévitable liée à la présence de non pas un, pas même deux, mais trois titres. Le garde-champêtre mène l'enquête, Le poisson sifflera... deux fois sont déjà de bien beaux titres pour navets franchouillards. Mais avec ses relents de natation et de pétomanie (une remarque gratuite car au-delà de la médiocrité confuse de la chose, ça reste à peu près digne), Dans l'eau... qui fait des bulles restera sans doute comme un chef d'oeuvre du titre idiot. C'est déjà ça...

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Published by François Massarelli - dans Comédie
24 octobre 2023 2 24 /10 /octobre /2023 09:29

Une réception chez des parvenus (Edward Dillon et Lillian Elliott) va tourner au désastre... Pourtant ils avaient invité du beau linge: un sénateur (Dell Henderson) et son épouse (Elizabeth Forrester)... Mais afin d'épicer la soirée, la fille des maîtres de maison (Dorothy Granger) a décidé d'inviter un ténor (Charley Chase), qui travaille à la radio... 

La radio, grand bouc émissaire de l'époque, est ciblée ici pour son abilité à semer la bêtise. C'est en très gros l'un des seuls enjeux d'un film fatigant par son absence d'intérêt. Chase se promène dans le salon où l'on reçoit, et dans l'intrigue, sans grande conviction, et accumule les gags supposés drôles, souvent basés sur des borborygmes et des bruits incongrus.

Tout au plus peut-on émettre l'hypothèse qu'un gag qui implique un bout de vêtement qui manque, ait inspiré, lointainement, l'admirable Bringing up baby, de Howard Hawks... Et la fin qui voit Chase affronter un docteur en médecine qui est une toute jeune femme athlétique, s'avère enfin suffisamment surréaliste pour éveiller au moins un sourcil. Pour le reste...: un film redondant, donc.

 

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Published by François Massarelli - dans Hal Roach Charley Chase Pre-code
24 octobre 2023 2 24 /10 /octobre /2023 09:20

En France durant le premier conflit mondial, Charley Chase est un sergent qui mène une petite troupe, se met en conflit avec ses supérieurs, drague vaguement une jolie tenancière (Thelma Todd) qui parle un anglais impeccable (si ce n'est l'un des pires accents français qu'il m'ait été donné d'entendre), se bat évidemment, de façon loufoque assrément. Mais surtout, environ toutes les deux minutes de ce film qui en dire 28, il se livre intégralement à sa passion: chanter avec ses copains (et quelquefois avec l'ennemi)...

C'est la première fois qu'un de ces films de Charley Chase dépasse les deux bobines... Et ce n'est pas une bonne nouvelle. Non seulement l'absence d'intrigue et d'enjeu est irritante , et la gentille loufoquerie de l'univers du comédien n'y pourra rien, car il est décidément bien plus à l'aise dans son petit monde urbain, solaire et Californien... Mais certes, Chase savait chanter et jouer de la musique. Mais ce n'est pas ce qu'on attend de lui! Et le film aura en plus l'outrecuidance d'avoir une suite.

 

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Published by François Massarelli - dans Charley Chase Hal Roach Pre-code
23 octobre 2023 1 23 /10 /octobre /2023 15:21

A Rome, durant le règne de néron (Emil Jannings) le général Romain Marcus Vinicius (Alfons Fryland) rencontre et tombe amoureux d'une jeune femme Chrétienne, Ligya (Lillian Hall-Davis) qui est également convoitée par l'empereur... Sur fond de montée de la répression contre les Chrétiens, alors que Néron est de plus en plus fou, le danger est de plus en plus fort pour les deux amoureux...

Le roman de Henrk Sienkiewicz a fait l'objet de plusieurs adaptations, dès 1912; j'aime bien le film de Mervyn Le Roy de 1951, la démesure de Néron y reçoit le traitement qu'elle mérite avec un Peter Ustinov grandiose. Ici les efforts d'Emil jannings pour exister au milieu de ce fatras rappellent qu'il y a beau avoir deux metteurs en scène aux commandes de ce film Italien, il n'y a aucun capitaine, et les figurants s'empilent les uns sur les autres (Assez littéralement, vu le nombre de scènes d'orgie) sans aucun ordre, et les Chrétiens sont envoyés aux lions dans un chaos infernal, mais tout ça n'est pas bien sérieux. C'est distrayant, ça oui, ça ne fait aucun doute! Mais la mission de la production est de faire venir les gens dans les salles!

Et donc les attractions ne manquent pas, de la profusion d'orgies (souvent, ce sont des passages issues de copies différentes, qui nous rappellent que dans de nombreu pays, en particulier Anglo-Saxons, ce film a du être sévèrement censuré... ), des orgies qui sont surtout des repas fortement arrosés avec beaucoup d'esclaves à demi-nues qui dansent sur la table.. ce qui suggérait la turpitude dans les années 20. Sinon, il y a dees châtiments musclés, entre les Chrétiens jetés aux lions, les coups de fouet, et la manie de Néron de jeter les gens aux poissons carnivores! Tout ceci inspirera beaucoup Cecil B. Demille pour son film the sign of the cross qui est une adaptation pirate du même roman.

Le Ben-Hur de 1925, tourné partiellement en Italie, aurait-il tourné la tête des producteurs Mussoliniens? Fascisme ou cinéma, il faut choisir. Ils se sont alliés avec la UFA qui a fourni non seulement un co-metteur en scène, mais aussi quelques acteurs dont bien sûr la star Emil Jannings. Sinon, on peut se réjouir de la présence de la belle Lillian Hall-Davis, actrice Galloise rare, égarée dans la péninsule, et qui porte bien la toge mais pas toujours, comme en témoigne la photo de plateau ci-dessous.

Certes elle a été retouchée (la photo, pas l'actrice), mais elle reste bien fidèle aux excès si typiquement européens d'un cinéma de l'évasion qui se targuait de conter l'histoire quand il ne la travestissait pas.

Bref, comme chez DeMille: une vision bonimenteuse du cinéma, pour le pire et parfois pour, disons, une certaine poésie de l'étrange, de l'excès et du chaos...

 

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Published by François Massarelli - dans muet Italie 1925
23 octobre 2023 1 23 /10 /octobre /2023 14:56

Charley Chase se fiance avec Thelma Todd, mais leur petite entrevue autour d'un bague encore plus petite, tourne court: les patrons du jeune homme lui demandent en effet de recevoir un client, et ont déjà tout arrangé, ce sera pour une joyeuse virée en ville en compagnie de deux femmes spécialement engagées pour l'occasion... Thelma voir touge et décide qu'elle sera l'une d'elles...

Forcément, le fait que la jeune femme s'incruste dans la fiesta pour surveiller son futur mari va tourner au désastre. ...Surtout quand l'autre femme du dîner (Dorothy Granger) va s'avérer si vulgaire que le client (Dell Henderson) va imposer à Charley de les échanger...

Cette situation corporatiste générique est un tel cliché (on le retrouve dans de nombreux films Roach, pas que chez Charley Chase, et cette forme de 'blind date' aux sous-entendus problématiques est parfois vue aussi dans l'univers de Laurel et Hardy) qu'on en finirait par douter que de telles pratiques (aux confins de la prostitution, donc) aient eu lieu. Mais le film restera situé dans le cadre plutôt sécurisé d'un restaurant, où comme de juste le moindre bruit de bouchon de champagne pousse les clients à jeter sur la piste de danse l'alcool qu'il dissimulent sur eux... C'est toute une époque!

Chase et Todd, parfaitement complices, jouent la carte du mélo et de la parodie du début à la fin, jouant de la plastique de leurs visages dans des mimiques exagérées, qui vont culminer dans les jeus de regard qu'ils se lancent après que Dell Henderson ait demandé à inverser les couples... C'est un excellent film.

 

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Published by François Massarelli - dans Hal Roach Charley Chase Pre-code
22 octobre 2023 7 22 /10 /octobre /2023 21:52

1921, à Fairfax, dans le Comté d'Osage en Oklahoma, les Natifs Américains locaux (les Osage) sont devenus riches grâce à la découverte de pétrole. Le comté est une réserve "indienne", comme on disait alors, et les fortunes des Osage sont sous surveillance voire pour certains sous tutelle. La population blanche a été largement attirée par la situation, et de nombreux blancs ont commencé à se marier avec les héritères Osage. C'est dans ce contexte qu'Ernesr Burkhart (Leonardo Di Caprio) revient de la première guerre mondiale, pour s'installer auprès de son oncle William Hale (Robert de Niro), riche propriétaire et philantrope, mécène local et auto-proclamé "ami des Osage"... Mais c'est un ami observateur, qui fait rapidement comprendre à son neveu qu'il a en effet intérêt à se trouver une riche héritière, mais que ce ne sera pas suffisant... Et justement des morts de plus en plus nombreuses, jamais expliquées, frappent la communauté native de Fairfax à peu près à cette époque. Pourtant, quand il rencontre la belle Osage Molly Kyle (Lily Gladstone), Ernest semble bien tomber amoureux... Pourtant ça va être le début d'un bain de sang...

Scorsese varie une fois de plus les plaisirs de cinéma en s'attquant à sa façon à un genre qu'il n'a jamais abordé avant, même s'il en est clairement un fin connaisseur: le western. Mais un western qui est situé dans les années 20, une période durant laquelle dans certaines parties de l'Ouest (partout où ce n'était pas la Californie, en gros), le travail de construction du pays n'était pas vraiment achevé... Comme avec Gangs of new York, situé 60 années environ avant les faits racontés ici, le metteur en scène transpose dans cette intrigue d'un autre genre, son univers bâti autour du crime organisé... Car autour de Bill Hale, magistralement incaré par Robert de Niro, c'est bien un système quasi mafieux qui s'agite. Un système qui repose à la fois sur un racisme militant, et sur un double langage maitrisé en permanence: car s'il prétend constamment le contraire, Hale est absolument déterminé à prendre des mains des Osage cet argent du pétrole dont il estime qu'ils ne le méritent pas. Et il est aidé de façon étonnante par une population qui reste hostile aux "indiens", mais aussi, par des gens qui n'ont aucune difficulté, à envisager (ou à concrétiser) un plan qui se finirait par le meurtre d'enfants qui sont des héritiers du pétrole... Et à la dire à un policier, entre la poire et le fromage, comme si ça n'avait rien de choquant. Un monde dans lequel, incidemment, la banque est détenue par un homme qui se présente ouvertement comme le chef local du KKK.

Comme Mean Streets, Goodfellas, Casino, Gangs of New York, The Departed, The Wolf of Wall Street et The Irishman, le film est donc une fois de plus une exploration de la façon dont l'Amérique s'est construite sur des familles tentaculaires et criminelles, des groupes humains (et ici The wolf of Wall Street est bien sûr l'exception) dont l'affirmation d'identité passe par le crime voire le massacre. Et comme dans la plupart de ces films, la police, à travers un fonctionnaire consciencieux et méthodique du FBI (l'excellent Jesse Clemons), met du temps à les coincer, mais ira au bout de l'investigation. Mais entre temps, on aura vu de quelle manière des gens auront été loin dans une entreprise inhumaine d'extorsion à très grande échelle.

Et le plus intéressant, c'est que tout en jouant sur la fresque (un film de 3h26, c'est souvent souligné), Scorsese ne perd jamais de vue ses trois principaux personnages, à savoir Hale, Burkhart et Molly. Celle-ci aime son mari, qui le lui rend bien, et mettra du temps avant de le soupçonner d'être pour quelque chose dans le meurtre de sa mère, ses trois soeurs, et aussi dans la façon dont son diabète va empirer quand Hale lui fournira de l'insuline. Si elle ne soupçonne pas Ernest, en revanche elle comprendra assez vite que Hale est un hypocrite... Ce dernier est en effet en permanence à vanter son affection pour les Osage, mais on comprend assez vite que c'est lui qui tire les ficelles... Ernest, lui, est sans doute un esprit lent, capable de se fermer à la logique, et réussissant à faire abstraction du fait qu'il est en train de tuer son épouse à petit feu... Tout en étant sincèrement amoureux. Di Caprio, les dents jaunies et les traits tirés, le joue comme un homme monstrueux dans son inachèvement, son manque total de sophistication, et l'emprise que son oncle a sur lui, bien sûr... La dynamique entre ces trois personnages trouve son meilleur ancrage dans le personnage de Molly, et Scorsese réussit un tour de force narratif: nous faire adopter le point de vue de cette dernière alors qu'elle sera moins présente à l'écran que les deux autres. Mais Molly est bien le sujet et le révélateur du drame...

Enfin, le film participe d'une fascination du metteur en scène pour le double langage, qui est celui de la mafia, mais aussi de "Bill the butcher" dans Gangs of New York, ou de Jordan dans The wolf of Wall Street: cette capacité de prétendre constamment faire le bien, et être le bienfaiteur d'une communauté (ou le supérieur d'une entreprise), tout en se conduisant sans aucun scrupule en criminel, dans le seul but d'accumuler le plus d'argent possible. Le Catholique Scorsese (non pratiquant, certes, mais il est baptisé et a été élevé à Little Italy) est autant dégoûté que fasciné par cette espèce, dont au terme d'un carrière fascinante, il fait dans ses films, qu'ils soient inspirés ou non de la vérité (c'est le cas ici) les fondateurs d'une Amérique entièrement forgée dans le sang.

 

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Published by François Massarelli - dans Martin Scorsese Criterion
22 octobre 2023 7 22 /10 /octobre /2023 09:13

Charley Chase hérite... de deux millions de dollars. Son avocat (ou plutôt, l'un de ses avocats,du cabinet Quimby, Quimby, Quimby et Quimby, interprété par Edgar Kennedy) le met en garde: ça pourrait bien attirer les "chercheurses d'or", des femmes qui n'en voudraient qu'à son argent. Désireux de profiter de son pactole, il se rend dans un hôtel de luxe, où il ne tarde pas à attirer les convoitises... Mais il se méprend sur les intentions de Thelma Todd, une habituée des lieux, qui est dans la même situation que lui. Il la prend pour chasseuse de fortune, et elle lui rend cette politesse. Alors quand la direction, par un concours de circonstances, les place dans la mêle suite, ça fait des étincelles...

Le film fait 25 minutes, ce qui est inhabituel. Mais il le mérite bien... Chase, en jeune homme aux bonnes manières embarrassé de devoir "sauver" toutes les dames qui l'entourent quand elles simulent une jambe cassée, est tout à fait à l'aise dans un scénario qui repose sur SON registre. Et comme d'habitude, la collaboration avec Thelma Todd est formidable.

Le film n'a pas peur non plus de laisser les images faire tout le travail, ce qui la rgement le cas dans la partie du film qui voit Chase suivi par des dames qui essaient tout pour capter son attention, mais aussi dans un jeu de réactions entre Thtelma et Charley. C'est, donc, un excellent court métrage... Notons que c'est le deuxième après Girl schock qui débute par une idée incongrue et kitsch à l'extrême: deux jeunes femmes court vétues qui déclament le générique. ...Elles ne sont pas très douées.

 

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Published by François Massarelli - dans Charley Chase Hal Roach Pre-code
21 octobre 2023 6 21 /10 /octobre /2023 07:53

Lors d'une réception huppée chez son père, une jeune femme (Carmen Guerrero) entend ce dernier lui demander de reconsidérer ses fiançailles avec Charley Chase, en effet ce dernier est tellement timide et effarouché par les dames qu'en leur présence il se comporte en véritable andouille... Elle lui raconte la source de ce complexe, une anecdote liée à la guerre mondiale, lorsque le jeune homme s'est retrouvé coincé dans une tranchée avec un bataillon de dames Russes qui en ont fait leur dessert! attendri, le papa (Edgar Kennedy) décide d'accorder une seconde chance au jeune homme et accepte la collaboration d'un psychologue interlope (Jerry Mandy)...

C'est idiot (mais d'une façon complètement positive, bien sûr), et pour commencer ça ne tient pas debout: certes Chase est vraiment mal parti dans la vie (dès qu'une femme l'approche, il pousse des hauts cris et se débrouille pour pousser quelqu'un dans la piscine), mais le fait qu'il ne soit pas capable de séduire les femmes autour de lui n'est peut-être pas tant un inconvénient que ça dans l'hypothèse d'un mariage! Mais le film suit cette logique illogique sans trop de complexes... 

L'intérêt c'est bien sûr de voir que le sort s'acharne à confronter Chase à ses démons et sa timidité, et qu'on accumule ici les occasions de bouffonnerie liées, précisément, à cette incapacité à se teni avec les dames. ca va loin, puisque même les statues vont souffrir de son incurable maladresse... Le psy véreux est hilarant avec ses gestes exagérés, la séquence de flash-back (qui semble ignorer que durant la guerre les russes n'étaient pas encore soviétiques, et que le pays, jusqu'à son retrait du conflit mondial, était du côté des alliés!) est glorieuse dans son impeccable loufoquerie. Et Edgar Kennedy (voir photo ci-après) est bien sûr tout bonnement fantastique...

 

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Published by François Massarelli - dans Charley Chase Hal Roach Pre-code
19 octobre 2023 4 19 /10 /octobre /2023 16:53

Le titre d'abord... Fast work, en argot Américain des années 20/30, c'est la faculté qu'ont certains hommes de tirer parti de la présence de jeunes femmes, et d'attaquer la drague sans plus attendre. Ce que fait Charley Chase, qui travaille en fils à papa pour l'entreprise de transports (des taxis) de son père, lorsqu'une jeune femme v ient pour se plaindre. Mais June Marlowe '(la jeune femme, donc) ne sait pas que le héros a des circonstances atténuantes, en quelque sorte: il la connait car elle est une jeune femme de la société, proéminente dans la presse distinguée... et il est son plus grand fan.

Ensuite, la situation: les assiduités insistantes et à répétition du bohomme ont pour effet inattendu de provoquer la tendresse de la jeune femme, qui l'autorise à envisager une relation "si papa est d'accord"... Donc quand Charley rencontre un homme qui porte sur lui la carte du père en question, comment aurait-il su qu'il s'agissait en fait d'un évadé d'un asile d'aliénés (Dell Henderson, il est vrai, a travaillé chez Sennett) qui a pris au vrai père de June sa carte, mais la tend à qui veut la prendre, pour prétendre qu'il est cet éminent banquier...

Du coup, le fou (ou dingo, ou personne mentalement instable, l'argot de l'époque aurait parlé de nut) va se comporter comme le spectateur attend, mais pas comme Charley le souhaiterait, commandant au restaurant du poulet cru et trempant sa crème glacée dans du ketchup... et surtout demandant à son interlocuteur d danser avec lui. Mais le jeune homme, conscient des enjeux, va s'efforcer d'accéder à toutes les demandes...

C'est donc une parfaite illustration de la logique comportementale élémentaire appliquée à une situation loufoque, elle-même basée sur un enchaînement logique,et vaguement comportemental... Une histoire dans laquelle l'absurde crée l'obligation, et l'obligaton doit passer outre l'embarras. C'est du Charley Chase pur, donc. C'est un film qui fait, aussi, du bien, car il fait rire, et ça, c'est toujours de bon aloi.

 

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Published by François Massarelli - dans Charley Chase Hal Roach Pre-code
18 octobre 2023 3 18 /10 /octobre /2023 15:48

Charley Chase est chez lui, raisonnablement attelé à la lecture d'un ouvrage, quand son épouse l'appelle et lui rappelle qu'elle ne rentrera pas, restant chez sa maman pour la nuit. Il la rassure, il restera bien tranquille chez lui à lire... 

Du moins le croit-il. Car c'est le soir qu'a choisi Tiny Sanford, un ancien locataire du même appartement, pour venir faire un pélerinage nostalgique sur les lieux de son bonheur conjugal qui appartient au passé, désormais... Mais aussi l'épouse séparée de ce dernier, qui vient pour les mêmes raisons, puis d'autres zozos, tous avec des raisons différentes. Et évidemment, plus il y a de monde, plus l'image qui ne manquera pas d'être projetée de la soirée supposée tranquille de Charley, sera faussée, au moment où, inévitablement, son épouse rentrera!

Le film est d'une construction à la fois austère (trois décors, le salon de l'appartement, une chambre et le couloir) et savante (l'accumulation, toujours constamment logique, et de plus en plus embarrassante, de personnages tous plus décalés les uns que les autres). Le personnage de Chase n'a pas grand chose à faire, après tout il est chez lui, sinon tenter de gérer la masse des loufoques... Bref, il est dans son élément.

 

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Published by François Massarelli - dans Charley Chase Hal Roach Pre-code