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22 juillet 2019 1 22 /07 /juillet /2019 17:45

Dans une histoire qui mélange sans vergogne l'histoire (la fin des guerres Indiennes aux Etats-Unis alors que l'Ouest est progressivement "conquis" et le progrès continue de s'étendre) et la légende (les comportements chevaleresques et pionniers de quelques hommes qui réussissent à voir les excès d'un comportement raciste et décident de changer les choses), on retrouve un peu du grand Raoul Walsh de They died with their boots on... mais un peu, parce que a genèse de ce film a du être difficile, pour plusieurs raisons: Walsh n'est définitivement plus tout jeune (même s'il n'a que 77 ans) et à l'heure où les western n'en finit plus de subir des mutations, il a fallu plusieurs producteurs à se succéder autour du projet...

Frais émoulu de West Point, le lieutenant Hazard (Troy Donahue) arrive à Fort Delivery en Arizona afin de participer à la réalisation du rêve d'un homme qu'il admire, le général Quait (James Gregory): mettre fin aux guerres Indiennes, en essayant de limiter les massacres, et en montrant une certaine décence vis-à-vis des populations Apaches... Parallèlement le lieutenant va aussi participer à un triangle amoureux: sur le point de se marier avec la nièce de Quait, Laura (Diane McBain), il tombe sous le charme de Kitty Mainwaring (Suzanne Pleshette), l'épouse du capitaine du bataillon...

Ca aurait pu, ou du, être une catastrophe, et parfois on sent la fatigue dans ce film situé entre deux époques, l'une (les années 50) où Walsh a donné les derniers chefs d'oeuvre de sa longue et glorieuse carrière, et l'autre (la fin des années 60) marquée par les protestations, les révolutions les plus diverses, et qui est pour le cinéma une ère de chamboulements stylistiques: ces derniers n'affecteront en rien le cinéaste, bien entendu. 

Mais Walsh entend bien faire valoir ses points de vue, et cet éternel insatisfait a son mot à dire sur la fin du XIXe siècle et la façon dont le gouvernement Américain a liquidé les affaires Indiennes... Il le montre ici plus qu'il ne le démontre. Et son film, avec ses défauts comme ses qualités, se situe dans une veine assez proche de celle de Cheyenne Autumn, mais en plus narquois que le film de Ford. S'il choisit de montrer la fin des conflits d'une façon positive, il en profite pour ironiser sur les politiciens, les pontes de l'armée et tant qu'à faire le progrès, en nous montrant un ministre (Kent Smith) incapable d'utiliser un téléphone avec aisance pour communiquer avec le président Chester Arthur.

Et puis, le metteur en scène, s'il a filmé ici des Apaches de pacotille, a au moins la double satisfaction de finir sa carrière sur un western et de le faire en Arizona, dans des décors grandioses et chers à son coeur, où il peut une dernière fois orchestrer les charges avec le talent qui avait tant impressionné David Wark Griffith lui-même...

 

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Published by François Massarelli - dans Western Raoul Walsh
22 juillet 2019 1 22 /07 /juillet /2019 17:28

En langage mirlitaire, A.W.O.L. signifie Absent WithOut Leave, soit absent sans permission... Le but ici était pour l'armée, au retour d'un conflit traumatisant, d'éduquer les troufions qui avaient tendance à devancer l'appel de la liberté... 

On y suit donc les aventures d'un soldat qui suit les tentations d'une jeune femme qui l'emmène avec insistance faire des tours en bolide, et l'animateur s'en donne à coeur joie à jouer avec les ois de la physique dans une séquence éblouissante, qui hélas ne bénéficie pas d'une très grande visibilité à cause du style schématique de l'animation de l'époque...

 

 

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Published by François Massarelli - dans Charley Bowers Muet Animation
22 juillet 2019 1 22 /07 /juillet /2019 17:19

Ce film serait (attention à ce conditionnel, il a son importance, vu l'état des connaissances sur l'animateur) le seul court métrage consacré par Charles Bowers à Mutt and Jeff, deux héros de comic strip particulièrement populaires et qui ont eu droit à leur propre série de cartoons animés entre 1916 et 1926. L'animation en est rudimentaire, et selon les pratiques alors en vigueur dans le dessin animé, totalement calqué sur la bande dessinée...

Les deux héros y tiennent un restaurant, et pendant que l'un cuisine, de façon, disons, inventive, l'autre sert les clients; et bien sûr, les repas sont éminemment folkloriques...

Je suppose qu'il n'y a pas grand chose de plus à attendre des Mutt and Jeff, que ce que propose ce film rudimentaire. C'est soigné mais c'est un univers austère, fait de trait noir sur fond blanc... Bowers y raffine un monde très personnel où l'ingénierie a son importance, et peut-être ronge-t- son frein...

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Published by François Massarelli - dans Muet Charley Bowers Animation
22 juillet 2019 1 22 /07 /juillet /2019 08:10

Existe-t-il quelque part un film plus influent que celui-ci? ...car quand on pense à la façon dont ce premier long métrage Disney a laissé une marque sur le cinéma, on est face à du vertigineux! Comme on dit, il y a un avant et un après...

Avant, c'est un fonctionnement du système cinématographique dans lequel l'animation est reléguée, cantonnée dans les compléments de programme, et laissée à l'écart des longs métrages; à de très rares exceptions près: certes, en Allemagne (Lotte Reiniger et ses ombres chinoises) et en France (Ladislas Starewicz et ses poupées manipulées en stop-motion) il y a eu des longs métrages mais leur succès et leur portée n'a rien de comparable. Dans le cinéma Américain, il y a eu essentiellement les tentatives de Willis O'Brien (The lost World, King Kong...); pour le reste...

Mais Snow White inaugure une sorte de domination par l'évidence de Disney et ses équipes sur le cinéma familial mondial, qui finira par passer par des oeuvres aujourd'hui mythiques. Et pour couronner le tout, certains sont magnifiques!

Maintenant il est de coutume de dire "oh oui, mais Blanche-Neige a bien vieilli quand même": c'est indéniablement un film de 1937... Dans lequel l'intrigue est une épure, simplifiée à l'extrême: la reine maléfique est jalouse, Blanche Neige échappe à la mort, se réfugie chez les nains, la reine comprend la situation, intervient de nouveau, les nains arrivent trop tard, mais le Prince qui passait par là fait son travail, fin! Des balises qui de plus sont truffées de chansons, mon impression est que le film est pour moitié occupé par ces interludes musicaux, dont je vous avouerai qu'on peut très bien couper le son: même s'ils font partie intégrante du film...

Non, c'est l'animation qui m'enthousiasme: même si j'avoue une certaine irritation devant ce qui était déjà une tradition fermement établie chez Disney, à savoir cette assimilation systématique du monde animal et des petits animaux de la forêt aux héroïnes pures, la façon dont durant trois ans les studios Disney ont tout sacrifié au long métrage qu'ils préparaient, et chaque court métrage (notamment le fameux The old mill) devenait un chantier expérimental pour telle ou telle technique, et l'implication de chaque responsable de l'animation dans chaque séquence, tout porte ses fruits, et le résultat est toujours aussi exceptionnel tant d'années après. Ce film porte en germe tout ce que Disney fera, et plus encore, car il date d'une époque où l'économie (réutilisation systématique de cellos, répétition de gestes, etc) n'était pas encore la règle. Bref, l'animation coûtait cher, c'était un luxe même. Mais quel résultat!

Et quelles frayeurs aussi, car je pense que ce qui mettra toujours les productions Disney au sommet, c'est ce monde intérieur effrayant qui y est étalé de façon presque indécente, dans lequel de pures jeunes filles sont soumises aux pires cauchemars dans de sombres forêts. Ici, c'est le prototype...

Pour finir, n'ayant que peu de place pour mentionner dans le bandeau-titre les nombreux metteurs en scènes officiels (car pas vraiment crédités de façon très claire au générique), j'ai décidé d'y placer le nom du superviseur David Hand. Car pour tous les documents d'époque qui nous montrent un certain Walt venant sur le plateau pour y visiter ses employés, il convient quand même de rappeler que chez Disney, s'il y a un homme qui n'était absolument pas impliqué dans la partie artistique, autrement que pour la supervision des travaux déjà finis, c'était Walt. Et ce n'est pas parce que le bonhomme a déplu à Disney au point d'être écarté de l'histoire du studio, qu'il faut oublier l'importance de David Hand, qui lui a passé beaucoup de temps sur le plateau... Il a été réintégré au générique, incidemment, dans la version actuellement disponible en Blu-ray...

 

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Published by François Massarelli - dans Disney Animation
19 juillet 2019 5 19 /07 /juillet /2019 11:36

C'est l'un des derniers films muets de son auteur, et il y reprend le souffle social bien particulier qui faisait déjà l'intérêt de Die Verrufenen en 1925. C'est donc de nouveau un film sur Berlin et ses habitants, sur un thème qui a été beaucoup représenté au cinéma, en particulier dans le cinéma Allemand: on avait déjà du mal à ne pas penser à G. W. Pabst en voyant Menschen untereinander de 1926, qui était un peu comme l'envers de la médaille de Die Freudlose Gasse... Mais ici, on pensera forcément à Das Tagebuch einer Verlorene qui sera réalisé et sorti l'année suivante... C'est à mon avis quelque chose qu'il faut s'efforcer de chasser de son esprit, d'une part parce que les films sont différents, ensuite parce que les intentions sont différentes: une fois de plus, Lamprecht constate, il ne juge pas, ni ne milite pour quelque révolution sociale que ce soit. Ici, en revanche, contrairement aux trois autres de ses films "Berlinois" qu'il m'a été donné de voir, le metteur en scène et sa scénariste fétiche Luise Heilborn-körbitz se tiennent à l'écart de toute volonté de happy-end...

Else (Lissi Arna) est une jeune femme insouciante, amoureuse de Hans (Mathias Wieman), et qui pense pouvoir contourner facilement l'interdit paternel (Gerhard Dahmann) de prendre du bon temps: elle sort donc en douce, mais trouve porte close le soir quand elle revient. Pas d'autre solution pour elle que d'aller frapper à la porte de son petit ami. Dans un premier temps, les deux amoureux font chambre à part, et Hans prétend à son colocataire Max (Paul Heideman) que Else est sa soeur. Mais quand ils trouvent tous trois un travail sous la forme d'un numéro de music-hall, ça devient plus dur à prétendre, d'autant que Max est amoureux d'Else. Une fois la vérité admise le verrou saute: ils couchent ensemble... Et les ennuis commencent: le père qui a eu vent de la publicité autour de sa fille la retrouve et met la police sur le coup, et le patron des trois comédiens commence à tourner autour de Else. Celle-ci, de plus, est obligée de se cacher: La descente aux enfers a commencé...

Il y a dans ce film un aspect arbitraire avec lequel j'ai du mal: Hans dit au père d'Else que s'il continue à la chercher comme il le fait, elle sera obligée de rester dans la rue, et elle finira à la rue... Ca ressemble un peu à un mauvais jeu de mots, mais c'est surtout une faiblesse d'un film dont la prétention est de rester un reflet de la vie: derrière le déterminisme un peu malsain, se cache une vraie grosse convention de mélodrame. Mais ça n'est que partiellement embarrassant, tant le film peut aussi passer pour une fable. Une fable un peu simpliste, mais dans laquelle Lamprecht nous intéresse, deux heures durant, au destin contrarié d'une jeune femme qui est de son temps: Lissi Arna, certes, n'est pas Louise Brooks, mais elle sait insuffler une énergie, une combativité à son personnage, qui emportent l'adhésion. 

Et s'il ne se départit rarement de son style direct et sans fioritures, Lamprecht se fait aussi plaisir, en amoureux du cinéma, avec une séquence superbe, où il détaille en dix minutes le destin de son héroïne, sans jamais la montrer. Une prouesse de montage et d'un choix d'objets et de symboles, montrés à l'écran, qui vont nous renseigner sur la nouvelle vie de femme entretenue de la jeune femme: les préparatifs d'un bain, une collection de Pékinois, les multiples couches d'habillage préparées par les mains d'une domestique, les bouteilles de parfum... Puis les chaussures élégantes, qui sont accompagnées des souliers noirs avec des guêtres de son amant. Enfin, un paravent sur lequel l'une après l'autre, les couches de vêtements viennent s'accrocher... mais la chemise de nuit, elle, y reste aussi: le dernier plan de la séquence est situé sur le côté d'un lit: le bras nu d'une femme éteint la lumière. A côté de la lampe, trahissant la situation, une miniature montre l'image d'une femme totalement nue.

Le film a aussi sa dimension morale, bien sûr, et le rôle joué par Hans est à la fois celui du traître (il va quasiment la répudier sur des soupçons injustifiables) et celui d'un homme qui va faire une tentative de sauvetage de la jeune femme une fois qu'elle travaillera 'unter die Laterne', sous le lampadaire, donc dans la rue. Une dimension naïve qui rappelle le credo de Lamprecht: commençons par agir et ne cherchons pas la solution politique. Un credo répété de film en film, qui allège leur portée au vu des critiques contemporains, mais qui donne curieusement à ces oeuvres oubliées une cohérence rare. Et in intérêt certain: je le répète, on peut penser aux autres cinéastes autant qu'on voudra, il n'empêche, ces films ne ressemblent qu'à eux-mêmes, hors des modes, des genres et des catégories courantes du cinéma de Weimar.

 

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Published by François Massarelli - dans 1928 Gerhard Lamprecht Muet *
19 juillet 2019 5 19 /07 /juillet /2019 11:07

Beaucoup, beaucoup plus qu'une curiosité: ce film a beau être complètement assujetti à l'autre (le film d'animation de Clyde Geronimi, Hamilton Luske et Wilfred Jackson, en 1953), au point d'avoir été disponible un moment sous la forme d'un bonus de luxe dans l'édition DVD du classique Disney, mais je pense qu'il faut quand même le réévaluer: pour commencer, non seulement c'est la première version cinématographique du récit de Barrie, mais c'est aussi la seule à laquelle l'auteur ait participé...

D'ailleurs ça se sent un peu dans le prologue étiré, qui reprend non seulement toute l'action de la pièce, mais en prime essaie de jouer uniquement autour d'un seul décor: la chambre des enfants, le lieu de la maison des Darling qui reste évidemment le plus important. ON assiste donc aux préparatifs du coucher, l'arrivée de Nana l'étrange chien/gouvernante, la vision furtive d'un garçon à la fenêtre par Mme Darling (Esther Ralston), puis les différentes façons de temporiser utilisées par les enfants pour ne pas aller au lit.

Et puis une fois les parents (et le chien) partis, l'arrivée de Peter Pan (Betty Bronson) précédé de la fée Tinker Bell (Virginia Brown Faire): le reste de l'histoire on le connaît... sauf que cette fois, il y a à mon sens beaucoup plus d'ambiguïté dans la distribution. Je vais le dire de suite, afin qu'on ne se méprenne: non, je ne parle pas des rapports entre Wendy-Mary Brian et Peter-Betty Bronson. A aucun moment le spectre d'une quelconque romance entre les deux jeunes femmes n'a du traverser les esprits, ni du metteur en scène, ni des actrices. Le choix de Betty Bronson était dicté par un aspect pratique: ce serait beaucoup plus facile d'employer une actrice plus vieille que le rôle, afin de "détacher"Peter des autres "lost boys" de l'histoire, qu'un acteur plus vieux. Et c'est en garçon (et en lutin espiègle) que Betty Bronson joue le rôle...

Non ce qui est ambigu, c'est le décalage entre les volontés de Peter (rester jeune, et si possible pré-pubère, pour l'éternité) et Wendy (Dès le départ son attirance, même innocente, pour Peter, est évidente, et elle passe tout le film à essayer de lui faire dire qu'il est son petit ami... en vain). Tout le film semble être le rêve de quelqu'un (Wendy?) qui se voit plus ou moins obligé(e) de rester en enfance.

Ce qui date le plus le film, c'est sans doute son appartenance à ce genre qui embarrassait tant le cinéma Américain, le merveilleux. Peu représenté, c'est le moins qu'on puisse dire, le genre fantastique dans le cinéma muet Américain avait tout au plus les sagas d'Oz dans les années 10, certains films avec Anette Kellerman en sirène, l'étrange tentative The blue bird de Maurice Tourneur, (1918) assez séduisant dans l'ensemble, et sinon, The thief of Bagdad. C'est à peu près tout ce qui me vient à l'esprit. Et après? Pas grand chose en fait: en dépit du succès certain de ce Peter Pan, le film de 1925 A kiss for Cinderella serait le champ du cygne du genre, en même temps qu'un retour à la froide réalité d'un succès d'estime aussi bien pour Brenon (qui s'en relèverait) que pour Bronson (qui ne s'en relèvera pas)...

Le choix de coller à la pièce originale est un peu déroutant, et c'est d'ailleurs ce qui rend le prologue de près de 35 minutes assez pesant. Mais Brenon, quand il accède à Never Neverland, y trouve un second souffle, et on sent bien que tout le monde s'amuse. Outre Bronson qui est absolument parfaite pour le rôle, on a Ernest Torrence d'une part, qui fait exactement ce qu'on attend de lui en Capitaine Hook. Et en Tiger Lily, fille de chef indien, on a une nouvelle fois une occasion manquée pour Anna May Wong...

Si Peter Pan est réussi c'est en raison de l'adéquation de Brenon, de son équipe et de tous les acteurs au projet: jamais le film ne s'aventure trop loin dans les coulisses sombres de cette histoire, mais il n'y a pas non plus cette volonté de tout aseptiser d'une façon lisse, comme les choix de Disney dans la production de 1953 ont conduit l'équipe à le faire... Le film est donc un entre-deux particulièrement réussi, où les enfants volent, les crocodiles mangent, et les sirènes bronzent. Certes, ce n'est pas le Voleur de Bagdad; mais ce Peter Pan-ci me semble tellement plus tangible que l'autre, voire que celui, assez désastreux, de Joe Wright...

 

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Published by François Massarelli - dans 1924 Muet Herbert Brenon **
18 juillet 2019 4 18 /07 /juillet /2019 18:03

Situé fermement du côté des cartoons pour les plus petits, ce film propose un conte inédit et assez étrange... On y trouve un chat qui pourrait ressembler à une version "adulte" de Pussyfoot, le petit chat recueilli par le gros chien Marc Anthony dans Feed the kitty en 1951...

Un tout petit chat a été recueilli dès son plus jeune âge par une femelle rapace, et en a retenu... qu'il sait voler, d'une façon particulièrement personnelle. Il va le démontrer une fois devenu adulte et indépendant, en séduisant une femelle, et en la protégeant contre un énorme molosse...

Ce dernier n'est pas sans rappeler Marc Anthony! Derrière ce film étrange, y aurait-il une volonté de "rectifier le tir" et renvoyer le bouledogue à son destin de méchant de dessin animé? En tout cas, le pauvre animal s'en prend plein la figure.

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Published by François Massarelli - dans Chuck Jones Animation Looney Tunes
18 juillet 2019 4 18 /07 /juillet /2019 17:55

Ce film est un exemple de ce qui arrive quand un auteur particulièrement têtu remet dans le circuit un concept qui lui tient vraiment à coeur: dans Feed the kitty, le gros chien Marc Anthony trouvait un chat mignon tout plein qu'il ne mettait qu'une minute à adopter... Ici, on revit en une vingtaine de secondes la scènes des retrouvailles entre Marc Anthony et Pussyfoot, sept années après leur création...

Marc Anthony est cette fois le chien qui garde un chantier de construction, et la tâche va être difficile à accomplir avec le petit chat d'une part, et un autre chat qui cherche à lui subtiliser sa nourriture. Si la dynamique est plaisante entre le chien responsable, le chat totalement inconscient des dangers qui l'entourent, et l'autre chat destiné à s'en prendre plein la figure, on a le sentiment que la mayonnaise ne prend pas aussi bien que dans la série originale de trois cartoons.

 

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Published by François Massarelli - dans Chuck Jones Animation Looney Tunes
18 juillet 2019 4 18 /07 /juillet /2019 17:49

Ce cartoon appartient à la veine "de luxe" des dessins animés Warner, soit à la série "Merrie melodies", qui bénéficiait de la couleur. Et dans les mains de Chuck Jones, ça va dans un sens assez proche de ce qui se passait chez Disney, le film étant largement un conte à destination des plus jeunes membres du public. Il introduit aussi un personnage qui ne m'a jamais vraiment emballé, la souris "Sniffles", trop jeune pour se rendre compte de ce qui l'entoure, et donc propice à pratiquer un humour en douceur, gentiment décalé, avec comme principal atout une animation qui travaille sur le détail...

Sniffles, enrhumé, se rend donc à la pharmacie pour trouver un remède, et y trouve un sirop tellement alcoolisé qu'il va avoir du mal à ne pas se mélanger entre l'ivresse et la réalité. Une bonne partie est consacrée à la complicité inattendue entre la souris ivre et... un rasoir électrique.

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Published by François Massarelli - dans Chuck Jones Looney Tunes Animation
18 juillet 2019 4 18 /07 /juillet /2019 16:07

Une fois de plus, Guillermo Del Toro se consacre à ce qu'il fait de mieux: le conte horrifique, avec une forte identité visuelle... C'est même, avec ce film à très grand succès, un retour à l'esthétique du Labyrinthe de Pan. Le script date d'ailleurs de l'époque de sortie du film le plus connu du metteur en scène, mais il a fallu attendre près de neuf années avant que le film ne se fasse...

A la fin du XIXe siècle, dans l'état de New York, Edith Cushing (Mia Wasikowska) a perdu sa maman très tôt, et a en plus attendu assez peu de temps pour constater que les fantômes existent: en effet, sa maman l'a visitée une nuit pour lui donner un avertissement qu'elle n'a pas compris. Des années plus tard, la jeune femme qui vit toujours avec son père (Jim Beaver) écrit des romans, qu'elle espère voir publier un jour, mais qui reçoivent surtout l'indifférence polie des éditeurs: c'est une femme qui les a écrits... Et elle ne semble pas décidée à leur donner grande cohérence: elle y écrit des histoires d'amour, et... des histoires de fantômes.

C'est alors que Thomas Sharpe entre dans sa vie: baronnet sans le sou, il vient aux Etats-Unis avec une idée de machine qu'il souhaite construire afin de faciliter l'excavation d'argile... L'invention est intéressante, mais lorsque Sharpe sollicite l'appui de Carter Cushing, celui-ci refuse: il est évident à ses yeux que le jeune homme est au mieux un farfelu, au pire un fainéant, et M. Cushing n'aime pas les gens qui ne travaillent pas. C'est par la fantasque Edith que Sharpe, qui infiltre avec sa soeur Lucille (Jessica Chastain) la bonne société de Buffalo, va finir par parvenir à ses fins. Mais alors que celle-ci se fait courtiser par Sharpe, son père est assassiné...

Elle se marie, et rentre en Angleterre avec le frère et la soeur: dès leur arrivée dans l'affreuse demeure où ils habitent (et qui s'enfonce dans les boues d'argiles d'un sol décidément peu accueillant), Edith constate que oui, décidément, les fantômes existent, trouve la cohabitation avec Lucille difficile, mais surtout, apprend que le surnom de la maison dans la région est "Crimson Peak".

C'est embarrassant: l'avertissement donné par sa mère quinze années auparavant, et répété juste avant l'arrivée de Sharpe dans sa vie, était "ne va pas à Crimson Peak"...

Le scénario du film, dont Del Toro partage le crédit avec Mathew Robbins et Jessica Coxon, place Crimson Peak dans la catégorie du film d'horreur léger. Il ne faut pas s'attendre ici à une métaphore du type de The shape of water, ou au Labyrinthe de Pan... Mais Del Toro, qui aime et connaît le cinéma fantastique sur le bout des doigts, s'est justement plu à se jeter à corps perdu dans l'illustration, détail par détail, d'un conte gothique ultra-simplifié: grande maison, héroïne naïve, secrets de famille, fantômes... la maison en elle même, véritable personnage dans le film, dont Jessica Chastain semble parfois être l'émanation, fait le reste...

Du coup tout passe, dans ce film mis en scène avec une gourmandise toujours aussi visible par l'éternel fabuliste qu'est le metteur en scène Mexicain, par le plaisir: plaisir d'une construction simple, d'une narratrice naïve, de cette naïveté propre aux héroïnes gothiques. Plaisir enfin de de se faire peur, avec des fantômes que le metteur en scène, plasticien accompli avec un oeil pour ces choses-là, nous a concoctés... Reste aussi que le film participe de l'univers du metteur en scène, avec son art de placer les acteurs dans un monde bien à lui dont il réussit à leur faire partager tous les contours, un univers où les cuisines sont vivantes, et où les gens semblent avoir été taillés pour se placer parfaitement dans les couloirs sombres... Un monde qui renvoie aussi bien au cinéma fantastique (TOUS les cinémas fantastiques) qu'à Edgar Allan Poe.

 

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Published by François Massarelli - dans Guillermo del Toro