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25 juillet 2019 4 25 /07 /juillet /2019 16:09

Dans ce court métrage de deux bobines, on assiste à peu d'invention, beaucoup d'animation: je m'explique... Bowers adorait faire reposer ses films sur une invention de son personnage, mais ici il a laissé libre cours à son imagination pour explorer son univers autrement. Tout au plus assiste-t-on à d'étranges greffes, mais le film glisse joyeusement vers le grand n'importe quoi, totalement assumé bien sûr...

Au départ, nous assistons à une rencontre entre les membres d'un club de menteurs. Ils s'échangent les anecdotes, et sachant que la première présentée concerne l'introduction d'une quarantaine d'éléphants, on se doute que le taux de mensonges va être haut. Néanmoins un membre est insatisfait, au prétexte que "tous ces mensonges pourraient être vrais!". Sortant, il rencontre Charley, qui va lui raconter une authentiquement invraisemblable (mais invraisemblablement authentique) histoire à dormir debout...

Chaque histoire, aussi idiote soit-elle (et elles le sont...) donne lieu à une illustration, bien sûr, c'est le plaisir de ce film. Et l'histoire de Bowers, dans laquelle il utilise des greffes d'arbres à chat pour dératiser une maison où on en est réduit à chasser les rongeurs à coups de balais ("alors que ce serait si pratique d'utiliser un aspirateur"), est de loin la plus glorieusement stupide de toutes... 

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Charley Bowers
25 juillet 2019 4 25 /07 /juillet /2019 09:56

Le film qui inaugure la carrière de Cukor à la MGM n'est pas une franche comédie, ce serait trop simple. Par contre, c'est de toute évidence un film de prestige, une sorte de Grand Hotel II après le carton du film-mammouth de Edmund Goulding qui osait rassembler une pléiade de stars dans le décor d'un palace, et a obtenu un succès phénoménal en retour. La formule avait du bon, la MGM s'est donc empressée de trouver le moyen de recommencer...

La pièce de Edna Ferber et George Kaufman a été adaptée, entre autres, par la plume acerbe de Herman Mankiewicz (celui dont son frère Joe a toujours dit "le génie, c'est lui"), et ça se sent. Plutôt qu'un lieu commun à tous les personnages, cette histoire qui en combine plusieurs nous conte les quelques jours qui précède un dîner où se retrouveront les personnages...

Oliver Jordan (Lionel Barrymore) est un armateur fini, raboté par la crise, et qui découvre à la faveur d'évanouissements répétés que son coeur est arrivé au bout de sa course. Son épouse Millicent (Billie Burke) a tellement pris des habitudes dans la haute société qu'elle ne se rend pas compte, et a décidé d'impressionner en organisant un dîner pour un Britannique de passage (qui ne se déplacera d'ailleurs même pas), quitte à y inviter, pour faire plaisir à son mari, le nouveau riche Dan Packard (Wallace Beery), et son épouse Kit (Jean Harlow), deux Américains très moyens, épouvantablement vulgaires, mais attirés par le clinquant. Et Dan pense pouvoir utiliser la soirée pour noyer le poisson, car il s'apprête à déposséder Oliver de son entreprise... Egalement invités, le médecin de famille (Edmund Lowe) des Jordan et son épouse (Karen Morley), et ça promet du sport: le bon docteur prodigue ses soins à Mme Packard qui elle lui prodigue ses charmes... Pour donner un peu de brillant à la soirée, Millicent a également invité la grande actrice Carlotta Vance (Marie Dressler), vieille amie de la famille, et un de ses collègues, l'acteur alcoolique (et fini) Larry Renault (John Barrymore). Ce que personne ne sait, c'est que Renault est l'amant de Paula (Madge Evans), la fille des Jordan qui n'a que 19 ans. Renault les a aussi, mais plusieurs fois... Et puis il y a aussi un autre problème: Renault se suicide juste avant le dîner...

Le film oscille constamment entre comédie (au vinaigre, bien sûr) et drame, servi par des performance exceptionnelles: celle de Wallace Beery pour commencer, j'ai un problème sérieux avec le bonhomme, mais c'était un grand acteur. Et ici meilleur que jamais... M'est avis que Cukor s'est mis en tête d'utiliser la personnalité de chaque acteur au maximum, et chaque personnage prend du même coup une vérité impressionnante. Donc oui, le film est bavard, mais c'est un bavardage salutaire... Et le courage de Marie Dressler qui joue quasiment son propre rôle, et celui de John Barrymore qui interprète un acteur has-been, lessivé par le parlant, surnommé "The great profile" (il n'en a qu'un, ajoute-t-on) et devenu alcoolique et consommateur de petites jeunes femmes, a quelque chose de stupéfiant...

Le film en devient presque la naissance à lui tout seul du style de Cukor, cette tendance à constamment confondre la comédie et le drame, derrière une classe de façade, et à croquer avec un talent fou les femmes: qu'elles soient de la génération d'avant celle d'avant (Dressler), parvenue en couchant (Harlow), déconnectée des réalités à force de luxe (Burke, et ses préparatifs névrotiques pour la soirée!), trahie et souffrant en silence (Morley), ou à l'aube d'une vie qu'elle va s'empresser de gâcher (Evans)... L'Amérique de 1933, vue à travers ses femmes.

N'empêche que le meilleur moment du film reste, vers la fin, un échange légendaire entre Harlow et Dressler: 

Harlow: I was reading a book the other day (je lisais un livre, l'autre jour)

Marie Dressler ne dit rien, mais s'arrête d'avancer, médusée...

Dressler: Reading a book?? (un livre??)

Harlow: Yes, it's all about civilisation or something, (...) do you know that the guy said that machinery is going to take the place of every profession? (Oui, un livre sur la civilisation ou quelque chose comme ça... Vous savez que le type disait que les machines vont bientôt replacer toutes les professions?)

Dressler: Oh, my dear, (elle la regarde des pieds à la tête) that's something you need never worry about! (Ma chère vous n'avez aucun raison de vous en inquiéter)

 

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Published by François Massarelli - dans George Cukor Comédie Pre-code
25 juillet 2019 4 25 /07 /juillet /2019 09:48

Et donc ceci est le film qui gagna l'oscar du meilleur film pour cette année-là, contre Saving private Ryan (!) et The thin red line (!!): j'arrêterai de persifler tout de suite après vous avoir fait remarquer que ce n'est sans doute pas parce qu'il était meilleur, car ça se saurait...

Non, Shakespeare in love, c'est le cinéma Britannique des années 90: ça a le goût du cinéma Britannique, ça a l'accent, les acteurs... Mais c'est du prêt à filmer, brillant et alerte, souvent drôle, agréable aux yeux et aux oreilles, et au final vide comme du vent. Maintenant, du vent, du vent, on en aurait bien besoin par cette période de canicule. Donc on regarde un film dans la quiétude de son salon: pourquoi pas cet agréable passe-temps avec des allusions rigolotes à Shakespeare? On y trouve des anecdotes toutes plus fausses les unes que les autres, dont on est à peu près sûr qu'un jour on nous les ressortira dans des copies à l'université...

Et le pire, c'est qu'après tout ça rien n'y fait: cet ersatz de film se consomme sans aucun déplaisir, laissant comme le vent un modeste souvenir, avant de se faire oublier.

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Published by François Massarelli - dans Comédie Shakespeare
24 juillet 2019 3 24 /07 /juillet /2019 12:02

Charley a inventé une machine, une fois de plus... et ça énerve tout le monde dans la pension où il habite. Mais elle va lui apporter de grandes choses, pense-t-il, la preuve: il hérite d'une somme fabuleuse, à une condition: celle de rendre publique son invention. Il va donc devoir se déplacer jusque chez un vieil oncle, lequel a par ailleurs intérêt à ce que Charley échoue dans son entreprise...

La machine inventée par Bowers est une fois de plus totalement farfelue, mais le film inverse la structure des films précédents: la première bobine démontre l'invention (avec 8 minutes très douloureuses durant laquelle la scène particulièrement inutile de la confection d'une poupée par les bras articulés du machin tendrait à nous démotiver sérieusement), puis une deuxième bobine consacrée à l'intrigue, et à la contrainte d'amener le machin très encombrant à bon port.

Et au final: anecdotique. Une fois acceptée la différence des films de Bowers, force est de constater qu'il n'est pas Keaton. Mais alors pas du tout...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Animation Comédie Charley Bowers
24 juillet 2019 3 24 /07 /juillet /2019 11:39

Une jeune femme de New Orleans se retrouve changée en grenouille après avoir croisé la route d'un Prince vain et dragueur, qui a subi le même sort. Les deux créatures vont devoir cohabiter (hi hi) afin de rétablir la situation, et pour cela affronter le maléfique vaudou de Facilier le shadow man...

Ceci est l'avant-dernier film de vraie animation proposé par les studios Disney (le dernier est Winnie the pooh), et comme on est chez Disney, je propose de régler un détail tout de suite: ce qui fâche...

Alors, cette manie de truffer le film de chansons, cette sur-simplification culturelle dans laquelle toutes les cases sont cochées (c'est la Louisiane, alors... accent, check, gumbo, check, vaudou, check... etc), cette cohabitation si harmonieuse entre les noirs et les blancs, non je vous assure il n'y a pas le moindre problème, et d'ailleurs les noirs sont pauvres, et les blancs sont riches et ils emploient les noirs, l'obsession soulignée à gros traits des filles pour devenir princesses, les personnages d'animaux copains-grotesques-mais-plein-de-ressources-même-si-zut-il-y-en-a-un-qui-meurt-à-la-fin, les jeunes gens qui forcément ont tous un talent fou pour chanter/danser, et enfin, bien sûr, un monde dans lequel tout est bien rangé: certes, la jeune noire tombe amoureuse du prince... mais ouf: celui-ci n'est pas blanc.

Voilà, je pense qu'on a fait le tour. C'était important, parce qu'une fois évacués tous ces menus défauts énervants, je pense que ce film ultra-distrayant est le plus réussi, le plus réjouissant, le plus drôle, le mieux animé, le plus inspiré, le mieux composé (Randy Newman!), le plus riche, et enfin celui doté de la plus riche vie intérieure que les studios Disney ont pu réaliser depuis Sleeping beauty. Carrément. Comme en plus l'idée était (voir plus haut) d'explorer et exploiter le folklore de la Lousiane, il y a nécessairement de la matière. le personnage principal, celui de Tiana, est une jeune femme née du très mauvais côté de la barrière et s'il n'y a pas un gramme de présence du racisme ambiant dans le film, on peut aussi lire entre les lignes... Le casting est inspiré, et si on profite assez peu de l'interprétation de John Goodman, on a en Keith David, qui joue le Shadow man Facilier, un méchant de toute beauté. 

Bref: un classique, dont je suppose qu'il sera peut-être refait un jour en fausse live-action pour oblitérer un peu plus l'héritage d'animation d'un des fleurons du cinéma mondial. Plutôt de d'aller voir le remake par John Favreau de l'infect dessin animé qu'était The lion King (suis-je le seul à y trouver une interprétation fasciste?), repassez-vous celui-ci, il swingue.

 

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Published by François Massarelli - dans Disney Animation
24 juillet 2019 3 24 /07 /juillet /2019 08:30

L'un des rares films depuis les années 60 à porter a "marque" Looney tunes, Carrotblanca renoue avec deux traditions, d'une part la parodie bien sûr, et d'autre part le "all-stars", avec cette distribution éclatante de toutes les vedettes ou presque des courts Warner...

Chacun donc assume un rôle spécifique dans ce qui est un concentré de parodie, en 8 minutes, de Casablanca, avec Bugs Bunny dans lr rôle de Rick. Ca ne se raconte pas, et bien sûr l'irrévérencieux (le film est d'un ton libre, très libre même) le dispute au franchement idiot, dans une saine et délirante ambiance... Ma préférence va quand même au rôle d'Ugarte qui échoit à Tweety-Bird, dont j'ai toujours pensé qu'il avait très mauvais fond... Je pense que les animateurs se sont fait plaisir à lui faire imiter Peter Lorre...

 

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Published by François Massarelli - dans Looney Tunes Animation Bugs Bunny
23 juillet 2019 2 23 /07 /juillet /2019 17:17

A milieu de la première décennie du siècle, le président Roosevelt achève son mandat, le pays assume tranquillement sa prospérité, et un scandale monumental agite New York: l'industriel Harry Thaw, le mari de la modèle Evelyn Nesbit, a tué Stanford White, businessman et philanthrope, pour avoir semble-t-il fricoté avec sa femme. Pendant ce temps, à New Rochelle, dans le même état, une famille prospère et tranquille voit un nouveau né abandonné sur leur propriété: il est noir, et ils ne savent pas encore la situation qui va en découler...

Sarah, la mère du bébé est recueillie avec l'enfant par la maîtresse de maison, et bien vite le père se manifeste: il est pianiste, éduqué, et charmeur. Et surtout tout lui sourit, par exemple il est l'heureux possesseur d'une Ford T, ce qui n'est pas donné à tous les noirs... Bref, pour lui tout va bien, jusqu'au jour où il devient la cible, en passant devant leur caserne, d'un groupe de pompiers désoeuvrés. Ils vont l'empêcher de passer, puis lui demander un péage, et vont aller jusqu'à déféquer dans sa voiture. Coalhouse Walker demande réparation, mais ne va obtenir que de se faire arrêter. Quand Sarah, qui a cru devoir en appeler au vice-président lors d'un meeting, est battue à mort, Coalhouse se décide à laisser parler sa colère...

Difficile, voire impossible, de résumer un film que Milos Forman a décrit lui-même comme une tapisserie. Adapté (fidèlement, selon les commentaires des gens avisés) d'un roman à succès, le film adopte la narration fragmentée qui est aujourd'hui la norme dans la plupart des séries. Autour des deux intrigues (le scandale Nesbit, d'un côté, l'affaire Coalhouse Walker d'autre part), Forman fait un portrait d'une décennie de la nation Américaine jusqu'à l'aube de sa suprématie économique sur le monde. La question des minorités, le progrès, le féminisme, la montée des distractions culturelles, se suivent en épisodes de longueur variée. Pourtant, on n'a pas l'impression de suivre un film "choral", mais une oeuvre dont la cohérence est plus liée à une ligne directrice qu'à autre chose. Bref: il y a un début, et une fin.

Et entre-temps une fabuleuse galerie de personnages, dont beaucoup sont là dans leur premier film: Elizabeth McGovern, qui (ce n'est hélas pas un compliment) est parfaite dans le rôle d'une belle plante qui se révèle d'une fort médiocre intelligence, Howard Collins en pianiste humilié, mais il y a aussi des acteurs expérimentés, dont Brad Dourif, Mary Steenburgen et surtout, il y a James Cagney dans une performance économique, mais formidable: il interprète Waldo, le commissaire de police de New York sur les bras duquel le problème va retomber, et qui doit gérer la crise. ...Tout en jouant en silence le choeur Grec...

Ce qu'on voit ici, c'est un siècle en devenir, où certains combattent de toutes leurs forces (les pompiers, pour commencer, bien sûr) pour garder leurs privilèges, et d'autres vont devoir se résoudre à emprunter des voies illégales pour se faire entendre. Il y avait dans cette histoire une possibilité d'explorer le féminisme plutôt que de l'illustrer de façon épisodique, mais c'est un chemin qui n'a pas intéressé Forman. Il a préféré utiliser l'anecdote d'Evelyn Nesbit dans le cadre d'une réflexion plus large sur l'évolution des moeurs, et l'affaire Nesbit est d'ailleurs complétée par le destin de Mary Steenburgen, dont le personnage fait le choix de quitter son mari... Pour suivre un beau parleur qui est cinéaste de surcroît (Mandy Patinkin).

Pour résumer, le film pave un peu la route vers Once upon a time in America, mais j'insiste sur le "un peu". Il y a là-dedans une réflexion globale sur l'Amérique, un sujet cher à Forman et qui reviendra d'ailleurs, mais il y a surtout une fascination contagieuse pour le pays et l'histoire constellée de moments embarrassants d'un pays qui reste, contre vents, marée, et Donald Trump, un pays d'accueil par essence. Un pays d'accueil infesté aussi de sales types, comme ces pompiers dégoûtants. Un monde dans lequel, comme le jeune frère (Dourif) de Mary Steenburgen, on est attiré par le vent de liberté représenté par une divorcée scandaleuse d'un côté, et ému et révolté par la croisade de dignité d'un homme qui sait qu'il est condamné à brève échéance, au mépris des barrières de couleur. Bref, Ragtime, c'est un conte sur les limites du rêve Américain, pendant le siècle du Rêve Américain.

J'ai failli l'oublier: et en plus, il y a Bessie Love.

 

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Published by François Massarelli - dans Milos Forman
23 juillet 2019 2 23 /07 /juillet /2019 13:48

Charley débarque (en cheval!) en ville, de sa campagne natale, pour demander sa main à une jeune femme un peu embarrassée... Finalement, elle lui propose d'en parler à son père. Celui-ci tient un restaurant, est particulièrement intimidant, et quand le jeune homme vient chez lui et n'arrive pas à en placer une on s'imagine qu'il a répondu à une annonce: car le restaurant cherche un plongeur...

Mais s'il commence à travailler de suite, la confusion ne va pas s'arrêter là, car les employés du restaurant ont décidé de se mettre en grève suite à l'engagement du nouveau venu, non syndiqué. Le plongeur inexpérimenté va donc devoir tenir le restaurant quasiment tout seul...

Comme bien d'autres films de Bowers, il est divisé en deux parties bien distinctes, la première exposant la situation, l'autre exploitant une invention. Cette fois, c'est une machine à faire la cuisine, totalement loufoque, qui rend les exercices du même genre de Chaplin (la machine à manger dans Modern Times) et Keaton (Electric House) finalement assez raisonnable. Je dois dire que la confection du ragoût d'huître (sic) m'intrigue, et que la façon dont on fait pousser les boîtes de petits pois aussi...

Sinon il y a aussi un aspect documentaire: en 1926, il y avait à la fois la montée aux Etats-Unis d'une conscience sociale dans le milieu professionnel, et la défiance du public à l'égard des syndicats, accusés de sectarisme. On voit les deux dans le film.

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Charley Bowers
23 juillet 2019 2 23 /07 /juillet /2019 11:38

Ceci est le plus ancien des courts métrages de Bowers tournés avec acteurs, dont lui-même, qui nous soit parvenu. Des différences sensibles entre le synopsis tel qu'il  été publié de l'autre côté de l'Atlantique, et le film tel qu'on peut le voir (une version française de deux bobines, avec intertitres du plus pur style "comique français 1925") m'incitent à la prudence, c'est pourquoi je n'émettrai pas l"hypothèse selon laquelle le film serait complet. Enfin en l'état, il est au moins cohérent...

Charley a décidé d'inventer une machine dont il est persuadé que l'humanité l'attend de pied ferme: un système qui rend les oeufs incassables. Sans grande surprise, ça n'intéresse personne... sauf bien sûr l'association des expéditeurs d'oeufs, qui lui font une commande. A lui maintenant de construire la machine... Mais ce ne sera pas ça le plus difficile, non: le plus ardu sera de trouver les oeufs pour se livrer à l'expérience, et les ramener en un seul morceau...

On est dans une Amérique semi-rurale, largement explorée par le monde de Mack Sennett, et où Bowers n'a aucun mal à nous faire accepter son personnage d'inventeur farfelu, en décalage complet avec l'environnement. Son film est franchement loufoque, d'abord gentiment, avant une séquence d'animation d'anthologie: pour ramener des oeufs, l'inventeur les a entreposés dans un panier placé en sécurité, juste au-dessus du moteur de sa Ford T. Quand il veut les récupérer, il arrive juste à temps pour assister à l'éclosion... d'une cinquantaine de toutes petites voitures...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Charley Bowers
23 juillet 2019 2 23 /07 /juillet /2019 09:19

Dernier des films de compilation des années 40, ceci n'est crédité qu'à trios metteurs en scène, et pour cause: d'une part, après tout il n'y a que deux segments qui tirent en longueur là où Melody time le film précédent en proposait sept, et d'autre part il est probable qu'en 1949 le gros des troupes chez Disney devait être très occupé à soigner le film Cinderella qui était programmé pour 1950 et devait voir le studio retourner à sa splendeur passée... Ce film basé sur deux contes Anglo-saxons très connus dans leurs pays respectifs, est clairement un film mineur, et c'est l'un des rares films de long métrage pour lesquels Jack Kinney, qui était par ailleurs un excellent réalisateur de courts métrages (Goofy et Donald lui doivent quelques chefs d'oeuvre) est crédité au générique.

Deux segments donc, le premier, Britannique, est adapté de The wind in the willows (Du vent dans les saules) adapté du roman pour enfants de Kenneth Grahame (1908): mr Toad (Crapaud) est un incorrigible excentrique, qui dilapide sa fortune dans des lubies, au point de finir un jour en prison. Mais ses amis Ratty, Mole (Taupe) et McBadger (Blaireau) lui viennent en aide. 

C'est le principal attrait de ce long métrage, avec sa narration tout en flegme de Basil Rathbone, un jeu d'accents très réussi, et une bonne mesure entre animation (cette fois totalement traditionnelle), gags et rythmes. Les fouines-malfaiteurs sont très réussis, et la légèreté de l'ensemble fait merveille. 

Le deuxième segment résonne désormais de façon particulière, puisque si la nouvelle The legend of Sleepy Hollow n'a jamais été très connue ou appréciée en France, le film de Tim Burton de 1999 a au moins eu pour effet de nous en faire connaître les contours... Oui, certes, même si le film n'a plus grand chose à voir avec la nouvelle de Washington Irving telle qu'elle est parue en 1820: c'était essentiellement de l'observation sociale à caractère comique, et non un conte horrifique. Sans rien dévoiler, dans la nouvelle il était évident que ce conte à dormir debout, de cavalier sans tête, était faux. Le fillm reprend cet aspect mais avec subtilité...

L'essentiel de ce deuxième segment est constitué par la description d'Ichabod Crane, vaniteux pédagogue coureur de dot, et le film rend justice à la description par Irving: les animateurs s'en sont donnés à coeur joie, et on reconnait ici la patte de Wolfgang Reithermann dans le personnage. Mais c'est très probablement Jack Kinney qui a le plus donné dans cette partie, car on retrouve le style de sa direction des Goofy. Cette deuxième partie est de toute façon trop longue à mon avis, et ce pour donner de la place au narrateur Bing Crosby et à ses chansons. 

Cela étant, il est intéressant de se replonger dans des films assez clairement oubliés et qui restaient dans l'ombre des classiques Disney. Quels que soient leurs défauts, ils ne manquent pas de charme, et leur fantaisie est une vraie qualité.

 

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Published by François Massarelli - dans Disney Animation