Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
2 août 2018 4 02 /08 /août /2018 18:34

La nuit, dans le Louvre, il se passe des choses étrange dans la salle exotique des divinités païennes: un fantôme se promène, et en quelques nuits, il va perpétrer des crimes, hanter les couloirs, mettre la police sur les dents, et surtout flanquer la pagaille dans la vie tranquille du journaliste Jacques Bellegarde, et de fiancée la belle mais exigeante -et riche- Simone Desroches... Surtout, il va opposer la police officielle, incarnée par le strict inspecteur Ménardier, et un détective privé génial, le valeureux Chantecoq...

Produit pour Pathé par la société des Ciné-Romans, spécialisée dans les serials à succès, Belphégor est adapté d'un feuilleton d'Arthur Bernède: cette publication était strictement contemporaine du film, invitant les lecteurs du journal Le Petit Parisien à prolonger leur frisson en se rendant voir le film au cinéma, et j'imagine que le contraire était également envisageable! 

On ne retrouve pas ici le style des films de Louis Feuillade, qui faisait naître de ses étrangetés une poésie très noire. Le ton est délibérément léger, à travers une évocation du Paris contemporain et nocturne, notamment celui du Louvre, et des villas fréquentées par les gens du meilleur monde... Si chacun des quatre épisodes offre son pesant de frissons pour rire, et de rebondissements, dans une continuité qui frappe par son manque total de logique (tout est destiné à l'effet coup de poing, plutôt qu'à un visionnage répété), la poésie des quartiers populaires propres aux Vampires, ou des lieux détournés de Judex, nous manquent quand même... 

C'est d'ailleurs plus à Gaston Leroux et à une version légère du Fantôme de l'Opéra qu'on pense (et bien sûr au film de 1925, mais... sans Lon Chaney!), même si la présence de René Navarre nous renvoie quand même au plus grand nom du feuilleton cinématographique : c'était Navarre qui interprétait Fantômas dans les cinq longs métrages du réalisateur des Vampires. Du coup, la production laisse à son personnage de détective une part de mystère... Quant à Henri Desfontaines, c'est un metteur en scène capable, ce qui est déjà ça! Il n'a pas laissé de chef d'oeuvre notable dans sa carrière, mais il exécute sa participation en bon élève, plus qu'en virtuose.

Impossible bien sûr de prendre au sérieux cette rocambolesque intrigue de fantôme mystérieux qui hante la salle des "divinités barbares" du Louvre, mais le bonheur modeste qui s'en dégage nous rappelle une époque où les Européens, à la suite des Américains, s'élançaient à la conquête de l'aventure délirante. Dès le départ, comment ne pas penser à L'oreille Cassée? Hergé, passionné de cinéma, a forcément vu et intégré dans son oeuvre cet intrigant Belphégor, qu'une restauration très soignée nous a ramené en 2021...

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Muet 1927 **
2 août 2018 4 02 /08 /août /2018 18:31

Si la compagnie Warner est encore debout aujourd'hui, elle le doit entre autres à ce film, l'un des rares longs métrages de la série des Rin-Tin-Tin a avoir survécu intact et dans d'assez bonnes conditions. Le «héros» de ces films, un berger Allemand (1928-1932), avait été ramené d'Europe par des soldats stationnés en France, et mis au travail dès 1922! Le succès familial des films avait été la seule source profitable d'argent du studio avant que The Jazz Singer ne finisse par les installer confortablement dans l'esprit des spectateurs.

Du coup, on s'attend inévitablement à voir un petit western de rien du tout : il raconte la rencontre inattendue d'un jeune mineur, Dave Weston (Charles Farrell) et d'un loup blessé, Lobo (Rin-Tin-tin), qu'il réussit à apprivoiser après l'avoir soigné. L'amitié entre les deux, mais aussi l'idylle entre Weston et la jolie May (June Marlowe), constituent un contexte suffisant, mais il y a aussi une intrigue autour d'un escroc qui tente de s'approprier la mine de Weston ; et le film se résout dans une suite très enlevée de poursuites et de scènes d'action canine, extrêmement soignées...

Et on débouche sur une excellente surprise, un film réjouissant et toujours impeccablement interprété. Comme beaucoup de westerns de l'époque, il n'est pas situé dans le passé, ce qui nous rappelle qu'en 1925, les Etats-Unis restaient encore une terre qui recelait des endroits sauvages. Mais en parlant de sauvage, je tiens à préciser ceci: je n'aime pas les chiens, même en sauce. Mais ce Rin-tin-tin, acteur accompli, est impressionnant ! Au moins, son charisme est positif : bref, avec les limites d'usage (ce western n'a rien d'un grand film fondateur, loin de là), Clash of the Wolves est un film hautement sympathique.

Un dernier mot : l'excellent Charles Farrell était encore en devenir, mais on assiste ici à l'un de ses premiers grands rôles, et il est déjà cet homme-enfant naïf et qui a grandi sans trop savoir pourquoi. Il s'apprétait à trouver en la Fox une terre d'élection, deux années plus tard, où il allait illuminer les films merveilleux de Frank Borzage.

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans 1925 Muet Western Arf! Charles Farrell **
2 août 2018 4 02 /08 /août /2018 18:27

Les quelques années passées, à Hollywood, à honorer un contrat avec la MGM ont été pour Benjamin Christensen une période de frustration, dont aucun des films qui en ont résulté ne semble pouvoir atténuer l'effet : c'est bien médiocre, tout ça... Mockery, pourtant, promettait : un script original de Christensen, une histoire romantique et noire située dans le chaos des coulisses de la révolution Russe, et Lon Chaney dans un rôle qui tranchait considérablement sur ce qui commençait sérieusement à devenir la routine de ses interprétations pour le studio.

Ca commence de manière intéressante : dans des bois jonchés de cadavres, un homme, le paysan Sergei, erre sans but. Il croise la route d'une jeune femme, habillée en paysanne. Ils vont faire équipe mais elle prend tout de suite la direction des opérations, en lui faisant promettre de l'obéir en tout point... Les premières séquences réussissent à capter notre intérêt, et après tout nous sommes come ce paysan dépassé par les événements : nous ne savons pas ce qui se passe, et n'avons as la moindre idée de l'identité de la jeune femme, qui prétend s'appeler Tatiana (Barbara Bedford). Et une complicité va s'établir entre les deux, jusqu'à ce qu'ils se réfugient dans une cabane au fond des bois : là, Sergei va offrir de son temps, et de sa tendresse, en lavant les pieds de la jeune femme, dans une scène d'adoration quasi religieuse. ...Mais quelques instants après, une troupe de révolutionnaires viennent, et menacent la jeune femme, qu'ils soupçonnent d'appartenir à la noblesse. Ils décident de torturer Sergei, qui selon le vœu de Tatiana prétend être son mari, mais il n'en dira pas plus.

Quand les troupes blanches arrivent, Tatiana est sauvée et se présente sous le nom de la Grande-Duchesse Alexandra. Elle promet à Sergei d'être son amie, et ils partent avec les troupes vers une ville, où ils vont se réfugier chez un riche profiteur de guerre, joué par Mack Swain : un rôle important, dans lequel il ne jouera pas trop de son expérience de comédien chez Sennett : étonnant. Une fois en ville, Alexandra ne se préoccupe plus de Sergei, mais file le parfait amour avec le jeune Capitaine Dimitri, interprété par Ricardo Cortez. Sergei, de son côté, se sent abandonné et sans rien comprendre commence à écouter les sirènes révolutionnaires qui le manipulent...

On aurait attendu de Benjamin Christensen qu'il se rende maître de l'image, comme il l'avait fait au Danemark. En lieu et place, on a un film mis en scène d'une façon plate et purement fonctionnelle : c'est que le réalisateur d'Haxan a besoin d'être chez lui, dans SON studio, et a probablement du mal à gérer les horaires de la MGM, de 9 à 17 heures tous les jours sauf le week-end, et sans doute à accepter de n'être qu'un des rouages du mécanisme. Son film, s'il part d'une bonne idée, manque de tout : des images qui aillent un peu plus loin que le simple enregistrement de scènes, de décors qui changent un peu (une fois en ville, on ne quitte quasiment plus la maison de Mack Swain), et même d'un héros : car le fait est que Sergei ne comprend rien de ce qui l'entoure, et de fait aucun des « nobles » ne donne envie de les apprécier. Pas plus que les révolutionnaires, qui sont traités à la truelle par le metteur en scène. Et par moments, le malaise qui s'installe est plus dû à l'indécision du spectateur devant la confusion qui règne : ceci est-il une comédie, ou un drame? Plus grave, on a l'impression que personne ne le sait vraiment !

Chaney réussit par sa présence seule à sauver quelques moments (le début, je le disais plus haut), mais c'est peu, bien peu...

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Muet 1927 Lon Chaney Benjamin Christensen *
28 juillet 2018 6 28 /07 /juillet /2018 18:58

Trouvé à Dawson City au milieu de centaines de bobines de film, dans un sale état (parmi lesquelles au moins un autre long métrage Universal avec Lon Chaney réalisé par De Grasse et sorti juste avant celui-ci, If my country should call), il ne manque qu'une bobine à ce film, la première. On prend donc le drame en cours de route, et c'est embêtant car il est quand même assez peu facile à suivre... C'est un mélodrame situé partiellement dans les bois, qui nous montre un homme exilé pour un crime qu'on accepte de comprendre mais pas au point de l'excuser, un père ultra-religieux qui en veut à sa fille (Dorothy Phillips) d'avoir trop de liberté, et on y voit aussi celle-ci se mettre en quête de clés pour améliorer la vie de ses amis.

Et Lon Chaney, quand à lui, a un rôle embarrassant et ambigu, pour une fois sous son vrai visage: il est un métis, et pour une bonne partie du film il serait volontiers le méchant, qui convoite la jeune héroïne. Mais seulement voilà: s'il y a bien un point sur lequel ce film n'est pas clair, c'est le suivant: l'a-t-il, ou ne l'a-t-il pas, violée? Le montage et les conventions nous disent que oui. Le film, explicitement, ne nous dit rien. Mais le comportement de la jeune femme, qui pour finir se rapproche de son tourmenteur, et lui demande de l'aide, nous dit le contraire... 

De toute façon, on est une fois de plus avec ce film, en plein mélodrame, sans grande invention, qui se laisse regarder, mais qui, clairement quand on sait de quoi Lon Chaney est capable, nous laisse sur notre faim. D'ailleurs, il est le meilleur acteur du film.

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Muet Lon Chaney 1916 Film Perdu ** Joseph de Grasse
28 juillet 2018 6 28 /07 /juillet /2018 18:46

Seules trois bobines sur cinq ont survécu de ce film, et encore: pas dans un très bon état. Mais si l'histoire en est morcelée (il en manque en particulier le début, et sans exposition le travail du film sur le spectateur s'en trouve amoindri), il se comprend aisément et se suit sans problème grâce à la reconstitution des fragments manquants par Jon Mirsalis, spécialiste imbattable de Lon Chaney.

Le personnage principal en est une femme, interprétée par Dorothy Phillips: épouse et mère de famille, elle s'émeut de ce que son mari (Frank Wilson) comme son fils (Jack Nelson) puisse un jour déserter le foyer pour répondre à l'appel du drapeau. Et lorsque l'occasion se présente, comme Margaret ne parvient pas à empêcher son mari de partir, elle songe à utiliser un moyen radical pour retenir son fils: son frère, e Dr Ardath (Lon Chaney) a en effet mis au point un produit qui agit sur le coeur, simulant une crise cardiaque: elle décide d'en donner à son fils à son insu, afin de la garder près d'elle...

Comme les autres films de De Grasse que j'ai pu voir, celui-ci est impeccablement mis en scène, profondément mélodramatique et hautement improbable. Mais surtout on y décèle la tendance ambigue du Hollywood des années 10 autour de la première guerre mondiale: partir en Europe? Ne pas partir? Et pourquoi faire? Qu'adviendra-t-il des soldats qui partiront? Ménageant tout le monde, le film apporte plusieurs réponses, et se vautre dans une fin pacifiste qui n'est pas du meilleur goût. Quant à Chaney, il est, drapé dans sa dignité de médecin, l'instrument du destin... Jusqu'à un certain point.

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Muet 1916 Lon Chaney Film perdu ** Joseph de Grasse
28 juillet 2018 6 28 /07 /juillet /2018 18:35

Les films Universal de Lon Chaney, tournés entre 1913 et 1917, étaient plus d'une centaine; seule une petite poignée a survécu, et pas dans un très bon état. A l'heure actuelle, on en découvre encore des fragments, mais il est sans doute bien tard, le nitrate "n'attend pas" comme le rappelait la campagne de sauvegarde des films organisée il y a quelques années aux antipodes...

Chaney est un personnage secondaire dans une grande majorité de ces films, dont celui-ci: seules les deux premières bobines ont survécu, et l'acteur ne jouerait pas dans la troisième. Il est un homme des bois, un père rigoriste qui a tenté de tuer son épouse quand elle s'est enfuie avec un homme de la ville. Il est désormais flanqué d'une fille qui ressemble de plus en plus à sa mère, et qui lui donne des sueurs froides par ses velléités de liberté. Apprenant qu'il veut la marier à un voisin, d'un type un rien trop rugueux à son goût, Jen (Cleo Madison) s'enfuit...

Elle va se rendre vers la grande ville, où elle va trouver l'amour, mais aussi les complications, puisque le monde est toujours petit dans les mélodrames, et l'homme qu'elle aime fréquente des cercles qui ont, bien sûr, connu sa mère. Joseph De Grasse fait, comme on dit, le boulot, dans un film qui profite du contraste entre les environnements rustiques de la première bobine (Chaney est toujours à l'aise dans les bois, y compris avec une longue barbe!) et la ville"corruptrice " de la deuxième bobine. Quant à la troisième bobine, eh bien... il n'y en a plus!

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans 1915 Lon Chaney Muet Film Perdu ** Joseph de Grasse
28 juillet 2018 6 28 /07 /juillet /2018 18:30

Ce film, en quelques minutes vite consommées, présente à travers l'animation toujours volontairement hachée et rudimentaire de Bill Plympton, 25 façons d'arrêter de fumer. Je n'en conseille personnellement aucune, mais jetez quand même un coup d'oeil à ce florilège farceur de trucs tous plus idiots les uns que les autres... Mon préféré reste bien sûr l'idée d'engager un sumotori pour vous écraser à chaque fois que vous en allumez une, mais on peut sans doute trouver mieux...

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Animation Bill Plympton
28 juillet 2018 6 28 /07 /juillet /2018 18:24

Il y a quelque chose à la fois de rassurant et de profondément transgressif dans les cartoons de Bill Plympton: une animation et des idées foutraques et en liberté totale: certes, il dessine bien, mais adopte une sorte d'attitude low-fidelity pour son animation, et en prime se permet tout. Ce film en est un excellent exemple; il n'est, après tout, rien d'autre qu'une liste de trucs-machins qui se résument à une idée développée en une courte séquence d'animation, qu'on se prend dans la figure avant de passer à autre chose. A chaque fois, c'est synthétique, cru, osé, profondément idiot, et assez jouissif. Le titre est (presque) menteur, mais comment voulez-vous appeler un tel attirail?

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Animation Bill Plympton
28 juillet 2018 6 28 /07 /juillet /2018 09:37

Une jeune femme, Bessie (Hope Hampton) qui vient d'avoir le coeur brisé, vient trouver refuge dans une petite pension de famille un peu miteuse. Son voisin, Tony Pantelli (Lon Chaney) est un petit malfrat; ça ne l'empêche as d'avoir un coeur d'or: il va veiller sur la jeune femme, ui en a bien besoin...

Pendant ce temps, l'homme qui a causé le malheur de Bessie, Ashe Warburton (E. K. Lincoln), est en villégiature en Grande-Bretagne: il trouve une coupe médiévale aux étranges propriétés: elle brille dans la nuit... Pour certains, il pourrait s'agir du Saint Graal. Désireux de soigner Bessie, décidé à jouer un tour de cochon à Warburton, Tony qui vient d'apprendre le retour de ce dernier, décide de voler l'objet: on dit qu'il a des vertus curatives.

C'est un mélodrame comme il en a existé tant à l'époque du muet. Si l'intrigue est assez conventionnelle, elle est rehaussée d'une mise en scène particulièrement soignée. Brown, qui a été à très bonne école en tant qu'assistant de Maurice Tourneur, se fait plaisir dans des compositions très recherchées, et avec la lumière et l'ombre. L'un des passages les plus connus du film, quand Tony va se faire arrêter, est traité d'une manière formidable, en un seul plan : Tony ouvre une porte et sur celle-ci, l'ombre d'un policier armé se dessine...

The light in the dark est un film perdu, dont il nous reste une abréviation, ressortie dans le circuit religieux sous le titre The light of faith. C'est une trahison du film, hélas, qui ne prend ni gants ni la moindre subtilité pour nous asséner le fait que la mystérieuse coupe (couverte de radium par un escroc dans le film original) EST le Graal, sans le moindre doute... Mais le film a pu ainsi, au moins partiellement, être préservé. Et Lon Chaney, au milieu de tout ça, est royal...

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Muet 1922 Clarence Brown Lon Chaney Film perdu *
28 juillet 2018 6 28 /07 /juillet /2018 08:50

Luna (Lali Ayguadé) et Diego (Nicolas Ricchini) sont gardiens d'un parking, et ils se relaient tous les soirs et tous les matins. Pour commencer, nous assistons à l'arrivée de Luna, qui doit troquer ses vêtements de ville (Colorés, légers) contre un uniforme. On sent que la journée de travail à venir ne se sera sans doute pas plaisante. Puis elle s'installe, et... Son patron lui demande de vérifier sur l'un des écrans quelque chose qui se serait passé durant la nuit, et ce qu'elle va voir va considérablement changer ses journées. Ainsi, d'ailleurs, que les nuits de veille de Diego...

Palme d'Or à Cannes en 2016, ce film Espagnol (Ou Catalan) est une merveille: dansé, oui, mais il ne correspond pas aux critères habituels, ni d'un film dansé (A plus forte raison avec la présence dans les deux premiers rôles de deux danseurs réputés, l'un et l'autre appartenant à la même compagnie, celle de Lali Ayguadé), ni à ceux de la comédie musicale. Vous savez, ces moments, dans les musicals de l'âge d'or d'Hollywood, où un artiste (Gene Kelly, Fred Astaire, Cyd Charisse) se met à danser en pleine rue, et ce comportement est pris finalement comme argent comptant par ceux qui l'entourent? Oh, bien sûr, parfois comme dans Singing in the rain, il y a un petit regard de travers, d'un flic par exemple. Mais dans l'ensemble la danse y est plus une métaphore qu'autre chose. Les films dansés, c'est différent: le film capte la danse, et celle-ci s'organise autour du montage, et des rigueurs de l'art cinématographique. Sans la danse, le film n'est donc pas possible. 

Donc Timecode n'a rien à voir avec ces deux traditions. L'essentiel du film y est justement narratif, joué, finement observé, et basé sur le regard justement. Ce que voient Diego et Lun sur leurs écrans, c'est à chaque fois l'autre, qui pour la caméra de surveillance, et pour le seul bénéfice de l'autre, danse. Pas des chorégraphies parfaites, non, justement. Des gestes d'abord esquissés, puis de plus en plus assumés. Le chassé-croisé dure jusqu'à ce qu'on se dise qu'il serait bien que ces deux-là puissent, un moment, partager une garde. Et ça tombe bien: eux aussi, et c'est merveilleux...

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Comédie Danse