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21 août 2016 7 21 /08 /août /2016 18:43

Mr Baker (Gaston Modot) s'oppose au mariage de sa fille (Berthe Dagmar) avec le cow-boy Arizona Bill (Joe Hamman) dont les manières lui déplaisent souverainement. Ce dernier prend donc une décision radicale... et efficace.

Durand ne compartimentait pas ses films: il était à la fois ce pourvoyeur inattendu de western, et le réalisateur de comédies dominées par le slapstick balourd mais efficace des "Pouittes", la troupe de comédiens à tout faire qui lui servait de stock-company; comment s'étonner, après tout, qu'il ait fini par mélanger les deux veines? C'est avec ce film que se rencontrent le film tourné dans l'Ouest des Etats-Unis... Camarguais d'un côté et la comédie burlesque à poursuite de l'autre. Il y a encore moins d'efforts dans cette pochade pour cacher la réalité des lieux, mais je pense que ça ne dérangeait pas excessivement le public Français de 1912. Par ailleurs, pour reconnaître Gaston Modot, il faut se lever de bonne heure...

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Published by François Massarelli - dans Jean Durand Gaumont Muet Western Comédie
20 août 2016 6 20 /08 /août /2016 08:43

A en croire les historiens du cinéma, c'est en voyant ce film que Georg Wilhelm Pabst eut la révélation de sa vie, et décidé d'engager sur-le-champ Louise Brooks; peut-être fut-il étonné de sa réponse positive mais le fait est que les studios (Et bien sûr la Paramount, maison-mère de l'actrice), ne savaient pas quoi faire d'elle, et c'est beaucoup plus d'un statut de starlette qu'elle disposait, d'autant qu'elle est ici détachée de son studio, et prêtée à la Fox, pour interpréter, eh bien, pas grand chose de plus qu'une plante verte... Tout ceci étant rappelé, non pour être désagréable, mais bien pour tenter de remettre les pendules à l'heure: Brooks, aujourd'hui adulée à juste titre par une poignée de dingos de par le monde, n'était absolument pas une star interplanétaire à l'heure de ses plus grandes contributions au cinéma, un art dans lequel elle n'a presque jamais vraiment percé...

Cela étant dit, les vraies vedettes de A girl in every port, ce sont bien sur les deux acteurs qui en interprètent les héros: Victor McLaglen est 'interprète de "Spike" Madden, un marin qui se satisfait d'une situation intéressante: il a, selon l'expression consacrée, "une fille dans chaque port", à Amsterdam, Rio, Mexico... Sauf que d'une part, le temps passe, et certaines se sont mariées et ont eu des enfants, ce qui n'arrange pas ses affaires. Et d'autre part, partout où il va, il se rend compte qu'il partage ses conquêtes avec un mystérieux marin, un serial dragueur, le nommé Salami (Robert Armstrong). Lors d'une bagarre, les deux fraternisent, sympathisent, et deviennent les meilleurs amis du monde. Entre alors en scène Marie (Louise Brooks), une Américaine exilée à Marseille. Spike tombe fou amoureux, et envisage de s'installer avec elle une bonne fois pour toutes, mais Salami qui connaît déjà la jeune femme sait qu'elle en a après son argent. Comment le lui dire?

C'est une comédie, qui naît de l'immense popularité de McLaglen et de ses personnages d'aventurier bourru, suite à l'immense succès de What price glory? (1926) de Raoul Walsh. D'une certaine façon, le jeune Howard Hawks, qui avait tourné une poignée de films pour la Fox, avait pour mission de faire bouillir la marmite, ce qui permettait à William Fox de financer ses projets dispendieux et artistiques: pour un Fazil, un Paid to love, combien de mètres de pellicule de Sunrise, ou de Street angel? Le pari de Fox, c'était de faire cohabiter un cinéma d'auteur exigeant et prestigieux dont il pensait qu'il finirait par payer, et un cinéma populaire et distinctif, soit différent de celui de la MGM, de la Paramount ou de la Warner... Il a perdu, et c'est dommage, mais il n'en reste pas moins que face à ce film, on est plutôt mitigé... Du reste, son (Désormais) principal argument de vente n'arrive qu'en deuxième moitié, et on reste bien fermement ancré dans la convention. C'est un flm d'hommes, qui fait passer la camaraderie entre marins avant tout, comme Hawks le fera pour les aviateurs, les gangsters, les cow-boys... On s'y saoule, on y bourre les pifs. Ca détend!

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Published by François Massarelli - dans Howard Hawks 1928 Muet Comédie Louise Brooks **
19 août 2016 5 19 /08 /août /2016 15:16

Poursuivant leur exploration des thèmes dramatiques du western, Hamman et Durand s'intéressent au hors-la-loi, dans un film notable par un lyrisme dramatique intéressant... Tout en proposant une intrigue qui ne glorifie en rien le bandit: on est chez Gaumont, et un bandit, ça doit payer ou mourir! Sinon on n'envoie pas le bons messages aux masses populaires.

On suit donc l'aventure d'un cow-boy, mauvais sujet, interprété par Joe Hamman. Il préfère le jeu au travail, et gagne tant qu'on peut imaginer qu'il triche en plus! Sommé de se calmer par son patron, le shériff Davidson, il se venge en libérant les chevaux. Il est ensuite recherché par un 'posse' qui est alerté par Daisy, la fille de Davidson, et sa tête est mise à prix: cent dollars, mort ou vif...

Berthe Dagmar, la vedette de tant de film de Durand, est surtout utilisée pour ses capacités d'écuyère ici, et son grand moment est une chevauchée que Durand prend le temps de montrer. De même, le casse-cou Hamman a droit lui aussi à son "clou du spectacle", lorsqu'il est poursuivi et se réfugie sur un train en marche. La scène finit par être filmée depuis le toit d'un wagon, et on sent l'influence des films Eclair de Victorin-Hyppolite Jasset, qui marqueront tout le monde à la Gaumont, à commencer par Feuillade. Hamman est intéressant, et sa capacité à jouer à peu près tous les protagonistes d'un western, tout en effectuant des cascades qui ne sont pas données à tout le monde, reste une belle surprise...

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Published by François Massarelli - dans Gaumont Muet Western Jean Durand
19 août 2016 5 19 /08 /août /2016 15:08

Un chef Sioux (Joe Hamman) qui estime avoir été maltraité par le bureau des affaires Indiennes, déterre la hache de guerre et décide d'incendier la prairie, afin de mettre la ville de Sioux Falls en danger...

Plus que jamais, Jean Durand traite le western comme un ensemble d'attractions, en combinant costumes très étudiés (Le chef Indien campé par Hamman est impressionnant de réalisme... sauf sans doute dans sa gestuelle), savoir-faire évident, celui des gardians et des acteurs, Berthe Dagmar en tête, en matière d'équitation, et les décors de la Camargue, qui à défaut d'être authentiques, ont au moins le mérite d'être fonctionnels. Mais l'ensemble ressemble à une attraction de cirque bien menée, pas beaucoup plus.

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Published by François Massarelli - dans Gaumont Muet Jean Durand Western
18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 16:35

On'attend pas d'un film qui s'appelle ainsi qu'il soit en réalité tourné en France, par une équipe locale... De même qu'un Jean Durand, ça ne sonne pas comme John Ford ou Thomas Ince! Et Joe Hamman, le principal acteur du film, est né en 1883 à Paris, et son état civil révèle qu'il s'appelait en fait Jean Paul Arthur Hamman. Mais par contre il était clairement passionné de l'Ouest Américain, au point d'y consacrer sa vie: dès 1906, ce passionné de cinéma fait ce qu'on n'appelle pas encore des westerns, dont il est de fait, un pionnier. Et à la compagnie Lux, en 1909, il fait la connaissance de Jean Durand.

Durand est un autre cinglé, à sa façon: venu par hasard à la réalisation chez Pathé, il va s'y consacrer de toute son âme, et sous l'influence de sa vedette et future épouse, Berthe Dagmar, elle même danseuse, dompteuse et acrobate, va souvent tourner des fimls autour du monde du spectacle, soit en consacrant par exemple ses films à la peinture du cirque ou du petit monde du music-hall, soit en transformant le médium en un prolongement du monde du spectacle, un peu à la façon dont le western est né aux Etats-Unis de la fréquentation massive par le public des spectacles simplificateurs de Buffalo Bill... Et la boucle est bouclée, car c'est lors d'un voyage aux Etats-Unis que Joe Hamman a vu le cirque de Buffalo Bill et attrapé le virus du western!

Ce film date donc de l'arrivée à la Gaumont en 1910 de Durand, Dagmar et Hamman, qui amènent avec eux tout leur cirque: des figurants et acteurs rompus à tous les exercices et toutes les acrobaties (Dont Gaston Modot), des costumes authentiques, et une idée toute simple: un copain de Hamman, le marquis Folco de Baroncelli, possédait de la terre en Camargue, et employait un certain nombre de gardians pour s'occuper de son bétail, vache et chevaux dans l'ensemble. La troupe s'installe donc chez lui, et en profitant de la petite gare locale, commence à faire des films... Pendaison à Jefferson City porte bien son nom, puisqu'il s'agit d'une histoire pittoresque, qui voit un homme soupçonné d'avoir tué son copain et qui va se faire lyncher: le copain arrivera-t-il à temps pour l'innocenter?

C'est rythmé, court, et marqué par une franche volonté de faire du spectacle: on remarquera que les décors sont choisis pour leur potentiel, justement. A aucun moment un spectateur d'aujourd'hui ne peut croire qu'il s'agit de l'Ouest Américain, pas plus si vous voulez mon avis qu'il soit possible à un spectateur des deux premiers westerns de Sergio Leone de ne pas y reconnaître l'Espagne... Ce premier film Gaumont qui expérimente la formule est encore un exercice, mais illustre bien le style efficace de Durand.

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Published by François Massarelli - dans Western Gaumont Muet Jean Durand
17 août 2016 3 17 /08 /août /2016 09:20

Fort-de-France, durant l'occupation; Harry Morgan est un Américain, qui possède un bateau et tient une petite entreprise toute simple: moyennant finances, il transporte des touristes, principalement Américains, pour leur permettre de pêcher l'espadon. Mais les affaires ne sont par florissantes même lorsqu'un client finit une location de 16 jours du bateau, en faisant tout pour ne pas payer. Pourtant, Harry refuse de se mouiller et prenant l'argent que lui propose la résistance pour véhiculer des Français souhaitant rejoindre les zones neutres, ou les Français libres qui tentent d'organiser la riposte. Jusqu'au jour où le client fortuné qui lui doit une grosse somme est tué d'une balle perdue lors d'une opération de police...

Oubliez l'auteur du livre, Hemingway, pourtant présent en toutes lettres sur l'affiche de ce film à l'époque. To have and have not, comme Passage to Marseille ou Background to danger, n'est finalement que l'un des nombreux enfants illégitimes de Casablanca: c'est même le meilleur tout en étant très proche sur un grand nombre de points: Bogart, bien sur, mais aussi la présence larvée de Français collaborateurs, une atmosphère en trompe-l'oeil, avec à nouveau un pianiste qui sert de digression (Cette fois, c'est Hoagy Carmichael)... Mais Hawks n'est pas Curtiz, et son personnage de Harry Morgan, s'il est détaché de toute politique, et passe son temps à dire qu'il ne se mêlera que de ses affaires et surtout pas d'aider la résistance, n'a pas le passé agité et romantique qu'avait Rick. Et Hawks s'est sans doute plus intéressé à l'intrigue sentimentale risquée entre Morgan et Marie Browning (Lauren Bacall, dans on premier rôle): l'alchimie entre les deux, acteurs comme personnages, est fantastique, bien sur, et les dialogues portent la marque du metteur en scène, qui les a d'ailleurs truffés de notations personnelles ("Steve" est le nom que le réalisateur et son épouse se donnaient mutuellement) et de provocations diverses, la plus célèbre étant l'instruction pour siffler lancée à Bogart amusé, par une jeune bombe sexuelle de 19 ans.

Et puis c'est Hawksien en diable, avec cet art consommé de la digression géniale, mené tambour battant par Walter Brennan, en vieil alcoolique accroché aux basques d'Harry Morgan et qui est persuadé de le protéger! Et bien sur, l'efficacité de la mise en scène qui réussit à nous faire oublier le carton-pâte de Fort-de-France reconstruit en studio, et les transparences maudites lors des scènes de pêche. Pour finir, on appréciera comment la Warner tente de faire pardonner sa bourde de Casablanca (Avec le fameux laisser-passer accepté par Vichy et signé par De Gaulle), en faisant dire à un personnage qui apprend l'arrivée de "la sûreté nationale", que c'est en fait la Gestapo.

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Published by François Massarelli - dans Howard Hawks
16 août 2016 2 16 /08 /août /2016 15:39

En avril 1974, la direction de la radio Suisse Romande dépêche une équipe de reporters au Portugal, dans le but de ramener au pays une petite idée sur l'aide de la Suisse envoyée là-bas. Dans un premier temps, l'équipe est formée de trois personnes: Julie (Valérie Donzelli), une journaliste ambitieuse et un brin féministe, galvanisée par les changements récents (La Suisse n'a accordé le droit de vote aux femmes qu'en 1971...); Cauvin (Michel Vuillermoz), un grand reporter un peu lessivé et qui est revenu d'un reportage au Vietnam avec une blessure à la tête qui lui ronge la mémoire, un secret qui est lourd à porter; enfin, Bob (Patrice Lapp), preneur de son, complète l'équipe avantageusement, d'autant qu'il a un combi Volkswagen. Arrivés au pays, ils vont embaucher un jeune Portugais Francophile, Pelé (Francisco Belard), qui rêve d'aller en Provence pour rencontrer Marcel Pagnol, son idole, et qui truffe son Français de "peuchère!" loufoques, tout en étant d'une aide précieuse pour permettre aux trois journalistes de constater que le fascisme est partout dans le Portugal d'Avril 1974... jusqu'au 25, du moins, car alors qu'ils sont sur place, la révolution des Oeillets se déclenche, et ils sont tous quatre pris dans la tourmente...

C'est un plaisir indéfinissable que de se laisser attraper par ce film (Dont la musique est entièrement faite de compositions de Gershwin dans des interprétations mythiques, qui s'intègrent magistralement à l'ensemble y compris dans un ballet inattendu), une comédie légère qui s'amuse à jouer un peu avec nos souvenirs (Si nous avons vécu à cette époque) en recréant des détails vestimentaires, des choses de la vie de tous les jours, sans jamais forcer la dose, et en utilisant avec bonheur un dialogue millimétré.

Bien sûr, le film oppose avec intelligence et subtilité un monde immuable (et qui fait semblant de changer, comme les chefs de la Radio suisse, ou le gouvernement soi-disant moderne de VGE, à la fin du film), et les révolutions en marche, qu'elles soient politiques, démocratiques, sexuelles ou féministes... Le loufoque provient aussi de la façon dont Michel Vuillermoz, qui interprète le journaliste perdant la mémoire, parle un Portugais défaillant qui ne l'empêche pas d'être pris pour un prophète par les révolutionnaires... La révolution sexuelle est présentée par un épisode traité avec humour, et relaté génialement par les dialogues. Au final, ce film essentiellement poétique qui fait semblant d'être un reflet de la vérité, est une bulle bienvenue de burlesque dans le cinéma Européen, tout en nous rappelant des révoltes qui ont mené quelque part sans pour autant tuer des centaines de gens. Voilà.

Les grandes ondes (A l'ouest) (Lionel Baier, 2013)
Les grandes ondes (A l'ouest) (Lionel Baier, 2013)
Les grandes ondes (A l'ouest) (Lionel Baier, 2013)
Les grandes ondes (A l'ouest) (Lionel Baier, 2013)
Les grandes ondes (A l'ouest) (Lionel Baier, 2013)
Les grandes ondes (A l'ouest) (Lionel Baier, 2013)
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Published by François Massarelli - dans Comédie Lionel Baier
15 août 2016 1 15 /08 /août /2016 17:33

Sorti en février 1934, Honeymoon hotel est le premier dessin animé en couleurs de la série Merrie melodies (le pendant "noble" des Looney tunes) de la Warner. Contrairement au concurrent Disney qui expérimentait déjà avec un Technicolor trois bandes d'une grande finesse, Schlesinger s'était laissé tenter par le procédé Cinecolor, qui est assez peu glorieux... Mais aussi assez peu coûteux! Curieusement, je trouve que ça donne au film un cachet assez particulier, avec des couleurs tellement délavées qu'elles ont l'air d'être issue d'un procédé de contrebande!

Le film qui montre les frasques de bestioles qui se rendent à un hôtel dont la destinée première est d'accueillir des nouveaux mariés, recycle bien sûr les chansons du film de Lloyd Bacon et Busby Berkeley Footlight Parade (1933), oeuvres de l'équipe Warren-Dubin, et il se vautre lui aussi sans complexes dans la gaudriole... Il reprend aussi la trame du numéro musical correspondant, dans lequel tout le personnel (plus ou moins reproduit ici, des lingères au détective en passant par les grooms) se présente en chansons... Des chansons dans lesquelles il est assez couramment question de l'acte nuptial. Donc pour résumer, ce n'est décidément pas Disney...

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Published by François Massarelli - dans Pre-code Animation Looney Tunes
15 août 2016 1 15 /08 /août /2016 11:08

La deuxième saison de Buffy the vampire slayer est fantastique: c'est la véritable naissance de l'esprit de la série, et c'est là que se mettront en place les vrais thèmes de ce qui était jusqu'à présent une aimable bluette, métaphore des années adolescentes. Elle se transforme en un parcours qui vise désormais plus haut (La peinture de l'évolution d'une adolescente qui doit devenir une femme), et Joss Whedon jette ici les bases de tout un univers, dont certains développements attendront toute une saison... alors que d'autres attendront jusqu'à la septième, voire pour certains une autre série: Angel. Whedon et son équipe enrichie, et qui compte déjà en ses rangs des collaborateurs aussi cruciaux que Marti Noxon, David Fury ou David Greenwalt, se voient aussi allouer un budget conséquent, et le monde de Buffy est moins limité dans cette nouvelle saison. Nous verrons moins la boîte le Bronze, le lycée semble agrandi, certains appartements et maisons nous sont montrés alors qu'ils étaient ignorés dans la première saison: chez Angel, chez Giles aussi.

A côté de cette construction de nouveaux décors, la série détruit aussi: on prend une habitude, celle de voir le premier épisode d'une saison comme un jeu de destruction des acquis... Ca reviendra souvent. Et dans chaque série pilotée par Whedon, voire dans le deuxième film de la franchise The Avengers.

Et surtout, la série quitte à mon sens le tout-venant en lançant un personnage fabuleux, le genre de méchant que Buffy ne doit surtout pas tuer parce que sinon il manquerait trop! Il s'appelle Spike, est interprété par James Marsters, qui bien qu'Américain, lui a dégoté un fabuleux accent cockney, et il lance des répliques toutes plus drôles les unes que les autres. Et la cerise sur le gateau, c'est que dans l'ensemble, c'est juste un homme qui désire vivre aussi tranquillement que possible, en se battant à l'occasion, et en mangeant un humain ou deux. Le contraire des vampires mystiques de la première saison... Que Angel va devenir. Ce qui va pousser Spike à s'allier avec Buffy!

L'essentiel de l'intrigue de cette deuxième saison concerne pourtant un autre vampire: comme je le disais plus haut, le gentil Angel, vampire doté d'une âme, va la perdre et retomber dans le crime. Ca va aller loin, très loin, et ça passera par une thématique inattendue, car c'est lié à un motif permanent de la saison 2: les hormones! Ces jeunes gens ont 17 ans, et Buffy, Willow et Xander vont commencer à sentir des chatouillements là où il faut. Willow, après avoir attendu Xander tant d'années, se laisse tenter par une bluette avec le musicien Oz (Seth Green), un senior du lycée, laconique et intéressant (Voir plus bas); Xander succombe à l'inévitable: une idylle avec Cordelia Chase, celle qu'il prenait pour son ennemie naturelle, ce qui ne va pas les empêcher de continuer à se battre: enfin, Buffy concrétise ses amours avec Angel, et une nuit d'amour plus tard, s'en mordra sérieusement les doigts. Les adultes ne sont pas en reste, car d'une part Spike vit le parfait amour (Du moins pour un temps) avec la vampire folle Drusilla (Juliet Landau), les relations de Giles avec la belle enseignante Jenny se compliquent, et même Joyce Summers cherche l'âme soeur, dans un épisode mémorable.

Un apport significatif de la saison est le passage de témoin, de Jenny à Willow, qui va commencer à s'intéresser à la magie noire... Rétrospectivement, on sait maintenant qu'elle ne devrait pas! De leur côté, les rapports entre mère et file aussi se compliquent: Joyce a du mal à comprendre la vie de sa fille, dont elle finit par découvrir le secret à la fin de la saison. Et admettre à Giles qu'elle lui en veut d'avoir construit avec sa fille une relation père-fille bien plus complice que la sienne propre.

Certains personnages font un petit tour, d'autres resteront, et on apprend à y gérer de façon inattendue les rapports avec certaines créatures: un loup-garou s'avère être Oz, par exemple, ce qui oblige les humains à l'épargner; mais un ami peut aussi se transformer en ennemi, ce qu'indiquait déjà Xander dans un épisode de la première saison; ici, Buffy fait les frais de la transformation d'Angel en Angelus, mais elle subit aussi la trahison d'un ancien petit ami de L.A. Dans Lie to me. Enfin, on apprend dans cette saison riche que les personnages ne sont pas à l'abri. Kendra, une autre tueuse (Automatiquement “activée” par la mort de Buffy à l'épisode 12 de la première saison), mais aussi Jenny Calendar en feront les frais; de toute façon , toute la saison mène à une prise de décision douloureuse, liée à un choix dramatique, qui ne peut laisser tout le monde indemne...

Pour finir ce tour d'horizon, des personnages apparaissent, qui auront peut-être (ou pas) de l'importance plus tard: on appréciera en particulier les apparitions de Danny Strong, qui joue Jonathan Levinson, un petit lycéen râleur et souvent victime des circonstances, voire des monstres, dans certains épisodes: chaque apparition ressemble à un gag.

Pourtant...

1. When she was bad (Ecrit et dirigé par Joss Whedon)

Le retour de Buffy s'effectue, naturellement, via la rentrée au lycée. Une scène d'ouverture sert non seulement à introduire l'épisode, mais aussi toute la saison, sa thématique, et... son atmosphère de surprises. Willow et Xander sont seuls, Buffy n'est pas encore rentrée de L.A. Et ils parlent. Un détail mineur, le fait que Willow a de la glace sur son nez, manque de les faire s'embrasser... Mais ils sont interrompus par un vampire, puis par Buffy, en pleine forme, qui tue l'importun. Le grand thème est donc installé, il sera question de la tentation, des désirs, du passage à l'acte... et des hormones, essentiellement. Pour le reste, Buffy promène sa mauvaise humeur durant tout l'épisode, en provoquant Xander de façon lamentable lors d'une danse plus que suggestive. L'idée était bien sur de rendre Angel jaloux...

Pour commencer une saison, on casse ses jouets : ici, c'est le squelette du « maître » qui en fait les frais, laissant derrière lui un gamin à la tête des vampires... Qui ne fera pas long feu.

C'est aussi la première fois que Whedon, pour agrémenter les soirées du « Bronze », la boîte de Sunnydale, fait appel à un groupe significatif. Buffy et Xander dansent donc sur la musique de Cibo Matto... à l'époque, le bassiste s'appelait Sean Lennon.

2. Some assembly required (Ecrit par Ty King et dirigé par Bruce Seth Green)

Un gamin a décidé de faire revivre son frère mort, façon Frankenstein. Mais le grand frère n'est pas satisfait : il veut une fiancée ! Il y a donc une menace sur Cordelia, une fois de plus... Outre l'hommage à Frankenstein, et le thème en continuité parfaite avec celui de la saison, cet épisode est une illustration de l'atmosphère qui s'éloigne de plus en plus du postulat adolescent de la première saison.

D'ailleurs, comme pour illustrer cette montée en grade, Giles commence une relation ouvertement amoureuse avec la jolie Ms Calendar... Celle-ci sera souvent contrariée... C'est le moins que l'on puisse dire !

3. School hard (Ecrit par Joss Whedon et David Greenwalt, et dirigé par John T. Kretchmer)

Episode crucial, School hard présente Spike, l'un des personnages les plus importants de la série, fait évoluer de manière significative la relation Joyce-Buffy, et permet à Whedon de finir de détruire son premier univers de vampires : avant, les sales bêtes sont organisées selon une hiérarchie vaguement mystique, avec un leader sentencieux, attaché à de vieilles reliques et des traditions antédiluviennes. Avec cet épisode, on fait table rase, pour donner à voir du vampire l'image essentiellement d'un charognard nomade, pas si éloigné du mode de vie solitaire et reclus de Angel, mais avec le mal en plus !

Joyce se rend donc à une soirée parents-professeurs au lycée, et découvre la vraie vie de sa fille, du moins certains aspects. Elle décide donc de lui laisser du champ, et de lui faire confiance, au gand dam du proviseur Snyder.

4. Inca mummy girl (Ecrit par Matt Kiene & Joe Reinkemeyer et dirigé par Ellen S. Pressman)

Un épisode moindre, mais une fois de plus relié à la thématique : Xander tombe amoureux de la correspondante étrangère de Buffy... Sauf que celle-ci s'avère être une momie Inca, qui se maintient en vie en tuant des jeunes hommes. Mineur, mais plaisant bien sur, avec la première apparition de Jonathan Levinson. Un autre personnage notable fait son apparition, le guitariste Oz, qui pour l'instant reste dans l'ombre, et repère Willow. Celle-ci l'intrigue beaucoup...

5. Reptile boy (Ecrit et dirigé par David Greenwalt)

Un autre épisode mineur, relié une fois de plus à la thématique du désir et des hormones : des étudiants kidnappent des jeunes femmes, dont Buffy et Cordelia, pour les offrir en sacrifice à leur dieu, le démon Machida, qui ressemble à une très longue quéquette. La blague est facile, mais la censure n'a rien vu venir ! Et l'épisode, qui montre Buffy quasiment charmée par Tom, l'un des étudiants, rappelle que le danger ne vient pas nécessairement des vampires... Jonathan et Oz reviennent.

6. Halloween (Ecrit par Carl Ellsworth et dirigé par Bruce Seth Green)

Un grand classique, avec l'apparition d'un personnage qui sert à éclairer le passé de Giles : Ethan Rayne est un ancien condisciple du Britannique, versé sur les arts occulte, mais qui a dédié lui sa vie au mal. Il lance un sort sur Sunnydale : pendant Halloween, les jeunes qui se sont fournis en déguisement dans son magasin vont devenir littéralement ce en quoi ils sont grimés: Xander un soldat efficace, Buffy une noble du XVIIIe siècle (Effrayée par un rien), et Willow un fantôme... Aperçue par Oz dans une scène en forme de running gag.

7. Lie to me (Ecrit et dirigé par Joss Whedon)

On monte d'un cran, avec un épisode grave, où Buffy s'interroge sur la finalité de ses relations avec son petit ami. C'est le moment qu'a choisi un ancien petit ami de L.A. Pour faire son apparition. Elle se verrait bien finir avec lui, mais Ford est en réalité de passage dans la série: il ne vient que pour attirer Buffy dans un piège. Il est mourant, et souhaite survivre en devenant un vampire... Il fait donc un marché avec Spike. A nouveau, on le voit, les relations amoureuses débouchent sur trahison, complexité, et déception. Et le thème du mensonge devient le fil rouge de l'épisode, qui nous rapporte une nouvelle dimension du personnage d'Angel et ses relations complexes avec ses semblables, mais aussi qui nous montre Buffy faire des choix de plus en plus difficiles.

8. The dark age (Ecrit par Dean Batali et Rob Des Hotel, dirigé par Bruce Seth Green)

Cet age sombre, c'est celui des vieux... dans cet épisode malin, on continue à jeter le trouble en s'intéressant une fois de plus au passé décidément étonnant de Rupert Giles : des amis à lui tentent de le contacter, et meurent, et ça le met dans des états pas possibles. On apprend que lorsqu'il était étudiant, il avait, avec quelques amis, fricoté un peu avec la sorcellerie, et ils s'étaient amusés à réveiller un démon... Qui ne les a pas oubliés, et vient désormais les tuer les uns après les autres. Il ne reste plus que deux d'entre eux, tous les deux condamnés à plus ou moins brève échéance : Giles, et... son étrange ennemi Ethan Rayne, qui revient donc montrer sa duplicité dans cet épisode. La métaphore du démon permet, pour une première fois, d'insérer une allusion aux déviances liées aux paradis artificiels : lorsque Giles parle de ses aventures avec la sorcellerie, le vocabulaire qu'il utilise est celui de l'addiction.

L'épisode éclaire la relation naissante entre Giles et Jenny d'une lumière troublante, d'autant que cette affaire de possession rejaillit sur la jeune femme, confirmant une des lois de la série : le mal atteint les autres, par ricochet. On le reverra bientôt de façon cinglante...

9. What's my line part 1 (Ecrit par Marti Noxon et Howard Gordon, dirigé par David Solomon)

10. What's my line part 2 (Ecrit par Marti Noxon, dirigé par David Semel)

Tout ce qui arrive a une, ou des conséquences. Bon ou mauvais, tout incident dans la série aura des répercussions, bénéfiques, ou pas. C'est particulièrement rigoureux dans Buffy et Angel, et on le verra les scénaristes ne reculeront devant rien pour observer cette consigne à la lettre. Ces deux épisodes liés en sont la première preuve spectaculaire, introduisant un personnage inattendu mais logique : à la mort de chaque « tueuse », une autre apparaît pour prendre sa place. Ici, il s'agit de la Jamaïcaine Kendra (Bianca Lawson), qui est tout le contraire : elle a lu les manuels, ne passe pas son temps à autre chose qu'à son devoir, et manque cruellement de ressource dans certains cas. Elle manque aussi de distance, et bien sur manque de tuer Angel. La relation entre les deux tueuses est un ressort de comédie, mais fait ressortir aussi la spécificité, et la force (En même temps que le handicap), de Buffy : elle a des relations, des amis, bref, une famille !

On revoit Jonathan Levinson, pris en otage lors d'une tentative d'assassinat sur Buffy. De leur côté, Xander et Cordelia, isolés dans la maison de Buffy, en proie à une menace, se jettent l'un sur l'autre pour laisser lire cours à la montée de leurs hormones dans un baiser fougueux, il y en aura d'autres... Et Willow fait la connaissance de Oz, avec lequel elle sympathise. Elle va aussi, lors d'une scène, être sauvée par lui, qui prend une balle dans le bras à sa place... Ce qui le fait intégrer d'office le cercle des amis de Buffy, et on peut être sur qu'il va en souffrir. Willow comence à montrer des talents dans l'occulte, ce qui ne va pas s'arrêter là...

Spike et Drusilla, enfin, se révèlent un peu plus : ils sont venus à Sunnydale, pace que Spike est à la recherche d'une façon de soigner Drusilla, qui dépérit. Leur motif est finalement privé, ce qui les rend, surtout Spike du moins, relativement sympathique. Dans ce contexte, Buffy n'est pas une ennemie parce qu'elle lutte pour le bien, mais parce qu'elle les éloigne des chances de guérison de la vampire folle.

11. Ted (Ecrit par Joss Whedon et David Greenwalt, dirigé par Bruce Seth Green)

Ceci est un épisode de haute volée: Joyce Summers a été très occupée à son travail, et une conséquence intéressante : de plus elle a trouvé un petit ami, le sympathique Ted (John Ritter), qu'elle a décidée de ramener chez elle pour le présenter à Buffy. L'épisode tire donc parti d'un état de fait, et le scénario fait des merveilles avec... Ted, en effet, est tout sauf normal, et représente bien sur pour Buffy un danger potentiel qui aura sans doute des résonances chez tous les enfants de parents séparés. Et la relation qui s'établit entre elle et ce beau-père potentiel est un danger du quotidien, l'une des rares mais nécessaires intrusions de la série en terrain réaliste, avec même, dans un passage dramatique, une visite à la police, un signe que décidément la série peut nous surprendre avec un rien.

Par ailleurs, l'épisode contient aussi un nouveau développement de la relation entre Giles et Jenny, confirmant la thématique « amours adultes » de l'épisode. Mais pour faire bonne mesure, Xander et Cordelia continuent leur idylle secrète.

12. Bad eggs (Ecrit par Marti Noxon, dirigé par David Greenwalt)

La responsabilité est sans doute l'un des mots-clés de l'univers de Buffy. C'est parce qu'elle est responsable que la tueuse doit veiller au grain, à la sécurité de toutes et tous, et à garder son secret en plus. Alors quand un professeur propose une expérience pour tester la responsibilité de ses élèves, dans le cadre de l'éducation sexuelle, et pour voir s'ils seraient capables de s'occuper d'un enfant, l'ironie fait que cette expérience dégénère avec des œufs bizarre, qu'on fait garder et surveiller par tous les élèves, et qui prennent possession d'eux. Et les seuls qui s'en tireront indemnes, seront Xander qui par feignantise a fait bouillir l'oeuf, et Buffy, qui va une fois de plus sauver la communauté sans que celle-ci s'en rend compte.

Jonathan Levinson refait une apparition désormais habituelle, sans pour autant qu'on lui accorde une importance quelconque, et Buffy et Angel parlent de leur engagement l'un avec l'autre, et même de l'avenir potentiel... Ce n'est jamais bon quand des personnages de cette série parlent d'avenir.

13. Surprise (Ecrit par Marti Noxon, dirigé par Michael Lange)

…Et la confirmation de cette supputation n'attendra pas ! Surprise est le premier épisode d'un diptyque mémorable, décisif non seulement pour l'avenir de la série, mais aussi pour l'autre série qui en déculera, Angel. Il y est question d'une part des agissements de Drusilla et Spike pour se débarrasser de Buffy, ils ont cette fois contacté un mythique démon, le Juge, qui lutte contre le bien, et « qu'aucune arme forgée ne peut tuer », dit la légende. On y rappelle qu'Angel est un vampire dotée d'une âme, par la grâce d'une tribu de gitans qui l'ont ainsi condamné à l'éternel remords... Mais ce qu'on ne savait pas, c'est que Jenny en faisait partie. Ca restera un secret pour l'instant pour les autres personnages, mais ça jette le trouble, car on apprend aussi qu'une minute de bonheur pour le vampire annulerait le sort, et donc le priverait d'une âme.

Mais ce n'est pas le sujet : Buffy et Angel doivent en effet combattre Spike et Drusilla, et... dans le feu de l'action, se rapprochent de plus en plus. Ils vont passer à l'acte. Ils passent à l'acte. Et l'épisode s'arrête sur Angel pris de violentes convulsions...

Car le sujet, une fois de plus, est le désir, et le trouble né de cette impression que l'accomplissement du désir est inéluctable. La plupart du temps, cet accomplissement n'est que le début du bonheur...

14. Innocence (Ecrit et dirigé par Joss Whedon)

Cet épisode concerne donc le lendemain de l'anniversaire de Buffy, lorsqu'elle vient de fêter ses 17 ans, et accessoirement de perdre sa virginité. Ce n'est en rien un détail, d'une part parce que les conséquences de l'acte seront cruciales (Angel redevient Angelus, car il a perdu son âme), et que le sous-texte de l'épisode est magistralement traité ; Buffy s'est faite avoir, et le garçon qui l'a possédée dans son lit la rejette. La douleur de la jeune femme est très impressionnante. A côté de ce drame si banal, les amis de Buffy ont aussi leurs problèmes : Willow découvre que Xander et Cordelia ont une petite intrigue secrète, et Giles comprend que Jenny leur a caché des choses. Enfin, cerise non négligeable sur le gâteau, Buffy contrecarre les plans des vampires en utilisant un bazooka, image certes un peu facile, mais ô combien efficace d'une revanche explosive sur la gent masculine. M'est avis que l'image de la frêle tueuse, portant ce symbole phallique et l'actionnant dans la galerie d'une supermarché, a du être un enjeu important pour l'équipe de geeks qui concoctent la série.

15. Phases (Ecrit par Dean Batali et Rob Des Hotel, dirigé par Bruce Seth Green)

Oz est un loup-garou, et à la fin, ce paradoxal avantage décide Willow a sortir avec lui... L'épisode est formidable, et nous rappelle un certain nombre de thèmes : derrière le mal, ou du moins les créatures maléfiques, il y a toujours des humains. Mais les humains en eux-mêmes ne sont pas forcément fréquentables, ainsi en est-il d'un chasseur de loups-garous qui lui est un super-connard. Sinon il est souvent question d'hormones, une fois de plus : Willow aimerait bien aller plus loin plus vite avec Oz, et Cordelia lance à Xander des appels du pied de plus en plus récurrents, de moins en moins discrets... qu'il ne repère jamais.

16. Bewitched, Bothered and Bewildered (Ecrit par Marti Noxon, dirigé par James Contner)

Cordelia quite Xander parce qu'il est une entrave à sa popularité... Afin de se venger, il a recours à la sorcellerie. Il fait appel à Amy, la jeune fille victime des agissements surnaturels de sa mère dans l'épisode 3 de la première saison. Celle-ci lui concocte un petit sort supposé provoquer chez Cordelia un amour irrésistible pour lui, mais elle se trompe, et ce sont toutes les femmes SAUF Cordelia qui se trouvent affectées... Un épisode drôle, inventif, et plaisant, au terme duquel Cordelia prendra une décision qui l'honore...

17. Passion (Ecrit par Ty King, dirigé par Michael Gershman)

La “passion” du titre, c'est paradoxalement celle d'Angel pour Buffy, puisque pour se venger d'avoir eu des sentiments humains à son égard, il est décidé à lui en faire baver... Mais effectuera surtout un crime sans nom, immonde et qui prouve ne fois pour toutes que dans cette série on n'hésite pas à sacrifier des personnages importants. Introduit et conclu par la voix neutre d'Angel, cet épisode distille une poésie noire qui tranche définitivement sur l'atmosphère souvent légère de la série.

18. Killed by death (Ecrit par Dean Batali et Rob Des Hotel, dirigé par Deran Sarafian)

Un épisode mineur à la X-Files, qui voit Buffy quitter l'intrigue principale pour se rendre à l'hôpital, ou elle déjoue les plans d'un croquemitaine invisible...

19. I only have eyes for you (Ecrit par Marti Noxon, dirigé par James Whitmore, Jr)

Lors d'une soirée festive, des étudiants possédés par les fantômes d'un couple maudit (Un élève du lycée qui avait tué la prof dont il était amoureux, en 1955), rejouent un drame passionnel, jusqu'à ce que le fantôme du garçon n'en appelle à Buffy. On quitte l'intrigue principale avec un épisode franchement poétique et très maîtrisé dont une scène permet à Buffy et Angel de se réunir...

20. Go fish (Ecrit par David Fury et Elin Hampton, dirigé par David Semel)

Encore un épisode mineur, cette fois centré sur les agissements du coach d'une équipe de natation pour donner plus d'efficacité à se nageurs. On apprécie la comédie, principalement grâce à Cordelia.

21. Becoming part 1 (Ecrit et dirigé par Joss Whedon)

22. Becoming part 2 (Ecrit et dirigé par Joss Whedon)

Le premier épisode commence par un flashback, qui inaugure une série d'aller-retours sur la “vie” du vampire Angelus, de la rencontre fatale de l'humain Liam avec celle qui va le transformer, Darla (Julie Benz, déjà vue dans la saison 1, avant sa mort), jusqu'à l'arrivée du vampire désormais doté d'une âme à Los Angeles, pour veiller sur Buffy, avant son départ pour Sunnydale. C'est que Angel est véritablement le principal protagoniste de ce double épisode, qui voit la saison arriver à terme avec une surprenante noirceur... Car après avoir batifolé pendant 20 épisodes autour de ces désirs de jeunes et moins jeunes, l'heure est venue de prendre ses responsabilités, pour Buffy comme pour les autres: une tueuse de vampires doit tuer les vampires. C'est ce que lui rappelle Kendra, venue lui prêter main forte, mais elle ne survivra pas au premier épisode, tuée par Drusilla. Celle-ci passe de fofolle un peu folklorique, à folle furieuse, et particulièrement dangereuse... L'heure est venue aussi de former des alliances contre-nature: ainsi, pour contrer Angelus, Buffy doit-elle compter sur l'aide de Spike. Ce ne sera pas la dernière fois...

A la fin de la saison, Buffy a beaucoup appris, est devenue adulte: ça veut dire qu'elle souffre. On la reverra pour une troisième saison riche en promesses...

Buffy the vampire slayer #2 (Created by Joss Whedon, 1997-1998)
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Published by François Massarelli - dans Joss Whedon TV
14 août 2016 7 14 /08 /août /2016 10:15

Ce film provient de l'écurie Triangle Fine Arts, le "label" qui couvrait les productions de David Wark Griffith entre 1916 et 1918, et si c'était un label de qualité, Gretchen the Greenhorn était ce qu'on appelait un "programmer", comprendre "complément de programme", ces films de moindre durée sensés accompagner les productions prestigieuses. Dorothy Gish, jamais totalement reconnue à sa juste valeur, était souvent reléguée dans ces films courts, dont la plupart ont disparu. Les frères Franklin étaient à l'aube d'une carrière qui pour l'un d'entre eux allait être prestigieuse: Sidney, bien sur, a signé quelques films non négligeables, ce qui n'est pas tout à fait le cas de Chester. Les films Fine arts étaient, selon l'expression consacrée, "supervisés" par Griffith, et on reconnaîtra ici, outre la star, un grand nombre de ses acteurs fétiches...

Gretchen (Dorothy Gish) est donc une immigrante Hollandaise, venue rejoindre son père Jan (Ralph Lewis) qui est un nouvel arrivant typique: accent à couper au couteau, mais des rêves pleins les yeux. Dans le petit monde, fait de braves gens d'horizons divers, où ils vivent, un voisin, Rogers (Eugene Pallette) va proposer une affaire à l'artisan Jan: mais c'est un piège, car sans le savoir, il va fabriquer de la fausse monnaie...

Un Américain malhonnête, des immigrants vertueux et qui souhaitent rester du bon côté de la loi, jusqu'à ce que l'un d'eux, l'Italien Pietro (Frank Bennett), ne sauve sa fiancée Gretchen des mains des bandits. Certes, c'est schématique et naïf, mai à l'heure d'une vague anti-immigration sans précédent dans le monde entier, on aurait bien besoin de cette naÏveté et de ces bons sentiments dans notre société actuelle. Le film est un enchantement, construit tambour battant, sans les habituelles et irritantes notations de Griffith dans les inter-titres, et les acteurs font très bien leur travail. On ne peut que s'étonner qu'un film aussi soigné ait été réalisé dans le seul but de boucher des trous du programme dans les salles de 1916, alors que certains de ces acteurs apparaissaient dans Intolerance, produit au même moment. On ne peut que s'étonner et s'émerveiller aussi que ces cinq bobines aient survécu dans une aussi belle copie...

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Published by François Massarelli - dans Muet 1916 Sidney Franklin *