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2 août 2016 2 02 /08 /août /2016 11:57
Valmont (Milos Forman, 1989)

Après le multi-oscarisé Amadeus, Valmont était un événement attendu, qui n'a pas été jugé à la hauteur des attentes. Pourtant, on est bien dans l'univers de Milos Forman, avec ces histoires de deux nobles oisifs (Annette Bening et Colin Firth) qui jouent à dominer la vie sexuelle et sentimentale des autres pour leur propre intérêt.

D'une part, Forman installe un système, ici la bonne société et ses arrangements sexuels triviaux, et se plait à y entrer un pion qui ne respecte pas tout à fait les règles, comme il a fait auparavant (One flew over a cuckoo's nest, Ragtime, Amadeus) et comme il fera après (Larry Flint, Man on the moon). mais il s'intéresse également à l'étrange destin de ceux qui laissent une trace, fussent-ils compositeur, pornographe, comique de télé ...ou amant magnifique. L'étude des étapes qui mènent à l'éternité, quel beau programme pour un film... Qui est infiniment supérieur à son concurrent direct, l'autre adaptation des Liaisons dangereuses sortie au même moment, réalisée par Stephen Frears, et mortellement ennuyeuse.

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Published by François Massarelli - dans Milos Forman
2 août 2016 2 02 /08 /août /2016 11:51
Who framed Roger Rabbit (Robert Zemeckis, 1988)

Ce film fait partie de la partie expérimentale de la filmographie de Zemeckis, comme d'autres, moins réussis (Beowulf, hum), ou plus brillants (Cast away). Pour une expérience, le moins qu'on puisse dire est qu'elle a su se partager, puisque le film a eu un succès international, et fait figure aujourd'hui de classique.

Parmi ses défauts, on passera sur l'incrustation de cartoons dans un film "live", qui est évidemment imparfaite comparée à ce qu'on pourrait faire aujourd'hui, mais ce qui me frappe, c'est à quel point le film est énervant: on y retrouve le rythme survolté et usant de 1941 ou Used cars...

Mais les qualités, notamment un retour à l'époque héroïque, soit 1930-1945, des cartoons qu'ils soient Warner, MGM, Disney, Lantz ou Fleischer, par le biais de références à Clampett, Iwerks, Jones, Avery, Freleng. Et Daffy Duck, en duo mortel avec Donald, est le VRAI Daffy Duck, le canard cinglé, pas le canard en dépression des années 50. Ah, et surtout, il y a le Dodo de Porky in Wackyland, si vous cherchez bien. Alors...

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Published by François Massarelli - dans Robert Zemeckis Animation
2 août 2016 2 02 /08 /août /2016 11:46

Ce documentaire d'un grand fan de Kubrick n'est pas contrairement à ce qu'on pourrait croire une compilation de tous les sens cachés de The Shining. C'est surtout un ensemble de témoignages de fanatiques, qui se sont tous penchés sur le film et y ont trouvé... exactement ce qu'ils cherchaient. La plupart des élucubrations qu'ils amoncellent (Et qu'Ascher ne commente jamais) sont à hurler de rire même si elles sont toues fondées sur une vérité: Kubrick était un génie, et il est généralement admis qu'aucune image n'échappait à son contrôle. Il y a dans The shining un certain nombre d'erreurs apparentes, auxquelles les zozos interviewés réussissent à donner un sens, c'est frappant.

Mais Kubrick n'était pas qu'un joueur d'échecs émérite au QI impressionnant, c'était aussi un farceur, un bluffeur impénitent, et c'est la raison pour laquelle il ne faut ni s'arrêter de chercher la petite bête dans ses films (C'est ludique, ça passe le temps, et on y trouvera toujours des choses), ni accorder trop d'importance à tout ou n'importe quoi.

Quant aux interprétations, elles vont d'une représentation de The Shining comme étant une métaphore de la Shoah à une théorie selon laquelle le film serait le moyen pour Kubrick d'avouer sans le dire directement (!!) qu'il avait bidonné les images d'Apollo sur la lune avec la N.A.S.A., puisque "tout le monde sait" que les films Apollo n'ont pas été tournés sur la lune, en passant par une métaphore du massacre des Indiens d'Amérique. Ma version préférée est celle de cette dame qui a analysé l'espace de l'hôtel Overlook, pièce par pièce tel qu'il est représenté dans le film, pour finir par découvrir le pot-aux-roses: le film n'a, dit-elle, aucun sens!!

Mais il y a une autre face, plus amère, à ce déballage de bêtise apparemment inoffensive: tous ces gens, ne font-ils pas un peu de complotisme? Et d'un imbécile persuadé que les films Apollo ne sont qu'un bidonnage, à un fou dangereux remettant en cause la véracité du 11 septembre, ou de la Shoah, il n'y a parfois qu'un pas. Les gens, on le voit bien, ne croient après tout que ce qu'ils veulent croire.

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Published by François Massarelli - dans Stanley Kubrick documentaire
1 août 2016 1 01 /08 /août /2016 23:23

Un meurtre compliqué à résoudre pour la PJ, et hélas, il leur fait demander à nouveau à l'inspecteur Clouseau de s'en occuper... Un an après ses lamentables aventures autour du vol de la fameuse "Pink Panther", il n'a pas changé... Quoique si: il est pire.

Pour sauver du désastre un film policier dans lequel il est amené à interpréter un rôle, Peter Sellers appelle son copain Blake Edwards à la rescousse, et... c'est le retour de l'inspecteur Clouseau, débarrassé (Mais ce n'est que momentané...) de l'ombre gigantesque de l'animal rose qui a fait la gloire du premier film du tandem. Cette fois, sans l'obligation de faire semblant de réaliser un film normal, Sellers et Edwards s'en donnent à coeur joie, et cassent tout, y compris l'intrigue. C'est aussi le début de la redondance, toutefois, avec un univers qui finira par irriter: Kato et ses interventions intempestives, l'accent de Clouseau qui déraille, les déguisements idiots. En attendant que ça devienne de sales manies, c'est encore drôle...

Et surtout il y a Dreyfus, victime nerveuse de la seule présence de Clouseau, le seul personnage qui semble à peu près conscients de l'inanité totale de son inspecteur. Herbert Lom, prié de ne jamais faire dans la subtilité, y trouve peut-être le rôle de sa vie. Et les variations multiples sur les désastres physiques causés par son irritation grandissante à l'égard de son subalterne sont autant de grands moments.

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Published by François Massarelli - dans Blake Edwards Comédie
1 août 2016 1 01 /08 /août /2016 22:31

Film fondateur, ce western est né d'une intention, celle de Thomas Ince, de redonner au genre une nouvelle dimension, alors que les productions vite faites mal faites se multipliaient.C'es un long métrage, avec une vedette reconnue et qui n'allait pas tarder à être profondément associé au genre, et on y trouve une complexité morale en même temps qu'une impressionnante fluidité narrative. ...Et pour couronner le tout, on y ose un final baroque dans lequel les images possèdent une expressivité rare, et très en avances sur son temps!

Le révérend Henley (Jack Standing) doit selon sa hiérarchie se confronter à une communauté tranquille, car ils pensent qu'il a besoin de temps avant de montrer les qualités essentielles à son ministère. Ils commettent l'erreur de l'envoyer dans une ville nouvelle de l'Ouest, où le crime et la luxure sont partout... Flanqué de sa soeur Faith (Clara Williams), il arrive dans un endroit dont les deux citoyens les plus en vue sont déterminés à ne laisser ni la loi ni la religion s'installer. Pourtant, à l'arrivée des Henley, le bandit Blaze (William Hart) subjugué par la jeune femme, va changer d'optique. Mais la partie va être rude...

Hart est le premier héros adulte de western, d'une certaine façon; ici, il incarne un cowboy corrompu, mais avec une sorte de préjugé essentiellement politique; il n' a sans doute jamais rencontré de prêtre qui l'ait respecté, ce qui explique son agacement à l'idée de la venue des deux jeunes gens de l'est. Mais la rencontre avec Clara Williams (Qui a un rôle délicat, car elle doit incarner le bien même, c'est casse-gueule et elle s'en sort plus que bien) est une épiphanie authentique, dans un film qui ne manque pas de symboles: Blaze, à propos, c'est un nom qui n'est pas innocent, le terme ayant un cousinage avec le feu, et c'est dans les feux de l'enfer que la ville finira, sous le regard rageur d'un homme qui a choisi le bien, et qui est presque devenu un ange exterminateur...

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Published by François Massarelli - dans Western Muet Thomas Ince William Hart 1916 *
1 août 2016 1 01 /08 /août /2016 18:02

Roscoe Arbuckle, comme son personnage, se rend dans l'Ouest, avec un grand O... Et ça l'inspire! Il avait déjà, à l'époque de la Keystone, tourné en Californie, et là il s'y retrouve totalement. Le film commence par la vision d'un train qui avance dans le désert, et il a un passager clandestin. Repéré, il s'échappe (En tombant littéralement du train), et une séquence typique nous montre l'acteur-réalisateur trouver instinctivement son ton, en virtuose du gag inattendu: pendant que ses poursuivants continuent de courir sur les rames du train qui avance à toute vitesse, Roscoe reste sur le bord des rails, se roule une cigarette, et... frotte une allumette sur le train pour l'allumer. Puis il s'agrippe nonchalamment au dernier wagon, et remonte dans le train.

Il s'arrêtera plus loin, et s'enfoncera dans le désert. Poursuivi par un trio d'Indiens (Authentiques, même s'ils parlent du fait que grâce à leur rencontre avec "Fatty", ils auront de quoi manger tut l'hiver...), il se réfugie dans un endroit peu recommandables, le Saloon de la dernière chance, dont le patron n'est autre que Bill Bullhorn (Buster Keaton), un dur. Le saloon est justement en train de subir une attaque des hors-la-loi de Wild Bill Hiccup (Al St-John). Arbuckle résout rapidement le problème, mais le barman a été tué dans l'assaut: notre héros le remplacera. Puis une jeune femme (Alice Lake) fait irruption, elle fait partie de l'armée du salut, et s'insurge contre la moralité de l'endroit. Touché au vif, Arbuckle décide de s'amender, mais Hiccup qui n'a pas dit son dernier mot revient au saloon, et s'en prend à la jeune femme...

Unité de lieu, cohérence de l'histoire, et un héros qu'on a un peu plus envie de suivre, il semble qu'Arbuckle se soit enfin remis en selle avec ce film (Si j'ose dire...). Ca reste souvent dynamité par le second degré, et c'est une parodie de western après tout, mais c'est fait avec sérieux, et le travail de caméra et les compositions sont impeccables. On retrouve d'ailleurs un motif courant chez Arbuckle, quand le paysage lui en donne les moyens: les poursuites sur une crête, un toit, voire le toit d'un wagon, filmées à distance, avec les silhouettes de poursuivants en accéléré qui se détachent nettement. Sinon, il y a fort à parier que Keaton a été influent sur le passage en train, un moyen de locomotion qui le fascinait... Son père Joe Keaton fait d'ailleurs partie des employés du chemin de fer dans la première bobine.

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Published by François Massarelli - dans Muet Buster Keaton Comédie Roscoe Arbuckle
31 juillet 2016 7 31 /07 /juillet /2016 18:58

Avant de prendre congé de New York pour s'en retourner faire des films en Californie, Arbuckle sacrifie à une tradition, celle de faire des films à gags dans un parc d'attraction. Pour ça, Coney Island est une institution, et ce type de films, il connaît, pour avoir participé chez Sennett à la très économique manie de faire des films sur les sites de distraction en improvisant les gags. Ici, on n'improvise pas, mais on recycle un peu quand même: le film ressemble un peu à un de ses courts métrages Keystone.

Le script est simple: Arbuckle et son épouse, Keaton et une petite amie, et Al St John qui va fricoter avec les deux femmes, se retrouvent tous à Coney Island en ordre dispersé pour profiter des attractions, mais surtout pour draguer un brin. Ca va à cent à l'heure, et le film est assez long pour un film de deux bobines (26 minutes). Keaton a un rôle plus gratifiant que d'habitude, il en a même deux, puisque déguisé derrière une grosse moustache, il incarne un flic à la Sennett. Par ailleurs, il fait la démonstration de son impressionnante forme dans la deuxième bobine, où il incarne un maître-nageur.

Comme Roscoe reste Arbuckle, il passe 26 minutes à tenter d'échapper à son épouse (Agnes Neilson), et tous les coups même (surtout) les plus bas sont permis. Alice Mann, collaboratrice fréquente, y joue la petite amie de Keaton, et y est créditée en tant que "Pretty girl"... Et le film ne fait pas l'économie de gags liés au poids, à une forte dose de sexisme, et bien sur aux préjugés ethniques...

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Published by François Massarelli - dans Muet Buster Keaton Comédie Roscoe Arbuckle
31 juillet 2016 7 31 /07 /juillet /2016 18:48

Roscoe "Fatty" Arbuckle en médecin, qui peut y croire? D'ailleurs, lui même pas trop, semble-t-il, parce qu'il ne se sert de cette profession, dans son intrigue, que pour asseoir le statut social de son héros... Et aussi parce que àa permet des coups de fil impromptus et des visites à domicile. Et sinon, le film se déroule comme se déroulent les autres films de la série depuis The butcher boy: bagarres, tentations adultères et coups de pied aux fesses...

Rappelons à toutes fins utiles l'argument de cette joyeuse pochade: Rscoe y incarne I.O.Dine (Ou Dr Holepoke sur d'autres copies), docteur en médecine qui est malchanceux au jeu: il est venu passer un dimanche aux courses en compagnie de son épouse (Dont je ne parviens pour l'instant pas à trouver le nom) et de son fils (Buster Keaton dans un rôle plus ingrat que jamais, un même idiot et geignard qui s'en prend plein la figure!!), et perd tant et si bien qu'il va lui falloir travailler d'arrache-pied pour combler le déficit. Arrive une vamp (Aline Mann) en fait la complice d'un voleur (Al St-John). Ils montent une combine qui vise à attirer le médecin dans un tripot pour le plumer...

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Published by François Massarelli - dans Comédie Buster Keaton Muet Roscoe Arbuckle
31 juillet 2016 7 31 /07 /juillet /2016 13:49

Comme si souvent chez Arbuckle, le décor est vite planté: c'est un drug-store, un de ces magasins fourre-tout, où l'on trouve aussi bien du parfum que du chloroforme, ou un stand de limonade, qui est justement l'endroit où l'on trouve Roscoe le plus souvent. L'intrigue est une fois de plus rudimentaire: Roscoe aime la fille de son patron (Alice Lake), ce qui ne plait pas du tout à son rival Al (St-John). Lorsque Alice reçoit une robe, elle demande au livreur (Buster Keaton) de l'essayer pour elle, et Al qui pense qu'il s'agit d'Alice, le/la kidnappe...

Arbuckle, en serveur de sodas et de milk-shakes, s'en prend à tous les clients avec une agressivité particulière. Le film est rempli de gags mal venus, parmi lesquels une série de notations racistes à l'égard d'une cliente Afro-Américaine, de l'homophobie avec un client qui s'asperge de parfum, et un truc bien dérangeant, lorsque le héros, lassé de voir clients et clientes se servir à l'oeil en parfum, met du chloroforme à l'intérieur, et qu'une cliente qui s'est faite avoir, devient l'objet de son désir, il profite de la situation pour lui voler un baiser ou deux, avec des mimiques assez franchement dégoûtantes... Bref, il semble que Arbuckle trouvait le temps long à New York, et que l'inspiration n'était pas encore au rendez-vous...

Buster Keaton a un rôle assez limité, ici, il fait néanmoins une apparition spectaculaire, en déboulant à vélo sur deux passants, et en terminant sa course par une de ces chutes délirantes dont il avait le secret... Oh, et bien sur, à la fin il manque de se marier avec Arbuckle. La routine, quoi.

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Published by François Massarelli - dans Buster Keaton Muet Comédie Roscoe Arbuckle
31 juillet 2016 7 31 /07 /juillet /2016 09:22

Auréolé de son succès avec Captain Blood (Michael Curtiz, 1935) Errol Flynn est une telle vedette que la Warner en fait le principal argument de vente de ce film dans lequel il n’apparaît que lors de rares scènes. L’histoire de ce classique de Mark Twain est connue: la confusion entre le jeune prince de Galles et un sosie, un vagabond avec lequel il jouait, mène à une série d’intrigues dans lesquelles une bande de fâcheux fait tout son possible, à la mort d’Henry VIII, pour ravir la couronne en profitant de la ressemblance entre les deux garçons.

On est dans l’aventure, sans aller trop loin non plus. Tout s’y enchaîne, et la machine de la Warner Bros fonctionne à plein régime, la photographie est splendide, la musique de Korngold ample … Bref, que du bonheur. Toutefois, la mise en scène confiée à un honnête artisan n’amène pas le spectateur sur les sommets de plaisir ou un Michael Curtiz l’aurait emmené. C’est que Flynn, qui avait déjà subi le caractère de sanglier aviné du Hongrois par quatre fois, ne pouvait déjà plus le voir en peinture. Il préférait tourner sous la direction plus sage de William Keighley, ce qui sera à nouveau le cas pour les premières semaines du tournage de Robin Hood l’année suivante… qui sortira une fois remodelé sous la direction de Curtiz, et c’est un chef d’œuvre. CQFD.

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Published by François Massarelli - dans Erroll Flynn