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1 septembre 2016 4 01 /09 /septembre /2016 14:31
Me and my pal (Charles Rogers, Lloyd French, 1933)

Après quelques retards au démarrage, dus à l’attention du studio entièrement concentrée sur The devil’s brother, les courts métrages de deux bobines ont soudainement été l'objet d'une embellie phénoménale. Les prétentions de tout le monde ont été revues à la baisse, et un certain nombre de scripts très "Laureliens" ont été développés, résultant dans quatre perles… Voici la première.

Hardy s’apprête à se marier, autant avec les millions de son futur beau-père (James Finlayson, en "Mr Cucumber!) qu’avec sa fiancée, et il a chargé Stan de prendre les mesures qui s’imposent: notamment, celui-ci a ramené un cadeau bien intentionné: un puzzle pour les longues soirées d’hiver. Au lieu de se charger des derniers préparatifs, Stan se lance dans le puzzle, et la contagion aidant, le mariage programmé a vite du plomb dans l’aile.

Dans ce film réalisé par Charles Rogers, et donc largement piloté par Stan Laurel soi-même, Laurel et Hardy démontrent que tout l’art de la comédie courte ne repose pas sur le fait de pouvoir aller d’un point A à un point B : il suffit d’avoir l’intention d'aller d'un point A à un point B, et d'en être empêché. En vérité, une fois le puzzle ouvert, non seulement ni Laurel ni Hardy ne quitteront la maison, mais le reste du monde va s’installer à domicile, happé par le puzzle. Et bien sur, la maison sera détruite au final.

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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy Hal Roach Comédie
28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 18:33

Voilà encore un film de Keaton qui souffre apparemment d'une construction un peu lâche... Typiquement, Keaton en fait d'ailleurs le sujet même de son film, en nous montrant son personnage obligé, afin de conquérir auprès du père (Joe Keaton) de sa fiancée (Renée Adorée, mais oui!!) le droit de l'épouser, de devenir quelqu'un. Le film est donc divisé, après le prologue qui établit cette situation de base, en quatre parties, toutes introduites par une lettre de Keaton qui arrange un peu la vérité afin de se mettre en valeur et d'exagérer ses progrès dans la vie: il travaille dans un hôpital vétérinaire (Il laisse entendre dans la lettre qu'il est devenu un chirurgien célèbre), devient ensuite "white wing" (nettoyeur de rues) et nettoie Wall Street (Typiquement, Renée croit qu'il est un grand financier), il est figurant dans un théâtre (elle l'imagine en Hamlet), et à la suite de toutes les expériences désastreuses, il est poursuivi par une horde de policiers (il lui fait croire qu'il monte les échelons de la police). L'épilogue voit Buster revenir et se suicider, conformément à l'accord avec le père. mais il est trop nul pour réussir son suicide...

 

Il faut voir ce film pour le croire, mais si certains gags sont très réussis, tout cela manque à la fois de sérieux et d'unité. Chaque segment possède au moins son moment intéressant, avec un gag splendide, fait de non-dits calmement exposés, bien que lié à un putois dans le premier segment; une série de cascades magnifiques et réglées avec précision dans le deuxième, un Buster laché en pleine rue déguisé en soldat romain dans le troisième, et les meilleurs moments du film dans le quatrième. Si on applaudira à la mésaventure de Buster coincé dans une roue à aubes qui se met en route, offrant un spectacle symbolique (Buster, le hamster?), il faut bien dire que le reste du final vient en droite ligne de Cops.

 

Mais une fois de plus, il nous faut peut-être cherrche le sens de ce film en dehors, d'une part dans la vie, dont on sait qu'elle n'est pas rose si on a lu My wife's relations entre les lignes, mais plus encore dans la carrière de Keaton: il lui faut fournir, Joe Schenck attend des courts métrages, et qu'importe que les aspirations de Keaton aillent vers le long métrage, le contrat est là. Contrairement à Chaplin, qui lui peut choisir ce qu'il tourne, mais aussi ce qu'il sort, Keaton lui sort tous ses films, réussis ou ratés. Ici, l'accent mis de façon systématique sur l'échec et l'ineptitude ressemble à un commentaire sarcastique sur la panne d'inspiration... A tel point qu'à la fin du film, il est envoyé en piteux état chez sa petite amie par la poste... Il n'ira sans doute jamais plus bas.

 

Ce film a longtemps été considéré comme un court métrage de deux bobines raté, dans les versions qui en circulent, dont de nombreux pasages trahissent des manques: les "rêveries" de Renée Adorée, imaginant la réussite de Buster (Qui donnent du reste son titre au film), ont à une exception près (Keaton jouant Hamlet) toutes disparu du film. Mais il s'agissait en réalité d'une oeuvre sensiblement plus longue, qui totalisait trois bobines, soit environ trente minutes. Des photos de plateau ont été utilisées pour "restaurer" certains épisodes, et le film a acquis une certaine logique bienvenue, tout en conservant son caractère épisodique. D'une certain façon, Daydreams à l'origine anticipait de bien des façons sur The three ages, qui allait lui aussi être un effort morcelé avec ses trois intrigues à trois époques différentes. Enfin, il a été établi que si Keaton a signé le film seul, Daydreams a été préparé par le comédien en compagnie de son ami Roscoe Arbuckle. On ne sait pas s'ils ont effectivement participé à la mise en scène tous les deux, mais l'intrigue serait imputable à l'ancien patron de Keaton, alors à l'aube d'une série de tentatives peu glorieuses pour reprendre son métier après les injustices dont il a été la victime. Ce qui tendrait à expliquer le destin particulièrement cruel du personnage de Keaton dans ce film, tombé à l'eau puis pêché par un vieil homme qui ne sait tellemnt pas quoi faire de sa trouvaille qu'il va se servir de Buster comme appât... Celui-ci, à la fin, va se résoudre à se suicider, dans l'un des innombrables gags liés à la mort, mais l'acharnement du destin est sans pitié.

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Published by François Massarelli - dans Buster Keaton Muet Comédie
27 août 2016 6 27 /08 /août /2016 17:43

Dans le grand nord, l'arrivée de Buster Keaton ne passe pas inaperçue: mu par la collère et la vengeance, il laisse libre cours à ses passions, lâche sa femme, court après une autre, et tue tout ce qui passe à sa portée. Je sais, ce résumé n'est pas tout à fait fidèle au film, mais celui-ci est tellement absurde qu'il est inracontable. Comme tout ceci n'est qu'un rêve, en prime, on sera pour une fois pardonné de qualifier cet étrange court métrage de "surréaliste": fonctionnant avec la logique du rêve, il sied plutôt bien à cet adjectif, pour une fois...

 

Keaton aimait particulièrement ses films les plus étranges, en commençant par Hard Luck, bien sur. C'est que Roscoe Arbuckle et lui partageait cet humour étrange qui les faisait parfois commettre des films qui s'auto-détruisaient dès la première minute. On appréciera ici la tentative ratée de faire un hold-up, les diverses tentatvives du héros pour séduire une femme, et la scène durant laquelle il est à la maison avec son épouse (Sybil Seely), et celle-ci est assommée par sa faute. Pour déjouer l'attention d'un policier qui passait par là, Keaton impassible danse avec sa femme inconsciente... les inventions miteuses sont au rendez-vous, comme l'automobile-traineau, tirée par des chiens qui n'ont rien du huski. A ce propos, Keaton en tournant ce film s'est livré à des cascades spectaculaires dans la neige, le spectaculaire étant assuré par les efforts qu'il a sans doute fallu faire pour tenir dans ce froid.

 

Pour finir sur un film qui n'apporte ni ne retranche rien à la carière de Keaton, on notera deux allusions marrantes qui font définitivement de ce film une parodie parfaitement assumée: le personnage de Keaton est un décalque de William S. Hart, jusqu'au chapeau; et lorsqu'il apparait face à la femme qu'il convoite, elle le voit déguisé en Sergius Karamzin, le héros de Foolish Wives, de Stroheim, probablement l'un des films les plus commentés de cette année 1922. Superbe gag pour un film somme toute assez dispensable. Néanmoins la référence à Hart me semble importante à commenter à la lumière d'un fait historique: lors du procès Arbuckle, l'acteur de western était l'un des plus virulents, à Hollywood, pour dénoncer la moralité douteuse de celui qui s'avérerait au final innocent, et ça, Buster ne l'a sans doute pas oublié...

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Published by François Massarelli - dans Buster Keaton Muet
26 août 2016 5 26 /08 /août /2016 19:02

Alors que le complice Eddie Cline est de nouveau remplacé par Mal St-Clair, Keaton après avoir donné sa vision de l'affaire Arbuckle (Cops) et sa vision du mariage (My wife's relations), semble revenir au slapstick pur. Et de fait, jusquà la dix-neuvième minute, ce film est un concentré de gag classique, sur un thème typiquement Américain, dans lequel on dénote avec intérêt l'appartenance de Buster Keaton à un cinéma presque lyrique, qui fait de lui l'héritier d'un Griffith (Ce qu'il revendiquera) et l'égal d'un Ford, qui lui aussi quittait déja son univers westernien en cette année 1922 pour s'intéresser à des sujets sur l'Amérique profonde (The village blacksmith, justement, chez Fox). Le maréchal ferrant de ce film est comique, source de gags, oui, mais il est si typiquement Américain... pendant longtemps, on n'a connu de ce film qu'une copie qui était en fait une version abandonnée du film, et elle contenait une introduction-gag basée sur des intertitres imités de poésie populaire, qui allaient dans ce sens, de placer le maréchal-ferrant au coeur de la vie Américaine.

L'assistant (Buster Keaton) d'un maréchal-ferrant (Joe Roberts) suscite la colère de ce dernier par son inefficacité; alors que la police maitrise et enferme la grosse brute, l'assistant est donc laissé à charge de l'échoppe, et doit assumer seul toutes les tâches: ferrer un cheval difficile (On lui fait choisir les fers comme dans un magasin de chaussures), aider une dame dont les dons en matière d'équitation sont limités (Keaton lui installe un siège avec suspension hydraulique afin de limiter les mouvement sur son pauvre dos), et réparer une voiture magnifique dont le blanc virginal va bientôt se parer de toutes les taches de graisse possibles. Mais le patron revient vite, et entre deux tâches, il lui faut trouver le moyen de calmer la colère du monstre...

Dans la version intermédiaire, un gag était redondant: un des deux chevaux était blanc, et Keaton le salissait consciencieusement, diminuant l'effet produit par la séquence avec la voiture. Dans une version définitive du film, récemment retrouvée, la séquence du cheval blanc est abandonnée au profit d'une splendide course-poursuite entre Buster et Joe Roberts, qui a plusieurs avantages: exit la redite, d'une part; d'autre part, Buster sort de l'atelier, et le film en ressort grandi... Disons que même amélioré, ce n'est pas son meilleur, mais il se laisse de toute façon voir.

A l'exception de la fin, c'est un film très classique, et qui aurait pu être tourné chez Roach, avec Laurel par exemple. Sauf que Buster conclue en effectuant, une fois de plus, le torpillage du mariage. Cette fois, et sans raison valable, Keaton se marie avec Virginia Fox, mais les dernières images nous montrent un Buster marié qui baille de tout son être...

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Published by François Massarelli - dans Buster Keaton Muet
26 août 2016 5 26 /08 /août /2016 17:53

Les Philippines, au début du XXe siècle. Des troubles locaux menacent la population, et une troupe de bandits s'en prennent à la paix trop fragiles. Les Américains, prêts à partir de la région, dépêchent des hommes d'armes pour aller former une vraie armée de Philippins, mais dès leur arrivée, leur colonel est tué. Pour les hommes qui restent, ça va être difficile d'autant que leur nouvel officier est dur, très dur... Et bien qu'il ne l'admette pas, il est en passe de devenir aveugle. Le docteur Cavanan (Gary Cooper) va prendre les choses en mains...

Cette production Goldwyn a tout du petit film: conflit aussi nébuleux que possible, intérêts rabaissés (Le mal contre le bien), lecture assez gentiment ethno-centriste, héros invincible et dur (C'est Gary Cooper, pas le genre à caresser les gens dans le sens du poil)... Bref on est dans du classique, de l'éprouvé. Ca n'apporte pas grand chose à la gloire de "Coop", et ça prolonge (Pour ne pas dire "copie") The lives of a bengal lancer. C'est un film criminel? Non, bien sûr.

Ca se laisse regarder? Bien sûr!

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Published by François Massarelli - dans Henry Hathaway Gary Cooper
25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 11:47

Sans Joe Hamman, l'équipe de Durand tente une autre approche du film d'aventures: tout en continuant d'utiliser des décors naturels, ils se tiennent cette fois à l'écart, aussi bien du western, que de la Camargue, et en deux bobines sous haute influence, de Louis Feuillade et de Léonce Perret, ils racontent une histoire de sombre rivalité entre plusieurs aventuriers Afrikaners autour d'une mine d'or, située en en Rhodésie. On constatera qu'il n'y a pas un seul noir à l'horizon, mais on se contentera de lever brièvement les yeux au ciel, après tout: c'est peut-être préférable! Sinon, on n'ose imaginer quel rôle on aurait pu faire jouer, et par qui ils auraient été interprétés... au passage, les rochers de la forêt de Fontainebleau figurent ici le Transvaal.

Il n'y a pas grand chose à dire, la mise en scène est très fonctionnelle, et Durand a retenu la leçon de Feuillade; la lisibilité des péripéties, enchaînées avec économie, y rivalise avec la peinture des passions négatives. Il A aussi vu les films de Léonce Perret, et une très jolie scène lui permet de montrer des qualités plastiques rares dans son oeuvre, avec l'ombre d'une panthère qui se détache sur les fenêtres d'une maison. A ce sujet, l'homme de cirque qu'est Durand se laisse probablement un peu influencer par les films animaliers contemporains de Alfred Machin réalisés pour Pathé...

Sous la griffe (Jean Durand, 1912)
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Published by François Massarelli - dans Gaumont Jean Durand Muet
25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 10:21

La troisième saison de la série poursuit sur sa lancée, et continue à illustrer et chroniquer la vie des adolescents dans un lycée Américain, mais cette fois, c'est pour en finir une bonne fois pour toutes : s'avisant du fait que le lycée ne dure que trois ans, Whedon et son équipe ont donc prévu une sortie en beauté, des perspectives d'avenir, et des changements drastiques. Et du coup le sujet même de cette saison devient la sortie du lycée, le rite de passage qui contient sa dose de maturité, de remise en question, de choix difficile et de deuil. Tout ça sera donc contenu dans la progression de cette excellente saison.

Buffy va donc une fois de plus faire face à une tueuse différente, et après Kendra qui était si rigoureuse, la nouvelle, Faith (Eliza Dushku) est en réalité encore plus rebelle qu'elle, ce qui bien sûr a pour effet de renvoyer d'elle-même une image à laquelle elle est peu habituée. Eliza Dushku est formidable, boule d'énergie qui trouve très vite sa place, en reflet déformé de Buffy mais apte à se doter d'une vie propre. Poursuivant sa politique des poupées russes, Whedon introduit ici des méchants qui se font vite remplacer, avant d'asséner un coup de grâce : le "villain" viendra de là où on ne l'attend pas... Et les démons commencent à évoluer parmi les humains, en étant de moins en moins stigmatisés, et combattus.

L'extension de lunivers passe par une redéfinition du rapport de Buffy au conseil des observateurs, qui tentent de reprendre le dessus sur la jeune femme en dépéchant un envoyé, Wesley Wyndam-Pryce, qui ne fera qu'accentuer le gouffre désormais creusé entre les instances et leur tueuse qui ne travaile bien qu'en équipe restreinte.

Angel revient de l'enfer, sans qu'on sache pourquoi... On voit ici l'équipe s'amuser avec la perspective de « tourner » Angel en vampire maléfique une fois de plus, mais l'essentiel du rôle du vampire avec une âme consiste à préparer son départ, autant dans l'intrigue de la série qu'en tant que future vedette de sa propre série.

Et les amis de Buffy continuent d'évoluer, Wilow dans sa maîtrise de la sorcellerie, mais aussi dans son affirmation d'elle-même. Elle, comme Xander, ont même leur épisode en solo, et les deux font partie de la crême de la saison. Xander, à ce propos, continue de se démarquer des autres : pas de talent particulier, des résultats scolaires médiocres, et une inimitié mordante pour Cordelia... Rien de nouveau ? Disons que le personnage ermet un ancrage de point de vue des «gens normaux», ce qui est appréciable.

1 Anne (Ecrit et dirigé par Joss Whedon)

Buffy a disparu, d'autant qu'elle a aussi été virée par le principal Snyder. Giles la cherche, ses amis Willow, Xander, Cordelia et Oz qui doivent commencer sans elle une troisième année de lycée essaient tant bien que mal de la remplacer. Nous la suivons, quant à nous, à Los Angeles, où elle s'est réfugiée afin d'exorciser la décision qu'lle a prise récemment, de tuer son petit ami. Elle veut cesser d'exister, échapper à cette insupportable responsabilité qui consiste à sauver le monde. Mais une aventure à Los Angeles, manifestement un enfer sur terre, la pousse à se reconnaître, enfin, comme ce qu'elle est. L'épisode est crucial dans une saison qui va confirmer cette donne : la troisième et dernière année de lycée, c'est celle durant laquelle on termine le travail sur soi, et pour Buffy, ça prend évidemment des proportions cosmiques. Le début de saison est en demi-teintes, mais il est séduisant, et il change complètement de la routine...

2 Dead man's party (Ecrit par Marti Noxon, dirigé par James Whitmore Jr)

Le retour de Buffy n'est évidemment pas anodin, il fallait au moins un épisode. Donc en apparence, on lui prépare une fête, mais en vérité, tout le monde lui fait un peu la tête. Et ce qui n'arrange rien, c'est que le mal qui la ronge, la mort nécessaire d'Angel qui venait de retrouver son âme, Buffy ne peut en parler à personne. Mais cet état de faits douloureux passe par du fun parfaitement assumé, avec une petite fête qui dégénère en bal des zombies, à l'aide d'un McGuffin fourni par Joyce! Celle-ci, du reste, voit désormais le vrai quotidien de sa fille...

3 Faith, Hope and Trick (Ecrit par David Greenwalt, dirigé par James Contner)

Le titre s'explique facilement : Faith est donc le nom de la nouvelle tueuse... qui a un gros vampire dangereux aux trousses. Hope est le nom codé du nouveau petit ami potentiel de Buffy (Scott, de son prénom), un type normal et qui ne fera sans doute pas long feu. Et Trick est le nom d'un vampire qui va momentanément incarner une menace importante sur Buffy et Sunnydale. Mais soyons francs : ce qui est important, c'est d'une part l'arivée de Faith. Son nom (la foi) lui permet de faire son devoir sans poser de questions, et elle y a pris goût : Faith est une tueuse, douée, sans merci, et qui aime la violence. La relation avec Buffy part très mal. D'autre part, un détail : Angel revient.

4 Beauty and the beasts (Ecrit par Marti Noxon, diirigé pr James Whitmore Jr)

...Et Buffy qui le recontre au hasard d'une chasse nocturne a donc appris le retour de son fiancé, qui revient choqué d'une dimension infernale. Elle s'interroge, bien sûr, sur la marche à suivre, et se demande s'il redeviendra normal... Pendant qu'un phénomène mystérieux fait des victimes, des gens qui sont retrouvés horriblement mutilés. Le loup-garou Oz a-t-il tué? La réponse permettra à Marti Noxon de faire passer un message en subtilité sur les femmes parfois victimes des hommes, les vrais, et le titre est à prendre dans ce sens.

5 Homecoming (Ecrit et dirigé par David Greenwalt)

Buffy essaie décidément de mettre de l'ordre dans sa vie...

Scott rompt avec elle, anéantissant du même coup le seul lien avec une vie de lycéenne à peu près normale qui lui restait. De son côté, Cordelia est affairée à devenir Homecoming Queen, ce qui augmente son comportement de personne persuadée d'être le centre du monde. Buffy décide de lui faire une sérieuse concurrence... Pendant ce temps, Trick lance une chasse à la tueuse, qui fait intervenir un certain nombre de personnages louches, et attire l'attention d'un nouveau personnage, le maire de la ville.

Et Xander et Willow font face à un développement inattendu de leur amitié...

6 Band candy (Ecrit par Jane Espenson, et dirigé par Michael Lange)

Episode fantastique, durant lequel Ethan Rayne est engagé par le maire et Trick pour organiser les conditions d'une cérémonie secrète : il s'agit de donner un tribut à un des démons qui permettent au maire de rester en place depuis, disons, fort longtemps... Afin de rendre possible la fête, le chaos doit rêgner à Sunnydale. La mairie distribue des caisses de chocolat à l'école, et la mission des lycéens est d'en vendre à leurs parents. Mais les parents, rajeunis par le chocolat, commencent à perdre les pédales...

Faith est totalement absente, mais l'épisode est formidable de drôlerie, tout en fournissant un écho particulièrement pertinent à la frénésie de Xander et Willow qui arivent de moins en moins à contrôler leur attirance mutuelle.

7 Revelations (Ecrit par Doug Petrie et dirigé par James Contner)

Une nouvelle observatrice pour Faith, Gwendolyn Post, qui s'en prend à Giles et Buffy, arrive à un bien mauvais moment, car Xander a vu Buffy dans les bras d'Angel, et le révèle à ses amis. Faith se met donc en tête de le traiter comme tout vampire, pendant que Mrs Post s'avère être mue par des motifs peu glorieux... Il ressort de cet épisode que Buffy est au moins dotée d'amis, même si elle peut parfois en souffrir, au moins leur motivations sont-elles nobles. Faith affiche de plus en plus sa solitude.

8 Lovers walk (Ecrit par Dan Vebber, et dirigé par David Semel)

Ce formidable épisode se charge de permettre aux personnages de faire le point sur leurs relations respectives, et en particulier bien sur Xander et Willow qui « trompent » (chastement pour l'instant) leurs compagnons respectifs l'un avec l'autre. C'est Spike, revenu à Sunnydale pour oublier ses conflits avec Drusilla, qui va donner l'occasion: il les enlève afin d'obliger Willow à lui confectionner un filtre d'amour pour Drusilla. Cordelia et Oz vont surprendre, en voulant les sauver, Xander et Willow en plein baiser, et Cordelia est blessée... Mais Spike va aussi faire sérieusement réfléchir Buffy et Angel en leur révélant à quel point ils sont incapables de rester amis. L'épisode est excellent de bout en bout, et nous donne un nouvel aperçu de la duplicité du maire Wilkins, dont on sent bien qu'il va apporter des ennuis.

9 Wish (Ecrit par Marti Noxon, et dirigé par David Greenwalt)

Cordelia identifie Buffy comme la source de tous ses maux, et regrette qu'elle ne soit jamais venue à Sunnydale... Devant Anya, démon de la vengeance, qui exauce ce vœu immédiatement. Tout ce qui suit découle logiquement du souhait de Cordelia, et éclaire un peu plus les personnages, qui sont vus en pleine crise. Willow en vampire est étonnante...

10 Amends (Ecrit et dirigé par Joss Whedon)

Quel meilleur moyen dans un film Américain de symboliser le miracle de Noêl, qu'un peu de neige ? Bien sûr, nous sommes au sud de la Californie, mais ce n'en est que plus remarquable... Cet épisode permet à Buffy et Angel d'affronter la réalité de leur situation, tout en offrant à Angel une occasion de souffrir vraiment : c'est la deuxième fois que le mal absolu, « the first », est mentionné...

11 Gingerbread (Ecrit par Jane Espenson et Thania St John, et dirigé par James Whitmore Jr)

Parce qu'en accompagnant sa fille sur une patrouille elle a vu les cadavres encore tous chauds de deux enfants, probablement tués par un culte de sorciers, Joyce Summers se lance dans une croisade pour nettoyer la ville de tout ce qui est malsain. Une foule fanatisée, soutenue par le maire, s'en prend donc à tous les jeunes qui ne filent pas droit, et Buffy, Willow et Amy sont en première ligne...

Mais qui sont les deux enfants en question, et d'où viennent-ils ?

L'épisode montre bien le pouvoir de la foule, et la façon dont un soupçon de politique peut venir agiter une foule et transformer des braves gens en des fascistes, un thème totalement d'actualité hélas. Par ailleurs, l'épisode éclaire le rapport difficile de Willow à ses parents, d'une façon intéressante, et est l'occasion pour Amy de disparaître en beauté, en se métamorphosant en rat...

12 Helpless (Ecrit par David Fury, dirigé par James Contner)

Buffy décline. Pourquoi? Il semble bien que Giles en sache plus qu'il ne l'admet...

Testée par le conseil ds observateurs, Buffy va prendre un peu plus son indépendance, et Giles va se faire virer...

13 The Zeppo (Ecrit par Dan Vebber, dirigé par James Whitmore Jr )

Zeppo Marx : des cinq frères, c'est le quatrième : il jouait l'élément raisonnable dans les films Paramount, et ses trois frères lui ont prié de ne plus apparaître à l'écran lors du passage à la MGM. Cordelia, qui a des références, indique donc à Xander qu'il n'a rien à faire avec les Buffy, Giles, Willow... Il n'est rien, et n'a rien pour lui, contrairement à Oz qui lui au moins est un loup-garou. Ca va être le point de départ d'un épisode complètement centré sur le personnage, auquel un certain nombre de choses vraiment intéressantes vont arriver, sans que jamais personne d'autre (Hum, à part Faith, qui partage une petite heure avec lui...) le sache. Ils étaient trop occupés à sauver le monde d'une apocalypse imminente.

14 Bad girls (Ecrit par Doug Petrie, dirigé par Michael Lange )

Après avoir patrouillé chacune de son côté, après s'être évitées même, les deux tueuses patrouillent et zigouillent les vampires ensemble, et Buffy se prend à voir les choses du côté de Faith: le plaisir de tuer, l'éveil sensoriel, et la tentation de laisse de côté ses chères études pour se laisse aller à la nature prédatrice de sa vocation... Seulement un homme est tué par erreur lors de leurs sorties...

De son côté, le maire Wilkins se révèle de plus en plus inquiétant... Pourtant ce ne sera pas lui la grande menace de cette saison...

A côté de cette sombre occurrence, l'épisode voit l'arrivée de Wesley Wyndam-Pryce, le nouvel observateur...

15 Consequences (Ecrit par Marti Noxon, dirigé par Michael Gershman)

Le titre est on ne peut plus clair, et rappelle que tout a des conséquences justement. Ici, c'est le comportement de Faith qui pose problème. Elle va jusqu'à dénoncer Buffy pour le crime qu'elle a elle-même commis. L'épisode est dur, sombre et une fois de plus on voit que le mal est parfois tout proche...

16 Doppelgangland (Ecrit et dirigé par Joss Whedon)

Une autre série de conséquences est à l'oeuvre ici : Anya, le démon qui avait envoyé Cordelia dans une autre dimension, a perdu son penditif qui lui permettait de conserver ses pouvoirs, et en fait il est perdu dans l'autre dimension, celle où Buffy n'habitait pas Sunnydale. Suite à une erreur de manipulation de Willow, à laquelle elle a demandé de l'aider dans un sort pour le récupérer, elles ont ramené un vampire de cette dimension, et non des moindes: Willow. L'épisode est hilarant, et c'est un festival de phrases à la Willow, de situations à la Willow, et elle va même apprendre des choses sur elle-même.

17 Enemies (Ecrit par Doug Petrie, dirigé par David Grossman)

Cette fois, Faith abat ses cartes : pour le compte du maire Wilkins, elle tente de «tourner» Angel en Angelus, et se révèle une ennemie très coriace... De leurs côtés, Angel et Buffy réalisent qu'ils sont dans une impasse amoureuse.

18 Earshot (Ecrit par Jane Espenson, dirigé par Regis Kimble)

Pour dévélopper un peu plus le concept du «tout a des conséquences» érigé en pierre fondatrice de la série, cet épisode utilise un prétexte simple: Buffy, en tuant un démon, a été « infectée » par lun de ses pouvoirs, et désormais entend les pensées des autres. Pittoresque au départ, utile ensuite, ça finit par être encombrant car le pouvoir s'installe, et elle entend vraiment tout: Xander ne pense qu'au sexe, Cordelia ne fait aucune différence entre ses pensées et ses paroles, et Buffy apprend en entendant les pensées de sa mère qu'elle a couché avec Giles lors de l'épisode fameux des chocolats ensorcelés...

Mais surtout elle entend distinctement un tueur annoncer un carnage au lycée. Mais qui ?

Jonathan, l'étudiant lambda qui passe quelques secondes inutiles dans le champ dans quasiment chaque épisode, acquiert soudainement un relief phénoménal dans un épisode qui semble nous expliquer pourquoi on le voyait si souvent.

19 Choices (Ecrit par David Fury, dirigé par James Contner)

Le choix, c'est celui de l'avenir : la sortie du lycée se profile... Pour ceux qui survivront, bien sûr. Pendant ce temps, le maire continue à préparer son «ascension», dont personne ne parvient à comprendre encore ce qu'elle représente, si ce n'est que le risque est énorme. Dans cet épisode, une fois de plus, la règle absolue du «mettre Willow en danger» est appliquée, ce qui a pour conséquences d'une part de lui montrer à elle-même qu'elle peut encaisser bien plus (Elle tue un vampire avec la magie), et d'autre part qu'elle va donc devoir résister aux sirènes d'Oxford, Harvard, Yale, etc, pour rester à Sunnydale. L'épisode se clôt sur une révélation inattendue à propos de Cordelia.

20 The prom (Ecrit par Marti Noxon, dirigé par David Solomon)

Le choix, c'est le thème essentiel de cette saison, c'est aussi l'inévitable conclusion de l'étrange relation entre Angel et Buffy : alors que ses amis se préparent à affronter le départ du lycée le cœur relativement léger, Buffy entend Angel lui annoncer son départ définitif après la fin du lycée.

L'aboutissement de trois ans de lycée est donc pour elle essentiellement consacré à protéger les autres lycéens contre les inévitables attaques durant le « prom ». Elle y reçoit de Jonathan et de tous les autres lycéens, un vibrant et inattendu hommage. Néanmoins, on appréciera l'image de ces étudiants tellement rejetés par les autres qu'ils ont décidé de lâcher "les chiens de l'enfer" sur leur camarades.

21 Graduation day part 1 (Ecrit et dirigé par Joss Whedon)

22 Graduation day part 2 (Ecrit et dirigé par Joss Whedon)

L'aboutissement de cette saison est ultra-maîtrisé et permet de brasser les thèmes: la remise de diplômes comme rite de passage, finalité absolue de trois années de lycée, départ vers l'ailleurs, et en même temps futile pince-fesses qui ne prend ici de l'intérêt que parce qu'on y a rendez-vus avec un démon... Comme d'habitude. Joss Whedon s'amuse une fois de plus à confondre la vie de ses personnages avec le show lui-même et à la veille de partir vers de nouvelles aventures... Fait exploser le lycée! Nombreux en ont sans doute rêvé.

Les personnages arrivent exactement à ce point émotionnel d'incertitude fait d'un mélange de profonde satisfaction d'avoir été épargné jusque là, et d'angoisse pour un avenir incertain. Certain se préparent à tirer leur révérence (Angel, Cordelia, Wesley), d'autres arrivent pour s'installer définitivement: Anya. Enfin, dans ce final en or, une connection étrange se fait jour entre Buffy et Faith. Ennemies, elles se rapprochent malgré tout, et apparaissent comme des sœurs. Ca coutera du sang, mais elles ont un lien, qui apparaît à travers un étrange rêve qui les voit partager le même inconscient. Et Joss Whedon y lâche, à travers les répliques de Faith, des indices cryptés sur la suite des événements, qui tendent à prouver qu'il a décidément prévu beaucoup de choses, longtemps avant...

Buffy the vampire slayer #3 (Joss Whedon, 1998-1999)
Buffy the vampire slayer #3 (Joss Whedon, 1998-1999)
Buffy the vampire slayer #3 (Joss Whedon, 1998-1999)
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Published by François Massarelli - dans Joss Whedon TV
24 août 2016 3 24 /08 /août /2016 16:51

Adapté d'un roman de Roland Dorgelès, ce film de Raymond Bernard est le premier film parlant Français qui donne une vision probablement juste de la 1e guerre mondiale, vue à hauteur d'homme, et plus particulièrement de soldat. Ce n'est pas un hasard: quand il publie son roman en 1919, Dorgelès est un vétéran de a guerre mondiale... Le film est d'autant plus important que le conflit a, depuis l'exception J'accuse (Qui se vautre souvent dans les excès, mais ne se contente au moins pas de ça), uniquement généré en France des films réactionnaires ou patriotiques. ...Ce qui revient d'ailleurs souvent au même. Ici, on passera de l'idéalisme à l'eau de rose, volontiers mais tendrement moqué, des jeunes volontaires qui "voudraient tant combattre" de 1914, à la vie à la dure des poilus des tranchées.

1914: le jeune étudiant en droit Gilbert Demarchy (PIerre Blanchar), d'après ses nouveaux camarades, arriverait "après la bataille": en effet, les Allemands ayant été repoussés lors de l'offensive de la Marne, nombreux sont les soldats qui pensent que la victoire est pliée, et la guerre finie. Mais ils se trompent rudement, et ils vont apprendre à vivre avec la menace, se réjouir de se réveiller après une nuit incertaine, et voir partir les copains les uns à la suite des autres...

Aux côtés de Blanchar, on reconnaît entre autres Gabriel Gabrio (le soldat Sulphart, ouvrier dans le cvil et grande gueule en toutes circonstances), Charles Vanel (Le Caporal Bréval, un épicier dans le civil qui attend impatiemment une lettre de son épouse qui ne viendra jamais), ou encore Raymond Aimos, Antonin Artaud et Raymond Cordy. La plupart d'entre eux, Vanel et Blanchar en tête, ont participé à la première guerre mondiale et composent des poilus au caractère affirmé, dont les dialogues de Bernard et André Lang sont loin d'être édulcorés. C'est le quotidien du soldat qui s'affiche à l'écran, dans une mise en scène qui se refuse à embellir quoi que ce soit: les scènes tournées en studio sont souvent l'occasion pour le cinéaste de ses situer dans un cadre à la visibilité restreinte, que ce soit à cause du terrain, de la fumée, ou de la nuit. La bande-son, impressionnante pour 1932, recrée le chaos sonore des trachées, et la vie sur le fil du rasoir de ces hommes qui n'ont plus que leur camaraderie pour se raccrocher à la vie. Bernard qui a été l'un des plus importants cinéastes de la fin du muet, sait aussi quand cesser de s'intéresser au dialogue, et il utilise magistralement l'image et le montage, ce qui n'échappera pas à Darryl Zanuck... ce dernier fera acheter le film par la Fox, pas pour le montrer aux Etats-Unis, mais pour s'en servir comme source stock-shots, dont le principal bénéficiaire sera certainement The road to glory, de Hawks (1936). Y sera reprise, de plus, la scène de la mine, lorsque les soldats sont priés de rester en place pendant que les Allemands percent un tunnel sous leurs pieds afin de déposer une mine...

Mais quoi qu'il en soit, ce film majeur rejoint les autres grandes oeuvres tournées sur le conflit depuis 1925, et me semble à mettre dans le même panier que le célèbre All quiet on the Western Front de Lewis MIlestone. On y retrouve le même parcours, la même réalisation par les soldats de leur condition, les mêmes désillusions, et le même souci de ne jamais diaboliser l'ennemi. Après l'infecte propagande d'ultra-droite du Film du poilu, ça fait du bien...

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Published by François Massarelli - dans Raymond Bernard Première guerre mondiale
22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 14:14
Le railway de la mort (Jean Durand, 1912)

Le titre ne ment pas, et met l'accet sur le principal attrait de cet excellent film, pour lequel Jean Durand se décide à utiliser un peu plus de pellicule: d'une, on passe à deux bobines, et ça fait un sacrée différence! Joe Hamman, de son côté, avait du recevoir pas mal de commentaires élogieux pour sa cascade à dos de train dans Cent dollars mort ou vif, réédite son exploit et Durand en profite pour en faire une vraie prouesse de mise en scène à la mode 1912...

Deux amis, Tom Burke (Max Dhartigny) et Joe Barker (Joe Hamman), recueillent les confidences d'un mourant, qui leur révèle l'existence d'une fabuleuse mine d'or. Ils décident de se l'approprier... sans se mettre d'accord pour le faire ensemble. Ils vont donc s'épier, jusqu'à ce que l'un d'entre eux fasse le premier pas et parte, aussitôt poursuivi par l'autre, dans une folie qui se terminera mal, très mal...

Profitant du petit chemin de fer de Camargue qui acceptait systématiquement de prêter ses voies et son matériel, Durand met donc en route une séquence sur le train qui est absolument fantastique: Hamman saute sur le dernier wagon du train en marche depuis un portique. On passe ensuite à un plan filmé depuis le wagon, qui montre Hamman rejoindre avec difficulté l'avant du train... Mais un chauffeur (C'est Ernest Bourbon, grande vedette Gaumont sous le pseudonyme d'Onésime) l'a vu et est monté à son tour. La lutte est intense, et dangereuse pour les deux acteurs. Finalement, Hamman se débarrasse de l'autre homme, et le dernier plan de la séquence montre la locomotive, qu'il a détachée, s'éloigner au loin, pendant que les wagons restent en arrière. Ce qui permet, ni vu ni connu, un changement de point de vue, puisque son concurrent fait partie des passagers qui vont rester en rade...

Le railway de la mort (Jean Durand, 1912)
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Published by François Massarelli - dans Jean Durand Gaumont Muet Western
22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 14:07
Coeur ardent (Jean Durand, 1912)

Tourné en plein marais, ce western Camarguais concerne un épisode romancé et qui était déjà un cliché romantique de la vie de ceux qu'on appelait "les peaux-rouges" au XIXe siècle. Coeur Ardent (Joe Hamman) et Sun Ray (Berthe Dagmar) s'aiment, mais le chef Sitting Bear (Non crédité, il est interprété comme les autres indiens de ce film à l'exception des deux principaux protagonistes, par un gitan venu des Saintes-Marie de la Mer) s'y oppose car le jeune homme n'a rien. Comme les amoureux n'en démordent pas, il décide le soumettre à une épreuve.

On dépasse à peine le pittoresque, avec ce scénario cousu de fil blanc, qui permet au moins d'exhiber les collections d'objets Indiens de Joe Hamman. Et come tous les autres films de la série, il a été tourné en plein air, au milieu des chevaux de Camargue, que Berthe Dagmar prend un plaisir évident à monter...

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Published by François Massarelli - dans Western Jean Durand Gaumont Muet