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17 décembre 2023 7 17 /12 /décembre /2023 13:23

Au XVIIIe siècle, les clans Ecossais se battent contre les anglis, mais d'abord ils se battent entre eux. Harcelé par la haine des Mac Laggan, Murdoch Glourie, le coureur de jupons (Robert Donat) se fait tuer avant d'avoir pu rendre justice à son clan! Condamné par son père décédé peu avant à errer entre la vie et la mort à moins de venger la famille, il acquiert le statut légendaire de l'unique fantôme du château de ses ancètres... 200 ans plus tard, il est toujours là mais la splendeur des lieux n'y est plus et Donald (Robert Donat), le seul descendant, est ruiné, et songe à vendre les lieux, quand une jolie Américaine brune (Jean Parker) débarque pour lui proposer d'acheter le château avec ses parents. Le fantôme, décidément très sensible à la gent féminine, s'en mêle...

C'est parce qu'il a essuyé un échec cuisant avec son film Le dernier milliardaire que René Clair s'est laissé convaincre par Alexander Korda de tourner en Grande-Bretagne, mais il a réussi à faire un film bien dans son style, et même le style qui l'a rendu célèbre dans les années 20: mélange de burlesque visuel, de comédie de caractère et de poésie surnaturelle comme pouvaient l'être Paris qui dort, Le Voyage Imaginaire et Le fantôme du Moulin Rouge avant que l'auteur ne se rabatte sur des comédies plus traditionnelles...

C'est une réussite, avec un ton délibérément léger, des personnages souvent assez lunaires, et une poésie omniprésente, aussi bien dans les apparitions intempestives d'un fantôme facétieux, que dans le décalage très exagéré (production britannique oblige) entre les Américain et les Britanniques: Eugene Palette, en magnat de l'industrie alimentaire désireux d'acheminer son château Ecossais, pierre par pierre,,jusqu'en Floride, est toujours aussi savoureux, et on appréciera aussi une courte apparitiond'Ela Lanchester, qui était rappelons-le en contrat avec Korda à l'époque. C'est un peu le renouveau du style classique de rené Clair, privilégiant le ton et la poésie de son cinéma onirique et loufoque, sur la rigueur ou la virtuosité technique...

 

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Published by François Massarelli - dans René Clair
16 décembre 2023 6 16 /12 /décembre /2023 16:29

Deux musiciens sans le sou font le tour de tous les orchestres au gré des modes: Fernand Gravey et Julien Carette se retrouvent donc sur des pupitres dans un orchestre tzigane, puis Cubain, puis de jazz... avant de se retrouver devant un écueil: la nouvelle vogue, ce sont les orchestre féminins. Or, ils ne sont pas, mais alors pas du tout, des femmes! 

Donc... Quand un fier-à-bras croisé dans la rue signale que l'un d'entre eux est taillé comme une femme, il leur vient une idée que nous qui avons vu Some like it hot pouvions anticiper... les voici donc engagé(e)s par l'orchestre des Tulipes Hollandaises, et bien sûr, il ne seront pas indifférents au charme de certaines de leur collègues...

Les deux films, pourtant, celui de Wilder d'un côté et celui de Pottier de l'autre, sont fort différents. Le défi relevé par ce film représentant d'un cinéma français populaire mais soigné, et de varier de façon convaincante les chassé-croisés amoureux inhérents à la comédie de boulevard, et de sortir des schémas bourgeois en adoptant le point de vue d'artistes. Sans en être une le film est cousin de la comédie musicale et repose souvent sur les capacités de Fernand Gravey à pousser la chansonnette, sans que ce soit jamais excessif, et sans non plus y consacrer trop de temps. Mais le jeu sur les genres, en revanche est escamoté au profit d'une comédie de caractères, dans laquelle si Gravey est un peu le clown blanc, Carette compose un Auguste qui en fait des tonnes... et bien sûr trop.

Les seconds rôles sont généralement assez stéréotypés aussi, typiquement là encore; on appréciera quand même Pierre Larquey (avec accent méridional, lui qui était né en Gironde!) en patron irascible, on glissera sur les clichés autour du manager (Pierre Palau) et d'un accent que notre brave extrême droite qualifierait sans doute de cosmopolite, et on ajoutera quand même que la star féminine (Betty Stockfeld) est assez irritante... Enfin les numéros musicaux sont généralement parfaitement affligeants! Maintenant, si le film de Billy Wilder est un remake de celui-ci, ce qu'il est au moins partiellement, le fait est indéniable: ils ne peuvent concourir dans la même catégorie. celui-ci est une aimable curiosité, l'autre, en revanche...

En haut et en bas, de gauche à droite, Julien Carette et Fernand Gravey...

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie
10 décembre 2023 7 10 /12 /décembre /2023 18:10

Un savant fou (Frank Austin) a eu une idée idiote mair ô combien rigolote: il a inventé une machine diabolique qui pousse la cible d'un rayon qu'elle projette à satisfaire son désir le plus fou. On s'attend au pire, mais ce sera raisonnable: ayant repéré que Charley Chase tournait autour de sa fille (Betty Mack) il va s'efforcer de lui pourrir la vie... en lui donnant des impulsions délirantes.

c'est un de ces films qui cumulent sans trop de scrupules les gags idiots, mais Chase a bien prévu son affaire: il a réussi à donner à l'ensemble une certaine cohérence, à travers quelques bonnes idées. Je pense que la meilleure est ce costume d'Henry VIII porté par Chase dans les huit premières minutes, qui fait d'ailleurs l'objet d'un gag génial: rentrant d'une (longue) nuit de fiesta costumé en Henry VIII, Chase croise un policier auquel il dit bonjour, et celui-ci le salue machinalement d'un "Bonjour, Henry" avant de se retourner dans une mémorable "double take"...

Bref; c'est loufique, comme d'habitude, et ça se termine dans le chaos d'un tribunal où tout le monde est touchà par le rayon qui désinhibe, à commencer par les juristes présents...

 

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Published by François Massarelli - dans Hal Roach Charley Chase
10 décembre 2023 7 10 /12 /décembre /2023 17:51

Il y a toujours eu un malentendu sur le genre de The red shoes (1948), un film si souvent présenté comme un film musical, que c'est désormais inscrit de façon permanente dans l'histoire du cinéma, sans compter le fait qu'hélas les gens n'iront sans doute pas vérifier.. Mais si Powell a souvent en effet été attiré par la relation complexe et stimulante du cinéma avec la musique (en bon connaisseur du cinéma muet, d'ailleurs), il a fallu attendre 1952 et son extravagant Tales of Hoffmann (d'après Offenbach) pour qu'il saute enfin le pas. Ses deux premières tentatives étaient plus une incursion de la musique dans le continuum dramatique de deux mélodrames flamboyants: outre le film pré-cité, je pense bien sûr à Black Narcissus, de 1947.

Il y a eu plusieurs tentatives en effet, souvent tournées vers la musique classique et l'art lyrique: L'apprenti sorcier, d'après Paul Dukas, a été l'occasion pour lui de se lancer dans un court métrage dansé à l'esthétique très marquée, puis il y eut Oh Rosalinda (Die Fledermaus de Strauss), qui mélangeait opérette Viennoise et la comédie des années 50, dans un grand n'importe quoi assez assumé (et une première expérience en Scope), Lune de miel, un film presque tourné en exil en Espagne, et enfin ce film, adapté de l'opéra de Bartok, considéré comme injouable: en effet, il ne se passe rien en matière de scénographie... Ce n'est pas moi qui le dit mais la réputation de cet opéra court.

L'enjeu est pour Judit (Anna Raquel Satre), la quatrième femme de Barbe-Bleue (Norman Foster), de faire comprendre à son mari qu'elle ne pourra être complètement à lui que lorsqu'elle saura tout, ce qui est évidemment symbolisé par les clés qu'il lui donnera au fur et à mesure, cédant à chaque fois un peu plus de terrain... mais la dernière clé donnera accès à une pièce dans laquelle elle rencontrera les anciennes épouses, pas tout à fait mortes, et donc son destin.

Le film, produit à l'origine pour la télévision, dans des couleurs étonnantes, était l'occason pour Powell d'explorer la psyché de ses personnages et d'exposer le vrai terrain de jeu de ces deux amants, un lit où ils passent beaucoup de temps (en relativement tout bien tout honneur, mais le sous-texte est clair). C'est un exercice de style, disons, intéressant... Cela dit avec pudeur.

 

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Published by François Massarelli - dans Michael Powell
9 décembre 2023 6 09 /12 /décembre /2023 23:03

Un enfant qui ne veut pas manger? Sa tante (Betty Mack) demande conseil à la maman qui lui suggère d'utiliser la promesse d'une glace. Ca tombe bien, Charley Chase et son camion rempli de crême glacée passent par là... Mais le gamin est un très sale gosse, et ne se laissera pas faire...

Loufoques, toujours: les courts métrages de Charley Chase, de quelque époque qu'ils soient, restent gouvernés par une sorte de logique douce de l'absurde,  qui va les pousser vers cet état second d'une narration, qui nous fera pouffer de rire en admettant que c'est quand même bien gros... Comme d'imaginer un seul instant que ce vendeur de crême glacée puisse être confondu avec un kidnappeur, par un policier qui abuse sans doute du cinéma autant que de la caféïne...

Arbitraires, souvent, et erratiques parfois: ce film est un exemple de cet aspect de la production des courts métrages du comédien, qui souvent se reposait sur ses lauriers et sur ses capacités musicales pour allonger la sauce et gagner du temps. Par exemple, ici, on s'agace quand Chase et Betty Mack se mettent à chanter leur texte, au débiut et ce dès la première minute... avant de se laisser aller à l'idiotie globale.

Poussifs, occasionnellement; là encore ce film assez moyen aurait certainement pu être meilleur, et parfois on trouve le temps un peu long. Il est vrai que chez Hal Roach comme dans les autres studios, la rumeur puis la nouvelle selon laquelle le code de production instaurant une auto-censure allait probablement les rendre prudents, voire parfois franchement hésitants à se laisser aller. C'est doute pourquoi en dépit du fait qu'il est très clair que Betty et Charley SONT attirés l'un vers l'autre, les digressions les éloigneront, avant que l'agacement du jeune homme ne prenne le dessus...

 

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Published by François Massarelli - dans Charley Chase Hal Roach
6 décembre 2023 3 06 /12 /décembre /2023 18:28

Deux hommes, le shériff Jake (Ethan Hawke) et le rancher Silva (Pedro Pascal) se retrouvent après 25 ans. Alerté de la présence de son ami, Silva est venu pour revoir celui qu'il avait aimé passionément, deux mois durant, dans leur passé... Mais après une nuit de retrouvailles, le shériff lui fait comprendre qu'il est surtout en mission, qu'il doit éclaircir une sombre histoire de meurtre...

C'est le deuxième film en langue anglaise de Pedro Almodovar, et je suppose qu'on pourrait tout bonnement lui accorder, comme on dit, le bon Dieu sans confession pour l'ensemble de son oeuvre, c'est à dire lui adresser un satisfecit de principe. Il a donc fait un western, avec des acteurs, géniaux, il l'a tourné à la Leone, c'est à dire dans le Sud de L'espagne, qui se prête si bien au genre... 

Oui mais on ne le fera pas. Tout est mécanique, inutile, et c'est un film pour rien. 25 minutes d'ennui total. Je ne vais même pas lui faire la courtoisie d'aller plus loin.

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Published by François Massarelli - dans Pedro Almodovar Western
3 décembre 2023 7 03 /12 /décembre /2023 20:59

Dans la famille Chase, il n'y a pas que Charley... Il a, en effet, trois frères, tous nés le même jour. Il rencontre une jeune et jolie personne (Betty Mack) qui ne lui est pas indifférente, mais qui ne comprend pas pourquoi après l'avoir rencontré elle le voit, ou croit le voir partout...

C'est un petit film malin, qui repose sur des truquages adroits et une idée simple: Chase joue quatre frères (et se débrouille pour placer 5 autres interprétations par la même occasion), et ça crée de la confusion, sauf bien sûr chez le spectateur, car le film est d'une grande lisibilité. Ca n'est pas le chef d'oeuvre du comédien, mais c'est soigné... Hélas, une fois de plus on finit par une ritournelle, et décidément ça lasse.

POur la petite histoire, Chase a du raser sa moustache pour jouer certains rôles ici, et pour la grande histoire, cet attrait pour le dédoublement vient après Méliès (dans de nombreux films), mais aussi un illustre comédien (Buster Keaton dans The Playhouse) ainsi que les moins connus Lupino Lane (All alone) et Larry Semon (The show)...

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Published by François Massarelli - dans Pré-code Charley Chase Hal Roach
2 décembre 2023 6 02 /12 /décembre /2023 17:55

Petit rappel à destination de ceux qui, ayant probablement un portable dernier cri, se disent qu'ils n'ont du coup pas forcément besoin de retenir tout fait culturel datant d'avant les deux dernières semaines (c'est à dire 87% de l'humanité): entre septembre 1993 et l'année 2002 (puis sporadiquement jusqu'à 2016), la compagnie Ten-Thirteen de Chris Carter a produit et diffusé via la 20th Century Fox The X-files, une série en neuf saisons (puis deux autres plus courtes, mais tardives) qui, qu'on l'ait aimée ou non, ont à leur façon révolutionné la télévision et les médias audiovisuels.

Oui, "qu'on l'ait aimée ou non" car il en fut de X-files comme de Twin Peaks: les fans ne pensaient plus qu'à leur série, et les plus fous n'en sont aujourd'hui pas tout à fait revenus... Les carrières des acteurs, David Duchovny, Gillian Anderson, mais aussi Mitch Pileggi, Nicholas Lea, William B. Davis, sont désormais totalement collées à la série. Il était donc plus ou moins inévitable qu'une déclinaison cinématographique voit le jour, d'autant que la série était remarquable pour la qualité de sa production. L'utilisation systématique du 35 mm, une attention portée aux nouvelles technologies de production, un don pour saupoudrer le suspense avec intelligence, et un ton (mi-dramatique, mi-humoristique) bien dosé, relaitivement original et novateur, ont beaucoup fait à la fois pour la longévité et pour le pouvoir de fascination de la série...

...Jusqu'à la 5e saison, car après le public a commencé à se lasser. Les intrigues à tiroir de la série et en particulier une obsession pour le complot, à tellement grande échelle, ont eu raison de la patience de beaucoup. C'est que les épisodes de la série se divisaient en deux catégories: d'un côté, les intrigues consacrées à la mythologie de la série (en gros, la découverte d'un complot du gouvernement Américain d'un côté, et de ses élites, de l'autre, autour de technologie héritée d'une rencontre à grande échelle avec les extra-terrestres), donc le fil rouge de X-files; de l'autre, des épisodes consacrés à des intrigues spécifiques (les "monster of the week"), plus léger et souvent propices au dérapage comique. Certain sont tellement bons qu'ils restent en mémoire longtemps. Rares sont les épisodes "mythologiques" qui ont bien passé l'épreuve du temps. Celui qui est probablement le meilleur (Jose Chung's From outer Space, saison 3) étant aussi sans doute le plus parodique de tous: il n'y a pas de secret...

La réalisation du film a été confiée à Rob Bowman, qui certes signait son premier long métrage d'action pour le cinéma (il avait déjà réalisé une obscure comédie), mais n'apas fait grande chose depuis. En revanche, il a entre 1993 et 2000 réalisé pas moins de 33 épisodes, ce qui en faisait probablement le choix le plus raisonnable...

Forcément, le choix d'intrigue pour ce film, situé pile entre la 5e et la 6e saison, ne pouvait être que l'un ou l'autre. Etant situé entre deux groupements d'épisodes, il était fatal que Chris Carter, auteur du script et créateur pointilleux de cet univers, choisisse d'en faire un scénario basé sur les mythe complotistes... Et l'intérêt s'en ressent. A part développer une intrigue autour de la tendance au secret des élites, en faisant sagement venir ou revenir tous les personnages, et cocher toutes les cases (en n'oubliant pas de donner un peu de grain à moudre aux fans et spectateurs qui attendaient des indices d'un rapprochement sentimental entre les deux personnages principaux), le film de deux heures peine à à être autre chose qu'un épisode de luxe, moyen, et taillé pour le gros son surround et les salles qui sentent le popcorn... L'idée d'en faire un film visible y compris par ceux qui ne connaissaient pas la série, entraîne d'une part une tendance au bavardage (Bonjour, Mulder, comment vas-tu depuis que notre section du FBI, les "X-files", a été fermée suite à un incendie?  Ca va, Scully! et toi, comment vas-tu depuis que tu as appris ta stérilité, mais aussi qu'on avait utilisé un de tes ovules pour créer une petite fille qui est morte depuis?), et d'autre part, vous voulez mon avis? Je viens de voir (avec une certain gourmandise, je l'avoue) les 109 épisodes qui précèdent ce long métrage, et j'avoue n'y avoir pas compris grand-chose. Vivement le 110e épisode pour qu'on y revoie plus clair.

...à moins qu'il ne faille le considérer comme le 111e?

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Published by François Massarelli - dans Science-fiction Télévision
2 décembre 2023 6 02 /12 /décembre /2023 17:41

Le professeur Charley Chase s'apprête à prendre ses fonctions dans un établissement scolaire, mais il reçoit la visite d'un vendeur de glace (c'était avant la généralisation des réfrigérateurs, donc on mettait de la glace dans un meuble prévu à cet effet pour y entreposer des denrées périssables) qui est tellement bavard, qu'ils perdent tous deux beaucoup de temps.

En se rendant à son travail, il perd encore du temps en aidant une jeune femme (Betty Mack) en détresse: elle a laissé le canari familial s'échapper, et souhaiterait le récupérer, sans que sa mère ne se doute de quoi que ce soit.

Enfin, il arrive à son travail où son patron, le doyen (Billy Gilbert) lui confie un poste pour lequel il n'a pas la moindre qualification: la classe de maternelle, dont les enfants sont déjà particulièrement blasés.

A chaque étape de cette progression, il sera question de Cuba, et des phrases-clé, ou des situations typiques et spécifiques, seront évoquées par les protagonistes, un gag étrange souligné à chaque fois par des regards appuyés de Chase vers la caméra...

Quel film bizarre... Le ton en est souvent surréaliste, mais totalement assumé. Et derrière le côé loufoque, voire collage de ses trois parties, il montre une grande cohérence. Grâce aux conversations qui finissent toutes par glisser vers Cuba, d'abord, ensuite par le lien intrinssèque qui s'établit par la mention des graines pour canari. Et puis comme le fameux "code" de production n'est pas encore totalement en vigueur (ce sera au printemps de cette année 1934), Chase et ses copains s'en donnent à coeur joie, en particulier dans la scène du canari. Comme il s'agit de remettre le canari en cage sans que la mère de Betty ne la voie, le comédien "cache l'oiseau" dans la poche de son pantalon, et l'oiseau se débat.Sauf qu'évidemment il n'y a pas vraiment d'oiseau, et les gestes de Chase, la main qui s'agitent dans sa poche, sont tout ce qu'il y a d'équivoque...

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Published by François Massarelli - dans Pre-code Charley Chase Hal Roach
2 décembre 2023 6 02 /12 /décembre /2023 17:16

Royaume de Casinario, un tout petit état dont la seule source de richesse est le casino. Suite à de mauvaises idées de gestion (augmenter tous les habitants dont le métier est d'accueillir les étrangers en souriant, et baisser leurs impôts) en pleine crise mondiale, ils sont ruinés... Il faut donc faire appel à toutes les bonnes volontés pour redresser la situation, et en particulier à l'unique ressortissant du pays qui soit parti vivre à l'étranger: Banco, président d'une banque, et première fortune mondiale (Max Dearly). La Reine (Marthe Mellot), pour le faire revenir, fait peser dans la balance un mariage prestigieux avec la princesse Isabelle (Renée Saint-Cyr), au mépris total de la volonté de cette dernière. Banco arrive, le pays est sauvé, mais... d'une part les citoyens et leurs représentants sont surchauffés par la faillite, et d'autre part, lors d'un accident, le banquier devient fou. Mais alors complètement...

Un pays se retrouve dans les mains d'un fou parce qu'il était dans la détresse et que la première solution venue paraissait la seule... Ca nous rappelle bien des scénarios politiques. Ce n'est certainement pas un hasard: l'Italie est tombée dans les mains de Mussolini en 1922, et depuis 1933 c'est au tour de l'Allemagne. Ce qui explique pourquoi ce film est le premier parlant de Clair qui n'ait pas été produit par la compagnie Tobis-Klangfilm, au passage... Donc oui, la cible de René Clair avec cette deuxième satire politique (la première était bien sûr A nous la liberté, son film ouvertement anar-loufoque...) est bien le fascisme, mais aussi (ce qui est intelligent de sa part) la propension des humains à se jeter dans la gueule du premier venu, au risque d'y perdre toutes ses plumes. Ici, ça reste bien sûr relativement bon enfant, le milliardaire étant devenu un fou plutôt du genre à exiger de ses ministres qu'ils entrent dans la salle du conseil en aboyant et en portant des culottes courtes, et à troquer l'hymne national (comme tous les hymnes nationaux, un truc martial et de mauvais goût) contre une version idiote de J'ai du bon tabac... La leçon porte donc plus sur le principe que sur son application en Allemagne ou en Italie.

Ca aurait pu être fantastique: pour moi le film est un peu un cousin de Allo Berlin, ici Paris, le film de Duvivier qui occasionnellement vire au joyeux n'importe quoi, ou de certains films de Lubitsch (je pense à Die Bergkatze, mais aussi à certains musicals comme The Merry Widow. Tout le monde s'est gentiment prêté au jeu, et la création d'un pays entier nous fera ici ou là penser à Chaplin, voire aux Marx Brothers. Mais au-dela de la gentille loufoquerie des révélations successives sur la princesse Isabelle, dont on apprend qu'elle est déjà fiancée, puis qu'elle s'est mariée, et enfin qu'elle a déjà enfanté deux fois, le film reste surtour drôle sur le papier. Un problème de rythme, une certaine difficulté à se focaliser, et sans doute un manque total de personnage qu'on ait envie de suivre. Le principal protagoniste en titre reste Max Dearly, et je n'ai pas l'impression qu'il appartienne au même film que les autres.

Je comprends le fiasco qu'a été l'exploitation publique de ce film. Le fait est qu'il a du coup tellement vexé René Clair, qu'il est parti pour l'Angleterre...

 

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Published by François Massarelli - dans René Clair