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31 décembre 2023 7 31 /12 /décembre /2023 14:39

Les poules échappées de la ferme Tweedy, quelques années auparavant, coulent des jours heureux sur la petite île où elles ont trouvé refuge. Rocky le coq Américain mesure sa chance: le couple qu'il forme avec Ginger, la petite poule rousse et aventureuse qui avait mené la révolte, a vu arriver une adorable petite, Molly... Qui s'avère aussi aventureuse que sa mère, et a elle aussi des envies de liberté. Mais loin de l'île, si possible... Et sinon, les poules réfugiées ont vu se construire une route, à l'écart, où transitent des camions qui se rendent vers... une ferme pour volaille; la tentation est forte pour Ginger: intervenir? Mais elle n'a pas envie de mettre la communauté en danger. Sauf que Molly, elle, saute le pas, et forte d'une rencontre, celle de Frizzle, une autre jeune pouler avide de liberté, elle va tenter sa chance à l'extérieur... et se retrouver dans une batterie, prête à être transformée en un seau de nuggets. 

C'est réussi, et ça ne pouvait pas être autrement de toute façon: en retournant le principe du premier film, en ajoutant quelques personnages, et en reprenant les plus emblématiques héros et protagonistes du premier film, la production jouait vraiment sur du velours; je suis sûr que c'était d'ailleurs l'idée: revenir dans la course grâce à Netflix, leur donner exactement ce qu'ils voulaient, le faire bien et en faire un film qui ne déparera en rien dans la glorieuse galerie des longs métrages Aardman, faire oublier Early man qui s'est un peu planté quand même, et toucher du même coup toute la famille...

A l'exception de Julia Sawhala et Mel Gibson (qui, pas plus que depardieu, ne trouvera sans doute beaucoup de travail dans les années à venir), tout le monde revient... Ce qui revient aussi, c'est la tentation d'une usine ultra-moderne dans les mains sadiques de Mrs Tweedy, ce qui permet quelques JamesBonderies appropriées... C'est plaisant, drôle, beau à voir, toujours animé avec un soin phénoménal (c'en est même tellement léché qu'on en oublie que c'est de l'animation, ce qui était déjà le cas avec Chicken Run, à la demande de Dreamworks), et ça fait parfaitement le job.

...pas plus. Mais c'est déjà beaucoup.

 

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Published by François Massarelli - dans Aardman
30 décembre 2023 6 30 /12 /décembre /2023 14:38

La vie de Florenz Ziegfeld (William Powell), célèbre entrepreneur de spectacles, depuis ses débuts en tant qu'aboyeur de foires, jusqu'à sa mort, fêté par tous, un modèle enviable, créateur d'une institution, découvreur de talents... et surtout un homme ruiné jusqu'à son dernier cent par la crise de 1929.

Ziegfeld, c'est un symbole avant tout, un homme qui en tant que tel n'a aucun talent artistique, mais sait parfaitement repérer celui des autres, y compris quand il est potentiel... Et c'est d'autant plus paradoxal que lors de l'élaboration de ce film, on se souvenait sans doute plus de ses échecs que de ses réussites.

Mais voilà: Ziegfeld, c'est aussi l'une des sources du cinéma Américain (les acteurs qui ont transité par lui avant de faire carrière à l'écran forment une troupe impressionnante), et l'un des inspirateurs du virage pris à l'arrivée du cinéma sonore: tant de musicals lui doivent tant, il fallait bien qu'un studio s'empare du bonhomme, et de sa vision d'un rêve Américain, que le cinéma a fini par sacraliser autour du spectacle: les musicals de la Warner (1933-1935), A star is born (quatre versions, entre 1937 et 2018) et beaucoup de films musicaux ou non tournés depuis, ont perpétré cette idée que le monde du spectacle, avec ces entreprises pharaoniques et destinées à n'exister qu'une saison, en faisant le plus de bruit possible, était l'incarnation même de la réussite Américaine, ouverte à tous, mais dont l'accomplissement reste limité aux plus chanceux...

Pour incarner Ziegfeld, William Powell, capable d'incarner dans sa vie aussi bien des bandits inquiétants (à l'époque du muet), des détectives surdoués, excentriques et débonnaires (Nick et Nora Charles, mais aussi Philo Vance), des personnages profondément romantiques (One way passage), des hommes de loi intransigeants mais humains (Manhattan Melodrama), des pères de famille (Life with father) ou tout simplement de braves hommes du monde, élégants et jamais dénués d'humour (l'ensemble de sa carrière parlante): un choix parfait, d'autant plus parfait d'ailleurs qu'il est impossible après avoir vu ce film d'imaginer Ziegfeld autrement qu'incarné par lui. Autour de lui, on trouvera Frank Morgan dans le rôle d'un ami (l'impresario jack Billings) qui est, clairement, sous le charme: constamment concurrents, les deux hommes s'apprécient, et Billings ne résiste jamais très longtemps au rouleau-compresseur de Ziegfeld; Anna Held, la première épouse, est incarnée avec maestria par Luise Rainer, alors que Myrna Loy interprète tout en douceur, pour la dernière heure du film, la deuxième épouse l'actrice Billie Burke. D'autres célébrités (Eddie Cantor, Will Rogers) sont incarnés par des acteurs, avec une certaine efficacité. La comédienne et chanteuse Fanny Brice, de son côté, se joue elle-même... De quoi donner une certaine authenticité au film.

Et puis, finalement, ce que voulait la MGM, qui a tout mis dans ce film, qui a l'outrecuidance de durer plus de 3 heures (ce qui est rare à l'époque, très rare dans le cinéma Américain depuis Intolerance), c'était la reconnaissance des autres, pour ne pas dire la domination sur les autres. Irving Thalberg entendait placer le studio à la tête de la pyramide du cinéma Américain; Louis B. Mayer qui était persuadé que son studio était le champion toute catégorie du cinéma familial (ily a cru toute sa vie, le pauvre), voulait le prouver par un film imperméable à tout: et tant qu'à faire, on pouvait ajouter dans la recette des numéros musicaux spectaculaires... dont un qui est probablement l'un des plus hallucinants plans-séquences de l'histoire. 

Et ce que tout ce petit monde voulait, cyniquement, c'était un deuxième Oscar du meilleur film consécutif après celui de 1936. Pari tenu, donc... mais il n'yaurait pas de troisième, puisqu'en 1938 c'est la Warner qui raflerait la mise. Oui, dit comme ça, c'est tellement plus terre-à-terre, non? En attendant, ce n'est pas le meilleur film de tous les temps, ni même celui de 1936-1937. Mais c'est totalement distrayant!

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Published by François Massarelli - dans William Powell Robert Z. Leonard
30 décembre 2023 6 30 /12 /décembre /2023 08:58

Les deux amis René Goscinny et Jean-Jacques Sempé ont l'idée de créer un personnage, le Petit Nicolas, qui va prendre vie et les accompagner, jusqu'à 1977 et la mort de l'un de ses créateurs... Sous les idées de René Goscinny, et grâce aux crayons et à la plume de Sempé, le garçon vit à l'écran les aventures qu'ils lui imaginent... la voix d'Alain Chabat donne vie à Goscinny, et Laurent Lafitte incarne Sempé.

Totalement atypique, dans la production normalisée de notre époque si médiocre, ce film exigeant a bien du se planter en beauté quand il est sorti! Aux antipodes des adaptations (charmantes, mais ô combien gnan-gnan) de Laurent Tirard, en "live-action", cette production graphique a délibérément été conçue pour ne pas être une reprise des aventures du personnage telles qu'elles sont parues dans les nouvelles de Goscinny illustrées par Sempé...

Il s'agit plutôt d'un voyage à travers la genèse d'une oeuvre, dans laquelle les créateurs expliqueront au fur et à mesure de l'action, leurs parcours, la façon dont ils se sont rencontrés, mais aussi leur propre vécu: un sentiment d'abandon et de brimades pour Sempé, qui a tout fait pour fuir sa jeunesse, et l'exil pour Goscinny, déplacés en Argentines, et priés par leur famille de ne pas revenir quand la menace des nazis s'est précisée... Des souvenirs douloureux donc, qui sont évoqués avec délicatesse à un enfant de papier...

Occasionnellement, le film bifurque, comme pour illustrer les conséquences de cette rencontre, vers les aventures de Nicolas avec une poignée d'anecdotes, tirées des récits... Mais il y manque un je-ne-sais quoi, un décalage qui était si savoureux dans les récits, devenus trop sages par leur passage au dessin animé. Par contre, le dessin de Sempé sert d'inspiration pour la charte graphique, et c'est une merveille. A aucun moment, on ne quittera le domaine de la création, par contre; les dessins s'animent sous nos yeux, les décors se parent de couleurs (pastel, bien sûr) au fur et à mesure de l'évolution des intrigues...

C'est un pari osé, porté par deux réalisateurs, et une équipe de scénaristes (Michel fessler, Benjamin Massoubre en plus d'Anne Goscinny) et avec l'assentiment de Jean-Jacques Sempé, décédé peu de temps après. Aux antipodes d'une adaptation, un document inattendu sur la création, délicat et exigeant. Un film qui choisit donc une voie inédite pour l'animation...

 

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Published by François Massarelli - dans Animation René Goscinny
30 décembre 2023 6 30 /12 /décembre /2023 08:48

L'ensemble des cartoons Warner était donc, à l'époque, divisé fermement en deux: d'un côté, les Looney tunes, des films en noir et blanc, aux méthodes de production plus rapides, et au ton souvent anarchique, dans lesquels s'illustraient Norm McCabe, Tex Avery ou même Ub Iwerks, transfuge de Disney. C'est dans ce cadre que Frank Tashlin, Bob Clampett et Chuck Jones (brièvement), allaient faire leurs gammes. De l'autre, les Merrie Melodies, au nom si clairement inspiré des Silly symphonies de Disney, des courts métrages en couleurs, soignés voire clinquant, et leur production était confiée au vétéran Friz Freleng, par exemple, voire (là encore) à Tex Avery. Souvent dédié à une chanson (choisie dans le répertoire musical détenu par WB), les films étaient souvent retenus, et à destination des enfants (on disait alors "toute la famille"...). 

Ce film appartient évidemment au deuxième groupe, et ça se voit: un enfant très jeune veut veiller et écouter la radio, mais ses parents le forcent à aller se coucher. Il rêve que ses jouets lui donnent à voir un programme de radio pour lui seul...

C'est, comme on dit, charmant, c'est à dire assez gnan-gnan, mais c'est soigné, et il y a quelques gags sympathiques... Les références, notamment les caricatures, nous échappent aujourd'hui totalement à part sans doute l'apparition d'Eddie Cantor, mais je remarque que ce bébé irascible s'inscrit assez bien dans la longue liste des mauvais caractères mis en images par Friz Freleng...

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Published by François Massarelli - dans Looney Tunes Animation Friz Freleng
28 décembre 2023 4 28 /12 /décembre /2023 14:02

La dernière des quatre collaborations entre Noel Coward et David Lean est sans aucun doute leur meilleur film, leur plus célèbre aussi, tout en ouvrant un espace inédit dans le cinéma Anglais, Européen, voire mondial. Il s'attaque aux sentiments sous un jour inédit, parce que dangereux: l'adultère, vu non sous un angle moral, ni vraiment sous l'angle de la passion, mais sous un angle pratique. Qu'est-ce qu'un adultère, ou plutôt, qu'est-ce qu'une tentative d'adultère, car les deux amants ici ne le seront jamais...

Laura Jesson (Celia Johnson) est une Londonienne, mariée et mère de deux enfants, dont la petite vie réglée est faite essentiellement de routines. Parmi celles-ci, des menues escapades en ville, pour un film ou un achat, puis un retour au bercail... Et un jour un grain de sable se présente en la personne d'Alec Harvey (Trevor Howard) un fringant docteur, marié comme elle, qui sans crier gare va entrer dans sa vie. Ce n'était ni prévu, ni conscient, mais c'est une vraie histoire d'amour. On apprend à la connaître, au début du film, de la bouche même de la jeune femme, alors que l'histoire vient de se terminer...

Les deux auteurs se sont magnifiquement distribué le travail: à Noel Coward, les répliques ciselées, le merveilleux Anglais populaire des Londoniens, et les dialogues souvent marqués par une méchanceté à l'égard des autres (C'est-à-dire toutes les petites gens qui sont les témoins involontaires d'une histoire qu'ils ne comprennent d'ailleurs pas vraiment). Laura et Alec, qui ont soif d'absolu, et qui rappelons-le sont tous les deux racontés par Laura, sortent grandis de cette histoire. Enfin tout dépend de l'implication morale du spectateur: Alec, par exemple, est celui qui "conduit" vers une relation lorsque Laura aurait plutôt tendance à fuir à toutes jambes dans l'autre direction. Et leur unique occasion, désastreuse, de tenter d'aller au bout de leur passion, se fait sur son insistance.

A David Lean les choix éditoriaux et de mise en scène, la structure en flash-back, les jeux de points de vue (On voit la toute première scène deux fois, une fois "objectivement", et la deuxième fois avec une voix off due à Celia Johnson qui nous éclaire sur la cruauté de l'épisode: les deux amants savent qu'ils ne se reverront plus jamais, ce sont leurs dix dernières minutes, et une "amie" de Laura vient s'insérer entre eux, ne sachant pas qu'elle gâche irrémédiablement ces dernières précieuses minutes... Le metteur en scène a choisi un noir et blanc de film noir, avec ses séquences nocturnes, qui cachent des sentiments que ces braves gens auraient sans doute tant préféré ignorer, que de s'y laisser prendre. Il filme parfois au plus près des visages, et nous fait profiter de l'admirable jeu expressif de Celia Johnson.

Au final, la plus grande force de Brief encounter, c'est de ne pas avoir cédé à la tentation si facile de faire de Madeleine (Mrs Harvey, qu'on ne verra jamais), et de Fred (Mr Jesson, qui n'est pas aussi naïf que le croit son épouse), les "méchants" du film: ce ne rend pas les choses faciles pour les deux amoureux, mais ça rend aussi le film encore plus passionnant, jusqu'à sa scène finale, une admirable prise de conscience de la part de Laura qui donnerait presque un happy end à cette histoire tragique.

S'aimer, c'est pouvoir faire abstraction de tous les autres, de toutes les convenances, de ceux qu'on abandonne, du fait qu'il faut parfois tout casser pour construire une autre histoire. Ce sont là des pistes ouvertes par ce film qui s'intéresse à tout ce qu'on n'a jamais vu dans tant d'histoires d'amour engluées dans le cliché et les bons sentiments. Billy Wilder a, on le sait, été plus loin encore, en s'intéressant à celui qui prête son appartement aux amants et en a tiré une autre oeuvre essentielle, The apartment. C'est la preuve qu'on a beaucoup à lire entre les lignes avec ce film de 86 minutes qui est bien plus riche qu'il n'y paraît. Notons que David Lean retournera sur un terrain similaire avec le trop raisonnable The passionate friends, et plus tard avec le pas assez raisonnable (!) Ryan's daughter... Mais avouons-le, quels que soient les mérites de ces deux films (et ils en ont!), aucun des deux ne peut rivaliser avec celui-ci.

 

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Published by François Massarelli - dans David Lean Criterion
27 décembre 2023 3 27 /12 /décembre /2023 23:24

Charley (Chase) et Betty (Mack) vivent heureux, un bonheur apparemment sans nuages... La preuve: ils chantent au clair de lune avant de se coucher. Ils se couchent, finalement, car il faut se rendre au travail le lendemain... C'est avec cette intrusion inattendue, dans ce qui ressemblait à une comédie musicale, que la romance semble finir: en effet, on est de retour dans la vérité, et celle-ci ne manque pas de soucis:

d'une part, le patron (Wilfred Lucas) de Charley est irascible et le jeune homme est distrait, erratique, le genre à venir au travail le matin, affublé de deux pantalons différents, un par jambe! Bref, apparemment ce n'est pas un garçon sérieux.

d'autre part, le couple héberge la soeur de Betty, Celeste (Thelma Stevens) et la relation avec son beau-frère n'est pas, c'est le moins qu'on puisse dire, très affectueuse!

Quand le boss est confronté à un problème, l'arrivée d'un client (Arthur Housman) qui souhaite partir enborndée, il faut trouver impérativement une jeune femme qui veuille les accompagner: Charley suggère sa belle-soeur. Mais Betty décide d'y aller à sa place...

On retrouve donc partiellement une situation inspirée de Looser than Loose (1930), et les temps ont bien changé. Même la bordée (bien innocente) du patron et de ses employés avec des jeunes femmes, est ici motivée avec prudence. La vie conjugale présentée dans le film est sérieusement assagie, les Chase, après tout, font lit à part comme tous les protagonistes des films désormais produits aux Etats-Unis sous le code Hays!

C'est pourtant un bon film, dans lequel la situation (qui s'empire de minute en minute) dans laquelle se met Chase est constamment fournie en matière embarrassante et aggravante... Il est joyeusement ironique d'avoir justement commencé par une jolie scène chantée (même si les voisins ont l'air de s'en plaindre... en chanson, évidemment), car dès qu'il est question de la soeur, ça tourne sérieusement au vinaigre. 

Pour finir, Arthur Housman arrive parfaitement sobre chez Chase, mais 30 seconde splus tard, il a trouvé le bar... Ouf, on a eu peur pour lui. Des fois qu'il ait soif! Je crois me souvenir que dans The flapper, d'Alan Crosland (1920), il était sobre. Il va falloir vérifier... Ce film marque aussi la deuxième participation d'Hattie McDaniel aux films de Charley Chase, et devinez: elle y est bien sûr domestique. Certains clichés avaient vraiment la peau très dure... Pour finir, le titre est un décalque arbitraire d'un succès MGM de cette même année 1934, The Barretts of Wimpole Street, de Sidney Franklin, avec Norma Shearer et Fredric March...

 

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Published by François Massarelli - dans Hal Roach Charley Chase
27 décembre 2023 3 27 /12 /décembre /2023 19:05

Le coyote poursuit, pourchanger, Bugs Bunny, qui nous explique que l'oiseau habituel n'a pas pu venir. Pour le reste, ce serait un festival de ratages tous plus glorieusement lamentables les uns que les autres, s'il n'y avait un grain de sable...

Le grain de sable, c'est qu'on nous explique, justement. La grande force des aventures du coyote, c'est d'être un simple récit visuel, dépourvu de tout enjeu (on SAIT ce qu'il va se passer), une épure absolue, constamment renouvelée. Ici, un personnage bavard et qui se croit très drôle, nous explique tout? Cette redondance flingue totalement le film.

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Published by François Massarelli - dans Chuck Jones Bugs Bunny Animation Looney Tunes Wile E. Coyote
27 décembre 2023 3 27 /12 /décembre /2023 18:57

On présente une soirée dédiée aux amateurs. Un crochet comme on disait alors, un talent show comme on dit désormais! Le public va être amené à départager qui, de tous les artistes qui présentent un numéro (un pianiste, des acteurs, ou encore Egghead qui tente de placer une chanson (She'll be coming round the mountain), a gagné.

C'est un de ces films où Avery, en mal de scénario, cherche un prétexte à placer les gags les plus atroces, et on se fera avoir, parce qu'en fait on rigole... Mais ce n'est pas toujours parfait. Tout au plus pourra-t-on se délecter du timing de la séquence du fakir qui exécute un numéro ainsi qu'un spectateur... Sinon, la voix de Kate Hepburn, véritable fil rouge des courts métrages WB de Tex Avery, fait une apparition remarquée. 

On goûtera beaucoup moins l'hippopotame envahissant, qui irrite tout le monde, mais le spectateur que je suis aussi! Par contre, arrêtons nous pour finir sur Egghead, qui ici est toujours un trouble-fête au QI d'une moule, mais il était mentionné dans le scénario sous un nouveau nom: Elmer Fudd. Tiens tiens...

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Published by François Massarelli - dans Tex Avery Animation Looney Tunes
27 décembre 2023 3 27 /12 /décembre /2023 18:49

Nous suivons les agissements d'un ver qui est appât professionnel, avec un métier particulièrement bien établi: il descend au fond d'un cours d'eau, signale la présence de poissons au pêcheur, les prend au piège et fait signe de remonter. Sauf qu'il tombe sur un crabe particulièrement retors...

C'est un film qui eaurait presque pu être un solo. Mais la confrontation entre le ver (humanisé avec deux très discrètes jambes et une moustache qui en revanche lest beaucoup moins, discrète!) et le crabe (très stylisé) va maintenir le spectateuren haleine.

On notera aussi une allusion, une de plus, à un personnage qui a totalement disparu de l'imaginaire collectif, Jerry Colonna, un acteur de second plan qui officiait aux côtés de Bob Hope, et dont les cartoons de la WB (Avery et Clampett en tête) ont fait un usage particulièrement important, il faut dire que sa moustache et son accent à couper au couteau étaient des ingrédients potentiels comiques non négligeables.

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Published by François Massarelli - dans Friz Freleng Animation Looney Tunes
27 décembre 2023 3 27 /12 /décembre /2023 18:43

Un petit fantôme qui aimerait bien faire très peur (mais il est bien mal parti) postule pour une offre d'emploi dans une maison hantée, mais il lui fait passer outre sa propre peur face à un fantôme très facétieux...

Facétieux, et aussi un peu crétin: car on se demande quel est l'intérêt de passer une annonce si c'est pour faire peur aux prétendants potentiels! ...Mais je pense que la motivation première de ce film, comme d'ailleurs de beaucoup d'autres à la même époque de Jones, ou de Freleng, était de fournir aux enfants une alternative à Disney! La plupart des Merrie Melodies tournées par ces deux artistes étaient en effet clairement destinés aux plus jeunes membres du public, ce qu'on ne dira pas des oeuvres contemporaines de Clampett et Avery!

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Published by François Massarelli - dans Chuck Jones Looney Tunes Animation