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27 décembre 2023 3 27 /12 /décembre /2023 18:34

Un lion a attrapé une souris, qui négocie pour sa vie. Au fur et à mesure de la négociation, apparaissent deux choses évidentes: d'une part elle a capté l'attention du lion, auquel elle assure qu'il serait stupide de la manger maintenant puisqu'elle pourrait bien lui sauver la vie un jour... Et d'autre part, le lion est bête, mais alors tellement bête...

Bref, le film va se baser sur la récurrence d'une situation: d'une part la souris est entre les griffes du lion. Puis elle s'en tire en retournant son prédateur comme une crêpe, avant de lui promettre monts et merveilles, puis...

De le traiter d'abruti, tant qu'à faire.

C'est un honnête film, qui n'a comme défaut (car à mon sens à ce niveau la répétition est une qualité) que des personnages qu'on n'a pas envie d'aimer... Sinon, l'animation et le design sont impeccables, et le film permet aussi une quetion: la souris serait-elle le grand gagnant de l'univers de l'animation? Une problématique qui n'a pas échappé à Jones, pas plus qu'à Tex Avery (voir Slap-happy lion pour s'en convaincre), ni bien sûr Ub Iwerks, créateur génial d'une souris qui a beaucoup profité à un iancier sans scrupules ni génie...

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Published by François Massarelli - dans Chuck Jones Animation Looney Tunes
27 décembre 2023 3 27 /12 /décembre /2023 10:05

Charles Condomine (Rex Harrison) est un écrivain qui cherche à exploiter à sa façon la vogue pour le médiums et le spiritisme: il a invité, pour une petite soirée entre amis, une excentrique vieille dame de son village pour lui soutirer un maximum d'informations. Remarié avec Ruth (Constance Cummings), il a perdu sa première épouse quelques années auparavant. Mais lors de la démonstration (sous les rires embarrassés, à peine contenus, de la plupart des convives), Madame Arcati (Margaret Rutherford) va pourtant bel et bien conjurer le retour d'Elvira (Kay Hammond), l'épouse disparue... La cohabitation va être compliquée...

C'est une pièce de Noël Coward qui se trouve à l'origine de ce troisième long métrage de Lean, et comme ses deux premiers films, celui-ci est encore considéré par l'intelligentsia Britannique comme 'un film de Noël Coward'. reconnaissons au moins au grand homme, après In which we serve, de ne plus avoir eu l'audace (voire l'outrecuidance) de signer le film officiellement! Il faudra un jour s'attaquer à ce serpent de mer, cette manie des Britanniques de considérer l'auteur de papier d'une oeuvre filmée comme le seul auteur! Mais c'est un autre débat... 

C'est la première comédie de Lean, et à ce titre c'est intéressant, d'autant qu'il s'agit sans doute de son unique comédie "moderne"... Un film adapté du théâtre, donc, dans lequel la réplique se doit de faire mouche, et les scènes à plusieurs personnages se doivent de semer les étincelles. Et ça marche plutôt bien, d'abord parce qu'il a été décidé de ne pas charger la barque trop fort, le film est donc de durée très raisonnable, et cinématographiquement parlant, on évite le côté étouffant du théâtre filmé: Lean a tout prévu pour aérer l'intrigue en utilisant des décors variés.

Dans la maison des Condomine, d'abord: d'ailleurs, il sera beaucoup question de l'intimité d'un couple; je ne parle pas de l'intimité sexuelle ici, mais de ce qui fait la routine d'un couple marié. Et à ce titre, on constate que M. Condomine, marié depuis sept ans, a eu le teps d'acquérir toute la diplomatie nécessaire à la bonne marche de son ménage... Mais n'a pourtant pas d'enfants. Je parle de lui au premier chef, car tout le film (et toute la pièce aussi, n'en doutons pas) est situé de son point de vue. le retour d'Elvira n'est d'ailleurs destiné qu'à lui, personne d'autre ne la verra, dans un premier temps du moins... Ce retour de l'épouse disparue, regrettée, mais si convenablement décédée (l'époux est automatiquement absous du péché d'avoir pensé à elle) est surtout l'occasion pour lui de remettre en question sa vie... au point où la maladresse maligne de la fantôme, qui souhaite tuer son époux afin de le récupérer, va entraîner le décès de la deuxième épouse, donc un deuxième fantôme... 

Sardonique, souvent, drôle assurément, le film est aussi une excellente occasion pour David Lean de montrer son savoir faire, et pour Ronald Neame (chef opérateur attitré et déjà en place sur les deux films précédents, mais aussi co-scénariste, ce qui est intéressant) de faire une formidable démonstation de son talent. Le Technicolor est utilisé ici pour contraster de façon saisissante le monde des vivants et celui des morts, et l'exceptionnelle beauté de la photo réussit aussi à faire passer le recours à des couleurs, disons, problématiques: lors de sa première apparition, elvira est en effet verdâtre, avant de virer au bleuté quelques bobines plus loin... Et ça passe comme une lettre à la poste! Le montage est rythmé, et Lean maîtrise parfaitement le comique noir de situation, grâce à l'énergie de Rex Harrison (il est né pour ce genre de rôle, c'est une évidence) et l'excentricité assumée de Margaret Rutherford, un festival à elle seule. On constatera que les deux épouses sont respectivement une fofolle sans limites (Elvira), et une femme assez pincée (Ruth) que le film tient respectueusement, mais fermement à l'écart...

 

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Published by François Massarelli - dans David Lean Criterion Comédie
26 décembre 2023 2 26 /12 /décembre /2023 11:34

Deux jeunes femmes, à peu près du même âge, ont été confrontées dès leur plus jeune âge à des circonstances fort différentes: Stella Maris (Mary Pickford), élevée par sa famille richissime, est invalide mais très bien suivie, et maintenue depuis sa chambre dans une ignorance absolue de tout ce qui pourrait lui rappeler que le monde est cruel: par exemple, l'homme qu'elle aime, et qui le lui rend bien (Conway Tearle), est marié à une femme de mauvaise vie (Maria Manon), comme on dit: alcoolique et cynique, violente et menteuse... De son côté, Unity Blake (Mary Pickford) a vécu toute sa jeunesse dans un orphelinat, donc quand une femme vient l'adopter, à tout prendre, après tout pourquoi pas. Sauf que cette femme est justement l'épouse du journaliste John Risca, l'amoureux platonique de Stella Maris, et si elle l'adopte, c'est pour l'exploiter... Par des chemins inattendus, les deux personnages vont se croiser et se rencontrer...

Je vous arrête de suite: si la dimension mélodramatique du film est parfois assez évidente, il ne s'agira pas ici, ni de récit d'une paire de jumelles séparées à la naissance par des secrets compliqués et délirants, ni d'une histoire dans laquelle les deux femmes vont devenir les meilleures amies et vivre dans la soie jusqu'à la fin de leurs jours. On peut argumenter du statut de la fin comme étant heureuse, pendant des jours, il n'en reste pas moins que c'est quand même assez poignant...

Le nombre de films produits par Mary Pickford qui "sortaient de son style habituel" est tellement important (Fanchon the cricket, A romance of the redwoods, Tess of the storm country, Rosita, Little Annie Rooney, Sparrows, My best girl...) qu'on en finirait presque par se denmander si on ne serait pas victime d'un cliché persistant: car l'actrice, ici, a soigné particulièrement le rôle de l'orpheline Unity Blake, jouant sans le moindre maquillage (et devenant de fait quasiment méconnaissable, un truc qu'utilisera Marion Davies dans plus d'un film) et se livrant à une variation troublante sur ses "pauvres petites filles riches... En fait une très pauvre petite fille pauvre! et le film adopte souvent son point de vue, montrant Stella Maris comme l'idéal absolu de vie pour la petite Unity qui pas un instant, ne s'imagine vraiment qu'elle pourra avoir une telle existence. Le film est donc très noir, je le disais plus haut.

Et Neilan a été encouragé par les circonstances (la nécessité de truquer certaines scènes, et de proposer parfois deux Mary Pickford dans les mêmes scènes) à soigner particulièrement sa mise en scène et ses images. Et c'est un festival de beautés cinématographiques, de clair-obscurs, d'utilisation savante de l'ombre et de la lumière... C'est une merveille, l'un des plus grands films de ses auteurs... Mary Pickford, Frances Marion la scénariste, et bien sûr le trop oublié Marshall "Mickey" Neilan.

 

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Published by François Massarelli - dans Marshall Neilan Mary Pickford Muet 1918 **
26 décembre 2023 2 26 /12 /décembre /2023 11:25

Oliver Quick (Barry Keoghan), un étudiant mal vu (mais très ambitieux) se trouve protégé par la star des sars du campus, Felix Catton (Jacob Elordi), qui l'invite à passer l'été chez lui, dans sa famille très très très très très très très très très riche. J'ai envie de m'arrêter là: on se doute que ça va passer par:

Beuveries, orgies, comportements déviants.

Dîners et déjeuners qui verront les différences sociales s'étaler au grand jour.

Comportements originaux de parvenus.

Coups de théâtre rassis (quoi, le type qui nous narre cette histoire d'un ton cynique et monocorde est donc le tueur, ça alors!!!).

Scènes de prétendue audace sexuelle (je crois qu'à un moment, on voir un zizi!!!).

Je m'arrête là, ce film est vide de tout: sens, intérêt, beauté, il est vide de l'absence de totale de cynisme qui motivait le beu film précédent de son autrice, et il se réfugie comme toutes les productions actuelles dans une fausse narration tordue, et dans l'accumulation de musiques détestables à l'oreille, et autres clichés. De l'ennui et de l'irritaion au kilo. L'année a commencé pour moi dans la crétinerie (Babylon), et ma foi, elle s'achève sur ce tas de boue.

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Published by François Massarelli - dans Navets
26 décembre 2023 2 26 /12 /décembre /2023 10:53

Dans les montagnes, on hésite à écrire "reculées", une famille vit tranquillement, à l'écart. La fille de la maison (Mary Pickford) rêve de romance, et n'a pour seul espoir que le voisin, un brave garçon (Owen Moore); il n'est sans doute pas assez intéressant: quand un homme (Arthur Johnson, "un voyageur venu de la vallée, nous annonce un intertitre, une façon comme une autre de ne pas dire "un citadin") s'arrête chez eux pour une étape, il séduit la jeune femme sans vergogne.

Le frère de la jeune femme (James Kirkwood) prend les choses en mains, et tue le voyageur (et tant qu'à faire, un villageois qui passait par là), dans un déchaînement de violence...

Il est des cas où Griffith s'est fait un chroniqueur presque tendre de la vie dans des endroits reculés (généralement ruraux voire montagnards) des Etats-Unis, notamment dans certaines de ses comédies des années1919-1920, voire dans les aspects liés à la comédie de son long métrage épique Way down east. Mais les courts métrages de 1908 à 1913 laissent plutôt voir les aspects presque anthropologiques les plus embarrassants, de peuplades refusant le progrès et vivant avec des codes éculés, ceux du XIXe siècle en l'occurrence. Ici, le metteur en scène fait tout peser sur une intrigue de revanche, biblique en diable... et je parle pluôt de l'ancien testament!

Mary Pickford est ici poussée à jouer à fond sur le côté 'diable sorti d'une boîte' de son jeu, qui trahissait souvent chez Griffith à la fois une sorte de fascination inquiétante pour les femmes-enfants (elles y ont toutes eu droit, Lillian et Dorothy Gish, ou Mae Marsh plus souvent que les autres actrices du maître), mais aussi une incapacité à s'élever au-delà de ses propres conventions. Mais surtout elle est irresponsable, justifiant presque ce qui va lui arriver! Et justifiant aussi du même coup le (double) meurtre!

Quant à la fin, tout concourt à faire de cette lynching party (une habitude folklorique du Vieux Sud) un événement parfaitement normal (à la mère qui s'enquiert de ce qui va advenir de son fils, un des poursuivants indique la pendaison d'un geste, je ne pense pas qu'il y ait un procès en vue), on voit bien que tout ici ressort d'une sorte de tradition d'honneur, et n'oublions pas que Griffith est lui-même un enfant du Kentucky... Tout ça concourt à faire de ce court métrage d'une seule bobine un événement, par ailleurs totalement en avance sur son temps, tout en étant comme la plupart des films de Griffith un pur produit... du XIXe siècle.

 

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Published by François Massarelli - dans David Wark Griffith Mary Pickford Muet
26 décembre 2023 2 26 /12 /décembre /2023 10:29

Peut-être Chuck Jones a-t-il loupé sa voie... Car aujourd'hui on s'en souvient plus comme le peintre agité et tourmenté des absurdités humaines, telles que représentées (par coyote interposé) dans la geste ô combien idiote mais si symbolique de l'effort inutile déployé pour une fin qui n'arrivera jamais. Et l'ensemble de son oeuvre; dédiée à la répétition et aux variations toujours plus fines, de tout et n'importe quoi (le Coyote, mais aussi les relations entre Bugs, Daffy et Elmer, ou encore les poursuivants de Fair and Worm-er, ou le running gag de la grenouille muette dans A froggy evening) pour arriver à rien, aurait pu, s'il l'avait voulu, être plus axée sur le quotidien... 

Pour preuve, entre autres (et non des moindres) films, celui-ci: un chat et un poisson se battent, sachant qu'en réalité, "les poissons aiment l'eau; les chats aiment les poissons; les chats n'aiment pas l'eau", une sorte de vérité simplissime, mais qui sera détournée avant la fin par le court métrage!

C'est une petite merveille, qui situerait presque Jones dans le giron de Hanna et Barbera, et c'est remarquable sachant que les futures reprises de Tom et Jerry par Chuck Jones seront parmi les pires de ses productions!), et qui en prime nous offre à voir le graphisme de l'auteur à l'époque de son pic créatif, tout en rondeur, et d'une incroyable harmonie graphique. Oui, assez Disneyien, donc.

Mais non, celui des metteurs en scènes historiques de la Warner qui héritera de cette position de chroniqueur du quotidien, ce sera Friz Freleng. 

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Published by François Massarelli - dans Chuck Jones Animation Looney Tunes
26 décembre 2023 2 26 /12 /décembre /2023 10:18

Un ver qui s'apprête à s'attaquer à une pomme se fait tout à coup pourchasser par un corbeau. Celui-ci se trouve bec à museau avec un chat affamé. ...Qui à son tour se trouve confronté à son pire ennemi: un choen (vicieux, tant qu'à faire!)... Mais ce dernier a aussi trouvé sa nemesis: un agent de la fourrière, déterminé à le mettre en cabane. C'est bon, les protagonistes sont en place, le ballet peut commencer...

Chez Tex Avery (en 1942, et à la MGM), la même situation de départ tournait à la lutte sans merci entre un ver et un oiseau, et le chat n'était aue la cerise sur le gâteau (The early bird dood it!). Jones a décidé que le film ne serait qu'une série de variations magnifiquement structurées (le nombre de fois où la symétrie des interventions est soulignée visuellement est assez impressionnant) autour de ces chassés croisés entre cinq protagonistes tous vaguement obsédés. C'est vertigineux, drôle, impressionnant, et ça nous rappelle que Chuck Jones était quand même à la fois un sacré original, et un virtuose.

Et tant qu'à faire, il y a aussi l'apparition vers la fin d'un putois qu'on reverra, et même si son abominable accent français ne se fait pas entendre, la façon qu'il a de traverser le film en sautant, et en arborant un sourire d'un absolue naïveté, nous ermet de le reconnaître sans problème.

 

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Published by François Massarelli - dans Chuck Jones Animation Looney Tunes
26 décembre 2023 2 26 /12 /décembre /2023 10:08

Les castors s'affairent (pour changer, il se sont attelés à la construction d'un barrage), et dans la confusion, un jeune particulièrement motivé embarrasse tout le monde à force de vouloir bien faire. Ils lui confient une mission lointaine (et difficile) afin de se débarrasser de lui... Pendant ce temps, une soudaine montée des eaux menace la communauté ainsi que le chantier.

Voici un film qui a tous les aspects d'un classique, et dans lequel Jones prend plaisir à animer des bestioles pas souvent représentées dans ce qui est quand même une superbe galerie des animaux du continent Américain, qu'il soit domestique ou sauvage! La situation représentée est un classique éprouvé aussi, qui nous rappelle que Jones et ses collègues étaient toujours sous une certaine domination (probablement inévitable) de l'esprit Disney: bien sûr que malgré son inefficacité c'est le petit castor qui sauvera le barrage...

Beaucoup moins Disneyien, un jeu sur le langage permet un gag visuel (ce qui est assez paradoxal), à travers la proximité de prononciation du mot Dam (barrage) et de Damn! (une interjection à caractère profane, bref, un blasphème!) d'où l'apparition de 'blanks', donc des marques d'auto-censure à l'écran...

 

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Published by François Massarelli - dans Chuck Jones Animation Looney Tunes
26 décembre 2023 2 26 /12 /décembre /2023 09:53

Un chien (pas forcément doté d'un excès de matière grise) qui n'a pas la moindre chance avec les dames, comme le montrent ses lamentables tentatives au début de ce film, fait pourtant la rencontre de sa vie: Daisy est belle, racée, parfaite et en prime... se laisse embrasser!

Et pour cause! Daisy est une statue métallique, installée dans un jardin. Mais à chaque fois qu'il l'embrasse, le sort fait qu'un orage lointain provoque littéralement un coup de foudre! Et le chien, donc, est mordu...

Mais pour pouvoir assumer son amour fou, il va devoir se battre contre le gros bouledogue vicieux (ce n'est pas moi qui le dit, il montre à sa victime potentielle un écriteau sur lequel il est écrit "Vicious dog") qui garde le jardin, et surtout faire face à une situation inattendue: c'est la guerre et le gouvernement Américain qui fait la chasse au gaspillage des ressources potentiellement gâchées, aurait bien besoin de ce métal pour l'armement...

Conte philosophique ou court métrage de contrebande? D'emblée il nous faut écarter la seconde hypothèse, car ici le chien subit la situation, et n'ira pas jusqu'à la comprendre ni s'y résoudre. L'évocation de l'effort de guerre est ici assénée bien plus pour le contexte, rappelant que les créateurs des Looney tunes (et Merrie Melodies, car ce film fait partie plutôt de cette série, les LT à l'époque étant en noir et blanc) restaient à l'écoute du monde. Mais ça reste du Freleng pur: enlevé, virtuose dans les mouvements, et profondément pessimiste pour le protagoniste...

Le titre (idiot) est une allusion à une vieille scie des années 20, I'm a ding-dong daddy (from Dumas).

 

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Published by François Massarelli - dans Friz Freleng Looney Tunes Animation
25 décembre 2023 1 25 /12 /décembre /2023 10:00

Le lieutenant Frank Drebin (Leslie Nielsen) revient à Los Angeles après un séjour (durant lequel il a infiltré une cellule terroriste fréquentée entre autres par Mouammar Khadafi, Mikhaïl Gorbatchev, l'ayatollah Khomeyni et j'en passe), pour apprendre que son épouse l'a quitté. Il doit aussi enquêter sur son copain, Nordberg (O.J. Simpson) et accessoirement déjouer un attentat contre Elisabeth II, en déplacement en Californie... 

A l'origine, donc, les frères Zucker et leur accolyte Abrahams ont créé pour la télévision Police Squad!, une série au format idéal (des épisodes de 30 minutes, dont quelques uns ont été tournés par Joe Dante). Forts de leur succès avec Airplane!, les trois trublions n'avaient sans doute pas anticipé de voir un de leur projets se planter... Ils l(ont donc recyclé pour le cinéma, et ont fait appel à l'équipe habituelle de la série, tout en en recyclant une bonne part de l'esprit. Au menu, donc, des gags tout le temps. Sur l'écran, hors champ, dans la bande-son... Mais TOUT LE TEMPS.

Du coup, on en revient au format: même si le film est court (84 minutes), après 35 minutes environ, il s'essouffle, tout simplement parce que, d'une part, 35 minutes de gags ininterrompus (qu'ils soient bons ou mauvais) ça épuise... Et d'autre part, la pertinence de l'humour s'épuise aussi, sans parler du fait que dès qu'on se retrouve sur un terrain de sport, le niveau baisse... Mais alors très bas. Restent quelques excellents gags dans la première partie, ou en tout cas de moments d'accumulation durant lesquels on succombe tout bonnement sous l'avalanche de bêtises. 

Non, en fait, l'idéal c'est de ne regarder que la première demi-heure, parce qu'honnêtement, la fin, on s'en fout: c'est Ricardo Montalban qui a faitle coup, et Leslie Nielsen va sauver la reine (ooooooooh!) et filer le parfait amour avec Priscilla Presley (aaaaaah!). Ah oui, et sinon, O.J. Simpson (vous savez, l'assassin) s'en tire, mais tout juste. Ne me remerciez pas, c'est tout naturel...

Moralité: toujours se méfier d'un film dont la bande-annonce vous a tant fait rire.

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Published by François Massarelli - dans Comédie Prout