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3 janvier 2024 3 03 /01 /janvier /2024 18:34

Charley Chase a réussi sa vie, brillamment, et reçoit avec satisfaction les félicitations de ses collègues pour la gestion de son portefeuille d'actions... Il est marié à une femme qu'il appelle Toots, ce qui a le don d'exaspérer cette dernière (Jeanie Roberts, dotée d'une voix à la Betty Boop, en plus entêtant)... Après quelques gags liés à la vie urbaine et les difficultés de se garer (y compris quand on "est quelqu'un"!), il rentre chez lui, où il apprend avec irritation que son épouse, qui dit-il "passe son temps à ne rien faire quand lui a de grosses responsabilités", n'a rien préparé à manger. "Toots" est justement visitée chez elle par une voyante, qui entend les deux époux souhaiter échanger leurs rôles...

Abracadabra!

Le reste du film est un pur plaisir de loufoquerie, qui nous rappelle que Chase a toujours eu un penchant pour l'absurde militant... Et donc, vec un simple truc (une post-synchronisation soigneusement inversée), Chase parle désormais avec la voix de Jeanie Roberts, et celle-ci avec celle de Charley Chase... Mais ça ne s'arrête pas là, puisque l'inversion se propage également dans leur vie quotidienne, et avant longtemps, c'est chase qui demande à son épouse de ne pas l'appeler "Toots"...

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Published by François Massarelli - dans Charley Chase Hal Roach
2 janvier 2024 2 02 /01 /janvier /2024 21:46

Dans aucun des romans, dans aucune des nouvelles écrites par Sir Arthur Conan Doyle, Sherlock Holmes n'a jamais dit "Elementary my dear watson", pas plus que "Elémentaire mon cher Watson". C'est comme ça, c'est une légende tenace, mais c'est tellement associé au personnage, qu'on a fini par l'y associer.

Me Tarzan, you Jane, c'est pareil: ni dans le livre, ni dans les bédés, ni surtout dans ce film. Ne cherchez pas, oubliez cette andouille de Christophe Lambert, le (pourtant chouette) dessin animé Disney, les livres la bédé, etc... Tarzan, c'est celui-ci: Johnny Weissmuller, accompagné de Maureen O'Sullivan, sans fils, sans langage ou presque, sans encombrant héritage Greystoke: brut de décoffrage, nu, pas dépourvu devant les dames, il ne lui faut pas longtemps pour comprendre (Et lui faire comprendre sans trop la brusquer) que sa compatibilité avec Jane est inéluctable et ne passe pas nécessairement par une grammaire parfaite.

Le projet revient de loin, totalement assujetti à la présence de tonnes de pellicule ramenées d'Afrique où le réalisateur Woody S. Van Dyke a tourné une partie de Trader Horn. La façon dont les images "authentiques" ont été intégrées à l'intrigue et au découpage de ce film par ailleurs totalement tourné aux Etats-Unis est l'un des étranges mais fascinants témoignages de ce qu'était la MGM lors de son âge d'or. Le film est une construction impressionnante, faite d'aventure sous sa forme la plus classique, dont les héros sont totalement Anglais, de fascination pour l'ailleurs exotique symbolisé par l'Afrique et ses mystères, mais aussi de notations discrètes mais insistantes sur l'esprit colonial: chacun, d'une certaine manière, y trouvera son compte: on pourra pester devant cette tendance à montrer les noirs assujettis qui se réfugient derrière le bwana pour qu'il les protège, tout comme on pourra noter que Jane Parker, qui représente une autre vision de la modernité, se tient à l'écart des comportements ouvertement racistes et apparaît plus ouverte à la différence...

Woody S. van Dyke a probablement ressenti comme une certaine forme de régression en tournant ce film de studio après son équipée délirante en Afrique. Mais en tant que responsable des kilomètres de rushes de Trader Horn, et en tant que véritable baroudeur, il n'avait pas son pareil pour mêler le factice et l'aventure: White shadows in the South Seas était là pour en témoigner. Et il a pu diriger avec une efficacité légendaire le film, qui fonctionne encore plus de quatre-vingts ans après... Les dialogues d'Ivor Novello sont impressionnants, par leur intemporalité toute Britannique, et le jeu permanent avec le non-dit... Sans parler de la simplicité des échanges entre une Anglaise qui se rend compte qu'elle n'a plus à sacrifier aux faux-semblants, face à un bon sauvage qui a tout à coup une soif d'apprendre particulièrement claire.

Et puis on joue avec le mythe, du début à la fin: les membres de l'expédition, venus chercher le cimetière des éléphants, la passe infranchissable qu'il faut ne serait-ce qu'atteindre, parce qu'elle est est tabou dans la région, les tribus versées dans le sadisme le plus cru, et enfin le bon sauvage, qui contrairement à son homologue de bande dessinée, n'est pas un lord Anglais et ne parle pas: il est nu, cru, brut. Et il représente pour Jane qui a l'âge approprié (et tout le matériel nécessaire, ce que Tarzan ne manquera pas de remarquer) l'état de nature le plus idéal qui soit. Un appel criant à la transgression... Jane abandonne tout pour le suivre (Y compris dans les peaux de bêtes de sa tanière), nous aussi. Après, on fera les lectures qu'on voudra de cette recréation d'un mythe ô combien occidental, mais peu importe: il est éternel.

Réjouissons-nous que la Warner vienne de sortir en HD une édition complète de ce film, juste introduite par un rappel: "autre temps, autre moeurs", etc... Bref: prenant les spectateurs pour des adultes responsables, ils ont sorti un film qui est inscrit dans la mémoire de beaucoup, et qui profite particulièrement bien du lifting...

 

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Published by François Massarelli - dans Pre-code Woody Van Dyke Groumf Ungawa
2 janvier 2024 2 02 /01 /janvier /2024 21:22

Avant qu'ils ne partent (pour la MGM, où ils vont dynamiser considérablement le département des cartoons avant l'arrivée des unités de Tex Avery et d'Hanna et Barbera), Harman et Ising ont créé, puis dominé lr studio de dessins animés de la Warner, sous la direction de Leon Schlensinger. Sous une forte influence de Disney dont les courts métrages sont autant de variations poétiques sur des chansons et de la musique en général, ils vont exploiter le département des chansons de la Warner en offrant des variations plus ou moins en harmonie avec les thématiques des airs choisis...

Ici, en relation avec le titre, ils nous offrent une petite visite d'un poulailler, dont deux pensionnaires attendent un heureux événement... Quand les poussins naissent, l'un d'entre  se distingue; il est un peu délaissé et se laisse avoir par les autres. Mais il va du même coup développer une certaine inventivité...

C'est charmant, pas encore de cetesprit frondeur qu'auront les Looney tunes quelques années plus tard, mais comme Disney, on voit que l'équipe de Harman et Ising fait des pas de géant dans son travail...

Un dernier détail, ce film assez courant (il est je pense dans le domaine public) vient d'être publié sur un Blu-ray, et non des moindres. Aucun raport avec la volaille, pourtant, et d'ailleurs ce n'est même pas un film Warner, mais un film MGM de Woody Van Dyke, situé en Afrique... 

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Published by François Massarelli - dans Looney Tunes Animation
2 janvier 2024 2 02 /01 /janvier /2024 15:22

Dans la famille Looney Tunes, je demande... le quatrième film! Avec ce nom générique, inpiré des silly Symphonies de Disney, la Warner entendait faire une concurrence frontale, et le feront encore plus ouvertement avec leurs Merrie Melodies, plus dignes du moins au début, et qui rivaliseront avec leur modèle en arborant de vives couleurs. 

Mais pour l'heure, la seule formule des Looney Tunes, c'est d'animer des personnages en musique (la marque de fabrique de l'animateur Isadore "Friz" Freleng, qui avait quitté Disney, justement, en 1928) et d'accumuler les occasions de montrer des personnages en mouvement, en s'inspirant mollement d'une chanson! 

Et ici, comment dire, ce n'est en aucun cas la sophistication qui prime... Des cochons qui sont en plein repas trouvent dans leur auge une bouteille d'alcool maison (on est, je le rappelle, en pleine prohibition). Ils se servent et la beuverie s'étend à Bosko, le personnage principal. Ce dernier en deviendrait presque un Mickey Mouse pré-code...

Vous regrettez qu'on ne voie pas souvent, dans un film de la série des Looney tunes, un personnage roter puis vomir du maïs? Ce film répond donc à ce besoin... Youpi!

 

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Published by François Massarelli - dans Looney Tunes Animation Pre-code
2 janvier 2024 2 02 /01 /janvier /2024 13:50

Pour son cinquième long métrage, David Lean prend définitvement son indépendance de l'ombre de Noël Coward, auteur des quatre arguments, certains adaptés directement de ses pièces de théâtre... Exit donc Coward, et bonjour Charles Dickens, pour la première de deux adaptations de son oeuvre, pour lesquelles Lean est épaulé à la production par ses partenaires Anthony Havelock-Allan et Ronald Neame... 

Un garçon, Philip Pirrip (Tony Wager), qui a perdu ses deux parents (il vit avec sa soeur qui est une vraie brute), fait l'inquiétante rencontre d'un bagnard évadé (Finlay Currie), qui l'oblige à le nourrir et lui amène une lime. Il va ensuite faire une autre rencontre, en se rendant chez une excentrique voisine, Miss Havisham, qui vit dans son passé... Aux côtés de la vielle dame, Estella (Jean Simmons) est une étonnante jeune fille qui va en dépit de sa cruauté fasciner le jeune homme... Devenu apprenti chez un notaire, Pip (John Mills) va recroiser Estella (Valerie Hobson), et retrouver la trace du bagnard...

Dès le début, avec ces scènes de brouillard impressionnantes sur les landes parcourues par le jeune héros, on sent que Lean a su à la fois traduire Dickens en images, en étant aussi proche que possible de l'esprit de son oeuvre, et s'approprier un univers de drame et de mélodrame dans lequel il va s'attacher aux pas de son jeune héros, qui rejoint les amants maudits de Brief encounter, car comme eux, "Pip" est aussi bien narrateur que sujet de son récit, candide dans une histoire qui souvent le dépasse, et enfin aussi riche en possibilités que tansparents. Les héros de Lean sont souvent ainsi, présents à l'écran mais à peine palpables dans leur vérité. Impossible à réduire à des clichés tout en étant parfaitement adaptés à leurs circonstances: Alec Guiness dans Bridge on the river Kwai, et les personnages principaux de Lawrence of Arabia ou Dr Zhivago ne seront pas autre chose... Sans parler des héros de A passage to India, qui se croiseront à l'écran, mais seront tous des victimes des préjugés d'une époque, dans laquelle ils ne pouvaient ni être compris ni surtout se comprendre... Il est coutumier pour les personnages de lean d'être furieusement à l'écart. Et pour Pip, qui va sans comprendre faire un héritage venu de nulle part, et évoluer dans un monde qu'il n'est pas taillé pour comprendre, c'est bien de ça qu'il s'agit... Les deux actes fondateurs de sa vie ont longtemps été d'une part l'aide apportée à Abel Magwitch, et la rencontre avec Miss Havisham et Estella. Qu'il ait imaginé que c'était le deuxième de ces actes qui l'aient rendu riche, est normal, mais il en a fait presque une carte d'identité. Et pourtant il a tort sur toute la ligne...

Avec Dickens pourtant en apparence, le metteur en scène s'assure une tranquille place au soleil du box-office, en faisant mine, finalement, de se contenter d'une modeste mais impeccable adaptation d'un roman emblématique (l'un des plus riches en possibilités) dont il s'amuse à peupler l'intrigue bien connue de caractérisations uniformément savoureuses, à l'écart de la normalisation Hollywoodienne en vogue (notamment à la MGM): Finlay Currie en bagnard évadé est inquiétant à souhait, Bernard Miles, interprétant le beau-frère Joe Gargery, prête sa bonhomie et son accent si typique, et Martita Hunt campe Miss Havisham avec un certain génie, en se vieillissant à loisir... L'odysée de Pip est décidément un fascinant voyage au coeur d'une Angleterre qui ne demande qu'à déraper vers ses propres légendes. Et en se servant de Dickens, le réalisateur s'approprie avec gourmandise un univers visuel qu'il va traduire en toute beauté, dans un noir et blanc sublime, généralement nocturne, qui rend justice à l'époque de l'intrigue en évoquant les gravures des éditions illustrées de l'oeuvre d Dickens.

Enfin, n'oublions pas d'évoquer l'arrivée dans l'univers de David Lean d'un jeune acteur de génie, qui à 32 ans était déjà un vétéran du théâtre, mais allait faire encore mieux, et souvent avec Lean (6 films en comptant celui-ci), au point de devenir presque incontournable, que ce soit pour incarner un gradé Britannique (Kwai)... ou un vieux sage indien (A passage to India): Alec Guiness allait vraiment faire parler de lui.

 

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Published by François Massarelli - dans David Lean
2 janvier 2024 2 02 /01 /janvier /2024 10:39

Sur la côte vendéenne, François (Jean-Marc Bory) est vétérinaire, et il est marié à la fragile Catherine (Liselotte Pulver), qui s'ennuie beaucoup, ar le jeune homme déterminé à s'en sortir, travaille beaucoup au point de négliger son épouse... Amené à travailler aussi à Noirmoutier, il reçoit une demande d'un mystérieux individu, le Dr Vial (Jacques Dacqmine), qui souhaite qu'il soigne un guépard sur l'île. L'animal appartient à une non moins mystérieuse jeune femme revenue d'Afrique, Myriam Heller (Juliette Gréco). Celle-ci fascine François, que le Docteur Vial pousse à la séduire... Pendant ce temps les soucis se multiplient pour Catherine...

Avec cette adaptation d'un roman de Boileau et narcejac, comment pourrait-on ne pas attendre une machination délirante, après avoir vu Les Diaboliques et Vertigo? Et il y aura bien ici une intrigue qui tournera autour d'une manipulation, liée à des sentiments (sous le versant le plus noir possible), avec à la clé des soupçons d'empoisonnement, voire de sorcellerie, et surtout un suspense diffus, autour d'une caractéristique bien connue de Noirmoutier: à cette époque, on n'y accédait que par le passage d'une route qui était sous eau à marée haute... Un endroit où celui qui n'y prenait garde pouvait se faire piéger par la montée des eaux, contre laquelle une personne à pied ne pouvait absoluement pas lutter. Ce passage, le Gois, existe toujours, mais il a depuis longtemps été supplanté par un pont, bien plus pratique... Mais pour le suspense c'est un endroit remarquable! Maurice Tillieux, auteur d'une formidable bande dessinée au titre explicite (La voiture immergée, 1960) en avait gardé un souvenir frappant, même s'il avait relocalisé son intrigue dans le Morbihan...

Quoi qu'il en soit, le film repose bien sûr sur la montée d'un sentiment diffus, inéluctable: qui manipule qui? Et pourquoi? Que veut réellement Myriam, s'approprier le vétérinaire, ou ses desseins sont-ils plus tortueux? Et quelles sont les intentions de ce bon Doceur Vial, qui se tient à bonne distance, à Nantes où il met la dernière main à la pâte d'un documentaire sur la sorcellerie? Pourqui met-il dans la tête du jeune vétérinaire des idées de maléfices? Qui en veut, enfin, à la vie de la fragile Catherine, l'épouse délaissée?

On aura des réponses à tout ça, et on aura aussi en plus une poésie particulière, celle de la Vendée hors saison (ce pourrait être en automne ou à la fin de l'hiver): des endroits tous assez sinistres, on comprend pourquoi Myriam Heller se plaint du vent... Mais a Vendée sert un autre propos, présent d'ailleurs dans les confrontations entre le Dr Vial et le jeune vétérinaire. Le premier roule en voiture Américaine de sport, et se targue d'habiter à Nantes à l'Hôtel de la Duchesse Anne. C'est un homme du monde, il a vécu et bourlingué, et il a un sens évident de sa propre supériorité. Le deuxième roule en 2CV, habite une fermette à l'écart de Beauvoir-sur-Mer, et a du mal à joindre les deux bouts... L'opposition campagne-cité, un vieux ressort du mélodrame, servait souvent à déterminer une différence sociale criante, c'est particulièrement vrai ici. Bref... le Dr François, vétérinaire Vendéen, est objectivement un minable... Je vous laisse sur cette dernière considération, qui aura son importance, peut-être...

 

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Published by François Massarelli - dans Noir Henri Decoin
1 janvier 2024 1 01 /01 /janvier /2024 11:18

On retrouve Charlie, le chien en quête de maître révélé dans Little Orphan Airedale en 1947, qui poussait le pourtant affable Porky Pig dans les derniers retranchements de l'irritation! Cette fois il est sur un bateau où manifestement il est un serial passager clandestin: on entend la voix du capitaine qui demande "je ne m'étais pas débarrassé de toi au Pérou?"... Il est donc une fois de plus débarqué, cette fois dans un port Italien. Sa quête est toujours la même: puisqu'il est un chien, et donc se croit irrésistible, trouver un humain qui sera son maître. Il jette son dévolu sur un patron de restaurant, ce qui ne manque pas de jugeotte. Cela dit l'amour n'est pas réciproque...

Dans un port Italien, Charlie est plus natif de Brooklyn que jamais: entendant la population lui parler en Italien, il se plaint du nombre d'étrangers... Ce chien qui réclame tant d'affection est sans doute l'une des personnalités les plus détestables de toute l'histoire du cartoon! il réclame de l'affection par principe, mais n'a pas le moindre sentiment à partager. Du reste on le lui rend bien puisqu'il est généralement inévitable qu'il soit rejeté, dans une récurrence de gags qui est la marque de fabrique la plus distinctive du style de Chuck Jones...

Celui-ci s'amuse aussi beaucoup avec le langage, dans ce port Italien, où un restaurant (Pasquale's palazzia di spagettini) affiche en vitrine de bien curieuses formulations qui ne sont de l'italien que si on n'y prend pas garde: on y annonce par exemple qu'on y sert des "speciali di jiorno" qui seraient des "Meata balls & Spaggetti" (les fautes sont d'origine)... Il y a aussi au menu une "pizza si cheeso". Et quand un client arrive, il demande "Na bella piatta del una cacciatore di tetrazzini cu ragù di marinara di la piazza rigotini mozzarella fina": si vous googlez cette impressionnante séquence de syllabes, vous n'aboutirez qu'à des pages consacrées à ce film. On s'y moque bien sûr aussi gentiment des accents, ce qui renvoie à une autre série plus fournie due aux talents de Jones et du scénariste Michael Maltese, consacrée aux aventures de Pepe le putois. Un autre personnage irritant dont il est particulièrement difficile de se débarrasser, mais pour d'autres raisons...

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Published by François Massarelli - dans Chuck Jones Looney Tunes Animation
1 janvier 2024 1 01 /01 /janvier /2024 10:07

Une vieille dame et deux animaux qui se font une guerre larvée et impitoyable pour ses affections... Tiens tiens, quelques années avant de raconter les mésaventures d'un chat aux prises avec le canari le plus sadique de toute la terre, Freleng faisait ses gammes... D'ailleurs il y a aussi un canari!

Donc un chat et un chien se battent tout le temps, et avant qu'ils ne s'entretuent, leur maîtresse leur pose un ultimatum: ils deviennent amis et cessent toute vélléité d'escarmouche, ou ils iront dehors dans la froidure et la neige comme il se doit. Bien sûr, les deux animaux vont plutôt tout faire pour que l'autre soit exclu, mais... ils n'ont pas compté sur le canari qui a plus d'un tour dans son sac, lui aussi...

C'est d'un côté un prototype, dans lequel le chien ("Roscoe") joue un rôle important, mais il ne sera pas de l'équation une fois de Freleng aura trouvé sa formule autour de Sylvester, Tweety et "Granny". Cette dernière ici, n'est pas encore bien défini, et ni le chat ni le canari (d'ailleurs ressemblant beaucoup plus à un canari que l'oiseau malingre créé par Bob Clampett qui évoluera ensuite pour devenir Tweety Bird) ne sont encore bien définis...

De l'autre, c'est un excellent film dans lequel l'intrigue est posée très vite, la lutte sans merci et ses enjeux parfaitement définis, l'animation splendide et le timing légendaire de Freleng à son top niveau. 

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Published by François Massarelli - dans Friz Freleng Animation Looney Tunes
1 janvier 2024 1 01 /01 /janvier /2024 09:50

Elmo est un rongeur (on est dans un cartoon donc ça ne doit pas nous surprendre outre mesure), et il, disons, tout sauf sophistiqué... Quand il se rend chez sa petite amie Daisy Lou, elle est en grande conversation avec Blackie, qui a de l'éducation et les moyens... La lutt est très inégale.

On a déjà vu ce genre de choses chez Tex Avery, avec des représentants de la volaille: The Hick Chick opposait avec une verve inégalable un coq venu de la ville à un, disons, représentant de la ruralité, dans une lutte là encore inégale entre sophistication (mais intentions louches), et abrutissement caractérisé. La lutte tournait de toute façon à l'avantage du héros... 

Ce sera aussi le cas ici, dans un film simple mais efficace, où Elmo va devoir prouver qu'il est plus que ce qu'il parait, et s'illustrer de fort belle manière... en ramenant un manteau de fourrure en pur chat à Daisy Lou!

Arthur Davis combine un trait vraiment différent de ceux de ses petits camarades Chuck Jones, Bob McKimson et Friz Freleng, avec une exubérance qui renvoie un peu à Bob Clampett et Frank Tashlin... Son histoire de souris (saoule en prime) en lutte avec un chat n'est sans doute pas très originale, mais la verve emporte tout sur son passage!

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Published by François Massarelli - dans Arthur Davis Looney Tunes Animation
31 décembre 2023 7 31 /12 /décembre /2023 18:01

Ce film a vu le jour une fois la série finie (momentanément, mais ce n'était pas vraiment prévu à l'époque de sa sortie) et a un peu été une pierre tombale lourde à porter... Pourtant, à le revoir, on se rend compte que si c'était un (long) épisode, il ne serait finalement pas si mauvais que ça! Bien sûr, il lui manque un ingrédient qu'on a appris, après la gaucherie des débuts, à attendre de cette série: l'humour. Un humour souvent absurde, à plus forte raison quand les épisodes n'étaient pas liés à la fameuse conspiration délirante qui ne menait nulle part et qui a fini par s'autodétruire en vol durant la sixième saison. Tout au plus verra-t-on ici un clin d'oeil sardonique à un président en bout de course, dans un rare gag situé vers le début.

L'intrigue partage avec quelques uns des meilleurs épisodes deux aspects: d'abord, il est question ici de crimes sexuels inexpliqués, qui sont légion dans X-Files, mais qui sont généralement le point de départ vers les hautes sphères de l'imagnation baroque des créateurs. On ne sera pas déçu... ensuite il est situé dans l'Amérique profonde, donc rurale, en plein hiver, et Chris Carter profite de cet aspect pour rentrer dans le vif du sujet: ces deux agents, ils ont l'air comme ça, derrière leur élégance si photogénique, mais en réalité ils font un boulots de dingue, physique, qui est le plus souvent rendu encore plus compliqué par les circonstances... 

Car il sera beaucoup question de ça: qui on est, pourquoi on fait ce qu'on fait, pourquoi on dédie sa vie entière à des chimères, pourquoi on nee se contente pas de faire ce qu'on fait le mieux: enquêter pour l'un, Mulder (il est souvent prié de se tenir à l"écart de la partie physique de l'investigation), et la médecine pour Scully, qui ici exerce la médecine générale dans une institution catholique. Et il sera aussi beaucoup question de foi: celle de Mulder pour son métier, basée sur des chimères irréconciliables avec la réalité, notamment la disparition de sa soeur. Et surtout celle de Scully, qui la pousse à la fois vers l'acceptation des intuitions de Mulder, et vers une certaine humilité aussi, celle d'un médecin qui n'essaiera pas forcément de se substituer à Dieu. Une certaine profondeur qui doit sonner ridicule, mais qui est totalement ancrée dans le personnage...

Avec une intrigue un peu bancale (des meurtres non élucidés pour lesquels les agents du FBI, dont ne font plus partie nos héros, font appel à Scully pour joindre Mulder afin qu'il se joigne à un prêtre pédophile qui a été désigné comme expert), le film (j'allais écrire "l'épisode") ne va pas au bout de ses promesses. Mais il a l'avantage d'offriri un éclairage qui remet un peu d'équilibre dans la balance,une bonne partie de la série étant centrée sur Mulder, ici, clairement, c'est Dana Scully qui est le principal élément du couple.

Maintenant, vous voulez mon avis?

For fans only...

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Published by François Massarelli - dans X-Files Science-fiction