Ce court métrage documentaire fut tourné à Avellino, une ville moyenne située dans la province du même nom, qui fait partie de la région de Campanie, dont la capitale est Naples. Il était assez logique que la Dora-films, et sa réalisatrice Elvira Notari, y tournent un film dans la mesure où ils étaient basés dans cette région.
Le film n'est que la traduction en images de la ferveur populaire à l'occasion de la fête de l'Assomption... Des vues qu'on situe approximativement en 1923, car le film n'a survécu que comme partie d'une bobine qui contient également un autre court métrage du même genre...
A Naples, la belle Nanninella (Rosa Angione) est serveuse dans un café. Elle a attiré l'attention de deux amis, Tore (Alberto Danza) et Carlucci (?)... Mais son père (Antonio Palmieri) est alcoolique et la bat. Les deux amis interviennent, et tombent amoureux de la jeune femme. Mais chacun d'entre eux aura une approche bien différente: Tore va faire face à Nanninella et lui offrir son coeur, alors que Carlucci va utiliser le père...
Une jeune femme (pure, cela va sans dire), un père alcoolique, deux amis voués à se haïr, et les décors naturels de la ville de Naples, pas de doute, on est dans le mélodrame sans honte ni remords! L'approche naturaliste d'Elvira Notari est souvent soulignée, avec un clin d'oeil appuyé pour faire d'elle un avant-goût du néo-réalisme, je pense plutôt qu'elle avait assez peu de moyens, mais énormément de volontarisme et de système D: d'où un tournage-guerilla, à même la rue, avec des acteurs qui bien souvent n'en sont pas vraiment...
Il en ressort effectivement un film qui fourmille de clichés assumés à l'extrème, affrontés sans hésitations par le casting aussi bien que la réalisatrice. Et parfois, on se retrouverait presque comme devant les productions d'Oscar Micheaux, qui promenait sa troupe Afro-Américaine fauchée de mélo boiteux en film criminel approximatif, sans jamais se départir d'une énergie impressionnante...
Reste qu'avec ce film, on a parfois l'impression d'un concentré d'âme Napolitaine, telle qu'il nous est parfois permis de l'imaginer... Le cinéma a toujours été un vecteur des fantasmes, et ce film chargé (alcoolisme, haine, meurtre, violence, tricherie, fourberie e tutti quanti) ne s'en prive jamais!
Elmer Fudd est fermier, et il a un problème: un lapin (Bugs Bunny) qui fait une razzia dans ses carottes. Il décide de faire appel à une compagnie spécialisée qui lui envoie un robot apte à éradiquer les menaces animales sur les plantations...
Les années 50 tendent à installer les dessins animés de la Warner dans la routine, c'est vrai dans la plupart des unités, y compris celle de Friz Freleng. Et on mesue, quand on voit ce dessin animé, combien sa version de Elmer Fudd n'est déinitivement pas à la hauteur... Le robot est très générique, et le déroulement du cartoon s'effectue sans aucune anicroche, mais sans grand intérêt non plus...
Le neveu de Bugs Bunny, Clyde, a un devoir à faire: il doit revoir un cours consacré à l'histoire Américaine. Son oncle lui raconte sa version des faits, notamment le rôle joué par des lapins dans la Révolution Américaine...
Tout y passe: l'origine Native de Manhattan, la découverte de l'électricité par Benjamin Franklin, la Boston tea Party (durant laquelle le lapin confond Tax et "Tacks", soit des punaises), le départ de Washington pour la guerre, la bataille de Bunker Hill (d'ailleurs déjà revisitée par Bugs, Sam et Friz Freleng dans Bunker Hill Bunny) et l'hiver rigoureux de Valley Forge...
C'est en soi sympathique, mais ce qui frappe le plus, c'est que l'évocation des faits historiques tranche radicalement sur le style de l'évocation familiale de la vie de Bugs dans un pavillon moderne (ce qui du reste ne lui va pas, mais alors pas du tout): ces vignettes sont toutes représentées dans un style "anguleux" qu'on n'attendait pas chez Friz Freleng, et qui s'inspire beaucoup du style UPA alors très en vogue dans l'animation.
David Copperfield (Martin Herzberg) nait un beau jour, d'une dame (Margarethe Schlegel) qui six mois auparavant a perdu son mari... Son enfance se passe sans histoire, jusqu'à ce qu'un gandin (Robert Schmidt) commence à tourner autour de sa maman... Quand celle-ci se marie avec l'homme en question, c'est le début des ennuis. Puis la maman meurt en laissant son fils à un homme qui ne l'aime pas, ainsi que sa soeur... Forcé de partir, david commence à travailler, puis va faire des rencontres (dont celle du pittoresque Micawber, Frederik Jensen) avant que sa vie ne se stabilise quand il revient vers une vieille tante (Marie Dinesen) qui fut bien acariâtre, mais qui va fondre devant le jeune homme.
Les années passent, et si David (Gorm Schmidt) fait une petite carrière dans le droit, il a aussi s'intéresser à l'écriture, ce qui va beaucoup attirer la belle Dora (Karina Bell)...
De tous les films (il y en eut quatre) que Sandberg a adapté de Dickens, ce fut sans doute le plus gonflé... Notamment en raison de sa durée, et de l'extrême linéarité de son intrigue, qui empêche assez clairement de trop raccourcir l'histoire! Mais Sandberg et le scénariste Laurids Skands ont réussi à obtenir une épure qui tient en deux heures et demie à peu près, bien tassées... La méthode du cinéaste sur ces adaptations, est de se mettre intégralement au service du roman, quitte à abolir tout apport personnel...
Bien sûr qu'il y a fait son travail de cinéaste, notamment en choisissant avec goût ses décors, qui figurent une vieille Angleterre de la première moitié du XIXe siècle qui est presque plus vraie que nature... Toute en étant Danoise! Une séquence d'une grande beauté vers la fin trouve un moyen éminemment poétique, et qu'il a fallu planifier sur plusieurs mois, pour transposer le passage des saisons... Mais le film tente l'impossible, à savoir de refléter exactement le roman, en représentant aussi fidèlement que possible la vision de Dickens.
A ce niveau, c'est globalement réussi, les acteurs ayant à coeur de véhiculer le ton constamment équilibré entre un humour narratif solide et une intrigue mélodramatique à souhait. Les personnages sont formidablement campés, et on est épaté de la performance de Frederik Jensen en Micawber, qui semble préfigurer le W.C. Fields du film de Cukor, Marie Dinesen dans le rôle de la Tante Betsy, ou Peter Malberg, l'acteur complice qui cette fois n'a pas à jouer les traitres!
C'est moins flagrant pour les deux jeunes premières, avec Karina Bell (décidément très présente dans la filmographie de Sandberg) et Karen Vinther qui jouent les deux amoureuses de Copperfield. Elles sont souvent un peu trop stéréotypées. Mais Dickens décrivait Dora comme une ravissante idiote, et ma foi Karina Bell s'en sort assez bien. Le bât blesse pour Uriah Heep, l'infâme, dont le personnage est très réduit...
Et le film accuse le coup, car non seulement ces 568 pages sont rudes à adapter, mais le texte abondant débouche sur près de 280 intertitres très fournis... Une lecture parfois aride pour qui est venu vers le film pour y apprécier la fluidité du film muet. L'adaptation de Great Expectations qui avait précédé n'avait pas ce défaut...
Continuant son exploration de Bugs Bunny confronté à la vie moderne, McKimson nous présente un film dans lequel la construction d'une autoroute rencontre un obstacle de taille: un lapin et son terrier...
C'est un excellent film, entièrement dédié à la lutte sans merci de Bugs Bunny pour sa liberté... ace à lui, un ouvrier et un seul, mais typiquement chez McKimson, c'est un grand gaillard... Mais il est clair qu'il aurait du abandonner dès le départ.
C'est situé dans le décor unique d'un désert en pleine modernisation, et c'est un classique, ou du moins ce devrait l'être, tant le film est exemplaire...
Elmer est en pleine nature, à la recherche d'une plante. Quand il la trouve, il prélève une bande de terrain afin de la ramener chezlui, ignorant qu'il emmêne avec lui, dans son appartement au sommet d'un gratte-ciel, le terrier de Bugs Bunny...
La lutte ici entre Elmer et Bug Bunny, est bien sûr inégale, mais aussi très inhabituelle pour McKimson, généralement plus à l'aise pour confronter ses héros à des grosses bêtes... Mais la dynamique aisément installée entre les deux personnages, et les réactions récurrentes d'un voisin perturbé dans sa quiétude, en font une plaisante expérience...
C'est aussi, assez clairement, un film qui s'intéresse à une certaine vision de la vie moderne et confortable des années 50, avec Elmer en riche individu qui s'intéresse aux plantes pour ses passe-temps... Et de son côté Bugs Bunny est également à sa façon, un parvenu, jaloux de son propre confort...
Un énorme avion va être expérimenté. Bugs Bunny qui passait par là pense pouvoir le visiter: il s'introduit dans le mastodonte, et s'installe dans le cockpit pour faire semblant de piloter. Yosemite Sam, qui vient de dévaliser une banque, se réfugie à son tour dans l'avion et donne l'ordre de démarrer...
C'est très modeste, clairement. Il y a essentiellement une idée, qui permet à Freleng de mobiliser son association préférée, celle entre Bugs et Sam. Ce dernier devient toujours plus ou moins le héros des cartoons qu'il interprète. D'autant que Bugs Bunny ici est assez contradictoire, montrant d'abord de l'émotion quand il est pris en otage, puis une indifférence totale devant leur destin quand l'avion menace de s'écraser...
Le meilleur gag est probablement celui du pilote automatique (en fait un robot très 1950s) qui se précipite sur un parachute pour quitter l'avion...
A ne pas confondre avec Hair-raising hare, de Chuck Jones, l'un des premiers films avec Bugs Bunny qui parodiait le fantastique. Non, c'est très éloigné même: il semble que friz Freleng était préposé aux recyclages (il avait par exemple été amené à reprendre les cellos de Porky in Wackyland pour Dough for the do-do) et aux compilations: ce film est de la deuxième catégorie...
On y assiste à ne conversation vespérale entre Bugs et son neveu Clyde. L'oncle raconte ses exploits à son neveu, un prétexte pour replacer des extraits de Base-ball Bugs (Freleng), Stage door cartoon (Freleng), Rabbit punch (Jones), Falling Hare (Clampett) et Haredevil hare (Jones)...
C'est donc inutile et parfaitement dispensable. Le coup a déjà été fait en 1944 (soit très tôt dans la carrière du lapin, d'ailleurs) par Clampett avec What's cooking doc?... Quant à Clyde Bunny, une très mauvaise idée, le personnage fait ici sa première de seulement quatre apparitions, ce qui est une indication de sa relative inutilité...
Un peu de linguistique pour commencer... Notez que le choix originel de ne pas utiliser de majuscule pour le déterminant contenu dans le titre (the Straight story) est celui de Lynch: en effet, il lui fallait différencier le mot Straight, qui pourrait être un adjectif mais ne l'est pas, de son usage traditionnel: le film est l'histoire d'Alvin Straight (Richard Farnsworth)...
Et ce dernier est mal en point: fermier (très) agé dans l'Iowa, il vit avec sa fille Rose (Sissy Spacek), qui l'aide en tout et s'est mise un peu à l'écart de la société: elle est, comme le dit son père, lente. Son handicap se sent quand elle parle, des paquets de mots qui sortent à l'écart de toute logique, avec des pauses où on ne les attend pas...
Alvin aussi est lent: en effet, il est agé, et quand le film commence, on le retrouve par terre chez lui, après un malaise. Son médecin lui préconise de changer de vie et d'habitudes: plus de tabac, utiliser un déambulateur, etc... Il n'en fera rien.
Par contre, il changera quelque chose de crucial dans sa vie: quand il apprend que son frère Lyle (Harry Dean Stanton) a eu une attaque, Alvin qui ne lui parle plus depuis des décennies se décide à se rendre à son chevet, tout seul...
Mais pas en voiture puisqu'Alvin n'a plus de permis, ni l'acuité pour faire un long trajet de l'Iowa vers le Wisconsin. Il va y aller avec le seul véhicule qu'il puisse conduire, une tondeuse à gazon, vous savez, ces gros modèles qui ressemblent à des mini-tracteurs... Et qui roulent à cinq kilomètres à l'heure...
Ce devrait être loufoque, ça ne l'est jamais: cette histoire en ligne droite (pour extrapoler les possibiltés sémantiques offertes par le titre) a en effet décidé de nous montrer l'épopée d'Alvin de façon très directe, et si jamais le film ne se moquera de son choix un peu absurde, les nombreuses personnes qu'il croise n'en feront rien non plus, comprenant instinctivement le choix du vieil homme d'assumer seul le poids du voyage. Ca reste malgré tout un road-movie classique dans une certaine mesure, puisque le vieil homme croise un grand nombre de personnes dans son périple, et qu'il fraternise beaucoup. Un échange se crée entre Alvin et les Américains qu'il croise, et quand il arrive enfin auprès de Lyle, c'est presque en dehors du temps...
C'est sans doute le fil conducteur qui place le plus ce film humaniste dans le canon des films du réalisateur: la façon dont Alvin semble vivre le temps, à l'écart de ce qui ne compte pas. Ce qui aurait pu ou du être un film crépusculaire devient un message de foi en l'humanité, empreint d'une immense tendresse...