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18 mars 2026 3 18 /03 /mars /2026 15:04

Dans un laboratoire, un scientifique plus qu'excentrique a trouvé la formule de carottes modifiées qui transforment le premier lapin venu en superlapin.

Typiquement, le film nous montre Bugs qui non seulement apprécie le cadeau, mais en plus embrasse la cause de la défense du bien avec une belle énergie. Ca ne va pas très loin, mais rien que pour le costume trois fois trop grand, c'est à voir.

Et c'est assez indicatif de l'importance contemporaine de Superman, pourtant une création assez récente. Quant à la fin, elle nous rappelle qu'il y a, quelque part, une guerre à gagner, et que les animateurs de la Warner ont été eu aussi mobilisés à leur façon.

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Published by François Massarelli - dans Chuck Jones Bugs Bunny Animation Looney Tunes
18 mars 2026 3 18 /03 /mars /2026 14:39

Comme dans la plupart des contes revisités par Chuck Jones et en particulier ceux qui présentent un rôle pour Bugs Bunny, ce film passe son temps à souligner sa condition de narration.

Ainsi les trois ours (Une création de Jones qui les réutilisera, en particulier le père interprété par mel Blanc et le fils idiot doublé par Stan Freberg, anticipant sur de nombreuses grandes choses, notamment la rivalité... entre Joe et Averell Dalton dans l'évangile selon Morris et Goscinny) décident ils pour contrer la fin de recréer le conte de Boucle d'Or, mais comme ils utilisent une soupe de carottes, leur visiteur sera bien sûr Bugs Bunny. Beaucoup de bonnes choses, mais ce qui est le plus frappant, c'est la façon dont le film va dévier vers le graveleux... Avec une certaine gourmandise.

Les trois ours deviendront d'ailleurs un trio récurrent à part entière, avec une dynamique toujours plus précise entre le père et le fils crétin, la mère abandonnera par contre très vite toute prétention à servir à autre chose qu'à remplir la scène...

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Published by François Massarelli - dans Looney Tunes Chuck Jones Animation Bugs Bunny
15 mars 2026 7 15 /03 /mars /2026 16:34

Mission impossible? Le fait est que ce film de Scott, à sa sortie, s'est pris une solide volée de bois vert, tant dans ce pays (celui du tout petit dictateur auto-proclamé qui en est le sujet) que dans les pays anglo-saxons (où il faut bien le dire, on n'a jamais traité Napoléon autrement que comme un salopard, un cinglé de militaire obsédé par sa propre grandeur, au point où le symbole même de la folie établie, dans la comédie, est représenté par le fait qu'une personne qui a perdu la raison se prend pour Napoléon... Ceux qui ont mené la charge, le plus souvent, sont les historiens... 

Une belle coquille, en attendant: Scott a toujours été un cinéaste de la recréation des mondes, des lieux du passé, qui n'a pas son pareil pour capter en quelques images et quelques angles, les lieux les plus significatifs d'une intrigue, et de les peupler d'une faune costumée qui est souvent fourmillante de détails... C'est vrai aussi que sa conception d'un film est toujours personnelle, il d'agit d'entendre par là que Ridley Scott ne cherche en aucun cas à reproduire strictement la vérité. Il lui préfère sa vision, ses impressions et il n'a jamais prétendu faire oeuvre d'historien... D'où des télescopages sévères entre la vérité historique et l'effet rendu. 

Contrairement à Gance d'ailleurs: l'auteur de Napoléon (1927) a toujours (enfin surtout lorsque ça l'arrangeait) annoncé avoir tout sacrifié pour son film à la vérité... ce qui était faux. Quand on y voit Albert Dieudonné, en Bonaparte de 1m70, chevaucher de façon flamboyante pour échapper à ses poursuivants en Corse, on aura du mal à le suivre! Napo était un militaire, ça oui: il était un artilleur. Et non des moindres... C'était aussi un politicien, donc un opportuniste! Mais un héros de swashbuckler? difficile à prendre au sérieux!

Si la coquille est belle, assurément, il convient d'être prudent: ce qu'on aime dans le film de Gance, c'est qu'en dépit de sa durée impressionnante, il a une colonne vertébrale! Ce film, non. Ou alors c'est Joaquin Phoenix, qui a la dure tâche à 49 ans d'incarner l'autocrate Napoléon, entre les âges de 24 et 52 ans... Je ne sais pas exactement ce qu'a été la demande spécifique de Scott, probablement a-t-il indiqué à Phoenix vouloir que l'acteur interprète son rôle en tant qu'ambitieux ombrageux, détaché, obsédé par sa propre grandeur, et un peu len d'esprit. De fait, difficile de croire que le personnage soit bien, justement, Poléon Bonaparte...

Alors clairement, la coquille est vide: le film que Scott voulait tellement faire et depuis si longtemps à l'en croire, est un ratage monumental, dans lequel les scories et autres infidélités à la vérité historique ne sont en aucun cas contre-balancées par le moindre souffle épique. Aussi belles soient-elles, et souvent elles le sont, les images et séquences semblent ne mener nulle part... C'est vrai que Scott a fait des grands efforts avec ses décors, les images des pyramides en témoignent et les séquences qui copient les tableaux de maître sont là pour en témoigner. Mais qu'est ce qu'on s'ennuie... Et comme toujours, la révolution Française, une période complexe s'il en est, est purement et simplement réduite à la terreur. Et on assiste à des batailles, des escarmouches politiques, sans jamais le moindre éclaircissement quant au contexte. Privé de ce contexte, Napoléon est juste un français (Corse, bien entendu) cinglé, qui a pris le pouvoir, et envoie des militaires dans toute l'Europe sans rime ni raison. 

Raté. dans les grandes largeurs...

 

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Published by François Massarelli - dans Ridley Scott
14 mars 2026 6 14 /03 /mars /2026 09:56

La vie de Paul McCartney, après la décision d'annoncer la fin du groupe dont il faisait partie... Et comment du chaos total dans lequel il s'est trouvé en 1970 (accusé de toutes parts d'être le principal fautif de la fin des Beatles, généralement à tort, avec ses trois camarades manipulés par un avocat malhonnête qui avait décidé d'avoir sa peau, et une presse généralement sceptique et rigolarde...), il a pris un certain nombre de décisions pour revenir sans se contenter d'être un ancien Beatle.

C'est détaillé, complet, évidemment sous contrôle: Paul est le principal narrateur, même si apparemment sa contribution est celle d'un témoin privilégié... Le film s'efforce en effet de montrer sans fioritures les galères (oui, on en a même si est Paul: comment monter un autre groupe quand on a fait partie des Beatles? Les autres, après tout, ne s'y sont pas risqué), les moments gênants (Paul en vedette d'un show télévision du pire kitsch en 1972), les grands moments (la sortie de Band on the run) et bon an mal an, on finit par se rappeler que même si on oublie les Beatles, le maître d'oeuvre de Wings reste un artiste exceptionnel. Oui, il était extrêmement riche, et l'est toujours. Oui, il restait une superstar quoi qu'il fasse (et il l'admet d'ailleurs, il est sans doute la personne du métier à laquelle il est le plus difficile de dire non, voire de dire "Paul, c'est nul!")... N'empêche, sa présence en tant que membre et chef des Wings dans les années 70 est indéniable, et le place au sommet de la décennie, paradoxalement. Tout en faisant un outsider, qui a su rester à l'écart de presque tout ce qui a défini la décennie: rock prog, glam rock, puis le punk... 

Appuyé par un ensemble d'images d'archives d'une exceptionnelle qualité, supervisé sans doute par Paul lui-même, qui avait sans doute une forte envie de partager ces moments de son passé, avec Linda, le film (parsemé de références à des fantômes, car le temps est cruel: John, Linda, Denny Laine...) est de toute façon joué d'avance: si vous avez décidé une bonne fois pour toutes que Paul était le méchant des Beatles, alors il vous agacera. Moi qui pense que ce n'était pas lui (faut-il compléter? Non), je vous le dis: c'est un documentaire passionnant, souvent émouvant,

...et faut-il le rappeler: Paul McCartney, n'est-ce pas celui qui a composé et enregistré en compagnie de son groupe Wings, ou en solo, Maybe I'm amazed, My love, Live and let die, Band on the run, Mrs vandebilt, Listen to what the man said, Let 'em in, Silly love songs, et il a aussi accessoirement interprété de façon particulièrement appropriée toutes les chansons qu'il voulait de sa vie d'avant, sans que ce soit en aucun cas douloureux ou gênant.

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Published by François Massarelli - dans Paul
14 mars 2026 6 14 /03 /mars /2026 09:35

C'est en voyageant, dans un compartment de train plus précisément, que le Docteur Hunt Bailey (George Brent) met le premier pas dans ce qui va être une bien curieuse expérience: il rencontre, en effet, une bien curieuse et un rien excentrique personne, Cissie Bedereaux (Olive Blakeney)... Mais quelques temps plus tard il apprend sa mort, ce qui l'intrigue. Il rencontre le frère de Cissie, Nick (Paul Lukas), et surtout son épouse, Allida (Hedy Lamarr), dont la beauté le fascine. Mais Nick lui annonce que son épouse est folle...

Tout concourt, au début du film, lors de ce voyage en train qui a demandé des efforts conséquents à la RKO, à donner l'impression que l'on va assister à un film fantastique, comme l'étaient les trois précédents films de Tourneur pour la compagnie... Il a fallu recréer de toutes pièces une tempête de neige qui semble nous indiquer, au-delà de la politesse et de la chaleur simple des échanges entre Brent et sa partenaire, que des forces obscures vont se manifester! Et le film entier, en réalité, fonctionne de cette façon.

Pourtant, rien dans ce film, au final, ne sera fantastique au sens propre. Une histoire de possession? Tout du moins un mari jaloux qui transcrit ses propres névroses dans la possession de son épouse, en lui refusant d'exister à part entière par la manipulation mentale. ...ce qui renvoie bien sûr à Gaslight, de Thorold Dickinson, et son remake Hollywoodien effectié à la MGM par George Cukor. Si ce dernier (Avec Joseph Cotten et Ingrid Bergman) sort la même année que ce film, la version Britannique date effectivement de 1940, et peut à mon sens avoir été à l'origine d'un certain nombre d'oeuvres sous influence, dont ce film! Après tout, même Suspicion, de Hitchcock, lui doit un peu quelque chose...

Cela reste quand même un film moindre: l'histoire est bien sûr prenante, les acteurs compétents, mais d'une part George Brent se fait écraser à plate couture par Paul Lukas, et l'ensemble de la mise en scène semble parfois se dissocier du film comme pour nous indiquer qu'il y avait d'autres choses à voir... Amusant de voir que ce qui semble le plus coller au film est ce qui le détache de la réalité: des passages filmés, joués mais muets, dans lesquels un narrateur semble donner du sens aux images, comme dans les splendides courts métrages semi-documentaires que le metteur en scène avait effectué à la MGM dans les années 30... Des choix de mise en scène qui placent parfois le film dans une sorte de baroque légèrement décalé, bien dans la manière de Tourneur... 

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Published by François Massarelli - dans Jacques Tourneur
8 mars 2026 7 08 /03 /mars /2026 22:08

Tom poursuit Jerry, encouragé par Mammy Two-Shoes: pour l'aider celle-ci tente d'attaquer la souris avec un balai, et donne un coup particulièrement bien asséné... au chat. Celui-ci en devient amnésique et se prend pour une souris... Ce que Jerry va moyennement apprécier, puisque même en souris, Tom n'est pas partageur. Jerry mais aussi Mammy-Two-Shoes tentent donc, chacun de son côté, de redonner le sens de la vie à Tom, ce qui passe inévitablement par des coups sur la tête... 

De la violence, donc, beaucoup de violence: on est bien chez Tom et Jerry! C'est loufoque au possible, et ça a l'énorme avantage, outre d'être un film "convenablement dingo", selon la formule de feu Boris Vian, d'être unique en son genre... La logique implacable de la série est respectée jusqu'au bout, et on admirera la fin ouverte...

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Published by François Massarelli - dans Tom & Jerry Animation Ik
7 mars 2026 6 07 /03 /mars /2026 14:31

Tom et Jerry, en pleine poursuite comme d'habitude, vont croiser le chien Butch et son petit qui vaquent à leurs occupations quotidiennes, et ça ne va pas se passer très bien pour Tom... Butch fait savoir qu'il est interdit de toucher à son fils.

C'est un canevas assez récurrent, dans lequel Jerry est amené, soit à chercher protection auprès des deux chiens, soit comme ici à laisser faire la nature, la malchance de Tom et surtout l'agressivité méthodique du chien! Un passage hilarant montre Tom qui se retrouve avec le chiot, qu'il camoufle en le faisant passer pour une poule...

Sinon, le film est tellement salissant, qu'il se finira pour Tom dans une machine à laver...

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Published by François Massarelli - dans Tom & Jerry Animation
7 mars 2026 6 07 /03 /mars /2026 14:25

Tom est un naufragé solitaire, et il commence à souffrir de la chaleur, d'épuisement, et surtout de faim. Il aborde une île, et il y découvre... un Jerry-Vendredi, dont il ferait bien son dîner. Mais la souris, pour se défendre, décide de se faire passer pour une souris sauvage et cannibale... Sans savoir que l'île est habitée par une tribu d'hommes de petite taille, qui ont sérieusement les crocs...

On ne va pas s'étonner trop de ne pas l'avoir beaucoup vu ces dernières années, celui-ci: l'occurrence de Jerry en black face (voire black body), les clichés délirants sur les tribus cannibales (l'os dans les cheveux, le pagne, et la syntaxe défaillante: "Cat Barbecue") garantissaient apriori à ce film foutraque et décérébré d'être enfermé à double tour dans un purgatoire conséquent... Mais est-il drôle? 

Ca oui.

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Published by François Massarelli - dans Tom & Jerry Animation
6 mars 2026 5 06 /03 /mars /2026 21:40

Produit par la compagnie Thanhouser, qu'on n'en finit pas de redécouvrir, ce petit film est un témoignage des liens parfois inattendus entre les compagnies de l'avant-Hollywood (ce film est fermement ancré à l'Est!) et les industries de l'époque... Il raconte l'immigration d'un homme d'Europe de l'Est, qui rejoint son frère aux Etats-Unis...

L'homme, Bela, vit chez ses parents, où il les aide à travailler la terre dans un oayx qui pourrait aussi bien être Hongrois que Tchèque, au vu de certains des langages qui sont présents sous une forme ou sous une autre dans l'environnement des héros! Peu importe d'ailleurs, car ce qui compte c'est qu'il accepte l'invitation de son frère qui est déjà parti pour les Etats-Unis. Il passe, bien sûr, par Ellis Island, et une fois enrôlé dans l'industrie, il s'émerveille de la belle vie qui est la sienne...

Bien sûr que c'est une forme sans ambiguité de propagande, sponsorisée par des nombreuses associations, corporations et probablement directement de patrons eux-mêmes, désireux de recruter parmi les forces vives des pays Européens, et il faut bien dire que dans la première scène, ces Tchèques ou Hongrois ont bien l'air à la peine. Le film offre un raccourci de la vie de nombreux immigrants, mais omet de rappeler que le rêve Américain qu'il nous présente... est un rêve. Etun rêve on peut toujours le faire toutes les nuits, ce n'est pas pour autant qu'il se réalisera.

Ce petit film pourtant ne manque pas de charme, en proposant en particulier des vues volées de Ellis Island, où le héros incarné par Harry Benham se mêle aux authentiques immigrants. D'une certaine manière, ce film un peu naïf anticipe sur un étrange film raté de King Vidor, An American Romance...

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Published by François Massarelli - dans Muet
3 mars 2026 2 03 /03 /mars /2026 21:59

Quand on voit ce film, il est souvent trompeur: une boucle d'environ 50 secondes (ce qui pour l'époque de tournage serait une durée tout à fait appropriée) tourne en effet sur Youtube, alors qu'il ne subsiste de ces 20 mètres (la durée originale, environ une minute) que... 5 secondes. 

Pas de quoi pavoiser, alors? Ca dépend: certes, on préfèrerait retrouver un film de Méliès dans toute sa durée, et si possible en bien meilleur état! Ici, c'est clairement une copie de copie, un fragment dont on se demande d'ailleurs comment il a bien pu être sauvegardé! Oui, mais...

Ces quelques secondes de film sont parmi les plus émouvantes qu'on pouvait trouver. Car si on avait bien réussi à conserver et préserver le film numéroté symboliquement 1 des catalogues de la Star-film (Une partie de cartes), on ne possédait pas le deuxième. Et ce deuxième film est la première incursion de Georges Méliès, cinéaste, dans l'univers de Georges Méliès, prestidigitateur...

On y voit donc le facétieux maître de cérémonie, prétendant être en plein exercice de ses fonctions de magicien, alors qu'il n'a recours qu'à la magie du cinéma. Et il avait déjà compris que pour manipuler le regard des spectateurs, les films, il n'y avait que ça de vrai...

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Published by François Massarelli - dans Muet Méliès