C'est le troisième et dernier film de la trilogie de la chasse, par Chuck Jones. Dès le d"part, on se souvient que dans le précédent, Daffy avait confirmé sa duplicité en plaçant des pancartes indiquant la saison de la chasse au lapin. Et sur ces entrefaites, arrive Elmer Fudd avec son fusil...
C'est toujours le cas: dans la mesure où c'est effectivement la saison de la chasse au canard, Daffy Duck a forcément un grand besoin de détourner la conversation...
Et en parlant de conversation, tout ici est, une fois de plus, question de mots, de répétition, de timing, de détournements de l'intrigue, et bien évidemment, ce bec de canard qui subit toutes les avanies possibles...
En finissant avec ce film la "trilogie" absurde et immobile de ce triangle de personnages loufoques et énervés, Chuck Jones et son complice le scénariste Michael Maltese se doutaient-ils qu'ils venaient de changer totalement non seulement les héros du film, mais aussi les règles de la dynamique d'un cartoon? Je ne le sais pas, mais clairement, à partir de là, les rôles de Bugs Bunny et surtout de Daffy Duck ne seraient plus jamais les mêmes.
C'est la saison de la chasse, comme nous l'indiquent des dizaines de pancartes, toutes posées par Daffy Duck: il le reconnait lui-même. Sauf qu'il ajoute qu'en réalité c'est la saison de la chasse... Au canard.
C'est la saison de la chasse, et Elmer Fudd, accoutré comme il se doit, est donc de sortie avec son fidèle fusil. Il assiste presque en victime non-consentante à un dialogue absurde entre un lapin et un canard cinglés, qui jouent en permanence sur les mots, interrompent le flot du dessin animé, commentent sur leurs dialogues, le tout saupoudrés de gags impossibles impliquant le bec amovible de Daffy Duck. Bref, c'est le deuxième film de la trilogie de la chasse de Chuck Jones... Un de ces films qui auront pour conséquence de redéfinir complètement les personnages qui y apparaissent.
Un chasseur chasse seul, et il vient pour chasser le lapin. De leurs côtés, un canard qui tente d'échapper à don destin car il sait que ce n'est pas la saison de la chasse au lapin, mais bien celle de la chasse au canard, et un lapin qui n'a pas de soucis à se faire, s'affrontent...
Certes c'est l'argument de Rabbit fire. Mais c'es aussi le scénario de trois films, tous distants d'un an dans la filmographie de Chuck Jones, et tous basés sur un script génial de Michael Maltese. S'il faut examiner chacun de très près pour en comprendre les différences, disons que ces films et leur similarité obéissent à la même loi paradoxale que, disons, Fort Apache (1948)/She wore a yellow ribbon (1949)/Rio Grande (1950), de John Ford, ou bien sûr Rio Bravo (1959)/Eldorado (1966)/Rio Lobo (1970) de Hawks: tous similaires, tous différents.
Mais c'est mieux que ça: contrairement aux deux trilogies westerniennes citées, ces trois courts métrages possèdent la même qualité, car il faut dire qu'on est avec Jones et Maltese devant une équipe qui a fait de la redite un art, avec une série de dessins animés (La série du "coyote") racontant tous une non-histoire d'échec systématique, sans jamais d'autres enjeux que de voir l'anti-héros échouer...
Et ces trois films jouent sur tous les tableaux. Celui qui en fait le moins, bien sûr, reste Bugs Bunny, qui a toujours très peu à faire de toute façon quand il "affronte" Daffy Duck. Le canard se sabote bien tout seul... Ensuite, Elmer, que Jones avait négligé durant toute sa carrière, et auquel il donne finalement une nouvelle dimension, celle d'un obsédé de la gâchette. Venu, après tout, pour tirer du lapin, il est prêt à tuer n'importe quoi du moment que ce soit la saison... Enfin, Daffy Duck est le véritable héros, pourvoyeur de gags à foison, dont les variations toute plus idiotes les unes que les autres sur le bec valseur, ou bien sûr le timing exceptionnel du dialogue...
..."You're despicable".
J'admets que cet article est valable pour les trois films...
Du côté de Naples, Carmela, une jeune femme de la bonne société, devient l'obsession d'un jeune comte, lui-même héritier d'un noble qu'il a probablement contribué à tuer... L'intrigant la poursuit de ses assiduités avec une certain agressivité...
...pour autant qu'on puisse en juger, car ce film, réduit à une bobine (la deuxième, je pense), en comptait au départ 4. C'est le plus ancien fragment de l'oeuvre disparue de Elvira Notari (1875 - 1941), une réalisatrice et productrice de Naples, qui fut sans doute la première femme de son métier en Italie...
Au-delà du manque de clarté, très probablement du à l'outrage des ans et les problèmes de conservation, le film frappe par sa fraîcheur; car si la Dora films de Notari était une authentique société, qui fut active entre 1906 et 1929, le parti-pris de la réalisatrice était de tenter de capter la vérité au maximum, en tournant avec des acteurs non-professionnels, et dans des rues et décors authentiques... On a beaucoup parlé de préfiguration du néo-réalisme à son sujet, on a en juger sur pièces, maintenant que les six films qui nous restent d'elle, certains complets d'autres réduits comme celui-ci, sont rendus disponibles.
En supplément de son magnifique film Etreintes brisées, Almodovar a tourné La conseillère anthropophage, numéro d'actrice, tiré du film Filles et valises, film "inclus" dans Etreintes brisées. Libertin, limite cochon (Sans pour autant qu'il s'agisse d'autre chose qu'un monologue), c'est du Almodovar de défoulement, d'ailleurs signé Mateo Blanco, alors que le scénario en est bien sûr attribué à Harry Caine, le scénariste dans Etreintes brisées...
Ainsi ce dernier film est doté, même si c'est en supplément, de sa performance artistique saugrenue, comme tant d'autres films avant lui... et par la même occasion, la filiation du drame avec la comédie, de Etreintes brisées avec Femmes au bord de la crise de nerfs, est accomplie.
Dans un petit immeuble, nous faisons la connaissance d'une jeune femme, qui est employée par une famille bourgeoise dont elle est la bonne à tout faire. Le soir, elle s'éclipse parfois pour rejoindre son amant... Un soir, celui-ci a eu un souci, il est à l'hôpital. Le facteur qui vit dans l'immeuble apporte à la jeune femme des lettres de lui... Puis plus rien. Des jours plus tard, le jeune homme revient et révèle qu'il a envoyé des courriers, qui lui sont tous revenus...
C'est un petit film, très réduit (la copie actuellement disponible sur le site de la Cinémathèque Fédérale totalise 39 minutes...), dont le scénario est dû à Carl Mayer. Clairement, c'est l'une des premières tentatives de ce dernier de définir le Kammerspiel: peu de personnages, unité de lieu, une action résumée en gestes de laquelle les intertitres sont quasi absents...
Henny Porten interprète la jeune femme, dont le ressort dramatique principal reste les yeux, qui vont beaucoup guider la mise en scène: vers le bas, ou vers le haut... Fritz Kortner, très vite inquiétant, est quanà lui le facteur, un personnage diabolique dont on devine bien vite qu'il manipule la jeune femme. Enfin Wilhelm Dieterle incarne l'amant au sort tragique... Toutes les copies disponibles, apparemment, n'ont pas les mêmes fins. Certaines voient la jeune femme simplement licenciée de son emploi, d'autres la montrant se jeter dans le vide...
Le film est clairement expérimental, une façon pour Mayer de pousser l'enveloppe du cinéma Allemand, dans un sens qui va bientôt lui permettre d'écrire le scénario du Dernier des hommes... Mais les décors, dus à Paul Leni, se situent dans la continuité de Caligari, avec cet immeuble branlant fait de torchis qu'on croirait pouvoir toucher.
Tout commence par la vision qui va devenir habituelle de Bugs Bunny solidement installé, en confiance, dans le confort de son chez lui... Il vit sur la prairie, dans un terrier à ciel ouvert. Quand soudain, le ciel, justement, se couvre de planches: on construit une cabane en bois au-dessus de sa tête.
C'est Yosemite Sam, et il n'est as du tout désireux de partir: ne décision en justice va trancher: les deux "propriétaires vont cohabiter, jusqu'à ce que l'un d'entre eux meure... Ce que le petit bandit entend bien mettre à profit.
C'est court, et on se dit que le format empêche ici bien des choses... Les tentatives de meurtre perpétrées par Sam sont peu nombreuses, et vite expédiées. Mais la dynamique entre les deux "acteurs" reste toujours aussi explosive...
Buster Garner (Buster Keaton) travaille pour une entreprise qui construit et distribue des voitures: il leur fait de la publicité en se promenant dans Paris en voiture avec chauffeur, et en distribuant de faux billets publicitaires. Mais la mission suivante (arpenter les rues en distribuant des billets à pied) ne lui porte pas bonheur: par mégarde, il a pris une liasse de vrais billets, et ses patrons sont ruinés...
Quoique en chemin, il donne un billet de mille francs à une jolie fille croisée au hasard (Paulette dubost) et ça tombe bien: elle allait être expulsée de son logement... Mais Buster doit retrouver un emploi, et sa mère lui trouve un rôle dans une pièce, celui d'un prisonnier qui s'évade. Le jour, précisément, de l'évasion d'un gangster, un vrai de vrai, qui n'est autre que son sosie...
Oui, c'est dur à résumer, d'abord parce que les concepteurs de ce film sans queue ni tête ont décidé de le truffer d'intrigues et sous-intrigues... Keaton aurait fait trois films de ces arguments: on ne va pas se plaindre que ce soit trop riche, non: le problème est ailleurs...
Commençons toutefois ar ne pas trop nous plaindre: après tout, Buster Keaton, star du film, a sans doute eu bien plus d'égards de la part de ses employeurs, qu'il n'en a jamais eu à la MGM. Et quelques gags prouvent qu'au moins il a pu s'immiscer dans le processus de production et de mis en scène, ils sont souvent ingénieux et impeccablement interprétés... On ne dirigeait pas Keaton, il le faisait tout seul. Enfin, il a cessé de boire durant le tournage, et contrairement aux films tournés entre 1930 et 1934, ça se voit. Il est concentré, les traits ne sont pas tirés, les cernes quasiment absentes... Il revient d'entre les morts en quelque sorte...
Mais c'est aussi que sa voix a été post-synchronisée, et confiée à un anonyme (qui utilise un accent "étranger" à la façon dont Laurel et Hardy étaient doublés en français), et c'est une source de gêne... Sans parler du film, et de ses acteurs français tous plus mauvais les uns que les autres doivent se coltiner un dialogue indigent ("ah ça, patron! mon vieux, vous êtes le roi des gangsters, ça oui, mon vieux, n'est-ce pas") qui ne rend pas service au film ni à l'histoire du cinéma en général! Quelques idées auraient pu sauver le film, mais elles sont trop isolées: certes, le gag des sosies est éculé, mais Buster Keaton le maîtrise fort bien, et son inquiétant gangster est une révélation. C'est bien maigre...
C'est sans appel, ni solution: un mauvais film avec un fabuleux acteur... La seule à sauver, c'est Paulette Dubost... Mais elle est à l'origine d'une inacceptable transition: quand il l'a conquise, puis embrassée, Buster...
Brandy Clark (Aubrey Plaza) est une lauréate d'un lycée de Boise, Idaho, où elle vit chez ses parents: une ilitante féministe et progressiste (Connie Britton), mariée à un juge très rigoriste, mais un eu dépassé (Clark Gregg): excellente élève, elle est détestée par les élèves moyens, mais ses deux copies aimeraient bien qu'elle se décoince... Voyant qu'elle a besoin d'expérience (s) elle décide de se fixer une liste d'expériences à traverser afin de profiter de la vie...
Dès le départ, on peut se demander en quoi ce film se différencie de, disons, American Pie et de ses suites. C'est vrai que le sujet est scabreux, et apparait osé ou audacieux, uniquement si on se réfère aux moeurs Américaines... Et de fait, les audaces tombent à plat, avec insistance, et ce n'est pas faute d'avoir essayé!
Non, le seul atout de ce film raté, c'est Aubrey Plaza: son timing est impeccable, et elle n'a pas peur de grand chose, tout en réussissant à se préserver dans le film. Et son impeccable retenue (à la Buster Keaton, toutes proportions gardées) fait le reste.
Ce film est notable dans la carrière de Terry Jones dans la mesure où non seulement c'est le premier film qu'il réalise sans le moindre élément de Python, mais aussi et surtout parce que s'il s'agit bien d'une comédie (on ne se refait pas), en aucun cas il ne s'agit d'une nouvelle exploration de l'humour absurde qui a fait la renommée des six trublions de la BBC... C'est en plus un scénario qu'il n'a pas écrit (c'est David Leland qui s'en est chargé, en s'insirant de l'histoire vraie de Cynthia Payne). De là à penser qu'il cherchait à se réinventer à l'écart du créneau qui a été le sien, il n'y a qu'un pas. Amusant d'ailleurs de constater que Jones a réalisé une bande-annonce qui, en revanche, renvoie à l'humour décalé et absurde des Monty Python. Le film, lui, reste ancré solidement sur son intrigue...
Alors qu'elle sous-loue son appartement à une prostituée, la Christine (Julie Walters) finit par s'adonner à la prostitution elle-même, improvisant au jour le jour, puis montant un à un les échelons vers une vie de plus en plus florissante...
Tout est dans le quotidien et la verdeur des dialogues, qui bien lus que les images (même s'il y a quelques dérapages) sont particulièrement porté sur le sexe. Mais à aucun moment, on ne sortira d'une atmosphère totalement Britannique, qui n'a rien de versée sur le King's English (on disait Queen's English à l'époque), bien au contraire: tous ces gens qui s'agitent devant nous sont tellement populaires...
Seulement voilà. Le timing de réalisateur de Jones ne me semble pas préparé pour cette tranche de vie, qui est parfois attachante mais rarement plus. Le film évite de façon assez inattendue en raison du sujet, mais aussi de ce qui est montré (ou plutôt suggéré) à l'écran, de se vautrer frontalement dans la sexualité, mais tout ce naturalisme gentiment mal poli ne fonctionne pas totalement...