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27 février 2022 7 27 /02 /février /2022 11:32

Un jeune lycéen se réveille et après une grande difficulté à se mettre en route, prend sa bicyclette pour... ne pas se rendre au lycée, préférant passer du temps en bord de mer et près de sites industriels, de marais et de cabanes désaffectées. Pendant ce temps, il commente, du début à la fin, dans un flot ininterrompu de questions et réponses, d'imagination liée à sa vie familiale et et ses rapports (compliqués) avec les professeurs...

Le garçon, c'est le jeune Tony Scott, le frère de Ridley: le futur jeune réalisateur avait 18 ans quand il est apparu pour ce film devant la caméra de son grand frère, et ils inauguraient tous deux une longue histoire commune de passion pour le cinéma. Le film, d'une durée de 27 minutes, a été tourné en 1962 alors que Ridley poursuivait des études de photo, et a attendu un peu avant d'être fini et monté.

C'est du 16mm, mais on sent que Scott (Ridley) a pris soin d'utiliser toutes les ressources des lieux qu'il a choisi, du temps aussi. Il se plait à utiliser la profondeur de champ en répétant des plans qui montrent, en amorce, son frère en gros plan, avec d'autres éléments à l'autre bout du champ... Il montre déjà une certaine fascination pour les paysages industriels qui trouveront des échos dans certains de ses films. Et il capte la poésie un peu canaille d'une journée d'école buissonnière avec un écolier qui réussit à tromper son ennui en se faisant la conversation.

de façon intéressante, l'un de ses futurs travaux les plus notables, avant de passer au long métrage, sera une publicité pour les pains Hovis: il y répètera le motif du garçon seul avec un vélo, mais sans l'école buissonnière cette fois: le film publicitaire en question, d'une durée de 45 secondes, a tellement marqué les esprits lors de ses diffusions télévisées en 1973 qu'il a été restauré par le BFI. Pas ce film, par contre...

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Published by François Massarelli - dans Ridley Scott
27 février 2022 7 27 /02 /février /2022 08:17

Entre la rencontre en 1978 du jeune Maurizio Gucci (Adam Driver) et de Patrizia Reggiani (Lady Gaga) et l'assassinat par l'un des deux de l'autre en 1995, nous assistons à presque trente années d'amour, de haines, de trahisons, de montée en puissance et de dégringolades et illusions, dans la famille Gucci: les deux déjà mentionnés, rapidement mariés à l'écart de la famille avant de revenir par la grande porte, les deux frères héritiers de la maison, le père de Maurizio Rodolfo (Jeremy Irons) et Aldo (Al Pacino), et bien sûr Paolo (Jared Leto, absolument méconnaissable), le fils d'Aldo auquel ce dernier choisira plutôt Maurizio pour partenaire...

Le tout est largement vu du point de vue de l'outsider: Patrizia, celle par qui le renouveau arrive dans la maison Gucci, est au départ le pire casting imaginable pour Rodolfo, puisqu'elle vient du peuple: son père est un entrepreneur, mais à l'autre bout de l'échelle, et elle ne peut être selon lui qu'une chasseuse de fortune... C'est donc avec les yeux de Patrizia, que nous allons découvrir le reste de la famille. Mais nous verrons aussi, comme eux du reste, que Patrizia n'est pas un modèle de sophistication, d'où des scènes souvent cruelles, qui la montrent ignorante, naïve et à la limite de l'analphabétisme... 

Ce serait faux de dire qu'elle est le vilain petit canard dans la famille, dans la mesure où il n'y a pas un Gucci pour rattraper l'autre: là où Patrizia et Paolo se distinguent par leur ignorance, leur populisme ou leur mauvais goût proverbial (Paolo se le verra signifier dans une scène tout à fait cruelle aussi par Rodolfo qui soulignera sa médiocrité), les trois autres Gucci se signalent par leur froideur émotionnelle, leur obsession du nom Gucci, voire leur méchanceté...

Ridley Scott, fasciné par les jeux de pouvoir (GladiatorKingdom of heaven, American GangsterRobin Hood, Prometheus, Exodus, The Counselor, All the money in the world, The Last Duel... Faut-il insister?) trouve ici le prétexte d'un jeu de massacre bien dans sa manière, qu'il tourne aussi souvent que possible en dérision, une dérision grinçante qui a attiré beaucoup de critiques: c'est vrai que la cruauté de ce qui nous est montré est d'autant plus méchante que comme d'habitude il a tout fait pour recréer l'époque, les lieux, les petites manies des uns et des autres. Mais la cible du metteur en scène est de réaliser un opéra à partir de la famille Gucci, assez proche en soi de ce que Coppola a fait avec ses Corleone. Scott oppose à la vision de la mafia un portrait d'une organisation qui se déchire dans la légalité, mais on verra que la mesquinerie et la trahison, même légales, mènent aussi à la mort ici...

Alors, oui, c'est rude, et il est difficile d'aimer les personnages, de choisir entre les ambiguités des uns et des autres: quand Aldo favorise son neveu sur son fils, ne le fait-il pas un peu par affection? Patrizia s'est faite toute seule, et elle va beaucoup apporter à Maurizio... Ce dernier, un grand naïf pas plus intéressé que ça au départ par les millions de sa famille, est foncièrement sympathique pendant au moins un bon tiers du film, et le fait de favoriser le point de vue de Patrizia en fait parfois une victime. - à nos yeux du moins, mais ce serait quand même un peu trompeur. Le jeu est souvent opératique, et Scott n'a pas engagé Al Pacino, Lady gaga et surtout Jared Leto pour faire dans le subtil. Salma Hayek non plus!

Alors? Alors une fois de plus, Ridley Scott examine le pouvoir de l'argent sur les hommes, l'héritage grippé et rouillé d'un système qui va à la fois se désagréger, et se perpétrer sous nos yeux. Il jongle avec les thèmes du pouvoir, de l'ambition, de la trahison, et le fait sous le vernis rigolard d'un film dans lequel une coiffure choucroute, des mocassins avec une feuille d'or, ou des lunettes que même François Léotard n'oserait pas porter aujourd'hui, sont le comble de la sophistication. Il sonde notre inconscient collectif en exposant les travers de l'humain dans une période que nous avons vécue, et qu'il n'a modifiée comme d'habitude que pour la rendre un peu plus pratique à l'usage...

Car le film n'est pas sans défauts: on sait que le metteur en scène est friand d'une certaine forme de pédagogie, encourageant ses scénaristes à utiliser aussi souvent que possible les dialogues pour véhiculer une aide aux spectateurs... ce qui est intéressant devant un film situé au Moyen Age, par exemple, où les balises fournies par le dialogue nous aideront à nous situer. Même chose avec un film d'anticipation... Mais pour un film comme celui-ci, cette petite manie tourne à la redondance pure et simple, et alourdit le tout. Je sais par ailleurs avoir été élevé aux films Américains des années trente, qui ne faisaient aucun effort pour cacher l'accent Américain des acteurs, quand ils interprétaient un Anglais, un Irlandais, voire un Berrichon... Mais de même que j'ai la plus grande irritation quand les acteurs d'un film situé en Allemagne prennent l'accent "Nous afons les moyens de fous faire parler", ici les accents Italiens de tous ces gens qui parlent en Anglais (un Anglais sensé traduire des situations qui dans la vraie vie étaient en Italien, si vous me suivez) est assez horripilant... Ou participe de la caricature aussi. Notons pour finir sur ce chapitre que si Coppola faisait parler ses protagonistes avec un accent similaire, c'est aussi et surtout parce que cette fois c'était authentique, l'accent en question étant justement Italo-Américain. Certaines scènes vont tellement loin dans la caricature qu'elles sont un peu gênantes, Lady Gaga et Salma Hayek rencontrant deux tueurs, par exemple, m'ont fait un peu penser à JFK d'Oliver Stone, Lady Gaga jouant dans cette scène avec la même intensité que Joe Pesci dans sa grande scène de paranoïa!

Voilà, en tenant compte de ces réserves, et en admettant que le film n'est pas à la hauteur de celui qui l'a précédé, House of Gucci, exploration de la proverbiale puissance et dégringolade d'une famille et fable sur la roue de la splendeur qui tourne en même temps que le siècle, est une intéressante addition à l'univers d'un cinéaste passionnant, même s'il l'est aussi... pour ses défauts.

 

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Published by François Massarelli - dans Ridley Scott
26 février 2022 6 26 /02 /février /2022 19:09

Lorsque la nuit vient et le gardien a le dos tourné, les jouets d'un grand magasin s'animent et font la fête au son de la chanson qui ouvre le film Gold diggers of 1933 de Mervyn Le Roy. C'est charmant, mignon tout plein, et assez proche de Disney, comme toujours avec ce duo fort raisonnable de réalisateurs de dessin animé à la longue carrière jalonnée de films souvent assez pâles quand on les compare à la folie furieuse de certains animateurs que nous n'avons pas besoin de nommer...

Mais ici, ce court métrage totalement musical est l'une des premières contributions, à la Warner, du futur réalisateur Isadore "Friz" Freleng, qui commence ici un flirt de plusieurs décennies avec l'illustration musicale, un exercice pas facile auquel il allait vite exceller...

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Published by François Massarelli - dans Pre-code Animation Looney Tunes Friz Freleng
26 février 2022 6 26 /02 /février /2022 19:02

A vrai dire, je ne sais pas trop qui est Bernard Brown, obscur contributeur au cinéma des années glorieuses, et dont aucune filmographie ne mentionne sa "supervision" de ce film, comme on disait alors. Il est certainement plus sage de le créditer aux animateurs Jack King et Bob Clampett. Le deuxième était tout jeunot à cette époque, mais on retrouve son absence totale d'inhibition et sa tendance au grand n'importe quoi sans limite. Le premier était déjà un vétéran de l'animation qui avait travaillé avec Ub Iwerks chez Disney... 

Quant à la chanson, elle est le prétexte: les Merrie Melodies reprenaient toujours des chansons des films WB, cette fois c'est un classique tiré de Gold Diggers of 1933 (La chanson des ombres chinoises, si vous connaissez le film vous saurez de quoi je parle...) qui sert de base. Le cartoon fait quelques efforts pour faire allusion au film avant que le grand n'importe quoi ne s'installe...

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Published by François Massarelli - dans Bob Clampett Animation Looney Tunes Pre-code
26 février 2022 6 26 /02 /février /2022 18:52

Quelques années avant l'arrivée de Tex Avery, la Warner possédait déjà dans son studio de dessin animé, dirigé vaguement par Leon Schlesinger, quelques individualités singulières... Parmi eux, jack King, qui a été le principal animateur de ce court métrage dont la tâche est simple: offrir autant de variations que possible autour de la chanson I've got to sing a torch song, tirée du grand succès du studio, Gold diggers of 1933.

Tom Palmer se lâche donc dans un film indescriptible, qui passe allègrement d'une idée à l'autre, en alternant Big Crosby dans son bain avec un couplet chanté ensemble par... Mae West, Greta Garbo et Zasu Pitts. L'une d'entre elles a même l'incroyable privilège de dire à la fin "That's all, folks"... A un autre endroit, des caricatures de James Cagney et Joan Blondell inversent les rôles de Public Enemy.

On retrouve ici  l'esprit des Merrie Melodies, qui sont définitivement une version adulte de la série Disney Silly Symphonies... Et le talent de King (transfuge de chez Disney) lui rapportera de devenir le principal pourvoyeur de courts métrages de chez Mickey Mouse à partir de 1937 en revenant au bercail...

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Published by François Massarelli - dans Animation Pre-code Looney Tunes
26 février 2022 6 26 /02 /février /2022 12:25

A Marseille, la rivalité de bandits entre Justin, l'enfant du pays, et l'infâme Esposito, venu de Naples et qui tente de disputer à Justin sa domination bonhomme et tranquille du vieux port, prend des proportions inquiétantes...

D'un côté, la bande de Justin (Berval), qu'on ne verra pas beaucoup commettre de crimes, et de l'autres, les affreux représentés par Esposito (Alexandre Rignault), qui sont beaucoup plus montrés en situation. Le propos de Carlo Rim est dès le départ assujetti à une forme de folklore local Marseillais, qui nous donne un peu l'impression d'assister aux aventures d'une sorte de Robin de Bois local! C'est discutable, mais ce n'est pas le sujet: on est plus ici dans une sorte de chanson de geste, assez tendre et même occasionnellement picaresque (je rejoins totalement Christine Leteux qui dans son excellente biographie du cinéaste compare la "guerre" entre Esposito et Justin, à la rivalité détaillée par d'autres canailles dans The Bowery de Raoul Walsh): Justin et ses copains, ce sont des braves gars, un peu coquins sur les bords, mais si bons camarades...

Le film prend son temps avant de nous montrer Justin, permettant à Rim et Tourneur d'installer tout un univers: la police, qui compte les points (et occasionnellement les morts), les locaux, qui prennent à la galéjade toute tentative de moralisation officielle de la situation, mais aussi les braves gens qui ont pour la plupart choisi leur camp: ils aiment leur Justin, quoi... Un personnage récurrent, celui d'un journaliste venu d'ailleurs, renvoie à Carlo Rim lui-même, et une sous-intrigue qui déplace adroitement les notions de légalité et d'illégalité vers la morale elle-même, permet d'accroître la sympathie à l'égard de Justin: un jeune Italien, Silvio (Armand Larcher), séduit la jeune Totone (Ghislaine Bru), qui n'a pas compris qu'il va la mettre sur le trottoir, et même pas Marseillais: on pense plutôt à de l'exotique... Quand elle se rend compte de la situation la jeune femme va finir par demander la protection de Justin. 

Une scène souvent commentée du film est basée sur une idée à la Scarface: un convoi mortuaire est le prétexte d'une importante opération de contrebande, pour Esposito qui déplace ainsi une quantité importante d'opium, sans avoir consulté Justin et son allié Chinois: le suspense et la farce se mélangent dans une séquence excellente, et qui montre bien qu'on est finalement dans un univers plus baroque que celui de Duvivier pour Pépé le Moko...  Mais cela montre aussi que Justin, tout Robin des Bois qu'il soit, se mêle aussi de trafic de drogue...

Je parlais de Scarface, tout à l'heure, il est intéressant de noter que le film y fait directement allusion dans son dialogue. Mais c'est bien d'un film français qu'il s'agit, qui évite constamment le bavardage, et qui nous donne droit à une belle plongée dans la pègre Marseillaise, avé l'accent, qui en fait un superbe classique, l'un des meilleurs films de son auteur. Un film dans lequel les gangsters iront, pour certains, au bout de leur destin, mais qui nous montre 'une vérité tellement belle qu'on la prend pour un mensonge'... en quelque sorte.

 

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Published by François Massarelli - dans Maurice Tourneur Noir
26 février 2022 6 26 /02 /février /2022 12:11

Il reste bien peu de choses de la première période, en France, de la carrière du metteur en scène Maurice Tourneur. L'un des rares films conservés de la production Eclair 1912 - 1914, avant son départ, qui lui soient non seulement attribuables mais dont on sait qu'il en est l'auteur, est ce court métrage (une bobine seulement, mais il en manque hélas des bribes): Tourneur y adapte un conte cruel d'André de Lorde: ce dernier était l'un des principaux pourvoyeurs de frisson au fameux théâtre du Grand Guignol, dont un acteur participe ici. 

Deux amis qui sont en sortie, font un pari: l'un d'entre eux met l'autre au défi de ne pas ressentir la peur, défi immédiatement accepté par l'autre. L'ami l'emmène donc chez un forain qui exhibe des statues de cire évocatrices... La nuit finira très mal...

Le scénario inspirera un autre pari, autrement moins subtil, à Gance et Linder pour le moyen métrage Au Secours en 1924... Mais Tourneur, qui effectue ce film avant son départ pour les Etats-Unis, y fait déjà montre d'une impressionnante maîtrise des effets de lumière et d'ombre, et impose à ses acteurs un jeu sobre, surtout paradoxalement dans la partie la plus mélodramatique, là où le jeu, plus propre à la comédie, des gens attablés dans un restaurant au début, était plus relâché... C'est Henry Roussel, acteur fréquent chez Tourneur à l'époque, qui assume la plus grande part de l'interprétation du film, de plus en plus saisi par l'angoisse au fur et à mesure de l'avancée de la nuit, jusqu'à la folie...

 

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Published by François Massarelli - dans Maurice Tourneur
24 février 2022 4 24 /02 /février /2022 16:04

C'est pendant la fin du tournage de Playtime, et dans les décors même du film de Jacques Tati, que ce court métrage s'est fait: on sait avec quelle passion le cinéaste a toute sa vie défendu l'importance du genre court, lui qui avait grandi dans l'amour du cinéma de comédie des Etats-Unis, et qui a constamment encouragé la production de ces petits films hélas voués à devenir essentiellement des jalons professionnels, à l'écart d'un grand public gavé de longs métrages d'un côté et de publicités de l'autre.

Tati, scénariste aussi bien qu'acteur du film, a beau arriver sur les lieux du film en imper, avec chapeau, et une démarche qui nous rappelle bien des choses, ainsi qu'une inévitable pipe, il n'est pas vraiment Hulot, ici: il est un enseignant, qui apprend un certain nombre d'hommes d'âge moyen, des choses essentielles: comment fumer; comment jouer au tennis selon qu'on soit débutant ou joueur confirmé; comment faire de l'équitation, comment améliorer la vitesse et le rendement de la distribution du courrier, et enfin comment rater une marche.

C'est du Tati, à peine vu par un autre. Il est probable que l'acteur s'est autant impliqué que le metteur en scène dans le tournage de cet exercice de style qui tranche malgré tout sur l'oeuvre du maître sur un point: le gag y passe parfois par une certaine importance de la parole... Une portion y est un remake bluffant (en noir et blanc, mais bien tourné en 1967) d'une scène de L'école des facteurs, d'ailleurs prolongée un peu: une autre preuve de l'implication de Tati, qui aimait à compléter, modifier, voire détourner ses propres films... Et le thème, qui consiste à se moquer allègrement de toute forme d'éducation imposée d'en haut, est du pur Tati.

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Jacques Tati
24 février 2022 4 24 /02 /février /2022 15:49

A Ste-Sévère Sur Indre, la pâtisserie ne désemplit pas: c'est que les gâteaux servis, et la gentille fille (Dominique Lavanant) de la patronne qui les sert, sont si appétissants... Peut-être la copieuse dose d'alcool dont ils sont imbibés y fait-elle aussi de l'effet. Du coup, tous les quadras, les quinquas et les sexas du village semblent y passer la journée...

Au début, un plan semble nous orienter vers le documentaire, avec une vue de la façade de la pâtisserie: un plan fixe, frontal et sans paroles, qui reviendra occasionnellement. Sophie Tatischeff devait savoir quel effet ferait sur le spectateur la vision d'une bicyclette, celle d'un des clients de l'établissement, posée sur le mur à droite. On va ensuite entrer dans la pâtisserie, où la présence d'acteurs qui sont tous des non-professionnels et des habitants des lieux, tous plus authentiques les uns que les autres, continue à nous perdre dans l'hypothèse d'un film à la Kieslovski, qui aurait planté sa caméra et capté la vérité... Mais c'est bien Dominique Lavanant au comptoir, ça ne fait aucun doute. 

C'est court (13 minutes), gentiment farfelu, et curieusement satisfaisant: car finalement, dans ce court métrage il n'y a rien d'autre que cet étrange postulat, selon lequel la bourgade de Ste Sévère serait, en 1976, le seul lieu au monde où les habituels clients d'un bistrot préfèreraient passer leur temps et taper le carton autour de gâteaux... D'ailleurs deux clientes potentielles ne tiendront pas dans les lieux plus de trente secondes... 

Bref: observant, et rendant compte avec un clin d'oeil de ce qu'elle a vu, et le faisant à Ste Sévère, le village de Jour de fête où son père a joué les facteurs, Sophie Tatischeff confirme que "Bon sang ne saurait mentir".

 

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Published by François Massarelli - dans Jacques Tati Comédie
20 février 2022 7 20 /02 /février /2022 01:30

Deux débrouillards (Jacques Tati et le clown Rhum) décident de trouver un moyen de se faire de l'argent grâce à la tendance des gens à vouloir se changer les idées le dimanche: ils escroquent un garagiste et avec la voiture qu'ils lui ont "achetée" (avec son argent), ils montent une petite affaire, qui consiste à emmener un certain nombre de touristes faire un petit tour à la campagne, moyennant finances, bien entendu...

C'est avec la même équipe que dans On demande une brute, et à nouveau sur un scénario écrit par lui, que Tati continue son difficile apprentissage du cinéma. Il le fait en fan, et je suis persuadé à la vision de ce film avec deux protagonistes débrouillards que l'influence de Laurel et Hardy a joué en plein. Il y a parfois dans cette équipée automobile faite essentiellement de faux départs, de faux airs de A perfect day (1929) de James Parrott...

C'est une comédie, oui, mais le rire est difficile, devant un film gâché par une absence totale de cohésion rythmique... Par contre, dans ce nouveau film, la parole commence enfin à se "tatifier", devenant de plus en plus une utilité accessoire, un bruit ambiant et vaguement générateur d'un certain fil conducteur, pas beaucoup plus. Les gags sont visuels, reste à les rendre drôles... C'est, hélas, une autre paire de manches. Mais ça viendra!

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Published by François Massarelli - dans Jacques Tati Comédie