Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
9 mars 2022 3 09 /03 /mars /2022 18:19

Ce petit film Britannique des premiers temps du cinéma, tiré d'une production de la pièce (King John) de Shakespeare par l'une des superstars de la scène Shakespearienne au tournant du siècle dernier, Herbert Beerbohm Tree: la seule scène conservée (un plan, comme capté d'une pièce mais en réalité effectué en studio) est la mort du protagoniste, interprété par Beerbohm Tree... Celui-ci, manifestement, déclame le texte avec conviction, ce qu'il fera aussi dans de nombreux films, tout aussi muets que celui-ci, et semble, disons, histrionique en diable... 

Mais bon, il y a un début à tout, car ce tout petit fragment (1 minute et quelques secondes) d'un tout petit film qui ne paie pas de mine est, vous l'aurez sans doute deviné, la première trace d'une adaptation cinématographique de Shakespeare... 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Muet Shakespeare
9 mars 2022 3 09 /03 /mars /2022 18:02

Ernest Shackleton a tout fait pour marquer de son nom la conquête du pôle, et on lui doit l'une des plus paradoxales expéditions: sur-préparée, mais sur-chargée des pires ennuis, incluant quand même... la perte du bateau dans les glaces. Il fallait le faire. Mais ce qui aurait pu n'être qu'un désastre (une expédition qui arrive en vue du continent, mais doit rester bloquée dans les glaces) se transforme en une étrange non-épopée des plus poétiques: on y verra d'abord les hommes partir avec enthousiasme, puis constater l'incapacité de continuer, puis tromper leur ennui avant de devoir sauver leur peau...

L'expédition a eu lieu entre 1914 et 1917, mais le film a attendu longtemps avant de pouvoir être présenté sous la forme qu'on connaît aujourd'hui: dans un premier temps, Hurley et Shackleton (ce dernier étant déterminé à lever des fonds pour repartir) ont effectué le traditionnel circuit des explorateurs: des ciné-conférences, avec des séquences et des images fixes (cartes et photos) triées sur le volet... Mais Hurley travaillait pendant ce temps à sa version qui en 1919 a bénéficié d'une forte publicité, dans un pays dont l'intelligentsia méprisait le cinéma de fiction au profit du documentaire, on se doute que leur film a été très bien accueilli...

Et pour cause: non seulement aujourd'hui on a la chance de pouvoir voir une copie absolument magnifique de ce documentaire sur une expédition malchanceuse, mais on n'est pas près d'oublier l'incroyable série de séquences montrant le bateau pris dans les glaces. Hurley joue du suspense en structurant son film autour, justement, du destin du navire, l'Endurance... Les images qui le voient se désagréger n'ont rien perdu de leur puissance... 

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Muet 1919 **
6 mars 2022 7 06 /03 /mars /2022 16:54

Pierre Gilieth (Jean Gabin) a tué un homme... Il trouve un temps à se cacher à Barcelone, mais sait qu'il va bientôt devoir fuir, et s'engage dans la Légion Etrangère. Il y rencontre des copains, et se révèle assez rapidement un bon soldat; il va même rencontrer l'amour sous les traits de la petite Aïcha (Annabella), mais il y a aussi le mystérieux Lucas (Robert Le Vigan), engagé juste après lui, un gringalet qui va pourtant réussir à s'imposer auprès du recrutement: riche, bon camarade et un peu trop sympathique, Gilieth acquiert très vite la certitude que Lucas est en fait à ses trousses, attiré par une récompense gourmande...

De même qu'il allait quelques mois plus tard réaliser le film "Algérois" typique, avec Pépé le Moko, La Bandera est pour Duvivier l'occasion de réaliser le film de légion ultime: à l'écart d'une certaine noblesse romantique qu'on retrouvera dans les multiples versions de Beau Geste mais aussi ses parodies, ce film nous propose une vision certes romantique, mais qui a les pies bien sur terre: les hommes y sont au bout du rouleau, ont tous un passé douteux, et certains parmi eux sont des sortes de morts-vivants: Pierre Renoir est un capitaine tellement lessivé, qu'il va provoquer un soldat qui le hait (Gaston Modot): quand celui-ci ne le tue pas, Renoir lui colle une punition pour avoir dit à qui voulait l'entendre qu'il allait tuer son supérieur, et une autre pour ne pas l'avoir fait! Gabin incarne à merveille un rôle de dur à cuire revenu de tout et qui renaît sous la double influence de la forte camaraderie (Raymond Aimos est ici l'indispensable titi Parisien qui lui sert de meilleur pote et l'alchimie entre eux est remarquable) et de l'amour d'une femme... C'est d'une certaine façon le prototype de beaucoup de personnages similaires pour l'acteur, qui était en passe de devenir un collaborateur régulier du cinéaste.

Cela étant, le film coche un peu toutes les cases du genre (Bouges, bordels, officier borgne, alcool, la camaraderie masculine qui emporte tout sur son passage, etc...), en ajoutant l'impeccable flair de Duvivier pour le sordide, et des dialogues dus à la collaboration du cinéaste avec Charles Spaak: ils sont d'ailleurs excellents, et un rien grossier, cela va sans dire. Le film est avant tout un divertissement, un film de genre qui finit mal conformément aux habitudes du metteur en scène.

Comme c'est très souvent mentionné, mettons aussi les choses au point: non, ce film n'est pas une apologie du fascisme Espagnol de Franco: le général était à l'époque du tournage, certes, déjà attiré par le fascisme, participant à de l'agitation politique de droite; mais il était aussi un officier assermenté de la république Espagnole au moment où Duvivier avait besoin de l'aide des autorités locales pour la logistique de la production; l'aide en question lui a été fournie, et le metteur en scène a donc dédié son film à celui qui avait été son interlocuteur... J'imagine qu'il a du s'en mordre un peu les doigts au moment de l'instauration de la dictature... Les copies disponibles aujourd'hui sont souvent amputées de cette mention finale, ce qui n'a en soi rien de très gênant, le film restant par ailleurs tout à fait intact.

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Julien Duvivier Jean Gabin
6 mars 2022 7 06 /03 /mars /2022 16:45

L'expédition Australasienne vers le Pôle Sud part en fin 1911, sous la direction de Douglas Mawson: le caméraman Frank Hurley était du voyage et participera à à peu près toutes les ramifications de l'expédition, qui cherchait à cartographier un maximum de territoire, mais sera largement compliquée (et rallongée) par des accidents mortels à répétition... 

Mais ce dont rend compte ce film, l'un des plus anciens longs métrages Australiens encore disponible, c'est beaucoup plus l'enchantement, l'exotisme même d'une telle expédition. Le voyage avec tout à coup une mer de glace; les colonies géantes de pingouins et de phoques, sans parler de la rencontre parfois compliquée de l'homme avec ces derniers: ce n'est pas forcément pacifique, ces grosses bêtes...

On regrettera que le film ait été taillé pour des circuits de conférence, et du coup adopte un montage parfois erratique, et est rendu assez plat par l'absence de tout commentaire via des intertitres... Montré en version inachevée à plusieurs reprises au public alors que les expéditions allaient se poursuivre, le long métrage a connu un montage chaotique. Mais Hurley avait été piqué par le virus: il allait retourner au Pôle Sud avec Shackleton...

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans 1914 Muet **
3 mars 2022 4 03 /03 /mars /2022 19:03

En concurrence avec une expédition Japonaise, Roald Amundsen était le principal acteur de cette expédition Norvégienne de 1911 - 1912, qui vit les premiers hommes se rendre au Pôle Sud, quelques semaines avant les explorateurs de Scott. cette autre expédition allait donner lieu à un autre tournage, qui allait résulter en un long métrage qui mettrait des années à se faire: on en reparlera... En attendant, le film d'Amundsen est intéressant à plus d'un titre...

D'une part, il a été extrêmement bien préservé, et offre un fascinant regard, nettement moins policé que le film Japonais (très discipliné) ou les films Anglais (qui semblent souvent posés pour la caméra, quand ils ne sont pas mis en scène): les premières séquences du film montrent les marins tromper leur ennui en improvisant un spectacle à bord, qu'on imagine peu sophistiqué... Les images montrant les premiers icebergs sont d'une incroyable beauté, et les formalités d'usage, à l'arrivée, sont détaillées: les chiens et leur gestion, montage de tentes, etc...

On y verra aussi un ami déjà rencontré: le Kwainan Maru, le navire Japonais de l'expédition de Nobu Shiraze, est présent vers la fin du film... Un clin d'oeil émouvant et assez étonnant: oui, les routes du Pôle Sud étaient bien encombrées à cette époque! 

Sinon, grande frustration, le matériel cinématographique a été laissé au camp de base avant qu'Amundsen ne parte pour le Pôle lui-même... Un geste volontaire motivé par le côté pratique... Impensable aujourd'hui, bien entendu.

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Muet
3 mars 2022 4 03 /03 /mars /2022 18:52

En 1910-1912, deux expéditions concurrente se rendront au Pôle Sud en compagnie de caméramen aguerris, et qui auront la possibilité d'utiliser sur place leur matériel. Ceci est l'un des deux films, produits autour du voyage du Kwainan Maru, le bateau affrété par Nobu Shiraze, capitaine de l'expédition...

Le genre est un peu vert, et dans ce qui reste du film, un condensé de 19 minutes, on voit d'abord un long prologue qui montre les membres de l'expédition avant le départ de Tokyo. Mais avec cette aventure, qui consistait essentiellement en une exploration des côtes du continent glacé, on assiste à la naissance d'un grand nombre de traditions: les marins, explorateurs et scientifiques, confrontés à un temps peu clément, et découvrant fasciné des paysages magnifiques, et des icebergs; des pingouins et des phoques aussi. Ce moyen métrage, dans cette version du moins, semble faire l'économie du sacrifice des ces paisibles animaux (pour les manger et utiliser leur graisse, bien sûr), donc on peut au moins en retirer cette satisfaction. Tout comme on peut noter que voici un film Japonais de 1912 qui nous est parvenu: ils sont bien rares...

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans 1912 Muet **
3 mars 2022 4 03 /03 /mars /2022 18:47

Ernest Shackleton a passé beaucoup de temps de sa vie à monter des expéditions au Pôle Sud: ce film de 8 minutes, montré en Nouvelle Zélande, est consacré au départ de la première... Il s'agit ici plus de montrer le lien fort des futurs explorateurs à la terre, plus que l'expédition proprement dite, dont on ne voit que le départ. Le film se termine sur une vision d'un bateau qui s'éloigne. C'est émouvant, c'est réel, mais ça laisse évidemment sur sa faim: la prochaine fois sera la bonne...

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Muet
3 mars 2022 4 03 /03 /mars /2022 18:39

Ce film est ce qui a transpiré d'une expédition Anglaise, menée entre 1898 et 1900, au Pôle Sud... l'Anglo-Norvégien Carsten Borchgrevink avait pourtant prévu de filmer, mais rien n'a finalement abouti, et ce court métrage (1 minute) des actualités montre tout ce que la postérité retiendra: clairement, le cinéma et l'aventure étaient faits l'un pour l'autre, mais ce serait pour plus tard... On assiste donc ici aux préparatifs solennels de départ, une figure imposée du genre qui restera quasiment tout ce que les films sur les expéditions au Pôle Sud montreront... 

Jusqu'en 1912.

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Muet
2 mars 2022 3 02 /03 /mars /2022 16:41

Dieudonné Ferchaux (Charles Vanel), un puissant capitaine d'industrie menacé par un retentissant scandale politique, engage un ancien boxeur, Michel Maudet (Jean-Paul Belmondo), comme secrétaire et garde du corps. Quand le scandale éclate, les deux hommes quittent la France, une valise pleine d'argent avec eux. Le rapport entre les deux sera compliqué et au fur et à mesure de leurs querelles, la santé de Ferchaux se dégrade. La tentation de le lâcher, voire de le dénoncer aux autorités, ou même de l'éliminer pour récupérer l'argent, est forte...

Film maudit par excellence, ce long métrage de Melville porte les stigmates de son tournage: d'un côté, une énième tentation pour Melville de tourner un faux film Américain, les routes du Var figurant celles... de l'Alabama; de l'autre, un troisième rôle à ses côtés pour Belmondo après Léon Morin, prêtre, et Le doulos.

Mais si le ratage viendra en partie de cette obsession qu'a Melville de singer le travail des studios Américains en se vautrant dans les pires clichés, il sera aussi provoqué par la mauvaise entente entre lui et ses acteurs: le mauvais traitement subi par Vanel tiendrait d'après les témoins du cas d'école, et il avait pourtant tourné avec Clouzot, plongé jusqu'aux narines dans du pétrole (Le Salaire de la Peur), donc il avait une certaine endurance! Mais Belmondo a été celui qui a provoqué la rupture en prenant parti pour le vieil acteur, et c'est sans ses deux rôles principaux que le metteur en scène a du terminer la post-production...

Il ressort du naufrage une forte proportion d'ennui certain, devant cette intrigue due à Simenon, et un rapport qui aurait pu être fascinant entre deux hommes que tout oppose, qui évidemment s'attirent mutuellement, et l'un d'entre eux ira même à prononcer le mot "amant"... Les deux acteurs étant ce qu'ils sont, Vanel en vieil empereur blessé, et Belmondo impeccable de sobriété (Quand on pense à ce qu'il est devenu, c'est navrant), le courant passe quand même... Un peu. 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli
27 février 2022 7 27 /02 /février /2022 17:06

Un meurtre a eu lieu, sous les yeux d'un témoin: Claire Gregory (Mimi Rogers), une jeune femme de la très bonne société de New York sait qu'elle peut être éliminée à tout moment par le tueur qui a réussi à s'enfuir: on lui assigne un garde du corps pour les nuits, un jeune inspecteur (Tom Berenger) qui vient de monter en grade, et qui va avoir de grandes difficultés, surtout pour ne pas laisser libre court à son attirance pour la personne qu'il doit protéger...

Sur la simple foi de son synopsis, ça peut sembler être un quickie destiné à faire avaler la pilule de l'échec cuisant de son dernier film, Legend, pouur Scott. Mais le film a été en gestation, et Scott était sur les rangs, dès 1982, au moment où sortait Blade Runner... De fait, on est en 1987, et Scott coche absolument toutes les cases du néo-noir des années 80: ambiances nocturnes, ruptures de ton brutales, présence obsédante du monde de la nuit (avec passage obligé par des endroits où l'on danse sur, hum, de la musique), mais aussi lumières bleutées de néon, montage "cut" et codification sommaire de la sophistication, Mimi Rogers en tête.

C'est là que le film fera sans doute sourire, dans l'opposition constante entre la belle New Yorkaise de bonne famille, habillée du plus pur chic 1987, et la famille de Tom Berenger, surtout son épouse: ils sont natifs du Queens et ça se sent... Mais la principale tempête souffle ici dans la tête du héros, d'abord face à un dilemme, puis face à des remords, et surtout face à une confusion monumentale en ce qui concerne la notion de devoir... Le film est visuellement certes bardé de clichés, mais il est efficace de bout en bout, et en dépit des atrocités vestimentaires de rigueur, on s'attache à ce policier et à sa famille, même si Lorraine Bracco en fait quand même un peu des tonnes. Et comme si on anticipait un peu sur d'autres films, c'est à cette dernière qu'on devra le dernier mot... Ou plutôt la dernière cartouche. 

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Ridley Scott Noir