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13 février 2021 6 13 /02 /février /2021 08:22

Mandy (Mabel Paige), une domestique d'une riche famille de Floride, travaille comme une esclave et n'est pas beaucoup mieux traitée par la famille qui l'emploie. La seule personne qui s'intéresse à elle est son petit ami, Cy (Oliver Hardy). On lui annonce un héritage, elle devient tout à coup la coqueluche des environs, mais la somme qui lui est léguée n'est que de $ 25...

Hardy joue ici un personnage très positif, le seul à ne pas tricher avec ses sentiments. Il est marqué comme un dandy, avec des vêtements très soignés, mais doit (comme l'héroïne Mabel Paige, du reste) constamment donner aussi des signes d'un manque de sophistication, d'où une irritante tendance à cracher partout. C'est un film oubliable, mais historique: ce serait peut-être le plus ancien film du comédien en circulation...

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Published by François Massarelli - dans Comédie Muet Laurel & Hardy
13 février 2021 6 13 /02 /février /2021 08:13

Il était une fois, en Floride... un acteur aspirant à jouer la comédie et se mêler aux autres acteurs qui font des films sous ses yeux... Jusqu'au jour où un réalisateur des studios Lubin, éphémère gloire locale,  aura besoin de quelqu'un avec exactement son (impressionnant) gabarit. C'est tout bêtement comme ça qu'Oliver Hardy, future vedette mondialement célèbre, a commencé sa carrière! Une carrière qui sera longtemps faite de rôle proéminents dans des comédies qui elles, ne le sont pas. C'est en tout cas le cas de celle-ci, vendue en "split-reel", c'est à dire avec deux films de la même compagnie sur une seule et même bobine en guise de compléments de programmes...

Un garçon un peu benêt (Hardy) courtise une jeune femme, mais il est constamment pris à partie par deux jeunes étudiants qui le harcèlent et tentent de lui piquer sa copine. Il en a assez et fait appel à sa maman, qui va rondement mener les choses...

Si Hardy sera longtemps utilisé comme "Heavy" (c'est-à-dire en méchant poids lourd, un stéréotype des comédies comme des mélodrames, voyez Eric Campbell chez Chaplin), ici il se repose entièrement sur son visage poupin et sa capacité à faire vivre un personnage d'homme-enfant: une caractéristique dont il se servira évidemment souvent à l'époque de sa gloire...

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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy Comédie Muet
10 février 2021 3 10 /02 /février /2021 13:24

M. et Mme Laurent sont mariés, sans enfants. Monsieur (Louis Jourdan) travaille, il est pilote d'essai et pilote de course, et Madame (Anne Vernon) ne travaille pas. Ils ont un bel appartement, des amis, et... un jour, Madame apprend qu'il y a aussi une maîtresse. Sans trop prendre le temps d'y réfléchir, elle prend une décision: reprendre son indépendance. Elle va trouver un travail de mannequin auprès d'un grand couturier, et trouver une chambre de bonne rue de l'Estrapade... Elle va y faire la rencontre d'un jeune étudiant bohême, Robert (Daniel Gélin).

Oui, c'est une comédie, et pourtant c'est soumis à débat... Becker s'est plu, une fois de plus, à saisir le quotidien de gens qui semblent assez authentique, et qui donnent à voir des bribes d'une époque. Mais le prétexte initial, assez boulevardier, est l'occasion pour le metteur en scène d'opposer ses deux acteurs principaux. Anne Vernon, principal point de vue dans le film, joue avec retenue un rôle qui évite les outrages de la femme trahie. Françoise, son personnage, rend tout de suite le dessus, et les clichés du boulevard sont plutôt à chercher du côté de celle qui a cafté, sa copine Denise (Micheline Dax), qui vit un mariage probablement pas tout rose avec un obsédé de la chasse... Mais Henri, le mari, est joué avec excès, lui sans un gramme de subtilité par un Louis Jourdan qui fait tout ce qu'il peut pour être un sale type... Tout en adoptant une posture étrange, à la Cary Grant...

On croirait presque au faux pas, si ce personnage de matamore infect ne servait aussi bien un aspect du film: car ce qui va arriver rue de l'Estrapade sera probablement parfois embarrassant pour Françoise (recevoir avec insistance la visite parfois lourdingue d'un étudiant sans-gêne qui crie son amour, ça a parfois des aspects irritants), mais c'est aussi une étrange porte ouverte à la liberté... Et retourner à son mari (qui recommencera forcément, au vu de la dose de néandertalisme du personnage) me paraît surtout, dans ce film subtil et en demi-teintes, un vrai renoncement.

Et c'est bien son parcours à elle, qui nous est conté dans ce joli film, depuis le moment où, en achetant sur un coup de tête une robe qui la met particulièrement en valeur, elle passe tout à coup de l'autre côté de sa vie... Et le film finit de se situer en marge de la comédie traditionnelle en osant aussi nous montrer la vie d'un couturier, qui vit en couple avec un homme (tout le monde le sait, et Françoise le dit même "je ne risque rien, il n'aime pas les femmes" dit-elle), mais qui ne dédaigne pas, à l'occasion, de tenter sa chance avec ses mannequins. Becker était décidément en avance...

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Jacques Becker
10 février 2021 3 10 /02 /février /2021 13:13

Fridolf Svensson est un inventeur de génie, du genre à ne faire que ça, tout le temps. C'est aussi un être lunaire, qui a tendance à laisser le monde lui passer à côté, et du coup quand l'armée, qui le prend pour son copain Smith, le convoque, il lui paraît plus simple de laisser faire plutôt que de signaler qu'on s'est trompé de personne...

Quel mauvais film, mais franchement! Ca commence, d'ailleurs, assez bizarrement par une introduction hallucinante: le principal acteur, Fridolf Rhudin, essaie de nous expliquer en parlant que le film sera muet... Et il le sera pour une large part, si j'excepte quelques passages, hum, musicaux, assez terrifiants. Le personnage qu'il incarne, par ailleurs, est inconsistant; son identité de bricoleur fou (avec une grosse dette à Keaton) laisse la place à un pantin lunaire, qui prouve que n'est pas Langdon qui veut. C'est une comédie sans gags, presque sans intrigues, et comme d'habitude, on va rappeler que certes on veut avoir accès potentiellement à tous les films, mais est-ce bien nécessaire de pouvoir voir ce machin sur Netflix, alors qu'on n'y trouve pas (au hasard:) La Charrette Fantôme, La Saga de Gösta Berling ou Häxan?

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Published by François Massarelli - dans 1929 Muet Navets Comédie
8 février 2021 1 08 /02 /février /2021 17:32

Paru en décembre 1917, ce film serait le neuvième de la série "à lunettes" des courts métrages de Harold Lloyd, et s'il st encore en pleine recherche et découverte de son personnage, il est clairement sur la bonne voie. Il y est un jeune homme de la bonne société, soutenu moralement par son valet (Snub Pollard) dans une entreprise délicate: il se rend à une petite fête chez Bebe Daniels (sa petite amie, bien plus délurée que lui), et doit donc affronter le regard de tout un tas de fêtards... Durant les réjouissances, il reçoit un télégramme: il lui faut prétendre être mari et père s'il veut toucher un héritage... Sitôt dit, sitôt fait, Bebe se prête au jeu et Snub se met en quête d'un bambin...

Le résultat aurait dû être une catastrophe, et je ne parle évidemment pas du film. Avec Lonesome Luke, ça aurait dégénéré tous azimuts, mais ici, le "couple" Daniels-Lloyd fait avantageusement front... Jusqu'à n certain point, car l'excès de zèle de Pollard, qui a ramené toute une garderie, met leur machination malhonnête bien en péril... Au fait, ce film anticipe sur Seven Chances de Buster Keaton, mais aussi, un peu, sur Girl Shy pour rester avec Harold Lloyd. Pas mal pour un court métrage d'une bobine!

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Published by François Massarelli - dans Harold Lloyd Muet Comédie
8 février 2021 1 08 /02 /février /2021 17:26

Un service de messagerie express envoie Lonesome Luke et Snub Pollard pour distribuer des messages, et ils vont terminer leur course (folle) dans un pensionnat de jeunes filles bien comme il faut.

Bon, je crois que tout est dit: j'ai déjà signalé ça et là à quel point les films de la série Lonesome Luke de Harold Lloyd pouvaient être basiques et grossiers... Ici, il n'est question que de vitesse, de coups de pieds mal placés, de regarder à travers le trou des serrures... On comprend que Lloyd se soit lassé, et qu'il ait aspiré à mieux... Ce film fait partie des rares courts métrages rescapés des premières années du comédien.

 

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Published by François Massarelli - dans Harold Lloyd Comédie Muet
7 février 2021 7 07 /02 /février /2021 18:39

Un jeune homme est inconsolable depuis la mort de sa fiancée, et en est même tombé malade. Sa mère décide de profiter d'un pèlerinage à la vierge, pour y accompagner son fils afin qu'il trouve du réconfort...

Et c'est tout, le film est entièrement suspendu à cet événement, auquel le cinéaste dédie un temps très long, détaillant les étapes, la dignité des participants, etc... Dans un premier temps le drame personnel passe totalement au second plan, avant de revenir par la grande porte à la faveur d'un magnifique flash-back... celui-ci est dominé par l'impressionnante joie de vivre de Jessie Wessel qui interprète la fiancée, dans des séquences qui tranchent assez fortement avec la dignité de l'ensemble!

Mais force reste, dans ce film, à l'aspect religieux, et le cinéaste nous amène à un miracle, que d'aucuns auraient pu trouver ironiques... Ce curieux film court et sec, très adroitement restauré, fait partie de la vague de films muets suédois actuellement disponibles sur Netflix, et à mon avis il faut se dépêcher pour les voir!

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Published by François Massarelli - dans Muet 1921
7 février 2021 7 07 /02 /février /2021 10:06

Le "Gang" du titre, ce sont quatre femmes, des ouvrières ou des secrétaires, qui se sont liguées pour faire face à la misère ou aux aléas de la vie. Elles sont seules, orphelines ou éloignées de leurs familles, et l'une d'entre elles, Pegg (Tora Teje), nous présente "son homme", Putte, un gamin de douze ans. C'est son frère, mais elle ne le dit pas avant un certain temps. Elles font face aux problèmes (santé, coeur, travail...) et tentent de s'en sortir...

C'est un film étonnant, dont l'intrigue est intégralement située dans un port Suédois, dans des décors qui sont souvent des appartements et des bureaux d'agence où les femmes travaillent ou vivent. Le propos est étonnamment adulte et jamais "romancé", même s'il y aura une sorte de happy end. Car le réalisateur et ses actrices soufflent en permanence le chaud et le froid, entre scènes de comédie, drame, entre notation sociale et peinture drolatique de la belle solidarité entre les quatre femmes.

Les hommes sont relativement absents du film, même si on y trouve "le notaire" (Nils Aster), un voisin qui tend à séduire tout ce qui porte jupon, et un patron qui sera un temps confus à cause de Putte: il s'imaginera même que Pegg a une vie dissolue, ce qui entraînera une scène dramatique sous un porche, superbe par ses non-dits et sa délicatesse...

Le spectre de la mort passe aussi dans le film, annoncé par le personnage d'Emmy (Linnéa Hillberg), rongée par des maux de dos récurrents et de plus en plus troublants. Elle nous est d'ailleurs présentée par ce problème, de dos, et la caméra s'attarde plus que de raison sur l'arrière de sa chemise, alors qu'elle pose son manteau... Et une idée formidable, gonflée et difficile à mettre en oeuvre finit de rendre ce film singulier: il est entièrement narré à la première personne dans les intertitres par Pegg, avec délicatesse et sans le moindre misérabilisme.

Pour finir, ce film fait partie d'une première vague de films suédois (muets et parlants) visibles sur Netflix depuis quelques jours. Une bonne nouvelle?

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie 1923
7 février 2021 7 07 /02 /février /2021 09:58

Richard Gaylord Jr (Richard Dix) est un bourreau des coeurs, et du portefeuille de son richissime papa: toutes les intrigantes qu'il séduit finissent par lui valoir des ennuis judiciaires (il existe une loi  à l'époque qui régit l'aliénation d'affection), et le père lui confie un travail dans les Pyrénées, au Pays Basque, pensant que les femmes là-bas le laisseront tranquille... 

Mais il va rencontrer une jolie basque, ainsi qu'un très ombrageux rival: le capitaine Julio, intrigant notoire (William Powell)...

C'est mignon tout plein, cette comédie de six bobines est amusante, sans être bien entendu un chef d'oeuvre. On aimerait un peu plus de fantaisie (à ce titre, Womanhandled de Gregory La Cava était bien plus intéressant). Mais voilà: Dix se considérait comme un homme d'action avant tout, et il ronge son frein dans une bonne part du film. William Powell, sans surprise, est impérial dans toutes ses scènes...

Et sinon, on parle beaucoup de ce film parce qu'il montre le premier rôle cinématographique de Harpo Marx.

Et bien que le film soit muet, il... 

parle.

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Muet 1925 **
7 février 2021 7 07 /02 /février /2021 09:29

A deux pas d'une ville qu'on ne verra jamais, une mère, Billy (Christina Hendricks), et ses deux fils vivent dans une zone où toutes les maisons sont menacées de destruction. Pour s'en sortir, elle va accepter un travail étonnant, dans une boîte qui montre des illusions à un public avide de sensations fortes, mais on y trouve aussi un sous-sol où des échanges sordides ont lieu... Le fils aîné (Iain de Caestecker) tente de trouver du cuivre dans les débris de maison, mais il empiète sur le territoire d'un sale type, Bully, qui a pour habitude de découper la bouche de ceux qui lui déplaisent ou lui désobéissent...

Le premier et unique film du réalisateur Ryan Gosling ressemble beaucoup à la revendication d'un artiste... Ce qui sera en son cas à la fois un défaut et une qualité. 

Un défaut d'abord: le réalisateur a été beaucoup critiqué pour son indulgence (en anglais, le terme est particulièrement critique), sa tendance à exagérer tous les aspects de la mise en scène: surcharger les plans, faire passer l'esthétisme devant la lisibilité, se complaire dans un misérabilisme glauque, dans chaque séquence... Et de fait la clarté n'est pas le propre du scénario, qui fait justement toujours des choix esthétiques avant tout, et qui est cantonné dans des zones systématiquement marquées par le délabrement. Il en ressort un sentiment d'étouffement, qui bien sûr fait partie de ce que Gosling voulait produire. Mais il arrive assez souvent que le spectateur, devant ces événements contés dans une narration sans colonne vertébrale, crie "grâce!"... Difficile de faire un film en 2013 avec un script qui parle surtout de stagnation.

Mais des qualités aussi, car il y a une certaine sincérité qui se dégage de ces prestations d'acteurs, et quels acteurs: Iain de Caestecker, qu'on a vu par ailleurs dans Agents of S.H.I.E.L.D., Saoirse Ronan, Christina Hendricks (rencontrée par Gosling sur le plateau de Drive, et toujours impeccable), et même Reda Kateb que le metteur en scène a été chercher en France... Les personnages ont parfois du mal à exister derrière leur caractérisation simpliste mais ils sont attachants, particulièrement Hendricks en mère courage qui accepte un boulot louche pour s'en sortir... Ryan Gosling n'est peut-être pas Riant Gosling, mais il a réussi à truffer son film de petites marques ironiques, des rimes inattendues. Un individu parle de "voyager vers le sud", et on verra dans le plan suivant un vol d'oiseaux sauvages. Le "méchant" mutile ses victimes, et le numéro de Billy consiste en un spectacle de mutilation. Et derrière cette histoire de zone infernale où survivent des oubliés de la crise, c'est aussi toute une vérité du nord des Etats-Unis, occultée par beaucoup de médias, qui se déroule. Enfin, une série de séquences sont situées autour d'un lac artificiel, vers lequel une route abandonnée se dirige... Les lampadaires qui sortent de l'eau occasionnent un effet inattendu, et qui restera en mémoire. C'est d'ailleurs cette image que le metteur en scène a choisi pour servir de coda à son film.

 

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Published by François Massarelli - dans Ryan Gosling Saoirse Ronan