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10 janvier 2021 7 10 /01 /janvier /2021 16:42

Déjà rien que l'intrigue, c'est gonflé: dans un cirque intégralement mené par des puces, on assiste à un drame: un chien est venu voir une représentation, et la seule des toutes petites bêtes à ne pas se précipiter est le clown François, l'anti-vedette de la troupe. Le chien se débarrasse des puces en les noyant, mais le fidèle (et amoureux) François sauve la belle Fifi, la reine de la troupe...

C'est donc un film à intrigue de Tex Avery dans lequel il base tout sur l'omniprésence de ces sales petites bestioles dont la fonction est d'être des parasites, qui sucent le sang des animaux qu'ils habitent, ce qui est quand même un peu limite. Mais Avery détourne le propos en jouant surtout sur l'absurde de la situation: des gens du public se voient donner des loupes afin de profiter du spectacle, et le réalisateur s'amuse avec la quasi-absence des puces sur la scène, notamment quand il montre une puce (invisible) qui avale un sabre (énorme)... Et surtout, le film est aussi largement basé sur l'acte de procréation, une spécialité, justement, de ces sales bêtes!

Et puis il y a le jeu sur la langue, assez proche de ce que faisait à l'époque Chuck Jones avec Pepe le Pew: mais il s'y concentre sur une série de formule ("...François!", "...Fifi!", et "Vive la France") auxquelles il donne un sens chaque fois différent. Une dernière chose, la voix de François est celle de Bill Thompson qui était aussi en charge de celle de Droopy.

 

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Published by François Massarelli - dans Animation Tex Avery
10 janvier 2021 7 10 /01 /janvier /2021 09:47

Yves Robert est, foncièrement, un gentil... Un homme qui est généralement un observateur de l'humanité amoureux du détail, qu'il restitue ensuite dans des portraits qui sont généralement ceux de personnages assez positifs. Il a assumé une curiosité dans les années 60 pour les loufoques, les révolutionnaires en douceur, une curiosité annoncée par Blaireau dans Ni vu ni connu, et qui se retrouve dans tant de personnages: les gamins fédérés les uns contre les autres avec leurs codes d'honneur dans La guerre de Boutons, le Bébert dans son Omnibus, Les Copains et leurs multiples façon d'assaisonner le potache, et bien sûr Alexandre le bienheureux, e gentil qui veut qu'on lui foute la paix...

C'est pour ça qu'on s'étonne au départ devant cette adaptation d'un roman de Marcel Aymé, autour du personnage tellement désagréable de Hector, comte de Clérambard (Philippe Noiret): noble désargenté en 1910, il n'a plus que son château et sa famille (sa femme, Martine Sarcey; son fils, Gérard Lartigau; sa belle-mère, Lise Delamare). Pour pouvoir conserver le château, le Comte vend des pulls tricotés par les trois membres de sa famille, et économise sur la viande en massacrant les chats et les chiens du village. ...Ce que lui reproche justement Gustalin, son voisin (Robert Dalban). 

Au village, d'un côté il y a la vie qui s'incarne en Léonie dite la Langouste (Dany Carrel), solide fille à soldats dont le jeune vicomte Octave de Clérambard est secrètement amoureux, et de l'autre il y a les affaires: l'avoué Galuchon (Claude Piéplu) mettrait bien main basse sur le château du comte et pour ça il est prêt à donner sa fille en mariage (avec une confortable dot, s'entend, car elle est fort disgracieuse, la pauvre) à Octave, avec la complicité du curé (Roger Carel). C'est dans ce contexte que Clérambard va, enfin, voir la lumière: c'est après un meurtre de chien de trop, qu'il reçoit la visite de St François d'Assise qui lui demande de prendre exemple sur lui, de respecter les animaux et les êtres, et d'aller vers la lumière de l'infinie bonté et de la pauvreté. On a connu le Comte comme un être désagréable, un véritable tyran domestique, eh bien attendons-nous à voir des changements...

Yves Robert se retrouve vraiment à son aise avec cette nouvelle fable rurale, située dans un charmant village de Bourgogne; c'est un des aspects les plus remarquables de ses films, cette faculté qu'il avait à utiliser avec les moyens du bord, la photogénie des endroits qu'il choisissait pour y situer ses histoires, comme Ni vu ni connu, Les Copains, La guerre des Boutons et Alexandre le bienheureux. Il avait compris qu'un décor ne doit pas se contenter d'être pratique, il se doit d'avoir du caractère... Il a donc choisi d'une part de retourner dans le village de Semur en Auxois qui avait accueilli le tournage de Ni vu ni connu, et a ajouté pour faire bonne mesure le château de Marigny-le-Cahouët pour figurer celui des Clérambard...

Dans sa grande rigueur, le film prend pour cible, après le portrait goguenard de la mentalité très XIXe d'un petit village de 1910, le délire religieux, et la façon dont un certain nombre de médiocres, vont essayer soit de gérer la crise, soit carrément d'en profiter. Il y a quelques coups de griffes, mais je vais de nouveau me servir de l'adjectif loufoque, pour dire que force reste, effectivement, au farfelu, dans cette histoire qui passe par un certain nombre d'hypothèses de miracles, et qui est bâtie sur deux personnages: celui d'un sale type touché par la grâce, et celui d'une prostituée militante qui, état incarnée par Dany Carrel, n'a pas sa langue dans sa poche. Jean-Loup Dabadie n'a d'ailleurs eu qu'à se pencher sur Marcel Aymé, et Yves Robert faire confiance à son actrice, et le résultat est là. Par contre, l'idée saugrenue de faire de la fille Galuchon un laideron affublé de la voix de Roger Carel, ne s'imposait sans doute pas...

 

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Published by François Massarelli - dans Yves Robert Comédie
10 janvier 2021 7 10 /01 /janvier /2021 09:18

A Boston, nous faisons la connaissance de Martha et Sean; elle est cadre et il travaille dans le bâtiment: il est en pleine construction d'un pont dont les images de l'évolution, mois après mois, vont rythmer le film. Ils attendent un enfant, et la famille proche de Martha (sa soeur et sa mère) sont aux petits soins avec elle, même si ça n'exclut pas les tensions: c'est que la mère n'aime pas vraiment Sean, et le lui fait sentir aussi souvent que possible... Au terme de cette exposition, nous allons assister à un accouchement à la maison, filmé dans un plan-séquence épuisant durant approximativement 20 minutes: ça ne se passe pas bien du tout. D'une part Martha a mal, très mal; ensuite la sage-femme prévue ne peut se déplacer et envoie une remplaçante; enfin au terme du processus le bébé est tout bleu et...

Mois après mois, le film va donc nous raconter les suites de la mort d'un enfant pour deux personnes, avec un accent très fort sur le point de vue de la mère, de celle du moins qui aurait du l'être. Sean n'est pas exclu du film pour autant, mais sa part dans le processus de désintégration du couple qui s'ensuit, est importante. Surtout, c'est le parcours en solitaire dune femme qui tente de comprendre ce qui vient de lui arriver, et qui survit à un traumatisme sur lequel tout le monde, semble-t-il, a un avis: et c'est impossible de faire coïncider ces avis: celui de la mère, par exemple, est sans appel: sa fille est responsable parce qu'elle aurait du aller à l'hôpital; et bien sûr la sage-femme doit payer; Sean ne culpabilise pas sa femme, mais a une manière à lui, et généralement en porte-à-faux avec celle de son épouse, de tenter de faire son deuil. Ca passera par de moins en moins de communication, des vexations, de la frustration et un adultère. Martha, elle, vit ces quelques mois comme une errance...

C'est très fort, et avec un tel sujet, aussi lourd, on ne s'attendait pas à un tel film. Le script de Kata Weber est basé sur une histoire vraie, la sienne. C'est parce que Kornel Mundruzco et elle ont perdu leur enfant qu'ils ont pris la (difficile, on imagine) décision de "le faire vivre" dans cette histoire. Mais le réalisme de ce film est sans appel: la petite fille ne survivra en effet pas à l'accouchement. Venus du théâtre tous les deux, ils ont privilégié un rapport direct aux acteurs, d'où une forte proportion de caméra à l'épaule et de plans-séquences; ce qui n'empêche pas une structure basée sur des petits riens qui vont lier le film au delà de ce symbole structurel du pont qui finira enfin par relier deux rives à la fin du film... Des petits mystères par exemple, comme cette soudaine obsession des pommes, que Martha porte à son nez pour les sentir, dans un magasin, avant de décider de faire germer des graines. On en verra l'effet à la fin du film... Ou encore les deux ou trois flashes d'appareil photo qu'on verra durant la scène de l'accouchement, qui finiront par avoir une incidence. Enfin, les ennuis d'argent fil rouge des plus négatifs, rythment de plus en plus les rapports désagréables entretenus par Sean et sa belle-mère, qui s'excluent de plus en plus du deuil de Martha.

Les acteurs sont fantastiques: Shia LaBeouf va au bout de son rôle de "mouton noir" de la famille, et il incarne un homme corpulent, dont le ressenti semble très physique... Ellen Busrtyn est la mère, qu'elle joue avec tout le conservatisme d'une dame de la bonne société Bostonienne, qui juge en permanence, et pas que son gendre: ses filles se passeraient bien de ses avis sur tout... Enfin, une mention spéciale pour deux femmes: Molly Parker incarne le difficile rôle de la sage-femme, celle sur laquelle les soupçons des braves gens se portent, et qui est la victime d'une impressionnante chasse aux sorcières; désignée coupable, mais pas par le script: la confrontation en justice se conclura sur une belle épiphanie; Vanessa Kirby qui incarne Martha tient tout le film sur ses épaules, avec la puissance de son interprétation, physique, au plus près de son corps et de ses yeux: le film ne s'appelle pas Pieces of a woman pour rien, et évoque toutes les options du deuil, mentales comme physiques... Elle est magnifique.

 

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Published by François Massarelli - dans Canada
9 janvier 2021 6 09 /01 /janvier /2021 18:09

Un chasseur se prépare à une chasse matinale, donc il promène son chien afin qu'il passe une bonne nuit et puisse l'aider à massacrer des petits animaux qui ne lui ont rien fait. Le lapin local, cible potentielle numéro un, décide donc de tenter le tout pour le tout: s'il empêche le chien de dormir, peut-être que...

C'est le même comique de répétition que dans, par exemple, Rock-a-bye bear dans lequel l'enjeu, par contre, est inverse: ici il s'agit d'empêcher par tous les moyens le chien de dormir, et les moyens choisis par le lapin sont assez retors... a noter, une énième variation sur l'explosion intempestive, qui laisse au lecteur le choix de l'imagination quant aux conséquences. 

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Published by François Massarelli - dans Animation Tex Avery
9 janvier 2021 6 09 /01 /janvier /2021 18:01

Un chat, comme l'indique le titre, déteste tellement l'humanité et son manque d'égard vis-à-vis des chats, qu'il décide de partir pour la lune...

C'est un classique, un des excellents "one-shots" confectionnés à la MGM par Avery. Comme à son habitude, il exploite à merveille aussi bien le personnage même du chat de gouttière, qui parle évidemment avec un fort accent de gangster et une grosse voix, et tous les clichés possibles et imaginables. Et dans ce film bien construit, il imagine même une entreprise qui vise à envoyer les gens dans l'espace, en moins de cinq minutes...

Ce qui permet donc au chat en question de s'enfuir vers un endroit qui ressemble moins à la lune telle qu'on l'imagine, qu'au pays que Bob Clampett a baptisé Wackyland dans un de ses chefs d'oeuvre! Juste retour des choses, pour Avery, qui avait été justement le patron de cet animateur fou.

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Published by François Massarelli - dans Animation Tex Avery
9 janvier 2021 6 09 /01 /janvier /2021 17:56

La famille taxi attend un heureux événement... et les parents sont fous de joie avec leur petit, mais au bout de quelques temps, au lieu de choisir la tranquille voie familiale, junior se révèle passionné de vitesse, et se confectionne une tenue de hot-rod. le père est furieux, puis très inquiet...

C'est une rareté: un court métrage de Tex Avery dans lequel l'intrigue est à prendre au premier degré, et va d'un point A à un point B. Je dois avouer que l'assimilation des voitures à des personnages ( comme dans Cars, le film de John Lassiter) me rend le film véritablement problématique, d'autant qu'il fait un peu son Disney ici. ...dans une certaine mesure, car ça ne l'empêche pas de glisser ça et là d'excellents gags, bien entendu.

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Published by François Massarelli - dans Animation Tex Avery
9 janvier 2021 6 09 /01 /janvier /2021 11:14

Survivre à l'étonnante bête à six têtes qu'était Monty Python n'était pas facile, y compris pour Terry Jones, qui ne manquait pas d'atouts: il était comme les six autres auteur et acteur, mais il ajoutait un talent particulier pour les casquettes littéraires (polémiste, historien, conteur, romancier) et il avait aussi endossé la responsabilité à deux reprises et demi de réalisateur des films du groupe. Il avait aussi prouvé, en 1987, qu'il pouvait tourner le script d'un autre, sans aucun rapport avec Python (Personal services)... Pour le réalisateur-acteur-auteur, Erik représente le moment où il va à la fois aller de l'avant, et assumer son passé. Si Erik n'est pas un film Monty Python, il y ressemble par de nombreux aspects. Pour commencer, il contient des prestations des deux frères ennemis, les deux plus opposés l'un à l'autre du groupe de comédiens: Jones lui-même, et John Cleese. Ensuite, le scénario qui oscille entre vérité historique , données ethno-socio-culturelles sur les vikings, et philosophie farfelue, est finalement d'un esprit assez proche de Brian ou de The holy grail...

Erik (Tim Robbins) participe à un raid avec d'autres vikings et au moment de violer une jeune femme (Samntha Bond), s'interroge sur le sens de sa vie; incapable de parvenir à ses fins, il est choqué de voir la jeune femme violée par ses copains, et il les tue... mais elle aussi. Rongé par la culpabilité, il s'interroge et sur les conseils d'une sage (Eartha Kitt) il va partir pour une quête (hum) et essayer de dépasser l'âge de Ragnarok (hiver, guerre, pillages, etc) pour aller vers un âge d'or avec les autres vikings...

Voilà voilà: tout est dit, finalement, une quête, et suffisamment d'occasions pour de l'heroic-fantasy torpillée de l'intérieur par des dialogues qui peinent longtemps à faire rire. Jones (qui assume l'un des rôles les plus glorieusement idiots de sa carrière) a souvent admis le ratage du film en accusant le montage. En l'état ce film dans lequel même John Cleese (avec pourtant un rôle en or, celui d'un roi à la cruauté qui n'a d'égale que sa courtoisie) ne parvient pas à être drôle, ne décolle que lors de la rencontre des vikings avec les habitants en toges transparentes d'un pays éclairé et pacifique, qui sont en réalité des naïfs hédonistes complètement crétins... C'est maigre. Pire, on a le sentiment fâcheux que Jones se met systématiquement dans les pas de Terry Gilliam (qui la même époque sortait un autre désastre, mais d'un tout autre genre, avec The adventures of Baron Munchausen), sans avoir la capacité technique de réaliser un film: qu'on en juge par la pauvreté des transparences ou de la plupart des effets spéciaux, qui sont miteux.

Il existe toutefois une version resserrée (qualifiée de "Director's son's cut!) qui gagne en punch et de fait, elle fait bien meilleur effet. Cela étant on est quand même bien loin des sommets des Python!

Mais ce film idiot, au moins, nous permet d'entendre un chef d'oeuvre musical qui fait ti-dum ti-ti-ti-dum, donc c'est déjà ça...

 

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Published by François Massarelli - dans Terry Jones Comédie
9 janvier 2021 6 09 /01 /janvier /2021 11:00

Les deux frères Jean et Jérôme de Ners vivent ensemble, soudés par la mort de leur père. Ils sont très dissemblables: Jérôme (Edmond Van Daële) est médecin, il est l'aîné et c'est un homme sérieux et ombrageux. Jean (Nino Costantini) est papillonnant, et... amoureux. Un jour, il disparaît: il est parti vivre avec Mary (Suzy Pierson), une vie de plaisirs à l'écart des responsabilités. Mais la jeune femme le quitte pour un autre, un danseur en vogue (René Ferté), alors Jean décide de disparaître pour de bon...

C'est une fois devenu indépendant que Epstein a tourné ce genre de films, dont ceci est probablement le pire: un scénario vide, un montage incohérent, et quelques épices d'avant-garde (surimpressions, notamment) pour masquer le vide abyssal du script de la soeur Marie Epstein: deux frères, évidemment nobles, dont l'un va (horreur!) tomber amoureux d'une femme, qui sera forcément inconséquente et volage... C'est un lot de clichés dont le cinéma n'avait déjà pas grand chose à faire en 1920, alors sept années plus tard...

Une explication s'impose, pour finir, sur le titre étrange de ce long métrage: c'est tout simplement en millimètres, le ratio de la pellicule Kodak pour une photo. Voilà tout: car dans ce film, une photo est importante, si vous survivez jusqu'à la dernière bobine de ce film vide et prétentieux.

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Published by François Massarelli - dans Muet 1927 Jean Epstein Navets *
6 janvier 2021 3 06 /01 /janvier /2021 14:19

Romeo Bosetti, c'est l'un des noms qui reviennent souvent lorsqu'on parle des burlesques Français des tous débuts du cinéma. Chez Gaumont, le monsieur précurseur du surréalisme a créé un style propre, fait d'une excentricité contrôlée, jouant plus sur la notion de décalage que sur le chaos, contrairement à un Jean Durand dont la troupe de comédiens-acrobates avait pour mission de faire régner l'anarchie dès le début d'un film. 

Expressions photographiques (1906) est une fantaisie basée sur un principe simple: trouver dans la vie amoureuse des équivalents de ce qu'on fait en photographie, et donc bien sur en matière de cinématographie. La prise d'un cliché, ou l'histoire d'un couple, placés sur le même plan, une idée poétique de Louis Feuillade, qui donne un film court et plaisant. C'st aussi d'une grande sophistication, Bosetti jouant le rôle principal sans aucun dérapage vers le grotesque...

On peut sans doute s'étonner de la présence de Feuillade, le moustachu bourru, futur auteur des serials prestigieux et de drames, au générique de cette comédie, mais voilà: il en va ainsi des trajectoires de cinéma des pionniers, ils étaient souvent versatiles... Et même s'il serait loin de se spécialiser dans le genre, Feuillade a aussi donné dans la comédie en tant que réalisateur.

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Published by François Massarelli - dans Comédie Muet Louis Feuillade Romeo Bosetti
4 janvier 2021 1 04 /01 /janvier /2021 17:19

Clem le loup, et le petit chaperon rouge (dans une version "rustique, e genre agricole") vaquent à leur marivaudage probablement quotidien quand le cousin du loup lui envoie un message de la grande ville, qui contient une photo d'une chanteuse sophistiquée. Il se rue en ville pour la retrouver, et pendant le spectacle où son cousin, qui est quant à lui extrêmement sophistiqué, l'amène, il se conduit d'une façon à la fois très embarrassante et hilarante...

Combien de fois Avery est-il retourné au chaperon rouge? Ce devait être au moins la troisième fois, et à chaque fois il renouvelle complètement le genre, même s'il reprend ici des gags de Red Hot Riding Hood avec un loup qui est incapable de se contenir devant une belle fille... Mais là où il se renouvelle vraiment, c'est quand il nous montre la vie rurale de ses deux premiers protagonistes, le chaperon rouge de la ferme, et son loup obsédé sexuel...

 

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Published by François Massarelli - dans Animation Tex Avery