Sniffles a du être considéré important, pour Leon Schlesinger et probablement Chuck Jones lui-même: c'est déjà le huitième film en trois ans... Il semble bien que ce soit la dernière tentative avant longtemps, pour capter essentiellement avec la plus sage série Merrie Melodies, le public des tous-petits.
D'où, je m'en excuse, ce côté gnan-gnan qui tend à prendre un peu toute la place... Jones concentre en effet sur le personnage de Sniffles une certaine mièvrerie qui devient plus difficile à apprécier quand le personnage se met à parler!
Ici, il visite un grand magasin, au rayon des jouets, en compagnie de con sopain, le ver rencontré dans Sniffles and the bookworm (1939). Ce dernier fait toutes les gaffes possibles et imaginables, et dans le grand magasin presque déserté, les deux petits animaux rencontrent un chat...
Beaucoup de jouets mécaniques semblent vivre leur propre vie (ce qui ne nous étonne pas vraiment quand on connait l'oeuvre de Chuck Jones), et d'autre part il y a un amusant petit gag: pour échapper à son poursuivant, Sniffles se glisse dans un groupe de poupées à l'effigie de Porky Pig...
Les souris se font poursuivre par le chat... Il faut faire quelque chose. Sniffles pense tout haut: et si on lui mettait une cloche, pour pouvoir l'entendre arriver? Ses copains le poussent à le faire...
Prenant le contrepied de Bedtime for Sniffles, le précédent film de la série qui montrait Sniffles seul en piste pendant 8 minutes! Le chat, véritable menace, manque un peu de caractère même s'il effectue bien sa mission, celle d'être le très méchant animal du film... Mais le problème du film, c'est que Sniffles parle... Il parle même de plus en plus, comparé à ses premières aventures. Ca ne va pas aller en s'arrangeant.
C'est la nuit de Noël, et Sniffles attend "Santa Claus"... Il a tout prévu, car s'il est un tout petit souriceau, qui risque de tomber de sommeil, il va boire du café et s'occuper l'esprit pour rester jusqu'au moment-clé... Du moins il va essayer!
C'est un cartoon solo, dans lequel toute l'animation nous montre un personnage tentant par tous les moyens de repousser l'inévitable! C'est magistral, et c'est une fois de plus la preuve de la curiosité insatiable de Chuck Jones, et de sa virtuosité...
John Kelso (John Cusack), un auteur et journaliste New Yorkais, se rend à savannah, en Georgie, pour y couvrir un dîner remarquable, organisé par Jim Williams, un notable local qui habite la maison ancestrale du parolier Johnny Mercer. Il sympathise avec Williams (Kevin Spacey), qui lui apprend qu'en réalité, c'est lui-même qui a recommandé l'auteur au magazine qui publiera l'article... Durant le séour, pourtant, Williams tue un homme, un employé avec lequel Kelso l'a vu se quereller. Fasciné par la ville, par Williams, et par l'opportunité, Kelso décide de rester et d'écrire sur l'affaire.
C'est un film peu banal, sur bien des points... Eastwood l'a adapté d'un livre qui raconte une histoire vraie, telle que l'auteur John Berendt l'a vécue (dans le film, c'est bien sûr John Kelso); le metteur en scène s'éloigne de tout ce qu'il a fait avant, entre films policiers à coups de poing, westerns, films d'action... Pour la quatrième fois seulement (si on compte le court métrage Vanessa in the garden tourné pour une série de la télévision), il ne joue aucun rôle et réussit à s'y tenir; et surtout, Midnight in the garden of good and evil est un film à plusieurs couches, toutes visibles, mais savamment mélangées, de telle sorte qu'il en devient un puzzle assez fascinant et inépuisable.
Portrait d'un univers bien spécifique, particulièrement original, le film nous montre Savannah comme une petite ville indolente et excentrique, où tout le monde connait tout le monde (quand Kelso demande à Mandy, interprétée par Alison Eastwood, comment elle le connait, elle se contente de répondre "Welcome to Savannah"), où un homme aigri (Geoffrey Lewis, un acteur récurrent chez Eastwood) entre tous les jours dans un diner pour menacer d'empoisonner toute la clientèle, et se promène avec des mouches emprisonnées au bout de fils à peine visibles; enfin, à Savannah, un employé (le saxophoniste James Moody, natif de la ville) d'un homme mort depuis 20 ans continue à être payé pour promener un chien qui lui aussi est décédé...
Mais c'est aussi un endroit où les traces de l'esclavage ont été effacées mais restent visibles partout, à travers une statur qu'on ne verra pas de près, mais qui, j'en suis sûr, représente le General Lee. Comme à Atlanta, la ville est probablement divisée en deux, et quand Williams veut, en compagnie de Kelso, visiter Minerva, une prêtresse Vaudou Afro-Américaine (Irma P. Hall), ils doivent se rendre "de l'autre côté de la voie ferrée". Pourtant, le Savannah fréquenté par Williams, et Kelso, mais aussi Mandy, est assez clairement Blanc. Et d'ailleurs, la victime d'un meurtre, Billy (Jude Law), qui est un employé de Williams, mais aussi son amant, est typiquement ce qu'on appelle white trash dans le Sud, un blanc non éduqué, défavorisé, alcoolique... Et tatoué d'un drapeau confédéré sur l'épaule gauche. Quand il intervient dans une conversation policée entre Kelso et Williams, il est en quelque sorte le premier accroc à la bienséance un rien forcée de tous ces blancs, riches et oisifs...
Il y en aura un autre, qui joue un rôle très important dans le film: The Lady Chablis, qui joue son propre rôle, est une femme transgenre d'origine noire, et qui va jouer un rpole de consultante pour l'enquête parallèle menée par Kelso. Elle vampirise, non seulement Kelso qui est aussi fasciné par elle qu'il l'est par Jim Williams, mais surtout le film.
Ce film aurait pu être un film de procès soigné, et un peu vain, mais il devient une sorte d'exploration de la morale locale d'un endroit qui vit sur des fantômes, comme ce brave M. Glover qui promène un chien non-existant, ou cette obsession locale pour la grandeur passée, ou pour Johnny Mercer, décédé en 1946, et qui après tout n'a pas écrit la musique de ses propres chansons, qui est souvent la seule chose qui reste! Un endroit dont les fantômes sont la Confédération Sudiste, la Guerre, l'esclavage, la ségrégation, une différence essentielle entre ceux qui possèdent, et les autres, qu'ils soient noirs, ou blancs... Une sorte de code antédiluvien, qui oblige les uns (Billy) à se mettre au service des autres (Williams), que ce soit pour promener un chien, servir à boire, ou des faveurs sexuelles. Un code d'honneur qui décide que quand on est un notable, on ne peut pas être coupable... Un monde dans lequel la vérité est dure à établir, car elle n'est pas forcément conforme à ce qui est attendu. Il sera plus difficile pour un notable de faire admettre sa sexualité, que son innocence...
Dans ce cadre, Eastwood, clairement, est fasciné par l'univers qu'il a sous les yeux, et nous le transmet superbement. Le film est splendide, comme Savannah, d'ailleurs, et les acteurs sont formidables: on comprend qu'à compter de ce long métrage, qui fut un échec au box-office, Eastwood ait pu être lassé d'avoir à retourner encore et encore à des petits thrillers sans la même envergure.
On retrouve l'univers de Sniffles and the bookworm: cette fois, il est établi que Sniffles et son voisin le ver, deux petits êtres qui vivent dans un étalage de bibliothèque, sont amis. Sniffles a lu un livre où il est question des collectionner des oeufs. On y parle en particulier des oeufs de hibou, et ils décident de se mettre en quête, mais les deux petits animaux ne se rendent pas compte qu'il s'agit d'un prédateur pour eux.
La naïveté des deux personnages, bien sûr, est la principale motivation du film, ainsi qu'un décalage entre eux: car tout en étant profondément naïf, Sniffles est bien plus dégourdi que son copain, qui est assurément une vraie poule mouillée... Le film est très soigné, et une fois de plus, Jones joue ici pour les enfants avec ce film bien fait, mais toujours aussi sage. Par ailleurs, on constate qu'il recycle une partie des arguments de Little brother rat.
Sniffles décide de quitter la ville pour aller trouver le repos à la campagne... Mais il y vit des aventures tellement effrayantes, qu'il préfère retourner chez lui.
C'est bien sûr une question de perception, dans ce film qui est l'un des plus "disneyiens" de son auteur (ce qui n'est pas étonnant quand on sait que la mission des Merrie melodies était précisément de cibler le public des films Disney): Sniffles ne rencontre pas des créatures horribles, il imagine qu'il est en danger... C'est soigné, et esthétiquement ça représente très bien la qualité exceptionnelle du travail de Chuck Jones... Sans le grain de folie qui allait bientôt en faire un auteur de cartoons de premier plan.
Peut-être sous l'influence de ce court métrage, Hanna et Barbera vont réaliser en 1945 Mouse in Manhattan, l'un des meilleurs films de Tom et Jerry, dans lequel Jerry va à son tour expérimenter une escapade en solitaire...
Sniffles vit dans une bibliothèque, où il se repose caché dans les étalages de livres. Un ver, qui vit dans un livre, le repère et prend peur de la (pourtant toute petite) souris... Il va solliciter l'aide de personnages de livres qui ont tout aussi peur que lui...
C'est la rencontre entre Sniffles, la souris qui vit sa troisième aventure (sur douze en tout), et un personnage qui va devenir récurrent. Contrairement à ses courts métrages en solo, les aventures de Sniffles et du ver se situent dans un monde à part, où l'univers des livres se mélange avec le monde "réel"... D'une façon qui anticipe sur l'éblouissant Book revue, de Bob Clampett... Mais en tellement plus sage!
A noter: le "bookworm" n'est pas une espèce de ver, mais bien une expression qui désigne une personne qui adore la lecture... Et comme le terme se traduit par "Rat de bibliothèque", difficile de traduire le titre de ce film sans le dénaturer.
Durant les combats en Afrique du Nord, un correspondant de guerre, Ernie Pyle (Burgess Meredith) voyage avec une colonne de soldats Américains, menés par le Lieutenant Walker (Robert Mitchum), et partage leur ordinaire, leurs marches forcées, leurs bivouacs et les occasionnelles batailles... Quelques mois plus tard, il les retrouver aussi en Italie, lors des avancées décisives des Américains, toujours sous la direction de Walker, désormais capitaine...
Wellman s'est signalé spectaculairement en 1927 avec Wings, un film extraordinaire, dans lequel il avait mis énormément de lui-même et de son souvenir de la "Grande Guerre", à laquelle il avait participé en tant qu'aviateur. Sa façon de traiter les conflits, de film en film, a toujours été de les traiter à hauteur d'homme, et ce film épouse dès le départ le point de vue des simples soldats, de leur petite vie qui se met en jeu d'une minute à l'autre... Ernie Pyle, le vrai, a ramené dans un livre des anecdotes nombreuses, cocasses, poignantes, dramatiques, et j'en passe, et c'est ce que le film raconte.
Les combats ne sont jamais le sujet, c'est tout le reste, le rapport entre les hommes, les occasions de vivre quand même, les occasions de tromper la mort et de célébrer le fait qu'on soit quand même toujours là. C'est riche, profondément humain, et magistral... Les acteurs sont, à l'exception des deux principaux, des inconnus, voire pour certains personnages, des vétérans. Et fidèle à sa légende, Wellman appelle un chat un chat, ne s'interdit rien, et livre en un film tourné dans des conditions probablement difficiles (les scènes d'extérieur n'ont certainement pas été tournées en studio), une oeuvre d'art, dans laquelle il se livre à des farces de galopins: une scène fait même intervenir (à ma connaissance c'est la première fois dans le cinéma américain) des flatulences après un repas de noël fourni, exceptionnellement, en dinde...
Notons pour finir, que pour Robert Mitchum, il est sûr qu'il y a eu un avant et un après ce film, qui l'a catapulté vers le statut de star...
La comédie Happiness contait, de façon souvent froide, la vie de trois soeurs en crise, dans le New Jersey de 1998. Helen, autrice à succès, Trish, la mère au foyer modèle, et Joy la hippie décalée, vivaient chacune leurs propres cauchemars domestiques, tout en maintenant l'apparence de la normalité. Life during wartime (incidemment, aucun lien avec l'admirable chanson des Talking heads) est une suite, qui part de la situation qui se dessinait à la fin du précédent film, mais avec un parti-pris étonnant: aucun des acteurs ne revient, ils ont tous été remplacés...
Helen (Ally Sheedy) est quasiment absente du film, sa réussite étant largement basée sur le fait qu'elle a décidé d'abandonner tout lien avec sa famille... Elle est remontée contre les siens, une famille Juive qu'elle identifie avec les persécuteurs des Palestiniens. Joy (Shirley Henderson) est toujours pétrie de bons sentiments, et travaille avec des repris de justice, elle en a même marié un (Michael K. Williams), mais leur mariage bat de l'aile. Elle reçoit des visites d'un amant qui est mort (Paul Reubens)... Elle rend visite à sa soeur Trish, pour échapper à son mari et ses propres échecs.
Trish (Allison Janney) est partie pour la Floride avec ses trois enfants: Billy (Chris Marquette), le plus grand, essaie de se reconstruire après avoir "perdu" son père (qui est en prison pour pédophilie), pendant que le deuxième Timmy (Dylan Riley Snyder) tente de faire sens des informations contradictoires sur son père: sa mère le prétend mort, mais on lui dit souvent qu'il est en prison...
Pendant que Trish essaie de se reconstruire avec un nouvel homme (Rich Pecci), son mari (Ciaran Hinds) sort de prison et se rend en Floride où il essaie de retrouver le contact avec son grand fils Billy...
Happiness était déjà fort corrosif, et se terminanit sur une impression de ratage généralisé... mais c'était sans compter sur le fait que le monde dans lequel les personnages évoluaient allait devenir encore plus délirant. On parle souvent de pédophilie dans le film, plus encore que dans Happiness, où le personnage de Bill Maplewood était amené à concrétiser ses désirs les plus effroyables. C'est parce que le mal incarné par le bon père de famille dans le premier film, a des conséquences sur toute sa famille; et au-delà des désirs terribles d'un père, d'autres personnages montrent des failles terrifiantes: Allen, le mari de Joy, énumère tous les vices auxquels il a du renoncer, dans une diatribe à la fois hilarante et profondément noire.
Mais surtout Timmy, qui doit vivre avec l'idée que son père est un pédophile, finit par assimiler cette trajectoire d'un personnage, à celle d'un terroriste. Et nous laissera avec cette idée, en suspens, sans espoir de retour en arrière.
Quant à l'idée de ne pas donner les rôles aux mêes acteurs, elle est très réussie: on n'a paradoxalement aucun souci pour entrer dans le film, qu'on ait vu le précédent ou pas...
Ce film fait partie de la série des Merrie Melodies, qui faisait concurrence à Disney et ses Silly Symphonies. Contrairement à Tex Avery qui utilisait la série pour y pervertir des contes, des chansons et des documentaires et travelogues, à Friz Freleng qui appliquait quasiment à la lettre la formule Disney (raconter une histoire assez basique en utilisant au maximum la musique), Jones choisit une approche de narration basée sur les personnages.
Dans la petite communauté des souris, on se fixe des défis: chaque souris doit faire preuve de courage, et par exemple Sniffles vient de ramener une moustache (enfin une vibrisse) de chat... Sa prochaine mission, aller chercher un oeuf de Hibou... Mais le chat n'a pas dit son dernier mot...
C'est assez Disneyien, avec des animaux (le hibou et la souris) qui fraternisent face au danger... Et la rencontre entre Sniffles et un petit hibou anticipe d'autres rencontres ârfois inattendues, telle celle de Bugs Bunny et d'un Pingouin... Sinon, le personnage de Sniffles, la petite souris, n'est pas passionnant à proprement parler.