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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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1 septembre 2025 1 01 /09 /septembre /2025 16:49

Un vieux satellite soviétique de communication menace de s'écraser sur notre bonne vieille planète. Le module de commande étant copié exactement sur un système créé par un ancien astronaute militaire, le Dr Frank Corvin (Clint Eastwood), celui-ci forme une équipe avec ses anciens camarades Tank Sullivan (James Garner), Jerry O'Neill (Donald Sutherland) et William Hawkins (Tommy Lee Jones)... La NASA, prise au piège (l'information a filtré dans les médias, et ça plait beaucoup au vice-président), est bien obligée d'accepter: les quatre septuagénaires se mettent à l'entrainement...

A la vision de Firefox, réalisé en 1982 par un Eastwood sans qu'il ait montré le moindre signe de s'être intéressé à son final prévu comme étant spectaculaire, et qui était d'un ennui mortel, on a bien sûr une certaine appréhension: Eastwood n'était pas spécialement connu pour sa capacité à mener des grands projets coûteux avec implication importante d'effets spéciaux numériques...Mais la dfférence qui saute aux yeux dès le départ est que cette fois il s'est vraiment impliqué, et le projet, dans lequel se sont impliquées plusieurs organisations, dont Malpaso évidemment, mais aussi et surtout Warner et Village Roadshow, débouche sur un film profondément satisfaisant...

Eastwood met son légendaire style économique (une seule prise, et une fois de plus ça s'entend dans le naturel confodant des dialogues) au service d'un grand film fédérateur, qui prend le contrepied de la gonflette qui va bientôt devenir le dénominateur commun de tant de films Hollywoodiens (Troy, 300, Toutes les Marvelleries, le retour de Superman...): les héros, cette fois, sont du troisième âge et n'entendent en aucun cas le cacher, même si tous sont restés très actifs... depuis leur retraite. Il en sort une atmosphère douce et rassurante de comédie, même si le film mène à une certaine inévitable tristesse: l'un des quatre héros est en fait condamné à plus ou moins brève échéance. Mais les âneries des quatre papys, leur conflit avec les responsables (donnant lieu à de mémorables échanges entre Eastwood et son ennemi personnel dans le film, interprété par James Cromwell...). 

Au-dela de son appartenance au canon des films d'Eastwood sur l'héroïsme, le film fait un peu volte-face en donnant une sorte de coda à la Guerre Froide, quand il est découvert que le satellite qu'ils doivent neutraliser est d'une part armé de six missiles nucléaires, prêts à être envoyés sur six cibles majeures; d'autre part, la similarité entre le système et celui imaginé par Frank est dû à une fuite à l'époque de la rivalité Américano-Soviétique, qui pourrait bien être un acte de traîtrise dû à Gerson (James Cromwell)... Un développement qui finit par faire basculer le film dans la science-fiction la plus échevelée, mais qui nourrit bien le dernier acte du film: c'est dans ces 30 dernières minutes que l'héroïsme des Space Cowboys atteint son apogée, nourrissant la longue réflexion d'Eastwood sur les êtres humains d'exception et leur parcours, un thème qui remonte, après tout, à Josey Wales, via Bird et Charlie Parker, Unforgiven, Pale Rider, Honkytonk man, et qui n'était pas prèt de s'arrêter.

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Published by François Massarelli - dans Clint Eastwood
1 septembre 2025 1 01 /09 /septembre /2025 14:55

François Cardinaud (Jean Gabin), à La Rochelle, c'est un petit gars d'un quartier populaire qui a réussi... Il est associé de deux bourgeois, possédant à eux trois les trois quarts du port, entre le travail d'armateur ey le marayage. Ce qui en fait d'une part un norable, et d'autre part alimente la rancoeur et les jalousies... Quand Mme Cardinaud (Monique Mélinand), un dimanche matin, part pour faire une petite course et ne revient pas, François s'interroge et de plus en plus, il soupçonne que ce départ soit un peu plus qu'un simple retard. Et quand toute la ville semble en savoir plus, la tension monte...

Dès le départ, cette adaptation de Simenon (une adaptation avec Jean Gabin, mais sans Jules Maigret!) installe un climat qui nous pousse à attendre un gentil jeu de massacre: c'est que Gabin, saisi dans sa famille (une famille bourgeoise, s'il en est: une domestique et une nourrice, dans une une immense maison) va à la messe avec son fils, et tout le monde le salue bien bas... Tout le monde semble le connaître. Mais on n'attend pas trop avant que ça ne dérape: une conversation acerbe entre deux de ses connaissances, des gens de la bonne société qui le traitent de parvenu, nous éclaire sur la vraie atmosphère de cette bonne société.

Le grain de sable vient d'un personnage aperçu dès la première scène, un petit voyou qui débarque au port de La Rochelle, et qui s'avère être l'amant de Marthe Cardinaud. Mais tous les personnages, à un moment ou un autre, vont être amenés à pousser leurs pions, car beaucoup semblent bénéficier, ou profiter, de l'ascension sociale de François Cardinaud, seul personnage n'ayant finalement rien ni à se reprocher, ni surtout à quémander aux uns et aux autres. Comme le dit son beau-père, "quel dommage qu'il faille insister, il ne pourrait pas nous donner de l'argent de lui-même,". Même sa propre mère reproche en permanence à son fils de ne pas suffisamment venir la voir. Et à la maison, quand "Mademoiselle", la nourrice (Renée Faure), comprend que Marthe Cardinaud est partie pour de bon, elle se dit qu'elle pourrait bien la remplacer...

Un jeu de massacre orchestré par Grangier, dont la mise en scène "ligne claire" (pas un gramme qui dépasse) est parfaitement adéquate, et Audiard, dont les dialogues au vitriol sont d'une grande acuité... Et d'une impressionnante puissance de feu.

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Published by François Massarelli - dans Michel Audiard Noir Jean Gabin
31 août 2025 7 31 /08 /août /2025 14:34

Le film se concentre sur le dernier quart de la vie de Joseph Mallord William Turner (1775 - 1851), le peintre probablement le plus important du XVIIIe et XIXe siècles Anglais, précurseur de l'impressionnisme, et dont l'oeuvre fut pour une large part formelle avant tout. C'était un paysagiste de génie, qui révolutionna la captation de la lumière. Mike Leigh filme ce bout de vie en naturaliste, tout en obtenant de son chef-opérateur une image qui rend justice à son sujet. Une prouesse, développée en des plans qui sont majoritairement longs, laissant une grande part de la responsabilité aux acteurs, au premier rang desquels Timothy Spall, bien sûr, interprète de façon magistrale le peintre... Les autres acteurs ont été choisis, c'est évident, autant pour leur talent que pour leur trogne. Le naturalisme de Leigh passe autant par la longueur des plans, que par des accents, des intonations, des comportements, que des têtes, des particularités physiques captées sans retenue.

Mais Turner lui-même est une nature étonnante: petit, massif, grognant sans cesse, avec un accent à couper au couteau, c'est l'anti-glamour par excellence... Pourtant il se dégage de la performance de Spall un humanisme formidable, qui transparaît dans certaines conversations. On voit bien dans le film, que Turner installé, dont la gloire est finalement derrière lui, et qui va bientôt (suite à une remarque désobligeante de la jeune Victoria) tomber en disgrâce totale, a plus d'intérêt à la fin de sa vie pour les conversations avec les petites gens, que pour les thés et autres salons mondains où son statut enviable mais fragile de plus grand peintre vivant 'officiel' l'amène parfois. Ainsi, le bonhomme va s'enticher de la petite ville de Margate où il se rend d'abord pour capter des images marines de tout beauté, avant d'y retourner sans cesse pour filer le parfait amour avec une logeuse qui l'a profondément touché.

Mais Turner, et le film nous permet aussi de capter cette image de lui sans jamais nous l'asséner, c'est aussi et enfin un homme qui a senti à travers les images qu'il a vues dans sa vie, et transmises dans son oeuvre, la marche du temps et l'arrivée du progrès. D'où sans doute la fascination pour les naufrages, qui sont autant de désastres autant humains que technologiques, mais aussi une curiosité pour le chemin de fer (et ses effets picturaux: ainsi Tuner capte-t-il la marche d'une locomotive en se concentrant sur la fumée et la lumière, le train disparaissant de l'oeuvre...). Avec humour, et, mais oui, tendresse, on voit comment le bonhomme n'a pu qu'essayer de se faire photographier, à la fois vexé et fasciné par cette technologie qui permet de capter d'une façon si véridique les images... Il n'avait pourtant aucun souci à se faire: c'était un génie, il était unique, et le film lui rend justice.

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Published by François Massarelli - dans Mike Leigh
31 août 2025 7 31 /08 /août /2025 09:41

Elmer est une souris de la campagne (d'où le titre) qui boxe, et souhaite devenir un champion... Mais sa grand-mère ne veut pas! Il fugue afin de participer à un championnat, mais l'aïeule qui entend parler du match à la radio décide de régler le problème une fois pour toutes...

C'est un dessin animé de la série des "Merrie Melodies", et on est très proche des Silly Symphonies de Disney. Il est en couleurs, ce qui était devenu la règle, mais ce n'est pas le même Technicolor que les productions Disney: c'est probablement du Technicolor deux bandes. Les copies généralement montrées sont très délavées... 

C'est de l'humour très rural, et le rythme du film est entièrement du à la musique, ce qui était du reste une des caractéristiques du travail de Freleng à l'époque. Ca se voit sans déplaisir, et pour les archéologues du dessin animé, il y a un cochon, dans les "figurants", qui pourrait bien être Porky Pig...

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Published by François Massarelli - dans Friz Freleng Looney Tunes Animation
30 août 2025 6 30 /08 /août /2025 18:51

Ce film sera le dernier réalisé par Chuck Jones avec les deux souris Hubie et Bertie: Pepe le Pew, d'une part, et le Coyote d'autre part, accaparaient son temps... Mais pour ce dernier effort, l'idée est d'inverser la situation de base: Hubie et Bertie ont fait un tel festin de fromage, qu'il en sont dégoûtés. Ils décident de se supprimer... Ils s'invitent dans la gueule du chat Claude... qui n'en revient pas. A partir de là, la logique quitte le terrain de jeux...

C'est le principe: car plutôt que de profiter tout simplement de l'occasion, Claude questionne la réalité de ce qui lui arrive, tout comme le chien qui sera le témoin d'une situation absurde (deux souris qui font tout pour se faire manger, qui refusent toute consommation de fromage, et un chat qui fuit sa responsabilité de manger des rongeurs), se mettra à courir après le camion de la fourrière pour se laisser attraper...

 

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Published by François Massarelli - dans Chuck Jones Animation Looney Tunes
30 août 2025 6 30 /08 /août /2025 18:45

Comme dans Mouse Wreckers, Hubie et Bertie, les deux souris, sont empêchés de squatter une maison par la présence de Claude le chat... Mais ils constatent qu'il est tellement hypochondriaque que ce sera un jeu d'enfant de se débarrasser de lui... 

Le film repose entièrement sur l'approche psychologique systématique de Hubie, qui met au point des stratagèmes hallucinants pour provoquer l'angoisse de Claude, allant jusqu'à simuler sa mort! Et la dynamique est corsée magnifiquement par le timing particulier du chat, qui a des réactions formidables. Chuck Jones a toujours été un partisan du systématisme créatif (comme en témoignent sa trilogie sur la chasse au lapin et au canard, mais aussi l'ensemble de ses aventures du Coyote), mais ici il atteint sans aucun effort visible la perfection...

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Published by François Massarelli - dans Chuck Jones Animation Looney Tunes
30 août 2025 6 30 /08 /août /2025 18:33

Les deux souris Hubie et Bertie décident de s'installer dans une nouvelle maison qui leur tend les bras, mais il y a un chat: Claude, le chat roux (dans sa première apparition) est en effet un chat particulièrement efficace pour chasser les souris... Hubie a donc une série d'idées pour l'éloigner définitivement...

D'une part, les idées délirantes et très ouvragées de Hubie (qui déclenchent systématiquement l'hilarité de Bertie, qu'on peut sans détour qualifier de "simplet"), et d'autre part les réactions extraordinairement plastique de la victime, Claude, qui derrière son élégance cache une âme éternellement tourmentée... En recréant le personnage de Claude (d'autres chats bien différents avaient répondu à ce nom dans des courts métrages du réalisateur), Chuck Jones a eu la bonne idée de le confronter à ces deux souris pour trois confrontations hilarantes.

 

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Published by François Massarelli - dans Looney Tunes Chuck Jones Animation
30 août 2025 6 30 /08 /août /2025 18:26

1776... Le film renvoie à l'héroïque bataille de Bunker Hill, entre les forces Américaines, et les forces Anglaises soutenues par des mercenaires Allemands. A ma droite (côté Américain), Bugs Bunny. A ma gauche (côté Anglais), Sam Von Schamm, une nouvelle variation sur le personnage de Yosemite Sam...

La lutte est bien sûr inégale, et on se rappelle pourquoi Freleng avait si souvent recours à la confrontation entre ces deux-là: ca marche tout seul. Les gags, pilotés par Bugs Bunny et subis immanquablement par sam, sont toujours rythmés, impitoyables et d'une absolue clarté...

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Published by François Massarelli - dans Friz Freleng Animation Bugs Bunny Looney Tunes
30 août 2025 6 30 /08 /août /2025 18:20

Bugs Bunny se promène dans la verte forêt enchanteresse des monts Ozark, en plein pays hillbilly... Il va inévitablement se trouver à portée d'escopette, pris pour un membre de la famille rivale...

En choisissant de faire des deux protagonistes (deux barbus des montagnes rocheuses, imaginez J.D. Vance en un peu plus intelligent) des frères, le scénario permet d'éviter de pousser la caricature, et donne un peu plus de poids aux antagonistes: car auprès de ces créatures à peine humaines, Bugs Bunny est d'une intelligence telle qu'un seul ennmi n'y suffira pas...

On sourit volontiers devant une caricature d'autant plus méchante, que McKimson lui-même est un Sudiste, qui l'a souvent rappelé à travers sa création du coq Foghorn Leghorn... Ce film, qui montre deux poilus épais aux entournures, les pieds nus, avec des fusils antédiluviens (et qui donnent aux animateurs de jolies idées), est plutôt réjouissant.

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Published by François Massarelli - dans Bugs Bunny Animation Looney Tunes Bob McKimson
30 août 2025 6 30 /08 /août /2025 18:13

A Hollywood, un producteur très en vue (David Duchovny) va célébrer son 40e anniversaire... Nous suivons les protagonistes de cette fête à venir dans leurs occupations ou leur métier: Carl (David Hyde Pierce) écrit pour un petit magazine local, et il essaie de placer des scénarios. Sa femme Lee (Catherine Keener) n'est pas heureuse, et a un amant. Calvin (Blair Underwood), un petit acteur de télévision, a du mal à négocier un virage dans sa carrière, car il tourne un film en compagnie d'une grande vedette (Julia Roberts). La belle-soeur de Carl (Mary McCormack) est masseuse, et souffre de la solitude, et enfin un acteur (Nicky Katt) interprète, pour sa première pièce en vedette, le rôle d'adolf hitler (l'absence de majuscules, ici, est un acte volontaire de ma part)... Mais la fête sera ternie par un drame inattendu.

Inattendu, un adjectif qui convient parfaitement à ce petit film, tourné par Soderbergh entre Ocean's eleven et Solaris; rappelons qu'à cette époque, le metteur en scène a sorti, entre 1998 et 2002, sept longs métrages en cinq ans... Selon lui, tourner un film comme Ocean's eleven ne pouvait se faire que s'il pouvait à côté effectuer cet étrange exercice de style. Un film tourné avec très peu de moyens, et pour 70% de sa durée, de la vidéo légère et franchement sale! Beaucoup de règles ont été imposées aux acteurs, parmi lesquels Julia Roberts, et même Brad Pitt qui est (presque) un figurant dans le film... Ils étaient soumis à des conditions de tournage complètement aux antipodes de ce à quoi ils étaient confrontés, et étaient encouragés à improviser... Le résultat, un mélange malaisé entre du cinéma-vérité et une comédie grinçante, est étrange et pour tout dire mal fichu, ne débouchant pas sur grand chose...

On s'y amusera peut-être devant les expérimentations formelles (l'utilisation du flou dans une scène de fesse, les décalages entre certaines scènes et leur bande-son, le fait que le 35 mm ait été utilisé pour les extraits de film dans le film, la mise en abyme des acteurs qui jouent des acteurs, et le générique de début qui est celui du film tourné par les acteurs fictifs, pas celui de Soderbergh!), et les caméos discrets de Brad Pitt et David Fincher... Mais on se gratte volontiers l'occiput quant aux intentions de l'auteur et de sa troupe de francs-tireurs, sans parler de cet acteur grimé en hitler.

Il en va ainsi de tous les films du metteur en scène: l'expérimentation est toujours a rendez-vous, et débouche parfois sur des résultats impeccables (Traffic, Sex lies and videotape...), et parfois, eh bien ça débouche sur Full Frontal. Un film dont on se demande quand même un peu ce qu'il a voulu dire...

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Published by François Massarelli - dans Steven Soderbergh