Red riding hood, c'est Le petit chaperon rouge. Ici, le nom est changé pour introduire un intraduisible jeu de mots, un de plus... Ce n'est pas la première fois que chez Warner on s'amuse avec le conte.
A la base, le petit Chaperon Rouge se rend chez sa grand-mère (qui va sortir de l'histoire occasionnellement, même si elle aura le dernier mot), avec comme cadeau un canari (Tweety Bird). En chemin elle croise le loup, qui bien sûr connait l'intrigue, même s'il a parfois des soucis de mémoire... Mais on va aussi croiser un chat (Sylvester), ce qui va occasionner un double conte, avec deux intrigues similaires en parallèle...
Ce qui est une fort belle idée, mais la réalisation, avec le style de plus en plus économique de la Warner en ces années 50, laisse à désirer. Et ces dessins animés avec les deux personnages ont tendance à se répéter, quand même...
A l'origine de ce film noir, très noir, qui tranche radicalement sur le reste de la filmographie de Klapisch, une envie, celle de tourner un "film d'hommes", et de rappeler une tradition du film criminel français...Touchez pas au grisbi, de Becker, serait un excellent exemple. Mais un film scorsesien aussi, dans lequel la voix serait celle du ou des truand(s).
Jean (Vincent Elbaz), et ses amis "Lecarpe" (Simon Akbarian), "Loulou" (Dimitri Storoge) et "Mouss" (Zinedine Soualem) sont des gangsters, spécialisés dans le hold-up express. Des coups pas trop ambitieux, préparés aux petits oignons... Pour l'un de ces casses, ils ont pour "mission" de filmer leur exploit, pour se faire un extra. On leur signale une eune cadreuse qui travaille pour la télévision, qui n'a pas l'air d'être trop à cheval sur les principes. Caty (Marie Gillain) se retrouve donc confrontée au monde du crime et de la nuit, en se demandant si elle va savoir faire ce qui est attendu d'elle...
On retrouve ici l'univers de Cédric Klapisch, fait le plus souvent d'une démarche collective (cinq malfaiteurs amenés à évoluer ensemble, tout en préservant leur individualité, parfaitement définie sous nos yeux). Et le maitre mot de ce film dont les forces de l'ordre (comme on dit) sont totalement absentes, c'est bien sûr, comme dans tant de films noirs, la morale...
Mais pas celle qui est commune, et supposée acceptée (?) et reconnue (??) de tous, non, la morale personnelle, celle qui dicte à la minute près nos choix. Dois-je ou non accepter cette proposition qui m'est faite, qui me semble si dangereuse, et si excitante à la fois? Dois-je accepter de porter une arme? Dois-je accepter de procéder à ce qui ressemble fort à de la prostitution? ...Dois-je vraiment presser la détente et supprimer la vie d'un homme? Car si la voix off qu'on entend au début est celle de Jean, dans un début qui renvoie clairement à, Goodfellas (Les Affranchis) de Scorsese, il n'empêche que son point de vue va être piraté. C'est un film d'hommes, avec ses codes, son narrateur, mais qui va être investi par une jeune femme... Et pour Caty le cheminement va être très inattendu.
Il y a beaucoup d'ironie, beaucoup de pression aussi sur le versant moral comme je le disais. Car une bonne part du fiml nous fait suivre avec une certaine crainte les aventures de "Caty chez les hommes", avec le sentiment qu'il va lui arriver malheur. Mais elle devient vite le grain de sable, chez des grands gamins avec des flingues, persuadés qu'ils sont qu'ils vont pouvoir, jusqu'au bout, profiter de la "Baraka". Mais comme le signale Mouss, la baraka, ça a aussi et surtout été de survivre, mais jamais d'éviter la prison, car des quatre bandits, trois en ont fait... Et certains d'entre eux en referont.
Tout en étant l'un des plus graves de ses films, l'humour de Klapisch, et son sens du détail aussi, qui passe par un jeu impeccable (Mouss essayant de concilier ses activités de gangster et son métier de chorégraphe de la nuit Parisienne, Souallem jouant du regard en permanence; Vincent Elbaz, à la fois mûri et intentionnellement trop jeune pour ses pompes en croco, qui joue au caïd sans jamais questionner ses propres choix), se combinent pour détailler les caractères, nous rapprocher ou nous éloigner des personnages. Certes, c'est "noir", mais on n'échappe jamais à la poésie, au timing propres au réalisateur, dont je pense qu'il signait là l'un de ses meilleurs films, même s'il s'agit aussi de l'un des plus atypiques.
La compilation Wonder dogs, consacrée par Kino aux films mettant en scène des chiens dans l'ombre de Rin-tin-tin, l'a parfaitement démontré: les gens raffolaient des films qui mettaient en scène ces animaux de compagnie, le plus souvent en "meilleurs amis de l'homme", et si possible dans des contextes policiers... Ce film en est un exemple. L'accent, d'ailleurs, y est mis sur l'action, à partir d'une intrigue très passe-partout.
Tout y est blanc ou noir, binaire et clairement penchant du côté du mal ou du côté du bien. Alors qu'un valeureux policier (Edward Hearn) secondé de son non moins valeureux chien Peter The Great, agit contre des bandits, l'animal déchire le vêtement d'un homme... Il s'agit du frère de la fiancée du héros, un caissier de banque qui est tombé dans les griffes des malfaiteurs...
Le film est prétexte à des péripéties certes téléphonées, mais parfaitement représentées, par un maître du film d'action à l'époque: c'est lui qui avait réglé la mémorable séquence de la course de chars, dans le Ben-Hur de Fred Niblo, et accéléré le mouvement de manière impressionnante dans The phantom of the opera. Ici, il se livre à l'inévitable poursuite lors de la dernière bobine... Un film qu'on oubliera pourtant très vite...
Un écureuil qui se promène sur une branche, dans un parc, s'avise qu'un magasin vient d'ouvrir, dont le nom est sans équivoque: Nuts. Il est évident que ce que vend l'enseigne, tout simplement, ce sont des noix, de tout ordre... Donc il s'aventure, et va découvrir, toujours de plus en plus grandes, merveille après merveille...
Non seulement The ice age ("L'age de glace" pour les réfractaires à l'anglais) c'est laid comme tout, mais en prime, le principal "atout" de ce film en images de synthèse, à savoir les aventures de l'écureuilmouth Scrat, fut pompé sans vergogne sur ce film: une merveille, lui, d'abord d'animation, de la vraie, et de design. C'est Chuck Jones à son meilleur, avec un crescendo déraisonnable, l'histoire d'un gentil écureuil qui, face à la frustration (il s'attaque à une noix de coco), va devenir un monomaniaque dangereux, à la façon du premier coyote venu...
Chuck Jones démontre ici quelle était sa méthode à l'époque "classique"; partir de Disney effectivement, puis en douceur pervertir et miner son intrigue, en basant toute la narration sur les réactions d'un animal. C'est la même chose, peu ou prou, avec les aventures de Marc Anthony (le chien qui a adopté le petit chat Pussyfoot, une merveille aussi), ou avec les mésaventures du chat Claude...
Le Texas, en 1963: deux prisonniers s'évadent du pénitencier d'état de Huntsville.Lors de leur cavale, ils s'introduisent dans une maison où ils recherchent de quoi manger. Ils tombent neé à nez avec une famille de Témoins de Jehovah, les Perry: une mère seule avec ses trois enfants, deux filles et un garçon plus jeune, Phillip (T.J Lowther). Terry, l'un des deux évadés (Keith Szarabajka), se comporte de façon violente, et son partenaire "Butch" (Kevin Costner) intervient pour l'empêcher de violer la mère... Les deux hommes prennent le garçon en otage, mais très vite Butch se rend compte qu'il faut se débarrasser de Terry avant qu'il ne commette un malheur et s'en prenne au petit...
Toute cette situation de départ va servir non seulement de toile de fond, mais aussi d'une certaine manière de principale couche narrative dans le film, à laquelle Eastwood va ajouter l'équipée pittoresque (on est dans le Sud et même plus précisément au Texas, donc...) d'un shérif chargé de l'enquête: Red Garnett (Eastwood lui-même) a une histoire avec "Butch, qu'il avait mis en prison. Il sait que c'est un voyou, mais pas un tueur... Il est aussi flanqué d'une envoyée du gouverneur, une criminologue (à une époque où c'était vraiment très nouveau)... Celle-ci est incarnée par Laura Dern, et dans un premier temps, on est vraiment à la lisière de la comédie de caractères, avec le vieux briscard qui se paie assez volontiers la fiole de la jeune universitaire... Mais une autre couche de sens donne une tout autre dimension au film, qui pour un peu évoquerait presque une sorte de road movie à la Sugarland Express...
Car c'est 1963, on est au texas, et le président est annoncé: c'est sur fond de visite imminente, en terre hostile, du président Kennedy, dont on sait comment ça s'est fini, que le film se déroule. Ces multiples couches de sens vont à la fois complexifier le film, et le rendre incontournable, car la mise en scène extrèmement fluide et directe d'Eastwood est très à l'aise dans cette histoire d'un gamin élevé dans une famille ultra-rigoriste, et qui est tout à coup confronté à l'aventure, en compagnie d'un homme qui pourrait faire figure de substitut paternel! Mais d'une part, la justice est complexe, et on sait désormais que chez eastwood, elle est toujours au moins à double tranchant: car pour un "Red" Garnett, qui peut savoir que l'homme qu'il recherche n'est pas un fou criminel, et va essayer de le préserver, combien de tueurs fous de la gâchette, comme ces inquiétants agents fédéraux, dont on se demande s'ils sont au Texas pour empêcher qu'un malheur arrive au président, ou pour participer à son assassinat...
Le personnage de Laura Dern humanise un peu plus le film, ainsi que le personnage foncièrement conservateur mais sympathique, de Garett... Derrière son identité de jeune auxiliaire de justice, fraîche émoulue de l'université, se trouve un regard neuf. Et Garett, qui manifeste une évidente hostilité à l'idée de la venue de Kennedy, va montrr un sens de la nuance dans son appréciation de la situation. Si Phillip, qui rêve d'échapper à la religiosité excessive de son foyer, suit de plus en plus volontairement "Butché, il est évident que le mal s'incarne en revanche dans le personnage de Terry, qui lui est un fou dangereux; pourtant il ne survivra pas longtemps à ses pulsions.
Je parlais de Sugarland express tout à l'heure... C'était l'époque où Spielberg s'intéressait à beaucoup de films qu'il ne ferait jamais, dont celui-ci! Et la présence de Laura Dern, tout droit sortie de Jurassic Park, n'est sans doute pas un hasard. Mais le conflit entre la jeune recrue, et le vieux flic avec une morale, vaudrait à elle toute seule le détour, tout comme l'admirable dynamique entre l'évadé et le gamin qu'il prend en affection...
C'est comme ça qu'on fait un très grand film, un film dans lequel un jeune garçon qui n'a rien vu de sa vie, surprotégé par sa mère, se retrouve face à la tentation du mal, une tentation si complexe qu'elle a pris la forme de l'homme le plus aimant qu'il puisse rencontrer. Un film dur, adulte, vénéneux,qui explore magistralement après Unforgiven une nouvelle facette sombre de l'humanité.
Dans la collection erratique et peu glorieuse des films de McKimson avec le coq Foghorn Leghorn, certains films ressortent, principalement par leur casting; c'est le cas de celui-ci, qui introduit le personnage de Egghead, Jr: un poussin surdoué confié à la sagacité douteuse et la sagesse frelatée du grand coq.
Le point de départ c'est que Foghorn pense qu'il a besoin d'amour, et vient courtiser une poule, une jeune veuve; pour lui plaire, il accpte de s'occuper de son petit, qui n'a pas les mêmes conceptions que lui... Le personnage du petit, d'ailleurs réduit à l'essentiel, est formidable justemnt parce que (sans jeu de mots) c'est quasiment une coquille vide, un personnage dont on peut faire ce qu'on veut...
Bugs Bunny est démonstrateur dans un grand magasin: en vitrine, il fait de la figuration pour le rayon des tentes de camping et autres matériels de plein-air. Mais un employé (Un grand costaud, jaunâtre, bref un méchant mémorable) lui destine un autre poste, au rayon... taxidermie.
On note que pour la première fois de sa carrière Bugs Bunny justifie son accent New Yorkais en incarnant un lapin citadin. Un lapin, qui d'ailleurs travaille! Mais au début de ce film, il me semble complètement impensable d'anticiper sur ce qui va suivre, sur le maelström d'absurdité qui s'ensuit.
Certes, c'est un cartoon assez classique sur le fond (un malfaisant veut faire du mal à Bugs Bunny et quand ce dernier s'en aperçoit, il se joue de l'autre comme d'un yoyo), mais il y a ici tellement d'invention, de rythme, et de transgression (l'animation renvoie à l'admirable film The Dover Boys at Pimento University, or the Rivals of Roquefort Hall, lui-même un sommet): ce court métrage est sans aucun doute l'un des sommets de la carrière de Bugs Bunny, et de celle de Chuck Jones aussi!
Les Quatre Diables, des acrobates, sont deux garçons et deux filles, issus de deux fratries différentes, et élevés jusqu'à devenir des artistes talentueux par un père adoptif particulièrement pointilleux... Ils sont très unis, mais avec l'arrivée de l'âge adulte, les ennuis commencent: l'une des deux jeunes femmes, Aimée (Margarethe Schlegel), ressent un amour d'autant plus troublant pour Frederick (Ernest Winar), qu'il ne semble pas se soucier d'elle. Par contre, il est tombé amoureux d'une comtesse qui ne rate pas une seule des représentations, et qui l'a invité à la rejoindre dans sa maison... Frederick en revient épuisé par l'amour, mais commence lors des entraînements à ressentir un vertige qui l'inquiète beaucoup, et ses partenaires également: c'est que pour une soirée de charité très en vue, ils vont effectuer leur numéro de trompe-la-mort sans aucune protection...
Sandberg est en délicatesse avec la compagnie Nordisk Film de Copenhague au moment où il effectue ce film, tourné à Leipzig et à Berlin pour un distributeur Allemand. Il vient de compléter son film le plus ambitieux (tourné en 1918, monté en 1919, et qui ne sortira qu'en 1921), une adaptation de Our mutual friend de Dickens, et doit batailler sur le montage, l'exploitation et tout un tas d'autres choses. On remet en cause sa position au sein de la compagnie, qui lui permettait de mettre en scène des grands sujets sans interférences... Le choix du film tourné en Allemagne est assez ironique, puisque Les quatre diables avait déjà été un énorme succès en Europe en 1911, sous pavillon Danois! C'était une production de Robert Dinesen, adaptée du roman de Hermann Bang, et qui allait ensuite fournir la base d'un film de Murnau aujourd'hui disparu, réalisé à la Fox en 1928...
Mais Sandberg, dont le style passe-partout s'adaptait assez bien à tous les environnements, en fait un film totalement nocturne, dans lequel il focalise toute son intrigue sur l'âge adulte de ses protagonistes, contrairement aux deux autres adaptations qui proposent l'histoire en séquence, en commençant par la jeunesse difficile sous la protection mais aussi la férule du clown Cecchi... L'intrigue est vraiment centrée sur ces deux personnages, plus évidemment celui de la comtesse, qui est essentiellement un type de femme fatale assez fréquent dans le cinéma Européen de cette époque. On retrouve la patte de Sandberg dans l'attention portée aux coulisses du spectacle, saisies dans une volonté de naturalisme qui parfois tranche singulièrement avec le traitement mélodramatique du drame des personnages principaux... Et la main du destin prend la forme, clin d'oeil très itonique, du dessin d'un diable sur un costume de scène, qui est visible dans le miroir lors de la présentation d'Aimée: nous ne voyons, d'ailleurs, que ce diable grimaçant, avant de la voir elle...
C'est sans doute une certaine forme de dépit qui a poussé le metteur en scène à quitter le Danemark momentanément, pour y faire ce film. Il n'empêche, il y est très à l'aise: il y trouve le même ton ironique, caché derrière le mélo, que dans ses deux adaptations du Clown, celle de 1917, mais aussi et surtout sa version de 1926 qui est probablement son plus grand film... Comme ce fameux remake, ces Quatre Diables 1921 ne se contentent pas d'être une nouvelle version d'un film passé de mode (la première version, de 1911, réalisée par Robert Dinesen et Alfred Lind): Sandberg y continue son exploration des coulisses de l'art, des hommes voués par leur aveuglement à l'échec amoureux, et à travers le mélodrame expose une vision noire du monde, parfois baignée de flash-backs qui nous renvoient à la fois à Dickens (dont il venait d'effectuer une adaptation, comme je le disais plus haut) et au feuilleton... C'est donc un film qui lui ressemble!
Et si ce film a été longtemps visible dans des copies incomplètes (notamment une, trouvée en Uruguay, qui réduisait le film à 40% de sa durée, et qui éliminait les flash-backs), et de mauvaise qualité: celle actuellement disponible (pas visible, cependant, sur le site du DFI consacré au fonds muet de la cinémathèque danoise... Sans doute parce qu'il s'agit d'abord et avant tout d'un film allemand!) est superbe, dominée, scènes nocturnes obligent, par un teintage bleu. Elle n'est semble-t-il pas complète non plus, puisqu'on passe abruptement de a fin du troisième acte au sixième... il y a une évidente ellipse, avec une évolution des rapports entre les quatre artistes, mais le "grand final" est là, presqu'intact. Un saut de la mort particulièrement littéral...
La Comtesse Evelyn (Clara Wieth) est sur le point d'accéder à sa majorité, le moment pour elle de commencer à gérer elle-même le budget d'une maison, qu'elle a eu tendance jusqu'à présent, par son insouciance, à laisser dans le rouge. Un administrateur a dépéché un agent (Gunnar Tolnaes)pour établir si les comptes on besoin d'être resserrés ou pas. Ca tourne au bras de fer entre la jeune femme volage, et l'ombrageux fonctionnaire... Sur fond de révolte des employés de la ferme!
C'est le troisième film de Sandberg avec Clara Wieth, et elle commence clairement à passer l'âge de jouer les jeunes premières, mais la grande comédienne s'est prétée au jeu de la comédie sentimentale avec une certaine énergie. Le film est d'ailleurs strictement une comédie, sans jamais s'éloigner d'une dynamique légère: il n'est pas compliqué de deviner très tôt dans le film, dans sa première séquence (un bal masqué lors duquel la jeune femme rencontre, derrière un loup noir, son futur administrateur), que les deux protagonistes vont finir ensemble. Sandberg est sans doute moins à l'aise dans ce genre, sans les noirceurs du drame et du mélodrame, les deux genres dans lesquels il s'est illiustré.
Tout est dans l'ordre, dans un raisonnable revendiqué, avec un petit trait assez fréquent toutefois: quand une révolte des ouvriers et des employés se déclenche (suite à un accident provoqué par la comtesse), l'agent de l'administrateur et la Comtesse se réfugient à l'écart, dans une cabane au fond du parc, où elle va devoir apprendre l'humilité... C'est lors de cette cohabitation forcée entre deux fort caractères, à l'écart du monde, que leur relation va vraiment se révéler... Comme dans d'autres escapades, dans des films ultérieurs de Sandberg (Lasse Månsson fra Skaane, de 1923, ou Kærligheds-øen, de 1924).
Un couple (Aage Fønss et Clara Wieth-Pontopiddan) se marie... mais le fils est appelé en urgence auprès de son père (Albrecht Schmidt) malade, qui a quelque chose d'important à lui dire: aucune femme ne doit entrer dans sa maison, qui est maudite. Pour appuyer ses dires, il lui raconte une histoire lointaine, une légende de famille...
C'est alors qu'un flash-back nous conte cette légende (qui concerne une ancètre qui a trompé son mari violent, seigneur du château: pour la punir, il l'emmure vivante) que le film s'arrête, réduit à la dimension d'une seule bobine... Il promettait d'être un solide mélodrame à caractère mystérieux, comme Sandberg en a fait quelques-un: on se souvient en particulier du très esthétique Kaerlighedens Almagt sorti quelques mois auparavant...
Donc c'est a priori un film superbe esthétiquement, dont l'intrigue ou du moins celle du flashback rappelle le court métrage de 1909 The sealed room, de Griffith, lui-même une variation sur les nouvelles de Poe dans lesquelles une personne est emmurée vivante... Mais il n'en reste hélas que 11 minutes. Elles sont disponibles (avec des intertitres en Anglais sous-titrés en Danois) sur le site Stumfilm, de la cinémathèque danoise, consacré intégralement aux films muets préservés par l'organisme.