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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 17:24

1912 est une année formidable pour David Wark Griffith, qui accumule les oeuvres importantes. Parmi celles-ci, il va faire un pur film de femmes, cru et gonflé, précurseur de Greed, Treasure of the Sierra Madre ou The wind, et dans lequel il va confronter trois de ses actrices au désert: The female of the species.

Dans ce petit drame situé en plein désert, c’est le chaos qui nous est d’abord présenté : une mine désormais improductive ayant fermé, quatre personnes, les derniers, doivent partir : un couple (Charles west et Claire McDowell), la sœur (Mary Pickford) de l’épouse et une troisième femme (Dorothy Bernard). Très vite, le mari va succomber lors de leur traversée littérale du désert, et le sentiment d’abandon, ajouté à des crises de jalousie, ressenti par sa veuve vont attiser la mésentente entre les trois femmes; désormais détentrices de l’autorité puisque l’une d’entre elles a « hérité d’un pistolet par le décès de son mari, elles vont projeter de se débarrasser de la troisième femme. Un événement lointain va leur permettre de regagner une part d’humanité : lorsqu’un couple d’Indiens errants va rencontrer deux prospecteurs blancs, ceux-ci vont abattre l’homme alors qu’il tentait de leur voler de l’eau pour sa femme. Celle-ci va succomber peu après, et Claire McDowell va entendre l’enfant pleurer au loin au moment ou elle s’apprêtait à tuer Dorothy Bernard. L’enfant va redonner une raison de vivre aux trois femmes, mère plutôt qu’épouses dans ce monde ou l’homme n’est pas suffisamment solide pour rester en vie, et leur permettre de survivre au désert. Le dernier intertitre, situé juste avant un plan, dans lequel les trois femmes sortent du cadre, est assez clair: « Womankind »: une humanité réduite à la femme; ce pourrait être le titre du film, tant les efforts de Griffith pour se débarrasser des hommes sont évidents. Ils sont éliminés littéralement (L’Indien, le mari) ou par le scénario: les deux cow-boys qui tuent l’Indien disparaissent aussitôt du film.

Les actrices sont remarquables, peu maquillées, et servies par une caméra toujours plus proche. Pickford fait assez peu de choses, mais soutient McDowell avec un jeu de regards assez intense. Elle fait presque cruelle parfois, en tout cas très endurcie; McDowell est la moins convaincante, quant à Dorothy Bernard, qui joue la moins solide et la plus solitaire des trois, elle a le redoutable honneur de devour jouer la quasi folie, et il est frappant de voir son visage blanc balayé de ses longs cheveux : on voit parfois Lillian Gish en Letty Mason (The wind, Sjöström, 1928). Ce n’est pas un petit compliment… Pour finir sur ce film, on pourrait faire une remarque sur la représentation éminemment freudienne de l’autorité par une arme, mais cela serait probablement redondant. Malgré tout ça va totalement dans le sens du film. Mais laissons Freud de coté, il reviendra dès le paragraphe suivant, et il aura des choses à dire!

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Published by François Massarelli - dans David Wark Griffith Muet Mary Pickford
31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 11:37

On ne fait pas de film seulement avec des intentions et de la bonne volonté... C'est ce que prouve ce deuxième film de Clooney réalisateur qui continue sur la lancée qu'il a lui-même défini avec son premier long métrage Confessions of a dangerous mind, de 2002: il y revient sur l'histoire de l'Amérique dans la deuxième moitié du vingtième siècle, avec un esprit acerbe... Et peu de lisibilité.

A l'ère de George Bush, Clooney choisit de tenter un parallèle avec l'époque du McCarthysme, à travers une anecdote, celle d'un journaliste, Ed Murrow, qui a choisi d'attaquer frontalement le Sénateur Républicain, en démontrant point par point les contradictions internes à son obsession anticommuniste. Le film est structuré en flash-back, alors que Murrow, rangé depuis quelques années en 1958, reçoit une distinction pour son travail. Il revient donc sur la période la plus prestigieuse de sa vie et nous allons assister à la réparation d'une série d'émissions qui feront sensation, mais aussi à certaines des conséquences les plus désagréables pour les journalistes de leurs choix éditoriaux: intimidation, allégations, licenciements, et... suicide.

Dans un noir et blanc un peu trop glauque à mon gout, pour se rapprocher des images d'archives, Clooney privilégie une mise en scène à la caméra au poing, en plans-séquences le plus souvent. C'est cohérent,mais pour ma part, ça tend à ajouter à la confusion ambiante: le spectateur se doit d'avoir une grande connaissance des faits, d'une part, et il est parfois difficile de ne pas confondre tous ces messieurs gris à grosses lunettes qui fument comme des pompiers! Cela étant dit, on apprécie la façon avec laquelle Clooney réussit à faire un peu de suspense avec pas grand chose, ou les petites histoire situées en marge, comme ce couple de journalistes qui cachent leur mariage parce que la chaîne CBS avait une loi interne très stricte qui interdisait les unions entre ses employés.

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Published by François Massarelli - dans George Clooney
31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 11:06

Production de prestige s'il en est, ce film n'est bien sûr pas tout à fait un long métrage réalisé par cinq réalisateurs de renom... C'est l'une anthologie de cinq adaptations de nouvelles de O.Henry, écrivain immensément populaire dont la Fox a souvent tiré des films... Et afin d'assumer le prestige jusqu'au bout, le producteur Andre Hakim a demandé à John Steinbeck lui-même de faire des apparitions dans le film, pour y introduire chacune des histoires. les ambiances sont fort différentes d'un court métrage à l'autre, en fonction bien sur du ton de chaque nouvelle. Mais la compagnie a vraiment mis les petits plats dans les grands en convoquant un casting de rêve... Comme toute anthologie, le film a ses hauts et ses bas, c'est a raison pour laquelle je vais, de façon succincte, plutôt me livrer à une brève description et une courte critique de chaque segment. Pour le reste, le film réussit bien à donner l'impression d'une collection de tranches de vies Américaines, au début du 20e siècle...

The cop and the anthem (Réalisé par Henry Koster, écrit par Lamar Trotti)

Un clochard, interprété par Charles Laughton, décide de se faire arrêter, car l'hier approche... Hélas! il semble que l'humanité soit un peu trop compréhensive pour lui...

Le film se devait de commencer fort: de fait, c'est le meilleur des cinq récits, dominé il est vrai par une prestation mémorable de Laughton... Et une rencontre brève mais fascinante: il a une courte conversation avec une jeune prostituée interprétée par Marilyn Monroe. Le récit est donc enlevé, amer et fortement teinté d'une ironie que n'auront certes pas tous les autres courts métrages du film.

The clarion call (Réalisé par Henry Hathaway, écrit par Richard Breen)

Un policier (Dale Robertson) reconnait un indice dans une affaire de meurtre, qui le renvoie à son passé... Il va retrouver une fripouille (Richard Widmark) qu'il n'a pas vu depuis sa jeunesse, et dont il a deviné qu'il avait tué la victime, et les deux hommes vont mettre toutes leurs cartes sur la table... Et même trop: le policier joue un  jeu très dangereux...

On a là un bon départ vers le film noir, et l'alliance entre Hathaway et Widmark nous permet d'envisager le meilleur.Hélas, si Widmark comme d'habitude vampirise l'écran, son partenaire est un peu faiblard. On appréciera toutefois les notations acerbes sur le salaire de misère que reçoivent les policiers...

The last leaf (Réalisé par Jean Negulesco, écrit par Ivan Goff et Ben Roberts)

Une jeune femme (Anne Baxter) atteinte de pneumonie se laisse mourir, alors que sa soeur (Jean Peters) essaie de l'aider à surmonter sa maladie. la malade est persuadée que lorsque la dernière feuille de l'arbre qu'elle voit de sa fenêtre partira avec le vent, ce sera le signe pour elle de mourir. Parallèlement, leur voisin du dessus, un peintre (Gregory Ratoff), attend vainement de peindre une toile qui ait du sens...

Surprenant, le film est noir à l'extrême. Negulesco l'a uniquement filmé dans un bloc d'appartements, et on quitte rarement la chambre de la mourante. La fin est tire-larmes à souhait, mais ne manque pas de grandeur...

The ransom of Red Chief (Réalisé par Howard Hawks, écrit par  Ben Hecht, Nunnally Johnson et Charles Lederer)

L'unique film court de Hawks, sera le seul segment à être coupé du film! Et pour cause: personne n'y a jamais ri... C'est pourtant assez caustique, mais on manque ici cruellement de personnages à aimer sans doute. Et le metteur en scène a probablement eu du mal à s'intéresser à cette intrigue de deux minables (Fred Allen, Oscar Levant) qui tentent un kidnapping , mais enlèvent un gamin qui va faire d'eux des victimes... Pas très professionnel.

The gift of the magi (Réalisé par Henry King, écrit par Walter Bullock)

La deuxième vraie réussite du film est ce petit conte de Noël, tendre et inattendu. A l'approche des fêtes de fin d'année, un jeune couple (Farley Granger et Jeanne Crain) regrette de ne pouvoir se faire des cadeaux dignes de ce nom, car les temps sont durs... Mais ils vont tous deux trouver des stratagèmes...

On évite les larmes, avec une histoire inattendue, qui joue sur les fétiches des uns et les sales manies des autres, sans se départir du ton tendre choisi par King. Deux aspects de chaque personnalité vont jouer un rôle déterminant: la longue chevelure soyeuse de la jeune femme, et l'obsession du temps du jeune homme. Une fin totalement appropriée pour le film...

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Published by François Massarelli - dans Comédie Henry Hathaway Howard Hawks
29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 09:47

En 1970, Jerzy Skolimowski, qui est parti de Pologne suite à ses démêlés avec la censure, réalise son deuxième film Anglais, et profite du relâchement généralisé de la censure en Europe de l'Ouest pour imaginer une histoire de jeune homme lâché dans le grand bain, si je puis dire, de la vie active, aidé en cela par une jeune femme à tomber par terre. Du coup le jeunot l'idolâtre, et le film, de conte cruel sur l'amour gauche, devient une sorte de tragédie.

La métaphore est simple: Mike (John Moulder-Brown), un ado qui vent de quitter l'école pour travailler, se fait employer dans une piscne d'un quartier populaire de Londres, pour y assister les baigneurs. Il est initié à ce métier par une jeune femme très délurée, Susan (Jane Asher), qui parfois échange avec lui ses services vis-à-vis de certaines clientes. Bien sur, Mike va subir des avances, mais il ne vas pas y répondre: tout ce qui l'intéresse, c'est Susan, et il va donc déchanter quand il va lui falloir admettre que non seulement elle est fiancée, mais en plus elle voit des hommes dans le cadre de son activité professionnelle. Mike, qui n'a jamais eu d'expérience, est de plus en plus obsédé par la jeune femme...

Tout ça est bien sur un voyage au pays des fantasmes d'un ado attardé, dont le point de vue est le principal fil rouge de ce film gentiment foutraque, souvent drôle, et vaguement poétique. La piscine nous permettrait bien sur tout un tas de jeux de mots sur la difficile situation vécue par Mike: il lui faudrait se jeter à l'eau, un peu d'entrainement et il saurait nager etc... C'est assez typique de cette période de libéralisation, voire de libération tout court, lorsque le sexe envahissait non seulement les films, mais aussi les rues des grandes villes, y compris la prude Londres... Mais pourquoi, même en pleine révolution sexuelle, les films doivent-ils condamner un brin ceux qui commettent le péché de chair? Ici, le sort qui leur est réservé est assez peu banal il est vrai.

 

 

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Published by François Massarelli - dans Jerzy Skolimowski
29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 09:17

La série des courts métrages consacrés à la guerre de Sécession, nommée simplement «Civil war» aux Etats-Unis dans la mesure où ils n’en connurent qu’une, est inaugurée en septembre 1909 avec In old Kentucky, un film au scénario hautement symbolique : Selon la filmographie établie par Patrick Brion, « La déclaration de la guerre civile déchire une famille dont les deux fils finiront pourtant par se réconcilier, après avoir combattu dans des camps opposés. » Le choix du Kentucky était dramatiquement important, puisqu’il s’agissait durant la guerre civile d’un état neutre, un état du sud ayant choisi de ne pas faire sécession par prudence, mais dont de nombreux habitants prendront la décision de rallier l’un ou l’autre des deux camps. Le choix permettait à Griffith de conter une histoire qui renvoie à l’âme Américaine avant tout, mais avait une résonance familiale aussi, puisque le metteur en scène était natif du Kentucky, d’une famille dont le coeur, c’est bien connu, penchait franchement du coté de la confédération, son père, Jacob ayant combattu aux cotés du Général Lee. Pourtant, si les films sont nombreux à revenir à cette guerre, il me semble que c’est moins par le coté personnel que par le coté dramatique que Griffith s’est attaché à revenir souvent à la guerre. Après tout, pour Griffith, c’était un terrain rêvé : les histoires de l’ouest Américain et des Indiens l’intéressaient, mais n’avaient pas ce coté fédérateur et historique qu’il recherchait, dans la mesure où il ne les datait jamais, à plus forte raison s’il devait en critiquer les protagonistes blancs : on peut considérer qu’ils étaient à la fois contemporains et historiques. Les sujets bibliques ou renaissance l’intéressaient pour pouvoir faire concurrence aux Européens, mais ils sont bien médiocres, et académiques aujourd’hui ; non, le sujet de la guerre civile était cet élément dramatiquement rassembleur dont Griffith avait besoin pour emporter l’adhésion du public, et comme il tournait des œuvres distribuées sur tout le territoire, il pouvait privilégier les deux cotés alternativement, afin de ne pas s’aliéner le public de la Biograph. Au moment de voir ces petits films aujourd’hui, il faut se rappeler que dans de nombreuses familles, on avait des anecdotes de la guerre civile, cocasses, patriotiques, authentiques ou romancées, vécues ou rapportées par un tiers. Ce sont toutes ces anecdotes qui vont former le matériau de base de ces courts métrages, qui une fois rassemblées représentent une assez bonne vue d’ensemble de l’héritage de la Guerre de sécession, finie 45 ans plus tôt, en ce début du 20e siècle. Toutes ces raisons expliquent pourquoi au moment de passer au très long métrage en 1914, il a choisi une histoire liée à la guerre civile. Le seul problème est qu’il choisira à cette occasion un matériau un peu trop explosif, mais n’anticipons pas.
L’année 1910 est d’autant plus riche en films consacrés à la guerre civile que le public suit. La plupart des films permettent à Griffith, en jouant sur les cordes universellement sensibles de l’honneur, de la lâcheté, de la perte d’un membre de la famille, d’éviter de prendre ouvertement parti pour un camp ou pour l’autre. Tous ces films reposent sur le savoir-faire désormais solide de Griffith, de ses acteurs et de Billy Bitzer, et utilisent à merveille les ressources des décors naturels du New Jersey, en particuliers les collines qui permettent systématiquement à Griffith de donner du relief à ses compositions. La guerre y est présentée comme une fatalité, un déchirement, et on le voit, les thèmes et les tendances qui seront à la base des ressorts dramatiques de Birth of a nation sont déjà là, sauf le racisme, sinon dans la représentation occasionnellement paternaliste (His trust, His trust fulfilled) des esclaves. Et cerise sur le gâteau, Griffith se sent tant pousser des ailes avec la guerre qu’il va tenter son premier film « long », sur ce thème: c’est à la fin de 1910 que Griffith se lance dans cette histoire mélodramatique dont il entend bien faire son premier film de deux bobines. Le format est déjà expérimenté, dans un contexte peu favorable : la plupart des compagnies Américaines freinent autant que possible afin de ne pas dépasser le film d’une bobine, dans le but de ne pas effrayer un public de masse dont on se dit qu’il n’a aucun pouvoir de concentration. Les films Européens d’une longueur supérieure sont encore considérés comme trop sophistiqués ; le plus souvent, ils sont distribués en bobines séparées, lorsqu’ils sont montrés au grand public, mais c’est assez rare. Pas de chance pour les gens de la Biograph, c’est ce modèle que Griffith s’est fixé : il veut, lui aussi, raconter des histoires plus longues. Mais il choisit, pour cette première expérience, un sujet Américain, plus prudemment, et c’est tout naturellement qu’il se tourne une fois de plus, vers la guerre civile. Le (Ou les) film(s) obtenu(s)ainsi représentent la première des trois étapes vers le long métrage pour le futur auteur de The Birth of a nation. Griffith tourne les deux parties en séquence, en novembre 1910, et propose de sortir le tout en une séance. La Biograph n’accepte pas, mais si un intertitre annonce dès le départ du premier film que les deux œuvres sont bien séparées, et peuvent être vues indépendamment l’une de l’autre, on ne peut qu’en douter.

L’histoire racontée est cousue de fil blanc, et concerne une famille Sudiste dont le père part à la guerre. Il confie sa femme et son fils à son esclave George, un « House slave » qui doit être plus ou moins l’équivalent d ’un majordome. A la mort de l’officier, George se sacrifie toujours plus pour protéger la famille, notamment lorsque la plantation est pillée. Il les accueille dans sa cabane lorsque la maison est incendiée par les yankees, et se chargera de l’éducation de la petite une fois l’épouse morte de chagrin, d’humiliation, et d’épuisement...

Le propos de Griffith est de raconter du bon gros mélo qui tache, tout en faisant passer un message sur la fidélité du bon noir et ces braves esclaves qui ont tout sacrifié pour le bien-être de leurs maîtres ; en gros il s’agit de sa vision de la tolérance, mais la vision des noirs en « Black face » qui applaudissent et gesticulent en roulant des yeux le départ de leurs tortionnaires vers la guerre, ou s’enfuient à la vision des diables bleus dont on sait qu’officiellement, ils étaient justement là pour libérer les esclaves, tout cela rend le message problématique. En tout cas, même en situant le point de vue du coté sudiste, on est en pleine Case de l’oncle Tom. Par contre, tout le film (His trust) prend bien le Majordome George pour héros. Sinon, que de gros sabots! Incidemment, il convient de rappeler que la raison qui poussait Griffith à toujours représenter les noirs en les faisant jouer par des acteurs déguisés (Et très mal maquillés) tenait en fait aux lois raciales de plusieurs états qui interdisaient aux hommes noirs de côtoyer des femmes blanches en public. Il fallait donc utiliser des acteurs blancs, et rendre le déguisement aussi visible que possible.

Les différences entre les deux parties (La première se clôt sur l’arrivée de la famille ruinée dans la cabane) tiennent dans le choix des décors : beaucoup d’extérieurs dans His trust, uniquement des intérieurs, et peu nombreux dans His trust fulfilled. Sinon, bien sur, la première partie se situe en temps de guerre, et permet à Griffith d’assurer ce qui est son forte, les scènes de bataille vigoureuses et fédératrices. Mais la deuxième partie s’éternise, et donne le sentiment s’être un étirement forcé ; bref: à vouloir tenter de ménager le public, et à montrer patte blanche en convoquant toutes les grosses ficelles, Griffith a tout raté : non seulement le film est sorti en deux parties en janvier 1911, mais en plus il est très médiocre, surtout vu en continuité : tout pousse à croire que Griffith a choisi de simplifier à l’extrême ses propos, lui qui avait abordé ce même thème avec une réelle sophistication dans les autres films. Néanmoins, il a posé les premiers jalons d’une évolution qui lui permettra finalement de raconter des histoires plus longues, de le faire accepter par ses commanditaires, et par le public, qui ne s’en est jamais plaint. 

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Published by François Massarelli - dans David Wark Griffith Muet
28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 08:48

Après son magistral L'homme à la caméra de 1929, le cinéaste Ukrainien Dziga Vertov a continué à explorer les possibilités documentaires de ce qu'il appelait son "ciné-oeil", et a tout naturellement été tenté d'ajouter le son à sa méthode... Ce film, qui commence par la vision d'une jolie jeune demoiselle qui s'installe sous un casque pour entendre les sons de la nouvelle Union Soviétique, est tout entier dédié à cette tentative d'intégrer une bande sonore à son cinéma. Et on y suit les progrès du socialisme, dans l'Ukraine qui est encore entre l'ancien et la modernité. Le début du film est tout entier consacré à l'abandon de la religion, à travers un maelstrom d'images de foules réclamant la destruction des bâtisses religieuses; puis on bifurque vers les joies des défilés ouvriers, avant un long chapitre consacré à l'industrie, dans lequel le mélange son-image n'a pas échappé à Chaplin, qui préparait Modern times quand il a vu ce film; enfin, comme dans tout bon film Soviétique de l'ère Stalinienne, on finit avec l'agriculture et ses défilés de tracteurs...

Le mélange son-image est il intéressant? Ca oui! Le film, sorti de son contexte, et de son estampille avant-garde militante, a-t-il le moindre intérêt?

...Ca non.

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Published by François Massarelli - dans Ukraine Urss
26 octobre 2016 3 26 /10 /octobre /2016 16:38

"Nevada Smith" est un titre intéressant, mais bien paradoxal: personne ne s'appelle comme ça dans ce film, mais le héros, sommé de donner son nom, cache son identité sous ce nom d'emprunt lors du dernier quart de ce drame sordide de la vengeance... En un prologue et trois actes. Je vais le dire tout de suite: Steve McQueen, qui interprète environ 10 ans de la vie d'un homme, de l'adolescence à la vie d'adulte, joue parfaitement l'ado, oui. Mais physiquement? Difficile à avaler, tout comme le fait qu'il soit moitié Kiowa!

Pas une erreur de casting pourtant, loin de là, l'acteur est totalement dans son registre pour interpréter ce jeune innocent confronté au crime dans un jour de barbarie totale, et qui va y trouver prétexte à une triple mission de vengeance, pour laquelle il va lui falloir s'armer avant tout, car Max Sand n'a rien: ni arme, ni savoir-faire. Il reconnaît avoir bien tué "quelques lapins", mais c'est tout... Mais n'anticipons pas. Max est à quelques centaines de mètres de la maison de son père quand trois hommes (Martin Landau, Arthur Kennedy et Karl Malden) lui demandent le chemin de la mine paternelle: ils lui inspirent confiance, et Max s'en mordra les doigts, car les trois hommes, qui croient que la mine du père Sand regorge d'or, vont torturer et tuer les parents de Max, pour rien... Enfin peut-être pas, car le fait que sa maman soit une kiowa excite leur sadisme. Arrivé sur les lieux, Max brûle la maison et les corps, et part en quête de vengeance. Quelques jours plus tard, il tombe sur un groupe de trois cavaliers, les attaque, mais ce ne sont pas les hommes qu'il cherche. Ils lui donnent une leçon... en l'abandonnant seul dans le désert, sans arme; il tente de se refaire en attaquant un armurier (Brian Keith) mais celui-ci le prend en amitié, et il lui donne quelques rudiments de maniement des armes à feu. De rencontre en rencontre, Max Sand grandit, s'endurcit, et se rapproche de son but: retrouver les trois hommes qui ont commis le crime qui l'a obligé à grandir trop vite...

Le film est un "prequel", celui de The carpetbaggers, de Eward Dmytrik, avec Allan Ladd en "Nevada Smith"; c'est à bien des égards l'histoire d'une initiation, celle d'un homme qui pour une cause juste va se transformer en un tueur aguerri et dangereux. mais en chemin, il va faire d'autres apprentissages: celui de l'amour, auprès de deux femmes (Janet Margolin joue une jeune prostituée Kiowa qui le sauve lors de son premier acte de vengeance, et lors d'un séjour dans un bagne de Louisiane, il côtoie une femme au destin tragique, Pilar , interprétée par Suzanne Pleshette), celui de la lecture aussi, sur un conseil de l'armurier Jonas Cord. Il part de rien, et se forge une vie, celle d'un tueur, oui, mais un tueur qui a une raison de tuer... Ce qu'on ne manque pas de lui reprocher... A cet égard, une rencontre est troublante, celle d'un prêtre sur une mission (Raf Vallone), qui lui fait voir qu'il a le pouvoir de renoncer à sa vengeance... 

Le film est un merveilleux parcours initiatique, dont Hathaway s'amuse à rythmer toutes les étapes d'un certain nombre de codes, le plus évident étant le fait d'éteindre bougies puis lumières, à chaque ellipse... Steve McQueen, ardoise vierge, va tout apprendre et tout expérimenter avant d'arriver à la fin du film, dans une saga fascinante... En attendant de voir s'il renonce ou non à sa vengeance, Nevada Smith est avant tout un très beau western, tourné dans des lieux sublimes, de montagnes en bayou, de désert en plaine, dans les montagnes rocheuses, ou dans les saloons de la frontière. Hathaway profite de l'allègement de la censure pour pousser un peu plus l'enveloppe du western, et McQueen est fidèle à lui-même. Non seulement le film est d'une hauteur de vue irréprochable et d'une intelligence remarquable, mais il vous sera impossible de détacher votre regard tant il est distrayant. Bref, un classique. Un beau... Un gros.

 

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Published by François Massarelli - dans Western Henry Hathaway
26 octobre 2016 3 26 /10 /octobre /2016 09:45

Un monument: adapté d'un roman de Jumpei Gomikawa, le film de Kobayashi met en scène Kaji, un jeune idéaliste mis à l'épreuve de la violence et de l'inhumanité, et étudie les conditions douloureuses de l'éveil de son activisme, qui le conduira à sa perte... Pour ce faire, il adopte une structure en trois parties, qui n'est pas éloignée du mode opérationnel de Peter Jackson pour ses adaptations de Tolkien! Le tournage des trois épisodes a en effet été réalisé en séquence, et si chaque partie a été montrée indépendamment des deux autres, le tout est très cohérent. Le film-fleuve (9 heures et 30 minutes tout compris) a d'ailleurs parfois été montré en un seul service au Japon. On peut noter un aspect peu courant dans ce genre de production: tout y tourne autour d'un personnage, dont le point de vue est l'ancrage permanent choisi par Kobayashi. Bien sur, c'est le cas dans le roman aussi, mais il y a une raison importante pour que le metteur en scène ait ainsi choisi cette assimilation à un "je", interprété par Tatsuya Nakadai (Avec génie, mais cela va sans dire!): cette histoire, et les interrogations qui s'y trouvent, Kobayashi l'a lui-même, du moins partiellement, vécue.

Première partie: Il n'y a pas de plus grand amour (Janvier 1959)

Mandchourie, 1943: Kaji, un jeune pacifiste, sait qu'il va lui falloir partir pour l'armée. Non seulement il désapprouve l'idée de se trouver séparé de sa petite amie, Michiko, mais en plus il est totalement en contradiction avec les idées du Japon impérial, et l'idéologie empreinte de fascisme que la propagande gouvernementale répète à l'envi. Il trouve un compromis: d'une part, il accepte de faire son service en prenant la direction civile d'un camp de prisonniers mandchous; il se dit qu'en faisant cela il pourra peut-être réussir à tempérer la dureté des militaires Japonais vis-à-vis des prisonniers; d'autre part, il se marie avec Michiko, qui peut en effet l'accompagner... Mais la confrontation sera difficile, non seulement avec l'armée qui lui en fera baver, mais aussi avec les prisonniers Chinois, les gardes Japonais comme Corréens, tous plus ou moins corrompus, voire les prostituées Mandchoues utilisées par l'armée Japonaise pour calmer les prisonniers... Kaji a choisi cette option pour éviter l'armée, mais ce sursis ne durera pas...

Deuxième partie: Le chemin de l'éternité (Novembre 1959)

On retrouve Kaji, enrôlé contre son gré dans les forces armées en déroute du Japon qui perd inéluctablement la guerre, mais refuse de l'admettre. Il se retrouve de fait au confluent de trois grands motifs: premièrement, son idéalisme, particulièrement mis à mal alors qu'il est au sein de cette magnifique machine à faire des fascistes qu'est l'armée; son voeu farouche de survivre coûte que coûte, afin d'honorer une promesse faite à son épouse; enfin, l'irrésistible besoin de protéger les autres, quoi qu'il advienne... Le deuxième film est essentiellement consacré à l'entraînement, et à l'abrutissement par la hiérarchie du soldat Japonais, prié de comprendre que même entre deux soldats de même rang, il subsiste un ordre naturel: le plus vieux l'emporte! Ce qui lui donne le droit de faire subir un enfer à l'autre... Alors bien sur, entre simples soldats d'une part, et officiers de l'autre, la partie est jouée d'avance... Kaji est de plus en plus attiré par le socialisme, ce qui rend sa tâche compliquée, lorsqu'à la fin de cet épisode il doit mener une trentaine de recrues à l'assaut contre l'Armée rouge...

Troisième partie: La prière du soldat (Janvier 1961)

Une fois passée la débâcle, la déroute, Kaji abandonne l'idée de retrouver sa position de soldat, et entraîne un certain nombre d'autres Japonais coincés comme lui en Mandchourie occupés par les Soviétiques... Et il reprend sa quête (Retrouver son épouse) en essayant tant bien que mal de conserver son humanisme pourtant sérieusement mis à mal... Sa philosophie est simple: avancer, car Michiko est au bout du chemin, emmener avec lui (Et protéger) tous ceux qui se retrouvent dans sa quête, mais ne jamais se compromettre. Comme dans le reste du film, c'est surtout contre les militaires Japonais que Kaji doit se battre, ou contre ceux qui vont se compromettre au détriment des autres. Ca ne l'empêche pas, une fois fait prisonnier, de constater que les Russes ne sont pas les idéalistes humanistes et libertaires qu'il attendait... 

On nous montre les mines de fer de Mandchourie, les camps de prisonniers ou de militaires (la même chose), les champs de blé, les forêts, les champs de bataille du conflité Russo-Japonais: abandonnant la peinture du Japon urbain d'après-guerre qui avait fait le succès de ses premiers films, Kobayashi impose un devoir de mémoire à ses compatriotes, dans un film qui oppose un idéaliste, pacifiste et humaniste, qui n'a de fait aucune idéologie, juste une sorte de réflexe d'humanité, qui refuse systématiquement de faire ce qu'il estime mal. On le voit dès le début, à travers sa relation avec Michiko; avant le mariage, il se refuse à profiter de la situation et de coucher avec elle, même s'il en crève d'envie, car ce serait cruel de le faire alors qu'il peut partir à l'armée à n'importe quel moment...  Tout va être, chez Kaji, sacrifice et réflexion, mais personne ne lui dictera jamais sa conduite. Le premier volet est sans doute le plus réussi des trois, dans a mesure ou il semble y avoir un espoir pour Kaji et ses idées... Le deuxième volet est moins magistral, un peu trop redondant, mais Kobayashi souhaitait vaincre par K.O. et assène les coups avec une violence rare... Et d'est l'armée qui prend. Bien sur, l'armée Japonaise de 1940 n'est sans doute pas la même que celle d'aujourd'hui... Bien sur, on nous dira que cette vision de l'armée est révolue, etc etc etc... Le but de Kobayashi est de montrer que de toute façon la fonction même de l'armée est nulle et non avenue, car la machinerie y fonctionne à vide. La troisième partie nous montre une armée qui n'a plus de buts, et qui semble destinée à s'auto-détruire, alors que le cesser-le-feu a déjà été prononcé. 
C'est rare de voir, comme dans ce film, le conflit de ce point de vue: on a généralement des images du conflit Américano-Japonais, mais La condition de l'homme nous rappelle que le petite empire du soleil levant s'est aussi mouillé en Asie du sud-est, défendant "ses" territoires en Mandchourie contre les avancées de l'armée rouge. Et Kaji s'en redn bien compte, autour de lui, le conflité est essentiellement idéologique; il s'agit non pas de défendre les populations, qu'elles soient chinoises ou japonaises. L'idée est d'empêcher les idéaux démocratiques et/ou communistes (Le film nous montre bien que les deux ne sont as toujours compatibles, Kobayashi évitant aussi bien l'angélisme que la naïveté) d'interférer avec les traditions Nipponnes proto-fascistes... Et si Kaji découvrira qu'il n'y pas lieu de se jeter dans les bras des Russes, il sera amené à admettre que de deux mots il fait parfois choisir le moindre... Et se rendra aux Russes.
 
La narration, centrée autour d'un seul et même personnage, est faite de longs passages, entrecoupés d'anecdotes. le montage, parfois, se fait plus bref, avec quelques scènes jamais résolues. Une grande partie du combat, de l'intrigue, se fait, ne l'oublions pas, dans la tête du personnage principal. Tout dans le film nous fait adopter le point de vue de Kaji, ses tentatives, ses espoirs... Et ses échecs. Tuer un homme, pour lui, y compris en guerre, est une compromission inacceptable, mais il doit s'y résoudre...
 
S'il est un motif de mise en scène qui domine, ce sont les compositions de ce magnifique écran large (C'est du "Grand Scope", une version peu coûteuse du système anamorphique en vigueur dans beaucoup de pays), au centre desquels la tête de Tastuya Nakadai domine. Le film est tourné très majoritairement en extérieurs, et l'évolution des personnages est principalement une régression, vers l'hiver. Mais alors que la toute première scène de la première partie a été elle aussi tournée en hiver, dans un ville, l'hiver de la troisième partie est inhumain et invivable. Kaji s'y retrouve seul, tentant par tous les moyens de rejoindre Michiko, s'enfonçant plus avant dans la neige, le froid et la faim. 
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Published by François Massarelli - dans Masaki Kobayashi
26 octobre 2016 3 26 /10 /octobre /2016 09:25

Une femme, un homme: Hideko Takamine et Masayuki Mori se sont connus durant la guerre, et courent après leur histoire commune. Le Japon en miettes ne peut pas les aider, pas plus que les conventions, et encore moins eux-mêmes. Les deux fragilités s'affrontent en cherchant désespérément un territoire commun, au gré de flash-backs orchestrés de main de maître.

Comme si souvent chez lui, ce film de Mikio Naruse adopte le point de vue d'une femme, Yukiko. A la fin de la guerre, elle a tenté de joindre n homme avec lequel elle a eu une brève, mais torride, histoire d'amour. Il lui avait vaguement promis de quitter son épouse, mais celle-ci est là et bien là, et la donne a changé. Se sentant coupable auprès de sa femme, Kengo Tomioka n'est plus enclin à continuer sa relation avec Yukiko, et va essayer de l'éloigner... Mais l'adultère, cahin-caha, va continuer, avec des périodes d'éloignement durant lesquelles les amants vont se retrouver avec d'autres personnes, et d'autres, de rapprochement, durant lesquelles la passion, toujours vivace, va reprendre ses droits...

La chronique, comme dans Histoire d'une femme, est effectuée avec recours à des flash-backs soudains. Jamais annoncés, ils viennent éclairer l'amour de Tomioka et de Yukiko d'un jour nouveau. On y voit surtout le comportement souvent rustre de Tomioka, qui semble tout faire pour éloigner la jeune femme, dès leur première rencontre. Il y est aussi vu souvent comme un prédateur, un homme incapable de se contrôler, dès qu'une jeune et jolie femme passe à sa portée... Encore une fois il s'agit d'une mélange entre une vision sans concession de la masculinité Japonaise, et du point de vue d'une femme amoureuse sur son amant...

Hideko Takamine trouve dans le rôle de Yukiko une de ses plus grandes caractérisations, et le style de Naruse, tout en douceur, passe par la confrontation entre deux désespoirs résignés, plus que par le conflit et les cris. La douleur de ce couple maudit pré-date l'intrigue du film, et il est clair que les deux protagonistes se sont lancés dans leur amour, comme dans un baroud d'honneur. Ils vont essentiellement vivre leur passion en se terrant dans des quartiers délabrés, comme on cherche refuge dans un passé révolu, entre bains et hôtelleries... Les deux y laisseront des plumes, et l'un d'entre eux la vie... 

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Published by François Massarelli - dans Mikio Naruse
25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 19:03

Comme The unchanging sea, Ramona ou The girl and her trust, ce court métrage fait partie des premières oeuvres tournées par Griffith en Californie, et d'emblée on est frappé par l'usage dramatique qui s'impose, des scènes dans le désert, à ces petites villes (San Fernando, une ville authentique, mais qui semble un décor de western pur!) qui sont utilisées pour fournir un maximum d'authenticité. le film est un pur mélo, qui repose sur des ficelles un peu grosses, mais d'une certaine façon les qualités du film effacent volontiers les ratés.

Un vieux prospecteur fatigué (W. Chrystie Miller) et sa fille (Marion Leonard)sont dans le désert Californien. Ils ont trouvé de l'or, et s'apprêtent à rentrer chez eux, mais alors que la fille s'est éloignée, un vagabond (Dell Henderson) vole l'or et tue le vieil homme accidentellement. Il erre dans le désert, et s'écroule, mais il est sauvé... par la jeune femme, qui après avoir juré de confondre l'assassin de son père, a fait route vers la ville. Ils rentrent tous deux, et sot attirés l'un par l'autre... Mais que va-t-il se passer quand Marion va découvrir qui est l'homme qu'elle a sauvé?

Laissant ses acteurs gesticuler dans tous les sens, Griffith sait que son décor rachète tous les excès. On est curieux d'imaginer ce que Mary Pickford aurait pu faire d'un tel film, mais en l'état il est déjà puissant, et paradoxalement, on y sent, 9 ans avant, des bouffées du trésor d'Arne de Mauritz Stiller...

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Published by François Massarelli - dans Muet Western David Wark Griffith