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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 10:02

Même si au regard des sommets de l'oeuvre de Borzage ce film reste une petite étape pas très significative, il n'en reste pas moins que c'est un des meilleurs films de la période Warner du cinéaste, nettement plus riche que les petits véhicules pour Dick Powell et Ruby Keeler par exemple. Stranded est un confluent nourri de trois tendances: d'abord les films Warner taillés pour les deux stars George Brent et Kay Francis; ensuite, c'est un film qui reflète plutôt bien la ligne "politique" pro-Rooseveltienne du studio en cette fin d'années 30, lorsque la politique volontariste et les grands travaux vont être mis en valeur sur l'impulsion de Jack Warner; enfin, bien sûr, le film est marqué par l'humanisme de Frank Borzage, même si celui-ci n'a pas trouvé ici matière à exprimer tout ce qu'il a sur le coeur...

Lynn Palmer (Francis), une jeune femme privilégiée, travaille pour une organisation caritative, Traveler's aid, qui aide les oubliés de la crise à trouver une place. Elle est très engagée, et doit non seulement affronter la misère, mais aussi le regard condescendant des autres gens de sa classe, qui la prennent de haut: deux d'entre eux se font particulièrement entendre dans le film: Velma Tuthill (Patricia Ellis) est une jeune femme de la haute société qui utilise le bénévolat pour échapper à sa mère, et faire à peu près ce qu'elle veut, et Mack Hale (Brent), un ingénieur, n'a pas de mots assez durs pour fustiger une occupation inutile, qu'il assimile à une charité absurde, considérant que si les gens veulent travailler, ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes. Mais si Mack Hale, engagé dans la construction du Golden Gate (qui prit quatre ans, de 1933 à 1937), est un meneur d'hommes strict et rigoureux, c'est aussi un ancien flirt de Lynn. Les deux se revoient, tombent amoureux, et se lancent dans des joutes verbales sur leur opposition,jusqu'au jour ou celle-ci devient un obstacle à leur mariage... Lynn va pourtant faire beaucoup pour montrer la voie à Mack...

Portrait d'une femme avant tout, ce film prend sans vraiment s'en cacher le parti du volontarisme de Lynn, dès l'ouverture du film qui montre le 'traveler's aid' en action, mais aussi ses limites, puisqu'un vieil homme se suicide devant Lynn pour échapper à la spirale de la charité. A ce niveau, Borzage a du mal à fournir des images qui vont au plus profond de la crise: tout au plus verra-t-on quelques 'breadlines', des queues de sans-abri, et une visite dans un asile pour femmes seules, dont l'essentiel est filmé depuis un lit. Mais 'véhicule' oblige, Lynn et Mack vivent dans des intérieurs élégants, et vont à beaucoup de parties...

Un aspect plus réussi du film est la peinture du travail, en particulier sur le chantier du Golden Gate, particulièrement bien reproduit dans le film. Mais l'intrigue culmine dans une lutte entre Mack, ses ouvriers et une organisation syndicale marron, qui prone le sabotage par les ouvriers du chantier. Habile à ménager la chèvre progressiste (Mack Hale ressort comme un patron généreux, assisté ici par une madone qui ouvre son coeur et ses mains aux gens en période de crise) et le chou conservateur (le syndicat représenté dans le film se fiche bien de l'outil de travail et prone une lutte de classes imbibée de méthodes mafieuses), le film est prenant, riche d'un rythme soutenu, sur ses 75 minutes. On sait que Borzage aimait à prendre son temps, donc il manque certainement des éléments qui lui auraient permis de plus s'impliquer. Pas de sacré ici, juste un engagement de l'un(e) des protagonistes, qui convainc l'autre. A ce titre, si on adore Brent en grognon permanent, sa conversion est un peu rapide... Quant à Kay Francis, elle est comme d'habitude une dame "de la haute" habitée par la grâce, et s'en sort malgré tout très bien.

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Published by François Massarelli - dans Frank Borzage
6 mai 2012 7 06 /05 /mai /2012 16:55

Royal Tenenbaum est un dandy vieillissant, revenu de tout, et qui n'a rien réussi, traversant la vie en affichant un mépris souverain pour les règles et les convenances, détaché de sa famille qu'il voulait nombreuse, mais dont il n'a pas su éviter les crises: marié, il a eu deux enfants, et en a adopté une autre. Mais Chas, Richie et Margo ne se sont jamais remis de leur impressionnante précocité, pas plus sans doute de la fuite du domicile familial de leur père mis dehors par une épouse qui en avait marre de ses infidélités. Après avoir été respectivement un financier génial (Chas), un champion de tennis (Richie) et une dramaturge reconnue (Margo), tous ont commencé à s'essouffler, et le temps a fait le reste. Les cassures de leurs vies se sont symboliquement traduites par d'authentiques fêlures: Margo, qui s'est mariée à un médiocre psychologue dépassé par les événements et qui poursuit des ambitions étranges (Notamment écrire un livre sur un pré-ado imbécile), a perdu un doigt dans des circonstances étranges; Richie se coupe les cheveux (Qu'il porte longs depuis toujours, c'est un tennisman) avant de tenter de se suicider, et Chas ne met plus de costumes, il porte en permanence un jogging rouge qu'il impose aussi à ses deux garçons. Son épouse est décédée, et il a pris la décision de revenir au domicile familial.... C'est la période durant laquelle Royal revient lui aussi, en prétextant qu'il va mourir. Il a surtout envie d'empêcher Etheline, son épouse, de se remarier avec un homme qui lui, a réussi: Henry Sherman, en effet, est un homme du monde à succès. C'est le début d'une folle et chaotique période pour la famille Tenenbaum...

Le choix des acteurs, dans la famille Anderson (Luke et Owen Wilson, Bill Murray, Seymour Cassel) ou pas (Gene Hackman, Ben Stiller, Gwyneth Paltrow, Anjelica Huston pour sa première collaboration avec le cinéaste) est parfait. Chacun a su faire sienne la manière étrange, dénuée d'expression directe des émotions, de vivre les psychodrames, qu'on les personnages du petit cirque intime et burlesque du réalisateur. Le scénario, co-écrit avec Owen Wilson (qui s'est ménagé un rôle annexe, celui d'Eli, un voisin qui ambitionne de 'devenir un Tenenbaum'!) est en fait une variation sur les mécanismes de l'échec, la médiocrité après la puissance, la déconfiture, et le renfermement sur soi, qui réussit d'une part à être drôle, grâce à un savant univers de décalages en série (Les trois clones en jogging, les errances de Margo, en fourrure, qui promène son rictus Keatonien de cigarette en cigarette, les "souris dalmatiennes" qui envahissent la maison sans que personne ou presque n'y prête attention), et une légère exagération Lubitschienne. Surtout, la tendresse naturelle du metteur en scène revient mettre suffisamment de bon ordre la-dedans pour qu'on finisse par croire avoir assisté à une histoire édifiante. Ce film, l'un des meilleurs de son auteur, est une étape indispensable, un objet fascinant, dominé par le jeu sur les ambitions littéraires (Chaque personnage est présenté par un livre qu'il ou elle a écrit), et c'est un sacré roman...

 

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Published by François Massarelli - dans Wes Anderson Comédie Criterion
5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 10:45

Après le soap-opera homosexuel à tiroirs, autobiographique et transgressif, de La mauvaise éducation, Volver constitue en apparence un retour à la comédie, un retour aux femmes aussi après leur quasi-absence du film précédent. Plus encore, il s'agit aussi d'une déclaration d'amour aux femmes, mères, filles, grand-mères, tantes, restauratrices, meurtrières ou prostituées... et d'un film, une fois de plus, gonflé: mort brutale, mensonges, trahison et inceste débouchent sur une vision rassérénée du monde, un monde dans lequel les femmes sont plus fortes parce qu'unies, en paix avec elles-mêmes, en paix avec le passé, et enfin, débarrassées des hommes. Donc la comédie n'est pas à proprement parler si légère que cela, mais le public a fait un triomphe au film, l'un des plus beaux de son auteur. Tour de force puisque cela reste une oeuvre dans laquelle par exemple, un lien dans le temps entre une femme et sa mère qu'elle croit disparue s'exprime, dans l'émotion basée sur un souvenir olfactif: l'odeur des pets maternels... Et pourtant on n'a pas tant que ça l'impression de provocation; d'une part, on est habitué, d'autre part la force des sentiments, la puissance des actrices sont magiques et font magnifiquement leur travail.

Raimunda (Penelope Cruz), originaire d'un petit village, vit avec sa fille à Madrid. Elle a perdu ses deux parents dans un incendie, mais garde un lien fort avec le village natal, puisqu'elle se rend souvent en compagnie de sa soeur Soledad (Loa Dueñas), et de sa fille Paula (Yohana Cuobo) au cimetière, et visite sa tante restée seule; celle-ci est un peu gâteuse, mais les accueille toujours avec gentillesse. Raimunda, dont la fille est née de père inconnu, s'est mariée avec Paco (Antonio de la Torre), un homme pas vraiment admirable. Celui-ci tente un soir de molester Paula restée seule avec lui, et Paula le tue avec un couteau de cuisine. En rentrant et en découvrant ce qui s'est passé, Raimunda prend illico la décision, d'une part d'assumer la responsabilité, d'autre part de cacher la mort de Paco. Elle va utiliser le congélateur du restaurant en voie de fermeture dont un ami va lui confier la garde. De son coté, Soledad au même moment apprend la mort de la tante Paula. le jour de l'enterrement, alors que Raimunda reprend le restaurant, Soledad découvre que sa mère (Carmen Maura) est bien vivante, et cache un secret bien lourd à porter...

J'ai tenté ici, sans grand succès, de rendre compte d'un scénario qui a tout pour être extrêmement embrouillé, mais qui est aussi clair dans son déroulement que captivant. La part belle est faite aux femmes, et dans le cadre de cette intrigue on découvrira des faits peu glorieux, cachés par le passé, mais qui établissent une étonnante filiation entre la maman qui se fait passer pour morte, Raimunda qui a si longtemps été fâchée avec sa mère, la petite Paula, et la figure tagique de Agustina (Bianca Portillo), la voisine de la vieille tante Paula, dont la mère a disparu la nuit de l'incendie. Almodovar s'amuse à enfouir de façon ludique une intrigue finalement pas très compliquée à deviner dont les différentes implications vont lier à tout jamais les femmes, qui dans ce film, c'est une évidence, enterrent tous les hommes, comme le dit quelqu'un au début du film, lors de la scène du cimetière. Sinon, Almodovar a recours à des ficelles de son univers, et si on peut dresser un parallèle avec Talons Aiguille, à travers la sacrifice potentiel de Raimunda pour Paula, si on constate une nouvelle fois le recours à un intermède musical (la chanson Volver) qui renvoie une fois de plus à la culture populaire Espagnole, le lien le plus fort avec le reste de l'oeuvre reste quand même le fait que l'histoire vécue par Raimunda était déja l'objet d'un roman qui joue un rôle dans le film La fleur de mon secret...

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Published by François Massarelli - dans Pedro Almodovar
5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 09:36

Après la sortie de Cleopatra en 1963, Mankiewicz est au plus mal: épuisé par un tournage délirant, mal à l'aise face à la somme de compromissions que le film représente, dépité devant le peu de lui-même qu'il estime rester dans le film fini, et probablement encore plus déprimé par le sort commercial peu glorieux du film.... The honey pot, dans ces conditions, représente la tentative par le cinéaste de reprendre le pouvoir, et s'il n'est pas un très bon film hélas (Qui a ses adeptes, par ailleurs), il est aussi en décalage par rapport à la période. The honey pot, tout en intégrant une part de la liberté de ton alors en vigueur, semble malgré tout en sérieux décalage face à un Hollywood gagné par la contestation, qui s'apprète à aborder le cas du Vietnam, à cesser d'ignorer les minorités, à repésenter la liberté sexuelle... On n'attend d'ailleurs pas vraiment le cinéaste sur ces terrains. Mais Mankiewicz choisit pour son retour, et son dernier scénario  original, une adaptation de la pièce Elizabethaine de Ben Jonson, Volpone or the Fox. Bien sur, elle est mise au goût du jour, et tellement citée dans le film que la mise en abyme est très repérable.

 

Pour son film, Mankiewicz a des idées, à foison; surtout, il envisage de créer une sorte de millefeuilles, avec une couche de Volpone, une couche de film policier, et une couche de commentaire off par un narrateur, perturbé par certains protagonistes, qui se donneraient le droit d'interrompre le film à loisir. Si les preneurs de décision (En cette fin des années 60, on hésite assez franchement à écrire 'le studio'...) ne voudront absolument pas de cette solution, il en reste quelque chose quand même, dans la dernière bobine du moins. De plus, le film, à 150 minutes, sera jugé trop long par à peu près tout le monde, exploitants, producteurs, public, critiques... Sauf Mankiewicz. Il a donc été coupé, et officiellement, il en existe trois versions: une, donc, conforme aux désirs de Mankiewicz après production, de 150 minutes. Une de 131 minutes exploitée en Grande-Bretagne (Et qui correspond à l'actuelle version souvent montrée), et une version courte, Américaine, de deux heures. On n'a aucune preuve de l'existence de la version longue, mais soyons franc: dans la version de 131 minutes, le film est, déja, fort long... ce qui, on le reconnaitra, n'est pas très bon signe.

 

Cecil Fox (Rex Harrison), un homme de goût, est installé à venise, ou il engage un jeune Américain, William McFly (Cliff Robertson), pour, prétend-il, se livrer à une petite farce théâtrale, qui lui permetra de voir quelle est son image auprès de trois femmes qui l'ont aimé: Mrs Sheridan (Susan Hayward), une riche Américaine qui a été jusqu'à se marier avec lui, Merle McGill, une actrice inculte en perte de vitesse (Edie adams), et Princesse Dominique (Capucine), une noble déclassée qui entend, comme la précédente d'ailleurs, profiter de l'aubaine. La farce consisterait à laisser croire aux trois femmes que Cecil est mourant, alors que bien sur il se porte comme un charme. Mrs Sheridan vient en compagnie de Sarah Watkins, une infirmière ingénue qui veille constamment sur elle (Maggie smith), et un autre personnage va venir compléter la distribution: l'inspecteur Rizzi (Adolfo Celli), qui interviendra dans le film dans la mesure ou Mrs Sheridan va être tuée... de farce, le film se transforme alors en une petite énigme à tiroirs, avec deux morts à la clé...

 

Entièrement filmé en intérieurs ou presque, le film donc n'hésite pas à clamer ses sources, puisqu'il commence par une représentation de Volpone donnée pour Cecil Fox seul, celui-ci décidant de quitter le théâtre avant la fin: il connait la pièce, dit-il. Sinon, l'acteur William McFly a suffisamment de culture pour repérrer le renard (Fox/Volpone) et la mouche (McFly/Mosca) assemblés par Cecil à l'imitation de la pièce de Ben Jonson, et assume sans trop de problème le rôle du manipulateur Mosca dans le film. Le jeu de dupes, comme il évoluera dans les deux films suivants, du reste, fluctue en permanence dans la deuxième moitié du film, avec des rebondissements en mode mineur (Pas de charge de cavalerie dans ce film délicat, bien sur...). Mais comme pour les deux films suivants donc, qui voient les personnages mentir, manipuler, trahir, on peine à s'intéresser à tout ça. Je confesse, après trois visions de ce film, qu'il m'ennuie au plus haut point, comme d'ailleurs les deux suivants. Mankiewicz est-il un homme fini après Cleopatra? j'ai, à titre personnel, ma réponse... Lorsqu'il abat enfin sa carte qu'il croit maitresse, et qu'il envoie un Rex Harrison post-mortem pour commenter la fin de son film, Mankiewicz ne fait que compliquer inutilement un écheveau sans queue ni tête: c'est triste.

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Published by François Massarelli - dans Joseph L. Mankiewicz
25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 13:56

"Je sais ou je vais", affirme de façon péremptoire l'héroïne de ce film, qui tient autant du conte que du voyage initiatique, de la comédie romantique que du fantastique. Les personnages bardés de certitude, chez Michael Powell, on en rencontre beaucoup, de l'impayable Colonel Blimp à Lermontov (The red shoes). les autres personnages, ceux qui s'en vont chercher quelque chose, quelque fois loin, et qui le trouvent parfois, sont aussi légion, il suffit de voir Black Narcissus, A matter of life and death, Age of consent, A Canterbury tale voire le moyen They're a weird mob pour s'en convaincre. La rencontre maintenant entre un univers cohérent, microcosmique, et le spectateur, qu'il y ait un personnage qui serve de passeur (Tous les simples soldats Allemands dans 49th Parallel, James Mason pour Age of consent, Deborah Kerr pour Black Narcissus, par exemple) ou non (The edge of the world) est aussi un motif fréquent. Ces trois tendances se retrouvent dans ce beau film, l'un des meilleurs, et les plus aboutis du duo magique Powell-Pressburger...

Ceux-ci ont résolu de commencer le film de façon extravagante, par un prologue qui nous fait attendre une comédie de caractères. C'est un trompe-l'oeil, relayé par un générique génial, fait de vignettes sur la vie du personnage principal, qu'on voit bébé, puis fillette, puis adolescente, dans son environnement, accompagnée d'une voix off qui nous donne un renseignement de choix: elle a un caractère bien trempé, et elle sait ce qu'elle veut, et bien sur, "ou elle va". Ces vignettes sont entrecoupées de plans d'objets, véhicules, affiches sur les murs, qui forment des transitions entre les plans, et contiennent les crédits du générique. Le rythme, le ton, tout donne en effet l'impression d'un film léger, citadin même, ce que semble confirmer la première bobine: très découpée, la séquence concerne une conversation dans laquelle Joan webster (Wendy Hillyer) assène sa dernière décision à son père, dans un restaurant ou ils se sont donnés rendez-vous: elle va se marier avec un homme riche, et part en Ecosse pour ce faire. tout est arrangé. le père se désespère, accuse le coup: il connait sa fille... ensuite, elle part, et le voyage en train est l'occasion pour Powell et Pressburger de nous montrer la jeune femme en proie à une rêverie Disneyienne dans son compartiment... Mais le passage du train, parti de Manchester, vers l'Ecosse, est aussi le signal d'un changement radical dans le film; le montage se calme, l'univers peint par les cinéastes a changé, le personnage aussi, mais elle ne le sait pas encore: au nord de l'Ecosse, coincée à terre en attendant que le temps change et que le bateau l'emmêne vers l'ile habitée par son futur mari, qu'elle n'aime pas, elle ne sait pas qu'elle n'aboutira pas au bout de ce voyage-ci. Un homme, interprété par Roger Livesey (Colonel Blimp), un paysage magnifique, et des fantômes venus du passé, des traditions folkloriques et des légendes ancestrales, vont la faire changer d'avis, bien malgré elle...

Comme dans The edge of the world, le magnifique film-matrice par lequel Michael Powell a radicalement changé son cinéma en 1937, celui-ci est donc situé en Ecosse. mais là ou le film de 1937, sous une influence presque Flahertyenne, s'attachait à montrer la misère et la fin d'un monde, celui-ci nous plonge dans une Ecosse qui résiste à tout: à l'invasion Anglaise, à la misère, au déplacement forcé de la population (des protagonistes sont entre deux missions pour la guerre, par exemple); une Ecosse ouverte exubérante, dans laquelle le gaëlique envahit le langage, et les traditions et croyances perdurent ainsi que la soif de les partager. En somme, un pays qui a résisté au temps comme la région de canterbury dans A Canterbury tale... Mais il s'agit de peindre l'amour, dans une optique Britannique. une fois de plus, Powell fait mentir le méchant Truffaut en montrant qu'on peut effectivement montrer des personnages très Britanniques en proie à l'amour, et à ce titre, Joan est Anglaise, très Anglaise: lorsqu'on lui fait la remarque qu'elle est très "comme il faut" ("Proper"), elle assume: "Je prends ça pour un compliment". Mais ce n'est pas péjoratif, justement; en effet, sous l'emprise de la région, elle saura voir la beauté, contrairement à d'autres "colons" Anglais, et ira jusqu'à reconnaitre ses torts... La passion de Joan et Torquil, exprimée au travers d'un regard, n'attend pas très longtemps, elle nous explose au visage, à travers la tension amenée par les acteurs, Roger Livesey et Wendy Hillyer. Les excentriques qui les entourent, tous attachants, fournissent un brin de comédie, mais la façon dont Powell mobilise les vieilles pierres et la nature, aussi bien accueillante que rageuse (Le tumulte dun ruisseau en crue qui empêche le silence de respecter les conversations téléphonique dans la cabine téléphonique la plus mal placée du Royaume-uni, ou le bruit incessant du tourbillon, symbolique des passions, n'en doutons pas, qui menacent d'engloutir l'écervelée Anglaise et l'homme auquel elle essaie de résister) est une fois de plus superbe. Largement tourné sur place, dans des conditions qu'on devine difficile même si elles furent certes moins spartiates que The edge of the world, le film bénéficie aussi d'un montage serré et qui sait laisser leur place aussi bien au lyrisme, à l'exubérance (le cinéma de Powell est l'un des plus énergiques du monde!), qu'à une certaine mélancolie contemplative...

Et en plus, après l'irruption miraculeuse de trois joueurs de cornemuse, la plus jolie des fins vient dessiner un dernier sourire au visage des spectateurs, qui ne sont pas habitués à ce que ce genre de passion finisse... bien.

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Published by François Massarelli - dans Michael Powell Criterion
24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 19:00

Qu'est-ce qui rend ces westerns de Mann avec James Stewart si attachants, pour ne pas dire plus (Les adjectifs ne manquent pas, bien entendu)? Leur cohérence interne ainsi que les uns vis-à-vis des autres, le parcours profondément humain du personnage principal, généralement tiraillé dans ses affections, sa chair, son idéologie, voire ses projets, ou tout simplement tout ça à la fois... Le décor récurrent, pas les mêmes endroits, non, mais de la montagne, de la neige comme ici, et de la rocaille du Sud-Ouest présente dans Winchester 73 à l'Alaska de ce film, une palette d'endroits pas souvent explorés par le western justement, mais pourtant historiquement marqués, et qui contribuent à l'impression d'une nature-témoin, un thème récurrent chez Mann. Et puis les visages du mal dissimulé derrière une figure amicale ou familiale, quand ce n'est pas fraternelle... Et au milieu de tout ça, la quadrature du cercle résolue par James stewart, en pleine vengeance, ou en croisade ultra-personnelle, ou tout simplement déterminé à creuser son sillon seul contre tous, mais toujours aussi flamboyant et séduisant, même avec des meurtres accrochés à ses basques...

Dans The far country, aux couleurs soignées, on est donc partis pour l'Alaska, et Jeff (Stewart) est en conflit avec sa nature de redresseur de torts, qui contraste avec sa décision libertarienne avant la lettre de ne se mêler de rien d'autre que de ce qui le regarde. Il va croiser la route de deux femmes, une femme-enfant d'origine Française (Corinne Calvet) qui est manifestement entre deux ports, et une femme plus aguerrie (Ruth Roman) qui prend facilement les devants, mais dont le manque de scrupule et les mauvaises fréquentations lui seront fatals. Enfin, il partage son temps entre amis (Dont Walter Brennan dans son propre rôle!!) et ennemis dont le dangereux Gannon, un juge aux manières si amicales, ce qui ne l'empêche pas de promettre la pendaison. un portrait de la frontière du Nord, en Alaska, un pays aux mains des moins scrupuleux, en devenir donc. James Stewart va y remédier, bien sûr... mais il faudra longtemps lui demander!

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Published by François Massarelli - dans Western Anthony Mann
21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 18:46

Non, décidément, cette période Warner n'est pas vraiment le moment le plus important de la carrière de Borzage... Pourtant, ce film taillé à l'origine comme un véhicule pour les deux stars maison (Kay Francis et George Brent), qui ont tous deux tourné avec tous les metteurs en scène Warner, Curtiz en tête, avait beaucoup d'ingrédients pour se transformer en un film propice à inspirer le réalisateur, et on retrouve sa touche sur de nombreux aspects du scénario, et du film. Mais il est insatisfaisant sur trop de points pour qu'on se risque à comparer plus avant. Et pour commencer, il me semble que le film souffre d'être conçu en plein au moment ou le code de production se raidissait, d'ou l'impression d'une oeuvre aseptisée, par rapport aux films pré-code du réalisateur, qui étaient libres, Man's castle en tête. Ainsi, ici, a-t-on de nouveau deux amoureux dont la passion emporte tout, mais qui vont sagement dans une vraie église, avant de se retrouver dans un boui-boui... en fait, une petite maison cossue, avec deux lits bien sagement séparés d'un mêtre.

 

Ensuite, le scénario souffre d'un problème grave: il est vide... pas d'enjeu ici, juste un constat: Terry Parker, qui a perdu sa famille dans un accident (dont il est la cause, mais cela n'est jamais souligné), dont il est sorti miraculeusement indemne, a désormais l'impression d'être dans une sorte de purgatoire, et désire profiter de la vie ("Vivre sur du velours") en se livrant à tous les caprices... jusqu'au jour ou il rencontre Amy, qui l'aime aussi. Puis ils se marient, puis font semblant de se chamailler... et on cherche cruellement un antagoniste, un vrai: oh, bien sur, le meilleur copain (Gibraltar, joué par Warren William) est l'ancien fiancé éconduit... mais comme son nom l'indique, il va être le trait d'union entre les deux amants, et va leur donner sa bénédiction , ainsi que de l'argent par un stratagème. Alors le seul antagoniste réel, c'est la passion pour le danger de Terry, mais même ce point n'est développé que tardivement.

 

Alors bien sur, Borzage réussit, ça et là, à s'imposer: il nous montre le coup de foudre, de façon frontale, sans tergiverser (Il n'en a pas le temps, le film fait 77 minutes); il nous ressort le schéma de Cendrillon, avec la marraine-bonne fée jouée par le personnage de Warren William; il montre que les deux amants n'ont pas de temps à perdre, et doivent se marier sans attendre; ils les montre, avant le mariage, partageant une étrange intimité, avec Kay Francis qui attend sagement dans la salle de bain, pendant que George Brent prend sa douche, et les montre heureux en amour jusqu'à ce qu'un soudain afflux d'argent vienne tout gâcher. Mais tout ça n'est pas suffisant, on peine à suivre ces personnages sensés incarner une certaine marge, mais qui sont bien souvent invités à des soirées et des cocktails... L'irruption d'un miracle, à deux reprises (Au début et à la fin), dans le film, n'y fait pas grand chose: bien que franchement supérieur à son prédecesseur Flirtation walk, le film laisse peu de chances à Borzage de s'imposer.

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Published by François Massarelli - dans Frank Borzage
20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 18:44

Ca tient à peu de choses: Kurosawa s'est porté acquéreur de l'histoire originale afin de produire le film pour un autre, puis s'est passionné au point de construire une mini-ville, avec un hopital à l'ancienne, tout compris, plafond et murs, et a méticuleusement passé deux ans à réaliser ce film, qui est devenu de fait presqu'un testament. Je dis presque, parce qu'il faut quand même rappeler qu'après Barbe rousse, il a réalisé pas moins de sept films, dont certains peuvent être considérés comme des chefs d'oeuvre, sans erreur. Mais le film est une somme humaniste, une sorte de résumé de ce que Kurosawa pensait, si on veut, condensé en trois heures fascinantes, qu'on ne voit pas passer...

 

XIXe siècle, à Edo (Future Tokyo) le jeune médecin stagiaireNoburo Yasumoto (Yuzo kayama) est amené à entrer au service du docteur Niide, dit Barbe rousse(Toshiro Mifune), dans une clinique qui s'occupe principalement de clients pauvres. Il est très remonté contre la terre entière, rêvant d'un poste plus prestigieux, mais va vite se rendre compte que le médecin qui l'aide à se former est un être exceptionnel, et cela va radicalement changer sa vie, sa vision du monde, et pour couronner le tout ses ambitions... Impossible de résumer le film plus avant sans être frustré devant la difficulté de la tâche. C'est avec ce genre de films qu'on se rend compte, si on en doutait au préalable, que Kurosawa était l'un des plus grands conteurs de son art. dans un Scope luxueux, et toujours magnifiquement composé, Kurosawa nous entraine à la suite du médecin récalcitrant, qui assiste au quotidien au spectacle de la bonté. On tremble, tant ce genre de films peut être torpillé dès le départ par les bons sentiments, mais ce serait oublier, d'une part, que Kurosawa ne se contente pas d'aimer les personnages, il aime aussi leur pudeur, et Toshiro Mifune compose un vrai personnage de sage à la John Ford... Ce serait d'autre part ne pas se rendre compte que si les sentiments ici sont certes très positifs, le réalisateur n'a pas pour autant pris de gants avec la représentation de la diffilcuté, dans le parcours initiatique du jeune médecin: la mort d'un vieillard, une tentative de meurtre perpétré par une jolie nymphomane doublée d'unemante religieuse, une opération sanglante et aux antipodes du glamour, sur une jeune matiente nue qui se démène en perdant ses boyaux, la mort d'un autre patient, veillé par tous ses amis patients de l'hôpital... Chaque étape du parcours enfonce le clou d'une humanité malade mais riche, pauvre mais enrichissante, qui renvoie le jeune homme à sa vacuité personnelle. Il faut voir la belle histoire d'Otoyo, la jeune adolescente sauvée du bordel, qui va être un défi d'envergure pour Noburo, mais qui va aussi profondément le changer; il faut voir cette séance de bourre-pifs réjouissante, au cours de laquelle Toshiro Mifune montre que quand "Barbe rousse" n'est pas content, il y a du Sanjuro en lui...

 

Bref, pour ce dernier film en noir et blanc, une nouvelle fois l'histoire d'un passage de témoin, et d'un apprentissage aussi bien pratique que philosophique, qui sera un triomphe, justifiant les dépenses folles (Kurosawa avait donc construit une ville avec des vieux matériaux ayant l'air aussi authentiques que possible, mais ne filmera que peu de scènes extérieures...) après coup, Kurosawa réussit une fois de plus un film admirable, beau à tomber par terre. Ca devient une habitude...

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Published by François Massarelli - dans Akira Kurosawa Criterion
18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 17:10

Prévu donc pour être le dernier muet de Lloyd, Welcome danger est à la place devenu son premier parlant... Le film, très long, avec 113 minutes, est une curiosité, pas éloignée de nombreux films de 1929, qui accusent visiblement le fait d'être des raccomodages de dernière minute: on sait que Lloyd avait fini le film au moment ou la décision a été prise de la sonoriser, et par moment le bricolage se voit. Sinon, bien sur, la durée exceptionnelle tient à l'arrivée du son, et à l'intention de donner du dialogue aux personnages, ce qui on va le voir n'était pas une très bonne idée... Mais on remarque aussi que dès le départ, le film se voulait une sorte d'antholgie Lloydienne, à la fois bucolique et citadine, une comédie de caractère comme d'habitude, matinée de moments de mystère et d'enquête. Voici donc un retour sur cet étrange film...

Harold Bledsoe est un botaniste excentrique, qui se rend à san Francisco suite au décès de son père. Ce qu'il ne sait pas, c'est qu'on va lui confier la direction de la police à laquelle le vieux Bledsoe s'est illustré des années durant, très respecté de ses hommes. En chemin, il rencontre une jeune femme (La mutine Barbara Kent) dont évidemment il tombe amoureux. tout ce petit monde, à san Francisco, sera aux prises avec l'inquiétant Dragon de Chinatown, un chef mafieux dont l'identité reste secrète, en dépit du travail de longue haleine du vieu ledsoe pour le démasquer...Le benêt réussira-t-il à relever le défi?

Bledsoe, c'est un condensé de plusieurs personnages de Lloyd, des nâïfs et des distraits, mais aussi certains parmi les plus durs: on constate qu'il a une faculté d'adaptation assez importante. Mais il a aussi une imperméabilité à l'ironie méchante des autres, qui ne voient en lui qu'un nigaud... Ce qu'il est. Flanqué de Noah young en fidèle agent faireè-valoir, il va pourtant résoudre l'énigme... le film aurait pu être un bon Lloyd, qui louche peut-être un peu du coté de The cameraman de Keaton avec ses séquences situées à Chinatown, mais qui se traine décidément en longueur... L'ajout de dialogues rend le tout deux fois plus long, tout simplement... Et la comédie physique, ici souvent mise à contribution, n'avait pas besoin de ces interjections censées rajouter du réalisme, et qui fatiguent. Mais le film ayant été largement tourné avant d'être parlant, on a au moins la chance d'avoir ici de nombreuses scènes, synchronisées ou non (et le travail est dégoutant à ce niveau, bien sur), dans lesquelles le visuel prime, c'est une consolation. Parmi les meilleures scènes, la rencontre avec Barbara Kent est pleine de tendresse et renvoie un peu à Girl Shy. Mais Roland Lacourbe cite les aventures de Noah Young et Lloyd dans Chinatown, qu'il estime être le meilleur du film, je peine à le suivre: cette séquence de 25 minutes épuise vite son intérêt.. Pourtant, une scène géniale y figure, durant laquelle Young et Lloyd se retrouvent dans le noir, plusieurs minutes... ultime pied de nez au parlant? Sans doute pas, hélas.

 

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Published by François Massarelli - dans Harold Lloyd Comédie Pre-code
18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 16:46

Lorsqu'en 1939, Stagecoach est sorti, le public a pu avoir le sentiment que Ford était en quelque sorte de retour chez lui, après avoir quitté le western en 1926 avec Three bad men.. Du reste, à la Fox entre 1920 et 1926, seul un autre western de Ford, vendu comme un film de prestige plutôt que sous le patronage de ce genre mal considéré, était sorti: The iron horse (1924). Donc, entre 1926 et 1939, Ford a tout fait ou presque: seuls trois genres ont échappé à son savoir-faire, le western donc, le musical et le film fantastique. Pour le reste, films d'aventure en tous genres (The black watch, The lost patrol, Air mail), évocations de l'après-guerre (Four sons, Pilgrimage), films dramatiques et historiques (Arrowsmith, The prisoner of Shark Island, Mary stuart), chroniques et drames Irlandais (The informer, The plough and the stars), films d'aventures exotiques (The hurricane), comédies (Judge priest, Steamboat round the bend), films de gangsters (Reckless, Up the river) et films de guerre (Seas beneath, Submarine patrol)... Mais si le réalisateur est surtout à l'aise dans le western, son savoir-faire est souvent intact, et certains de ces films, aussi mineurs soient-ils, valent la peine d'être vus, sans parler de ceux qui ont été établis à l'égal de ses chef d'oeuvres de l'ouest, notamment les trois films avec Will Rogers.

 

Four men and a prayer fait partie de la veine la plus légère de Ford; on y est loin de l'ouest et de la cavalerie, voire de l'Irlande. Cette histoire de famille unie qui cherche à laver l'honneur d'un homme mort trop tôt, en distribuant des baffes au passage, ne lui ressemble pas beaucoup, et le film a mauvaise réputation. C'est pourtant un spectacle souvent plaisant: quatre frères d'une noble famille Anglaise souhaitent laver l'affront fait à leur père, qui a été conduit à démissionner de l'armée suite à une manipulation. L'homme est mort, mais ses quatre fils ne croient pas à son suicide, et flanqués de la fiancée de l'un d'eux, les quatre fils enquêtent: George Sanders, Richard Greene, David Niven et William henry, assistés de Loretta Young: celle-ci se greffe sur l'équipée, mais se révèlera finalement intimement liée au drame, sans qu'elle en ait eu l'idée auparavant. Le scénario, prétexte à montrer les quatre frères aux prises avec le monde entier, ressemble souvent à un rève, dans lequel il ne faut chercher ni logique ni vraisemblance. Trois acteurs Fordiens récurrents ont des rôles plus ou moins importants: Barry Fitzgerald, qui déclenche une homérique bagarre dont je suis sur qu'elle n'était pas dans le script, John Carradine et Berton Churchill. Et les quatre frères sont des chamailleurs invétérés, les trois plus grands s'en prenant sans cesse au plus jeune pour un bizutage permanent que n'auraient renié ni Victor McLaglen, pour l'ensemble de son oeuvre, ni John Wayne en Ethan Edwards... Plaisant, donc, et terriblement distrayant.

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Published by François Massarelli - dans John Ford