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19 octobre 2024 6 19 /10 /octobre /2024 09:37

Une vallée en Arizona, à deux pas de Monument Valley, a inspiré des promoteurs qui y ont ouvert un lieu de colonisation... Mais les colons successifs vont se frotter aux habitants des lieux, des Apaches de plusieurs familles (antagonistes) qui ne sont pas disposés à les laisser s'installer.

Ici s'arrête la dimension "racontable" de ce film de trois heures... pour s'en tenir à son "premier chapitre", le seul sorti. La sortie du deuxième a été pour l'instant annulée...

On a beaucoup parlé de ce film forcément, d'abord parce que Kevin Costner, acteur plus que compétent et après tout fort estimable, n'avait pas sorti de film personnel depuis 20 ans, et surtout c'est le metteur en scène-auteur de Dances with wolves. Mais ce dernier, sorti en 1990 et accueilli en triomphe, avait beau être un long film, c'était surtout "UN" film. Ici, on nous en annonce trois autres... 

Le projet est très ancien, Costner a toujours voulu mettre en chantier cette saga, et le développement en a été très long. Mais le plus fou, c'est qu'il ait été mené apparemment, du moins pour les deux premiers chapitres semble-t-il, au bout.

Mais le film aussi est long, ce qui n'est pas un problème en soi, je ne vais évidemment pas vous faire une liste des chefs d'oeuvre avérés qui dépassent les trois heures de visionnage. Seulement pour faire un film de 180 minutes, il faut intéresser le spectateur, un minimum d'attraction est nécessaire. Ici, on revendique de raconter une histoire, mais elle se noie dès les premières secondes dans la tentation de la contemplation fascinée de ces paysages westerniens fabuleux.

On en vient à ce paradoxe: un western long, magnifique à voir, mais étiré au-delà de toute possibilité pour le spectateur de comprendre ce qu'on lui raconte, ou de s'intéresser à ces redondances systématiques. En Anglais, on le traiterait d'indulgent, et on parlerait de "mess of a film". D'ailleurs, c'est ce qu'il en est dit. 

Les vraies questions, dans ces conditions, seraient plutôt "va-t-on oser sortir la suite?"... et "qui, de toute façon, irait la voir?"...

 

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Published by François Massarelli - dans Western Kevin Costner
17 octobre 2024 4 17 /10 /octobre /2024 18:51

Pour en finir une bonne fois pour toutes avec la collection de Billy Bevan sortie récemment sur Blu-Ray, voici donc le dernier film, uniquement disponible sous la forme d'un bonus absolument dégoûtant: qualité douteuse, tant pour l'image que le son (c'est l'unique film parlant de l'édition), et sous-titres français imposés... Ce n'est pas non plus un bon film, et pour mémoire le titre sera repris par un court métrage Looney Tunes (réalisé par Norman McCabe) en 1942...

Billy Bevan, son épouse (Rosemary Theby), leur grand fils (Spec O'Donnell) et son petit frère (Billy Barty) vont au zoo où l'adolescent attend que son père l'aide sur un futur devoir de sciences et tout le monde y fait la preuve de son indiscipline autant que de son inculture...

Il y a eu un âge d'or de la comédie muette, dans lequel Mack Sennett a joué un rôle fondamental. Et les films du studio ont accompagné à leur façon l'évolution cinématographique, jusqu'à devenir assez sophistiqués, sans jamais perdre leur science du grand n'importe quoi. Mais j'ai toujours trouvé que les films parlants sortis au début des années 30 étaient abominablement ratés, à quelques exceptions près. Bevan et O'Donnell, cinq années avant, étaient des comédiens doués du muet, chacun à leur façon. Bevan en particulier avait une capacité à utiliser son corps, et aucun scrupule à se ridiculiser, qui lui donnaient une énergie incroyable dans des films qui auraient été bien moindres sans son apport... Ici, on les gâche.

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Published by François Massarelli - dans Comédie Mack Sennett
17 octobre 2024 4 17 /10 /octobre /2024 07:30

Deux appartements, deux couples: d'un côté, Vernon Dent et Natalie Joyce sont un couple marié de fraîche date, mais monsieur est tellement jaloux... Qu'il a tendance à facilement dégainer son révolver! Et de l'autre, Billy Bevan et Alice Ward sont déjà un vieux couple et monsieur irrite facilement madame, ce qui a pour conséquence de lui donner envie d'aller voir ailleurs.

Pour adoucir son épouse, pourtant, ce dernier lui achète un cadeau: un pyjama fripon, rose... Qui va tomber, avec le mot doux qui l'accompagne, dans les mains de l'autre femme. Bon, il y aura des conséquences...

C'est routinier, même si on se réjouit du fait que ces rééditions des films de Billy Bevan sont aussi souvent des résurrections: la plupart d'entre eux étaient perdus ou apparaissaient irrémédiablement mutilés. Mais bon, Bevan en séducteur, sans que ce soit aussi hallucinant que Ben Turpin (oui, moi aussi je trouve ça louche), ça lasse un peu et les films semblent pilotés par une formule un peu trop facile. Reste le jeu fabuleux de Vernon Dent et sa colère rentrée, doté d'une arme... Et sinon, le rôle de Natalie Joyce lui fait essayer nuisette après nuisette, il n'y aurait pas une intention salace derrière cette idée?

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Mack Sennett
16 octobre 2024 3 16 /10 /octobre /2024 15:34

Toujours dans un registre nettement plus sophistiqué que les comédies de poursuite et autres accumulations de gags, ce film tardif du studio Mack Sennett, réalisé par Harry Edwards (qui avait été assez souvent le réalisateur des comédies interprétées par Harry Langdon pour le studio) repose sur une idée proche de celles qu'on retrouvait dans les comédies "conjugales" de Charley Chase... ou Laurel et Hardy.

D'ailleurs, comme pour insister sur ce point, la moustache de Billy Bevan est nettement moins extravagante que d'habitude!

Un mari est tenté d'être volage (Billy Bevan) et son épouse (Carmelita Geraghty) décide de le bluffer lors d'une soirée où elle apparaît beaucoup plus sophistiquée qu'elle ne l'est à la maison. Elle provoque sa jalousie...

C'est soigné et drôle, en particulier lors d'une séquence d'ombres chinoise où l'épouse joue sur les illusions pour alimenter la jalousie de son mari. Maintenant, le principal problème de ce film reste qu'on puisse croire un seul instant que Billy Bevan ne puisse pas regarder Carmelita Geraghty... Ca parait quand même dur à avaler!

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Published by François Massarelli - dans Muet Mack Sennett
16 octobre 2024 3 16 /10 /octobre /2024 15:23

Billy Foote (Billy Bevan) est professeur de danse... Il apprécie particulièrement son métier qui le met en contact avec des bataillons de jeunes femmes de belle allure... Son épouse, qui l'accompagne au piano, un peu moins! Il reçoit la visite d'une élève potentielle (Thelma Parr) qui lui demande de lui donner des leçons à domicile, mais elle l'avertit que son mari est très jaloux...

On voit où ca va aller, mais ce qui est remarquable, pour un film Sennett, c'est qu'une très large part du film se déroule, sans aucune poursuite et sans trop d'exagération, dans un salon où quatre hommes jouent au poker. L'un d'entre eux est Billy Foote, qui croit échapper au mari de la dame mentionné plus haut; un autre est le mari, le vrai: c'est Vernon Dent. La film, en plaçant de façon savante un certain nombre d'éléments, a permis à cette situation d'être claire et nette...

Et le film est une lente mais inexorable montée vers l'inévitable confrontation, qui repose pour l'un (Dent) sur la colère rentrée, et l'accumulation de frustration, ainsi pour l'autre (Bevan) que sur la réalisation progressive et troublante de la vérité de la situation. On se croirait presque chez Hal Roach, dans un Charley Chase!

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Published by François Massarelli - dans Muet Mack Sennett Del Lord
14 octobre 2024 1 14 /10 /octobre /2024 21:53

C'est étrange de devoir maintenant parler de Michel Blanc au passé. Et de savoir qu'il a été principalement célébré, à l'occasion de son décès prématuré, comme étant un personnage des Bronzés... Raison de plus pour se pencher sur ce film, qu'il a réalisé en 1994, c'était d'ailleurs son deuxième long métrage, 10 ans après Marche à l'ombre...

Et c'est un drôle d'objet, tourné sur un script dû aux talents conjugués de Blanc, son amie Josiane Balasko, qui d'ailleurs joue dans le film, et Bertrand Blier. Sur ce dernier, je n'ai habituellement pas grand chose de tendre à dire... Mais le fait est que son impulsion a probablement permis à cette histoire rocambolesque d'acquérir un sacré mordant!

Michel Blanc file un mauvais coton: il change d'avis comme de chemise, et en profite, à chaque fois qu'il est seul avec une collègue actrice, pour la peloter et plus si affinités: Matilda May, Charlotte Gainsbourg et Estelle Lefébure manquent d'en faire les frais. Mais quand il séquestre Josiane Balasko, puis la viole, il est arrêté! Sauf que... ce n'est pas Michel Blanc, mais un sosie qui a vécu dans son ombre depuis des années, et a décidé de réclamer sa part du gâteau... Les ennuis ne font que commencer, pendant que Michel Blanc (le vrai) se lance dans une enquête pour sauver sa réputation, en compagnie de Carole Bouquet...

Belle idée, vraiment, qui "sauve" le metteur en scène en même temps que l'acteur: et si ce film avait été motivé par une grosse déprime, un de ces bourdons qui vous empêchent d'avancer? Ce n'est pas moi qui le dis, mais l'agent Domnique Besnehard, dans une conversation avec l'acteur: "et si tu faisais un nouveau film, depuis Marche à l'ombre on t'attend!"... En s'offrant un détour par le miroir aux alouettes du cinéma, et en jouant son propre rôle dans son propre univers, l'acteur nous fait part d'une angoisse existentielle inédite.

Mais Blanc choisit, en restant constamment réaliste, et en sacrifiant au flou artistique sur la vie privée de ses vedettes ("Les parents de Michel Blanc" sont interprétés par des acteurs, et sinon dans le milieu tout le monde se connait et dîne chez tout le monde), de ne pas se voiler la face, et aborde des points qui pourraient s'avérer sensibles: la chasse aux autographes qui porte sur les nerfs; les propriétés dans le Lubéron, vraies ou fausse; les intérieurs Parisiens cossus sur les grands boulevards; la fuite discrète en confortable Alfa Roméo; et un appartement à deux pas de la Tour Eiffel. Et le final, bien qu'il parle de deux hommes à terre, se déroule quand même sur la terrasse du café Le Flore... (là où tu me dis je t'adore)

Et pourtant, le film reste, au-delà d'une comédie à la forme extravagante mais sous contrôle, un véritable chantier de réflexion sur la question de l'acteur. Qui est-il, qui est-elle? Sont-ils des autres, peuvent-ils être des doubles? Et si un autre prend ma place, qui suis-je? L'acteur, et avec lui rien moins que Philippe Noiret, nous livre en une conclusion ouverte, très digne, la clé de ce drôle de destin, que d'aucuns choisissent par passion: jouer, on ne peut pas s'en empêcher. Et s'il le faut, et que les circonstances vous mettent des bâtons dans les roues, on est prêt à recommencer à la base... 

La part de Blier est probablement dans l'impeccable méchanceté du dialogue, et la noirceur de l'ensemble, qui tranche vraiment sur les films des gens du Splendid... Ceux-ci sont vus dans une belle scène, où leur unité de façade créérait, dans les circonstances, presque un malaise... Mais ce film est à des coudées au-dessus. Blanc, acteur et cinéaste, avait beaucoup, beaucoup de talent... et pas que des algues dans le slip.

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Michel Blanc
14 octobre 2024 1 14 /10 /octobre /2024 18:37

Deux musiciens (Billy Bevan et Dave Morris) dans la galère ont des soucis avec leur logeuse (Patsy O'Birne). Par ailleurs, ils ont tous les deux des sentiments pour la fille de cette dernière (Natalie Kingston) mais elle est fiancée à un lutteur (Kewpie Morgan). Inévitablement, un match à trois se profile...

Sympathique, et sans prétention, le film est un rappel de l'importance de la boxe dans le cinéma, en particulier dans les films anciens... Tout mène à un final qui va permettre aux deux clowns d'affronter la grosse brute, à la façon Sennett... Sympathique, même si ce n'est sans doute pas un très grand film...

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Published by François Massarelli - dans Muet Mack Sennett
14 octobre 2024 1 14 /10 /octobre /2024 18:25

Un avocat doit faire passer un héritage (un magasin de grand luxe) à deux personnes, à la condition express qu'ils ne soient mariés ni l'un ni l'autre... L'une, donc, Madeline Hurlock, vient de convoler en justes noces avec Kewpie Morgan; l'autre, un cocher (Billy Bevan), va se marier avec Sunshine Hart qui l'a séduit avec ses tartes. Quand il les contacte, ils font croire à l'avocat qu'ils ne sont pas mariés, et vont semer la pagaille dans le magasin...

C'est une bonne idée, et un scénario qui se tient drôlement bien. Tout en étant fidèle à la manière de Del Lord (gags physiques, plus c'est gros plus ça passe, utilisation savante et millimétrée d'animation cartoonesque), le film reste concentré sur l'intrigue et nous intéresse à c qui est bien plus qu'un prétexte simple. Le studio Sennett a toujours été un endroit dans lequel le contraste entre les classes sociales était, même de façon très caricaturale, présenté sous un jour formidablement positif... Ici, avec ces deux héritiers opposés (la jeune femme est plutôt bourgeoise, et Bevan, comme d'habitude, est un anachronique chevalier de la débrouille), c'est clair.

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Published by François Massarelli - dans Muet Mack Sennett Del Lord
13 octobre 2024 7 13 /10 /octobre /2024 15:09

Le début de ce film est perdu: on y apprend que Billy Bevan, qui est chauffeu, est marié avec Madeline Hurlock, mais celle-ci ne peut trop le révéler, car elle est actrice de cinéma et son contat stipule qu'elle ne peut être mariée durant le tournage du film sur lequel elle travaille. Mais le mari a du mal à gérer la façon dont son épouse passe ses journées dans les bras d'autres... Et c'est d'autant plus compliqué qu'il est engagé pour conduire sur les tournages.

C'est l'un de ces nombreux films qui permettaient, chez Sennett, de voir l'envers du décor, et de parodier pour le plus grand bonheur du public, la façon dont les studios des années 20 fonctionnaient... Ils sont souvent formidables et formeraient presque un genre à eux seuls!

Et le titre s'explique par le fait que lors d'un tournage, un lion appartenant au studio s'infiltre sur les tournages et dans la vie des protagonistes. Il y a donc sinon des cascades, en tout cas beaucoup de gags assez typiquement proches du cartoon, ce qui est assez courant sur les films de Del Lord.

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Published by François Massarelli - dans Mack Sennett Muet Del Lord
13 octobre 2024 7 13 /10 /octobre /2024 14:55

Un étrange vaisseau s'échoue sur une plage. L'armée s'apprête à accueillir les astronautres qu'il contient. Mais ce sont des chimpanzés... Cornelius, Zira et Milo, trois singes qui vivaient dans "la planète des singes", quelques millénaires dans le futur, se sont échappés lors de l'épocalypse nucléaire qui a scellé le destin de la Terre...Voir (si vous y tenez) le film Beneath the Planet of the apes à ce sujet!

Donc on inverse le principe de Taylor - Charlton Heston arrivant des millénaires apès son siècle sur une planète hostile, en confrontant les chimpanzés du futur aux humains de 1975. Le film, au vu de ce que le précédent accomplissait, n'avait à l'origine aucune raison d'être, mais existe car la Fox ne souhaitait pas arrêter la franchise lucrative. 

Donc d'un côté, le renouvellement profond que permet l'inversion des valeurs (deux singes qui parlent chez les humains) a au moins l'avantage de faire rebondir la réflexion du premier film, et de questionner la destinée de la race humaine en même temps que d'évaluer sa vraie identité; de l'autre, le film se vautre dans un prêchi-prêcha de salades philosophiques, en évitant soigneusement (pas autant certes que le deuxième volet) de toucher à l'humour... Bref, un film tout, sauf indispensable. Qui aurait pu être le dernier, mais...

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Published by François Massarelli - dans Science-fiction