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7 mai 2014 3 07 /05 /mai /2014 09:26
Sons of liberty (Michael Curtiz, 1939)

Ce petit film de 21 minutes est un retour sur la vie d'Haym Solomon, un immigré Juif qui avait participé à la Révolution Américaine, celle que l'on appelle ici la "Guerre d'indépendance". Solomon s'est engagé non seulement à titre personnel, mais a aussi beaucoup oeuvré pour que les Juifs du nouveau monde soutiennent Washington... Il est mort dans la misère après avoir littéralement tout donné à la cause...

La Warner avait un département de courts métrages (Une ou deux bobines) très actif durant les années 30, comme d'autres studios du reste, mais le principal but de l'unité était de fournir des compléments de programme, ou éventuellement d'y tester les compétences: par exemple, Don Siegel y a fait ses premières armes. C'est donc une surprise de trouver au générique de ce petit film la signature de Michael Curtiz, l'un des noms les plus prestigieux de la firme... Mais ça s'explique assez facilement:

D'une part, le studio souhaite faire passer un message, et fat donner l'artillerie lourde. Curtiz, c'est un peu le prestige incarné à la Warner, les films avec Flynn, l'aventure mais aussi l'histoire... Et le metteur en scène est incapable de s'engager sans vraiment y mettre le paquet! Comme la WB tend à faire preuve d'une méfiance que d'autres studios ne partagent pas à l'égard des totalitarismes Européens (La MGM freinait par tous les moyens toute tentation de réaliser des films qui dénonçaient la condition difficile des Juifs sous le nazisme, par exemple), le cour métrage ne pouvait pas être conçu comme un projet sans envergure. Et d'autre part, Curtiz a toute sa carrière durant rappelé son attachement à la peinture des peuples en exil, qu'ils soient forains, résistants, juifs persécutés, pirates, corsaires, criminels en fuite, mère célibataire... Le metteur en scène a beaucoup bourlingué, de Budapest à Hollywood, en passant par VIenne et Berlin: il connait l'antisémitisme, et il sait ce que le totalitarisme peu faire, puisqu'il l' a vu à l'oeuvre en Hongrie. Même s'il s'en es vaguement défendu à l'occasion, c'était un éternel cinéaste engagé, à sa façon. Ici, il a fait sienne la nécessité affichée par le studio.

Pour le reste, l'impression globale est celle d'une miniature, un film qui donne un peu l'impression d'aller à l'essentiel en réduisant les anecdotes au maximum. Mais sans jamais lésiner sur les moyens: les acteurs de renom (Donald Crisp, Vladimir Sokoloff et surtout Claude Rains dans le rôle principal, un Technicolor rutilant, des décors soignés et une figuration imposante y sont conjugués par Curtiz qui ne lésine pas sur le style. C'est que le message à faire passer en cette veille de conflit est de la plus haute importance. Au-delà des flonflons patriotiques, le côté unique de ce film lui donne un charme durable...

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Published by François Massarelli - dans Michael Curtiz
6 mai 2014 2 06 /05 /mai /2014 16:40

Scorsese prévient dès le départ: son film est une fiction, adaptée d'un roman, et non un reflet de la vérité, dit-il. Cette annonce est intéressante, parce qu'elle dit tout ce qu'il y a à dire sur le film et surtout sur la supposée attaque de Scorsese et ses collaborateurs sur la chrétienté: rappelons que ce film a déclenché en France une polémique sans précédent, qui a revitalisé tout un courant de l'extrême droite, avec alertes à la bombe dans les cinémas et autres bêtises du même genre; la faute de ce film? Le blasphème, rien que ça! Pourtant cette annonce en exergue est clairement celle d'un cinéaste croyant, qui ne met pas en doute l'histoire du Christ, et a juste voulu le temps d'une fiction prendre au pied de la lettre l'une des spécificités du Messie, justement...

Jésus est un homme, et c'est dans ce sens que Willem Dafoe l'incarne: empli de doutes, d'une certaine lâcheté face à une force interne qu'il ne comprend pas, il collabore avec les Romains puisqu'il est charpentier et doit occasionnellement fournir les autorités en croix pour les condamnés. Judas (Harvey Keitel) le lui reproche, et est prêt à le tuer; il est attiré par la prostituée Marie-Madeleine mais ne sait pas pourquoi il ne peut se résoudre à coucher avec elle.C'es pour mettre de l'ordre dans ses tourments qu'il se rend au désert, et il en revient autre: l'homme en lui a accepté cette part de divin qui est en lui, et le Divin laisse de la place à l'homme afin de mieux ressentir et voir l'injustice. C'est justement cette part humaine de Jésus, et à travers elle cette part humaine de toute personne qui s'engage dans la foi, que questionne le roman de Nikos Kazantzakis et le film de Scorsese. Si Jésus est bien un homme, si Dieu a choisi de faire de son envoyé un être de chair et de sang, il doit non seulement souffrir mais aussi être soumis à la tentation, y compris e en particulier au moment le plus propice, c'est à dire au moment de mourir... cette logique élémentaire a échappé à tous les poseurs de bombes et autres fondamentalistes bas du bulbe, mais la vérité est pourtant bien là: scénarisé par Paul Schrader, mis en scène par Scorsese, ce film est empreint d'une profonde foi, et d'une logique Catholique...

Scorsese a souhaité faire d'une pierre deux coups, lui qui a toujours été un fan de péplums et de films sur l'antiquité pour des raisons diverses, notamment parce qu'il estime qu'un film comme Land of the Pharaohs (Hawks, 1956) donne à voir le monde tel qu'il était sans doute à l'époque qu'il dépeint... Il s'est donc attaché à créer un Israel plausible, en accumulant les recherches et la documentation... C'es inévitablement le meilleur de son film aujourd'hui, même si c'est partiellement gâché par la représentation irritante des habitants de Nazareth et Jérusalem en W.A.S.P. , dominés par la quasi blondeur de Jésus, qui tranchent tous de façon criante avec les figurants Marocains très 'couleur locale'... Au moins ce film n'a-t-il pas commis la même erreur que la Passion de Mel Gibson, de plonger dans l'Antisémitisme. Mais on n'attendait pas Scorsese sur ce terrain...

Reste, une fois de plus, à constater que le cinéma est décidément bien plus avancé que ses détracteurs, et que ce film qui a malgré tout avancé des arguments provocateurs mais plausibles, avec respect et dans la ligne (Parce que cette idée d'un Christ humain est qu'on le veuille ou non justement dans tous les Evangiles: elle est dans des épisodes de la tentation dans le désert, ou dans la grosse colère contre les Marchands du temple, ou dans la fameuse plainte de douleur "Père, pourquoi m'as-tu abandonné?". Ces trois épisodes sont d'ailleurs repris dans le film... Un sage précaution, qui n'a pas empêché les bombes, les manifestations, les élucubrations contre le film ou l'extrême droite de prospérer. Il y a des gens qui n'évolueront jamais, du moins jamais en avant.

 

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Published by François Massarelli - dans Martin Scorsese Criterion
5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 09:35

C'est tout un genre à part entière, qui explose dans les années 30: le film "colonial", situé dans un pays lointain, avec si possible de la jungle à profusion, et accessoirement quelques indigènes à maltraiter! Et pourtant nombre de ces films sont devenus des classiques, c'est le cas de celui-ci.

Red Dust est situé en Cochinchine (Sud Vietnam) durant les années 30. Dennis Carson (Gable) y est planteur de caoutchouc, assisté de deux hommes aux tempéraments bien différents: Mac, joué par le vétéran Tully Marshall, est un vieil homme brave, paternel e compréhensif qui veille sur Carson avec une tendresse bourrue, alors que Guidon (Donald Crisp) est un alcoolique qui pour ne rien gâcher a le vin très mauvais. Les Willis (Mary Astor et Gene Raymond) sont un couple don c'est la première visite dans un pays aussi difficile, lui est ingénieur, et elle est assez clairement insatisfaite de sa vie maritale. Carson va tout faire pour éloigner Willis de la plantation, surveillé de près par Vantine (Jean Harlow, une prostituée amoureuse de lui qui veille à ce qu'il ne profite pas trop de la situation pour s'emparer de celle qu'elle surnomme avec dérision "Duchess".

C'est une merveille, un de ces films réalisés à Hollywood avant que le 'code de production', drastique censure interne établie entre eux par les studios, entre en vigueur. La liberté de ton y est totale, les personnages sont gorgés d'une vie et d'une saveur qui tendra à disparaître du tout-venant du cinéma Américain dans les années à venir; à ce titre, la confrontation entre Harlow, Gable et Astor est un modèle de confection d'étincelles, d'éclairs et de coups de tonnerre. Aucune édulcoration n'était de toute façon possible avec Jean Harlow, et il est clairement et sans le moindre détour question de sexe et de possession. Pourtant, le film est très clair, Carson et Vantine sont faits l'un pour l'autre, il faudra des flirts plus que suggestifs avec Mary Astor pour s'en rendre compte. Fleming mène l'action tambour battant, et ses trois personnages principaux sont érotisés avec justesse, en particulier bien sûr Jean Harlow qui se tire d'un rôle casse-cou avec un aplomb admirable, et d'une scène célèbre de nudité avec une ingénuité rare.

Le film sera refait en 1952 par John Ford sous le titre de Mogambo... Le personnage de fille légère sera repris par Ava Gardner, et la jeune femme bien comme il faut par la jeune Grace Kelly. Que reste-t-il de tout l'érotisme de Red Dust dans le film de 1952? Pas grand chose: le film est situé en Afrique, et devient un assez vague film d'avantures avec des safaris, et accessoirement un dilemme amoureux qui sera résolu au bout de deux heures! 

A noter que si le film de Ford gommera l'exploitation quasi esclavagiste de l'être humain par le personnage de Clark Gable, il partage quand même une solide dose de racisme colonial avec Red Dust! Ici, en particulier, Mary Astor demande à Carswell, au milieu de ses employés indigènes, si ça ne lui manque pas trop de vivre au milieu des gens... 

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Published by François Massarelli - dans Pre-code Victor Fleming
4 mai 2014 7 04 /05 /mai /2014 11:10

Il y a dans le film Looney tunes, back in action de Joe Dante, sorti en 1963, un gag récurrent et pourtant relativement discret: lors d'un passage du film situé à Paris, tous les murs sont couverts d'affiches de films de Jerry Lewis, certains aux titres fictifs. La raison est simple: les Français ont la désastreuse réputation d'avoir à l'égard de Lewis une indulgence coupable... Une analyse que je partage: presque aucun de ses films n'est abouti au-delà d'une enfilade trop longue de numéros disjoints et qui doivent tant à d'autres (Dont Stan Laurel, un authentique génie qui n'a jamais eu, lui, les moyens dont disposait Lewis à la Paramount avant de tomber en disgrâce). La comparaison souvent effectuée, par Bénayoun notamment, de Lewis avec un Keaton ou même un Etaix, est une absurdité. Mais si je disais tout à l'heure "presque aucun" de ses films n'est abouti, c'est que nous avons une exception; une comédie globalement réussie: The Nutty Professor, dont l'affligeant titre Français a au moins le mérite d'annoncer la couleur: Dr Jerry et Mr Love.

Cette variation des années 60 sur le thème du Dr Jekyll et de son Mr Hyde est ancrée dans les année 60 d'une telle manière que c'est presque une capsule temporelle: Julius Kelp, professeur de physique disgracieux, distrait et timide, est constamment raillé par ses élèves, mal vu par a hiérarchie de l'université ou il travaille, et il est amoureux d'une de ses étudiantes, Stella Purdy. Celle-ci lui propose de la rejoindre au Purple Pit, le club où les étudiants passent le plus clair de leur temps hors des classes. Kelp n'est pas Adonis, e après quelques tentatives malheureuses (Et souvent hilarante) de faire du body-building, il se résout à utiliser ses impressionnantes connaissances en chimie pour se créer un double plus présentable. C'est donc Mr Love, un odieux personnage, archétype de la coolitude, qui se rend au Purple Pit, et qui va séduire Stella...

Si Lewis esquisse une vague thématique autour de la schizophrénie, il s'arrête à temps heureusement, et reste concentré sur la peinture d'une Amérique repliée sur ses conventions et son fossé de générations, dans laquelle un rebelle se doit d'être un bellâtre égocentrique. Une Amérique de convention, mais croquée avec finesse dans une mise en scène haute en couleurs, au montage juste. On pourra toujours objecter que le film est un peu longuet (Keaton, Lloyd, Chaplin, avaient le secret pour doser leurs huit bobines, Lewis a le budget pour ajouter vingt minutes de trop...), au moins il est toujours plaisant à voir, avec son mélange d'observation cruelle, de caractérisation: pour une fois que Lewis peut être autre chose qu'une andouille, il s'en donne à coeur joie avec Buddy Love. Je sais que le bruit court qu'il s'agirait d'une caricature pas toujours tendre de l'ancien copain Dean Martin, mais en soi, ça tient tout seul sans avoir besoin d'y ajouter un sous-texte...

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Published by François Massarelli - dans Comédie
4 mai 2014 7 04 /05 /mai /2014 11:05

Jordan Belfort (Leonardo DiCaprio) a eu la belle vie: parti de rien, il est arivé à un poste enviable, une vie de rêve, celle d'un agent de change qui brasse des millions parce qu'il n'a aucun scrupule, et que la bureaucratie de son pays met du temps à permettre à un agent du FBI intègre de lui mettre le grappin dessus...

Finalement, Goodfellas, Casino et The Wolf of Wall Street sont le même film. Non, plutôt le même projet artistique, la même structure, cachée derrière le prétexte du réquisitoire rock'n roll dans le cas du premier et du dernier, et derrière l'alibi de l'opéra pour Casino, mais à chaque fois, il s'agit d'un film tiré d'histoires vraies. Le principe des trois est simple: un narrateur impliqué nous raconte sa vie et sa carrière faite de délits, passée et glorieuse, après être devenu moins que rien... Et à chaque fois le rêve Américain, prétexte selon Scorsese à s'enrichir de façon égoïste, en prend pour son grade. Le tout passe par une narration jouissive, ne faisant pas l'économie de l'adresse au spectateur, et les trois films enfilent les moments d'anthologie sans jamais s'arrêter pour respirer... Et à chaque fois, on marche avec plaisir, à tel point que la troisième fois, on peut commencer à se poser des questions. Et si tout ceci n'était qu'un moyen pour Scorsese d'entrer dans le livre des records en alignant le plus grand nombre de "fuck" et dérivés contenus dans un film? On a bien compris que la cible des trois films est de questionner la morale et de laisser le public condamner les "héros" et leurs activités douteuses, mais dans quelle mesure le cinéaste agit-il moralement en permettant au public de jouir sans entrave des turpitudes de ceux qui certes nous amusent, mais on eux été condamnés pour ce qui nous amuse? Et si il y avait quelque chose d'immoral dans la fascination engendrée par les films en question, parmi les plus réjouissants qui soient à regarder?

Il ne m'appartient pas de répondre à ces questions, même si j'ai mon avis sur la question: les trois films jouent sur la fascination de l'homme pour le crime, une fascination qui dans les trois cas a envoyé les contrevenants en prison. Scorsese le dit depuis toujours, la société n'est ni l'ennemi du crime, ni à l'écart du crime: criminalité et société, à plus forte raison la société Américaine, fonctionnent de concert, suivant les même règles. Sauf que les règles amènent parfois une certaine inégalité, comme le remarque le héros de Goodfellas, une fois qu'il est honnête et a payé sa dette à la société, il ne mange plus dans les bons restaurants et a du mal à joindre les deux bouts. De même Jordan Belfort à la fin du film ne voit-il pas que son principal accusateur, un agent du FBI, prend une fois son travail accompli avec conscience et droiture, un métro rempli de gens comme vous et moi... des losers. Belfort, lui, se rend aux toilettes de son entreprise en yacht.

Cette injustice n'est pas le sujet de ces films, elle est juste le contexte: oui, des gens font exactement ce qui est représenté sur l'écran, il deviennent riches à millions en profitant des autres et en s'asseyant sur la morale, tout en s'envoyant en l'air par tous les moyens possibles, et beaucoup d'entre eux vivront vieux sans jamais se faire prendre alors que les autres vont s'acharner à atteindre aussi honnêtement que possible les 75 ans en survivant et en se tenant à l'écart des excès. C'est comme ça... Mais le problème dénoncé par ces films, ou en tout cas montré sans fards (Avec toutefois une tendance à la surenchère contrôlée afin de rester dans l'esprit, ce qui débouche sur le gros succès du film) est, ce film nous le dit clairement, l'esprit même du rêve Américain... devenir riche, c'est toujours au détriment de quelqu'un. Pour gagner, il faut des perdants. La scène qui le dit aussi crûment que possible est située vers la fin du film. Jordan Belfort, rattrapé par les affaires, est sommé par le FBI de lâcher son entreprise. Il réuni ses employés, et lance un petit discours larmoyant dans lequel il annonce la couleur: notre société, dit-il en substance, c'est l'Amérique. Mais le reste du discours est sans appel: une Amérique qui apprend aux gens à rester entre eux, à élire leur famille et leurs amis, qui aide certes, mais uniquement les siens, et qui saisit toutes les opportunités pour écraser les autres dans la mesure ou ça rapporte à soi... Dans ce contexte, toutes les occasions dans le film où le concept de loyauté, la fraternité, le sens du mot "famille" sont dévoyés sont finalement parfaitement justifiées, et le pire c'est que chaque larme versée par Jordan Belfort et ses amis dans cette scène est parfaitement légitime...

Mais au-delà du ramdam médiatique provoqué par le film, de l'univers de débauche étalé au grand jour (Ce n'est ni la première fois au cinéma, ni la dernière, donc il est inutile d'en faire toute une affaire), de la "morale" relativement sauve même si elle est amère, des doutes quant à la motivation des producteurs et auteurs du film soupçonnés de s'auto-parodier, il y a un constat à faire sur The Wolf of wall Street: ce film dont l'histoire et la pérennité nous permettront de juger s'il est à la hauteur des deux précédents ou s'il faut le comparer au modèle clairement revendiqué par DiCaprio, (Le Caligula de Tinto Brass!!!) vient à point nommé pour nous renvoyer un miroir sans appel de notre société malade. Et si Casino et Goodfellas faisaient exactement cela, celui-ci garde un avantage contextuel certain: les faits dénoncés dans le film ont beau être situés dans les années 80 et 90, ils gardent une actualité bien embarrassante. En d'autres termes, on peut toujours dénoncer de tels agissements, et se réjouir qu'ils aient été dénoncés. Reste qu'ils ne sont pas près de s'arrêter. On a les miroirs qu'on mérite... Raison de plus pour garder cet opéra de coke, de fric et de fesse pour pouvoir comparer avec nos sociétés futures. Sera-t-il si choquant?

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Published by François Massarelli - dans Martin Scorsese Mettons-nous tous nus
3 mai 2014 6 03 /05 /mai /2014 07:35

Nouvelle fratrie (Après les Coen, les Taviani, Dardenne e tutti quanti), les Miller font une entrée fracassante dans le cinéma Américain: co-scénaristes, l'un réalisateur, l'autre producteur, ce qui rappelle évidemment les Coen, ils effectuent une sorte de western hyper-classique, rigoureux et jouissif qui fait plaisir à voir. Leur vision de la conquête civilisatrice de l'Ouest sauvage lorgne furieusement du côté de Leone, et leurs provocations quasi-féministes dans cet univers généralement si masculin font plaisir à voir. Comme le film est structuré en une lente mais inexorable montée de la violence, sans pour autant être trop long (C'est même un modèle de sobriété à ce niveau, avec 94 minutes), il en faut peu au public pour être happé...

Au nouveau Mexique, à la fin du XIXe siècle, les efforts d'un jeune couple (Lui, Eduardo Noriega, est Mexicain, elle, January Jones, une ancienne prostituée; autant dire qu'ils ne sont pas très bien vus) pour vivre tranquilles sont menacés par le "prophète" Josiah, un illuminé (Jason Isaacs) qui a probablement été chassé de la ville des Mormons pour son extrémisme... Il vient de fonder une congrégation et tient la ville dont il graisse la patte des notables sous son aile. Il tend à éliminer tous ceux qui le gênent dans son désir d'expansion, et convoite non seulement la terre des jeunes gens, mais aussi la femme elle-même, Sarah. Ce qu'il ne sait pas encore, c'est que Sarah est capable de tout quand on y met les formes... Pendant ce temps, un vieux shérif enquête sur une disparition qui le mène droit à Josiah...

Le film est non seulement mis en scène avec aplomb et classicisme, sans excès ni effets, va à l'essentiel, mais en prime il est marqué par l'excellence des acteurs. January Jones partage le laconisme de Clint Eastwood, Jason Isaacs livre avec son prophète une version extrême de son Lucius Malfoy, et surtout Ed Harris rythme le film de ses apparitions en shérif illuminé, mais profondément ingénieux: il se comporte littéralement en Columbo auprès du prophète dont il se doute qu'il est un criminel, et invente presque sans s'en rendre compte la police scientifique en demandant l'aide d'un maréchal-ferrant pour identifier la provenance de balles...

Le personnage de Sarah est sur-codé, mais ce qui sauve le film au lieu d'en faire une succession de clichés, c'est la progression vers l'accomplissement de son destin d'ange exterminateur: les signes avant-coureurs sont là (Une scène située au début voit la jeune femme acheter une robe, qui deviendra son uniforme de femme vengeresse), mais essentiellement, Sarah est une femme repentie qui a sans doute commis l'erreur de s'installer dans l'endroit même ou elle a péché. Marquée à vie, elle essuie sans mot dire des réflexions désobligeantes qui font bondir son mari. Mais elle encaisse, garde en réserve, et saura se souvenir... Il y a un clivage fort entre la Sarah de la première heure du film, et celle de la fin: elle arbore de nouveau du maquillage, vieux souvenir des temps ou elle était une femme marquée; d'autre part, les cinéastes on osé une scène forte: son mari a disparu (Nous savons nous qu'il a été tué par Josiah), elle doit travailler seule, et elle es enceinte. Elle perd le bébé, et s'extirpe métaphoriquement de sa nouvelle condition de femme respectable et de future mère en versant le sang... A partir de là et bien qu'il lui faudra du temps pour en avoir la preuve, elle sait que son maril est mort. Josiah va pousser ses avantages dans une réminiscence de The Wind de Victor Sjoström (Il vient, l'assomme, la viole, et la considère désormais comme sa propriété)... Sexe et violence sont mêlés dans le film, d'une façon explicite et symbolique, jusqu'à une scène qui est une affirmation de supériorité féminine par la nudité: Sarah attire deux des disciples de Josiah en se baignant nue. Dans la rivière, elle leur montre son dos pendant qu'ils descendent de cheval, mais porte contre sa poitrine un gros flingue... L'ouest ne sera plus jamais comme avant!

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Published by François Massarelli - dans Western
1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 17:33

Un noir et blanc nocturne, profond et prometteur; Jack Lemmon finit un verre et parle vite, et on sent venir une comédie sentimentale dans laquelle un homme essentiellement urbain va se perdre pour l'amour d'une femme, un peu à la manière de The Apartment, le chef d'oeuvre de Billy Wilder. Et pendant une demi-heure, c'est bien une comédie sentimentale, finement observée, dans laquelle on s'attache à deux personnes: Joe Clay (Lemmon) et la femme qu'il a choisie, après un faux départ burlesque entre eux: Kirsten Arnesen (Lee Remick), une fille d'immigré Norvégien, droite et solide, qui ne boit pas, sort à peine, et craque pour Joe, le beau parleur, qui fait dans les relations publiques et tend parfois à boire un peu trop parce que son métier l'exige. Et le dérapage, c'est que les deux vont se marier, et se lancer dans un alcoolisme méthodique, systématique, militant et bien sur aveugle...

Pourtant, aucun parti-pris moralisateur dans ce beau film: Edwards observe, dissèque la relation qui sous-tend cet alcoolisme qui n'a jamais rien de séduisant. C'est une maladie et le metteur en scène et ses deux acteurs le traitent comme tel. On a d'ailleurs droit à des crises de folie alcoolisées de Jack Lemmon, totalement investi dans son rôle... Lee Remick, dont le personnage a l'alcoolisme un peu trop démonstratif si on en croit les anecdotes, ne franchit pas ce pas pour autant. Il faut dire que c'est essentiellement le point de vue de Joe qui nous est présenté, et celui-ci a le parcours le plus intéressant d'un point de vue scénaristique: il passe d'une consommation sociale importante à une addiction pure et simple, et va à plusieurs reprises solliciter de l'aide. Et surtout, il est celui qui va amener l'autre à boire. Pourtant, aucune diabolisation: on sent que si Joe n'avait pas été là, Kirsten aurai pu rencontrer l'alcool par elle-même...

Réalisé entre Experiment in terror et... The pink panther, ce beau film de Blake Edwards est un voyage sans concessions, sans happy end de circonstances et sans complaisance au pays de l'alcoolisme, et si la première demi-heure semble nous faire attendre une sorte de comédie, celle-ci ne viendra jamais. En lieu et place, on a sans doute l'oeuvre la plus proche du film noir que le réalisateur de Breakfast at Tiffany's nous ait donnée...

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Published by François Massarelli - dans Blake Edwards
1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 10:52

Il y a un monde entre ce film qui inaugure une franchise désormais mythique, et le tout-venant des films d'action. Tout d'abord, une note personnelle: 'film d'action'? je n'ai jamais compris le terme, un film ça bouge, non? Mais ce qui fait la force de ce film de McTiernan, c'est la rigueur diabolique qui préside à la construction, et l'efficacité de l'ensemble. Et on a le sentiment qu'on pourrait énoncer un ensemble de règles à partir de Die Hard. Allons-y, du reste:

Un héros, mais pas trop:

McClane n'est pas le chevalier blanc, et son mauvais esprit, sa tendance à râler, son impulsivité, liés à son ingéniosité façon système D, et sa détermination vont faire mouche. Pourtant il perd ses cheveux, sa famille, et il n'est pas indifférent aux charmants visages des femmes qu'il rencontre comme le prouve son départ de l'avion au début du film. Il a beaucoup pour rater, et c'est sans doute ce qui fait qu'on l'aime, mais ce n'est pas non plus un loser intégral. Et surtout, il est seul contre tous: les preneurs d'otage, les otages eux-mêmes, la hiérarchie policière ou le FBI... Il va être soutenu des seuls petits, des sans grade, dont un sergent déclassé: le film consacre le triomphe des monsieurs tout-le-monde.

Une histoire

L'intrigue est devenue un modèle à la fois de simplicité (Ou du moins de lisibilité) et d'efficacité: lors d'une fête d'auto-célébration dans une grosse corporation Américano-Japonaise, des 'terroristes' débarquent, prennent le personnel en otage et visent l'impressionnant magot de la boîte, mais ils n'avaient pas compté sur un grain de sable: le policier de New York John McClane, venu pour se réconcilier avec son épouse qui est justement la n°2 de la corporation, et qui assiste depuis les coulisses à la prise d'otages. Il prend les choses en main, et organise une riposte improvisée...

Un château de cartes

Dosant les coups de théâtre avec talent, McTiernan garde constamment ses effets pour la bonne bouche. Comme le film est très lisible, le spectateur n'est jamais perdu et a juste la dose d'information qu'il lui faut. C'est très Hawksien, comme du reste le sont le héros râleur et l'éloge de ceux qui font bien leur travail. Mais dans cet édifice qui avance de façon linéaire et rigoureuse, rien n'est laissé au hasard, et chaque intervention relance le film. Et tout le monde joue un rôle, y compris le journaliste en mal de copie, la nounou hispanique, et même le yuppie, qui se comporte à un moment en ce qu'il pense être un héros.

Noël

Le truc a été récupéré par tout le monde, comme en témoignent des films aussi disparates que Love Actually ou Crash, mais de toue façon, le recours à la période de fins d'années est vieux comme le cinéma. Sauf qu'on pense plutôt à des comédies, comme It's a wonderful life! Et ici, Mctiernan subvertit en permanence le climat de Noël, en montrant les pires horreurs qui arrivent aux fêtards. Et McClane, qui se signale aux terroristes en leur envoyant par ascenseur un des leurs qu'il vient de tuer, se fait passer pour le père Noël! Notons toutefois que l'essentiel de cette récupération de motifs festifs provient tout de même de la splendide partition de Michael Kamen, qui s'amuse beaucoup à réinterpréter les chants de Noël en sombre et en mineur.

Un méchant, un vrai

Hitchcock le disait: meilleur est le méchant, plus le film est réussi; on est donc face à une réussite, avec le personnage de Hans Gruber interprété par Alan Rickman. On ne présente plus l'acteur, bien sur, mais c'étai un nouveau venu en 1988. Son révolutionnaire transformé en capitaliste de la prise d'otages, qui inaugure d'ailleurs une série de criminels sans idéologie, et qui présente à la fois efficacité, charisme, humour, classe en même temps que manque de scrupules, sang froid effrayant et une certaine cruauté, est forcément un méchant à suivre. Dont acte.

Du suspense

Forcément, il y a du suspense. Mais il convient de rappeler le sens de ce mot: il s'agit d'un sentiment provoqué par des circonstances dans lesquelles le spectateur en sait suffisamment pour anticiper l'action d'une part, et pour se sentir impliqué d'autre part: ici, nous sommes happés dans un suspense du au fait que McClane observe, de loin, l'arrivée des 'terroristes' et en sait toujours suffisamment pour nous éclairer sur les enjeux immédiats. La véritable motivation de Gruber est laissée pour la fin, mais il apparaît clairement assez rapidement que Gruber n'a aucune visée politique. Le suspense en tout cas naît de la confrontation entre un groupe armé et déterminé jusqu'aux dents, et un homme qui a pour lui l'effet de surprise et une longueur d'avance... Jusqu'à un certain point.

Pas trop de prétention, mais des choses à dire quand même!

A l'heure ou tout film d'action (Jusqu'à Die hard IV, récupéré sous le giron Bushien sur l'insistance de Bruce Willis) a repris le chemin de la facilité qui consiste à faire de tout méchant un terroriste fanatique qui en veut à la sacrosainte Amérique, qu'il est bon de se pencher sur un film dont les motivations des criminels sont avant tout vénales, faisant d'eux de parfaits petrits représentants de l'idéologie du pays qu'ils attaquent... C'est fin,rafraîchissant, et ça fait du bien d'autant que ce n'est pas vraiment céder à la facilité... Ajoutons que le film est situé à une période charnière, et semble de façon claire condamner l'esprit libéral excessif des années 80 Reaganiennes, à travers ce personnage irritant au possible de Yuppie qui ne parle que fric, et s'envoie des doses impressionnantes de cocaïne en toute circonstances, tout comme McTiernan règle son compte à tout ce qui porte galons, ou qui se prétend agent fédéral, les personnages en question étant tous plus bêtes les uns que les autres. Et surtout, il installe dans son film une méditation sur le retour à la nature, qui est d'ailleurs commune à Predator, et qui reviendra sous une forme urbaine dans l'autre opus de la série réalisé par McTiernan: Willis, en flic surpris par une attaque de 'terroristes' alors qu'il se changeait, doit redresser la situation pieds nus et en marcel, et marcher dans du verre brisé, ramper dans la poussière, bref improviser un jungle trail dans un immeuble ultra-sophistiqué de Los Angeles. Seul contre tous, et sans chaussures, on croirait presque lire le titre d'un reality-show, mais c'est bien plus heureusement.

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Published by François Massarelli - dans John McTiernan
21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 16:50

Le "sujet de société" est depuis les années 10 l'un des prétextes les plus usités dans le cinéma américain pour donner une légitimité aux films, de façon parfois honteuse, parfois justifiée.

Si ce film est désormais un classique, cela n'a pas toujours été le cas. Grâce à James Mason, qui produit et interprète, et la mise en scène impressionnante de Nicholas Ray qui réussit à mêler cinémascope et intérieurs (Tout le film ou presque se situe dans un petit pavillon qui n'a rien de spectaculaire), on dépasse avec Bigger than life le cadre du simple film dénonciateur, et on va beaucoup, beaucoup plus loin...

Ed, professeur de lettres dans un petit collège, est marié, père et heureux, mais il est sujet à d'impressionnantes migraines, d'autant que le salaire de professeur ne lui suffit pas, et qu'il l'allonge en travaillant en guise de réceptionniste pour une société de taxis. Un soir, il s'effondre, et il lui faut être hospitalisé de toute urgence. On lui diagnostique une condition rare, et qui risque de lui être fatale, la douleur pouvant entrainer une attaque à tout moment. Un traitement à la Cortisone, alors expérimentale, lui est prescrit, mais Ed trouve les effets du médicament tellement efficaces, qu'il en abuse très vite, et tombe dans une spirale de paranoïa et de toute puissance, créant un enfer permanent pour sa famille.

L'aliénation est au coeur des films Américains des années 50, mais elle est souvent simpliste, limitée à un message suppliant les gens de ne pas se laisser attraper par les idéologies venues d'ailleurs, suivez mon regard... Mais le père de famille incarné par James Mason est aliéné certes, mais à l'intérieur: l'ennemi vient précisément de son être. Au-delà du film à message, ce qui est frappant, c'est la façon dont Ray réussit à rendre la psychose d'Ed visible. Le recours à l'ombre de James Mason, la façon dont il est cadré par une porte, au fond, la menace permanante qui pèse sur sa femme et son fils, tout y est visible, graduellement, de façon inquiétante.

Dans cette famille si gentille (Barbara Rush joue génialement une femme irréprochable), si conventionnelle, et si typique de l'esprit des années 50, se cache un monstre. Il serait bien naïf de croire que ce film a pris pour sujet la Cortisone... le sujet serait plutôt comment un simple médicament, mal utilisé, devient un révélateur de toutes les turpitudes et ignominies dissimulées dans l'Homo Eisenhowerus, ce parangon de vertu, de certitudes et de banalité. Ed n'est pas un cas exceptionnel, en quelque sorte, tout Américain contemporain du film est un monstre qui se contient... Jusqu'à quand?

 

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Published by François Massarelli - dans Nicholas Ray Criterion
21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 09:28

Tout va mal au château, et il faut dire que Madame la marquise (Madeleine Renaud) s'entête: plutôt que de vendre la bâtisse, elle s'acharne à vouloir faire venir les clients de son hôtellerie dispendieuse. Il y a bien un truc, qui consiste en un petit sabotage par le garagiste local (Xavier Gélin) de toutes les voitures qui passent à sa portée. Les propriétaires des véhicules n'ont plus qu'à demander asile au manoir, dont les prix prohibitifs sont rendus plus doux par le fait qu'il n'y a pas d'autre solution... Charlie, le garagiste, est bien un peu scrupuleux, mais les beaux yeux de la baronne Amélie (Marthe Keller), la petite fille de la marquise, l'empêchent de trop rechigner. C'est dans ce contexte que débarque une nuit le baron César (Yves Montand). Il est beau, a de la prestance, du charme, et surtout des ennuis: il a toute la police du pays aux trousses et une valise pleine de billets... Très vite, toute la population de la vieille demeure se met en branle pour le satisfaire... ou lui soutirer son pognon. Surtout les femmes.

Il est un peu rapide de voir en ce film, comme un célèbre hebdomadaire coutumier des raccourcis à l'emporte-pièce, l'a fait, "l'esprit de mai 68". C'est étrange, faux, et surtout justifié par le fait qu'on y assiste à un ballet généralement immoral. Et si de Broca s'est amusé à mettre en scène des manoeuvres assez peu orthodoxes en effet, c'est surtout dans la lignée d'une libéralisation progressive des moeurs cinématographiques. L'enjeu dans cette comédie est en fait double: d'une part, c'est leur survie que jouent les nobles du château, oisifs, manipulateurs, mais foncièrement unis jusqu'à tout risquer: le meurtre, l'adultère au su et au vu de tous, la magouille, l'escroquerie.

Et c'est un matriarcat qui nous est présenté, dans lequel l'unique mâle (Du moins le seul homme à vivre en permanence au château) incarné par Jean Rochefort se contente d'appliquer les ordres de sa belle-maman, la très entreprenante marquise. Mais les femmes, unies derrière l'aïeule gentiment immorale, font corps à tous les sens du terme, n'ayant finalement pas d'autre finalité que de servir un homme et un seul, le parangon de la masculinité absolue, interprété avec gourmandise par un Yves Montand en vacances... On est donc loin d'une certaine vision du féminisme. Par contre on est en pleine comédie, fraîche, drôle (C'est bien le moins), au ton gentiment absurde, et traversée par des bribes de satire joyeuse. Et ça, ce n'est pas rien.

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Published by François Massarelli - dans Comédie Philippe de Broca