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10 juillet 2014 4 10 /07 /juillet /2014 16:59

Un collectionneur de papillons (Terence Stamp), timide, effacé, un brin excentrique, convoite une jeune femme (Samantha Eggar). Méthodiquement, il prépare un enlèvement après avoir découvert une merveilleuse maison qu'il loue: elle possède une crypte ou il pourra garder jalousement son trésor. Après avoir donc observé et convoité de loin la jeune femme, qu'il connait depuis longtemps, il passe à l'action, et l'enlève. Elle se réveille donc un jour dans la crypte, enfermée, et gardée par un homme énigmatique, qui ne cherche pas à la violer ou à la tuer, mais juste à la garder, car, explique-t-il calmement, si elle reste avec lui un certain temps, elle ne peut que tomber amoureuse de lui. Commence alors un jeu dangereux pour la jeune femme, de manipulation et de stratégies pour essayer de trouver une faille; pour commencer, elle négocie et obtient de lui qu'il la libère au bout de quatre semaines si elle n'a pas varié dans ses sentiments... cela ne va pas l'empêcher de tout tenter pour s'évader...

Le film est situé entièrement autour des deux personnages, ce qui fait qu'on ne quitte jamais la maison tant qu'ils y sont tous deux. The collector est un diamant noir, un film vénéneux comme pouvaient l'être aussi bien Peeping Tom que Psycho, avec de nouveaux développements, car comme le proclamait vigoureusement la bande-annonce du film, il ne pouvait être fait avant! La censure, aussi bien en Grande-Bretagne ou le film a été tourné, qu'aux Etats-Unis, aurait probablement trouvé à redire car si Terence Stamp incarne un jeune homme qui fait tout pour laisser le sexe en dehors de la relation délirante qu'il établit avec Miranda, il reste que les pulsions, le désir, et certains détails physiologiques aisés à deviner durant certaines scènes (L'émotivité du personnage masculin, son manque total d'assurance, sa gaucherie sont complétés par des allusions à une probable tendance à l'éjaculation précoce, pour dire les choses clairement, ce qu'un dialogue fait d'ailleurs presque: "It came out"!) ramènent la sexualié sur le devant de la scène. Le film a d'ailleurs été titré en France L'obsédé, ce qui me parait un peu réducteur, et aussi un peu facile...

En effet, il est ici surtout question d'un homme qui est dans l'incapacité de gérer des émotions dans l'optique de les partager, et d'imaginer que quelqu'un puisse ressentir autre chose que ce qu'il ressent lui-même... L'amour devient donc un objet à posséder, ce qui donne lieu à un échange entre les deux personnages lors d'un dîner en tête à tête, organisé à l'origine pour sceller le départ de Miranda, mais qui va vite tourner au drame tant le jeune homme est incapable de la laisser partir: elle tente de l'amadouer en lui proposant un mariage, mais lui avoue qu'il lui serait impossible de garder leur relation platonique. Lui est complètement à l'opposé: il souhaite donc la garder, comme il garde ses papillons... Tout ce qui est physique dans le film est initié par Miranda, d'ailleurs, qui a il est vrai beaucoup à perdre à rester sur place. A ce titre, une scène, véritable flambée de violence, voit le jeune homme contraint et forcé de réagir, et de faire ce qu'il a beaucoup de mal à faire: toucher la jeune femme, pour la forcer à rester...

Mais le film reste d'abord et avant tout l'exploration de ce qui se passe dans la tête d'un homme enfermé dans ses frustrations et l'impossibilité de concevoir le monde qui l'entoure de la même façon que les autres, et bien sur que Miranda. Bien sur, le jeune homme se comporte souvent comme un véritable enfant, mais dans un corps d'adulte: le début, qui le voit passer d'une innocente chasse aux papillons à l'exploration d'une crypte poussiéreuse et envahie de toiles d'araignées, est assez clair sur le fait que nous sommes en pleine visite de l'inconscient. Les pulsions, qu'il a identifiées lui-même, vont parfois resurgir, et ajouter à sa gêne, jusqu'à ce qu'il en vienne à rejeter tout contact physique avec la jeune femme... Et c'est dans cette pièce souterraine que le "collectionneur" va construire son nid... et probablement, nous suggère la fin, prendre des habitudes. Wyler, peut-être le plus versatile des metteurs en scène de sa génération, s'est une fois de plus adapté avec bonheur à son environnement particulier, cette maison, des vieilles pierres, et l'Angleterre pastorale ou se situe cette ténébreuse histoire. Il adopte souvent un point de vue à égale distance des personnages, avec parfois un avantage pour Miranda, qui peut ainsi nous transmettre sa vision de son kidnappeur, après tout principal sujet du film. Bien sur, Terence Stamp est formidable, mais Samantha Eggar y trouve un rôle exceptionnel...De penser que William Wyler a refusé de tourner The sound of music pour réaliser ce film me semble plus que savoureux.

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Published by François Massarelli - dans William Wyler
10 juillet 2014 4 10 /07 /juillet /2014 10:05

La réputation de ce film n'est semble-t-il plus à faire: pas un commentateur pour en faire les louanges, et partout où il est mentionné, les mêmes adjectifs, les mêmes remarques, toutes négatives: mal fichu, trop long, mal dirigé, mal monté, ennuyeux, et indigne. d'une part ça fait beaucoup, et même si le film n'est absolument pas à la hauteur de la grandeur de Ford, on a envie d'essayer de le racheter un peu. D'autre part, je voudrais simplement ajouter que de toutes ces critiques, certaines ont été appliquées à The searchers, notamment par Lindsay Anderson qui aimait le film mais y voyait aussi d'irrémédiables défauts du vieux Ford: erreurs de continuité, approximations, etc... Plus encore, tous ces défauts reprochés en bloc à Two rode together, parfois avec raison, sont là encore discernables dans des films aussi divers que The sun shines bright, The last hurrah!, The horse soldiers, Sergeant Rutledge, The man who shot Liberty Valance, Donovan's reef, ou Cheyenne Autumn. Mais malgré tout, c'est toujours ce film Columbia avec Stewart et Widmark, qui prend tout pour lui... Essayons donc d'y voir clair...

Le film conte l'association un peu contrainte entre le marshal Guthrie McCabe James Stewart) et le lieutenant Jim Gary (Richard Widmark). Celui-ci est sur la piste d'un chef Comanche qui aurait dans les dix dernières années enlevé un peu trop de jeunes blancs, et leurs familles se sont liguées pour demander justice, et récupérer leurs enfants... Gary souhaite faire triompher la justice, et a besoin de McCabe qui connaît bien le chef Comanche Quanah Parker (Henry Brandon). McCabe, lui, a besoin de prendre du champ, puisque la tenancière d'établissement de loisirs avec laquelle il vit semble en vouloir à son célibat... Une fois arrivés au campement des familles, celles-ci semblent avoir placé un peu trop d'espoir dans l'intervention de McCabe...

Les principaux problèmes de ce film, c'est d'abord d'avoir en commun plus d'un thème avec The searchers, sans en avoir la rigueur ni la portée. C'est assez vrai, mais je reviendrai sur cette filiation plus tard, parce qu'à mon sens elle dépasse même l'influence qu'a pu avoir le film de 1956 et son indiscutable rayonnement, pour toucher à l'ensemble de l'oeuvre de Ford... Donc l'autre source d'embarras, c'est l'impression parfois gênante d'assister à un naufrage de la vieillesse: acteurs mal dirigés, faux raccords évidents, scènes expédiées... C'est d'autant plus courant de soulever ce problème que Ford lui-même ne s'est pas privé de dire à chaque fois qu'il le pouvait que ce film était indigne de lui, et que James Stewart, pour sa première collaboration avec le maître, est souvent mal à l'aise, donnant parfois l'impression d'être saoul (Ce qui sur le plateau d'un film de Ford, est historiquement envisageable, mais... James Stewart, quand même!!)... La vérité est toujours la même: Ford tournait une prise, à plus forte raison à cette époque. Donc l'acteur devait être bon dès le départ, car il n'y avait pas de seconde chance. Et le metteur en scène livrait à ses monteurs des séquences quasi montées d'avance, avec rien ou presque rien comme second choix, rien ou presque à enlever... Tous les derniers films de Ford ont été tournés avec cette méthode, qui a parfois donné d'excellents résultats, ou des scènes embarrassantes: y compris certains films aujourd'hui considérés à juste titre comme des chefs d'oeuvres, et qui ont leurs petits moments qui font lever les yeux au ciel.

Le film est considéré comme trop long, en effet, bien qu'il soit de durée raisonnable, avec 109 minutes. C'est que Ford a un peu trop laissé faire ses acteurs, qui se livrent parfois à un certain cabotinage, toujours dans le même sens de la chamaillerie un poil trop folklorique. C'est Andy Devine qui s'en prend plein la figure, et on souffre pour lui de voir l'acteur moqué pour un embonpoint qui est bien réel, surtout que c'est Stewart qui livre l'essentiel de la moquerie. Et le film alterne de façon parfois incohérente les passages dramatiques et le picaresque de mauvais goût.

Mais au milieu de tout ça, on se prend à cultiver de l'intérêt pour ce film, qui s'attaque comme The searchers à un problème ambigu, et comme Sergeant Rutledge, aborde le problème du racisme: le rejet dans lequel tous les blancs ici présents tiennent les Comanches met en effet Quanah Parker à l'écart (Je rejoins Leonard Maltin quand il estime que Ford aurait pu se saisir du fait que Parker lui même était un enfant d'une blanche enlevé par les Indiens, ce qui est un fait historique. Ca aurait pu donner du corps à son propos...), mais lorsque deux blancs récupérés par les deux héros lors de leur expédition font leur arrivée au camp, ils sont traités avec embarras par toute la population, et cela va aller jusqu'au rejet pur et simple, et au lynchage. Toute une population, mue par un racisme viscéral, refuse la différence représentée par deux personnes qu'il s'attendaient à voir revenir "civilisées". Ce que McCabe et Gary savent, c'est qu'ils sont civilisés, mais qu'il ne s'agit tout bonnement pas de la même civilisation, c'est tout. Pour un Ethan Edwards qui renonce enfin à ses idées de vengeance (The searchers), combien de pionniers prêts à rejeter une Mexicaine Catholique qui a vécu cinq ans en tant qu'épouse d'un Comanche, mais ne s'est pas suicidée parce que sa religion le lui interdisait? Combien d'hommes blancs qui refuseront de reconnaître leur fils parce qu'il parle Comanche, pense Comanche, et agit en Comanche? Il est significatif aussi de constater que dans ce film, Quanah Parker, joué par le même acteur que Scar dans The Searchers, est un allié (Certes par opportunisme et calcul politique) de MacCabe, alors que bien des blancs vont se retourner avec violence contre ce dernier quand il apparaitra aux côtés de sa rescapée Mexicaine.

Donc en dépit de tous ses défauts, et ils sont nombreux, le film se place au moins clairement dans la veine humaniste de Ford, une veine noire, traversée de constats peu ragoutants: pour construire l'Ouest, il a fallu des lynchages, nous rappelle Ford, qui laisse toute l'amertume du destin d'un jeune garçon qui avait été enlevé à l'âge de cinq ans éclater au grand jour, et fournit sa véritable fin à un film qui prend ensuite la politesse de trouver une façon moins violente de conclure, ce que ne faisait pas vraiment The searchers. Mais si ce film n'est pas un grand moment, je crois qu'il vaut bien mieux que ce qu'on en dit en permanence, à commencer par Ford lui-même.

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Published by François Massarelli - dans John Ford
9 juillet 2014 3 09 /07 /juillet /2014 10:59

Le monde de Naruse est exclusivement contemporain, et pour lui le champ de bataille, c'est la famille et la vie quotidienne. Et dans certains films, mais pas tous, c'est le couple marié qui est le centre de son univers... Le repas tire son titre d'une réalité sociale qui fait que la femme et l'homme mariés ensemble font finalement le lien entre eux essentiellement au travers du repas, et que dans le japon des années 50, ou les traditions ont la peau particulièrement dure en dépit de l'héritage de la guerre, la femme est là pour assurer l'intendance. C'est le cas de Michiyo (Setsuko Hara), mariée de son propre chef avec Hatsunasuko (Ken Uehara), un agent de change modeste mais avec des valeurs: il ne souhaite pas participer à la spéculation boursière contrairement à ses copains, ne fait pas la noce, ne trompe pas sa femme... Et pourtant Michiyo, épouse exemplaire mais sans enfants ne semble pas pouvoir tirer de son mariage autant de satisfaction qu'elle espérait. L'arrivée intempestive de la nièce d'Hatsunasuko, Satoko (Yukiko Sumazaki) va précipiter une brouille: la jeune pétroleuse est un rien trop entreprenante avec son oncle, et elle aspire à vivre dans un trourbillon qui sied assez peu avec la vie rangée des deux héros. Et Michiyo laisse le doute s'installer, et remet en question la validité de son mariage.

Ce film délicat est surtout fait de petits riens, mais il est habité d'une chaleur humaine communicative. La façon dont Naruse installe l'univers de Michiyo, les habitudes, mais aussi l'indifférence inconsciente manifestée par son mari, le tout en laissant la jeune femme raconter elle-même sa vie, est très efficace. Le petit théâtre de Naruse sait parfois être cruel, bien plus cruel d'ailleurs que ce film, mais ici on est confronté à une mise en évidence des frustrations de la condition féminine, qui ne passe absolument pas par une prise de position militante comme celle de Mizoguchi: de fait, c'est un constat amer que fait Mikio Naruse par la voix de Michiyo: une femme, disent-ils en substance, a plus à attendre que de devenir la bonniche de son mari. Une vie entière passée à servir ne suffira pas à la satisfaction de l'héroïne. Que ce qui manque soit la passion, le désir, la sexualité, la réussite sociale, l'affection, la maternité, ou même (On est au Japon, rappelons-le) une vie professionnelle, on ne se prononce pas: toutes les portes sont volontairement ouvertes... Raison de plus pour considérer ce très beau film comme une excellente introduction à l'oeuvre de Naruse.

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Published by François Massarelli - dans Mikio Naruse
9 juillet 2014 3 09 /07 /juillet /2014 10:51

Ce film, par ailleurs mais on ne le dit pas souvent adapté d'un livre pour enfants de Judi Barrett, est une petite merveille d'animation, avec un trait assez beau, et une histoire par moment impertinente, mais qui n'en fait pas toute une montagne: bref, ce n'est pas Shrek. C'est une bonne nouvelle. L'intrigue se tient, et c'est quand même une prouesse, puisque je rappelle qu'il y est question d'une météorologie détraquée, qui provoque des chutes de nourriture (D'où les titres Américains, Français et Québécois, respectivement "Nuageux avec une possibilité de boulettes de viande", "Tempête de boulettes géantes", et "Il pleut des hamburgers".). Il y est aussi question de poulets mangeurs d'hommes, ce qui ne manque pas d'être particulièrement intéressant... Mais comme il pleut, donc, de la boustifaille sur les Américains, leurs réactions ne manquent pas de saveur: le "toujours plus" fonctionne ici à plein régime, et la manne providentielle finit par provoquer une dangereuse rupture de toute valeur et de tout code moral... Le maire se laisse aller à une boulimie dangereuse, Les parents cessent de s'occuper de leurs enfants, et dans ces conditions, le jeune responsable de la curiosité météorologique Flint Lockwood, un être "différent", qui est frustré de manquer totalement de reconnaissance depuis sa plus tendre enfance, ne se prive pas de se réjouir égoïstement de son nouveau statut. Un égratignage de l'Amérique auto-satisfaite? Une piste qui ne va quand même pas trop loin, et tant pis: le film est surtout l'occasion (Entre deux allusions graphiques plus ou moins discrètes, voir illustration avec l'inévitable "Le Cri") de séquences mémorablement idiotes, dans lesquelles les gens ont a subir des averses dégoutantes, ma préférée restant bien sur le twister de spaghetti. On ne se refait pas... Ah, et pour ceux que cela intéresse, la voix originale du singe Steve est fournie par... Non, je ne vous le dirai pas, ce serait trop facile.

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Published by François Massarelli - dans Animation
6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 17:35
Unfaithfully yours (Preston Sturges, 1948)

Sir Alfred de Carter (Rex Harrison) est un homme heureux, comblé: héritier richissime d'une famille qui fabrique des montres en Grande-Bretagne "depuis Waterloo", chef d'orchestre, l'un des plus grands parmi les plus grands, il est marié à Daphné (Linda Darnell), une adorable Américaine qui l'aime de tout son coeur. A moins que... Lorsque Sir Alfred revient aux Etats-Unis après une tournée, il s'attend à ce que sa vie continue comme elle a toujours été, pas du tout à ce que son beau-frère, l'insupportablement médiocre August (Rudy Vallee) lui annonce avoir utilisé les services d'un détective (Edgar Kennedy) pour surveiller Daphné, et encore moins à ce que les conclusions du détective amènent à l'inévitable assurance que Daphné avait fricoté avec le secrétaire de son mari, Tony (Kurt Kreuger). Blessé au plus profond de son âme, Sir Alfred va livrer son plus beau concert, en imaginant tout en conduisant diverses façons de se débarrasser de son épouse.

Le consensus autour de ce film est généralement très favorable, ce que j'ai du mal à comprendre. Car ce modèle de comédie n'est dans l'ensemble pas excessivement drôle. Avec une longue scène de répétition de l'orchestre, on sent bien que le film tout entier tient dans ces quelques trente minutes au cours desquelles Sir Alfred laisse galoper son imagination autour du meurtre de sa femme, et si cela reste un moment intéressant de cinéma, la répétitivité finit par l'emporter sur l'intérêt. Et lorsque Harrison rejoue dans la vérité l'une des scènes de meurtre, la comédie semble toute entière dans le décalage embarrassant entre l'exécution réussie (Rêve) et mise en oeuvre ratée (réalité), dans une scène aussi lourde que démonstrative. Restent quelques moments de grâce, tel ce merveilleur passage dans lequel Edgar Kennedy, détective privé, s'avère un mélomane, qui aime tant la façon dont Sir Alfred s'occupe de Haendel ("The way he handles Handel"). Pour ce qui est sans doute le dernier film de Sturges dans lequel celui-ci se soit vraiment investi, c'est bien dommage.

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Published by François Massarelli - dans Preston Sturges
6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 11:04

Les films Marvel prennent énormément de place aujourd'hui, un phénomène qui à tout prendre n'est pas sans en rappeler d'autres, toutes proportions gardées: les Star wars ou les quatre films de la franchise Alien, bien sur, à plus forte raison ces derniers puisque les nombreux Marvel sont tous confiés à des réalisateurs différents qui ont une certaine marge de manoeuvre. Ou encore les films Pixar, ceux des débuts avant que la déliquescence ne s'installe... Donc, le sujet du jour est le troisième opus de la série "Iron Man", dont les deux précédents, tous deux confiés au même réalisateur (Jon Favreau, par ailleurs interprète de Happy... Le personnage, pas la chanson), ont démontré l'absence évidente d'infaillibilité, et les contrastes dramatiques en matière de qualité de ces films: un premier chapitre brillant, enlevé, qui a imprimé pour une large part son rythme et son ton à l'ensemble des films, au point de faire inévitablement paraître Thor ou Captain America ringards même lorsqu'ils ne le sont pas, et un deuxième film contractuel, forcé, dont l'histoire est malmenée, écartée, abandonnée, au profit d'apartés démobilisateurs. Shane black s'est quant à lui déjà signalé par un excellent film, Kiss Kiss Bang Bang (2005), déjà brièvement chroniqué en ces colonnes, et dans lequel il réussissait à donner à Robert Downey Junior un espace de totale liberté sans jamais perdre de vue une intrigue franchement foutraque, mais qui maintenait sa cohérence au milieu d'une avalanche de gags, bons mots, situations décalées, et duos d'acteurs. Le candidat idéal...

On n'est pas déçu, justement parce que Iron Man aussi bien que Black ou Downey font exactement ce qu'on souhaitait d'eux: Iron Man, le concept, évolue, laissant cette fois de la place à l'homme à l'intérieur de l'armure. L'essentiel du film, pour Tony stark, est de réussir à garder sa part d'humanité (Donc, de fragilié, de sentiments, voire de doute!) tout en restant un super-héros avec le costume le plus cool de tous les temps; Et Downey, qui doit donc slalomer entre les passages obligés tout en gardant son style, justement, détaché, y fait merveille, secondé ça et là par des gens ordinaires, jamais déplacés. Notamment un jeune garçon qui a tout du double virtuel de Tony Stark. Black assure l'inévitable dose de spectaculaire, en ne laissant jamais l'intrigue disparaitre derrière le specaculaire, et se rappelle la leçon de Joss Whedon; mettre en danger la frêle héroïne d'une part (Willow, Fred, Kaylee, Sierra pour les connaisseurs), mais ne jamais oublier que la femme possède des pouvoirs et non des moindres (Willow encore, Fred à nouveau, Echo, River Tam, Natasha Romanoff, à vos films et séries). Ici, Pepper Potts (Gwyneth Paltrow) a enfin le droit de dépasser le rôle de potiche qui passe l'éponge sur tout, et existe enfin. Tant mieux!

Et Black se permet aussi de franchir avec brio un pas assez dangereux, en revenant sur le terrorisme contemporain, sans tomber dans les pièges de l'excès patriotique. Ici, les Américains sont confrontés à une menace qui rappelle celle de Ben Laden, mais est différente: un "Mandarin" aux origines mystérieuses, et aux motivations sans doute moins religieuses qu'il n'y parait... Ce qui permet d'éviter la stigmatisation des peuples du moyen-orient, d'une part, et met aussi l'accent sur la part de manipulation en amont de toute montée en puissance d'un groupe terroriste. Ici le rôle des politiques est divisé en deux factions, un président aux abonnés absent (Il est vaguement réminiscent de ce bon vieux George W. Bush, et de son papa), et un vice-président aux aguets (interprété par le grand et regretté Miguel Ferrer dans un de ses derniers rôles). Mais là aussi, on évite les clichés dangereux des théoriciens du complot, de la participation volontaire des politiques Américains aux attaques terroristes et aux manipulations médiatiques qui s'y rapportent... Et si Guy Pearce est un méchant à la James Bond (Avec la dose nécessaire d'exagération à la Blofeld), Ben Kingsley se voit gratifié d'un rôle étonnant, mais je n'en dirai pas plus.

Le film est brillant dans son exécution pyrotechnique, dans son déroulement,et constamment réjouissant, en particulier dans la brillante idée de laisser Downey et le grand Don Cheadle (Rhodes) interagir dans ce qui pourrait bien être une constante improvisation de leurs dialogues et des situations. Et ça, c'est la cerise sur le gâteau...

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Published by François Massarelli - dans Shane Black
5 juillet 2014 6 05 /07 /juillet /2014 16:13
The sin of Harold Diddlebock (Preston Sturges, 1947)

Au moment de tourner ce film, Preston Sturges vient de quitter la Paramount où il a été le wonder-boy ultime, mais a fini par enchaîner les flops, et Harold Lloyd s'est tenu à l'écart des studios depuis sa dernière production, Professor Beware. C'est Sturges qui a appaté Lloyd avec le projet de ce film, que l'acteur devait même mettre en scène lui-même, songeant à un moyen de continuer à travailler dans un domaine qu'il ne parvenait pas à quitter... Finalement mis en scène par Sturges et produit par Howard Hughes, le film a été un échec, pas une fois, mais deux: sorti sous son tire initial, puis repris par Hughes, remonté, retitré (Mad Wednesday), il est ressorti en 1950 devant un public toujours pas convaincu. Il a depuis rejoint la cohorte maudite des films tombés dans le domaine public dont on a l'impression qu'on ne les verra jamais que dans des copies ignobles...

Harold Diddlebock (Lloyd) a gagné un match de football important en 1923 pour son université, ce qui lui a valu un contrat immédiat chez un publiciste, E.J. Wiggleberry (Raymond Walburn); mais après 20 ans passés dans l'ombre de son glorieux passé, Harold est jeté par son patron. Avant de partir, il s'entretient avec une jeune collègue, miss Otis (Frances Ramsden), avec laquelle il aurait aimé se marier (Comme avec ses cinq soeurs qui l'on précédée!) et se retrouve dans un bar, où le garçon (Edgar Kennedy) va lui faire gouter un cocktail qui va changer sa vie de fond en comble...

Le film commence par... la fin de The Freshman, dans laquelle s'intercale le film! Un clin d'oeil à Lloyd, et une façon de transcrire le personnage joué tant de fois par le comédien, de naïf au grand coeur auquel le courage et l'honnêteté permettent de triompher, dans une période dans laquelle la comédie est moins tendre. Mais la mayonnaise a du mal à prendre, et le film souffre à mon sens d'un certain nombre de défauts: d'une part il est bavard, jusqu'à en être irritant. Ensuite, pour une fois, le sens du rythme de Sturges ne joue absolument pas en sa faveur, au point où on a parfois l'impression d'assister à une crise d'hyéterie collective dans laquelle il est difficile au public d'entrer... Et puis la comparaison avec d'autres films de Lloyd s'impose, après tout, Sturges a lui-même recyclé quelques dix minutes de The freshman. Et c'est sans appel, surout lorsqu'il ajoute à cette réappropriation d'un classique une scène de haute voltige sur la façade d'un immeuble avec un lion, réalisée de façon plate et peu convaincante: quiconque a vu Safety Last sait que Lloyd et son équipe ont en ce domaine plus qu'une longueur d'avance...

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Published by François Massarelli - dans Preston Sturges
30 juin 2014 1 30 /06 /juin /2014 15:49

Le milieu dans lequel commence le film, c'est un petit matin de travail comme les autres au près des halles de Rungis: André Chatelin (Jean Gabin) y tient un établissement fort couru; il vient de se voir honoré d'une publicité inattendue: un article élogieux dans le journal récompense le traiteur! Le restaurant se met en route, et une jeune femme venue de nulle part semble hésiter à entrer: c'est Danièle Delorme. Elle finit par sauter le pas, et parle au restaurateur: elle est la fille de son ex-femme, Gabrielle. Celle-ci est décédée récemment, ce qui ne semble pas émouvoir le patron qui en a fait son deuil depuis fort longtemps. André accueille la jeune femme chez lui afin de lui permettre de rebondir, la présente partout puis finit par lui proposer de travailler au restaurant. Et surtout il la présente à Gérard (Gérard Blain), un jeune étudiant en médecine qui est un peu le fils qu'André n'a pas eu. Lorsqu'il finit par se décider à la demander en mariage, c'est trop tard: nous savons, nous, que Gabrielle est encore en vie, et que Catherine, la jeune femme, est en mission: le but de la manoeuvre est de saigner Chatelin à blanc, de le faire cracher... Il faut dire que Gabrielle est morphinomane, et que son métier (du moins ce qu'on en devine) doit certes se faire couchée, mais en relativement bon état... A Catherine donc de mettre le grappin sur André, d'éloigner Gérard, ainsi que la fort acariâtre maman Chatelin, qui a détesté cordialement la mère et n'est pas prête à avaler la fille...

C'est on ne peut plus noir: Voici le temps des assassins est sans doute le film le plus sombre de Duvivier, en même temps que l'une de ses réussites les plus convaincantes, toutes tendances confondues. Il obtient de ses acteurs une interprétation totalement aboutie, et Gabin, s'il est déjà un patriarche (Le film lui permet un grand nombre d'allusions à son âge), n'est pas encore bloqué en pilotage automatique: il met encore du coeur à l'ouvrage. Et Danièle Delorme en garce "à la Duvivier" (Qu'on se rappelle Viviane Romance dans La belle équipe, on sait que c'est un peu la spécialité du metteur en scène!) est absolument époustouflante. L'humour est aussi au rendez-vous,un humour d'observation essentiellement, mais souvent noir: on notera ainsi que si André est et reste un brave homme, il aurait pu mal tourner: sa mère est une abominable tenancière de guinguette qui tue ses poulets à coups de fouet! Et il y a en particulier une scène d'anthologie, durant laquelle Catherine doit se débarrasser d'un corps, un homme mort au volant d'une voiture. Nous savons exactement quel est son plan, nous le désapprouvons évidemment, mais elle le pousse avec difficulté dans un plan d'eau, et la scène anticipe en matière de suspense pervers, mettant le spectateur du mauvais côté de la morale, sur rien moins que Psycho, d'Hitchcock. Pourtant, on est loin de Norman Bates avec cette Catherine chez laquelle tout est calculé, froidement. Elle n'a rien d'une psychopathe... Bref, un chef d'oeuvre malsain, et exemplaire d'une certaine idée du film noir à la française.

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Published by François Massarelli - dans Noir Julien Duvivier Jean Gabin
26 juin 2014 4 26 /06 /juin /2014 07:08

Le beurre, l'argent du beurre, le sourire de la crêmière, un tour de manège gratuit et la queue de Mickey: il y a des films qui vous donnent tout, et The Miracle of Morgan's Creek, comédie loufoque et parfaitement dosée, en fait partie. Et par dessus le marché, c'est un tour de force particulièrement remarquable par la façon dont Sturges déjoue la censure, tout en faisant exactement ce qu'il ne faut pas faire: appeler un chat un chat; Pour résumer la portée de ce film, qui n'est pas qu'une comédie, je le prends en plus comme un manifeste de son auteur, au même titre que Sullivan's travels, disons qu'il part du principe de tester les limites de l'acceptabilité dans le pays dont la majorité des citoyens suivent les enseignements d'un homme qui est supposé être né dans une étable, et dont les parents terrestres ne sont que les dépositaires. Non qu'il y ait effectivement miracle religieux dans le film, loin de là, mais il y a beaucoup à avaler, et beaucoup de compromis à faire...

1942: Gertrude Kockenlocker (Betty Hutton), la fille ainée du constable local (William DeMarest) est une jeune femme délurée, qui a décidé de faire comme les copines, en allant à une soirée organisée autour du départ des jeunes recrues de l'armée Américaine qui s'apprêtent à partir en Europe. Son père, qui sait à quoi s'attendre (Il a fait la guerre),s'y oppose, et Gertrude surnommée Trudy n'a pas d'autre solution que de demander de l'aide à Norval Jones (Eddie Bracken), son meilleur ami: elle sait qu'il est amoureux fou d'elle et qu'elle peut tout lui demander. Supposée accompagner Norval au cinéma, elle va en fait danser à la soirée folle où elle veut se rendre, et récupérer Norval à la sortie du cinéma, ni vu ni connu... Du moins le croit-elle, car la fête va dégénérer, et une Trudy totalement éméchée va finir par rejoindre Norval au petit matin, et ce qu'elle finit par réaliser à l'issue de cette nuit, après avoir été accueillie par son père en compagnie de son ami à une heure indécente, c'est qu'elle est mariée. A qui? Elle ne s'en rappelle pas... Mais en plus, elle est enceinte jusqu'aux yeux... Il lui faut donc déterminer si elle est vraiment mariée, puisque la cérémonie s'est déroulée dans le cadre d'une soirée très agitée, à qui, comment trouver le coupable, et le cas échéant, est-ce que quelqu'un, pourquoi pas Norval, voudrait bien d'elle, le tout sans éveiller les soupçons de la population de Morgan's Creek, en particulier ceux du policier Kockenlocker dont la gâchette est particulièrement chatouilleuse...

Il a fallu attendre environ dix-huit mois pour que le film sorte... C'est une période faste, et la Paramount a beaucoup de films en chantier, ce qui l'autorise à en mettre sur les étagères... Mais surtout, dans ce film réalisé par leur metteur en scène star (Avant qu'il ne devienne l'enfant terrible), il y avait largement de quoi émouvoir la censure: faire peser tout le suspense du film sur une grossesse, à plus forte raison aussi illégitime que l'engrossage d'une fille saoule par un soldat à la veille de partir, et le nombre de discussions autour de la triste réalité du sexe, le fait aussi que Trudy se soit laissée faire aussi facilement (Un truc de scénario est présent pour expliquer cette légèreté: pendant la soirée, on la voit se cogner douloureusement la tête à un élément de mobilier, mais c'est bien peu au regard de la dureté du code de production de l'époque) était tout bonnement impensable... voire miraculeux. Sturges teste les limites de la censure afin de traquer la vérité dans une comédie qui s'attache à nous montrer des personnages certes souvent gentiment ridicules, aux accents exagérés, au style de jeu volontairement poussé, mais ils sont aussi et surtout profondément humains.

Et si le sort s'acharne sur ce pauvre Norval Jones (Accusé de 19 motifs d'inculpation lors de ses tentatives pour trouver une solution pour que sa Trudy puisse affronter la vie la tête haute!), si Gertrude et sa soeur Emmy (Qui a quatorze ans, mais semble en connaître un rayon niveau sexualité...) utilisent des stratagèmes inavouables et souvent immoraux pour faire passer la situation, on ne cesse jamais de les aimer... Ni de rire, car le film reste jusqu'au bout une comédie sur-vitaminée, hystérique, mais hautement réjouissante. L'une des meilleures du genre... Et quant au miracle, il a bien lieu, et est annoncé dès le début car tout le film n'est qu'un flash-back, tellement bien accompli qu'on ne peut pas détourner ses yeux une fois la machine lancée.

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Published by François Massarelli - dans Preston Sturges
25 juin 2014 3 25 /06 /juin /2014 08:10

La notion d'acteur virtuel ne fait plus débat, et n'a d'ailleurs jamais posé de problème majeur. Les films en images de synthèse on depuis longtemps fait plus que prolonger le travail des animateurs (Disney, Pixar ou autres) en fournissant des êtres complexes, acceptables, et souvent ornés de caractéristiques si humaines. Les cascades virtuelles existent bien sur, et tout ça passe d'autant mieux que quoi qu'on fasse, ça sera toujours repérable... Le propos de Simone est ailleurs: un réalisateur au bout du rouleau -Al Pacino) contourne le fait d'avoir été rejeté par la dernière des dernières actrices caractérielles (Winona Ryder) en utilisant un logiciel dément inventé par un scienifique un peu fou, et décédé, pour créer une actrice parfaite qui se pliera à ses quatre volontés, et se retrouve avec un phénomène médiatique sans précédent. L'idée de Niccol, déjà heureux scénariste de The Truman Show (Peter Weir, 1998), est beaucoup plus de tourner une nouvelle fable, en sondant le désir de réalité bien plus que les enjeux posés par la création d'un être virtuel. Durant le film, seul le metteur en scène Viktor Taransky sait que Simone (Rachel Roberts) est virtuelle, et toutes ses tentatives pour dire la vérité, ou pour atténuer la portée ou la popularié de sa création, seront vaines...

Cet état de fait débouche sur deux choses: d'une part le film devient assez rapidement une comédie absurde dans laquelle l'humanité entière semble destinée à choisir de suivre le vide le plus intégral (Surtout que Simone n'a pas son pareil pour débiter dans ses "interviews" des platitudes toutes plus vomitives les unes que les autres, qui feraient passer un entretien avec le premier footballeur venu pour une discussion philosophique...). Et lorsque Simone est vue dans un film ( "I am pig"!), mangeant avec les cochons, parce que Viktor cherche à la détruire, les gens sont aux anges, prèts à tout accepter de leur star, y compris des interviews immondes dans lesquelles elle rote entre deux diatribes pro-NRA... On obtient ainsi un assez bon portrait de notre société hantée par le cercle vicieux de la célébrité pour rien, ce qui renvoie donc à The Truman Show et au concept décidément détestable de la télé-réalité. Et l'ensemble des acteurs, dont Winona Ryder déjà citée, ou Catherine Keener en productrice dépassée par les évènements, ou même Pruitt Taylor Vince et Jason Schwartzmann en journalistes obsédés par Simone et totalement menés en bateau par Taransky, jouent le jeu brillant de la comédie loufoque.

Mais d'autre part, Simone est aussi un pamphlet contre le formatage, la déshumanisation d'un cinéma dans lequel plus rien n'échapperait à une volonté, que ce soit celle du réalisateur, des producteurs, des studios, des stars elles-mêmes, voire du public. Simone devient assez vite une actrice sans enjeu, condamnée au succès parce qu'elle a été programmée ainsi. Et dans ce film à la mise en scène maline parce que discrète, un fantôme semble tirer les ficelles: celui de Hank Aleno (Elias Koteas), le créateur du logiciel secret utilisé par Tarasnky pour créer Simone (Dont le nom provient au passage de l'agrégation de Simulation et One). Aperçu au début du film lorsqu'il propose son invention à Viktor, il porte un pansement sur son oeil droit: il a une tumeur inopérable. Derrière lui, dans un plan, des petites mains transportent un panneau publicitaire, contenant un oeil géant. Après ce passage de témoin, on retrouvera bien sur le motif de l'oeil chez Simone, qui lorsque Viktor tente de se débarrasser de sa créature virtuelle, disparait en perdant pixel apès pixel sur un écran d'ordinateur. Le dernier élément à s'auto-détruire sera bien sur l'oeil. Hank Aleno, en mourant, a légué à Vktor Taransky une nouvelle façon de faire du cinéma, il a aussi transformé l'art cinématographique pour toujours, et en filigrane, le monde entier. Donc le film est plus noir qu'il n'y parait.

...Virtuellement, bien sur.

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Published by François Massarelli - dans Science-fiction Andrew Niccol