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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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8 février 2022 2 08 /02 /février /2022 11:29

J'émettais à propos du film Le Noël de M. le curé, sorti la même année, que madame Alice Guy l'avait probablement tourné afin d'expier ses nombreuses comédies un peu olé olé... Dont acte: voici de quoi renouveler la situation, puisque ce film est une pochade qui va loin dans l'absurde. 

Un homme achète une lotion capillaire, mais ne prévient pas le domestique qui va chercher le flacon, qu'il ne faut ni en boire, ni le partager comme un apéritif... le reste est inévitable.

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Published by François Massarelli - dans Alice Guy Comédie Muet
8 février 2022 2 08 /02 /février /2022 11:20

Un matelas qui passe de mains en mains, et qui a la particularité d'être doté d'une vie propre: il y a un vagabond dedans, quand on le récupère. 

C'est un petit film, comme d'habitude, Alice Guy n'ayant à une exception près tourné que des courts métrages en France. Mais si le ton général est plutôt à la comédie franchouillarde, au moins les galipettes de ces braves gens qui se retrouvent à devoir gérer un matelas hanté sont elles accompagnées d'un argument plus solide qu'une simple course-poursuite en guise de prétexte.

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Published by François Massarelli - dans Alice Guy Muet Comédie
7 février 2022 1 07 /02 /février /2022 10:41

Une dame se promène avec un beau soldat en uniforme, mais il est bien vite supplanté quand ils croisent des officiers plus haut gradés... 

Le film est très accessoire, mais d'une part Alice Guy se moque gentiment de l'uniforme, ce qui peut paraître très étonnant pour un film de la maison Gaumont où on ne se gausse que rarement à l'époque des soutanes et des porteurs de sabre... Et par ailleurs, un des protagonistes a une envie pressante et se rend dans une vespasienne...

Donc il est désormais prouvé par ce film, qu'en dépit des apparences, les personnages des films muets avaient aussi besoin de se soulager la vessie: scientifique!

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Published by François Massarelli - dans Muet Alice Guy Comédie
6 février 2022 7 06 /02 /février /2022 17:48

Continuant à créer des comédie cinématographiques fortement distinctives, Alice Guy a une nouvelle idée: elle imagine une bourgeoise qui vient à la poste pour poser son courrier, et accompagnée de sa bonne, elle utilise le talent de cette dernière pour lécher les timbres, ce qui provoque pour un homme présent dans le bureau de poste un irrésistible désir de l'embrasser...

Une fois de plus, l'absurde de la situation confine à l'audace avec cet étrange film, qui se termine par une embrassade tellement puissante qu'il y a transfert de moustache.

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Published by François Massarelli - dans Alice Guy Comédie Muet
6 février 2022 7 06 /02 /février /2022 17:39

...Et pour cause, que madame a des envies: elle est enceinte jusqu'aux yeux. Du coup, rien de ce qui se passe autour d'elle pendant sa promenade ne lui échappe, et elle va jusqu'à prendre de leurs mains le sucre d'orge d'un enfant, l'absinthe du client d'une terrasse, le hareng d'un mendiant et la pipe d'un colporteur. Monsieur, au comble de l'agacement, réussit à la persuader de rentrer à la maison mais la course se finira dans un parterre de choux, et comme on sait, les choux... 

Au-delà du mécanique de situation et de l'intrigue qui est gentiment absurde, le film est notable pour trois choses: son montage tout d'abord. Alice Guy a construit son film comme elle le fait d'habitude, sur une succession de tableaux, avec caméra fixe. Mais elle insère parfois des gros plans pour isoler la gourmande... Et d'autre part, elle a représenté une femme enceinte, soit une dame avec un gros ventre, ce qui va devenir tabou dans la plupart des cinématographies du monde pendant plus de soixante années. Enfin ce film est l'un des premiers à oser aborder, sous le couvert d'une presque parabole, le désir féminin. Pas rien, quand même.

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Published by François Massarelli - dans Alice Guy Muet Comédie
6 février 2022 7 06 /02 /février /2022 17:33

Après avoir tâté du cinéma sonore avec les Phonoscènes et leur improbable cortège d'artistes de music-hall et de comiques troupiers, après avoir par ailleurs fourni à la maison Gaumont une superproduction en plusieurs bobines dédiée à la vie de Jésus, Alice Guy reprend le fil de sa carrière là où elle l'avait laissée: attentive aux genres, et désireuse de proposer sa vision à elle du cinéma. 

Ce film est donc un peu un prototype des nombreux films de comédie burlesque qui seront 6 ans plus tard l'apanage de Jean Durand, avec une situation bien établie: une course se tient, les participants rivalisent de cabrioles... 

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Published by François Massarelli - dans Alice Guy Muet Comédie
6 février 2022 7 06 /02 /février /2022 10:39

D'un côté, un dragueur ultra-entraîné (Ryan Gosling) rate, exceptionnellement, sa cible, avec une belle et mystérieuse jeune avocate (Emma Stone), et de l'autre, un couple marié depuis une vingtaine d'années (Steve Carell et Julianne Moore) se retrouvent au restaurant: monsieur souhaite commander un dessert, et madame souhaite plutôt divorcer... A partir de là, les destins de ces gens vont, curieusement, et expertement, se mélanger au travers d'une intrigue qui ne fera pas trop de concession au style du film choral, mais impliquera énormément de matériau sur l'amour, le seul, le vrai, le grand, le beau... Avec pas mal de dérapages aussi. 

...mais des dérapages contrôlés: si je suis las des comédies romantiques les pus académiques, je suis encore plus irrité par cette manie du "décalage" passé au rang d'ingrédient formaté, avec son lot de scatologie, et d'audaces décongelées. Et un Love actually, qui est supposé marier les deux tendances, n'est qu'une coquille vide de sens, gâchée par les dialogues les plus nuls du monde. Donc, heureusement, il y a ce film, car...

...Les réalisateurs ont eu la bonne idée de le traiter comme une screwball comedy, avec à la clé l'inévitable rapprochement de deux couples (on SAIT qu'ils doivent être ensembles, de toutes façons), la transformation d'un homme pour le meilleur (voire deux), un type qui passait pas là, et sortira du film avec rien, et même, à l'occasion, des digressions géniales et salutaires: l femme draguée un soi, qui s'avère non seulement vaguement nymphomane, mais en prime elle est la prof de lettres de votre fils; la baby-sitter amoureuse de son employeur, dont l'un des ados qu'elle garde a développé une obsession fixée sur elle, ou encore le copain du couple qui doit tout à coup choisir son camp après le divorce... Il y a, aussi, une scène de révélation qui vire au slapstick le plus étourdissant, une rareté dans le cinéma bavard d'aujourd'hui... Tout serait parfait s'il n'y avait...

...un discours final qui fait voir à chacun ses erreurs. Et c'en est une, hélas, car ce genre de chose vous plombe une bobine aussi sûrement qu'un dentiste pressé. Mais il nous reste, après tout, les trois quarts d'une comédie sentimentale qui fait beaucoup de bien, et un rôle en or pour Ryan Gosling. Ah oui, ça m'agace aussi cette manie qu'on a en France, de vouer un acteur aux flammes de l'enfer parce qu'il a du sex-appeal. Il a aussi un incroyable talent, y compris pour exposer ses parties génitales face à Steve Carell.

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Ryan Gosling
4 février 2022 5 04 /02 /février /2022 11:41

Le journal The Evening Sun, basé à Liberty (Kansas), possède une branche dont la rédaction est située en France, dans la ville d'Ennui-Sur-Blasé: The French Dispatch est une tradition du quotidien, qui s'honore d'avoir réussi à établir aussi loin de la maison-mère une tradition de journalisme intransigeant... Mais le supplément est condamné à très brève échéance, car le directeur (Bill Murray) qui vient de mourir a stipulé dans on testament que le journal cesserait de paraître après son décès. Le dernier numéro reprend donc trois articles mythiques et un éloge funèbre...

Un prologue aux trois autres parties contient un segment sur un journaliste cycliste, Herbsaint Sazérac (Owen Wilson), qui nous permet de visiter la ville; le premier des trois articles est l'oeuvre de la très respectée J.K.L. Berensen (Tilda Swinton) qui nous raconte l'étrange épopée du peintre psychopathe Moses Rosenthaler (Benicio Del Toro), depuis sont enfance au Mexique jusqu'à son enfermement dans une prison, où sa relation clandestine avec une gardienne de prison (Léa Seydoux) va provoquer une révolution artistique; le deuxième article s'intéresse à une mini-révolution qui ressemble beaucoup à Mai 68 (il y est question pour les garçons d'avoir accès au dortoir des filles à l'université d'Ennui-sur-Blasé: l'article est signé Lucinda Kremetz (Frances McDormand) qui a bien connu le meneur estudiantin Zeffirelli (Timothée Chalamet) avec lequel elle a eu une aventure; enfin, le dernier article est dû à la plume de Roebuck Wright (Jeffrey Wright), dont une enquête culinaire va se transformer en une véritable histoire policière, avec enlèvement d'enfant à la clé...

C'est extravagant, et on peut le dire tout de suite, ce film, le plus franchement excentrique de toute la production de Wes Anderson, n'a pas plus à tout le monde. Entre une ovation de dix minutes à Cannes où il a été projeté, et des articles acerbes voire vengeurs de nombreux médias de par le monde (pour certains articles, on en viendrait à se demander sil n'y avait pas une sourde, sournoise, et très ancienne envie de s'essuyer les pieds sur le petit génie Texan), la réception a été, disons, variée... Bien sûr, il y a aussi eu des critiques très positives, mais l'occasionnelle volée de bois vert est notable justement parce que c'est rare dans l'histoire du metteur en scène. Pour ma part, j'admets que le film n'est sans doute pas, sur bien des points, son meilleur, mais cette vendetta ne se justifie en rien: d'une part, Anderson a lui-même choisi de faire le contraire de ce qu'il a toujours fait en proposant un film à segments, dans lequel les personnages se multiplient, tout en amenuisant leur portée. 

Donc oui, en effet, on pourra se plaindre de rester trop peu de temps avec Lucinda Kremetz et Zeffirelli par exemple, ou on pourra déplorer que la petite amie de celui-ci est un personnage moins développé que Agathe, la petite pâtissière (Saoirse Ronan) de The grand Budapest Hotel, qui donnait à tout le film un parfum de nostalgie triste par son passage. Mais le propos, qui à mon sens complète et prolonge The Grand Budapest Hotel (sans doute LE meilleur film d'Anderson) est bien moins de s'intéresser aux personnages, que de rendre hommage à trois univers bien particuliers, et imbriqués les uns dans les autres: la France de toujours ou de jamais, non as celle des années 50, 60 ou 70 telle qu'elle donne l'impression d'être représentée dans le film, mais bien son double fictif, cette France vue à travers les films tournés souvent en langue anglaise, dans les années 30, 40, 50 et 60 justement, par des Lubitsch, des Wilder, Blake Edwards ou d'autres génies. Une France décalée, inexistante, que Wes Anderson recrée à grand renfort de noms tous plus gentiment impossibles les uns que les autres (Nescaffier, Le Boulier, la gardienne Simone, et... Zeffirelli?), et qui sent bon le cinéma: Love in the afternoon, Irma La Douce ou Bluebeard's eighth wife, par exemple. Et on y fume des Gaullistes...

Autre tradition explicitement référencée, celle du cinéma français. Comme j'en ai marre qu'on profite de Wes Anderson pour montrer sa science en ce qui concerne Godaut et Truffard, qui sont effectivement tous deux dans le panthéon du cinéaste (c'est son droit), je vais me contenter ici de rappeler deux choses: d'une part l'influence évidente de Jacques Tati, plus forte sur ce film que d'habitude, et dont Anderson a emprunté la géniale maison-dédale de M. Hulot (c'était dans Mon Oncle); et d'autre part le commissaire joué par Mathieu Amalric est un ancien colonial, moustachu et malade, qui a ramené des colonies un petit orphelin métis. Il ressemble tellement à l'inspecteur Antoine (Louis Jouvet dans Quai des orfèvres de Clouzot) que c'en est troublant.

Enfin, il y a la presse, celle qu'on vilipende partout, de complotisme en manifestations, d'éditoriaux de tout petits candidats fascistes, en colère infantile de tous petits candidats d'extrême gauche. C'est pareil aux Etats-Unis, où un président a pu tenir quatre ans à nier tout et n'importe quoi en attaquant systématiquement les journalistes, pourtant la presse est supposée être une institution aux Etats-Unis. Anderson utilise donc le cinéma, et ses possibilités, pour envoyer une lettre d'amour amusée aux journalistes de terrain, comme il avait inscrit son film précédent dans une logique profondément littéraire. Avec The French Dispatch, on voit à l'oeuvre des journalistes investis à 100 % dans une recherche souvent tellement précise et minutieuse qu'elle en devient absurde, comme Berensen qui semble avoir passé sa vie entière à écrire un article sur Rosenthaler... des journalistes qui sont autant d'auteurs, et qui dépendent d'un rédacteur en chef qui saura exactement trouver quoi prendre et qui laisser dans leur production... Bref, des pros et des artistes. D'où un sens aigu de la digression qui se retruove dans la forme délirante du film.

Et c'est peut-être ce qui a gêné dans ce film étrange, cette façon, mélangeant une constante référence au texte, dans ces images toujours aussi impeccablement et géométriquement horizontales, avec ces mouvements d'une caméra habitée qui nous oblige à la suivre, un coup à droite, un coup à gauche. Le film est u dédale de sollicitations textuelles, sonores et picturales, en 1:33:1 sur une large part mais pas que, aux couleurs pastel, mais parfois en noir et blanc en fonction des besoins... Il y a même de l'animation mal fichue (moins plaisante aux yeux en tout cas que les maquettes en image par image des poursuites de The Grand Budapest Hotel. La musique d'Alexandre Desplat est sans doute la partie la plus normale de ce drôle de film! C'est épuisant, mais on s'y fait très vite, et on sait qu'on y reviendra justement avec le plus grand plaisir... Enfin, moi, en tout cas.

Et pour finir, vous avez un aperçu du casting exceptionnel dans cet article. Mais il y a en a d'autres, et non des moindres... Allez y faire un tour, vous verrez...

 

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Published by François Massarelli - dans Wes Anderson Comédie
25 janvier 2022 2 25 /01 /janvier /2022 17:13

On appelle ça une sex comedy, c'est un genre à part entière, et si American pie a probablement été à la base d'une résurgence importante de la chose, menant en droite ligne à ce film, le fait est que depuis les années Corman, quand le célèbre producteur a profité de la libération des moeurs pour s'engouffrer dans une brèche (nudité drogue lycée etc), le cinéma Américain n'est pas revenu en arrière, et les exemples sont nombreux, bons ou mauvais. Après tout, à des degrés divers, American college ou Fast times at Ridgemont high font eux aussi partie du club...

Donc, Scotty termine une année de lycée, et se réjouit de passer l'été avec sa petite amie Fiona... Ce que Scotty ne sait pas, c'est d'une part que cette dernière l'a trompé durant une année entière avec une application, une rigueur et une duplicité remarquables. Ce que Scotty ne sait pas non plus, c'est que c'est même devenu une chanson, qui va faire un malheur: Scotty doesn't know. Quand il raconte son malheur à son correspondant Allemand, il a la surprise de recevoir un message équivoque de ce dernier, et l'insulte en retour... avant de comprendre son erreur: Mieke, l'Allemand, est une Allemande; elle est merveilleuse, et maintenant, vexée, elle a coupé les ponts: une seule solution...

Partir à Berlin, bien sûr. Mais en chemin, on visitera aussi Londres, ses Hooligans, une plage de nudistes (tous masculins), Amsterdam, Bratislava, Rome, et même le Vatican et tant qu'à faire les appartements du pape. Et toutes les conneries possibles et imaginables, tous les excès possibles, seront tentés et généralement réussis.

C'est là ce qui sauve le film, et je persiste et signe: c'est tellement idiot, basique, simpliste, ridicule et bas du front que ça en devient génial. Il aura fallu attendre ce film pour voir une horde de quarante nudistes (dont des bien vieux et ratatinés) courir après des Américains tous plus coincés les uns que les autres... Il y a ici une belle façon d'assumer glorieusement la bêtise la plus crasse, et de faire appel aux plus vils bas instincts du public. C'est un mal nécessaire. Et sinon, oui, c'est bien Matt Damon.

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie
23 janvier 2022 7 23 /01 /janvier /2022 15:36

Voici un film plus élaboré que d'habitude, qui nous est manifestement arrivé complet: un prestidigitateur avise un mendiant, lui donne, par magie, de quoi manger, et pour finir le transforme en bourgeois: il devient alors pingre et refuse l'aumône à un pauvre. Mais c'est, hélas pour lui, le magicien...

Un cas étrange: c'est sans doute un film au scénario très personnel, parce qu'on n'y retrouve pas du tout de la trace habituelle de l'influence de Méliès sur Alice Guy. Chez le magicien de Montreuil, un illusionniste de cinéma, c'est un prestidigitateur assisté par des truquages techniques, pas un magicien... Or ici, Alice Guy fait se promener ses protagonistes dans les rues (il y a trois plans) et utilise les truquages pour toucher à la magie, la vraie. C'est un peu rustique, mais ça a l'avantage d'être assez original. Et il y a une morale...

Mais laquelle? s'agit-il de dire (on est chez Gaumont, la compagnie fort catholique et droitière des gens comme il faut) que les pauvres, si on leur donne la charité ça les rendra égoïstes et profiteurs, ou le message est-il que quand on est un bourgeois, on est un salaud avare? J'aime mieux la deuxième interprétation, rien que pour embêter Léon Gaumont.

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Published by François Massarelli - dans Alice Guy Muet Comédie