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14 avril 2024 7 14 /04 /avril /2024 21:07

Jerry (George Ovey) passe du bon temps à Griffith Park, où il a vu quelque chose qui le fait rêver: une jeune femme avec un enfant... Mais du rêve à la réalité, la route est impossible. Ce que nous dit le reste du film c'est que dans ce cas-là, la meilleure chose de faire n'importe quoi avec ses copains...

C'est en effet n'importe quoi, et parfaitement assumé comme tel, pour un film qui fera beaucoup penser à mack Sennett, qui justement aimait tant à improviser des films dans les parcs avec ses acteurs. Et le contingent de policiers maltraités ici rejoint les records de l'usine à gags...

Mais hélas, cela reste assez théorique: l manque environ une moitié du film, qui est parfois dur à suivre. Son gag le plus extrême, en revanche, est parfaitement clair: alors qu'il rêve qu'il embrasse une jeune femme, le héros se réveille, et il est en train d'embrasser un vagabond...

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Published by François Massarelli - dans Muet
14 avril 2024 7 14 /04 /avril /2024 16:40

Un homme se trouve en pleine soiée, dans la rue: il est mal à l'aise et fuit la lumière... il va rencontrer une jeune femme, qui va malgré elle le mener à deux bandits... Les bandits, Jim (Aldo Ray) les connait: depuis qu'il les a rencontrés, sa vie est un cauchemar, et pourtant c'est un vétéran de la guerre du Pacifique! 

D'aller en retour, Jim va retrouver Marie (Anne Bancroft), et s'attacher à elle, essayant toujours plus ou moins d'échapper aux deux bandits, dont la présence va être expliquée au fur et à mesure. Il y aura aussi l'intervention d'un mystérieux inconnu (James Gregory), qui l'a déjà abordé: tout en maintenant un contact permanent avec son épouse, Ben Fraser surveille Jim. Pourquoi?

Bien sûr qu'il y aura des explications! Mais ce n'est pas forcément le but de Tourneur: il cherche justement à déstabiliser le spectateur autant qu'il peut le faire et y parvient souvent très bien. La vérité devient un puzzle dont on n'est jamais très sûr d'avoir vraiment toutes les pièces qui font sens... Et Tourneur, qui nous a forcé à le suivre, s'amuse beaucoup de cette situation instable dans laquelle les codes (gangsters, femme fatale, policiers, etc) vont de toute façon nous aider à nous repérer au moins au début... 

Et le miracle du film noir, c'est cette capacité d'un film à nous entrainer alors qu'on ne sait pas grand chose, quece qu'on finira par savoir ne nous sera raconté que par un personnage qui dit, ou pas, la vérité, et ce sera en flash-back, avec toujours l'impression qu'on se fait quand même avoir... Bref, c'est comme la vie.

 

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Published by François Massarelli - dans Jacques Tourneur Noir
14 avril 2024 7 14 /04 /avril /2024 08:11

Après 5 mariages qui ont notoirement fini par l'horreur de la décapitation, de l'enfermement ou de l'exil des personnes concernées, Henry VIII (Jude Law), Roi d'Angleterre, a épousé Catherine Parr (Alicia Vikander), et... semble s'en satisfaire. Parti guerroyer, il lui a même confié les clés du Royaume... Sauf que ce dernier est l'objet d'une guerre de religion de plus en plus sournoise: d'un côté les partisans de la Réforme, derrière Calvin ou Luther, qui souhaitent s'attaquer aux privilèges de l'Eglise en place, et de l'autre la hiérarchie de l'eglie Anglicane, une branche Episcopalienne mais indépendante, établie lors de la rupture des relations diplomatiques entre le Vatican et la couronne, en 1531. Mais Catherine Parr, régente modèle, est aussi de notoriété publique une sympathisante du protestantisme... Et certains, dont l'archevèque Stephen Gardiner (Simon Russell Beale), veulent clairement sa peau...

Les historiens sont tombés sur le poil de ce film et de son équipe, tant il est vrai qu'on y spécule assez fortement sur un certain nombre de choses, notamment le décès du monarque... Disons-le de suite, ce nest pas sur le point factuel une leçon d'histyoire, c'en est mêmeme assez loin: d'ailleurs, aucune volonté didactique n'accompagne le film, qui est à prendre tel quel, écarté de son continuum historique... Mais bien sûr, s'il est à comprendre comme une fantaisie, il explore de façon fascinante deux aspects qui eux sont historiques: d'un côté, la présence d'un Roi qui n'a rien de fou, mais qui reste un monstre, et ce qu'il en advient dans le Royaume; de l'autre, la lutte délicate des femmes dans un contexte sur-représenté et même dominé par les hommes...

A ce titre, bien sûr, le film repose entièrement sur un duo d'acteurs qui sont irréprochables, et on n'a pas l'habitude de voir Jude Law en personnage aussi inquiétant. Plus encore, on se souvient des compositions de Jannings et Laughton: l'histoire du cinéma a été souvent assez tendre avec Henry VIII! Certes, il était établi (dans Ann Boleyn, de Lubitsch, et The private life of Henry VIII, de Alexander Korda) que l'homme avait manoeuvré pour pouvoir se marier quand bon lui semblait à qui bon lui semblait, résultant en des exécutions bien pratiques... Mais le côté presqu'enfantin du personnage ressortait plus du pittoresque! Ici, Henry VIII, même diminué (il a une blessure qui menace tous les jours de virer à la gangrène, et il vieillit), est bien un personnage terrifiant, qui n'obéit qu'à ses impulsions, et qui inspire autour de lui une sorte d'atmosphère politique dans laquelle chacun sait ce qu'il ou elle a à perdre. 

Dès que le film commence, on voit le paradoxe de Catherine Parr: placée là où elle est par le fait que cinq épouses sont passées par là, elle sait ce qu'elle risque; elle est une bonne régente mais elle gène. Le roi l'aime mais se défie de sa foi. Enfin, elle est sur un siège éjectable (voire décapitable!) mais elle tient quand même à aider ses amis, notamment Anne Askew, qui prèche sans relâche la nouvelle religion dans le Royaume, et finira justement sur le bûcher...

Autour d'elle, si les intrigues sont nombreuses, les principaux risques sont assumés par des femmes, et non des moindres: fille de Catherine d'Aragon, première épouse (Catholique) du roi, la princesse Mary (future Reine Mary) sait à quel point la situation est intenable face à son père, et elle manoeuvre dès qu'elle le peut pour éviter de tomber avec la reine Catherine. la princesse Elizabeth (future reine Elizabeth, évidemment) sait qu'il y a un risque pour elle de finir sur l'échafaud, car elle est attirée par l'Eglise réformée, et elle sait que la hiérarchie religieuse ne la voit pas d'un très bon oeil. D'une manière générale, les enfants de Henry sont derrière Catherine, mais savent tous qu'ils sont les héritiers non seulement de la couronne d'un imprévisible tyran, mais aussi de femmes qui toutes ont été répudiées, exilées ou tuées. Et l'église semble en avoir pris l'habitude: à ce titre, Gardiner est un évèque comme je les aime: une ordure, politique à souhait, qui cache des ambitions personnelles de domination derrière "l'intérêt de l'église" et a manifestement à assouvir une soif de brûler, massacrer, et d'une manière générale anéantir les femmes. Bref, un homme d'avenir dans ce bas monde.

Bref, un écclésiastique. Qu'il soit Anglican au lieu d'être une de nos bonnes vieilles ordures Catholiques, importe peu...

Au-delà des ses contre-vérités historiques assumées (les risques de déchéance pour la Reine étaient réels, mais ici ils vont bien loin que ce que l'histoire nous enseigne), le film est enfin une radiographique au plus proche des âmes de l'esprit d'une époque, dans laquelle Karim aïnouz se refuse aux grandes scènes élégantes de cour, et au décoratif. La rigueur du film distille d'ailleurs un malaise, tant la caméra est proche des visages plus que de toute autre partie... Le cadrage est souvent remarquable est conditionne tout le film y compris son montage.

Mais il n'y a pas que l'esprit d'une époque, le film rejoint aussi la tendance actuelle à vouloir bousculer les choses, notamment en questionnant cette sale manie qu'ont les hommes de s'imaginer supérieurs aux femmes... Et Jude Law et alicia Vikander sont absolument extraordinaires dans un film qui dut être particulièrement exigeant pour l'un comme pour l'autre...

 

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Published by François Massarelli
13 avril 2024 6 13 /04 /avril /2024 23:43

C'est la quatrième adaptation de la même histoire au cinéma, et comme chacun sait (ou devrait savoir) ce n'est pas la dernière puisque le plus célèbre des cinq films consacrés à cette intrigue autour d'un miracle (trois hors-la-loi sauvent un bébé) est la version (du même nom) réalisée par John Ford en 1948...

Trois hors-la loi (Chester Morris, Lewis stone, Walter Brennan) envisagent de cambrioler la banque de New Jerusalem, où l'un d'entre eux a grandi. Dans un premier temps, ils se mêlent à la population en prétendant ne pas se connaître, arrivant en ordre dispersé... Puis ils effectuent leur hold-up et s'enfuient dans le désert...Où ils trouveront une mère qui vient d'accoucher d'un bébé; la mère meurt, et contre l'avis de l'un d'entre eux les deux autres décident de sauver l'enfant... Mais combien de temps tiendront-ils, sans eau, et avec un bébé à nourrir?

Ce qui surprend dès le départ c'est la différence de ton avec le film de Ford. Boleslawski a réalisé un film sans concessions, avec des acteurs qui sont souvent cantonnés à cette époque dans des seconds rôles; c'est un western, aussi, et en 1936 le genre n'a pas acquis de nouveau la noblesse qu'on lui connait... Ce relatif anonymat de série B fonctionne bien pour le film, lui donnant une liberté de ton, et permettant au metteur en scène de jongler avec des anti-héros...

...Surtout Chester Morris, qui dès le départ parle ouvertement de descendre l'enfant, et dans une scène qui fait froid dans le dos, prétend s'être trompé de cible après avoir tiré sur un serpent à sonnette. Mais Boleslawski, qui a plus développé la première partie que ne le fera Ford, et en profite pour fustiger l'hypocrisie des braves gens, a poussa sa liberté de ton jusqu'au bout, donnant un relief particulier au "miracle" du sacrifice de trois bandits...

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Published by François Massarelli - dans Western
13 avril 2024 6 13 /04 /avril /2024 22:56

Eddie Cline n'a pas été que le partenaire (et bras droit) de Buster Keaton entre 1920 et 1923... Il a aussi réalisé des films en solo, tous dans un cadre proche de la comédie: avec Jackie Coogan, mais aussi avec W.C. Fields, et un certain nombre de courts chez Sennett. C'est de cette période à l'usine à gags que date ce petit court métrage, qui met en scène Lige Conley et Daphne Pollard...

Jimmy Hawks (Joe Young) est un émule de Lindberg, qui survole l'océan à bord du Spirit of Shanghai... Il est accompagné de son assistant (Lige Conley)... Ils aperçoivent un bateau en perdition, avec des jolies filles en maillot: le héros décide d'intervenir... Plus tard, les jeunes femmes offrent un ballet à leurs sauveteurs...

...Et puis c'est tout: quelques gags bien lourds et bien idiots, un ballet en Technicolor (que la copie massacre, hélas) Daphne Pollard et Lige Conley qui improvisent, ça sent le remplissage...

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Published by François Massarelli - dans Muet Mack Sennett Eddie Cline Technicolor
13 avril 2024 6 13 /04 /avril /2024 16:36

Un vaisseau spatial ultra-futuriste est en plein navigation, et à l'intérieur, tout dort... Quand tout à coup l'un des passagers, en hibernation prolongée pour cause de voyage TRES long, est réveillé par le système. Mais il est le seul... Quand Jim (Chris Pratt) émerge, il est pris en charge par les intelligences artificielles du bord, celles-ci (qui décidément font mentir leur nom) passent outre le fait qu'il ait été "réveillé" au bout de trente ans, alors que son voyage est supposé durer encore... 90 ans. 

Je ne peux pas m'empêcher de rêver d'un film à la Tati, avec un M.Hulot qui se réveillerait dans de telles circonstances... La première partie du fiml est intégralement consacrée à cette odyssée absurde d'un homme seul qui a pris conscience qu'il est arivé au bout de sa vie, mais avec un rien d'avance, et qui tente de faire un peu de sens (ou de s'occuper, ce qui n'est pas la même chose) avec un univers hostile parce que fait pour la multitude et non pour un homme seul (et en plus son forfait ne lui donne pas droit à tous les avantages!). Il a pour seule compagnie un barman-androïde, Arthur (Michael Sheen). 

Mais Jim s'ennuie, et a vu parmi les sarcophages celui d'Aurora (Jennifer Lawrence), une jeune autrice partie observer les colonies spatiales, et il tombe amoureux. Malgré le risque et l'immoralité de l'acte, il décide de la réveiller... Sans lui dire bien sûr qu'il est responsable de cet acte, qui la condamne elle aussi à plus ou moins longue échéance, car on a beau essayer, mais... impossible de retourner dans les pods d'hibernation...

S'ensuit bien sûr une histoire d'amour, puis une révélation (saleté d'intelligence artificielle), puis une bouderie, puis hélas, pire encore: des explications, puis une intervention d'un deus ex machina qui lui aussi s'est réveillé, c'est Lawrence Fishburne: à ce stade, tout le troisième acte est raté, convenu, inintéressant. Mais le point de départ était finalement une idée formidable, celle de placer un novice, inadapté aux technologies de pointe en oeuvre dans le vaisseau, avec de lourdes mais rigolotes allusions à Kubrick (le barman sorti de nulle part, la rotation des modules du vaisseau dans lesquels court Jennifer Lawrence...) et un ensemble d'effets soignés. Après, dans ce film, plus il y a de monde, et plus ça ressemble à du tout-venant...

 

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Published by François Massarelli - dans Jennifer Lawrence Science-fiction
11 avril 2024 4 11 /04 /avril /2024 20:52

C'est bientôt le second tour de l'élection présidentielle... Les candidats qui s'affrontent sont d'une part un homme d'extrême droite (obsédé par l'immigration et l'insécurité, et fort d'une tendance à ne parler de rien d'autre, et à n'amener que ces sujet dans les débats) et un libéralbon teint: c'est Pierre-Henry Mercier (Albert Dupontel), un économiste génial qui a été appelé au secours par le camp progressiste quand le candidat "naturel" est tombé dans ce qu'on a appele le "zizigate"...

Mercier rassure les foules, et est assuré d'être élu au terme d'une campagne morne, et sur une chaîne d'info privée, on a décidé de confier le job à une équipe qui sort à peine d'un purgatoire au service des sports. C'est que Nathalie Pove (Cécile de France) a tendance à n'en faire qu'à sa tête, d'où la punition de couvrir les matchs durant quelques années. Pourtant, Gus (Nicolas Marié), le caméraman, était ravi: le foot, chez lui, c'est une obsession! Mais Nathalie qui a pour mission de couvrir une campagne dans laquelle elle ferait la promotion du candidat pour sa chaîne, a connu Mercier au lycée. Elle connaît les failles et les fragilités de celui qui a été son premier baiser... Maisquelque chose ne colle pas, elle s'en rend compte très vite. Cet ultra-libéral est constamment entouré, lors de ses meetings, de figures de la pensée, de la science, de l'écologie et de la politique, qui sont tous dotés de morale... Nathalie Pove et Gus vont découvrir que Mercier cache bien plus qu'une carrière d'économiste doué...

Ce n'était pas inattendu que celui des cinéastes français qui semble le mieux tout faire sans jamais perdre son âme de réalisateur de comédies, s'attelle un jour à une fable politique. Un exercice périlleux car en France ça ne prend pas, ou rarement. Dès qu'on représente la politique dans un film français, la caricature devient tellement grossière qu'on ne peut y croire un seul instant, et c'est gênant quand justement on reproche à la politique de reposer sur le faux, l'incompétence et le mensonge! Dupontel a donc choisi la fable et son exagération, dans un scénario qui va loin dans la politique fiction, imaginant même non pas un, mais deux complots l'un sur l'autre, et une vie politique régie non par les politiciens, mais bien par les éminences grises; et une presse, bien spur, aux ordres, qui fait ce qu'on lui dit de faire... Sauf Nathalie, bien sûr. 

On a beaucoup reproché ces choix, condamnant le film a priori, pour son écomplotisme" supposé, et pour la caricature... Mais justement, il ne fait aucun doute dans ce film qui réussit (comme le faisaient si bien Au revoir là-haut et Adieu les cons) à maintenir l'atmosphère d'une comédie malgré la présence de figures tragiques, que ce soit de la caricature, de l'imagination. Une situation largement inspirée par les récentes campagnes politiques, qui ne prenaient de sens que dans un affrontement final entre le chaos (Marine Le Pen, insupportable choix d'extrême droite) et la supposée raison et la supposée mesure (en forme de premier de la classe avec Emmanuel Macron): ici, la vie politique tourne entièrement autour d'une issue écrite d'avance, et le candidat déballe un ramassis d'idées néo-libérales convenues, et empreintes de la pire platitude... Et le monde politique, les journalistes trop polis pour être honnêtes, le "zizigate" (DSK?) sans oublier la chaîne de télévision qui ressemble aux chaînes d'info qui ne se provent pas de favoriser un candidat (depuis TF1 et leur soutien à Balladur en 1995, on sait que c'est tout à fait possible, et les chaines Bolloré aujourd'hui en sont un exemple frappant); bref, si Dupontel exagère effectivement (car c'est une fable), il a quand même suffosamment d'exemples devant lui qui montrent la voie...

Et puis c'est un cinéaste qui ose, qui tente, qui s'approche de ce qui tendrait à lui faire peur: la mort, la guerre, la délinquance, la vieillesse, la politique maintenant... Car c'est pour lui le seul moyen de faire son travail d'artiste et qu'il apporte quelque chose... Ses films sont généreux, et nous font suivre de drôles de personnes aux failles palpables, mais assumées, depuis la juge qui a raté sa vie sociale de 9 mois ferme, à la coiffeuse condamnée de Adieu les cons, en passant par la journaliste qui a fini par accepter de ne pas exister dans son métier... Et comme toujours, il y a les uns (Philippe Uchan en patron de presse aux ordres, génial comme à son habitude) et les autres (Nicolas Marié, inoubliable en obsédé du football, François Damiens en coach sportif en plein exercice, et de nombreuses silhouettes aperçues et aussitôt engrangées... 

Le film est certes moins percutant que le précédent, mais il vient clairement du même univers, de la même poésie, et là encore, de la même générosité. Car ce qui motive Dupontel, c'est son amour des gens, des mots, des acteurs et du cinéma. Et ça se voit, dans un film qui ne se laisse jamais aller à se départir d'un mélange rare d'expressivité, de direction d'acteurs majeure, de rigueur et d'inventivité dans la mise en scène. Même si d'aucuns le trouvent raté, c'est un film d'un metteur en scène majeur...

 

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Published by François Massarelli - dans Albert Dupontel
10 avril 2024 3 10 /04 /avril /2024 18:03

Dans ce film anonyme, retrouvé lors de séances de films sans titres organisée par la bibliothèque du Congrès, un bourgeois (James Kirkwood) apprend sa ruine prochaine, et se soucie de l'avenir de son ménage, sans en parler à son épouse (Mary Alden). Lors d'une petite fête organisée par cette dernière, une bonne vole le collier d'une invitée... Quelques temps plus tard l'épouse apprend l'infortune de son mari et le soupçonne du vol.

C'est un mélodrame très très classique, dans lequel les cinéastes (anonymes, donc) jouent à fond la carte des clichés, sans retenue: ainsi, e maquillage oppose la blancheur immaculée de Mrs Lowden, et la complexion cuivrée de leur bonne kleptomane (et menteuse, elle a tous les défauts!!), ou encore la peau noire (...en blackface) de leur autre domestique! Le film repose aussi sur une opposition entre les privilégiés et leurs domestiques, et le jeu des acteurs et actrices est d'une médiocrité ampoulée, du pire effet...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet
10 avril 2024 3 10 /04 /avril /2024 17:57

Bud Duncan et Kewpie Morgan interprètent deux bons à rien militants qui se forcent à accepter un travail pour pouvoir manger: ils vont devenir poseurs de papier peint. Mais avec tellement de mauvaise grâce que ce serait plus du sabotage que de la décoration...

En fait, les personnages principaux, soit les deux affreux, sont absolument vides de tout sentiment humain. C'est bien le problème d'un film qui semble atirer notre sympathie vers deux nihilistes militants qui sèment le chaos, et le font assez mal... Le film n'est actuellement pas signé. ...Tant pis.

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Published by François Massarelli - dans Muet
10 avril 2024 3 10 /04 /avril /2024 17:48

Une dame (Gertrude Norman) vit avec sa fille dans un appartement qu'elle loue. La petite provoque un accident dans lequel elle perd la vie... Restée seule avec son chien, la dame doit faie face à un propriétaire acariâtre, qui lui réclame un loyer, sinon elle sera à la rue... Mais un enfant, dans la rue, a repéré son chien, et elle se résoud à le vendre...

C'est un mélodrame particulièrement tire-larmes, qui serait probablement anecdotique si ce n'est pour un détail: d'une part il est rare de voir un film de cette époque (et un film tout court d'ailleurs) qui fasse reposer autant sur la mort d'un enfant sans offrir la moindre contrepartie aux personnages et aux spectateurs! Mais surtout, une large part du film repose aussi sur la visite de la femme sur la tombe de sa fille... Une scène simple, mais qui nous fera immédiatement penser à l'admirable The mothering heart de Griffith. Une autre paire de manches, et Gertrude Norman (annoncée en toutes lettres au début du film) n'est pas Lillian Gish...

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Published by François Massarelli - dans Muet Wonder dogs