Un jeune homme courtise une jeune femme, et tout irait pour le mieux, si le père de la belle n'était très rigoureux sur un pruncipe: il est hors de question qu'un jeune gandin oisif prétende à épouser sa fille, tant qu'il n'aura pas fait la preuve de sa valeur en travaillant... La mort dans l'âme, il accepte, et va donc devoir tenir un mois sans voir sa fiancée, et à travailler de ses mains, s'il veut la revoir. Mais le rival du héros décide de profiter de la situation et de tenter sa chance...
C'est une adaptation de O.Henry, un pourvoyeur de contes et nouvelles satiriques qui a eu un énorme succès en son temps (et a parfois fourni le cinéma, en témoigne par exemple le film anthologique O.Henry's full house). La nouvelle est tournée sans aucne tentation du grotesque, mais ça reste de la comédie. L'idée principale, celle d'un "contrat" qui impose à un oisif de travailler, est en soi géniale, et on peut en retrouver des échos dans de nombreuses oeuvres muettes, surtout des comédies, autour des univers de Harold Lloyd, Buster Keaton ou encore Charley Chase.
Pour aller un peu plus loin, dans cette intrigue qui nous montre à quel point le héros, aussi privilégié qu'il soit, est inadapté au travail, je me demande s'il n'y a pas un peu de la source (conscient ou inconsciente) du film The idle class, de Chaplin: car ici aussi, le héros se retrouve coincé dans une armure...
On a oublié que Méliès a aussi favorisé à sa façon le cinéma Américain, en envoyant son frère Gaston présider aux destinées de la branche Américaine de sa société, la Star-films... Mais à la fin de cette première décennie du XXe siècle, le magicien de Montreuil est quasiment en retraite. Ses méthodes d'un autre temps, son incapacité légendaire à évoluer, l'ont privé de son indépendance.
Mais la filiale Américaine s'en sortait encore, après tout, et on voit bien avec ce petit film que l'attrait du western (un genre auquel Gaston Mélès s'intéressera beaucoup) a du jouer énormément pour la compagnie, qui est probablement un vivier de futures vedettes de nombreuses compagnies qui compteront: la Kay-Bee, les films Ince, et la Universal. Francis Ford, acteur et réalisateur (le grand frère de John), a travaillé pour toutes ces compagnies.
Dans ce court métrage, il est un cow-boy qui aspire à une vie paisible. Il vit aux côtés d'une mystérieuse inconnue, alors quand il envoie une lettre à la femme qu'il aime (Edith Storey), lui demandant sa main, elle refuse... Quelques temps plus tard cette même femme, farouche et indépendante, aperçoit sa mystérieuse rivale coincée dans les herbes sèches, en proie à un incendie. Dilemme: la sauver, ou... ?
C'est sec comme un coup de trique, ça ne s'embarrasse ni de chichis ni de se livrer à une exposition... L'ensemble du cinéma Américain reposait sur les films d'une bobine, mais cette clarté narrative allait avoir des répercussions sur le style de tout le cinéma Américain pour les années à venir...
Un jeune réalisateur se prépare à réaliser un film d'animation... Il entame les pourparlers avec ses vedettes, un garçonnet et un chien qui pêchent sur un lac. Mais les deux stars se plaignent du décor et menacent de faire la grève, des compromis doivent être trouvés...
C'est la grande tendance du cinéma d'animation américain dans les années 20: le fait d'incorporer le cinéma "live-action" (c'est à dire avec des acteurs et des décors réels) dans l'animation, ou le contraire. Ce sera le credo des futurs grands concurrents, dont les studios étaient balbutiants à l'époque, Disney (avec sa série des Alice), et les frères Fleischer (avec Out of the inkwell).
Ce film qui mélange les deux univers est particulièrement intéressant: car il y a un monde entre concevoir une telle idée, et la réalisation proprement dite. Ici, l'équipe s'en sort très bien! Earl Hurd, qui avait manifestement tout d'un précurseur, a animé ces "aventures de Bobby Bumps" durant environ 10 ans...
On ne saura pas qui est le réalisateur, pour les films Edison, de ce petit film, qui fait partie d'un genre bien précis. Il s'agit d'archiver des images d'un artiste de music-hall, en l'occurrence une personne de petite taille, Adolph Zink, qui jouait non seulement de sa taille, mais aussi de son talent de transformiste.
Le choix a été de ne pas le montrer sur scène, mais de poster la caméra dans les coulisses, où il s'attache à changer de costume avant de retourner pour ses numéros. On verra donc l'artiste occupé à se maquiller, s'habiller, se déshabiller, au gré des exigences de sa prestation. Du début à la fin, Zink est très conscient de l'oeil de la caméra et joue beaucoup pour elle, et bien sûr avec elle...
Une jeune avocate, toute fraîche diplômée, Nora (Noée Abita) apprend de son patron (François Morel) que le cabinet a accepté d'intervenir dans une garde à vue pour l'interrogatoire d'un suspect dans une affaire de disparition. Nora habite Paris, mais il lui fau immédiatement se rendre à Arras, où dès le lendemain, elle intervient auprès de Jordan, un garçon fermé, complexé, et mort de peur devant la police... C'et la première fois que Nora (dont les attributions sont plus tournées vers le droit des affaires) se trouve en charge d'une affaire seule, et a première garde à vue... Mais au cours de celle-ci, l'affaire est requalifiée par le procureur: on a retrouvé le corps de la victime sur les lieux de sa disparition...
Entre un client mutique et qui cache de lourds secrets, une famille avec ses casseroles qui ne la soutient pas comme elle le souhaiterait, un brigadier de gendarmerie d'origine Norvégienne (Anders Danielsen Lie) qui joue le jeu d ela séduction, et ses propres peurs et limites, on a assister à la métamorphose professionnelle et humaine de Nora... Qui est jouée par Noée Abita, qui a environ 25 ans, et au début du film en fait facilement 8 de moins. La réalisatrice a constamment joué sur cet aspect juvénile, pour nous conter précisément l'histoire de quelqu'un qui doit trouver sa place, mais aussi qui doit se familiariser avec son métier jusque dans les aspects les moins agréables: la façon dont par exemple ses parents réagissent au fait qu'elle doit travailler "avec un assassin" tous les jours; les hésitations de son client, voire son refus de communiquer; les exigences de son cabinet; les voyages aller-retour au pied levé; la dimension médiatique, dès qu'une décision est prise; l'impossibilité de poursuivre une vie personnelle...
Et la difficulté de construire une carapace joue un rôle primordial, et la réalisatrice choisit de tout faire porter sur cet aspect, comme on le verra dans la dernière scène. Si comme bien des personnages, on a du mal à croire en Noée Abita en jeune avocate, sa métamorphose (mise en parallèle avec une perte de virginité) sauve quand même le film, qui est parfois trop construit sur sa naïveté, et sur des dialogues qui sont tellement "cinéma français"... Mais le parcours en enfer de la jeune avocate confrontée à la cruauté de son métier reste intéressant, et nous permet de regarder au-delà des maladresses et des longueurs.
Pour raconter la triste et édifiante histoire de Judee Sill, il fallait le vouloir, et on est confronté, avec ce documentaire réalisé sur plusieurs années, à un travail de passion, qui réussit là où on n'attendait qu'un portrait convenu et compassé, à dresser un portrait qui rend grâce au titre: car si on retient d'abord des deux mots principaux (Lost Angel) le mot ange, il n'en reste pas moins qu'en effet, Judee Sill avait du génie.
Il n'est jamais nécessaire, a priori, de connaître la personne qui fait l'objet d'un tel portrait quand on le regarde, encore moins de l'admirer. Mais ça aide... Et en l'occurrence, Judee Sill était admirable. Pour ressortir un cliché des plus irritants, elle s'est peut-être un peu trompé d'époque... Et pour commencer, quelle enfance! Née Judy en 1944, elle a perdu son père très tôt, et a fini son adolescence sous la coupe de deux irresponsables: sa mère, qui sombrait dans l'alcoolisme, et son beau-père, qui était de ces hommes dont on conseille aux petites filles de ne jamais rester seules avec eux... Comment voulez-vous qu'elle n'ait pas eu l'envie de fuir?
Au passage et pour la petite histoire, Ken Muse, le beau-père en question, était animateur: il a travaillé un temps pour Disney, puis a intégré le département de cartoons de la MGM, avant de se tourner vers la télévision où il a suivi ses patrons Hanna et Barbera quand la MGM a fermé son département animation. En gros, ce sale type a quand même oeuvré sur virtuellement tous les Tom et Jerry réalisés par le duo... Il vivait aisément, ce qui a permis à Judy de disposer de tous les instruments de musique qu'elle pouvait vouloir essayer. Les témoignages, les photos, et parfois les films (amateurs) en attestent: elle était versatile et pouvait jouer de la guitare, du piano, de la contrebasse (un instrument qu'elle s'est appris toute seule), de la clarinette, et certainement d'autres. Elle écrivait, et a commencé à composer dès le début des années 60, en trainant avec quelques hippies et autres beatniks, qui étaient déjà fort nombreux dans la Californie de l'époque...
Elle a aussi rencontré la drogue et la délinquance, puisque avec ses nouveaux amis elle a participé (principalement pour l'expérience, disait-elle plus tard) à des cambriolages de banque, dont un qui l'a menée en maison de redressement... Où elle a enrichi son expérience musicale (c'est là qu'elle a appris à jouer le gospel et qu'elle a développé un jeu aux claviers précis, versatile et virtuose), et développé une vie intérieure qui s'est retrouvée dans ses textes: d'une tendance folk à chanter la déprime, aux bords du blues, elle est passée à un univers où sensualité et religion se sont intimement mêlés, dans un cocktail volatil et explosif...
C'est ce que raconte ce documentaire, construit de façon si académique: d'abord, un enchaînement d'images, puis un témoignage contemporain, à travers un extrait d'un concert des Fleet Foxes où le groupe rend hommage à Judee en interprétant la chanson la plus remarquable de son parcours, The Kiss... Puis la chronologie des événements, des clubs folk où la jeune artiste aimait se produire (elle détestait les concerts rock, et ne se reconnaissait pas du tout dans ce médium), jusqu'à la production de deux albums pour le label Asylum, futur berceau de tout le rock dit "Californien", de Joni Mitchell, Jackson Browne, The Eagles... Un label mené par David Geffen, dont Judee fut, un temps, l'élément le plus prometteur.
Ce que raconte le documentaire, c'est d'abord le génie de Judee Sill, exemples à l'appui, d'où la participation, non seulement de témoins directs, connus ou inconnus (on retiendra surtout les connus, interviewés en direct, filmés ou au téléphone, ou à travers de précieuses images d'archives: Jackson Browne, Linda Ronstadt, David Geffen, Graham Nash, et la jeune avant-garde du Folk-rock Américain), mais aussi de membres de la famille de Judee, dont sa nièce, ou encore d'amis et autres petits amis de passage. On entendra aussi des musicologues, certains passionnés encore aujourd'hui par leur découverte du répertoire de la musicienne, un choc frontal pour tant de personnes...
L'histoire de Judee Sill est bien de son époque, et bien Californienne, on y raconte le parcours de galères, la drogue, la prostitution même. On y rappelle que parfois un artiste non seulement a du génie, mais le sait. Ce n'est pas apprécié, non, mais que voulez-vous: Mozart, Thelonious Monk, Vincent Van Gogh, pouvaient-ils ignorer qu'ils étaient géniaux? Comment auraient-ils pu paser à côté de l'énorme apport, indéniable, qu'ils ont fourni à leurs arts respectifs? Pour certains, ça leur a été rendu, au centuple, mais pour Judee comme pour Van Gogh, il a fallu se contenter de miettes...
L'art de Judee Sill est unique, et je le disais, les paroles sont un mélange étonnant, de spiritualité et de profane, entre épiphanie d'une rencontre avec le sacré, et expérience humaine profondément sensuelle. The Kiss, la plus belle de ses chansons, est l'histoire d'un baiser, de ce qui arrive lors de la rencontre de deux bouches ou de deux âmes, vécue comme une transcendance. Jesus was a cross-maker raconte l'irrésistible rencontre avec un homme dont le charisme vous fait oublier la réalité, et quand il sera parti, dit la chanson, vous n'aurez plus que les yeux pour pleurer. Mais en attendant, il aura fourni un frisson inoubliable... The donor (aux arrangements vocaux hallucinants, touchant au versant sacré de la musique de Bach, mais avec les moyens confortables de la technologie d'enregistrement des années 70), The Desperado, Crayon angels, The lamb ran away with the crown, tous ces titres touchent au sublime en transposant le quotidien en une expérience sacrée, quasi-religieuse. Et Lady-O, sa chanson la plus célèbre (reprise par les Turtles), est une ode sans équivoque à une compagne d'un temps, dont les bras accueillants sont un souvenir de douceur.
Les chansons racontent l'indicible, l'expérience du plaisir, la quête de l'absolu, à travers des airs qui tiennent autant du folk traditionnel (guitares acoustiques en bandoulière) que du baroque ou de Bach (elle aimait tellement Bach qu'elle s'amusait à en placer des pastiches un peu partout, avec gourmandise), et surtout du gospel et de la musique western (j'évite de parler de country music), dont elle avait maîrisé les codes avec un don particulier. Il faut voir un musicologue décrire The lamb ran away with the crown, et finir au bord des larmes...
Et comme elle ne souhaitait pas déléguer, elle en était non seulement l'autrice et la compositrice, elle en était aussi l'arrangeuse, et l'orchestratrice. Jim Pons (bassiste des Turtles) et Graham Nash, qui l'ont tous les deux produite, le disaient: on n'avait rien à faire, c'est elle qui s'occupait de tout. Une attitude qui lui jouera des tours: sur scène, elle était capable de s'arrêter de jouer pour agresser un membre du public qui faisait trop de bruit. Une exigence qui la poussera aussi à questionner la façon dont le label, et à travers lui David Geffen, s'occupait de sa promotion. Elle avait une haute idée de son art et de ses deux albums (Judee Sill et Heart Food), et ne pouvait imaginer qu'on en cochonne la réception. Elle estimait qu'on l'avait sacrifiée pour privilégier des artistes plus accessibles...
Une attitude qui devait se manifester aussi dans sa vie de tous les jours, puisque le documentaire est assez clair: quand elle a eu "un accident", pour lequel elle n'a pas eu de témoins, elle vivait avec un homme violent; la "chute" dont elle a été victime a réveillé non seulement de vieilles douleurs, elle a aussi eu pour effet de relancer son addiction aux opiacées, et si le certificat de décès indiquait le suicide, les proches sont catégoriques: c'est impossible, elle aimait trop la vie.
Judee Sill est décédée en 1979, 6 ans après la sortie de son deuxième album, et vivotait dans Los Angeles, il ne faut pas trop demander comment, d'ailleurs le documentaire ne s'étend pas sur cet aspect, mais souligne qu'elle n'a jamais arrêté de composer...
Pour donner une voix à l'artiste elle-même, le documentaire fait évidemment la part belle à toutes ses interviews, souvent extrêmement franches. Et une actrice a été chargée de lire de copieux extraits de ses journaux intimes, dont des images (animées) apparaissent à l'écran. On y verra une écriture changeante, caméléon, et délicieusement erratique, de nmobreux dessins, et même quelques peintures. Judee Sill avait tous les talents, et ce documentaire (fort mal distribué, il faut espérer qu'on le verra un jour en France, et pas que dans ce cimetière qu'est Netflix) parvient à donner à voir et entendre son génie. Maintenant il faudrait qu'il puisse toucher non seulement ceux qui connaissaient déjà le talent singulier de l'artiste, mais aussi ceux qui ne l'ont pas encore croisée: il y a pour eux de nombreux bouleversements à venir... Et une artiste qui terminait son premier album (le premier, mais selon moi un chef d'oeuvre total, d'une musicienne qui n'avait pas attendu d'être sous le feu des projecteurs pour développer son art et lui donner une forme achevée, accomplie) par un crescendo orchestral hallucinant qui s'appelle Abracadabra.
Après le film noir, cameron invente le film bleu... Son quatrième long métrage (Après l'incroyable Piranhas II, Terminator, et Aliens qui l'a définitivement installé) est en effet pour sa plus grande part situé sous l'eau, et est envahi de cette couleur. Un tournage particulièrement compliqué, des rapports conflictuels (C'est Cameron!) entre metteur en scène et acteurs, et une exigence particulièrement prononcée d'une part, mais aussi un studio qui joue du couperet à un moment ou tout n'était pas encore joué, des effets spéciaux qui demandent du temps, et une intrigue qui débouche assez clairement sur du grand n'importe quoi d'autre part: le film était mal parti, il a sombré sans succès.
Mais on peut dire qu'il aura été sauvé par le home video: Cameron a du en effet rendre sa copie avant la fin de la post-production, mais a eu l'autorisation (La Fox souhaitait sans doute fructifier son investissement) d'y retourner pour une nouvelle version agrémentée de plus d'une demi-heure supplémentaire, débouchant sur une intrigue de science-fiction qui allait encore plus loin.
Rappel des faits: le film raconte comment lors d'une tempête, une opération de secours orchestrée par les gros bras de l'US Navy, utilisant la logistique d'une plate-forme de forage pétrolier située sous l'eau et commandée par Virgil "Bud" Brigman (Ed Harris) va se transformer en une incroyable série de péripéties, entre soldat qui devient fou et qui se saisit de têtes nucléaires pour aller casser la figure à des communistes d'un côté, et gentils infra-terrestres de l'autre qui sauvent les humains parce qu'ils sont sympas.
Mais l'intrigue voulue par cameron au départ, et vers laquelle il va pousser avec sa deuxième version (Appelée, je vous le donne en mille, "Special Edition") inclut un enjeu dramatique supplémentaire puisque les infra-terrestres en question, qui sont certes sympas mais aussi particulièrement casaniers, ont décidé de supprimer les humains en les noyant, afin de prévenir la destruction des océans. Ca change tout...
Ne ricanez pas: le film a un je-ne-sais-quoi de totalement irrésistible, en dépit de ses bons sentiments qui feraient passer Avatar pour The shining. Et pour commencer, largement situé sous l'eau, il est le film qui permet à Cameron de pousser au plus loin son obsession maritime, qui le pousse de film en film à mettre ses acteurs en danger dans l'élément liquide (Titanic) ou son équivalent (Aliens), qu'il soit métaphorique ou réel. Et même si le film possède un défaut facilement repérable dans le fait d'avoir été tourné dans un bassin d'eau douce, et de ne pas nous montrer un seul poisson (Aujourd'hui, avec les CGI, etc etc), il ne parle que d'étouffement, de noyade, de voyage dangereux, de manquer d'air et de respirer sous l'eau.
Une profession de foi, dans laquelle Cameron imagine le moyen le plus extrême de sauver deux personnes alors qu'il n'y a d'oxygène que pour l'un d'eux: la noyade momentanée. Je faisais remarquer, plus haut, que le film a beaucoup bénéficié de ses effets spéciaux pour créer ses aliens innovateurs: en effet, ils sont dépendants de l'eau, qui est aussi la base de leur technologie. Parmi les rencontres spectaculaires et inédites prévues dans le film, une colonne d'eau mouvante et animée (De bonnes intentions) fait partie des premières réussites de l'intégration d'animation en 3D dans un film. Mais à côté de ces prouesses, ce film daté était-il considéré comme trop antique par un Cameron devenu le grand magicien des CGI depuis Avatar, au point d'avoir disparu des écrans? La réédition du film en HD (qui était prévue pour...2012) vient enfin de sortir...
Un scandale en perspective? Une compagnie d'assurance est engagée dans un mariage annoncé par la presse: celui d'une riche héritière avec un comte européen. Le comte lui donnerait son titre, et l'héritière de son côté partargerait sa fortune potentielle... C'est du moins le plan du père de la belle, mais celle-ci n'est pas d'accord. Charley, employé par la compagnie, est dépéché sur place pour veiller au grain... Et se retrouve embarqué avec l'héritière qui se fait passer pour une détective!
C'est un peu moins du grand n'importe quoi que d'habitude, il y a une ligne de conduite rigoureuse, et bien sûr on a un peu un souvenir de It happened one night en tête. Ca devient particulièrement loufoque quand un shérif (Kewpie Morgan) arrête les deux héros et qu'ils doivent tous deux dormir avec un garde-chiourme respectif, des menottes au poignet...
Andrea Leeds est une excellente partenaire pour Chase, et participe allègrement au déploiement d'energie généralisé de ce film...
Dans une entreprise entièrement dédiée à la production de pâtes, le patron promet à un employé sa fille s'il réussit une mission (...d'ailleurs pas bien difficile, ce qui pose question): il doit vendre à un client un lot de macaroni d'un mètre de long*... Entendant la conversation, la fille (Madge Kirby) du patron propose à son petit ami (Billy Bletcher, une vraie nouille, au passage) de coiffer l'autre au poteau, et comme àa ils pourront se marier. Mais les pâtes d'un mètre de long, pas encore cuite, ça casse comme un rien, et les deux concurrents vont bientôt s'en rendre compte...
C'est parfaitement idiot, mais comme je suis bonne pâte, je ne m'en formaliserai pas! Le gag récurrent des macaroni qui se cassent d'un rien occupe bien une demi-bobine, ce qui fait un quart du métrage du film, mais il y a d'autres choses à glaner dans le genre crétin: bien sûr, quand on dit de façon insistante, dans un film comme celui-ci, que la personne que le héros doit retrouver a une longue barbe effilochée et un oeillet blanc à la boutonnière, vous vous doutez que la mode est lancée, et que tout le monde est habillé de la sorte! Enfin, était il vraiment utile d'appeler le client Mack R. Roni?
...Oui.
*Oui, j'aurais du dire "des macaroni", car il en va de ces pâtes comme des spaghetti: normalement ils sont très longs, et la version qu'on consomme aujourd'hui dans de petits paquets, ce sont des macaroni coupés... Ou des spaghettini.
C'est un film français, réalisé sous la responsabilité d'Eclipse, un petit studio ephémère, partagé entre Paris et Rome. Le titre original m'est pour l'instant inconnu, et on n'a pas non plus, comme pour la quasi-totalité des films Eclipse, de renseignement sur le metteur en scène... Les deux titres Anglais signifient, respectivement, "Le chien fidèle", et "Fidèle jusqu'au bout"...
Un aveugle se trouve sur un pont; il mendie en compagnie de son chien... Malade, il renytre chez lui, et envoie son chien chercher un médecin. C'est encore le chien qui se rendra à la pharmacie, mais au final l'homme meurt. A la fin, le chien, unique participant des funérailles, s'installe sur la tombe, et attend..
Oui, ça ne joue sans doute pas très favorablement sur le moral, mais c'est un petit film qui se contente de cette ligne narrative, qui nous rappelle l'importance évidente du mélodrame et de ses lois dans le cinéma des origines... Les acteurs jouent leur rôle avec conviction, mais qu'on le sache, et que que fut son nom, le meilleur, de toute évidence... est le chien.