Un couple (Jay Belasco et Charlotte Merriam) tente de trouver un logement, mais sans succès... C'est la crise du logement à Los Angeles! En désespoir de cause ils répondent à une double offre d'emploi dans un hôtel select: concierge et bonne, ce qui leur permet d'avoir le gîte et le couvert. Billy Armstrong est le gérant de l'établissement, Eddie Baker interprète un portier/groom/homme à tout faire particulièrement obtus, et il va d'ailleurs tenter de séduire la nouvelle bonne.
Le film tend à s'égarer dans la multiplication des protagonistes et des sous-intrigues. Pour un court métrage de deux bobines, c'est un peu trop... Outre les péripéties du couple dont les deux membres sont réduits à faire (mal) des métiers pour lesquels ils ne sont pas faits, nous faisons la connaissance d'autres couples qui sont des clients de l'hôtel; Jack Duffy et Margaret Cullington sont un ménage d'âge mûr, et Jack Ackroyd e Blanche Payson; dans les deux maisons, l'harmonie ne règne pas, entre le vieux Jack Duffy qui adore les jeunes femmes, et la guerre domestique que se font les deux autres... Les deux couples, après un souci (un piano qui traverse les murs... authentique) se disputent pour savoir qui prendra la dernière suite de l'hôtel... On tend à oublier les premiers protagonistes du film... D'un coup c'est comme si on était en train de regarder deux films plutôt qu'un. Bref: la mayonnaise ne prend pas toujours!
Bon, le tout est une collection de gags qui ne sont pas tous de la plus grande fraîcheur, on est plutôt dans un terrain (çà mi chemin entre vulgarité et grotesque) qui se situe près des comédies de Sennett, plus que de Hal Roach. Au moins il y a dans ce film beaucoup d'énergie. Pas forcément, le nom de la compagnie était Speed comedies!
Les trois premiers plans du film donnent le ton: dans le premier, on voit un bateau sur la plage, les vagues créent le seul mouvement, et le seul bruit: pas un touriste, pas un être humain à l'horizon... Le deuxième crée une rupture assez violente: c'est l'image d'une gare dans laquelle des gens vont et viennent. Puis le troisième enfonce le clou... Une famille attend un train sur le quai, les deux parents et leur fils... et celui-ci se prend une torgnole magistrale, et particulièrement sonore. Ca y est, le film a commencé et ne quittera plus cette thématique: d'une part, l'invasion d'un coin de paradis par des êtres humains qui vont y déplacer leur rancoeur, leur mesquinerie et leur animosité, de l'autre toute une société qui s'apprête à déferler sur la côte, amenant avec elle toutes leurs habitudes, bonnes et surtout mauvaises. Aucun d'entre eux ou presque n'aura l'idée de se laisser aller. Aucun, sauf...
Le grain de sable, bien sûr, ce sera M. Hulot (Jacques Tati): timide, effacé, décalé jusqu'à l'extrême, roulant dans un abominable tacot et tellement gaffeur qu'il va s'attirer l'inimitié de tous ou presque les vacanciers de la petite station balnéaire où il va séjourner. Maintenant, si Hulot est le grain de sable (Ou un grain de sable parmi tant d'autres, après tout on est en bord de mer), il est aussi le fil rouge; un fil rouge dans un film qui accumule gag sur gag, parfois d'une façon apparemment disjointe, mais est malgré tout construit à partir des arrivées des uns et des autres: la pétarade du moteur de la voiture du héros joue un rôle dans cet échafaudage rigoureux, quand elle arrive à hauteur de la rue du commandant Charcot!
Alors tous ces vacanciers qui se sont finalement contentés de déplacer leur vie Parisienne (Ou Berlinoise, comme cet homme d'affaires qui répond au doux nom de Schmutt, et qui passe son temps à interrompre ses vacances pour répondre au téléphone) à St-Marc sur Mer, Hôtel de la plage, et qui reprennent exactement le fil de leurs activités, n'ont pas besoin d'un trublion qui vient, lui, faire exactement le contraire de ce qu'ils font: s'amuser, s'intéresser à tout, prendre du bon temps... Le vieux militaire raconte sa vie, ce qui revient à replonger dans un passé pas si lointain dont on ne veut plus, le Marxiste gonfle tout le monde avec ses théories à la noix, les gens reconstituent une discipline dont on devrait justement se débarrasser (Gymnastique de groupe, par exemple), les vacanciers répondent tous en même temps à l'appel de la cloche et quand ils mangent, la plage est totalement vide de monde, et quand les dames s'extasient en choeur devant "les bateaux, les coquillages", c'est mécanique. Hulot, pourtant, n'est qu'un homme qui a pris des vacances, comme eux. Sauf que lui il en profite...
Les seuls à trouver des qualités à Hulot, sont une jeune femme, Martine, qui passe pourtant tout le film à manquer ses rendez-vous avec lui; une Anglaise d'une certain âge, qu'il amuse et d'ailleurs elle lui pardonne tout, la friponne; un vieux monsieur que les coquillages lassent; et enfin les gosses. Surtout un d'ailleurs: il aime bien Hulot, qu'il prend pour modèle... Mais on note que comme dans Mon Oncle, comme dans Playtime, Hulot est condamné à rester à l'écart des femmes qu'il aurait pu séduire: comme Chaplin, tiens!
Occasionnellement, on quitte la plage de St-Marc et son hôtel, pour des matches de tennis, à proximité du bourg, une séquence d'enterrement dans le quartier d'Heinlex, et un pique-nique dont l'essentiel se situe sur la lande de Cavaro, près d'une dune. Une séquence aussi, a été tournée à 35 km au nord, à La Roche-Bernard... Mais l'essentiel du film occupe la plage, qui lie les scènes entre elles, grâce à un dispositif de lieux particulièrement fixés dans l'oeil du spectateur grâce à une exposition exemplaire: l'hôtel et ses deux entrées, le remblai (Aujourd'hui occupé par un restaurant sur la plage, le France), les maisons (aux devantures ajoutées pour le film) de la rue du Commandant Charcot, sur le remblai... Et la plage, bien sûr, divisée en deux par la zone rocheuse, dont une jetée part vers le sud; sur cette jetée, Tati et ses techniciens ont érigé un petit phare en trompe-l'oeil, qui ne trompe d'ailleurs pas grand monde! Voilà donc le terrain de jeu du maître, le reste est du pur plaisir: des gens qui se baignent et des gens qui les regardent, des comportements qui se déroulent dans leur douce vérité comique, ceux qui font du sport, ceux qui se promènent, ceux qui regardent les autres, en râlant, ceux qui draguent...
Il y a eu trois versions du film, en tout: celle de 1953 est la plus rarement vue; la deuxième a gommé un certain nombre de défauts, en particulier l'intrusion permanente de la parole via la radio dans l'hôtel, mais en a aussi ajouté: des boucles sonores qui rappellent en permanence la présence de la plage y compris quand elle n'est pas dans le champ ("Eh, l'autre, il est tombé à l'eau") et qui prennent toute la place; la bande-son a été ré-enregistrée, la musique remplacée par une nouvelle interprétation, et des bruitages inutiles rajoutés (ainsi, au mythique "oh, un coquillage", vient désormais s'ajouter un "plic!" d'un coquillage lancé dans une flaque d'eau...). Enfin, le montage resserré de 1960 s'est vu adjoindre en 1978 une nouvelle séquence qui ne s'intègre qu'avec réserves. Je vais faire comme d'habitude: seule vaut, à mes yeux la version de 1953, y compris avec ses défauts...
Ca se devine sans doute: je suis moi-même St-Marcois. Donc j'ai un oeil particulier sur ce film, qui me montre des lieux qui ont bien changé. Ils n'avaient pas changé tant que ça quand j'avais 10 ans, je peux vous le dire. D'où un inévitable sentiment de nostalgie, une inévitable tendresse pour ce film. N'empêche: St-Marcois ou pas, je défie quiconque de me trouver dans le cinéma Français des 80 dernières années une comédie d'essence visuelle aussi réussie, aussi aboutie et aussi définitive que celle-ci. Que ce soit chez Tati, dont les autres films si on excepte Parade sont loin d'être des navets, ou chez ses suiveurs les Rabaté (Qui d'ailleurs a tourné un film "de vacances" quasi muet, Ni à vendre ni à louer, pas loin: entre St-Nazaire, Donges et Le Croisic, et ce n'est sans doute pas un hasard) et les Jeunet, d'hier ou d'aujourd'hui. Avec ses vacances de rêve, son sable qui sent bon l'enfance, l'insouciance, son héros qui sans jamais avoir recours à la moindre violence, sans se départir ni de sa timidité, ni de son exquise politesse, semble hurler un impressionnant 'mort aux cons', finalement, Les Vacances de M. Hulot est un chef d'oeuvre.
Un mari soupçonneux de son épouse se rend chez le détective Hawkshaw, et lui demande de surveiller le comportement de son épouse, qu'il soupçonne d'infidélité. Il lui demande de lui en ramener des preuves... Le dfétective s'évertue alors (à son grand risque!) à photographier se cible dans des situations compromettantes... Mais non seulement ça va être difficile car le monde entier semble s'être ligué contre lui, mais en plus il aura une grosse surprise à la fin...
On s'attendrait presque, surtout si on a vu The life of an american fireman et The life of an american policeman, à une revue de détail des activités potentielles d'un détective, mais non: Porter n'a pas pour le détective privé le même respect que pour les deux autres profession, et s'est surtout évertué à réaliser un film de comédie soigné sur ses mésaventures (durant une bobine entière, soit environ 15 minutes)...
C'est peut-être répétitif, le film reposant sur le running gag d'un homme qui a pour mission de photographier des gens qui ne souhaitent pas l'être, mais c'est réjouissant dans l'invention du détective pour essayer d'accomplir sa tâche, et la façon dont systématiquement il se plante. Et puis c'est aussi la structure ...d'un dessin animé de Chuck Jones avec le Coyote. Ce qui est en soi hautement respectable!
Trevor (Tim Roth) est un jeune skinhead de 16 ans: il passe en jugement, pour avoir insulté un commerçant pakistanais et avoir envoyé une brique dans sa vitrine... Récidiviste, il est sous haute surveillance et placé dans un centre adapté, où la situation va vite dégénérer...
Adoptant un style semi-documentaire particulièrement bluffant, le film est d'un naturalisme réussi, qui nous entraîne dans la spirale de violence d'un garçon particulièrement en colère contre tout et tous: les immigrés, la police, les centres des organisations d'accès à l'emploi, les éducateurs... Trevor est en plus inquétant dans son aspect même, la croix gammée située au centre de son front (national) renvoyant autant aux nazis qu'à Charles Manson...
Ce n'est ni le parcours d'une rédemption, ni un film centré sur les skinheads en tant que fléau. Made in Britain, dans lequel Trevor a une discussion hallucinante de vacuité sur sa fierté d'être Britannique (le genre de discours nationaliste sans queue, tête, rime ni raison, bref un discours nationaliste, quoi) est surtout l'histoire d'un être produit en quelque sorte par un système, qui nous est d'ailleurs décrit par le menu sur un tableau noir dans une scène splendide et révélatrice: un système fondé sur l'idée que l'élite vaut la peine d'être encadrée... Les autres? Qu'ils se débrouillent. Si l'école ne fonctionne pas, si papa et maman démissionnent, si le chômage est la seule solution, la violence et la délinquance apparaissent comme une porte de sortie...
C'est aussi l'histoire d'une descente aux enfers, celle d'un garçon qui ne se fait aucun illusion sur son destin, et finit par demander à être incarcéré pour ne pas avoir à recocher toutes les cases à nouveau.
Souvent tourné caméra à l'épaule, le film réussit une double prouesse: éviter tout angélisme (Trevor est vraiment un petit con, qui au final aura très peu de circonstances atténuantes), mais aussi tout discours trop manichéen. Il adopte souvent le point de vue d'éducateurs déboussolés, qui doivent gérer un trublion dangereux: une scène nous montre Trevor débarquer chez son référent social et s'introduire sans vergogne dans la chambre de ses enfants... Un type qui nous fait froid dans le dos, et pour lequel, nous dit-on, il n'y a pas de solution.
Un tournage de film de zombie de série Z est interrompu... par une attaque de zombies... Higurashi, le réalisateur (Romain Duris) a du mal à maintenir le cap de son projet, un film romantique mais avec des seaux de sang un peu partout, pendant que ses acteurs sont plus ou moins sommés de continuer le jeu, car rien de mieux qu'une vraie attaque de zombies, quand on tourne un film d'horreur, non?
Et là, on le sait, beaucoup de personnes qui assistaient à la projection à Cannes ont soudain pensé qu'ils avaient mieux à faire: le film est erratique, les acteurs jouent mal, et souvent des mouvements de caméra ressemblent à des lourdeurs effectuées par un appareil qu'on a tout bêtement posé par terre; les acteurs semblent enpermanence perdus, les noms changent au fur et à mesure du déroulement, et la leçon de Krav-Maga proposée par la maquilleuse Natsumi (qu'un des acteurs, Ken, n'arrive pas à appeler correctement), n'a pas l'air d'être prévue par les autres protagonistes... Incidemment, Natsumi est interprétée par Bérénice Béjo. Bref: le film est nul...
Sauf qu'en fait, non: car la première scène, qui fait mine d'être le film tourné par Higurashi et son équipe, installe comme une dimension de poupée russe et donc tout ceci n'est évidemment qu'un tournage. celui d'un court métrage (intitulé Z) tourné en fait par Rémi Bouillon (Duris) avec des acteurs français. Mais le film est une commande de la productrice d'un film de zombie japonais, et pour bien faire il y a trois conditions à remplir: ne jamais s'éloigner du film initial (d'où des noms arbitrairement Japonais), tourner en plan séquence et surtout la diffucion du film en direct... Que pourrait-il se passer de mal?
...Tout.
A l'origine, le film Japonais Ne coupez pas! de Shinichiro Ueda, dont la production envisageait de fair un remake français: ça tombe bien, car Michel Hazanavicius, touche-à-tout et faussaire de génie, souhaitait justement faire un film sur le cinéma. ce qui est un peu sa marque de fabrique, tant il serait difficile de nier que les deux OSS 117 et The artist ont une dimension de commentaire sur le septième art, avec des styles étudiés et restitués dans les moindres détails. Mais le désir d'Hazanavicius, ici, était de tourner un film qui donne à voir les coulisses de l'écran comme on ne les a jamais vues...
Enfin presque puisque ce film est un remake: d'ailleurs il va falloir jouer la prudence, car n'ayant pas vu le film original, il est difficile de se prononcer sur la démarche du metteur en scène. Quoi qu'il ait pu faire qui vienne s'ajouter au château de cartes, il reposait sur un déroulement et une structure bien précise, en trois temps: le court métrage foutraque, puis le long processus de préparation, puis le tournage en tant que tel, avec une vision permanente sur ce qui se passe dans les coulisses du plan-séquence cauchemardesque... Essentiellement, c'est dans le jeu des acteurs, le rythme et la dynamique globale, plus que dans des mouvements de caméra qui expriment la volonté de représenter un tournage qui se déroule mal et impose une improvisation,qu'il faut à mon avis chercher les traces de son apport distinctif. Mais en 'absence de preuves, il ne me reste qu'à attendre d'avoir vu le film Japonais pour pouvoir le confirmer...
Mais en l'état, c'est drôle, enlevé, surprenant et totalement réjouissant, tout en ayant un aspect inattendu: ces personnages, qui se plantent en beauté devant nous, improvisent, se vautrent, s'enfoncent même (la façon dont l'acteur principal, sommé d'improviser, se lance dans des imprécations sur le capitalisme), alors qu'autour d'eux c'est l'armaguédon, ce metteur en scène qui n'a pas d'autre solution semble-t-il que de s'en prendre aux acteurs et de leur hurler des horreurs au visage, ou même cet acteur qui à l'air absent lors du court métrage, et dont le reste du film nous apprendra (en détails peu ragoûtants) qu'il était en fait malade des intestins, eh bien tout ça...
Dans un village TRES rural (comprendre probablement un peu arriéré sur les bords), un représentant minable (Joe Rock) arrive en pleine tempête, on lui promet d'épouser une jeune femme qui lui plait si il réussit à empêcher le vent de souffler...
C'est un film-test, probablement, dans l'optique pour Joe Rock de lancer sa propre série de courts métrages. L'acteur, qui se rêvait en producteur, a d'abord pris la décision de tenter de monter des courts métrages autour de son personnages... Il changera d'avis, proposant finalement les rôles de premier plan à Stan Laurek à la place.
En attendant, ce court métrage d'une bobine est totalement idiot, mais assez réjouissant, avec une tendance à limiter les effets spéciaux à des plans tournés puis montés en arche arrière...
La vie d'un policier, représentée sous tous ses aspects: en famille, avec femme et enfants, lors d'un repas tranquille, ou en ville, dans l'exercice de son métier. Pour les bons, comme pour les mauvais côtés... Avec les risques inhérents à cette activité.
On pourrait qualifier ce film très soigné de didactique, voire de propagande, mais si effectivement il a été tourné en collaboration avec les forces de police New Yorkaises, il reste un film du quotidien, qui s'inscrit dans la volonté de Porter (et d'Edison) de montrer la vie Américaine à travers ses exemples. On avait après tout déjà été familiarisé à la vie d'un pompier...
Du coup, le film est riche en péripéties, et déjà empreint de cette forme de naturalisme particulier qu'a le cinéma quand il préfère s'approcher d'une démarche documentaire plutôt que de capter la vie sur le vif... C'est un bel exemple de cette avancée du cinéma, qui débouche sur un film souvent digne dans son interprétation. Un autre film Edison le complète, par les mêmes auteurs: Police Chasing Scorching Auto est en fait une scène qui a été coupée faute de place... et exploitée comme un film court à part entière. Rien ne se perd...
Maintenant si on avait mauvais esprit, on se précipiterait après visionnage de ce film, sur le merveilleux Cops de Buster Keaton!
Cette pièce d'inspiration Irlandaise est typique de l'approche de Porter, qui souhaitait constamment ouvrir le cinéma d'un côté à plus de possibilités narratives (The dream of a rarebit fiend, The great train robbery), de l'autre aux possibilités théâtrales, le cinéma selon lui permettant d'amener le théâtre aux masses...
Et c'est là que le bât blesse. En adoptant une intrigue qui se passe d'intertitres (le film a été montré avec et sans), le cinéaste prend le risque de perdre son public... Il le rattrape donc en simplifiant à l'extrème. Le résultat est raté, sans parler du fait qu'avec le passage du temps, des pans entiers de ce film d'une bobine ont été perdus.
Reste que la chose, à n'en pas douter un clin d'oeil à la diaspora Irlandaise et en particulier aux nombreux natifs de ce pays qui résidaient dans les environs de New York et du New Jersey, a eu du succès...
L'un des principaux reproches faits au cinéma à cette époque reculée est de donner le mauvais example. C'est le cas ici, avec ces vignettes construites autour de sales gosses qui font les quatre cent coups pour emm... les adultes!
Mais d'une part, il s'agissait d'un thèms omniprésent dans la bande dessinée de l'époque, de Little Moritz à The Katzenjammer Kids. Un folklore que les journaux publiaient sans sourciller et qui tait extrêmement populaire non seulement pour les enfants mais aussi pour leurs parents... Et d'autre part, les sales gosses finissaient toujours par une punition salutaire...
Qu'importe: quelques années plus tard, les héros d'un film, à plus forte raison les jeunes gens, seraient toujours exemplaires. C'est un affadissement inévitable...
C'est une rareté, finalement: un film non narratif de Porter, pour Edison, qui a été colorié. [Pas "colorisé", non: rappel d'un maniaque des mots, la colorisation est un procédé électronique de coloration d'images vidéos, développé dans les années 80 avec l'essor de l'utilisation de l'informatique pour lédition vidéo, et la diffusion d'oeuvres à la télévision, ce qui avait (légitimement) causé de furieux débats en raison de l'atteinte à l'intégrité des oeuvres... La coloration des oeuvres initiée vers la fin du XIXe siècle (et très présente en Europe, notamment chez Méliès, puis avec le développement d'une branche de Pathé qui était entièrement consacrée à la chose, le Pathécolor) consistait en un ajout au pochoir par les petites mains des studios (avec des pinceaux à UN poil) de teintes ciblées, afin de rendre l'impression et l'illusion de la couleur. J'entends parfois parler de "colorisation au pochoir", c'est comme si on parlait de "Streaming à la charrue". Fin de la parenthèse...]. L'idée, charmante au demeurant, est de rendre hommage en couleurs vives à trois "beautés" typiquement Américaines, pour conclure les programmes de films Edison dans les cinémas où ils étaient projetés. La belle dame est donc boen une American Beauty, c'est également le nom donné à cette belle rose qu'on voit dame saisir dans sa main; enfin, dernière beauté: le Stars and stripes, qui nous fera voir des étoiles...