Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
29 février 2024 4 29 /02 /février /2024 09:39

Adapté d'une bande dessinée de Winsor McCay (l'auteur de Little Nemo et Gertie the dinosaur), ce film est sans aucun doute l'un des plus célèbres de Porter, et tranche sensiblement sur sa production courante.

Il fait partie des oeuvres développées au-delà de l'anecote illustrative et représente la nuit troublée d'un homme qui a abusé de bonnes choses (en l'occurrence, du fromage, le Welsh rarebit)? Il s'est couché, mais ses ennuis ont empiré, et sa nuit de cauchemar est montrée dans toute son horreur...

D'une part on remarquera un effort conscient pour non seulement multiplier les effets fantastiques, mais aussi pour y trouver le meilleur truquage possible, ce que Méliès, à ses débuts, ne faisait pas par exemple. Mais à cette même époque, Pathé avait commencé la production de ce qu'ils appelaient des "films à trucs", et Porter, attentif au développement de son art, en a certainement étudié les contours. Mais une telle réussite dans le domaine du film fantastique est sans aucun doute une grande nouveauté, car si le film doit beaucoup (à Méliès, à Gaston Velle), il est aussi unique pour son époque dans la mesure où les truquages se mettent au service du récit et ne sont pas l'attraction elle-même...

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Edwin Porter Thomas Edison Muet
28 février 2024 3 28 /02 /février /2024 09:30

Combien de films Porter a-t-il sorti avec le mot "train" dans le titre? Blague à part, c'est vrai que cet instrument du progrès est souvent pris pour être le théâtre de péripéties très variées... Comme ici une énième attaque de train, très sérieuse celle-ci contrairement à The little train robbery...

Mais elle est surtout vue de nombreux points de vue différents, tranchant sur le conte "omniscient" qu'était The great train robbery. En montrant les passagers, mais aussi une femme qui est témoin de l'attaque, et qui va être laissée sur les rails pour y mourir, 'est une histoire qui nous montre le chaos défait par la civilisation en marche, rien de moins...

Et quelle sauvagerie!

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Edwin Porter Thomas Edison Muet
28 février 2024 3 28 /02 /février /2024 09:16

Puisant dans les fonds de tiroir du mélodrame, l'homme de spectacle qu'était Porter se fait plaisir en contant une histoire hyper-classique: la fille d'un meunier est séduite par un artiste venu de la ville, et répudiée par son père. Elle en vient à contempler le suicide...

Le film est un concentré de choses qu'on retrouvera chez Griffith, au-delà même d ela "sagesse populaire" (l'un des moteurs même du mélo), qui consiste à assimiler à de la malfaisance tout ce qui vient de la ville... Les metteurs en scène (oui, deux sont crédités à cette époque) ont tenu à placer cette intrigue poussiéreuse dans des décors ruraux qui lui vont bien et atteignent un genre de réalisme (pour l'époque)  qu'on retrouvera chez leur illustre successeur...

Pas partout cependant, ils retournent pour le clou du spectacle (la tentative de suicide suivie d'un sauvetage en bonne et due forme) à des toiles peintes, et... ça se voit.

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Thomas Edison Edwin Porter Muet
28 février 2024 3 28 /02 /février /2024 09:08

Des employés noirs d'une ferme se servent allègrement dans les réoltes de pastèque. Les fermiers leur mènent une guerre des nerfs...

C'est l'un de ces nombeux films qu'on hésite à qualifier d'ethnographiques, qui montraient chez Edison les Afro-Américains comme étant "l'autre", des gens qu'on ne soupçonnerait pas de venir voir les films dans une salle... Mais quideveitn parfois y avoir accès quand même. C'est assez affligeant, et il serait sans doute intéressant de retourner aux racines du cliché

Ainsi, au début, on voit des gens, mal habillés, qui rampent pour ne pas être trop visible, et qui se jettent sur les fruits mûrs. On passera sur le fait qu'ils sont animalisés, ce qui serait déjà un motif de fâcherie... Mais leur misère même n'est pas remise en question. Car pour que des gens en soient réduits à voler de la nourriture, il faut quand même rappeler qu'ils ont faim, non? Et le film ensuite se moque de leur peur, provoquée ici par des hommes grimés en squelettes. Mais il y a là aussi des racines historiques: en 1870, le Ku-Klux-Klan menait des actions de terreur dans les populations affranchies des campagnes Sudistes.

Et je ne pense pas qu'il ne s'agissait que de leur faire peur...

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Thomas Edison Edwin Porter Muet
28 février 2024 3 28 /02 /février /2024 08:54

Celui-ci, c'est vraiment un cas d'espèce... Un film probablement tourné en marge d'une autre production, par l'équipe d'un film (tous les acteurs sont non identifiés, du reste) qui avait envie de se projeter un truc idiot à la fête de fin de tournage? Sans doute... Le réalisateur crédité est en fait le nom d'un remède de grand-mère bien connu.

L'intrigue, du moins ce qu'il en reste (le film est réduit à un fragment de trois minutes) vaut son pesant d'huile de foie de morue: sur un tournage, l'accessoiriste couvre les fruits qu'il doit amener sur le plateau (et qui sont pris par les acteurs et techniciens) d'un médicament, afin de décourager les futurs voleurs de pommes... La dernière victime est le réalisateur qui près ingestion développe de sévères coliques...

Il faut le voir pour le croire, on n'a pas l'habitude de voir un film burlesque dans lequel le principal enjeu pour un personnage est d'aller faire son caca. Un film sauvé de la déliquescence et de l'oubli total (parfaitement mérité, on en conviendra) par les archives du film de Chicago et par l'équipe de Ben Model, chez Undercrank Productions...

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Muet Prout
28 février 2024 3 28 /02 /février /2024 08:43

C'est un film de la compagnie Tusun; le metteur en scène nous est inconnu, mais on peut probablement en créditer le principal acteur et star de la très modeste Tusun, Bobby Ray...

Celui-ci incarne le cuisinier d'un restaurant surréaliste, dans un film d'une bobine, sans queue ni tête. C'est précisément cet aspect de n'importe quoi gratuit qui le rend sans doute (au moins un peu) précieux...

Mais pas pour tout le monde sans doute: on ne sait pas grand chose aujourd'hui des films Tusun, et on connait Bobby Ray essentiellement par ses films ultérieurs des séries B réalisées à l'époque du parlant. Car oui, il était réalisateur... Pour le reste, ce n'est ni un acteur inoubliable, ni l'un des grands noms du burlesque muet. Ce film a été sauvegardé par des collectionneurs, qui en ont trouvé l'unique copie, désormais disponible en digital (d'après un original en 16mm) sur la compilation Accidentally Prserved, volume 3 (Undercrank Productions).

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Muet
28 février 2024 3 28 /02 /février /2024 08:33

Dans une colonie Néerlandaise de Malaisie, le docteur Holk (Jean Yonnel) brave la solitude. La solitude, c'est vite dit, il n'est pas si seul que ça, mais il est le seul blanc. Il a sombré dans l'alcoolisme, et se laisse aller en ruminant un chagrin d'amour... C'est alors qu'il vient de tenter de sauver un homme atteint de folie meurtrière ("Amok") qu'il fait une renocntre inattendue: Helen de Haviland (Marcelle Chantal), une notable locale, qui a une relation extra-conjugale, souhaite en faire effacer les conséquences. Mais Holk tombe instantanément amoureux... 

Le premier mot n'est pas prononcé avant que dix minutes ne soient passées, dix minutes sinueuses, envoûtantes, d'un cinéaste qui décidément aimait le cinéma muet et en avait retiré l'essence de son art. Fedor Ozep, qui allait tourner sur trois continents, était un cas à part... Mais justement, le problème, c'est précisément que des mots soient prononcés. Au-delà du racisme colonial inhérent à ce genre d'histoire (adaptée d'un roman de Stefan Zweig), le film brille par la cochonnerie épouvantable de ses deux acteurs principaux. Je ne sais pas qui est le pire... Valery Inkijinoff, en valet dévoué au-delà de la mort, est bien meilleur... 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Fedor Ozep
26 février 2024 1 26 /02 /février /2024 11:53

2016: deux journalistes, Jodi Kantor (Zoe Kazan) et Megan Twohey (Carey Mulligan) s'allient autour d'un soupçon d'affaire d'envergure: le producteur Harvey Weinstein, omnipotent et redouté directeur de la compagnie Miramax, est accusé par quelques actrices (Ashley Judd, Rose McGowan, Judith Godrèche) d'avoir tenté de les violer... elles vont mener pour le New York Times une enquêyte minutieuse, et surtout s'évertuer à briser le tabou du secret, révélant une emprise monstrueuse, élevée au rang de système, sur un studio de cinéma...

Le film commence sur un tournage des années 80, au cours duquel une jeune femme commence sa carrière dans le cinéma. sans aucune explication, nous la retrouvons en état de choc, dans la rue, courant sans but... Passé cet intermède dramarique, nous allons faire la connaissance de Megan Twohey et Jodi Kantor, deux jeunes journalistes qui nous sont présentées comme assez effacées. Elles ne semblent pas se connaître au delà d'un bonjour quotidien, et vont justement apprendre à travailler ensemble... Le souvenir du film d'Alan J. Pakula, All the president's men, passe souvent à l'écran, derrière cette investigation partie d'un entrefilet sur Rose McGowan, ou d'une vidéo d'Ashley Judd réagissant aux monstruosités de Trump nouvellement élu à l'égard des femmes...

Et d'ailleurs le film nous montre au départ Megan attachée à travailler autour des nombreuses affaires de moeurs impliquant Trump, imité à l'écran dans une scène téléphonique par James Austin Johnston (le meilleur des imitateurs du gros Vladimir Poutine des Etats-Unis)... Derrière l'achanement bie compréhensible, et d'ailleurs payant, des deux journalistes, il y a à mon avis une autre cause: d'une part, l'ensemble des anecdotes de ce genre, qui inaugurent une nouvelle ère pour Hollywood durant laquelle la donne va, enfin, changer sur la mainmise répugnante des producteurs sur les atriceset employées; d'autre part, plus généralement, sur la société dans son ensemble, à laquelle ces petits soldats du journalisme (un métier si injustement décrié aujourd'hui, mais pourquoi?) infligent un devoir d'inventaire salutaire.

Quant au film, il est très soigné et fort bien interprété, fatalement, et aidé avec bienveillance par un certain nombre de personnes: Ashley Judd, Judith Godrèche et Gwyneth Paltrow (une obsession de Weinstein, semble-t-il) ne se sont pas faites doubler... 

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Zoe Kazan
25 février 2024 7 25 /02 /février /2024 15:56

Voilà un film à la destinée peu banale, typique de Disney en réalité. Prévues pour Fantasia, les six minutes de Clair de lune (De Claude Debussy) vont finalement passer à la trappe, faisant double emploi dans un film de plus de deux heures, et vont subir tout un tas de transformations avant d'être reconstituées en 1996, pour devenir un complément de programme... en ouverture de certaines séances de Fantasia et Fantasia 2000, trois ans plus tard...

On comprend du reste, en voyant ces quelques minutes, pourquoi il a été décidé de les laisser de coté: dans Fantasia, le premier segment plonge dans l'abstraction la plus totale, et avant d'arriver à des parties plus narratives (L'apprenti sorcier par exemple), Casse-Noisette se charge de faire la passerelle entre les deux univers... Ce que devait plus ou moins proposer cette partie. Comme rien ne se perd, rien ne se crée, les responsables du studio (qui était dans une mauvaise passe à l'époque) en ont recyclé des éléments sur le segment Blue Bayou d'un autre film musical Make mine music, qui pour sa part louchait sérieusement vers le jazz.

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Disney
24 février 2024 6 24 /02 /février /2024 19:09

J. Robert Orr (Sidney Drew), un célibataire particulièrement riche rencontre, alors qu'il se promène en ville, une infirmière (Jane Morrow) qui n'écoute que son devoir: un homme a eu un malaise dans la rue, et elle vole à son secours. Orr n'en revient pas et il se rend compte que la jeune femme l'obsède. En pleine partie de poker avec ses amis, il a une idée de génie: il feint une maladie soudaine... Transporté à l'hôpital où travaille la belle, il n'a qu'une obsession: qu'on lui apporte une infirmière! ...Mais on ne le confie jamais à la bonne.

C'est une petite comédie de la vénérable Vitagraph, l'une des premières compagnies à avoir emboîté le pas à Edison, et l'une des plus importantes en ce qui concerne le cinéma de comédie. Sidney Drew était justement spécialisé dans ce genre, et ce film de 13 minutes est un exemple fascinant d'une volonté de produire un cinéma de comédie, à l'écart du grotesque et du burlesque à la Sennett, mais avec un résultat profondément enthousiasmant. Son film est superbement structuré, et fort bien joué... Et il bénéficie d'un certain nombre de bonnes idées, qui rendent le tout très riche. Car on pourrait s'attendre à ce que le héros ne soit qu'un importun de plus, qui va se faire remettre en place par la belle dame de ses rêves dès qu'il la reverra mais le sepctateur est très vite au courant qu'en vérité l'infimière a elle aussi eu le coup de foudre lors de la rencontre...

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Muet Sidney Drew Vitagraph